Nos classiques préférés : le trait léger de Serge Bloch

« A quoi bon lire ? » c’est un peu ce qui nous vient à l’esprit lorsqu’on évoque Serge Bloch. En effet, son trait semble pouvoir se passer de texte. Il a d’ailleurs accompagné jusque très récemment l’exposition installée à la médiathèque Françoise Sagan. Un bel hommage à la toute première bibliothèque jeunesse : l’Heure Joyeuse !
Très fidèle à certains auteurs comme Davide Cali, il est aussi très connu pour être le « papa » de la célébrissime série Max et Lili ou de SamSam. Sans plus attendre, voici les albums de cet illustrateur sélectionnés par vos arbonautes qui ont chacune dégotté 10 raisons pour vous convaincre !

Serge Bloch, photo issue du site des éditions Syros.

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Pour Lucie, il est impensable de ne pas aborder la collaboration de cet auteur-illustrateur avec Davide Cali. Et notamment leur album L’ennemi pour les 10 raisons qui suivent…

L’ennemi, Davide Cali, illustrations de Serge Bloch, Sarbacane, 2016.

1. Les deux trous de l’introduction qui isolent et sont pourtant similaires.
2. Le choix de Davide Cali du point de vue unique et de la narration à la première personne.
3. Ces illustrations, entre photos d’éléments réels…
4. Et traits ultra-efficaces de Serge Bloch.
5. Parce que cette idée de manuel qui explique parfaitement le concept de propagande.
6. Pour ces doutes et questionnements qui surviennent lors d’une nuit étoilée.
7. Car la prise de conscience illustre le dicton anglais invitant à ne pas juger une personne avant d’avoir « marché un kilomètre dans ses chaussures ».
8. Pour le soutien d’Amnesty International et de l’Historial de la Grande Guerre.
9. Pour le jeu des deux erreurs entre la deuxième et la troisième de couverture.
10. Et parce que le discours sur la paix, le respect de l’altérité et la compréhension de l’Autre est plus que jamais d’actualité.

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Pour Séverine, alors qu’elle connaît et apprécie tant Serge Bloch depuis des années, l’évidence fut de présenter cet ouvrage collectif de 2015, pour les 10 raisons suivantes :

  1. Pour sa couverture bouleversante et son titre le plus empathique qui soit.
  2. Pour le texte du grand Daniel Pennac, qui expose, interpelle, questionne, et en appelle à des valeurs essentielles d’humanité et de cœur, tout en rappelant rapidement l’histoire des migrations.
  3. Pour l’acrostiche créé avec les lettres du mots R.E.F.U.G.I.E.S par Jessie Magana et Carole Saturno, à la fois didactique et sensible. Très intéressant, car cela peut être exploité en classe, par exemple.
  4. Parce que les illustrations de Serge Bloch, au trait simple et épuré, offrent des gestes, des regards, des situations qui touchent au plus haut point et complètent les propos avec une grande force évocatrice.
  5. Parce qu’il ne fait pas que sensibiliser et expliquer, il propose également des pistes d’action pour améliorer le sort des personnes réfugiées, à portée de tous.te.s.
  6. Parce que 40 maisons d’édition jeunesse, fort appréciées d’ailleurs A l’ombre du grand arbre, se sont associées à ce projet pour porter ensemble un message de bienvenue et de solidarité, en partenariat avec le Salon du livre et de la presse jeunesse.
  7. Parce que les auteur.ice.s et l’illustrateur, ainsi que l’ensemble des acteur.ice.s de la chaîne du livre ont œuvré bénévolement pour que ce livre voie le jour.
  8. Pour son petit prix, qui le rend accessible au plus grand nombre.
  9. Parce que les bénéfices générés par la vente de cet ouvrage sont intégralement reversés à La Cimade, association de solidarité active avec les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile.
  10. Parce que la seconde édition du livre, en 2018 a été enrichie d’une version audio du texte de Daniel Pennac, lue par l’actrice Sandrine Bonnaire, et que des fiches pédagogiques peuvent être téléchargées.

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Hélène de son côté considère qu’on ne peut pas évoquer Serge Bloch sans s’attarder un peu sur la série Max et Lili et ceci pour (au moins) 10 raisons :

  1. Sa longévité : depuis 1992 et le premier titre Lili ne veut pas se coucher, pas moins de 135 références ont été publiées.La série traverse les générations sans prendre une ride puisque les sujets sont sans cesse renouvelés
  2. La variété des sujets abordés : petits soucis à la maison ou à l’école (se faire des amis et avoir des petites fâcheries avec eux, hospitalisation, vouloir un animal de compagnie) mais aussi problèmes de société (chômage, drogue, réfugiés)
  3. Le mélange d’intemporalité et de modernité qui s’en dégage : 1992 Lili ne veut pas dormir, 2010 Lili veut un téléphone portable, 2020 Max et Lili ont peur du noir, 2024 Max et Lili découvrent l’empathie
  4. La relation fraternelle entre Max et Lili : entre complicité et rivalité, ces deux frères soeurs sont comme chien et chat, mais toujours solidaire l’un avec l’autre en cas de vraie difficulté
  5. De manière générale, les relations avec la famille, proche et élargie, les amis, l’école, bref, tout ce qui fait le quotidien d’un enfant de l’âge des petits protagonistes 🙂
  6. La tendresse avec laquelle sont abordés les sujets les plus graves, qui se ressent dans le trait de l’illustrateur
  7. Son petit format, idéal à transporter partout
  8. La variété des supports sur lesquels on peut retrouver les petits personnages de Serge Bloch : cahiers de vacances, jeux de société, cherche et trouve, agendas, calendriers… De vrais compagnons au quotidien
  9. La qualité des histoires et l’expressivité des personnages qui permettent de faire de cette série un véritable objet littéraire, au-delà de son aspect pédagogique. Très utile pour aborder certains sujets difficiles, ils ont toute leur place dans les bibliothèques de classe depuis longtemps et peuvent être conseillés pour aborder en famille des sujets délicats
  10. Le format BD que les enfants adorent et qui permet, encore une fois, d’être réellement dans la lecture-plaisir sans avoir l’impression de lire une leçon

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Pour Liraloin, la bagarre ce n’est pas son affaire et n’a jamais bien compris quelles étaient les réelles motivations pour en finir ainsi ? Et bien voilà 10 bonnes raisons, enfin, d’en savoir un peu plus sur la bagarre et aussi pourquoi aimer cet album !

Le grand livre de la bagarre de Davide Cali, illustré par Serge Bloch – Sarbacane, 2013
  1. Il n’y a pas que la bagarre qui est immense, le format de cet album l’est carrément plus. Une grande bagarre prend beaucoup plus d’ampleur dans un grand livre !
  2. Pour la première et quatrième de couverture … un personnage heureux, semble-t-il, d’avoir gagné sa bagarre avec tout de même quelques dommages physique …ouille…
  3. … « aïe – bang – ouille – clac » justement une belle bagarre digne de ce nom et rondement bien menée doit se doter de cette belle mélodie d’onomatopées.
  4. « Jeux de mains, jeux de vilains » pour ne pas être tenté par une bagarre, il suffit d’écouter les conseils des adultes même si ces derniers ne sont pas toujours des exemples à suivre.
  5. Pour ce qui nous amène à entrer en bagarre car finalement il y a toujours une bonne raison plus ou moins grave et puis cela dépend tellement de l’humeur journalière …
  6. Pour ces précieux conseils donnés afin de réussir une bagarre « équitable » : « même poids, même taille, même nombre », merci Davide Cali de nous donner de bons tuyaux.
  7. Pour que la bagarre s’arrête, il faut toujours avoir une bonne excuse : la peur de se faire prendre, maman qui appelle pour passer à table (un bon petit plat maison ne se refuse jamais, c’est un signe de paix).
  8. Pour être un bon bagarreur et surtout en cas de victoire, attention à ne pas trop en faire. Nous apprécions la modestie on vous aura prévenu !
  9. Pour le texte de Davide Cali et son humour qui nous permet de dédramatiser cette histoire de bagarre, une langue oh combien universelle.
  10. Enfin, pour le trait de Serge Bloch que l’on reconnaît entre 1000, dessinant des visages d’enfants si expressifs entre tendresse et amusement.

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Blandine est tombée sous le charme de petit album au format à l’italienne, à la couverture bleutée constellée d’étoiles et de ce petit garçon au filet à papillons.

Décrocher les étoiles et autres expressions sur la vie. Serge BLOCH. Circonflexe, 2017
  1. Parce que Serge Bloch ! Ah, il faut d’autres raisons ?! Les voici donc :
  2. Le titre, « Décrocher les étoiles et autres expressions sur la vie », est déjà une formidable invitation, n’est-ce-pas ? Et j’étais curieuse de découvrir quelles étaient les expressions choisies par Serge Bloch, comme le sens lettré et dessiné qu’il leur a attribuées
  3. Parce que l’album est bilingue, français et anglais, et qu’il est rigolo de découvrir comment chacun exprime une chose commune, que le concept soit abstrait ou concret.
  4. Pour croire en soi, tomber et se relever, avoir des rêves, compter sur ses amis, avancer, réussir et recommencer.
  5. Pour ses illustrations : des images qui combinent quelques traits minimalistes, un peu de couleurs et des objets, du quotidien, du passé, de la nature.
  6. L’illustration peut parfois sembler bien éloignée des mots, selon qu’on lit en anglais ou en français.
  7. Parce que les « conseils » donnés en image sont souvent facétieux
  8. Parce que cet album est tout simplement beau, doux, expressif, rigolo, poétique.
  9. Parce qu’il n’y aura jamais assez de livres pour insuffler confiance en eux à nos enfants, pour leur avenir, pour faire face aux épreuves de la vie et aux sentiments qui la traversent.
  10. Parce que cela peut aussi nous encourager nous, parents et adultes.

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Enfin, Séverine et Lucie vous proposent à quatre mains les dix raisons de découvrir Moi j’attends, un album cher à leur cœur.

Moi j’attends, Davide Cali, illustrations de Serge Bloch, Sarbacane, 2005.
  1. Pour son format à l’italienne très allongé, qui permet au fil de l’histoire de se dérouler . Un objet-livre qui se démarque dans la bibliothèque.
  2. Pour la couverture, imitation d’une enveloppe expédiée par l’auteur et l’illustrateur au/à la jeune lecteur.ice, les étiquettes avec le titre de l’album, cet enfant qui attend à la fenêtre (de l’enveloppe) ; les noms de l’auteur et de l’illustrateur sur les rubans brodés de notre enfance en page de garde ; pour le quatrième de couverture sous forme de dédicace à la vie, et indirectement à l’amour (dont il est beaucoup question dans l’album), grâce au cœur formé par le fil.
  3. Pour les petites et grandes attentes d’enfant et d’adulte qui ont toutes une place légitime, chaque lecteur.ice, enfant ou parent ou grand-parent, peut s’identifier – ce qui renforce le moment de partage qu’est la lecture de cet album.
  4. Pour la temporalité de l’attente, qui suit le fil de la vie de manière chronologique. Cela rend accessible le déroulé d’une existence complète, de la naissance à la vieillesse, aux enfants, même très jeunes.
  5. Pour le fil rouge (au sens propre et au figuré) qui se transforme au fil des pages : guirlande, mouchoir, cordon ombilical, écharpe… c’est le quotidien et pourtant, c’est si poétique !
  6. Pour l’exploit de traduire une vie dans toute la palette de ses émotions, en moins de 50 pages ; pour le caractère universel du message, au-delà des différences de pays, de culture, de religion, de couleur de peau…
  7. Pour l’inventivité et le travail graphique remarquables, alors que ça semble d’une simplicité confondante : ces illustrations minimalistes à l’encre noire, et ce fil rouge qui, lui, n’est pas une illustration, mais une photo. Le contraste est saisissant, il dit l’essentiel.
  8. Pour le fil de la vie qui se poursuit au-delà de l’album et cette trouvaille de remplacer le N final du mot fin en L, grâce au fil, qui renforce l’idée d’une continuité.
  9. Un album qui n’a pas pris une ride, 20 ans après sa parution (d’ailleurs, cet article pourrait-il souffler l’idée d’une réédition à Sarbacane ? 😉) et parce que l’émotion surgit même après une multitude de lectures.
  10. Emotion d’autant plus forte pour Séverine qui a découvert il y a peu de temps le principe philosophique coréen de l’Inyeon, que l’on peut traduire par « fil rouge du destin ». Ce mot désigne une connexion significative entre deux personnes, dont les chemins finissent par se croiser un jour ou l’autre. Elle a tout naturellement fait le lien avec cet album, son aventure A l’ombre du grand arbre, et sa rencontre avec Lucie

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Et vous, quelle est votre œuvre préférée de Serge Bloch ?

Entretien avec Isabelle Simler

Comme annoncé il y a quinze jours dans l’article que nous avons consacré aux œuvres essentielles d’Isabelle Simler, l’auteure – illustratrice au trait de crayon magique a gentiment accepté de répondre à nos questions. Nous sommes très heureuses de vous partager cet entretien dans lequel il est question de liberté, de partage, de belles collaborations et d’une parution cette semaine !

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Comment est née votre technique de dessin ?

Avec le temps, en tâtonnant. En expérimentant différentes techniques, on finit par trouver ses outils, ceux qui correspondent le mieux à ses envies, à sa façon d’observer et à ce que l’on cherche à faire passer par le dessin.

Justement, touvez-vous que votre style a évolué depuis vos débuts ?

Oui, je m’en rends compte, lorsque je regarde mes albums plus anciens. La façon de dessiner évolue forcement. Rien n’est figé et on a jamais fini d’apprendre à dessiner. J’ai l’impression que mon geste s’est un peu délié et le mouvement est plus marqué.

Avez-vous des supports favoris ?

Le papier, pour sa texture et sa beauté et la tablette graphique, pour sa précision et la liberté d’expérimentation qu’elle offre.

De quelle manière êtes-vous arrivée à la littérature jeunesse ?

Avant de faire des livres, j’étais illustratrice pour la Presse, la Pub, le dessin animé. Durant ces années passées, j’ai toujours travaillé en binôme ou en équipe sur des projets collectifs. En tout premier lieu, ce qui m’a donné envie de me tourner vers le livre, c’est ce plaisir d’être seul maître à bord, de se retrouver dans un projet qui vous appartient. Dès mon premier livre, j’ai eu envie d’être à la fois auteure et illustratrice, d’imaginer le projet dans son entièreté, de jouer avec les idées, les mots et le dessin de façon mêlée. Je crois que ce qui m’a amené vers la littérature jeunesse, c’est l’envie de liberté.

Plume, premier album d’Isabelle Simler, Éditions Courtes et Longues, 2011.

Comment prenez-vous en compte votre lectorat jeune public dans la conception de vos albums ?

Ça me plait beaucoup de m’adresser aux enfants. C’est un public curieux, sans à priori et qui glisse facilement du réel vers l’imaginaire. Mais l’album jeunesse est aussi souvent un livre partagé, entre un enfant et un adulte. Et j’aime l’idée qu’il y ait plusieurs lectures possibles. Je trouve dommage de limiter un livre à une tranche d’âges, je préfère laisser le livre trouver son public, plutôt que de déterminer les choses à l’avance.

Quelles sont vos sources d’inspiration ? Comment choisissez-vous les sujets de vos albums ?

Le grand plaisir dans ce métier est de pouvoir suivre ses envies, ses lubies. La première impulsion vient souvent d’une envie de dessin et plus particulièrement du dessin d’observation. Le point de départ est souvent un détail du réel qui va piquer ma curiosité et que je vais avoir envie d’explorer.

En parlant d’exploration, nous sommes intriguées par la place prépondérante de la nature dans vos ouvrages. Quelle relation particulière entretenez-vous avec cette dernière ?

Elle m’émerveille, elle est un champs d’exploration infini. Il y a une telle diversité de formes, de couleurs, de lumières, de textures, de comportements, de perceptions, … c’est très inspirant. Je dirais que c’est une relation passionnelle, mais à distance, puisque je vis à Paris 🙂

Est-ce que vous travaillez avec des naturalistes, entomologistes ou autres spécialistes des libellules et scarabées ? Et si oui dans quelle mesure ?

Les rencontres font aussi parties des joies de mon métier et j’apprécie particulièrement celles avec des scientifiques. Pour certains albums ou cahiers documentaires, il m’arrive d’illustrer des textes d’auteurs scientifiques. Pour mes propres albums, je demande parfois une relecture, pour avoir un regard scientifique et je me documente beaucoup en amont. Mais si le point de départ est très souvent le réel, j’aime aussi m’en éloigner et prendre des libertés.

Vous êtes à la fois auteure et illustratrice de vos albums, comment s’accordent ces deux « casquettes » ?

J’aime la souplesse qu’offre cette double position. Cela me permet d’aborder un projet par l’angle qui me plait. Parfois, je commence par le dessin, d’autres fois par le texte et souvent par les deux en même temps. Et c’est le mouvement de l’un à l’autre qui est vraiment jubilatoire.

Il arrive aussi que vous illustriez les textes d’autres auteurs, qu’est-ce que cela change dans votre approche ? Comment choisissez-vous ces collaborations ?

Les projets que j’initie sont généralement ceux que je travaille en solo. Alors que les collaborations sont plutôt des commandes ou des propositions que l’on me fait. Ce qui détermine les choix…? l’envie, le désir.

Vous travaillez depuis quelques années avec les éditons Courtes et Longues. Comment vos projets aboutissent-ils ?

J’ai publié il y a 13 ans mon premier album aux éditions courtes et longues et depuis, tous les projets que j’initie, je les confie à cet éditeur. C’est une relation forte, de confiance, de respect, qui est très précieuse et dont j’ai besoin pour travailler en toute liberté. Les projets se construisent dans l’échange.

Pour votre dernier titre publié par cette maison d’édition, vous avez collaboré avec Stéphane Servant, comment est né ce projet ?

Nous nous sommes rencontrés sur un salon du livre, il m’a parlé du texte qu’il était en train d’écrire. Je connaissais déjà son travail, que j’appréciais beaucoup. Quelques mois plus tard, Il m’a envoyé son texte. Je l’ai trouvé merveilleux et j’ai tout de suite eu envie de l’illustrer.

Vos albums sont parfois adaptés en langue étrangère pour être édités dans d’autres pays. Comment cela se passe-t-il ?

Ce sont les éditeurs français, par le biais d’agents qui démarchent les éditeurs étrangers. Parfois il s’agit d’une seule publication, d’autres fois, une fidélité se crée avec un éditeur étranger qui suit alors votre travail et publie plusieurs ouvrages. Il arrive que des liens se créent aussi avec les traducteurs, c’était le cas pour moi en Chine et avec mon traducteur en anglais.

Nous avons appris sur votre site que vous aviez illustré le bibliobus du Grand Paris Sud Est Avenir. Est-ce la collectivité qui vous a sollicitée ?

C’était une très belle expérience. C’est le réseau de lecture publique Grand Paris Sud Est Avenir qui m’a contactée par l’intermédiaire de bibliothécaires. Il y a eu la fabrication du bibliobus, très plaisante mais aussi un peu technique. Puis le Bibliobus a pris la route et je l’ai suivi sur le territoire où il circulait, avec des ateliers et des rencontres.

Un aperçu du bibliobus illustré par Isabelle Simler, photo issue du site des médiathèques Sud Est Avenir.

Vous réalisez aussi énormément d’affiches pour différentes manifestations culturelles dont des salons du livre. Comment vous organisez-vous ? Est-ce que l’on vous donne carte blanche ?

La création d’affiche est un exercice que j’aime beaucoup. Généralement, c’est assez libre mais il arrive qu’il y ait certaines contraintes. Je soumets un premier jet esquissé puis dans un second temps, je finalise l’illustration.

Avez-vous un livre de chevet ?

Un seul, c’est difficile… alors je vais en citer un avec lequel j’ai passé beaucoup de temps dernièrement. Il s’agit de Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll que j’ai eu le plaisir d’illustrer et qui sortira le 12 septembre prochain.

Alice au Pays des Merveilles, Lewis Carroll, illustrations d’Isabelle Simler, Éditions Courtes et Longues, 2025.

Avez-vous un lecteur idéal en tête lorsque vous écrivez ?

Je ne crois pas. La lecture idéale d’un album, pour moi, est une lecture partagée entre plusieurs générations.

Vous donnez à voir, aussi bien le concret que l’abstrait, quel retour avez-vous des enfants, des adolescents qui lisent vos livres ?

J’ai plus souvent des retours d’enfants et d’adultes, moins d’adolescents (dommage). Le dessin est au coeur de mon travail et nous choisissons, avec mon éditeur, des papiers qui mettent en valeur les traits du dessin, les détails, le rendu parfois esquissé. Il me semble que les lecteurs sont sensibles à cette proximité avec le dessin.

Lors de la fête du livre de Villeurbanne, vous avez animé différents ateliers dans des classes. Appréciez-vous cet exercice ? Avez-vous le souvenir d’une rencontre particulière à nous faire partager ?

J’apprécie beaucoup les rencontres et les ateliers avec le public. Et j’aime particulièrement les projets longs, comme celui de Villeurbanne. Les enfants ont parfois du mal à imaginer qu’il faille beaucoup de temps pour dessiner, chercher, rater, avant d’arriver à ce que l’on veut. Et ce type de résidence, où je revois les enfants plusieurs fois durant l’année, permet de ne pas être dans l’immédiateté d’un résultat mais d’expérimenter le dessin sur un temps plus long. Toutes ces rencontres nourrissent mon travail et déclenchent parfois des projets de livre. Par exemple, l’envie de dessiner l’album « Les idées sont de drôles de bestioles » m’est venue d’une discussion avec des élèves de primaire sur la question des idées, de l’inspiration et de ce qui se passe dans la tête d’un auteur lorsqu’une idée lui vient.

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Mille mercis à Isabelle Simler d’avoir pris le temps de répondre à nos questions. Nous espérons que cet entretien vous a donné envie de poursuivre la découverte de son travail et que, comme nous, vous êtes pressés de voir de quelle manière elle a donné vie aux personnages d’Alice au Pays des Merveilles !

Notre auteure – illustratrice essentielle : Isabelle Simler

Isabelle Simler s’impose dans le paysage des auteures-illustratrices depuis quelques années et la littérature de jeunesse en est ravie. Celles qui y ont participé ont d’ailleurs un souvenir ému de la lecture commune de son album Les idées sont de drôles de bestioles. Nous apprécions grandement son trait ou plutôt ses nombreux traits qui pleuvent pour créer de magnifiques illustrations. Justement la précision vient de la pointe de sa palette de crayons qui lui permet également d’obtenir une reconnaissance à l’échelle internationale. Et comme, à notre grande joie, elle a accepté de répondre à nos questions, c’est l’occasion de présenter les titres qui nous ont le plus marquées !

Isabelle Simler lors de sa venue à la fête du livre de Villeurbanne, photo issue du site de la ville.

Le choix de Lucie

Lucie a choisi Cette nuit-là… au musée. Ce n’est pas forcément son album préféré mais il est situé dans un lieu qu’elle connaît bien : le musée des Confluences, à Lyon. C’est un papillon qui relate son aventure dans son journal.

Cette nuit-là au musée, Éditions courtes et longues, 2015.

Je voudrais me souvenir de Cette nuit-là toute ma vie… J’avais le cafard depuis notre emménagement au musée des Confluences. Notre précédent lieu d’accueil, le musée Guimet, ressemblait tellement plus à un musée d’histoire naturelle ! Arriver dans cet espace moderne, vide et froid à déprimé toute la collection.

Mais cette nuit-là, quelque chose de magique s’est produit. J’ai commencé à remuer une patte, puis une aile… et je me suis envolé ! D’abord dans les couloirs du musée, puis je suis allé saluer les copains. Et tous se sont animés à leur tour. Quelle fête ! Nous avons investi le hall, les escaliers, le toit et même le jardin. À l’aube nous étions épuisés et chacun a réintégré sa place. Ça y est, après cette nuit de déambulation nous nous sentons enfin chez nous au musée des Confluences !

Citron de Provence

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Les choix de Liraloin

Pour Liraloin, Maison et la série Une nuit... sont le reflet des moments partagés à observer la Nature. Vu que l’escargot est son « animal-totem » il fallait bien lui inventer une page. Tandis que la nuit s’annonce pour tous les habitants de cette Terre, c’était le timing parfait pour apprécier et écrire autour du manteau noir clair et obscur.

Maison, Editions Courtes et longues, 2022

Cabane en spirale
de l’escargot des champs après la pluie.

Je suis en émulation lorsque vient la pluie. Mes balades journalières sont un régal pour la terre qui s’aère à mon passage.
Le mucus brillant et visqueux apporte des bienfaits que même les humains reconnaissent, c’est pour dire son pouvoir surpuissant !

A la fois utile et gourmand je peux tout de même faire un peu de dégât dans les potagers. Fan de salades et des fraises mûries à point, lentement mais surement mon festin n’en sera plus que royal aujourd’hui. Il ne faut pas oublier que ma maison si particulière ne se partage pas mais elle peut se vider parfois.

Alors à ce moment-là, des petits doigts pourront me saisir délicatement pour contribuer à une belle collection tourbillonnante.

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Une nuit… La savane, La ville, L’Océan – la Martinière jeunesse, 2023-2024

Nuit… de ton manteau obscur, tu m’offres à la fois une enveloppe protectrice et dangereuse.

Si les prédateurs sont aux aguets, sortir de sa coquille, de son terrier ou de son repère ne peut se faire qu’en mouvements organisés et feutrés. La lune guide mon chemin parmi les étendues désertiques ou boisées vers ma nourriture essentielle.

Le bleu de mon eau turquoise se fonce lorsque les nuages cachent l’éclat lunaire. Il faut pourtant s’aventurer entre les coraux multicolores.

Alors, une nuit en ville, dans la savane ou sous l’océan n’est pas sans danger et lorsque l’aurore s’annonce c’est un soulagement.

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Le choix de Blandine

Dans les poches d’Alice, Pinocchio, Cendrillon et les autres… Editions Courtes et Longues, 2015

Cailloux, clés, roudoudous, miettes, montres, plumes, fleurs, avant chaque lessive, c’est le même rituel. Faire les poches de tous ces petits trublions et ne surtout pas mélanger ce qu’elles contiennent. C’est que chacun a ses propres trésors trouvés, ramassés, glanés… même s’ils les oublient là, il leur tient à cœur de les retrouver intacts quand ils s’en souviennent ou qu’ils leur manquent.

Et si par mégarde, il m’arrivait de ne plus savoir à qui ils appartiennent, il me suffit de les observer attentivement pour aussitôt en déterminer le propriétaire. Car tous ces petits « quelques choses » reflètent leur caractère, leurs habitudes, leurs volontés et même leurs craintes. C’est amusant quand on y songe, d’ailleurs.

Oh, un bouton ! Mais à qui peut-il bien être celui-là ? Et s’il me servait à tous les lier et relier ? Une idée me vient… mais assez d’histoires à me raconter, pour le moment, il me faut poursuivre ma tâche…

« Mère l’Oye 2.0 »

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Le choix de Séverine

C’est le dernier album d’Isabelle Simler que Séverine a choisi, dont elle possède un exemplaire d’autant plus précieux qu’il est dédicacé ! Bien que charmée par la plume envoûtante, sensible et rythmée de Stéphane Servant, elle considère que les illustrations d’Isabelle Simler accompagnent merveilleusement le propos. Elles le subliment et lui apportent le supplément d’âme sans lequel l’album ne serait pas ce qu’il est. C’est l’histoire d’une vie que nous racontent nos deux artistes. La douceur, la tendresse, tout comme le mouvement, le souffle, l’élan vital, au travers les crayonnés colorés d’Isabelle Simler, nous saisissent, jusque dans le moindre détail. Et puisqu’il s’agit d’une ode poétique à la vie, c’est en acrostiche que Séverine veut lui rendre hommage.

Vivant, de Stéphane Servant et Isabelle Simler, Editions courtes et longues, 2024

Viens mon tout petit, viens ma toute petite !
Invente la danse du monde que tu habites.
Va où ton cœur te porte, où le vent t’invite,
Avance, grandis, envole-toi, sans limite
Ne crains rien, joue, ris, aime et profite
Tes racines et tes ailes sache que tu les mérites

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Et vous, quel est votre ouvrage préféré de cette auteure essentielle ? Pour en savoir plus, nous vous conseillons de visiter son site.  

Billet d’été : Entre procuration et préparation, quand les livres font le voyage

Après les échappées lointaines de Liraloin et Héloïse, après les échappées graphiques de Lucie, les échappées familiales de Séverine, puis les quêtes d’Héloïse, Blandine vous propose de prolonger ou préparer les prochaines échappées et vacances avec différents livres, entre albums, documentaires et guides. C’est parti !

ALBUMS

L’Imagier des Landes. Par Anna & Marion. Auto-édition, novembre 2023

Pour mettre en valeur la région du Sud-Ouest, et plus particulièrement les Landes et Capbreton dont elles sont originaires, Marion Dando et Anna Passicos ont eu la bonne idée de créer cet imagier pour les petits (et les grands !)

Sur des fonds unis de différentes couleurs, des dessins blancs et sobres représentent des éléments incontournables de la culture landaise (estacade, pignes, cèpes, fronton, pala, etc.). Un régal à découvrir puis à voir in situ.

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Ker-Is. La légende de la ville au milieu des flots. Jean-Pierre KERLOC’H et Jérémy MONCHEAUX. Albin Michel Jeunesse, 2010

La Bretagne est une terre de légendes, et l’une des plus connues, et incontournable, est celle de Ker-Is (ou Ker-Ys, ou simplement Ys), la cité engloutie du Roi Gradlon. On dit que lorsque la mer est calme, non loin des côtes de Douarnenez, on peut apercevoir dans l’eau, les reflets de la cité, et entendre dans le vent, une chanson résonner…

Et ceux qui savent dire encore la langue d’autrefois aiment à rappeler l’antique prophétie :
Pa vo beuzet Paris

Ec’h advaso Ker-Is

Quand Paris sera noyé sous les eaux
Alors Ker-Is ressurgira des flots.

L’avis de Blandine

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Oh ! Málaga. Alejandro VILLEN. Lovingbooks, 2011

Málaga est une ville située en Andalousie dans le sud de l’Espagne, au bord de la Méditerranée. Tentaculaire, elle s’étend jusque sur les montagnes environnantes, mais son cœur historique est très petit. Elle attire chaque année de nombreux touristes et étudiants étrangers.

Ce très bel album aux dessins faits aux crayons et aquarelles, est bilingue, espagnol et anglais . Il s’ouvre et se ferme avec un « cherche-et-trouve » regroupant les symboles et traditions de la ville. Après un plan de la ville et un bref retour chronologique, il nous fait visiter, grâce à une petite fille accompagnée de son poisson dans un aquarium à hélice, le centre historique de Málaga, admirer ses monuments, connaître sa cuisine, il nous conte sa longue histoire et son évolution au fil des siècles, entre inspirations et dominations.

L’avis complet, et en photographies, de Blandine

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Les Editions Casterman ont eu la belle idée de rééditer les albums de métropoles créés par Miroslav SASEK dans les années 1960. Et de n’en rien changer ! Le dessin, agrémenté de collages, est vintage à souhait, tout comme les descriptions des villes, des habitants (de leurs vêtements à leurs voitures), des monuments, des coutumes locales, etc. C’est un régal à observer et à comparer avec aujourd’hui !

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Les Editions Les P’tits Bérets ont édités plusieurs albums sur les voyages scolaires, et un en famille, écrits et illustrés par Laurent AUDOUIN. Sous la forme d’un journal, le lecteur est invité à découvrir un lieu, une ville, une expérience (classe verte, de neige), des histoires, des monuments, et le tout avec beaucoup d’humour ! Et en creux, de préparer ou dédramatiser cet évènement, pour les enfants comme pour les parents !

DOCUMENTAIRES

La Collection « Histoire d’un PORT » par les Editions Gulf Stream permet de découvrir et de connaître l’histoire d’une ville par un autre prisme. Et c’est passionnant. Si le texte est assez dense, il y a aussi de nombreuses illustrations, dessins, documents, photographies et reproductions de tableaux ou autres gravures, pour nous immerger totalement et nous donner à ressentir cette histoire, et son évolution, comme si nous y étions. D’ailleurs, un petit plan en loupe de la ville et de ses quartiers est souvent joint pour pouvoir ensuite se rendre sur place et découvrir de manière plus tangible encore ce qui est décrit dans ces livres.

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ANTARCTIQUE. Expéditions en Terre Inconnue. Giulia VETRI. De La Martinière Jeunesse, 2018

Si l’Antarctique fait rêver Blandine, ce n’est que par procuration ! Il y fait bien trop froid ! Mais les récits qui accompagnent sa découverte, la « course au Pôle », les différentes expéditions et ce qui le compose, la fascinent tout autant qu’ils la passionnent.

Ce documentaire, entièrement dessiné, nous en retrace les histoires, les animaux qui y résident, les mers qui le composent, les expéditions et les recherches qui y sont menées. Il s’agrémente de demi-pages ou de rabats qui se déploient pour nous dévoiler toute son ampleur et sa richesse.

GUIDES

Les guides touristiques et/ou de voyages ne sont plus totalement ce qu’ils étaient, et c’est tant mieux ! Ils se réinventent afin de donner à ressentir « l’âme » d’un lieu en plus de données pratiques, et depuis quelques années, plusieurs s’adressent aux plus jeunes. Car ce qui intéresse les adultes n’est pas forcément le cas pour des enfants. Aussi, ces guides rivalisent-ils d’ingéniosité pour rendre toute visite aussi attractive que passionnante. Et pas trop longue, surtout s’il fait chaud ! Pensez à vous munir d’un stylo et de crayons, car ils s’agrémentent de petits jeux, devinettes et énigmes qui régaleront petits et grands. Et ainsi, tout le monde apprend !

Guides ... des Enfants. Editions Bonhomme de chemin

Depuis plusieurs années, Blandine emporte systématiquement un livre-guide des Editions Bonhomme de chemin quand elle part en vacances « ailleurs ». Certains concernent un pays en entier avec quelques-unes de ses villes-phares, d’autres proposent des parcours découvertes directement dans les villes. Et c’est génial ! C’est un moyen ludique d’apprendre l’histoire d’un lieu, de regarder des bâtiments et monuments d’un autre œil pour y déceler ce que l’on ne voit pas d’ordinaire, pour passer par des rues inattendues, pour connaître une anecdote, l’origine d’un nom de quartier, d’artères. Il en existe beaucoup plus que ce que la photo montre !

Pour découvrir tous leurs livres, c’est par ICI

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Graines de Voyageurs. Editions Graine 2

Les guides Graines de Voyageurs proposent chacun plusieurs dizaines de visites à réaliser et expliquent la richesse, l’histoire, les légendes, les coutumes de chaque lieu. Ces guides sont davantage à lire qu’à compléter, même si quelques pages sur la fin permettent d’accueillir impressions et souvenirs papier à coller.

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Rome expliqué aux kids. Des histoires rigolotes pour découvrir la ville. Lonely Planet Junior.

Ce guide est divisé en 19 chapitres thématiques pour découvrir Rome autrement ! On y trouve bien sûr des informations comme dans tout guide, mais surtout des anecdotes, des points de détails à dénicher et observer, afin de rendre les visites le plus ludique possible. Les dessins alternent avec des photographies ou documents pour un résultat visuel très dynamique et foisonnant !

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Vous connaissez certainement la collection des Livres dont vous êtes le héros ?! Cette collection des Editions du Routard, dédiée aux enfants, s’en inspire ! Chaque guide regroupe plusieurs missions que l’enfant est invité à mener. Pour cela, il devra suivre un parcours, choisir où aller, quitte à revenir sur ses pas et pages, observer, élucider. Chaque mission s’agrémente d’un contexte et d’informations pour aider ou approfondir. C’est drôle et bien pensé. Et comme tout guide du Routard, il y a bien sûr une rubrique des bonnes adresses !

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Voyager, ce n’est pas forcément partir loin. Et souvent, ce sont les lieux qui sont les plus proches de chez nous que l’on connaît le moins, ou que l’on a vus il y a… plus ou moins longtemps. Ainsi, ces guides nous permettent de les (re)découvrir, et surtout de partager avec nos enfants et amis .

C’est dans ce but que le site Balad’Enigm propose des promenades urbaines et jeux de pistes, à Paris et en Province. Car le meilleur moyen de découvrir un lieu, une ville, un quartier, c’est en marchant, en levant les yeux, en cherchant, en scrutant, en s’en imprégnant ! Découvertes et bon temps assurés avec ces balades ! Après achat de la Balad’Enigm en ligne, il ne vous reste qu’à imprimer les supports et à partir « à l’aventure » !

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Et ainsi se terminent nos billets d’été ayant pour thème le voyage. Nous espérons qu’ils vous ont plu, enchantés et même transportés ! Et c’est à peine fini que vous voilà fin prêts à (re)partir pour votre prochaine destination de vacances ou simplement de balades !

Prix À l’Ombre Du Grand Arbre 2025 : les lauréats !

C’est aujourd’hui le grand jour de l’annonce des lauréats de notre Prix ALODGA. Vos arbronautes préférées ont individuellement sélectionné des livres parus en 2024 et les ont proposés à leurs collègues, qui, selon leurs possibilités, leurs envies ou leurs thèmes de prédilection, les ont lus à leur tour. À l’issue d’un système de notation rigoureux, un classement a été effectué afin de déterminer les 3 finalistes de chaque catégorie, regroupant des genres balayant de la toute petite enfance aux ados. Nous vous avons proposé de voter ces dernières semaines et tenons à vous remercier pour votre participation exceptionnelle, puisque nous avons décompté pas moins de 661 votes ! Un record !… Sous vos applaudissements

Catégorie Petites feuilles (albums pour les grand.e.s)

Cet adorable album de la maison d’édition indépendante Cot Cot Cot a surnagé ! Vous l’avez largement élu album de l’année, pour sa plongée… en beauté au cœur d’une histoire tendre, touchante mais aussi pleine d’humour !

A l’eau ! Heejin Park, trad. Charlotte Grison, éditions Cot Cot Cot, 2024

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Catégorie Brindilles (albums pour les petits.e.s)

Comme nous, vous appréciez de sortir des sentiers battus et vous l’avez prouvé ! Les urnes (virtuelles ;-)) ont parlé et c’est cet album original, qui invite en douceur à une réflexion sur ce qu’on ne dit pas, faisant la part belle aux images, qui a emporté vos voix.

Quand je garde le silence de Zornitsa Hristova & illustré par Kiril Zlatkov, traduit par Marie Vrinat-Nikolov – Six citrons acides, collection : Around the langue, 2024 – publié pour la première fois en 2014 en Bulgarie, 2024

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Catégorie Racines (documentaires)

Un ex-aequo inédit pour la catégorie documentaires ! Et deux merveilles, effectivement ! Nous avions sélectionné trois titres qui invitent au dialogue et à la découverte de l’Autre, pour montrer que les barrières et les conflits perdent tout leur sens dès que l’on admet cette simple vérité : nous sommes tous.te.s des humains, notre pays, c’est la Terre.

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Catégorie Branches dessinées (BD et romans graphiques)

Chez les BD et les romans graphiques, résultat sans mystère, c’est finalement un album un peu inclassable, d’une extraordinaire inventivité visuelle, à la fois enchanteur et ludique (il faut des lunettes 3D pour en profiter), ne ressemblant à aucun autre, qui a remporté les suffrages.

Jeanjambe et le mystère des profondeurs, de Matthias Picard. Ed. 4048, octobre 2024.

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Catégorie Belles branches (romans ados)

Krok a dévoré ses concurrents ! 232/416 : le record du nombre de votes a été battu, félicitations !… Qui a dit que les adolescent.e.s ne lisaient plus ? Ce roman traitant de problématiques sociétales, jonglant entre humour et mordant, mais qui sait aussi rentrer les griffes pour se faire poésie, douceur et pattes de velours, est la preuve que la littérature ado a encore de beaux jours devant elle.

Krok, d’Hervé Giraud, Thierry Magnier, 2024

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Catégorie Grandes feuilles (romans jeunesse)

On peut parler de tout aux enfants, à condition que ce soit bien fait. Comme vos abronautes, vous avez plébiscité cette belle histoire, dans laquelle le sujet sensible de la dépression d’un parent est traité avec grand talent. Ou quand l’amitié, l’amour des siens, toutes les couleurs de la vie, l’emportent sur la noirceur. Mention spéciale pour l’objet-livre magnifique, qui a tout d’un grand.

A la poursuite des animaux arc-en-ciel, de Sarah-Ann Juckes, illustré par Sharon King-Chai, Little Urban, 2024

Encore un beau succès du Prix ALODGA, pour lequel nous avons mobilisé en équipe, toute notre conviction, toute notre passion. Félicitations aux lauréats, à leurs auteur.e.s et à leurs maisons d’édition (à noter que l’édition indépendante s’est particulièrement illustrée cette année.) Mais plus qu’une compétition, ce Prix a surtout pour objectif de mettre en valeur la richesse quasi sans limites d’un pan de la littérature à part entière. Que nous soyons enfants, adolescent.e.s, parents, enseignant.e.s, la belle littérature jeunesse a quelque chose à nous dire, entre capacité à s’émerveiller et consciences à éveiller. Écoutons-la. Mieux : lisons-la.