Femmes et filles scientifiques

En 2015, l’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré le 11 février comme la Journée internationale des femmes et des filles de science. Pour célébrer le dixième anniversaire de cet événement, nous vous proposons une sélection de titres documentaires ou romanesques mettant en scène des femmes scientifiques.

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FICTIONS

Avec Comment fabriquer son grand frère, un livre d’anatomie et de bricolage, Anaïs Vaugelade propose un ouvrage riche et tout à fait atypique. Agacée par sa petite soeur, Zuza, son héroïne récurrente, décide de se fabriquer un grand frère. Conseillée par le crocodile et sa précieuse « Encyclopédie Crocodilis », et assistée par tous ses amis-jouets, Zuza entreprend un bricolage de génie. L’excellente idée de ce grand album, c’est de mêler les bricolages de Zuza (avec beaucoup d’humour notamment dans les petits détails des doudous) et des apports scientifiques rigoureux mais accessibles. De quoi donner envie aux petites filles (mais pas que) de découvrir les mystères de l’anatomie !

Comment fabriquer son grand frère, Anaïs Vaugelade, L’école des loisirs, 2016

L’avis complet de Lucie.

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Calpurnia nous aura toute beaucoup touchée de par sa condition de fille qui l’enferme dans un carcan rigoureux qui condamne les filles à l’esclavage domestique. Pleine de curiosité, animée par une soif d’apprendre insatiable, on prend plaisir à suivre son évolution, parallèle à celle de la société, nourrie par un grand-père heureux de trouver une personne au-moins aussi curieuse que lui.

Calpurnia de Jacqueline Kelly, l’école des loisirs, 2017.

L’avis de Isabelle, Linda et Lucie.

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Si Charity est inspirée par Beatrix Potter, surtout connue pour ses albums à destinations des enfants, il ne faut pas oublier que c’est par l’études de la nature qu’elle parvient au dessin. C’est pourquoi elle a sa place dans cette sélection.

L’enfance de Charity s’articule dans un premier temps autour de son amour pour les animaux qui la pousse à en étudier les moindres détails. Un cadavre de sera pas perdu puisqu’il sera aussi l’occasion de récupérer matière à l’étude du squelette. Après les animaux, la jeune fille s’intéressera aux végétaux et surtout à la mycologie : ses schémas détaillés des différentes espèces de champignons ne laisseront pas indifférents les spécialistes.

Son origine sociale et son genre seront des freins à sa progression et seront matière pour Marie-Aude Murail de rappeler qu’il n’était pas simple d’être une femme de sciences au dix-neuvième siècle.

Miss Charity de Marie-Aude Murail, l’école des loisirs, 2018.

Les avis de Isabelle, Linda et Lucie

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Faire figurer ce titre dans cette sélection, c’est un peu divulgâcher. Mais le genre d’Ange n’étant pas l’enjeu principal (les doutes à ce sujet sont assez rapidement résolus), il aurait été dommage que Sous ta peau, le feu ne figure pas dans cet article. Ange suit son père médecin en pleine épidémie de variole et se passionne pour sa mission : soigner les malades. Seulement, dans la France du 18ème siècle, la médecine est réservée aux garçons. Comment vivre sa passion sans subir les interdits liés à son sexe ?

Sous ta peau, le feu, Séverine Vidal, Éditions Nathan, 2021.

Roman aux accents très actuels qui avait fait l’objet d’une lecture commune un peu spéciale puisque Séverine Vidal nous l’avait envoyé avant sa parution.

Les avis d’Isabelle, Linda et Lucie.

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Alors qu’elle fait son possible pour échapper aux bals mondains et aux projets de mariage élaborés par ses parents, Agathe Langley est accueillie Sous les étoiles de Bloomstone Manor par son excentrique voisin, Lord Nathanaël Stone. Celui-ci va l’encourager à développer ses connaissances en astrophysique au mépris des convenances et préjugés et convenances de l’Angleterre victorienne. Le roman de Mary Orchard montre l’évolution des mœurs et donne envie de profiter des opportunités actuelles !

Sous les étoiles de Bloomstone Manor, Mary Orchard, Casterman, 2023

Les avis de Lucie, Linda, Héloïse et Liraloin

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INSPIRÉS DE LA RÉALITÉ

D’un combat à l’autre : les filles de Pierre et Marie Curie : voilà un court roman pour adolescent qui fera vibrer votre fibre historique ! Nous y suivons Irène et Eve Curie, les enfants de Pierre et Marie au moment de la première guerre mondiale. Les deux sœurs cherchent alors sur quels chemins s’engager à l’heure où les hommes jouent leur vie sur le front. Si pour Irène la route est toute tracée puisque depuis toujours elle marche dans les pas de sa mère, pour Eve c’est plus compliqué. En effet dans cette si prestigieuse famille de scientifiques, Eve est une exception, elle aime la musique, les langues et la littérature et ne sait pas quoi faire de son talent à un moment où l’art lui semble bien inutile. C’est en devenant marraine de guerre qu’elle s’engagera à son tour dans ce terrible conflit.

D’un combat à l’autre, Les filles de Pierre et Marie Curie, Béatrice Nicodème, Nathan, 2014.

L’avis complet de Colette par ici.

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Marie Curie a inspiré de nombreux.ses auteur.ices en littératures jeunesses et certains ont fait le choix de revenir aux origines de son parcours pour tenter de mieux en appréhender sa personnalité. Ainsi, Gertrude Dordor a choisi cette grande scientifique pour la collection Avant de devenir des éditions Belin Jeunesse.

L’histoire nous entraine en Pologne aux côtés de la famille Slodowski qui tente de préserver ses valeurs et choix éducatifs alors que la domination russe tente de restreindre les libertés. On y découvre ainsi que Marie Curie faisait montre de capacités scientifiques exceptionnelles dès l’âge de quatre ans.

Le roman se destine à un publique assez jeune, le texte est accessible dès 9/10 ans et comblera les petits curieux de grandes célébrité.es.

Marie Curie, une Scientifique de génie de Gertrude Dordor, Belin Jeunesse, 2016.

L’avis de Linda est ICI

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Marie et Bronia, le pacte des sœurs est un incroyable roman qui nous invite à découvrir la genèse de la figure scientifique qu’incarne Marie Curie en explorant son histoire familiale, et notamment la précieuse relation qui l’unit tout particulièrement à sa sœur aînée Bronia. On y découvre bien évidemment une jeune fille curieuse, combattive, persévérante et inspirée mais aussi une adolescente amoureuse, qui aime danser, patiner, s’amuser. Et surtout on y découvre une autre scientifique qui va dédier sa vie à la santé des femmes et cette femme c’est Bronia Dluska. Si vous avez envie d’en savoir plus, n’hésitez pas à vous plonger dans la palpitante lecture commune que nous avions fait du roman en 2021.

Marie et Bronia, le pacte des sœurs, Natacha Henry, 2017.

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S’inspirant de l’histoire de Hans le Malin, ce cheval allemand considéré comme supérieur intellectuellement, Natacha Henry dresse le portrait d’une jeune fille passionnée de sciences, qui a vu ses rêves d’études brisés par la perte tragique de son père. Tout juste tolérée sur les lieux de prestations de Hans, Charlotte parvient cependant à étudier le comportement de l’animal et, comme ces messieurs du cercle de scientifiques, elle tente de comprendre si ce cheval est réellement plus intelligent ou s’il y a un « truc ».

Nous sommes en 1904 et si l’on peut avoir des doutes sur l’intelligence d’un cheval, pour de nombreux hommes, il n’y en a aucun sur son absence chez la femme.  Si la science, et notamment l’intelligence animale, est au cœur de récit, l’auteure n’en profite pas moins pour intégrer une thématique que l’on retrouve dans l’ensemble de ses titres jeunesses : la place des femmes dans la société.

L’autrice intègre à son récit le présence de Bona Peiser, première bibliothécaire allemande, qui va lui ouvrir les yeux sur un monde accessible à tous : la bibliothèque municipale et ses richesses culturelles.

L’affaire du cheval qui savait compter de Natacha Henry, Rageot, 2021.

L’avis de Linda est ICI.

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Marie et Bronia sont nées en Pologne au sein d’une famille nombreuse qui vit chichement, puis pauvrement après la mort de leur mère. Ne pouvant aller à l’école car étant filles, malgré leur apprentissage en autodidactes, elles s’allient pour concrétiser leur rêve. L’une va travailler pour financer les études de l’autre à Paris, puis elles échangeront les rôles. Concernant Marie, nous savons ce qu’elle découvrit et permit avec son mari Pierre, mais moins concernant Bronia, revenue en Pologne.

Un très bel album sororal, superbement illustré !

Marie Curie et Bronia Dluska. Le pacte des deux soeurs. Linda ELOVITZ MARSHALL. Anna et Elena BALBUSSO. Circonflexe, 2023

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Parmi les femmes scientifiques, Marie Curie est sans doute la plus connue. Sylvie Baussier a rédigé sa biographie romancée dans Marie Curie, la femme de sciences, paru en 2024 aux éditions Scrineo.

Née en 1867 en Pologne, la jeune Marya Sklodowska est curieuse et intelligente. Elle aimerait faire des études, mais le pays est sous domination russe, et cela lui est impossible. C’est grâce à sa sœur, et à une détermination sans faille, qu’elle part pour la France, étudier. Elle y rencontre un certain Pierre Curie…

Dans ce court roman, nous découvrons la vie de cette scientifique que l’on cite partout en exemple. Sylvie Baussier dresse le portrait d’une femme déterminée, prête tout pour exercer le métier de ses rêves, dans une société qui condamne ses semblables aux rang d’épouse et de mère. C’est une biographie richement documentée, qui donne un très bon aperçu des découvertes et des réussites de cette scientifique aux deux Prix Nobel.

Marie Curie : La femme de sciences, de Sylvie Baussier, Scrineo destinées, Avril 2024

L’avis d’Hélolitlà ICI.

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DOCUMENTAIRES

Nous sommes ici en présence d’un documentaire sur l’eau. Pas de rapport direct avec les filles/femmes mais c’est parce que le récit est porté par une pré-adolescente et met donc en avant une représentation féminine positive dans le domaine de la vulgarisation scientifique que ce titre mérite d’être mentionné ici. Car si les récits scientifiques portés par des filles sont plus courants, c’est malheureusement encore trop souvent au travers d’un prisme émotionnel. L’auteur ici part d’un sujet d’étude scolaire et la jeune fille parcourt la nature et fait des rencontres qui éveillent son intérêt et sa curiosité à un sujet qui ne l’inspirait pas forcément au départ.

Les mystères de l’eau de Blaise Hofmann illustré par Rémi Farnos, La joie de Lire, 2019

L’avis de Linda ICI

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Côté albums, la collection Petite & Grande met à l’honneur des femmes « qui n’étaient pas destinées à entrer dans l’Histoire mais qui ont accompli des choses extraordinaires en écoutant leur cœur et en suivant leur rêve d’enfant ». C’est par exemple le cas d’Ada Lovelace. Fille du poète Lord Byron, elle est très vite délaissée par son père. Toute petite, elle se passionne pour les chiffres. Après avoir vu la machine à calculer de Charles Babbage, son mari, Ada crée le premier programme informatique, qui permettra, cent ans plus tard, de donner naissance à l’ordinateur.

Un album simple et accessible dès 4 ans, complété en fin d’ouvrage par un petit dossier scientifique. Parfait pour inspirer les plus jeunes ! Dans la même collection, on rerouve aussi Marie Curie, Dian Fossey, Hedy Lamarr ou encore Zaha Hadid.

Ada Lovelace, de Isabel Sánchez Vegara, ilustré par Zafouko Yamamoto. Ed. Kimane, coll. Petite et grande. Aout 2020.

La chronique d’Hélolitlà ICI.

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Avec Le secret de l’océan, c’est Marie Tharp, la premier femme à avoir cartographié les fonds marins, que Jess Keating met à l’honneur.

Toute petite, Marie rêve de voyager et d’en apprendre plus sur le monde. Mais à son époque, les femmes n’ont pas le droit de monter sur un bateau, ni d’entreprendre de grandes études scientifiques. C’est la seconde guerre mondiale qui lui permet d’étudier. Marie est ensuite mise à l’écart dans un bureau. Là elle entreprend de cartographier les fonds marins, à partir des relevés de ses collègues. Ce travail de titan va lui permettre de faire l’une des découvertes majeures de l’océanographie du 20e siècle…

Des pages colorées qui mettent en valeur l’océan et le travail de cette femme de génie. Un album à la fois simple et riche, qui montre toute la difficulté pour une femme de travailler dans le milieu scientifique.

Le secret de l’océan : La grande découverte de Marie Tharp, de Jess Keating, illustré par Katie Hickey. Kimane, Aout 2020

La chronique d’Hélolitlà ICI.

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Au éditions Poupe fictions, Natacha Quentin a écrit Les femmes de sciences vues par une ado, un roman instructif, féministe, qui nous présente la vie et les découvertes de femmes scientifiques, longtemps mises de côté par leurs confrères et l’Histoire.

Avec un ton très humoristique, cet ouvrage nous propose de redécouvrir ces scientifiques plus ou moins connues, Marie Curie en tête, nous montrant leurs travaux de recherche, et expliquant pourquoi elles ont été mises de côté. En bonus, une liste de noms pour élargir ses recherches et continuer à se documenter.

Un ouvrage engagé et documenté, ludique et pédagogique à mettre entre toutes les mains !

100 % bio, les femmes de sciences vues par une ado, de Natacha Quentin, Ed. Poulpe fictions, Avril 2021

La chronique d’Hélolitlà ICI.

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Si l’on connaît le nom d’Anita Conti, sait-on ce qu’elle fit et permit, et surtout quand et où? Ce petit documentaire, de cette riche collection, nous permet d’apprendre tout cela. Et c’est passionnant, mais surtout précurseur.

L’incroyable destin de Anita Conti. Pionnière de l’océanographie. Fleur Daugey et Laura Perez. Bayard Jeunesse, 2021

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Chez les éditions A pas de loup, Anne Loyer et Claire Gaudriot proposent régulièrement de mettre à l’honneur des femmes brillantes, hors norme, qui se sont distinguées dans des époques ou des sociétés très patriarcales, mais malheureusement « oubliées » par l’Histoire (Jeanne Barret, Christine de Pisan, Calamity Jane… ). Parmi elles, Ada Lovelace, au destin hors norme, de par sa parenté, d’abord, son parcours de vie, sa volonté sans faille, surtout. Destiné à un lectorat plus âgé que la collection Petite et Grande, à partir de 8 ans, cet album retrace lui aussi la vie, la carrière, l’apport scientifique d’Ada Lovelace, en quelque sorte première codeuse informatique de l’Histoire, sans qui ce blog, peut-être, n’existerait pas !

Graphiquement splendide, pour qui apprécie l’univers à la fois onirique et précis de Caire Gaudriot, cet album très documenté possède, grâce à la plume romanesque d’Anne Loyer, le petit truc en plus qui nous passionne.

Ada Lovelace la visionnaire, d’Anne Loyer et Claire Gaudriot, A pas de loup, 2022

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Un format carré et intimiste, une couverture à l’effet toilé et au dessin aussi vitaminé que le médaillon est sobre, pour une collection qui nous invite à (re)découvrir « les grandes vies », et ici, celle de Marie Curie. L’album allie dessin et texte, biographie et citations, pour nous permettre de la connaître.

Une récit passionnant d’une femme indépendante et impressionnante !

Marie Curie. Isabel THOMAS et Anke WECKMANN. Gallimard Jeunesse, « Les Grandes Vies », 2022

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Et vous, avec quels ouvrages mettant en scène des femmes scientifiques sensibilisez-vous les filles aux merveilles de la science ?

Ces livres qui parlent de livres : pour les parents

Que l’on soit parent ou accompagnant il n’est jamais simple de choisir des livres pour un enfant et encore moins de trouver un ouvrage abordable qui puisse être de bon conseil ou une mine de références littéraires. Vos arbonautes, qui s’interrogent régulièrement sur le bien fait de la lecture, ont choisi quelques ouvrages permettant de s’y retrouver que l’on soit prescriptrice pour le tout-petit ou les grands ados.

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Au sujet de la lecture en général

Ouvrage conséquent, Faites-les lire ! est composé de plusieurs parties, que le lecteur pourra lire intégralement ou survoler selon ses besoins et intérêts du moment. Dans la première partie « La lente agonie de la lecture », Michel Desmurget expose son amer constat : les enfants lisent de moins en moins, perdent en vocabulaire, en compréhension et donc en capacité de réflexion. Et l’école ne pourra pas y remédier faute de temps et de moyens humains. Dans la deuxième partie, joliment intitulée « L’art de lire », l’auteur explicite les mécanismes complexes d’acquisition de la lecture, qui expliquent les difficultés rencontrées par les enfants face à cette tâche pour le moins complexe. Mais c’est dans la troisième partie que le chercheur propose quantité d’idées de jeux et d’activités à faire avec son enfant pour développer sa reconnaissance des lettres et des sons.

Et en lisant les effets considérables qu’ont sur le cerveau de nos enfants quelques minutes de lecture quotidienne agrémentées de divers petits jeux, il y a de quoi se motiver et s’y tenir ! D’autant que, des études le montrent, tous les enfants (petits et grands) aiment écouter des histoires. Cet ouvrage passionnant nécessiterait un complément plus court, à destination des familles moins portées sur l’objet livre, reprenant seulement les idées-clé et les situations pratiques.

Faites-les lire ! Pour en finir avec le crétin digital, Michel Desmurget, Seuil, 2023.

La chronique grand public de Séverine sur sa page Facebook .

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Comment jouir de la lecture, petit essai de Clémentine Beauvais publié dans la collection ALT chez La Martinière, est à la fois une déclaration d’amour à la lecture et une invitation à prendre encore plus de plaisir à lire. À lire ces lignes vives et malicieuses, on comprend que cultiver la jouissance de lire, cela demande un certain travail pour déconstruire nos penchants naturels et les discours dominants qui les corsettent, tenter des choses nouvelles, identifier et mettre en mots ce qui nous fait vraiment prendre notre pied. Ce manifeste est vraiment à lire, ne serait-ce que pour la manière réjouissante dont il évoque mille et une manières dont un texte peut nous extasier. Certains nous parlent et nous rappellent de mémorables moments de lecture, d’autres donnent envie de lire plus et mieux. Vous l’aurez compris, ces pages composent un réjouissant programme. Pour 3,50€, on aurait tort de se priver. Faites-vous plaisir avec cette lecture stimulante et voluptueuse qui en appelle tant d’autres !

Comment jouir de la lecture, de Clémentine Beauvais. ALT, La Martinière.

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Petit recueil compilant des témoignages et des réflexions de 50 auteurs de livres jeunesse, Lire est le propre de l’homme est tout simplement fabuleux. On pourrait dire qu’en défendant la lecture ils prêchent pour leur paroisse. Mais leur réflexion va tellement plus loin et porte tant d’espoir pour les nouvelles générations que l’on ne peut douter de leur bonne foi. En quelques lignes ou quelques pages, ils invitent tour à tour à se plonger dans ses souvenirs de lectures offertes, ses premières lectures autonomes, à réfléchir sur la place de la lecture dans sa vie et surtout à celle que l’on lui laisse dans la société. Nous en sommes convaincues : la lecture et les histoires sont les plus beaux cadeaux que l’on peut faire à un enfant (les textes de Malika Ferdjoukh et Xavier-Laurent Petit l’expriment à merveille). En 200 pages, tout est dit. Un recueil d’utilité publique mais aussi un grand moment d’émotion.

Lire est le propre de l’homme, collectif, L’école des loisirs, 2017.

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Recueils de titres

Quel bonheur de sillonner les mille et uns chemins de la littérature jeunesse en compagnie de Sophie van der Linden ! Tout, vous saurez tout sur l’histoire de cette littérature, ce qui la définit dans sa diversité, ou encore sur comment transmettre le goût de lire. Vous prendrez aussi la mesure de sa richesse en faisant un tour exhaustif des types de livres (éveil, abécédaires, albums avec et sans texte, BD, différents types de romans, etc.) et des genres (conte, humour, littératures de l’imaginaire et du réel, documentaire, théâtre), revenant pour chaque sur sa constitution, ses titres marquants, ses caractéristiques et les débats qui le traversent. Un guide très complet qui, forcément, donne envie de lire ! Et pour vous mettre le pied à l’étriller, vous y trouvez même des « bibliothèques idéales » organisées par grandes tranches d’âge et types de livres. What else ?

Tout sur la littérature jeunesse, de Sophie van der Linden. Gallimard Jeunesse.

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En quête d’un grand peut-être, c’est un ouvrage écrit par deux passionnés, Tom et Nathan Lévêque, autour d’une thématique : la littérature ado. Dans ce qui est le premier ouvrage scientifique à aborder ce thème, ils reviennent d’abord sur l’émergence de cette littérature, sur ses frontières, si difficiles à définir, sur les thématiques qu’elle aborde. De nombreux questionnements affleurent, autour de l’identité, de l’évolution de ce genre, mais ce qui ressort le plus, c’est la créativité des œuvres présentées. Car des œuvres, il y en a beaucoup qui sont citées ici ! On y trouve même de textes inédits (12 nouvelles).

C’est donc un ouvrage à la fois instructif, pédagogique et ludique, qui se dévore avec un crayon en main, pour noter toutes les futures lectures passionnantes qui nous attendent dans ce domaine. A noter : la liste des 100 incontournables de la littérature ado, une liste de 100 titres à lire et à relire, créée par un collectif d’auteurs, de blogueurs…

En quête d’un grand peut-être : guide de littérature ado, de Tom et Nathan Lévêque, Ed. Du Grand Peut-être, décembre 2020

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Dans Petits enfants grands lecteurs, Joëlle Turin et Nathalie Virnot dressent un constat à travers de multiples observations et témoignages recueillis sur le « terrain ». Ces deux spécialistes invitent également le parent ou l’accompagnant à reconnaître et analyser un bon album en proposant des titres précis.

Tous les spécialistes de la petite enfance s’accordent sur une chose primordiale : la lecture. Que l’on soit bibliothécaire, libraire, auxiliaire de puériculture, assistante maternelle… le livre est essentiel pour le bon développement cognitif du jeune enfant.

Cet ouvrage est une bonne porte d’entrée pour les parents qui s’interrogent sur le bienfait de la lecture à voix haute, sur l’importance que l’on accorde au texte et à l’image et se veut rassurant dans la façon d’appréhender tel ou tel titre.

Petits enfants grands lecteurs de Joëlle Turin et Nathalie Virnot, Mémo, 2023

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Et vous, quels titres vous guident dans votre quête de lectures incontournables ?

Nos coups de cœur de l’année 2024

Nous sommes très heureuses de vous retrouver pour une nouvelle année de partage, d’échanges et – on l’espère ! – de chouettes découvertes littéraire. Pour démarrer sous les meilleurs auspices, nous avons sélectionné les titres que nous avons préférés en 2024.

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Outre la fantastique clôture de la trilogie Alma (dont vous pouvez retrouver son avis et celui d’Héloise – Ileautresor) par Timothée de Fombelle qui a eu les honneurs de nombreux médias, Lucie a eu envie de rappeler deux coups de cœurs certes déjà cités (respectivement en juin et en septembre) mais qui lui ont laissé une impression durable.

Le premier est l’autobiographie romancée de l’auteur-illustrateur Eugene Yelchin, Un génie sous la table. Véritable plongée dans le quotidien d’une famille sous le régime communiste de l’URSS des années 1960, ce roman est un témoignage précieux. D’autant que les événements sont racontés avec un vrai sens de la formule et beaucoup d’humour.

L’espionnage et la promiscuité au quotidien, la pression des parents très conscients que seul un talent exceptionnel permettra à leur fils de se sortir d’une situation misérable, mais surtout le regard que pose cet enfant sur son environnement en font une histoire drôle et marquante à la fois. À découvrir !

Le génie sous la table d’Eugène Yelchin, l’école des loisirs, 2024.

Son avis complet ICI.

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Le second est Le gang des 11, un album très intelligent de Rocio Bonilla sur le phénomène de groupe. Si l’on peut le lire comme une simple aventure de Benjí, petit poisson invité à rejoindre un gang pour jouer, lorsque l’on s’arrête sur les douces illustrations le propos gagne en profondeur.

Les poissons sont tous gris, les yeux fermés, et suivent aveuglement les jeux de leur chef. Sauf que ces activités ne sont pas vraiment appréciées par les poissons qui en sont victimes. Où s’arrête le jeu et où commence le harcèlement ? Est-il possible de garder sa personnalité dans un gang ? Si le groupe fait quelque chose qui nous semble mal, comment y résister ? Peut-on pardonner à quelqu’un qui a fait du mal ? Voici certaines des questions que cet album peut soulever, avec délicatesse et bienveillance. Brillant !

Le gang des 11, Rocio Bonilla, Éditions du Père Fouettard, 2023.

Son avis complet ICI.

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Pour Liraloin le premier roman On ne dit pas sayonara d’Antonio Carmona est une excellente surprise jusque là toujours un peu déçue des lauréats du concours d’écriture organisé par les éditions Gallimard jeunesse.

Pourquoi ne dit-on pas sayonara ? car la signification de cet au revoir n’est pas vraiment compatible avec ce que va ressentir la lectrice/le lecteur. Elise et son étoile Stella : celle qui va l’accompagner, la faire réfléchir sans brusquer, tout en étant respectueuse. Elise et sa grand-mère Sonoka celle qui va enfin prononcer le prénom d’une maman disparue, celle qui va honorer sa mémoire. Des rencontres qui font changer, évoluer et enfin peut-être accepter l’inacceptable. Tout ce petit monde va graviter, se connecter autour d’Elise et c’est un bonheur dans faille qui en restera.

On ne dit pas sayonara d’Antonio Carmona, Gallimard jeunesse, 2023

Son avis complet ICI

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Un album a particulièrement fait mouche auprès de cette grande sensible : il s’agit de Demain dans une demi-heure de Thomas Scotto, illustré par Claire Gaudriot.

ll est des albums qui empoignent le cœur si fortement que le souffle devient trop faible pour continuer sa lecture. Thomas Scotto possède cette qualité rare d’écrire si généreusement (dans sa poésie) qu’on ne peut que lire et ressentir également cette puissance de l’écrit entre les lignes. Dans cette histoire à l’étrange allure de conte fantastique, un enfant ressent le monde extérieur. Un monde en attente d’une rencontre unique, si bouleversante pour les parents. Quant à Claire Gaudriot, elle réussit à transmettre tous les désirs de cette attente en offrant un dessin méticuleux et subtil. Bravo à ce fabuleux duo d’auteur-illustratrice ainsi qu’à Laurence Nobécourt de nous livrer cet album si fin et émouvant.

Demain dans demi-heure de Thomas Scotto, illustré par Claire Gaudriot, A pas de loup, 2023

Son avis complet ICI.

Celui de Séverine.

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Pour Séverine, l’un de ses plus grands coups de cœur, c’est La fin de Velvet, petit roman à destination des tous.tes jeunes lecteurs.ices – collection Mouche de l’ Ecole des loisirs- qui, selon elle, allie finesse du texte et illustrations prodigieuses, pour un effet bouleversant d’émotions antagonistes. Le sujet principal est grave, il faut déployer une fantaisie délicate, une générosité et une ampleur hors normes, pour que le drame ne vire pas au mélo, ni les questions à l’angoisse. Ici, c’est de la maladie, puis de la mort imminente d’une toute jeune fille, dont il est question. Or, Nastasia Rugani et Marc Boutavant réussissent la prouesse d’en faire un récit lumineux, teinté d’espoir, malgré le caractère définitif, douloureux et irréversible de la séparation. Les deux sœurs que nous suivons tout au long de leur dernière nuit ensemble, sont puissantes de complicité joyeuse, de souvenirs et de secrets partagés, et dans l’amour qui les unit, ici-bas et peut-être au-delà… Transcendé par les illustrations extraordinaires de Boutavant qui démontre, du sombre au jaune éclatant, de câlins en regards, qu’il sait faire plus que les chiens sans collier et les ânes pas bâtés, ce conte fantastique où se croisent les registres métaphorique et fantomatique, dans une ambiance empreinte de douceur et de sensibilité, se révèle d’une profondeur rare. La fin de Velvet, plus qu’une histoire de mort, c’est une histoire d’enfance, de rires et de larmes, de secrets et de promesses, de peurs et de défis, de rêves et de soleils. C’est l’histoire de ceux qui partent et ceux qui restent. C’est la vie, à n’en plus finir.

La fin de Velvet, de Nastasia Rugani, illustré par Marc Boutavant, Ecole des Loisirs, 2023

Son avis complet ICI.

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Son autre énorme coup de cœur de lecture en 2024, c’est La grande école, de Nicolas Mathieu et Pierre-Henry Gomont. Cet album au grand format à l’italienne, aux illustrations malicieuses, aux tons légèrement nostalgiques qui l’émeuvent si souvent, est une tranche de vie d’un père divorcé et son fils, entre la fin des vacances et l’entrée au CP, débordant d’humour et de tendresse. Il se conclut sur une déclaration d’amour, qui est à peu près ce qu’elle a lu de plus beau de toute sa vie sur le temps qui prend nos enfants et fait de nous des marchands de souvenirs et des camelots de promesses à tenir. « […] Je t’attends à l’autre bout. Ne t’en fais pas. Ton enfance est en lieu sûr. Tu peux devenir qui tu voudras.« 
Avec cette lecture, elle s’est posé et reposé une question à laquelle tous les livres du monde auront du mal à répondre : Comment les regarder s’éloigner sans douter des bagages qu’on leur a donnés ?
Elle savait l’auteur pour grands fortiche pour écrire les liens qui se font et se défont, humour, dérision, poésie et émotion en bandoulière (Elle a d’ailleurs retrouvé ce texte dans Le ciel ouvert, recueil du même auteur, qui en littérature pour adultes, est à peu près ce qu’elle a lu de plus beau de toute sa vie sur les familles murailles et fissures à la fois). Désormais, c’est sur le ring des livres pour enfants, qu’il la met KO à chaque ligne !

La grande école, de Nicolas Mathieu, illustré par Pierre-Henry Gomont, Actes Sud jeunesse, 2020

Sa chronique complète (et très personnelle) ICI.

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De nombreuses lectures font figures de gros coups de cœurs pour Linda pour qui il n’a pas été facile de faire un choix. Elle a finalement choisi de mettre en avant deux titres qu’on voit finalement assez peu présentés sur la toile.

Tout d’abord, il y a ce roman superbement écrit par Antonin Sabot découvert lors de la sélection du Prix Vendredi 2024 qui, d’une plume magnifique entre narration à la troisième personne et vers libres, livre un hymne puissant à la nature et à la liberté !

La Louve de Sébastien Sabot, Talents Hauts, 2024.

Son avis complet est ICI.

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Ensuite, il y a le bel album au charme désuet d’André Marois, déjà présenté comme son coup de cœur en mai dernier, qui célèbre l’enfance et ses jeux au travers de l’imagination sans limite qui vaut bien plus que tous les jouets du monde.

L’histoire nous plonge dans l’imagination débordante de deux enfants envoyés au jardin pour prendre l’air et s’amuser. Bien loin des bacs à sable, le potager et les animaux de la ferme ouvrent sur une aventure gourmande et pleine de rebondissements qui donnent aussi l’illusion du danger et confrontent les enfants à leur propre peur.

On ferait comme si d’André Marois & Gérard DuBois, Grasset, 2023.

L’avis de Lira Loin.

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Pour Colette, c’est une autrice fétiche qui a encore cette année remporté son coup de cœur ! Il s’agit de l’indétrônable Marie-Aude Murail à qui nous avions d’ailleurs consacré une très belle sélection « Nos classiques préféré.e.s » en 2020. Ce n’est pas un de ses derniers titres que Colette a découvert cette année (même si Francoeur est dans sa PAL depuis début décembre ) mais le fabuleux Miss Charity dont elle vous parlait déjà cet été.

Miss Charity, Maire-Aude Murail, L’école des loisirs, 2016.

Suivre Charity de son enfance à l’âge adulte est un ravissement ! D’ailleurs les œuvres qui embrassent toute une vie, c’est un peu le dada de notre collectionneuse de papillons (vous, vous souvenez, on avait fait un super article sur le sujet : les livres-de-toute-une-vie : quintessence de papier) alors là voyager à travers le XIXe siècle au fil des aventures créatives, littéraires, théâtrales, amoureuses, amicales et familiales de Miss Charity, ce fut absolument parfait ! Impossible de lâcher ce livre pourtant lourd de 480 pages.

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Du côté des albums, Colette adore partager autour d’elle ceux que Baptiste Beaulieu écrit avec Qin Leng. Les Gens sont beaux, On a deux yeux pour voir et Je suis moi et personne d’autre sont devenus des phares dans la bibliothèque familiale. Il faut le dire, dans la famille de Colette on a tout particulièrement aimé cette année On a deux yeux pour voir parce qu’il a un petit côté magique, il nous relie à notre pouvoir intérieur, à notre pouvoir d’enfant, le pouvoir de voir avec notre « oeil en forme d’étoile tout ce qui est triste, mauvais ou cruel » et notre « oeil en forme de lune, ce qui est bon et joyeux ». On suit donc la narratrice à l’aube de la découverte de son pouvoir et on (ré) apprend, avec elle, à regarder le monde autrement, complètement, entièrement. Y compris les émotions qui nous assaillent. Ces émotions qui nous font tel.le.s que nous sommes si nous prenons la peine de les accueillir.

On a deux yeux pour voir, Baptiste Beaulieu, illusrations Qin Leng, Les arènes, 2023.

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Blandine a eu beaucoup de coups de cœur en 2024, très variés, très éclectiques. En albums, en romans, en BD. Avec toutes sortes de thématiques, de graphismes, de découvertes et d’évasions..

Voyez plutôt… en images !

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2024 a été l’occasion pour Helolitla et ses enfants de débuter de nouvelles séries jeunesse prometteuses, comme Les Whisperwicks, ou encore les Chroniques de Nim. L’occasion aussi de continuer des séries chouchoutes, Aurora, de Vashti Hardy en tête. Mais s’il ne faut en choisir que deux, Helolitla retient celles qu’elle a terminé, et qui l’ont happée du début à la fin.

Pallas, de Marine Carteron, pour commencer. Une réécriture envoûtante de la guerre de Troie, qui replace les femmes au centre de l’histoire. Un récit épique et poétique en trois tomes, féministe et sanglant, qui aura su la transporter du début à la fin. Un travail documenté titanesque et moderne, cruel et lyrique, à lire si ce n’est déjà fait !

Pallas, tome 3 : Sous l’œil de l’Olympe, de Marine Carteron, édition du Rouergue. Mai 2024

Son avis complet ICI.

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2024, c’est aussi l’année qui a vu se clôturer le Mécaverse, d’Adrien Tomas, avec la parution en octobre dernier de l’ultime tome Neige et Poussière. Helolitla, qui adore le steampunk et la fantasy, a a-do-ré relire tous les tomes précédents de cet univers riche et complexe, pour se plonger dans un final qui réunit tous les personnages croisés précédemment.

Encore une fois, Héloïse s’est laissée charmer par la complexité de l’intrigue, les trahisons et autres complots, la densité des personnages et des pays traversés. Pour elle, c’est un dernier tome qui se termine avec le goût amer de l’au revoir aux personnages adorés, mais aussi et surtout de manière très réussie. Un univers à découvrir, sans conteste !

Neige et Poussière, d’Adrien Tomas, Rageot. Octobre 2024.

Son avis complet ICI.

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Nous souhaitons à toutes et tous une très belle année 2025 ! N’hésitez pas à partager vos coups de cœur de l’année avec nous.

SWAP de fin d’année

Parce que sous le Grand Arbre nous aimons échanger autour des livres mais aussi nous faire mutuellement découvrir des titres ; parce que les fêtes de fin d’année sont l’occasion de penser aux autres et de chercher comment leur faire plaisir ; et parce qu’on aime tout simplement préparer des colis et en recevoir, nous avons décidé de conclure l’année 2024 avec un SWAP. La consigne était « un livre, une carte, une douceur ». Voici ce que les unes et les autres ont envoyé et reçu !

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Lucie (Leslivresdavril)

Ce que j’ai envoyé… Ayant eu la chance de rencontrer récemment l’immense Gilles Bachelet, j’en ai profité pour faire dédicacer l’un de ses albums à l’intention d’Helolitla. Pour sa première participation à un swap sous le Grand Arbre, j’ai choisi Une histoire qui… comme un clin d’œil à notre passion commune et à notre expérience de mamans attachées à la lecture avec nos enfants.

J’y ai joint un marque-page de MinaLima, une création d’un fameux chocolatier lyonnais à base de praliné et de sablé en espérant que cela plairait aux palais nordistes. Et une carte de saison réalisée à la main par une amie.

Ce que j’ai reçu… Séverine m’a beaucoup gâtée. Elle m’a envoyé la très belle édition collector du Combat d’hiver, un roman de Jean-Claude Mourlevat que j’adore.

Ce roman était accompagné de caramels, d’une bougie, d’un magnifique marque-page, de nombreuses cartes très originales (dont une avec un message adorable) et d’une suspension pour mon sapin de Noël. Mille mercis Séverine !

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Linda (Ladythat)

Ce que j’ai envoyé… Connaissant le goût de Colette pour les joli.es mots et émotions, j’ai de suite été inspirée par l’album de Jake Biggin Quelques mots d’amour qui m’a attirée par la douceur de sa couverture et son thème.
J’y ai ajouté une carte de vœux et, n’étant pas fan des marchés de Noël et autres lieux surpeuplés, je me suis tournée vers un commerce d’artisanat français pour choisir un chocolat décoré pour les fêtes de fin d’année et des sucres d’orge.

Ce que j’ai reçu… Frédérique (LiraLoin) m’a surprise avec son joli colis coloré dans lequel j’ai trouvé un bel album sur l’amitié A & B Bons Amis, dédicacé par l’autrice, joliment emballé dans un papier sur lequel Frede a laissé parler ses talents d’artiste 😉
A côté, il y avait une carte et un mini puzzle assorti ainsi qu’une boîte Les carnets de l’apothicaire remplie de thé japonais. Un très, très grand merci Frede !

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Séverine

Ce que j’ai envoyé… Je participais pour la première fois à un SWAP avec les copinautes d’A l’ombre du grand arbre, alors j’ai eu envie de marquer le coup et de rajouter 2 ou 3 bricoles à mon colis pour Lucie. La sachant grande admiratrice, tout comme moi, de mon « voisin » Jean-Claude Mourlevat, et ayant craqué, moi-même, pour l’édition collector de son plus grand roman (à mon sens), je me suis dit que le lui offrir serait une bonne idée. J’ai rajouté des cartes d’illustrateur.ice.s et artistes locaux (Ella et Pitr, Gaëlle Boissonnard) – on a décidément du beau monde dans la Loire ! – des caramels achetés dans l’épicerie bio de ma ville, un marque page au nom de l’écrivain qui m’a donné le goût de la lecture quand j’étais enfant, ainsi que deux babioles de saison. J’ai pris autant de plaisir à préparer ces surprises qu’à recevoir les miennes !

Ce que j’ai reçu… C’est sûr, Blandine a confondu le Grand Arbre avec un sapin ! 😉 En effet, elle m’a permis de vivre avant l’heure l’excitation qui accompagne l’ouverture des cadeaux de Noël… l’émotion et le sourire, aussi ! Quelle joie de découvrir dans son beau colis un roman ado, This place is still beautiful, aux sujets prometteurs : quête d’identité, préjugés, racisme (tout ce que j’aime), un adorable mini puzzle avec un chat et le Père Noël (tout ce que j’aime), un ballotin de chocolats et des thés gourmands (tout ce que j’aime), ainsi qu’un beau carnet de lecture pour écrire sur les livres que j’ai lus (tout ce que j’aime). Enfin, je dois avouer que les mots qui accompagnaient ces cadeaux m’ont touchée plus que de raison… Merci du fond du cœur, Blandine !

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Frede (Liraloin)

Ce que j’ai envoyé… J’étais très heureuse d’envoyer un p’tit présent à Linda. Les idées ne manquaient pas et le Salon du livre de Montreuil m’a donné l’occasion de lire ce bel album sur l’amitié que je me suis empressée de faire dédicacer. Sachant Linda lectrice de mangas, une boîte à thé et son contenant japonisant allait compléter ce colis. J’ai flashé sur cette carte puzzle représentant l’immense Frida Khalo au détour d’une balade. C’est toujours un régal que de pouvoir gâter une copinaute !

Ce que j’ai reçu… Quelle surprise que de recevoir un colis et le swap de Noël est une belle occasion ! J’ai reçu une jolie carte avec un petit mot adorable ! J’ai été heureuse de recevoir un livre pop-up sur le Roitelet huppé, j’aime beaucoup observer les oiseaux qui cheminent dans mon jardin lorsque je déguste une bonne tasse de thé. Un bonheur que je pourrais réitérer grâce à la touche gourmande ! Merci Héloïse pour ces agréables attentions.

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Blandine (Vivrelivre)

Ce que j’ai envoyé… J’ai eu le grand plaisir de concocter une petit colis mystère pour Séverine, nouvelle branche du Grand Arbre. Séverine est dotée d’un dynamisme communicatif, elle est une amoureuse des mots, est drôle et punchy, et je n’ai pas hésité longtemps sur la thématique du roman, choisi au feeling, comme souvent. Pour l’accompagner, chocolats et thés. Et pour se poser un peu, un joli carnet d’une entreprise de papeterie bretonne (dont j’adore tout le travail) afin que Séverine y note ses lectures, ainsi qu’un petit puzzle de Noël, acheté auprès d’une entreprise bretonne (elle aussi) (et que j’adore aussi !). Petit colis et grandes pensées pour un moment fort en émotions !

Ce que j’ai reçu… Est une ode au Renard, envoyée par Colette. Une carte avec une belle histoire rêvée, un album au dessin délicat, un tampon très mimi. Et parce qu’il faut être engagé.e, du café (j’aime tellement le café !!) saveur pain d’épices (rien que l’idée est délicieuse !) et un tract signé Clémentine Beauvais, une autrice que j’apprécie particulièrement, comme mes copinautes du Grand Arbre ! Je suis ravie, mille mercis <3

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Colette


Ce que j’ai envoyé… Un petit bout de forêt, quelques poils de renardeau, des grains de café, une douce odeur de pain d’épice, des petits cailloux de mon imaginaire et un texte pour cultiver l’espoir d’un monde où les enfants seront enfin considéré.e.s comme des humains.e.s comme les autres.

Ce que j’ai reçu… de Linda était doux comme une journée de Noël au milieu des siens. Dans l’album de Jake Biggin Quelques mots d’amour, on se promène comme sur un chemin enneigé dans une forêt chérie. Et les petites merveilles sucrées qui accompagnaient ce petit livre ont rejoint notre sapin de Noël.

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Héloïse (Helolitla)

Ce que j’ai envoyé… Quand j’ai vu que j’avais tiré au sort mon homonyme, cette chère Héloïse Ileautresor, j’étais ravie ! Je savais déjà que ce serait un plaisir de lui offrir un album, elle qui les adore. En cette période agitée, j’ai choisi de recentrer sur la magie de Noël, avec le dernier album d’Ellie S. Green dont j’adore la plume : un Noël tombé du ciel. Et pour ajouter un peu de douceur, je me suis rendue chez mon boulanger pâtissier, lui commander un sachet de jolis mendiants. Enthousiasmée (j’adore envoyer des lettres et des colis), j’y ai ajouté quelques petites surprises, dont des origamis papillons pour leur touche colorée.

Ce que j’ai reçu… J’ai été très gâtée par Lucie, qui m’a offert un très bel album de Gilles Bachelet, dédicacé en plus ! Un album que nous nous sommes empressés de lire et de relire en famille. Elle m’a également offert un superbe marque-page Minalima, une magnifique carte de Noël, ainsi qu’un très bon sablé au praliné (moi qui adore les sablés, je me suis régalé !). J’étais comblée !

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Nous espérons que vous avez été aussi entourés et gâtés pendant les fêtes et nous sommes très heureuses de vous retrouver en 2025 pour de nouvelles lectures. Belle fin d’année à tous !

Un livre à partager en famille pour Noël !

Après vous avoir proposé successivement un article sur un conte de Noël écrit par nos soins, des lectures pour un Noël généreux puis un Noël décalé, nous avons décidé cette année de choisir chacune un livre cher à notre cœur susceptible de plaire à toutes les générations réunies autour du sapin. Voici donc notre sélection de livres à partager, à lire sans modération !

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Si les classiques sont des valeurs sûres, c’est un titre récent que Lucie a envie de partager. Car tous les membres de sa famille, de 64 à 5 ans ont craqué pour Coboye !

Parce que l’enfance touche tous les cœurs quelque soit leur âge officiel, la bande dessinée de Cécile, qui contient très peu de texte, saura ravir les petits et les grands. La bédéaste y relate sa jeunesse dans un far west imaginaire avec beaucoup de douceur et d’imagination. Petits et grands sont happés par les grandes illustrations et rient de bon cœur aux « carabistouilles » réalisées si naïvement. Avec aussi la pointe d’émotion qui sied à la période, cette BD est parfaite.

Coboye de Cécile, Éditions Delcourt, 2024.

Son avis complet ICI.

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Chez Séverine, seules deux personnes sur cinq sont accros à la lecture…Sa fille de 9 ans, et…elle ! Pourtant, malgré le goût peu prononcé des trois autres pour la chose littéraire, s’il est un livre qui fait l’unanimité, c’est bien celui-ci : Quelqu’un m’attend derrière la neige. A mi-chemin entre l’album illustré et le roman de premières lectures, son format est idéal pour un court moment hors du temps, porté.es par la plume délicate et passionnante de Timothée de Fombelle, et les illustrations chaleureuses de Thomas Campi. Ainsi, chaque année, à la période des fêtes de fin d’année, sa lecture à voix haute donne l’occasion à la famille de resserrer les liens autour de ses valeurs (liberté, fraternité, hospitalité, etc.), de partager une empathie commune et de se souvenir, ensemble, que cette période n’est pas, pour tou.stes, synonyme de joie et de lumières scintillantes. Grâce à une belle histoire, entre mélancolie, poésie, et triste réalité, l’auteur, conteur hors pair, nous rappelle qu’elle est aussi des jours parfois sombres pour les êtres privé.es de la chaleur d’un foyer, des rires, des festins, des cadeaux, bref, de la « magie de Noël ». Pourtant, pour ses trois personnages, il imagine une autre issue : être attendu.e, ou celui/celle qu’on attendait… C’est un récit très touchant, dont les thèmes -l’exil, la solitude, la précarité matérielle ou sociale et le monde qui va trop vite- sont de ceux qui interrogent notre humanité, et appellent à notre vigilance, plus encore à cette période de l’année, où tout est exacerbé. Ils nous invitent à la générosité, mais pas exclusivement consumériste. Sans la dévoiler, la fin, très émouvante, mouille, à chaque fois, les yeux de tous les membres de la famille, enfants ou adultes, même les plus coriaces…

Quelqu’un m’attend derrière la neige, de Timothée de Fombelle, illustré par Thomas Campi, Gallimard jeunesse, 2019

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Pour Liraloin les fêtes de fin d’années sont le moment propice pour se reposer et lire mais aussi partager des lectures à voix haute dès que possible. Il y a un titre chouchou et très certainement que ce dernier parle à toutes les générations de lectrices et lecteurs qui aiment les contes classiques avec un pointe d’humour ! Un titre qui a une place toute particulière car il a été lu pour la première fois à voix haute il y a plus de 10 ans devant un large public d’oreilles captives. Forte de cette expérience ce premier roman m’accompagne souvent. Mais quel est ce titre, me direz-vous ? Il s’agit de la Bergère qui mangeait ses moutons d’Alexis Lecaye et Nadja : un conte détourné où, et tout est dans le titre, la personne qui normalement doit prendre soin de ses animaux en réalité…. les déguste ! Cette histoire est un pur bonheur de lecture à voix haute : suspense, humour, retournement de situation pour s’amuser un maximum durant la digestion d’une bonne bûche au chocolat ! Bonne découverte et joyeuse lecture sous un grand sapin vert aux mille couleurs scintillantes.

La bergère qui mangeait ses moutons d’Alexis Lecaye et Nadja, Ecole des loisirs, collection : Mouche, 1991

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Linda est une enfant « Ernest et Célestine« , elle a découvert les albums de Gabrielle Vincent à l’école maternelle et en a fait profité tous ses enfants. C’est l’incontournable de Noël, celui qui réunit toute la famille, très certainement séduite par la simplicité de la fête et la mise en avant des valeurs du partage et de la générosité. Il se dégage de l’histoire et de ses personnages la magie de Noël délicatement emballée dans la chaleur de l’amitié.

Noël chez Ernest et Célestine de Gabrielle Vincent, Casterman, 2011 (pour la présente édition).

Son avis complet est ICI.

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Chez Héloïse – Helolità, c’est un album récent qui fait l’unanimité et qui a charmé toute a famille : Trölls, d’E. S. Green. Un ouvrage superbement illustré par Lisa Ghisquier, qui revient sur les origines des lutins du Père Noël.

En plein folklore scandinave, entre froid et mythologie, nous suivons les trölls du roi Rotinmir dans une aventure envoûtante et passionnante. C’est un album qui invite à faire le bien autour de soi, aux belles valeurs d’entraide et à la féerie certaine. Un titre à lire, et à relire !

Trölls, d’Ellie S. Green, Gulfstream éditeur, Octobre 2022.

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Et vous, autour de quelle lecture aimez-vous vous retrouver en famille ?