Nos coups de cœur de janvier

Quels ont été les premiers coups de cœur de l’année du Grand arbre ?
C’est ce que nous vous proposons de découvrir dans cet article, et force est de constater que la grisaille nous a orientées vers des œuvres lumineuses et/ou porteuses d’espoir !

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Pour Linda, c’est un classique illustré qui a marqué le mois de janvier. La lecture à voix haute des aventures de Arsène Lupin, fut un moment jouissif partagé avec sa demoiselle qui s’est régalée de la finesse d’esprit et des manières courtoises et ironiques de ce Gentleman Cambrioleur. Le texte est par ailleurs rendu plus immersif par les sublimes aquarelles de Vincent Mallié qui viennent illustrer ces nouvelles avec brio.

Arsène Lupin – Gentleman Cambrioleur de Maurice Leblanc, illustré par Vincent Mallié, Margot, 2021.

Son avis complet est à lire ICI.

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Pour Liraloin c’est le trait et l’écriture de Gaya Wisniewski qui a retenu toute son attention. Un album inspirant !

Aleksander vit dans une immense ville où il a oublié ses rêves d’enfant : « Combien de temps vas-tu encore faire semblant ? » lui crie Ours. Ours est un animal qu’Aleksander dessinait lorsqu’il se promettait de réaliser ses désirs de garçonnet. Hélas, le jeune homme est devenu spectateur de sa propre vie et il faudra sans doute l’intervention de son ancien doudou Foxi pour qu’il en prenne conscience.

« Mais… Tu sais, quand tu arrives tout au fond d’un tourbillon, rebondis en oblique, comme ça, tu casses le mouvement. Chaque tourbillon a un moment de faiblesse, et tu peux en profiter pour remonter à la surface. ».Quand Aleksander va-t-il cesser de perdre connaissance et prendre conscience qu’une vie meilleure l’attend ?

Gaya Wisniewski sait parler à nos sentiments les plus profonds. Le texte sonne juste et nous rappelle oh combien il est important de s’arrêter, de mesurer nos choix : « Dis-moi, au fond, c’est pas un peu ça, la vie ? Entre les montagnes russes et le train fantôme ? ». Les illustrations en noir et blanc invitent le lecteur à l’immersion contemplatif que l’on reçoit dans les grosses villes. Se perdre un peu parfois, être rassuré souvent par des souvenirs provenant de l’enfance douce et naïve si pleine d’espoir.

Ours à New-York de Gaya Wisniewski, Mémo, 2020

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Lucie a été emballée par l’histoire de Yasuke, mais surtout par sa mise en images et en couleurs par Frédéric Marais. Incroyable de transmettre tant d’émotions avec des aplats de couleurs ! Les teintes ocre, bleu, blanc et noir se répondent et servent admirablement le destin de cet esclave devenu samouraï.

Yasuke de Frédéric Marais, Les fourmis rouges, 2015.

Son avis complet ICI.

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Isabelle et ses moussaillons ont adoré glisser sans vergogne leur regard curieux par les fenêtres de cet album. De l’extérieur, on discerne un intérieur cossu, appétissant ou terrifiant, façon « Fenêtre sur cour ». À partir de là, l’imagination peut s’emballer ! Mais attention, gardez à l’esprit que la façade peut être redoutablement trompeuse… C’est tout le sujet de Regarde par la fenêtre de Katerina Gorelik, un album malin, charmant et réjouissant grâce à ses petits détails et son humour noir.

Son avis complet ICI.

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Et en roman, le coup de cœur du mois de janvier de L’île aux trésors va sans hésitation à une œuvre magistrale : la trilogie À la croisée des mondes qui fêtait ses vingt ans récemment et que Philip Pullman est en train de prolonger avec la trilogie de la Poussière. Une aventure épique déployée dans un univers d’une densité fabuleuse et infusée de réflexions sur les obscurantismes, les liens entre savoir et pouvoir et la transition vers l’âge adulte.

L’avis d’Isabelle sur les tomes 1 (Les Royaumes du Nord), 2 (La tour des anges) et 3 (Le miroir d’ambre).

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“Lumière” et “espoir” conviennent parfaitement aux deux coups de cœur de Blandine.

Les fins de MOI sont difficiles. Hubert BEN KEMOUN. Flammarion Jeunesse, 2021

Tout commence avec ce titre qui happe, questionne, interpelle, résonne! On fait connaissance avec Mathilde qui force sa nature solitaire pour une amitié qu’elle espère sincère et réciproque. De malheureux évènements vont lui faire ouvrir les yeux mais aussi la révéler à elle-même.

La réalité rattrape et dépasse souvent la fiction comme nous l’écrit l’auteur en postface de son roman qui aborde un sujet ô combien difficile et actuel: le harcèlement! Bien que terrible et glaçant de réalisme, il lui insuffle une espérance pour croire en soi, pour penser que demain sera meilleur, avec l’aide de quelques Autres.

Sa chronique complète ICI.

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L’enfant, la taupe, le renard et le cheval. Charlie MACKESY. Les Arènes, 2020

Ici aussi, le long titre attire l’attention! OLNI (Objet Littéraire Non Identifié), ce livre est à la croisée des genres et nous décrit la rencontre et les discussions de quatre êtres: un enfant naïf, une taupe gourmande, un renard méfiant et un cheval sage. Quatre êtres qui sont chacun une part de nous, et tour à tour nous. La quête identitaire, sa place dans le monde, le courage, le rapport à l’Autre sont autant de thèmes abordés avec délicatesse et spontanéité. Beaucoup de douceur et de bienveillance se dégagent des quelques mots qui accompagnent des illustrations réalisées à l’encre de Chine, parfois réhaussées de couleurs.

A découvrir de manière classique ou plus spontanée, il se vit plus qu’il ne se lit, et se love directement au cœur.

La chronique complète de Blandine ICI

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Et vous, quels ont été vos premiers coups de cœur de l’année ?

Nos coups de cœur de décembre

Ca y est, les fêtes de fin d’année sont passées. Il est temps de retrouver le quotidien, mais pas question pour autant de plonger dans une routine grisâtre !

Pour commencer cette année 2022 et après un article consacré à nos coups de cœur de l’année 2021, voici les livres que nous avons aimé le mois dernier pour donner de l’élan et de l’allant à ce début d’année.

Nous vous souhaitons une année riche en découvertes et en partages à l’ombre du Grand Arbre !

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Lucie a fait deux belles découvertes en décembre.

J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle, de la sensible et toujours juste Jo Witek. Lu sur les conseils de Frédérique, ce roman qui faisait partie de la sélection du Prix Vendredi raconte sans détour ni effets le destin d’une adolescente victime d’un mariage forcé. L’histoire est glaçante, mais aussi incroyablement lumineuse grâce à son héroïne pleine de vie. Un roman bouleversant.

J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle de Jo Witek, Actes Sud, 2021.

Les avis de Frédérique et de Lucie.

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Il est rare qu’un documentaire soit l’objet d’un coup de cœur. Peut-être parce que sa forme invite moins à l’émotion. Et pourtant, L’Amazone, Fleuve de la biodiversité a lui aussi conquis Lucie. Ses illustrations toutes douces, la qualité et la diversité des informations sélectionnées en font un ouvrage à part. Marie Lescroart a su trouver le ton entre récit et documentaire pour conter l’histoire de ce fleuve fabuleux.

L’Amazone, Fleuve de la biodiversité de Marie Lescroart, illustrations de Catherine Cordasco, Editions du Ricochet, 2021.

Son avis ICI.

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La collectionneuse de papillons a trouvé au pied du sapin le dernier album d’Emmanuelle Houdart car elle n’en manque jamais aucun et ses proches le savent. Un album à la couverture magnifique colorée et terriblement intrigante. Le titre aussi titille l’imagination : de quel mortel va-t-il s’agir ici ? Au fil de ses illustrations riches de détails et de provocations, Emmanuelle Houdart s’essaye à une forme de documentaire très subjectif sur la mort, ses symboles, ses personnages, ses lieux… Un sujet qui n’est pas très joyeux et que pourtant l’artiste parvient à rendre accessible au fil de ses créatures déroutantes.

Mortel, Emmanuelle Houdart, Les Fourmis rouges, 2021.

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Le troisième et dernier volume de la série Steam Sailors a fait chavirer l’âme aventurière de Linda. Les pirates de l’air arrivent au Tartare, dernière étape d’un voyage semé d’embuches, lieu mythique chargé de magie. Sur place ils auront fort à faire et ne manqueront pas de tendre la main pour quérir toute l’aide possible. E.S. Green signe une conclusion explosive d’une série qui révèle tout son amour pour les histoires de pirates.

Steam Sailors, tome 3. Le Passeur d’âme de E.S. Green, Gulf Stream éditions, 2021.

Son avis complet est ici.

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À la recherche d’albums premier âge pour ses petits neveux, Isabelle a littéralement fondu en découvrant Bonne nuit tout le monde ! Cet album évoque le coucher avec une douceur infinie. Douceur du texte rythmé comme une comptine. Douceur et délicatesse des illustrations de Komako Sakai qui semblent parées du voile qui tombe sur le monde à l’approche du sommeil. Douceur de constater que tout est sa place et que l’on peut sereinement se laisser glisser dans la nuit. Un album adorable pour rendre le rituel du coucher plus tendre encore.

Bonne nuit tout le monde ! de Komako Sakaï et Chihiro Ishizu. L’école des loisirs, 2018.

Son avis complet est ici.

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Et en lecture à voix haute avec ses moussaillons, Isabelle a beaucoup aimé s’immerger en lecture à voix haute dans l’expérience de pensée post-apocalyptique des Nuées, la nouvelle série de Nathalie Bernard. Le scénario est d’autant plus percutant qu’il est parcimonieux : qu’adviendrait-il si une catastrophe pulvérisait notre cadre spatio-temporel ? Les récits des deux héroïnes se font écho, donnant, par petites touches, de la consistance au monde d’Eremos, son histoire, ses rites, ses fondements politiques, linguistiques et mythologiques. On se prend au jeu, la tension monte et au moment de refermer le livre, on brûle de lire la suite pour savoir ce que deviendront les deux héroïnes et sonder enfin les ténèbres qui persistent autour d’Érémos. Un récit d’anticipation happant et émouvant, entre ombre et lumière, dont la suite est attendue avec impatience !

Les Nuées, Livre 1 : Érémos, de Nathalie Bernard. Thierry Magnier, 2021.

Son avis complet est ici.

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Et vous, qu’avez-vous lu de beau en décembre ? Et quelles sont les lectures sous le signe desquelles vous avez envie de placer le renouveau de ce début d’année 2022 ?

Le coup de cœur de nos coups de cœur 2021 !

2021 se termine et nous laisse empêtrés dans ses points de suspension… Mais pour répondre à nos questionnements existentiels, sociétaux, politiques ou esthétiques, quoi de mieux que la lecture ? Alors aujourd’hui nous vous proposons nos coups de cœur de l’année 2021 pour transformer les points de suspension semés par 2021 en joli point d’exclamation !

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Lucie a eu de nombreux coups de cœur en 2021, notamment grâce aux précieux conseils des abronautes toujours enthousiastes !
Et c’est à Isabelle qu’elle doit la découverte du renversant Là-Bas. Rebecca Young et Marc Ottley proposent un album abordant le thème de l’exil avec douceur et luminosité. Ils ne taisent rien des dangers et des peurs, mais choisissent l’espoir. Une véritable œuvre d’art qui laisse une marque indélébile. À mettre dans toutes les mains, pour aborder un thème toujours tristement d’actualité.

Là-Bas de Rebecca Young, illustrations de Matt Ottley, éditions Kaléidoscope, 2020.

Les avis de Lucie et d’Isabelle (avec un aperçu des magnifiques illustrations).

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Pour Liraloin c’est lors d’un billet consacré à Jean-Claude Mourlevat que le coup de cœur est arrivé sans crier gare, une plongée dans un univers dont le lecteur ne sort pas indemne. Il s’agit du Chagrin du Roi Mort publié en 2009.

Aleksander et Brisco sont frères, inséparables compagnons de jeux. « Aleks seul était le fils de Selma. Elle l’avait mis au monde, au milieu de l’hiver, dix ans plus tôt, mais pas Brisco. Et cela vaut la peine de raconter dans quelles circonstances étonnantes. »

Le lendemain les deux frères se rendent à la bibliothèque royale et Brisco se fait enlever par une belle et terrible dame blonde. Pourquoi Brisco ? Quelle est la signification de la marque dans la paume de sa main ?

Un roman qui s’articule en deux parties : l’enfance, puis la guerre. Une première partie pour comprendre la fusion entre les deux jeunes garçons. Cette vie douce et paisible dans un cocon familial aimant. Une vie ponctuée de mystères, des récits empreints de sorcellerie permettant de mieux cerner les personnages et leurs rôles à venir dans la seconde partie. La guerre qui aura lieu. Un père qui voudra récupérer son fils. Un homme qui tentera d’être père. Deux garçons qui marcheront sur des chemins différents, bercés par l’amour.

Une histoire qui emporte très, très loin le lecteur, dans une contrée où la sorcellerie, la vengeance renforcent les liens. Le merveilleux, la dureté de la guerre et parfois la lutte contre soi-même bouleversent profondément. Jean-Claude Mourlevat est un formidable conteur.

Le chagrin du Roi Mort de Jean-Claude Mourlevat, Gallimard jeunesse, 2009

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Pour la collectionneuse de papillons, 2021 aura été l’année Séverine Vidal : entre Tu reverras ton frère, Mon héroïne, Des Astres, Soleil glacé et Sous ta peau le feu, Colette a eu l’impression de vivre mille vies, toutes plus intenses les unes que les autres. Comme il est vraiment extrêmement difficile de choisir dans une œuvre aussi dense, elle retiendra pour terminer l’année le dernier lu : la très belle BD Le Plongeon qui donne la parole à Yvonne, 80 ans, qui quitte son histoire, sa maison, sa chienne pour aller vivre en EHPAD. De ce déménagement, qui sera le dernier de toute une vie, que reste-t-il à notre héroïne ? Et bien l’essentiel : sa vie, sa vie sans rien d’autre autour, sans murs, sans les autres, sans bagages. Rien que sa vie. Et que l’on soit adolescent ou adulte, ce texte là est bouleversant. Il nous invite à plonger. En nous-mêmes. Pour voir ce qu’il reste quand le tourbillon de la société nous délaisse.

Le Plongeon, Séverine Vidal, Victor L. Pinel, Grand Angle, 2021.

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2021 a été une année de lectures particulièrement riche sur L’île aux trésors. Mais s’il ne fallait retenir qu’un titre, ce serait La fleur perdue du chaman de K. Pour l’objet-livre hors du commun, le dépaysement puisque nous voilà en Amazonie, l’intrigue menée tambour battant, les personnages inoubliables, des dialogues délicieux, le vent d’aventure auquel il est tout simplement impossible de résister ! Ode à l’amitié et à l’espoir, un roman réjouissant et émouvant : de ceux qui peuvent susciter la passion de lire.

La fleur perdue du chaman de K. Un incroyable voyage des Andes jusqu’à l’Amazonie, de Davide Morosinotto. L’école des loisirs, 2021.

Les avis d’Isabelle et de Linda

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L’année 2021 a été très riche en lecture et découverte mais pour Linda, c’est le récit poétique et féministe d’Elise Fontenaille qui a laissé l’emprunte la plus forte. En quelques cent pages, La Sourcière décrit la cruauté des hommes de pouvoir, dénonce les violences faites aux femmes et condamnent l’oppression qui annihile les libertés.

La Sourcière d’Elise Fontenaille, Rouergue, 2021

Son avis complet est ICI.

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Aventure, péripéties, paysages magnifiques, nostalgie et ode à l’enfance… Voilà ce qui s’impose à Blandine au moment de désigner SON coup de cœur 2021 et qui la renvoie à L’Enfant PAN d’Arnaud Druelle. Un préquel à l’œuvre de JM Barrie qui l’annonce autant qu’il le prolonge tout en s’inscrivant dans un contexte historique prégnant. Juste magnifique!

L’Enfant PAN. Arnaud DRUELLE. Gulf Stream Editeur, 2021

Son avis complet ICI.

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Est-ce qu’il y a une lecture qui a marqué votre année à vous ? En tout cas, toute l’équipe du grand arbre vous souhaite une année 2022 pleine de bonheur et de chouettes lectures !

Nos coups de cœur de novembre

Sous les belles branches de notre grand arbre fleurissent chaque mois des lectures inoubliables. Découvrez les livres qui ont fait chaviré nos cœurs de blogueuses en ce mois de novembre !

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Pour Liraloin c’est un voyage hypnotique qui emporte le coup de cœur pour ce mois-ci. Il s’agit d’Odyssée de Peter Van Den Ende publié chez Sarbacane en 2020. Il s’agit d’un premier album.

Cet album sans texte est une formidable aventure à travers les mers. Les illustrations en noir et blanc pleine page soulignent une atmosphère propice à la rêverie.  Une route longue et fantastique s’ouvre devant un si petit bateau en papier, cet origami plié par des générations d’enfants. Justement, Peter Van Den Ende invite le lecteur à voyager dans son imagination, à trouver dans son odyssée des créatures qui rassurent ou qui font peur pour cheminer et arriver à bon port afin de grandir en étant son propre capitaine.

Odyssée de Peter Van Den Ende, Sarbacane, 2020

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Chez Lucie, la sortie du deuxième tome d’Alma de Timothée de Fombelle était attendu avec impatience.

Si comme eux vous avez envie de retrouver les personnages qui vous ont fait vibrer, suivez leurs aventures entre la France, l’Afrique, l’Amérique et l’Australie dans un grand jeu de piste comme sait si bien en concevoir cet auteur malicieux. Alma : l’enchanteuse est un enchantement !

Alma : l’enchanteuse de Timothée de Fombelle, Gallimard Jeunesse, 2021.

Son avis ICI.

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J’en rêvais depuis longtemps a aussi attiré l’attention de Lucie et de son fils. Par son format inhabituel tout d’abord, mais surtout par son contenu. Outre les illustrations toujours expressives et réjouissantes d’Olivier Tallec, il joue ici avec l’identité du narrateur de manière très amusante.

J’en rêvais depuis longtemps d’Olivier Tallec, Actes Sud Junior, 2021.

Son avis ICI.

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Pour Blandine, le choix ne fut pas facile tant novembre lui a fait battre le cœur. Puisqu’il faut bien choisir, voici les deux livres qui résonnent particulièrement!

Le Passeur de fantômes – Tome 1. Alain GROUSSET et Johan HELIOT. Éditions Auzou, 2018

Malo emménage dans une nouvelle maison, que l’on dit hantée… à raison. Il y fait la connaissance de Jérémy, fantôme d’un garçon de son âge, amnésique et qui ne peut aller dans l’au-delà. Avec l’aide de Silène et d’Octave, son aïeul fantôme d’un Poilu de 1914, il lui vient en aide et se découvre un pouvoir.

Ce roman aborde des thèmes forts comme l’amitié, la culpabilité et l’entraide avec un peu d’Histoire Surtout, il nous permet d’entrevoir un univers riche autour de l’occultisme, sans aspect effrayant.

Son avis complet ICI.

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Les Croques – Tome 3
Léa MAZÉ. Éditions de la Goutière, 2020

Les Croques, ce sont Céline et Colin, deux jumeaux turbulents, harcelés au collège en raison du métier de leurs parents, croque-morts, et délaissés par ces derniers trop pris par leurs difficultés. Renvoyés une énième fois, les jumeaux se mettent en tête de résoudre un mystère après avoir vu des marques étranges sur certaines tombes… Ils s’attendaient à vivre une aventure palpitante, les voilà plongés au cœur d’une enquête haletante et pleine de dangers.

Avec son triptyque, Léa Mazé nous happe tout du long et nous plonge dans un thriller au cadre atypique: un cimetière! Elle joue sur les apparences et les cadrages, son travail autour des couleurs est magnifique. Nous sommes maintenus en haleine et ce troisième tome, avec sa double chute, clôt parfaitement la série!

L’avis complet de Blandine ICI.

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C’est un voyage au Bois de Burrow qui a conquis Linda. Thibault Guichon utilise la fable animalière pour dénoncer les travers de notre société moderne : fashion addict, surconsommation ou encore addiction aux réseaux sociaux sont pointées du doigt dans un texte plein de poésie et d’humour. Superbement illustré par Frédéric Pillot dans un style noir et blanc proche des gravures du XIXe siècle, cet album très grand format est aussi un très bel objet-livre.

Les Fabuleuses Fables du Bois de Burrow de Thibault Guichon, illustrations de Frédéric Pillot, éditions Little Urban, 2021.

Son avis complet est ICI.

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Pour Colette, le mois de Novembre fut l’occasion de renouer avec la Bande-Dessinée. Et c’est avec Nowhere girl de l’auteure Magali Le huche, qu’elle suit depuis si longtemps avec ses petits pilotes, qu’elle a redécouvert les plaisirs enchantés de ce genre si créatif. Dans Nowhere girl, Magali Le huche raconte son adolescence, et plus précisément son entrée au collège. Et l’impossibilité de s’y sentir en sécurité. Seule la musique, seuls les Beatles vont lui permettre d’ouvrir une brèche enchantée dans son quotidien angoissant. C’est avec eux, qu’elle traversera les route qui mène à l’âge adulte, confiante en ses dons, en sa créativité.

Nowhere girl, Magali Le huche, Dargaud, 2021.

Son avis complet est ici.

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Isabelle n’a fait que des belles pioches ce mois-ci. En album, elle s’est régalée avec Tombée du ciel, la nouvelle pépite des frères Fan, dont on aime toujours autant la proposition esthétique et philosophique. Cette fable autour d’une Merveille colorée qui serait tombée du ciel dans un pré d’herbes folles évoque joliment ce que peut provoquer en nous la rencontre avec l’inconnu : la curiosité, la perplexité, les questionnements métaphysiques ou spirituels, la gourmandise ou la convoitise… Elle nous interroge sur les manies humaines de vouloir s’approprier et marchandiser tout ce qui pourrait rester commun. Un album à couper le souffle, entre poésie, perche tendue à notre conscience et hymne au partage.

Tombée du ciel, des Fan Brothers, Little Urban, 2021.

L’avis d’Isabelle ICI

Et en roman, Isabelle et son moussaillon cadet ont adoré lire à voix haute le deuxième tome de la série Angie ! de Marie-Aude et Lorris Murail. Une enquête policière de haut vol portée par des personnages qu’on est ravi.e de voir retrouver et voir évoluer. L’intrigue s’inscrit à la fois dans notre époque de pandémie et dans le temps long de l’histoire du Havre. Tout cela est pimenté d’humour et porté par une plume énergique, vivante et très visuelle. Un roman plein de vie !

Souviens-toi de septembre ! de Marie-Aude et Lorris Murail. L’école des loisirs, 2021.

Son avis complet ICI

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Et vous, qu’avez-vous lu de beau ce mois-ci ?

Nos coups de cœur d’octobre

L’automne s’installe doucement avec ses couleurs chaudes et ses températures en baisse. C’est le moment idéal pour s’installer au coin du feu avec un bon livre. Pour accompagner ces moments de douceur, nous vous présentons, comme chaque premier lundi du mois, nos derniers coups de cœur. C’est promis, vous y trouverez de l’insaisissable, de la beauté, du merveilleux, de l’humour, de la douceur, des étoiles – et même des frissons !

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Pour Linda, c’est un album à la couverture mystérieuse, sans titre, qui se hisse au rang de coups de cœur. Derrière cette couverture se révèle un album poétique au graphisme original. Isabelle Simler nous invite dans l’imagination et nous explique le cheminement de la pensée dans la construction des idées.

Les idées sont de drôles de bestioles d’Isabelle Simler, éditions Courtes et Longues, 2021.

Son avis complet est ICI, celui d’Isabelle .

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Pour Lucie, c’est aussi un album qui sort des sentiers battus. Issu de sa PAL de rentrée, L’enfant, la taupe, le renard et le cheval n’a pas vraiment d’histoire. Entre questionnements et rencontres, Charlie Mackesy prend le lecteur par la main et l’invite à la bienveillance. Avec les autres mais aussi avec lui-même. Pour ne rien gâcher, les illustrations sont magnifiques. Réconfortant en ces temps de grisailles !

L’enfant, la taupe, le renard et le cheval de Charlie Mackesy, Les Arènes, 2020.

Son avis ICI.

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Pour Liraloin c’est lors d’un billet consacré à Jean-Claude Mourlevat que le coup de cœur est arrivé sans crier gare. Il s’agit du Chagrin du Roi Mort publié en 2009.

Le Chagrin du Roi Mort de Jean-Claude Mourlevat, Gallimard jeunesse, 2009

Aleksander et Brisco sont frères, inséparables compagnons de jeux. « Aleks seul était le fils de Selma. Elle l’avait mis au monde, au milieu de l’hiver, dix ans plus tôt, mais pas Brisco. Et cela vaut la peine de raconter dans quelles circonstances étonnantes. »

Le lendemain les deux frères se rendent à la bibliothèque royale et Brisco se fait enlever par une belle et terrible dame blonde. Pourquoi Brisco ? Quelle est la signification de la marque dans la paume de sa main ?

Un roman qui s’articule en deux parties : l’enfance puis la guerre. Une première partie pour comprendre la fusion entre les deux jeunes garçons. Cette vie douce et paisible dans un cocon familial aimant. Une vie ponctuée de mystères, des récits empreints de sorcellerie permettant de mieux cerner les personnages et leurs rôles à venir dans la seconde partie. La guerre qui aura lieu. Un père qui voudra récupérer son fils. Un homme qui tentera d’être père. Deux garçons qui marcheront sur des chemins différents, bercés par l’amour.

Une histoire qui emporte très très loin le lecteur, dans une contrée où la sorcellerie, la vengeance renforcent les liens. Le merveilleux, la dureté de la guerre et parfois la lutte contre soi-même bouleversent profondément. Jean-Claude Mourlevat est un formidable conteur.

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Encore un livre hors du commun dans notre collection de coups de cœur d’octobre : Quel tableau ! de Julien Couty est vraiment déroutant. On y suit un père son fils au musée. Mais voilà, toutes les œuvres semblent avoir subi les effets néfastes du dérèglement climatique, de la mondialisation, du consumérisme, de la surpopulation. Un livre à la fois terriblement drôle et terriblement angoissant où les images se suffisent – hélas – à elles mêmes !

Quel tableau ! Julien Couty, Rouergue, 2020.

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Vous souvenez-vous de Petit-Arbre? Jeune Chêne qui se sentait trop frêle et inutile, il a depuis bien grandi. Au fil des saisons, il a gagné en taille et accueilli beaucoup d’amis animaux.

Petit-Arbre est devenu grand. Nancy GUILBERT et Coralie SAUDO. Editions Circonflexe, 2021

Dans ce nouvel album aux couleurs d’automne qui illustrent le temps qui passe et le cycle de la vie, Petit-Arbre est grand à présent. Il est question de mort et de transmission, d’amitié et d’espoir. C’est beau, c’est doux, c’est tendre.

A nouveau, Blandine et ses enfants ont été conquis. Retrouvez son avis complet ICI.

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Isabelle a été emportée par une BD au cheminement fragile, entre rire, larmes et réconfort : Incroyable ! de Zabus et Hippolyte. Un album très original et émouvant, dont la saveur a été d’autant plus grande que sa lecture a été partagée avec d’autres branches de l’arbre. On vous en reparle bientôt…

Incroyable ! de Zabus et Hippolyte, Dargaud, 2020.

Les avis complets d’Isabelle et de Lucie

Et dans la catégorie roman, le coup de cœur d’Isabelle est de circonstance en cette saison de Halloween : une maison isolée, cernée par un malaise intangible… Éric Pessan, de sa belle plume imagée, joue des codes du genre horrifique pour tirer sur toutes les cordes de notre paranoïa. Et pourtant, c’est sur un tout autre terrain qu’il nous entraîne finalement, suivant une partition inattendue mais d’autant plus glaçante, à la lisière entre le thriller, le conte, la poésie et le drame. Un roman hypnotique qui se dévore et nous laisse groggy, mais aussi étrangement apaisé.e. À faire découvrir à ceux qui n’ont pas froid aux yeux !

La-Gueule-du-Loup, d’Éric Pessan, L’école des loisirs, 2021.

Son avis ICI.

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Et vous, qu’avez-vous lu de beau en octobre ?