Claude Ponti, un classique ?

Pour inaugurer notre premier rendez-vous avec les “classiques de la littérature jeunesse”, un premier nom est venu à l’esprit d’Ada : Claude Ponti. Tout d’abord parce qu’il écrit maintenant depuis plus de 30 ans pour la jeunesse et que ses œuvres semblent passer l’épreuve du temps et puis parce que dans ses albums, le sens tourbillonne comme la langue et les images qu’il crée pour nous inviter à y penser.

“Mon auteur préféré”, école des loisirs.

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Dans la vitrine de sa collection d’histoires précieuses, Ada a mis au premier plan le fabuleux album intitulé L’arbre sans fin.

Voilà pourquoi, en 10 raisons !

  1. Parce qu’il y est question d’une quête initiatique, celle d’Hipollène, petite créature zoomorphisée comme seul sait en inventer Claude Ponti et que cette quête est pleine d’épreuves à relever.
  2. Parce que cet album est un voyage, obscur et lumineux à la fois, mais en même temps un précieux retour aux sources.
  3. Parce que le merveilleux y est foisonnant que ce soit à travers les personnages, l’arbre (presque) sans fin, l’époque indéfinie, les monstres, les passages vers des univers souterrains ou aériens, les métamorphoses de l’héroïne et son courage exemplaire.
  4. Parce que le thème de la transmission de mère en fille, de grand-mère en petite fille y est merveilleusement orchestré.
  5. Parce que l’inventivité de l’auteur dans la manière de nommer ses personnages est d’une créativité jubilatoire, en témoigne la page 23 où Hipollène arrive devant la plus ancienne racine de l’arbre sans fin, “la Mère-Vieille-du-Monde” où elle écoute “la brume de musique qui lui chante la chanson de l’arbre. Avec la voix de toutes ses Grand-mères.” On peut alors entendre cette litanie poétique : “Aubière-l’aventureuse, la première a planté la maison. Ensuite il y eut : Florée-Zon-Déramée-La-Grande-Enfanteuse, Pousse-Touffue-L’Embrouillée-Des-Narines, Brindillonête-L’Apamarante…”
  6. Parce que la vie y est un arbre, un arbre sans fin dont on découvre les frontières en le parcourant.
  7. Parce que la lectrice, le lecteur y apprend à se construire de quoi affronter ses peurs, même les plus lointaines, les plus enracinées.
  8. Parce que la mort y est sublimée avec une poésie infinie dès les premières pages : “Grand-mère est portée dans son berceau de voyage sur la branche d’été, jusqu’au bord de la nuit. Son nom de vie était : Orée-d’Otone-La-Tisseuse-De-Contes.”
  9. Parce que ce texte ressemble à s’y méprendre à un texte fondateur, Odyssée intemporelle à hauteur d’enfant.
  10. Parce que c’est un album qui nourrit l’enfant en chacun de nous en montrant, sans le dire, ce que c’est que grandir, se choisir un nom, devenir soi-même, sans renier son héritage, en s’élançant vers son avenir.

Pour Pépita, maman de famille nombreuse, c’est ce titre qui lui vient immédiatement à l’esprit : Le catalogue de parents pour les enfants qui veulent en changer.

Résultat de recherche d'images pour "le catalogue de parents ponti""Catalogue de 10 raisons !

  1. Parce que c’est un grand format et que j’aime les grands livres pour mieux s’y plonger ! Et ce titre, il est génial !
  2. Parce qu’il n’y a pas de raison : pourquoi les enfants n’auraient-ils pas le droit de vouloir changer de parents ? (parce que oui, ça arrive aux parents d’être parfois effleuré par l’idée-mais seulement effleuré !- de changer d’enfants….mais chut ! C’est un secret…).
  3. Parce que Claude Ponti n’a pas son pareil pour aborder avec humour et ses jeux linguistiques uniques des sujets si importants.
  4. Parce que tout se tient dans cet album : c’est vraiment un catalogue de parents avec service après-vente, bon de commande,  et tout et tout ! Claude Ponti pense à tout.
  5. Parce que sous l’humour, Claude Ponti tend à la fois aux parents et aux enfants un miroir de leurs propres travers, en laissant aux enfants la priorité du regard et ça, c’est drôlement fort !
  6. Parce que le processus d’identification ainsi mis en marche permet de prendre du recul et de mieux savourer au final ses propres parents, qu’on échangerait finalement pour rien au monde !
  7. Parce que cet album renforce les liens d’amour parents/enfants et vice versa, parce que hein, les parents, faudrait aussi faire des efforts de temps en temps ! Pas toujours que les enfants !
  8. Parce que rire en famille, il n’y a rien de meilleur !
  9. Parce que cet album peut permettre de se dire des choses qu’on aurait peut-être pas osé se dire : C’est quoi un bon parent ? Comment tu perçois les tiens ? Tu voudrais en changer toi ? Pourquoi ?
  10. Parce que, parce que, parce que, il est chouette tout simplement ! 🙂

 

Pour Solectrice et les Lutines, c’est Blaise et le château d’Anne Hiversère qui s’impose.

10 raisons pour vous convaincre !

  1. Parce que c’est tellement chouette d’ouvrir ce livre géant et de se glisser tout entier dedans !
  2. Parce qu’on peut compter les poussins tout en admirant les décors accueillants.
  3. Parce c’est un album coloré, qui foisonne de personnages. Quel bonheur de chercher à chaque page Blaise le poussin masqué.
  4. Parce qu’il regorge de trouvailles graphiques et lexicales pour donner de l’élan à notre imaginaire. On savoure ces mots tirés du chapeau de Ponti. Comme on aime éclapatouiller la farine, splitouiller la pâte avant de la rataplatisser ou tarislouper les crèmes ! On s’autorise toutes les folies avec ces poussins facétieux.
  5. Chaque jour nous apporte des surprises de taille… Allez donc voir à la page 16 !
  6. Parce qu’entre la forêt de champignons au chocolat, le sucre des cimes, la fabuleuse cueillette des fruits et la Tatouille, cet illustré à de quoi satisfaire notre gourmandise !
  7. Parce qu’on se régale les yeux en découvrant l’immense gâteau : on salive devant les 10 étages de ce phénoménal château (biscuit, crème, chocolat, croquant, mousse, biscuit, etc.).
  8. Parce qu’on fait partie de la fête : des préparatifs jusqu’à la dégustation toute en onomatopées. “C’est tellement irrésistibilicieusement incroyabilicieux” !
  9. Parce qu’on s’amuse follement à chercher les personnages invités par Blaise aux pages 38-39, autant de références littéraires et cinématographiques qui parlent à toutes les générations. On peut aussi les retrouver en partant des noms listés sur les pages intérieures de la couverture.
  10. Parce que Ponti nous invite dans un univers intemporel, cocasse et vivant. Et parce qu’il ne laisse rien au hasard, jusqu’au code-barres qu’il intègre dans ses illustrations de couverture quand on referme le livre mais qu’on n’a pas vraiment envie de le quitter.

 

Sur leur île au trésor, Isabelle et ses garçons ont eu envie de vous parler d’un album grand comme un univers, qui nous fait entrer dans la vallée où vivent les étranges et sympathiques créatures que sont les Touims…

10 raisons parmi d’autres de sauter à pieds joints dans la vallée !

  1. Pour l’objet-livre, son grand format qui sublime des illustrations foisonnantes et fascinantes, et toutes les petites surprises qui se nichent un peu partout (jusqu’au code barre) et que les enfants n’ont pas leur pareil pour repérer.
  2. Pour la mignonnerie irrésistible de ses petits protagonistes, adorables boules de poil pleines de vie, de créativité et de bonne humeur.
  3. Parce que les aventures des Touims nous font du bien et nous font grandir, à la manière des histoires universelles qui nous parlent de la vie – ses joies, ses peurs, ses colères, ses moments de contemplation et d’agitation, ses secrets et ses surprises. La fantaisie n’est-elle pas le meilleur moyen d’appréhender tout cela ?
  4. Pour l’immense plaisir de laisser l’imagination sans borne de Claude Ponti repousser les frontières de notre horizon, avec notamment mille inventions réjouissantes, de la Balanquette, géniale combinaison de balançoire et de banquette, aux épatantes embarcations que sont les arbres Abato…
  5. Parce que Claude Ponti est le maître des jeux sur les sonorités des mots et des noms (notre palme spéciale, après avoir longuement débattu, à Olie-Boulie, petit frère du narrateur). Cette histoire pourrait n’avoir aucun sens, elle resterait jubilatoire pour cette drôle de musique qui résonne comme une comptine et ravit les enfants.
  6. Parce que c’est une vraie monographie du monde des Touims et que l’alliage de la fantaisie et d’une présentation quasi-scientifique, avec force schémas et cartes à la clé, est tout simplement réjouissante.
  7. Parce que cette lecture nous donne l’envie de savourer la vie qui fourmille dans la nature, de nous laisser bercer par le rythme rassurant et inexorable des saisons qui passent…
  8. Pour la gaieté entraînante des Touims dont l’entrain à inventer mille jeux est communicatif – avec une mention spéciale pour leur technique de construction de bonhommes de neige !
  9. Pour l’invitation à rêver sans limite, qu’il s’agisse de la double-page où le petit narrateur contemple le large à la façon du célèbre tableau de Caspar David Friedrich, ou de la joie ressentie à l’idée de voler en se laissant emporter par un grand vent ou de débarquer sur l’île molle, entièrement comestible…
  10. Pour la page finale qui nous prend de court en renversant radicalement la perspective.

Dans le Petit Bout de Bib(liothèque) de Bouma, ce sont de joyeux poussins que l’on retrouve. Personnage emblématique de l’œuvre de Claude Ponti, on retrouve le poussin dans bien des ouvrages mais Tromboline et Foulbazar sont vraiment à part.

10 petits bouts d’explication

  1. le petit format à l’italienne est parfait pour les petites mains ;
  2. Tromboline et Foulbazar sont deux poussins espiègles, joueurs et inventifs (et on aimerait bien être comme eux) ;
  3. avec peu d’éléments pour chaque histoire, Claude Ponti imagine pourtant un univers qui regorge de trouvailles tant dans le vocabulaire que dans le dessin ;
  4. Le Château fort ou bien encore L’avion entrainent les petits lecteurs dans des constructions follement imaginables ;
  5. Les Masques ou Le chien et le chat recommandent vivement d’apprendre à se déguiser pour devenir un autre ou se retrouver soi-même ;
  6. les personnages évoluent au fur et à mesure de leurs aventures. ils ne murissent pas vraiment mais leurs traits oui ;
  7. on retrouve forcément tous les jeux de mots chers à Ponti (le nom de ses héros le trahit) ;
  8. loin d’être sages comme des images, Tromboline et Foulbazar sont un exutoire pour tous les enfants qui aimeraient parfois faire des bêtises (des grosses surtout, parce que les petites sont plus faciles à entreprendre) ;
  9. parce qu’avec une quinzaine d’aventures aujourd’hui (la première datant de 1993), on peut les découvrir à foison ;
  10. parce qu’il y a forcément un peu de poussin en vous (comme en chacun d’entre nous).

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Et vous ? Quel est l’album de Claude Ponti qui vous a plus marqué(e) et pourquoi ? Si vous ne le connaissiez pas encore, nous espérons vous avoir donné envie de le découvrir !

“Pourquoi lire les classiques ?”

Ici on vous parle beaucoup des nouveautés qui nous ont questionnées, bouleversées, bousculées. Et on vous parle un peu moins de ces livres que l’on peut sans doute considérer avec le temps comme des classiques de la littérature jeunesse. Alors on a décidé d’instaurer un nouveau rendez-vous sur le blog dédié à l’évocation de ces fameux classiques. De nombreux noms d’auteur.e.s nous sont tout de suite venus à l’esprit : Jeanne Ashbé, Jean-Claude Mourlevat, Marie-Aude Murail, Claude Ponti… Notre premier rendez-vous aura lieu la semaine prochaine, on vous laisse découvrir avec qui. Mais avant tout, nous désirions nous mettre d’accord sur ce que c’était un “classique”, un débat vieux comme le monde mais qui méritait qu’on s’y intéresse pour être certaines de partager quelques éléments de définition. Alors à la suite d’Italo Calvino qui y a beaucoup réfléchi dans Pourquoi lire des classiques et La Machine littérature, nous nous sommes posées la question et voilà le résultat de nos cogitations.

Pour Pépita : “un classique, c’est de l’intemporel et de l’universel. Au début, il est contemporain de l’époque dans lequel il est apparu. Il devient un classique quand sa lecture traverse les époques et qu’il arrive à rester dans l’actualité, à résonner encore et toujours, malgré les changements de mentalités et de la société. C’est quand il nous parle, nous remue et cela d’autant plus quand on connaît sa date de parution. Moi, ça m’épate toujours. Il y a aussi des albums ou romans ou… actuels dont on pressent qu’ils vont devenir des classiques tant leur portée est forte et qu’elle reste inépuisable.”

Pour Ada : “un classique c’est une œuvre que l’on va avoir plaisir à relire à n’importe quel âge de notre vie, tout-petit, enfant, adolescent.e, adulte, âgé.e, parce que son sens est inépuisable, parce que son sens déborde le livre lui-même, parce qu’il ouvre à chaque fois en nous de petites portes secrètes qu’on avait oubliées ou à peine soupçonnées. Et c’est ce pouvoir du classique qui va nous donner l’envie impérieuse de le partager avec toutes celles et tous ceux qui tissent du lien autour de nous. ”

Pour Bouma : “un classique c’est une œuvre dont on se souvient toute sa vie car il fait écho à un moment de notre existence… que cela soit des souvenirs d’enfance, de jeunesse, de vieillesse aussi… un classique est à la fois personnel et universel tant on a envie qu’il le devienne pour les autres…”

Pour Isabelle : “À quels textes pense-t-on quand on parle « classiques » en littérature jeunesse ? Les références sont arrivées, toujours plus nombreuses : les contes traditionnels, des romans comme L’île au trésor de Stevenson, Tom Sawyer de Marc Twain, Sa Majesté des Mouches de William Golding, Le livre de la jungle de Kipling, Alice au pays des merveilles de Lewis Caroll, La Belle et la Bête, de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, Pierre et le loup, les romans de Jack London et Jules Vernes, puis les histoires de Roald Dahl, de Pierre Gripari… Évidemment, je pense aussi à des auteurs et des œuvres plus récentes. En albums, avant tout (à chaud) Maurice Sendak, Leo Lioni, Beatrix Potter, Tomi Ungerer, Claude Ponti. En romans récents, peut-être d’abord J.K. Rowling et P. Pullmann… J’arrête de lister, il y en aurait beaucoup trop !

Qu’est-ce que ces livres ont en commun ? D’abord, ce sont des livres « connus », célèbres, qui offrent un univers de références partagées assez largement, au-delà des milieux sociaux, des générations… Qui deviennent de ce fait des « valeurs sûres » que l’on peut recommander les yeux fermés ! Cela implique implicitement que nous ayons un certain recul sur le livre et que celui-ci ait en quelque sorte déjà « vécu » suffisamment longtemps. Et pourtant, quand je dis ça, je me dis aussitôt que certains livres deviennent rapidement des « classiques » (ou peuvent très vite être perçus comme des « classiques potentiels »). Personnellement, je classerais par exemple déjà Rebecca Dautremer, Hervé Tullet ou Timothée de Fombelle comme des auteurs de « classiques ».

On oppose souvent les « classiques » et les « modernes », les premiers correspondant aux œuvres respectant les codes établis, les seconds s’inscrivant en rupture. Mais en réalité, comme tu le dis, Pepita, les classiques auxquels on pense ont souvent marqué une rupture en proposant quelque chose de nouveau, ils sont devenus « classiques » en proposant de nouvelles manières de faire qui se sont établies à leur tour…

Il y a, d’ailleurs, un enjeu symbolique fort à qualifier une œuvre de « classique » : un « classique » fait partie du canon des œuvres conventionnellement jugées incontournables, que l’on est censé connaître et qui font autorité, d’une certaine manière. On voit bien ce que cette qualification a de social lorsque l’on passe d’un pays à l’autre. Des livres qui sont des « classiques » chez nous restent relativement méconnus ailleurs, et inversement. En Allemagne, par exemple, absolument tout le monde lit tous les livres de Michael Ende et d’Astrid Lindgren alors que tous ne sont même pas disponibles en traduction française… Une amie américaine m’a fait lire (avec bonheur) My father’s dragon, qu’elle a présenté comme un classique, mais dont je n’avais jamais entendu parler !

Quelles sont les qualités qui font qu’un livre pourra être qualifié de « classique » ? Difficile à dire comme ça, mais pour parler à un lectorat diversifié sur le temps long, j’ai l’impression, comme Pepita, qu’un texte doit avoir un côté universel… même si cela ne veut pas forcément dire qu’il soit consensuel !

Pour Solectrice : “un classique, pour moi, c’est une icône, un livre qui a peut-être jauni sur l’étagère de la bibliothèque mais que l’on aime ouvrir, relire, conseiller. C’est une référence que l’on partage avec connivence. Un titre qui nous a nourris petit.e.s et que l’on a plaisir à ressortir, à transmettre. Des textes fondateurs… de nos sociétés, de notre enfance, de notre imaginaire ou de notre entrée en littérature.

En bref, un classique, où que l’on aille, quoi que l’on feuillette, quelles que soient les découvertes que l’on puisse faire, on ne va pas le retirer de l’étagère. On souffle sur la tranche pour en chasser la poussière et on a toujours envie d’y revenir, un peu comme la maison de ses grands-parents, parce qu’on aime tant les histoires qu’ils nous racontent.”

Nos coups de cœur de décembre en ce mois de janvier

Toute l’équipe vous souhaite une belle année douce, lumineuse et pleine de lectures !

À cheval sur l’année passée et la nouvelle qui arrive, voici notre premier article de 2020 qui recense nos coups de cœur du mois décembre, qui n’est pas si loin !

À l’ombre du grand arbre, c’est cette année 2019 :

12 lectures communes, 10 sélections thématiques, 12 séries d’articles coups de cœur, nos tables de chevet et leur PAL, deux swaps, un prix, des interviews, des billets d’été,… mais surtout beaucoup de passion et d’échanges !

Voici ce que nous gardons de nos lectures du mois passé :

Pour Pépita et son Méli-Mélo de livres, c’est sans aucun doute ce magnifique conte contemporain : émouvant, beau, juste, triste aussi et qui appelle à plus d’humanité. Et ce titre, ce titre !!!!

Son avis et celui d’Isabellehttp://www.gallimard-jeunesse.fr/var/storage/images/product/aa6/product_9782075093668_244x0.jpg

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Alice a adoré frissonner avec cette BD adaptée du roman de Malika Ferdjoukh  -dessin de Nicolas Pitz-.

Un huis clos familial où l’on suit une enquête entre fausses pistes et révélations. L’atmosphère s’alourdit au fil des pages et des retrouvailles ce 1er octobre à l’occasion de l’anniversaire de Papigrand… Une ambiance digne d’un bon polar dans des décors aux  superbes couleurs automnales.

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Sophie a aimé découvrir ce nouvel album de Lucie Félix. Elle y parle l’air de rien des origines de la vie sur terre et des premières cellules. Mais oui oui, c’est bien un livre pour les tout-petits avec des tirettes, des couleurs contrastées, des formes simples et un texte tout en sonorité.

Son avis

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Solectrice a vibré avec un roman qui nous replonge cinq ans en arrière, comme si c’était hier… Pendant les attentats qui ont pris pour cible Charlie Hebdo, on suit le quotidien de Caumes et de ses amis lycéens.

Son avis.

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Sur leur île aux trésors, Isabelle et ses enfants ont été particulièrement émus par deux livres exceptionnels qui célèbrent chacun à leur manière une nature surprenante, sauvage et fragile : le documentaire Curieux mammifères, de Florence Guiraud (Saltimbanque) et le roman Violette Hurlevent et le Jardin Sauvage, de Paul Martin et J.-B. Bourgois (Sarbacane).

Son avis sur Curieux mammifères

Son avis, celui de Pépita et de Hashtagcéline sur Violette Hurlevent et le Jardin Sauvage

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HashtagCéline a été très touchée par l’histoire de Louise, jeune bachelière, confrontée à des choix qu’elle ne se résout pas à prendre. Désorientée de Marine Carteron (Casterman) a été la belle surprise de cette fin d’année.

Son avis.

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Et vous ? Quelles belles lectures avez-vous faites en décembre et s’il fallait n’en retenir qu’une, laquelle serait-elle ?

Lecture commune : Milly Vodovic

En ce dernier lundi de l’année 2019, nous vous proposons de découvrir notre lecture commune de Milly Vodovic, de Nastasia Rugani, aux éditions MeMo.

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Yoko Lulu : Qu’avez-vous pensé de l’héroïne, Milly Vodovic ? Avez-vous ressenti de l’affection envers elle ?

Pépita : J’ai de suite aimé ce petit bout de femme plein d’énergie, à la détermination sans faille et à l’imaginaire foisonnant. Une sorte de Peter Pan pour moi. Je me suis dit qu’un bouclier la protégeait, que rien ne pouvait lui arriver. Pourtant, sa souffrance est immense. Son environnement hostile, le poids de l’Histoire sur sa famille énorme, tout concourt à la faire vaciller. La première scène du roman met tout de suite le lecteur dans le bain quant à sa volonté, sa vision de la vie, son attachement viscéral à son frère.
En même temps, j’ai eu envie de la protéger, tant parfois j’ai eu peur pour elle.

Yoko Lulu : Moi je l’ai immédiatement trouvée étrange. Les coccinelles, son histoire personnelle qu’elle tentait au début de nous cacher… Tout cela sonnait bizarrement. Néanmoins je me l’imaginais petite, pleine d’énergie et débordant d’amour… Je me suis assez vite attachée à elle, bien que je n’arrive pas toujours à la suivre.

Colette : Milly c’est un brasier vivant dans le corps d’une enfant. L’étreindre serait l’étouffer. C’est une héroïne qui dès le départ est placée sous le signe de l’ambiguïté. Et cette ambiguïté, on la retrouve à chaque page, à chaque ligne tout au long du roman, si bien que l’on ne sait jamais vraiment où se placer en tant que lectrice.

Isabelle : Comme vous, j’ai été touchée par Milly. Elle est à la lisière de l’adolescence, mais elle a une part d’innocence et de témérité que ne peuvent avoir que les enfants. J’ai été attendrie aussi par son côté sauvage, la fierté qu’elle conserve, en dépit des discriminations dont sa famille fait l’objet.

Yoko Lulu : Petit à petit des coccinelles recouvrent la ville. Comment les voyez-vous ?

Yoko Lulu : Pour moi elles sont annonciatrices de mauvaises nouvelles et sont la métaphore de gouttes de sang. Elles signifient que la ville va être envahie par le chaos et la violence.

Pépita : Je les ai plutôt vues dans leur fonction : mangeuses de nuisibles ! Mais aussi comme un rappel que la nature, même en minuscule, est présente malgré la folie des hommes. Milly n’en a pas peur, elle semble être la seule à les voir. Elles ne sont pas menaçantes. Elle apparaissent quand Milly doute, rêve éveillée, quand sa solitude est immense. Ce sont des compagnes pour elle qui lui montrent le chemin à suivre, comme les cailloux du Petit Poucet.

Colette : Ces coccinelles m’ont rappelé un passage de la Bible : les 10 plaies d’Égypte, notamment l’arrivée des sauterelles qui envahissent toute la surface de la terre. Un symbole plutôt dévastateur qui participe de l’écriture symbolique de ce roman.

Isabelle : Oui, ces coccinelles sont troublantes. Je me suis demandé plusieurs fois à la lecture du roman si elles existaient ou si elles étaient le fruit de l’imagination débordante de Milly. Leur nom vient du latin coccinus qui signifie “écarlate”, et comme Yoko Lulu, j’ai d’abord pensé à la couleur rouge du sang et pressenti un drame. Puis je me suis souvenue que certaines légendes prétendent que les coccinelles sont des porte-bonheur, sans toutefois oser complètement croire à un dénouement heureux…

Pépita : Beaucoup de personnages gravitent autour de Milly : sa famille, notamment son frère, des voisins, des jeunes garçons, avec une violence latente. Et beaucoup d’ambiguïté : comment l’avez-vous perçu ?

Colette : Je me souviens surtout de son grand-père si sensible et protecteur, si fragile aussi de par tout ce qu’il sait et sent. De par ce passé, cet ailleurs qui l’habite, qu’il porte en lui et transmet malgré tout.

Yoko Lulu : La violence de Swan Cooper m’a d’abord dérangée, elle me mettait mal à l’aise. Puis on commence à comprendre que ce personnage est bien plus complexe et qu’une certaine tendresse réside en lui, dont il a honte et qu’il cache derrière les coups qu’il donne.

Isabelle : Ce que tu dis, Pépita, est très juste. Les personnages sont nombreux et incarnent une fresque de la société multiculturelle américaine : les membres des différentes générations d’une famille immigrée, les rednecks, l’écrivaine qui tente de s’abstraire de la misère environnante par l’écriture, la bibliothécaire qui encourage le frère de Milly à étudier… Comme tu le dis, tous sont plein d’ambivalences et travaillés par leurs contradictions. Milly évolue sur une ligne de crête entre enfance et adolescence, entre une réalité insoutenable et un imaginaire ouvrant son horizon. Toute sa famille est tiraillée entre faire profil bas, courber l’échine, s’efforcer de s’extraire de son milieu social ou, au contraire, s’affirmer en assumant ce milieu. Swan Cooper n’exprime pas ses souffrances, mais s’abandonne à la violence. Les personnages les plus racistes, eux-mêmes, se laissent attendrir par Milly et invoquent clichés et phrases toutes faites comme des incantations pour se convaincre que les immigrés comme les Vodovic se réduisent à de la « vermine ». J’ai trouvé ces portraits très réussis. Ils incarnent de façon saisissante une Amérique consumée par les clivages sociaux et raciaux.

Pépita : Personnellement, je me suis sentie en apesanteur à cette lecture : est-ce votre cas aussi ? 

Colette : En apesanteur ne serait pas le mot pour moi, à aucun moment je n’ai ressenti de légèreté, ce n’est pas une lecture qui rend enthousiaste, au contraire toute la violence des rapports humains mise en scène dans ce roman je la prenais de plein fouet, comme étouffée par ces liens qui se resserrent autour de morts inévitables.

Yoko Lulu : L’atmosphère était étrange, mais comme Colette, je trouve que ce roman était parfois plombant. Je me sentais plus dans une sorte de rêve, qui oscillait vers un cauchemar.

Isabelle : Je comprends ce que tu veux dire par « apesanteur ». Il y a une sorte de flottement entre fiction, imaginaire et réalité – mais aussi dans les marges définies par les points de vues des différents personnages. J’ai eu souvent l’impression de perdre pied, décontenancée par ces différents niveaux et par des déplacements abrupts dans l’espace et le temps. Mais j’ai trouvé que cela valait mille fois le coup de relire ce texte, ce que je fais rarement. On retrouve alors mieux ses repères.

Pépita : Isabelle, je te rejoins sur ce point, j’ai aimé être bousculée par cette lecture, cueillie littéralement par son foisonnement intellectuel et sociétal. Effectivement, c’est un texte qui mériterait une relecture et aussi des clés historiques. Mais comme tu le dis, c’est la force de la fiction que de s’affranchir de tout cela et de donner à rencontrer des personnages si forts. C’est ce que je retiens avant tout de ce roman.

Pépita : Cette écriture flamboyante, à l’image de la couverture, vous a-t-elle transportée, déroutée ?

Colette : J’ai souvent été complètement perdue par les méandres de l’écriture de l’auteure. Il y avait à chaque page quelque chose de surréaliste dans le sens poétique et littéraire du terme.

Isabelle : J’ai été époustouflée par l’écriture de Nastasia Rugani. Je l’ai trouvée densément évocatrice, à la fois percutante et étrangement lumineuse.

Pépita : Qu’avez-vous pensé de cette fin ? Une sacrée mise en abyme ! 

Isabelle : J’ai adoré la fin, vertigineuse, qui nous prend une dernière fois magistralement de court en changeant brutalement de perspective (même si en relisant, j’ai remarqué qu’il y avait en fait de nombreux indices). Qui écrit finalement ? Nastasia Rugani, elle-même, ou la femme écrivain qui fait partie intégrante de l’histoire ? C’est très perturbant, mais j’ai pris cette fin comme un message d’espoir. La création littéraire pourrait bien avoir le dessus sur le choc des antagonismes sociaux, puisqu’en littérature, tout est possible – peut-être même de faire revenir les morts à la vie !

Pépita : Moi la fin m’a déstabilisée, je n’ai rien vu venir sur le coup si absorbée par la force des mots. J’ai presque été en “colère” puis j’ai compris et en comprenant , je me suis dit waouh ! ça c’est un Roman, avec un grand R.

Yoko Lulu : La fin m’a beaucoup déstabilisée aussi, mais je suis d’accord avec Isabelle, elle apporte une touche d’optimisme et n’est pas si surprenante que ça quand on prend en compte l’univers étrange dans lequel on est plongé depuis le début.

Isabelle : Il m’a vraiment évoqué de très beaux romans sociaux américains, comme ceux de Jesmyn Ward par exemple, qui ne s’adressent pas du tout à un public jeunesse, d’ailleurs. Je me suis posé la question, à ce titre. À qui auriez-vous envie de faire découvrir Milly ?

Pépita : J’avoue que c’est resté très intimiste pour moi, ou alors je l’ai partagé avec des bons lecteurs.tices, comme vous ! Je ne travaille plus en lien direct avec des ados mais je me réjouis qu’on puisse éditer de tels textes pour les ados ! Dans ma nouvelle médiathèque, la part belle sera faite à ce type de textes, je les ai lus, je pourrais en parler et convaincre de les lire. Aux adultes aussi (et surtout). C’est toute une ambiguïté que tu soulèves là Isabelle concernant ces textes d’une force inouïe. En les lisant, on a envie de les mettre entre toutes les mains. Mais on se heurte à un tas de freins. Mais peut-être qu’on se les met soi-même finalement. Je me dis toujours qu’on devrait lire plus de textes à haute voix, là, tout se débloque, la parole touche et emporte, je l’ai constaté mille fois.

Isabelle : Si vous deviez résumer ce roman en un seul mot, quel serait-il ?

Yoko Lulu : Pour moi ce serait “trompe l’œil”, comme un monde fantasmagorique auquel on voudrait nous faire croire.

Pépita : Un mot ? je dirais ENFANCE. Parce que Milly l’incarne merveilleusement.

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Par la diversité de nos points de vue, nous espérons vous donner envie de lire ou relire ce roman.

Swap de Noël 2019 !

Tous les ans, on en donne du boulot à nos chers postiers !

A partir de mi-décembre, les colis voyagent de copinaute en copinaute, traversent même les frontières, juste pour le plaisir d’offrir, la joie de partager et l’excitation de déballer.

La surprise est totale jusqu’au bout puisque c’est un tirage au sort gardé secret qui a déterminé la swappeuse et sa swappée. Et pour pimenter cette année, chacune avait aussi un thème “imposé”, histoire de toujours se renouveler !

Alors, les voici, les voilà, nos colis tout fraîchement déballés !

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Alice a été largement gâtée par Isabelle

Sous un beau papier rouge franc, se cachaient des lectures engagées, comme une belle promesse pour répondre  à cette question : “Et demain ?”. Récits de société, réflexions, combats, investissement … comme des envies d’un monde meilleur et singulier.

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La collectionneuse de papillons a été invitée par Alice à réfléchir

à ce que Grandir veut dire !

Grandir…

Se questionner, se mesurer, tomber, se relever, apprendre, comprendre, semer, pousser, s’émerveiller, échanger, accueillir ses fragilités, se poser, pardonner, découvrir, s’affermir, évoluer, s’envoler….

… s’aimer…

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Colette a gâté Aurélie sur le thème “Au coin du bois”

Dans son colis Colette avait glissé des caramels pour la gourmandise mais aussi des feuilles d’érable de son voisin. Les arbres pour nous c’est sacré. Avec du bon thé et des marques pages à gratter, trois livres : un manga, un album et un roman afin de voyager. Trois livres à dévorer durant les vacances !

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Bouma a été gâtée par Aurélie

et dès le colis le thème était donné : “Si j’avais des ailes ?”

Au final, des albums et un roman qui l’emmèneront vers d’autres cieux et une superbe tasse qui a déjà trouvé sa place dans son placard. Maintenant, il ne reste plus qu’à prendre le temps de découvrir en détail tout cela avec un bon thé !

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Bouma a gâté Sophie sur le thème “Féminité et virilité”

Deux romans et un album avec des filles et des garçons pour apprendre à vivre ensemble et enfin reconnaître qu’il n’y a rien destiné uniquement aux filles ou aux garçons. Trois histoires à déguster autour d’un thé et d’une bonne tablette de chocolat ! Et évidemment, quelques décorations de Noël pour le sapin et les vêtements.

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#Céline a envoyé un swap à Pépita sur le thème “LA VIE EST BELLE !”

Un carton méli-mélo avec au moins 6 livres tous aussi bien que les autres, mille attentions comme je les aime avec tableau en bois et ses belles lettres annonçant le thème, des cookies, sachets d’infusion bio, petite bouillotte pour les mains, magnets cœur à messages tout doux, un joli carnet clin d’œil à la revue Page des libraires, un pin’s chat, un tote bag SLPJ ! , une jolie carte ! Oui, tout ça, le tout emballé joyeusement avec plein de petits messages chaleureux LA VIE EST BELLE ! Mille mercis pour ce colis qui me va droit au cœur !

Avant !

Après !

 

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Yokolulu a gâté HashtagCéline sur le thème “ROMANTIQUE”

C’est avec beaucoup de joie que l’heureuse swappée a ouvert tous les paquets que cachait ce colis mystère. Guidée par les lettres épinglées à chaque cadeau, son coeur a littéralement fondu face à toutes ces jolies attentions. Deux albums, deux romans, un recueil de poésie accompagnés de petites douceurs et petits plus craquants ! Un très beau Noël avant l’heure pour HashtagCéline et un grand merci à Yokolulu !

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Sophie a comblé Isabelle avec un SWAP débordant de flocons de neige et de surprises, sur le thème “d’un monde à l’autre” ! De la terre ferme aux mondes marins, de la réalité aux mondes imaginaires, du monde de l’enfance à celui de l’adolescence, il n’y a manifestement qu’un… livre ! Plusieurs très beaux livres en l’occurrence, très bien choisis et même des dédicaces. Généreusement accompagnés de ce qu’il faut de marque-page et de gourmandises en tous genre pour de telles expéditions. Mille mercis à Sophie !

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Carole a envoyé à Yoko Lulu un swap au saveurs espagnoles sur le thème “Au chaud sous la couette”. A l’intérieur d’un tote-bag se trouvaient deux romans dévorés très rapidement, un album avec une très belle couverture, un carnet et un stylo pour raconter un prochain voyage en Espagne, une tablette de chocolat appétissante, une multitude de marque-pages et des spécialités sucrées espagnoles. Merci pour ce swap parfait pour l’hiver !