EVARS au collège, une sélection de livres jeunesse

Après les articles consacrés aux titres pouvant servir de support à l’EVAR à destination des élèves de maternelle puis de primaire, voici celui qui marque l’arrivée du S pour sexualité avec les titres pour les collégiens. Documentaires, albums, BD ou romans, nous les avons classés selon les entrées du programme pour faciliter leur utilisation. Nous avons tenté d’être le plus exhaustives possibles pour que chacun et chacune puisse trouver les supports qui convient le mieux.

Merci aux attachées de presse qui nous ont aidées à élaborer cette liste : Annick Antoniazzi (Éditions du Pourquoi pas ?), Sophie Bès de Berc (éditions Milan), Gilberte Bourget (L’agrume / Syros), Louise Brouilhet (Didier Jeunesse), Amandine Byrotheau (Rue du monde), Abélia Catty (Little Urban), Cécile Emeraud (Voce Verso), Emma Georges (Casterman), Célia Giglio (Pocket Jeunesse / Slalom), Manon Lalouelle (L’école des loisirs), Anaïs Malherbe (Sarbacane), Amélie Müller (Editions de l’Isalis), Yves Nadon (Editions d’Eux), Audrey Sauser (Editions du Ricochet), Elisabeth Tielemans (agence Mauvaise Herbe) et Valéria Vanguelov (Grasset jeunesse).

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Notre sélection pour le collège

Ouvrages généraux pour se questionner

A quoi tu penses ?, Géraldine Mosna-Savoye, Clémentine Pontavice, L’école des loisirs, 2023.

Je suis qui ? Je suis quoi ?, Sophie Nanteuil, Jean-Michel Billioud, Zelda Zonk et Terkel Risbjerg, Casterman, 2019.

Sixième

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Connaître les changements induits par la puberté. Corps, amour, sexualité : les 120 questions que vos enfants vont vous poser, Charline Vermont, Albin Michel, 2022.
Est-ce que ça arrive à tout le monde ?, Jan von Holleben, Antje Helms, Syros, 2014.
Nichonnées fantastiques, Marion Cocklico, Grasset jeunesse, 2025.
Petit chaperon, Beatriz Martín Vidal, Grasset jeunesse, 2025.
Comprendre que la puberté est une composante de l’adolescence, qui entraîne des changements physiques, physiologiques, psychologiques et affectifs, et savoir que ces changements se produisent selon des rythmes différents pour chaque individu.Journal intime de mon corps, Clémentine de Pontavice, Ghada Hatem Gantzer, L’école des loisirs, 2022.
Journal intime de mon cœur, Clémentine de Pontavice, Ghada Hatem Gantzer, L’école des loisirs, 2024.
La mousse, Nina Six, Sarbacane, 2024.
Je ne pense qu’à ça, Karim Ressouni-Demigneux, Monike Czarnecki, Rue du monde, 2009.
La puberté et moi, L’essentiel pour la vivre sereinement, Sophie Bordet-Petillon, avec l’expertise de Marie-Rose Moro, illustré par Océane Meklemberg, Hygée éditions, 2021
Savoir que les menstruations (règles) douloureuses nécessitent une consultation médicale.C’est beau le rouge, Lucia Zamolo, La Martinière, 2021.
Changer les règles, Claire Lecoeuvre, Victoria Roussel, Actes Sud Jeunesse, 2023.
Naître fille, Alice Dussutour, Editions du Ricochet, 2022.
Mon corps qui change : 50 conseils pour apprendre à s’aimer, Marawa Ibrahim, Sinem Erkas, Gallimard jeunesse, 2019.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Caractériser le contexte, la nature et les enjeux d’une relation interpersonnelle : indifférence/intérêt ; familiarité/altérité ; sympathie/antipathie ; attirance/répulsion.Journal intime de mon cœur, Clémentine de Pontavice, Ghada Hatem Gantzer, L’école des loisirs, 2024.
Lettre à toi qui m’aimes, Julia Thévenot, Sarbacane, 2021 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO).
Crush collège : tous en scène !, Pascale Perrier, Inês Cerquiera, Poulpe fictions, 2026.
Savoir penser de façon critique : reconnaître les influences positives et négatives des pairs sur les décisions et les comportements à l’adolescence.Esprit critique
L’attaque des slips tueurs, Elise Gravel, Milan, 2023.
STOP aux fake news, Lina Fourneau, Lise Pressac, Clémentine Latron, Magenta éditions, 2026.

Harcèlement
La jungle, harcèlement scolaire, tu peux t’en défaire, Sarah Lecoq, Sandrine Deloffre, Dargaud, 2024.
Des bleus au cartable, Muriel Zürcher, Didier jeunesse, 2020.
Six contre un, Cécile Alix, Pocket jeunesse, 2025.
Ne vois-tu rien venir ?, Amélie Antoine, Syros, 2024.
Je ne pense qu’à ça, Karim Ressouni-Demigneux, Monike Czarnecki, Rue du monde, 2009.
Connaître, en particulier dans l’usage des outils numériques, le cadre légal qui vise à protéger la vie privée et respecter l’intimité de tout individu et la dimension éthique qui le sous-tend.#Tout le monde déteste Louise, Annelise Heurtier, Casterman, 2023.
• Rumeurs, tu meurs, Frank Andriat, Mijade, 2020.
Mon deuxième cerveau, Gaël Aymon, Héloïse Solt, L’école des loisirs, 2024.
M@ sixième, Estelle Billon-Spagnol, Didier jeunesse, 2024.
Développer des relations constructives : développer des liens sociaux.Le garçon du fond de la classe, Onjali Q. Raúf, Pippa Curnick, Gallimard jeunesse, 2022.
Récit intégral (ou presque) de mon premier baiser, Jo Witek, Seuil jeunesse, 2025.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Étudier les fonctionnements sociaux :
– en différenciant : règles, normes, modèles et stéréotypes ;
– en interrogeant les normes sociales et culturelles et en analysant leurs impacts ;
– en considérant les processus de hiérarchisation ou d’exclusion (réelle ou symbolique) à l’œuvre au sein des groupes d’appartenance.
La drôle d’histoire du corps : mœurs, tabous et autres inventions anatomiques à travers les âges, Laurent Turcot, Héloïse Le Glaunec, Point Nemo, 2026.
Etre un garçon, la masculinité à contre-courant, Karim Ouaffi, Mikankey, Editions du ricochet, 2024.
Y’a plein de manières d’être un garçon, Thomas Messias, Sarah Loulendo, Casterman, 2025.
Filles, femmes liberté, elles font changer le monde, Rebecca June, Ximo Abadia, Rue du Monde, 2024.
La boucle d’oreille rose, Séraphine Menu, Sylvie Serprix, Motus, 2022.
Comprendre ce que signifie, à la puberté, la liberté d’être soi-même et le devoir de respect des autres.Ça va le faire !, Hélène Meunier, Editions de l’Isatis, 2022.
Va te changer !, Cathy Ytak, Thomas Scotto, Gilles Abier, Editions du Pourquoi Pas ?, 2019.
Développer des relations fondées sur l’acceptation des autres dans leur diversité, la collaboration, la coopération, l’entraide.Superman n’est pas juif (et moi un peu…), Jimmy Bemon, Emilie Boudet, La Boite à Bulles, 2020.
L’île aux chats, Kim Chungmi, Thierry Magnier, 2008.
Ophélie, Charlotte Gingras, Daniel Sylvestre, Alice jeunesse, 2018.
Les fabuleuses aventures d’Aurore, Douglas Kennedy, Joann Sfar, Pocket Jeunesse, 2019.
L’histoire du garçon qui voulait vivre dans un bocal, Lisa Thompson, Pocket jeunesse, 2017.

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Cinquième

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Différencier sexe, genre et orientation
sexuelle et respecter leurs diversités.
Tout nu ! Le dictionnaire bienveillant de la sexualité, Myriam Daguzan Brenier, Cécile Gariépy, Editions du Ricochet, 2020.
La princesse qui n’aimait pas les princes, Alice Briere Haquet, Lionel Larchevêque, Actes Sud, 2010.
A copier 100 fois, Antoine Dole, Sarbacane, 2013.
Comprendre comment l’attirance et
les sentiments amoureux permettent de
prendre conscience de son orientation
sexuelle.
Amourons-nous, Geert De Kockere, Sabien Clement, Le Rouergue, 2007.
Les tragédies romantiques d’un drama king, Harry Trevaldwyn, Gallimard jeunesse, 2026.
Amour amour amour, Unt’ Margaria, Talents hauts, 2024.
Comprendre que la diversité des
apparences physiques n’empêche pas
l’égalité, et réciproquement.





Développer des relations sociales
constructives : l’acceptation des autres
dans leur diversité.
Wonder, R. J. Palacio, Pocket jeunesse, 2012.
L’anguille, Valentine Goby, Thierry Magnier, 2020.
Nos cœurs tordus, T.1 – Ça tourne au collège, Séverine Vidal, Manu Causse, Javi Rey, Bayard jeunesse, 2023.
Superman n’est pas juif (et moi un peu…), Jimmy Bemon, Emilie Boudet, La Boite à Bulles, 2020.
L’île aux chats, Kim Chungmi, Thierry Magnier, 2008.
Ophélie, Charlotte Gingras, Daniel Sylvestre, Alice jeunesse, 2018.
Les fabuleuses aventures d’Aurore, Douglas Kennedy, Joann Sfar, Pocket Jeunesse, 2019.
L’histoire du garçon qui voulait vivre dans un bocal, Lisa Thompson, Pocket jeunesse, 2017.
Plume, une histoire d’anorexie, Pascal Clavel Gabrielle Morisseau, éditions de l’Isatis, collection Griffs, 2025.
Un simple soupçon, Sandrine Beau, Mijade, 2021.
Identifier la santé comme un « état
complet de bien-être physique, mental
et social » (définition de l’Organisation
mondiale de la santé).
Panique organique, Marion Montaigne, Sarbacane, 2007 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO de l’éditeur).
A la poursuite des animaux arc-en-ciel, Sarah Ann Juckes, Sharon King-Chai, Little Urban, 2024.
La Cabane, Ludovic Lecomte, L’école des loisirs, 2024.
Par delà les vagues, Catherine Grive, Anouk Alliot, Seunghee Choi, Editions du Pourquoi Pas ?, 2021.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Reconnaître l’importance de la diversité et de la non-discrimination et prendre conscience que chaque individu a droit à la liberté et au respect.Etre un garçon, la masculinité à contre-courant, Karim Ouaffi, Mikankey, Editions du ricochet, 2024.
La Ligue des super féministes, Mirion Malle, éditions la Ville Brûle, 2019.
Filles, femmes liberté, elles font changer le monde, Rebecca June, Ximo Abadia, Rue du Monde, 2024.
Beurre breton et sucre afghan, Anne Rehbinder, Actes Sud jeunesse, 2021.
La tour de Jeanne, Florence Médina, Mary-Gaël Tramon, Poulpe fiction, 2023.
Identifier ce qui caractérise une relation interpersonnelle positive et ce qui caractérise une relation interpersonnelle négative.Comment j’ai réussi mon chagrin d’amour, Catherine Grive, Sarbacane, 2025.
Antoine et la fille trop bien, Alexandre Franc, Sarbacane, 2021.
Simon & Louise, Max de Radiguès, Sarbacane, 2020 (ressources pédagogiques disponibles sur le Site PRO de l’éditeur).
Comprendre que tout acte de nature sexuelle non désiré constitue une violence sexuelle.



S’affirmer par le consentement et le refus.
Et si on se parlait ?, Andréa Bescond, Mathieu Tucker, Harpercollins, 2020.
Amour, sexe, les réponses aux questions des ados, Isabelle Filliozat, Margot Fried Filliozat, Pocket, 2020.
Le plongeoir, Elsa Devernois, Talents hauts, 2021.
Développer des relations sociales fondées sur l’acceptation des autres dans leur diversité, la collaboration, la coopération, l’entraide.Quand on dansait sur les toits, Tristan Koëgel, Didier jeunesse, 2023.
La Coloc’, Manu Causse, Slalom, 2023.
Prendre conscience que les réseaux sociaux et Internet diffusent des contenus sexuellement explicites, interdits aux personnes mineures, qui peuvent être choquants, violents, peuvent véhiculer des stéréotypes et banaliser des comportements violents. Élaborer des stratégies pour s’en protéger et protéger les autres.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Définir les notions de liberté, de respect et d’égalité concernant le sexe, le genre et l’orientation sexuelle. Tout nu ! Le dictionnaire bienveillant de la sexualité, Myriam Daguzan Brenier, Cécile Gariépy, Editions du Ricochet, 2020.
La princesse qui n’aimait pas les princes, Alice Briere Haquet, Lionel Larchevêque, Actes Sud, 2010.
A copier 100 fois, Antoine Dole, Sarbacane, 2013.
Petit chaperon, Beatriz Martín Vidal, Grasset jeunesse, 2025.
Identifier des situations de cyberviolences à caractères sexistes et sexuels et leurs effets néfastes.Moon, Cyrille Pomès, Rue de Sèvres, 2022.
Comme des images, Clémentine Beauvais, Sarbacane, 2019.
Prendre conscience que chaque individu possède des droits humains (droit à la dignité, droit au respect de sa vie privée, droit à l’image). La porte de la salle de bain, Sandrine Beau, Talents hauts, 2015.
Dix millions d’étoiles, Robin Roe, Pocket jeunesse, 2018.
Savoir comment réagir de manière efficace lorsqu’une personne est victime de harcèlement ou de violences sexistes ou sexuelles (pratiquer une écoute empathique, apporter du soutien solidaire à la victime, signaler les violences).Harcèlement
La jungle, harcèlement scolaire, tu peux t’en défaire, Sarah Lecoq, Sandrine Deloffre, Dargaud, 2024.
Des bleus au cartable, Muriel Zürcher, Didier jeunesse, 2020.
#Tout le monde déteste Louise, Annelise Heurtier, Casterman, 2023.
Six contre un, Cécile Alix, Pocket jeunesse, 2025.
La sans-visage, Louise Mey, L’école des loisirs, 2025.
• Rumeurs, tu meurs, Frank Andriat, Mijade, 2020.
Je ne pense qu’à ça, Karim Ressouni-Demigneux, Monike Czarnecki, Rue du monde, 2009.
Prendre conscience que l’utilisation d’Internet et des réseaux sociaux peut entraîner des situations dangereuses ou des infractions à la loi, élaborer des stratégies pour s’en protéger et protéger les autres.#Tout le monde déteste Louise, Annelise Heurtier, Casterman, 2023.
• Rumeurs, tu meurs, Frank Andriat, Mijade, 2020.
A l’ombre de l’oubli, Mireille Desdero, Seuil Jeunesse, 2013.
Tous connectés, Mathilde Giard, Marigribouille, La Martinière, 2018.
Développer sa capacité d’écoute, l’attention portée aux autres et des relations sociales constructives.Les désaccordés, Anne Cortey, L’école des loisirs, 2023.
Une guitare pour deux, Mary Amato, Nathan, 2013.
Les anges pleurent en silence, Arthur Ténor, Oskar éditeur, 2014.
Sauveur & Fils, Marie-Aude Murail, L’école des loisirs, série de 7 tomes depuis 2016.
Le carnet du club des 4, Vickie VanSickle, Laure Delattre-Faure, Poulpe Fiction, 2026.
Savoir faire des choix responsables.L’attaque des slips tueurs, Élise Gravel, Milan, 2023.
STOP aux fake news, Lina Fourneau, Lise Pressac, Clémentine Latron, Magenta éditions, 2026.

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Quatrième

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Envisager les différents aspects de la sexualité : physique/psychologique ; personnelle/interpersonnelle ; impliquant différentes parties du corps ; faisant l’objet d’une série de représentations et de modèles sociaux pouvant impliquer l’amour, le plaisir, la reproduction.Est-ce que ça arrive à tout le monde ?, Antje Helms, Jan von Hollenben, Syros, 2014.
16 nuances de première fois, Collectif, Eyrolles, 2017.
Amour(s), Alexandre Tess, Camille Deschiens, éditions Des Éléphants, 2022.
Ni prince ni charmant, Florence Médina, Talents hauts, 2025.
A la tombée du ciel, Sophie Cameron, Nathan, 2019.
Savoir qu’il existe des personnes intersexes. Qui sont les LGBT+ ?, Cécile Benoist, Élodie Perrotin, Editions du Ricochet, 2024.
Polly, Fabrice Melquiot, Isabelle Pralong, La joie de lire, 2021.
Envisager la sexualité comme un cheminement personnel singulier et comprendre sa diversité d’expression.Gwen et Art are not in love, Lex Croucher, Casterman, 2023.
Comprendre, identifier, apprendre à gérer ses émotions.Petite chose / Et si l’on s’aime, Cathy Ytak, Claire Beuve, Joséphine Forme, Editions du Pourquoi Pas ?, 2026.
Je ne dirai pas le mot, Madeleine Assas, Actes Sud Jeunesse, 2022.
Connaître où et comment s’informer ou bénéficier de dépistages ou d’une prise en charge médicale en santé sexuelle (vaccination contre les infections à papillomavirus humains, douleurs gynécologiques, troubles du cycle menstruel, dépistage de l’endométriose, etc.).SOS contraception – Les clés pour comprendre son corps et bien choisir sa contraception, Marie-Laure Brival, Violette Suquet, First, 2021.
Girls : no panic, Hayley Long, Gemma Correll, Milan, 2015.
Boys : no panic, Dawson, Marion Montaigne, Milan, 2015.
Blue Cerises (Saison 3). Amos : Anticorps, Sigrid Baffert, Milan, 2010.
Développer sa capacité à faire des choix responsables.Fake news, Léon Maret, Éditions 2042, 2026.
Et si demain…, Michel Piquemal, Le Muscadier, 2026.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Définir la notion de relation (échange, don, partage, réciprocité), les positions au sein des groupes d’appartenance, la notion de consentement dans son rapport à la liberté.Les nouvelles vagues, Arnaud Catherine, Pocket Jeunesse, 2026.
Coeurs sourds, Laura Desprein, L’école des loisirs, 2023.
Une année pour toujours, Lucile de Pestoüan, Talents hauts, 2022.
Le Goût du sel, Stéphane Bientz, Éditions espace 34, 2023.
Connaître les incidences des réseaux sociaux sur les relations et les choix de relations : être ou ne pas être sous le regard des autres ; examiner ce que ce regard des autres apporte à l’affirmation de soi et à la reconnaissance, pourquoi il peut aussi nuire et comment s’en protéger ; identifier les ressources et les comptes favorables ou non au bien-être et à l’estime de soi.Moon, Cyrille Pomès, Rue de Sèvres, 2022.
Silence radio, Alice Oseman, Nathan, 2023.
Challenge chicken wings, Jean-Christophe Tixier, Syros, 2024.
Chain Mail, Hiroshi Ishizaki, Editions du Rocher, 2009.
Comprendre les problèmes associés à la diffusion et au commerce des images (des autres ou de soi), à la marchandisation du corps, à l’exploitation sexuelle, à la prostitution des mineurs, savoir comment il est possible de s’en protéger et d’être aidé pour le faire.
Virgin Mojito, Louison Nielman, Le Muscadier, 2025.
Comment (bien) rater ses vacances, Anne Percin, Le Rouergue, 2020.
En plein vol, Manon Fargetton, Jean-Christophe Tixier, Rageot, 2020.
Le secret de la dame en rouge, Béatrice Bottet, Scrineo, 2017.
L’infortune de Kitty Grey, Mary Hooper, Les Grandes Personnes, 2014.
L’enfant du trottoir d’en face, Marc Cantin, Oskar éditeur, 2014.
Girls Bazaar, Ruchira Gupta, Slalom, 2024.
Comprendre l’importance de prendre des décisions favorables à sa santé et celle des autres, faire des choix responsables :
– décision d’avoir ou non un rapport sexuel ;
– prévention des infections sexuellement transmissibles (modes de transmission et moyens de protection) ;
– prévention des grossesses non prévues et/ ou non désirées (moyens de contraception, interruption volontaire de grossesse).
Identifier un adulte de confiance, un lieu, un service d’aide et de soutien à qui s’adresser pour échanger, poser des questions, trouver des informations en lien avec sa santé sexuelle, bénéficier d’un dépistage ou d’une prise en charge médicale ou être aidé en cas de violences sexistes et sexuelles (y compris l’inceste) ou de violences fondées sur des discriminations telles que définies par le Code pénal.Livrets Stop aux violences sexuelles (éditions Bayard), à télécharger : https://www.bayard-jeunesse.com/infos/wp-content/uploads/2023/02/Livret-STOP_auxviolences_sexuelles-faites-aux-enfants.pdf
Nos corps jugés, Catherine Cuenca, Editions Talents Hauts, 2022.
La porte de la salle de bain, Sandrine Beau, Talents hauts, 2015.
Dix millions d’étoiles, Robin Roe, Pocket jeunesse, 2018.

Inceste
La-Gueule-du-Loup, Eric Pessan, L’école des loisirs, 2021.
Savoir demander de l’aide pour soi ou pour une autre personne.En plein vol, Manon Fargetton, Jean-Christophe Tixier, Rageot, 2020.
Imbécile heureux, Jean-François Sénéchal, Sarbacane, 2021.
Délit de solidarité, Myren Duval, Rouergue, 2021.
Dix millions d’étoiles, Robin Roe, Pocket jeunesse, 2018.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Analyser la notion de norme sociale, de modèle, de stéréotype et réfléchir aux effets induits : intégration, exclusion, socialisation, normalisation.Qu’est-ce qui fait mon genre ?, Aïda N’Diaye, Léa Murawiec, Gallimard jeunesse, 2022.
Beurre breton et sucre afghan, Anne Rehbinder, Actes Sud jeunesse, 2021.
Wonder, R. J. Palacio, 2014.
Repérer et expliquer la différence entre des situations ou des représentations égalitaires et d’autres qui ne le sont pas (femmes/hommes ; majorités/minorités).Les têtes hautes, Cathy Ytak, Talents hauts, 2023.
Le Renard et la Couronne, Yann Fastier, Talents Hauts, 2018.
La fille d’Avril, Annelise Heurtier, Casterman, 2023.
Calpurnia, Jacqueline Kelly, L’école des loisirs, 2015.
Calpurnia et Travis, Jacqueline Kelly, L’école des loisirs, 2017.
Savoir penser de façon critique.Fake news, Léon Maret, Éditions 2042, 2026.
Et si demain…, Michel Piquemal, Le Muscadier, 2026.
Décrypter les messages et les images de la sexualité dans les médias (explicites et/ou implicites).
Comprendre la notion de pornographie, la différencier des contenus érotiques et prendre conscience que la pornographie représente, de manière faussement réaliste et stéréotypée, des actes sexuels dépourvus de toute dimension affective ou sentimentale et souvent violents.Y a plein de manières d’être garçon, Thomas Messias, Sarah Loulendo, Casterman, 2025.
Non c’est non ! : contre le harcèlement sexuel, Nadia Leïla Aïssaoui, Édith Carron, Actes Sud jeunesse, 2019.
Le cœur, le corps et tout le reste, Eric Pessan, L’école des loisirs, 2025.
Moon, Cyrille Pomès, Rue de Sèvres, 2022.
Comprendre les raisons de l’interdiction d’accès des mineurs à la pornographie, inscrite dans le Code pénal.
Identifier les conséquences de la prostitution sur la santé des victimes et prendre conscience que les réseaux prostitutionnels utilisent les réseaux sociaux pour développer leurs activités illégales.
Virgin Mojito, Louison Nielman, Le Muscadier, 2025.
Comment (bien) rater ses vacances, Anne Percin, Le Rouergue, 2020.
En plein vol, Manon Fargetton, Jean-Christophe Tixier, Rageot, 2020.
Le secret de la dame en rouge, Béatrice Bottet, Scrineo, 2017.
L’infortune de Kitty Grey, Mary Hooper, Les Grandes Personnes, 2014.
L’enfant du trottoir d’en face, Marc Cantin, Oskar éditeur, 2014.
Girls Bazaar, Ruchira Gupta, Slalom, 2024.

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Troisième

Se connaître, vivre et grandir avec son corps

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Définir les notions de désir, d’excitation, de plaisir, de bonheur, ainsi que leurs relations à la sexualité. Tout nu ! Le dictionnaire bienveillant de la sexualité, Myriam Daguzan Brenier, Cécile Gariépy, Editions du Ricochet, 2020.
Sexpérience – Les réponses aux questions des ados, Isabelle Filliozat, Margot Fried-Filliozat, Robert Laffont, 2019.
Ceci n’est pas un livre de sexe, Chusita, Maria Lolvet,  Nathan, 2018.
Petit Guide pour une sexualité féministe et épanouie, Osez le Féminisme, Les Frangines, Anne Billows, éditions First, 2021.
Vingt-quatre secondes avant nous, Jason Reynolds, Milan, 2025.
This is not a love letter, Anouk Filippini, Auzou, 2023.
Faire la différence entre le désir qui fait
référence aux imaginations, aux émotions
et aux envies, et le comportement qui
correspond à des actions qui peuvent être
réfléchies et contrôlées ; examiner la part
et la place de la liberté dans ces différentes situations.
16 nuances de première fois, Collectif, Eyrolles, 2017.
Amour(s), Alexandre Tess, Camille Deschiens, éditions Des Éléphants, 2022.
Queen Kong, Hélène Vignal, Thierry Magnier, 2021.
Comprendre que le désir peut ne pas
toujours être assouvi.

Développer sa capacité à maîtriser ses
impulsions, ses émotions et ses sentiments.
Est-ce que ça arrive à tout le monde ?, Antje Helms, Jan von Holleben, Syros, 2014.
Ni prince ni charmant, Florence Medina, Talents hauts, 2025.
Comme ton père, Gilles Abier, In8, 2021.
Prendre conscience que les pratiques
de mutilations sexuelles féminines, qui
ne touchent pas directement la fonction
reproductive et atteignent la fonction
de plaisir, de sexualité et de construction
de soi des femmes qui en sont victimes,
correspondent à une appropriation du
corps des femmes et à l’enrayement de
leur liberté de choix.

Rencontrer les autres et construire des relations, s’y épanouir

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Distinguer les notions de partage, de consentement, de réciprocité, de frustration ; prendre la mesure des enjeux et des difficultés liés au partage des sensations, des émotions, des plaisirs : par exemple, être d’accord ou pas ; être synchrone ou asynchrone.Amour, sexe, les réponses aux questions des ados, Isabelle Filliozat, Margot Fried Filliozat, Pocket, 2020.
Le consentement, on en parle ?, Justin Hancock, Fuchia MacAree, Gallimard jeunesse, 2022.
Pourquoi ?, la psychologie expliquée aux adolescents, 12 à 15 ans, Caroline Goldman, Dunod, 2025.
Rien que ta peau, Cathy Ytak, Actes Sud, 2014.
Le plongeoir, Elsa Devernois, Talents hauts, 2021.
Notre feu, Alexandre Chardin, Rageot, 2021.
Analyser la notion de risque, pour soi et pour les autres, aux plans physiques et psychologiques ; faire des choix responsables pour sa santé et celle des autres.


Prendre la mesure des risques à prévenir ou à maîtriser s’agissant de la sexualité :
– réduction des risques d’infections sexuellement transmissibles (IST), y compris d’infection par le VIH : modes de transmission, moyens de protection, dépistage, prophylaxie préexposition (PrEP), traitement post-exposition au VIH (TPE), vaccination contre les infections à papillomavirus (HPV) ;
– grossesses non prévues et/ou non désirées : moyens de contraception, tests de grossesse, interruption volontaire de grossesse (IVG).
SOS contraception – Les clés pour comprendre son corps et bien choisir sa contraception, Marie-Laure Brival, Violette Suquet, First, 2021.
Girls : no panic, Hayley Long, Gemma Correll, Milan, 2015.
Boys : no panic, Dawson, Marion Montaigne, Milan, 2015.
Blue Cerises (Saison 3). Amos : Anticorps, Sigrid Baffert, Milan, 2010.
17 millimètres, Florence Médina, Scrineo, 2024.
Prendre conscience de la place qu’occupent l’attirance et les sentiments dans une relation.
Reconnaître l’importance de donner et d’obtenir le consentement. Apprendre à accepter un refus de la part de l’autre.Le consentement, on en parle ?, Justin Hancock, Fuchia MacAree, Gallimard jeunesse, 2022.
Le Goût du sel, Stéphane Bientz, Éditions espace 34, 2023.
Le plongeoir, Elsa Devernois, Talents hauts, 2021.
Prendre conscience que l’usage de substances psychoactives modifie le raisonnement et augmente le risque de prise de décision inappropriée y compris en matière de sexualité.
Reconnaître des mécanismes d’emprise et des situations de violences (physiques, psychologiques, verbales, violences sexistes, violences sexuelles, cyberviolences, violences au sein du couple ou non) ; prendre conscience de leurs effets néfastes et de l’importance pour une personne qui en est victime de chercher du soutien.Ne vois-tu rien venir ?, Amélie Antoine, Syros, 2024.
Push, Annelise Heurtier, Casterman, 2021.
Point de fuite, Marie Colot, Nancy Guilbert, Gulf Stream, 2020.
Le silence est à nous, Coline Pierré, Flammarion, 2025.
• Le jour où je suis mort et les suivants, Sandrine Beau, Alice jeunesse, 2020.
Les longueurs, Claire Castillon, Gallimard jeunesse, 2022.
Quelle est la couleur du ciel aujourd’hui, Marilou Rytz, Editions du Pourquoi Pas ?, 2024.
Dédée /  Un jardin pour maman, Claire Beuve, Tildé Barbey, Editions du Pourquoi Pas ? 2025.
Amour bleu, Raphaële Frier, Kam, Editions du Pourquoi Pas ?, 2022.
J’ai rien dit, Marcus Malte, Rageot, 2025.
Comprendre que le mariage forcé est une atteinte aux droits humains fondamentaux.J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle, Jo Witek, Gallimard, 2023.
Au bord du monde, Emmanuelle Pirotte, L’école des loisirs, 2024.
Petite chose / Et si l’on s’aime, Cathy Ytak, Claire Beuve, Joséphine Forme, Editions du Pourquoi Pas ?, 2026.
Girls Bazaar, Ruchira Gupta, Slalom, 2024.
Le sourire de Wajma, Jack Chaboud, Alca, Editions du Pourquoi Pas ?, 2025.

Trouver sa place dans la société, y être libre et responsable

Notions et compétencesOuvrages de littérature jeunesse
Déterminer le champ des droits et des devoirs en matière de sexualité et comprendre leur raison d’être (principes et valeurs impliquées : égalité entre les femmes et les hommes, entre les orientations sexuelles, droit à la différence).Je ne pense qu’à ça, Karim Ressouni-Demigneux, Monike Czarnecki, Rue du monde, 2009.
Ni prince ni charmant, Florence Médina, Talents hauts, 2025.
Ne me dis pas que tu as peur, Giuseppe Catozzella, Seuil, 2014.
Filles de la Walïlu, Cécile Roumiguière, L’école des loisirs, 2020.
Les normaux – Tome 1, Janssen Janine et Al Sabado S., Casterman, 2025.
Gwen & Art are not in love, Lex Croucher, Casterman, 2023.
En apnée, Meg Grehan, Talents hauts, 2020.
Caractériser et savoir reconnaître une situation de violence sexuelle (y compris l’inceste), de stigmatisation, de violence ou de discrimination opérée sur le fondement notamment du sexe, de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre ou de l’état de santé (article 225-1 du Code pénal) : homophobie et autres.Livrets Stop aux violences sexuelles (éditions Bayard), à télécharger : https://www.bayard-jeunesse.com/infos/wp-content/uploads/2023/02/Livret-STOP_auxviolences_sexuelles-faites-aux-enfants.pdf
Guide publié dans le magazine Phosphore de mars 2023 qui s’accompagne de vidéos : https://www.bayard-jeunesse.com/infos/wp-content/uploads/2023/02/Stop-aux-violencessexuelles.pdf
Girls Bazaar, Ruchira Gupta, Slalom, 2024.
Le jour où je suis mort et les suivants, Sandrine Beau, Alice jeunesse, 2020.
Les longueurs, Claire Castillon, Gallimard jeunesse, 2022.

Inceste
Théa te hait, Sandrine Beau, Alice jeunesse, 2023.
Prendre conscience que les victimes n’en sont jamais responsables et réfléchir aux moyens d’y faire face (soutien aux victimes, capacité à chercher et trouver de l’aide, promotion de l’égalité, éducation).Ne vois-tu rien venir ?, Amélie Antoine, Syros, 2024.
Et si demain…, Michel Piquemal, Le Muscadier, 2026.
Non c’est non ! : contre le harcèlement sexuel, Nadia Leïla Aïssaoui, Édith Carron, Actes Sud Jeunesse, 2019.
Le jour où je suis mort et les suivants, Sandrine Beau, Alice jeunesse, 2020.
Les longueurs, Claire Castillon, Gallimard jeunesse, 2022.
Développer sa capacité d’écoute et l’attention portée aux autres.Prendre la parole, Benjamin Delmotte, Alice Meteignier, Gallimard jeunesse, 2024.
Le Goût du sel, Stéphane Bientz, Éditions espace 34, 2023.
Mettre en lien le respect des droits humains avec les évolutions de la société, des lois et des politiques publiques.Où va le racisme ?, Cécile Benoist, Élodie Perrotin, Editions du Ricochet, 2026.
100 idées en 100 mots clés : idées importantes expliquées simplement, Tracey Turner, Tequitia Andrews, Saltimbanque, 2025.
La paix !, Philippe Godard, Vincent Odin, Le Calicot, 2025.
La première rose de Bloomstone, Mary Orchard, Casterman, 2024.
Lettres du Kansas, Mélanie De Coster, Milan, 2023.
Aya & Ansel : machines de guerre, Gaëtan B. Maran, Syros, 2024.

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Et vous, quels titres conseillez-vous à vos ados pour amorcer les discussions ?

Lecture commune : Le goût du baiser

En ce mois de février où l’amour bat son plein, une lecture commune à la fois douce et pleine d’enthousiasme s’est installée entre Colette, Pépita, Lucie et Liraloin. Le goût du baiser, de Camille Emmanuelle, issu de la toute nouvelle collection L’Ardeur aux éditions Thierry Magnier, destinée aux ados de 15 ans et + a provoqué une belle discussion. Vous avez envie d’entendre parler d’amour, de sexualité et de confiance ? Installez-vous confortablement, c’est parti pour un petit voyage au pays des sens !

Le goût du baiser, Camille Emmanuelle, Thierry Magnier – collection L’Ardeur, 2019

Pépita : Le goût du baiser : Qu’est-ce que ce titre vous a évoqué associé à cette couverture rouge ? Et ce nom de collection ? Vous la connaissiez d’ailleurs ? Comme ça, sans réfléchir !

Lucie : J’ai abordé ce livre dans le cadre de la LC que tu avais proposée, associée à une thématique sur la manière dont la littérature jeunesse abordait la sexualité… Autant dire que je me doutais un peu d’où je mettais les pieds ! J’aime bien la couverture rouge (passion !) ajourée, laissant deviner une image cachée. Il me semble que Thierry Magnier ouvre avec ce roman une nouvelle collection, « L’Ardeur », avec comme ligne éditoriale une thématique autour de la sexualité des ados. C’est bien ça ? Le titre Le goût du baiser est très évocateur, je trouve. Directement dans le sujet !

Colette :  Le goût du baiser : quel joli titre ! Tout un poème et après lecture on comprend que se tient entre ces quatre mots la quintessence du roman ! Comme Lucie, le contexte dans lequel j’ai découvert ce livre m’a bien renseigné sur son contenu. Je trouve cela formidable, progressiste, enthousiasmant qu’une maison d’édition jeunesse crée une collection dédiée aux questions de sexualité et aux métamorphoses du corps caractéristiques de l’adolescence. La couverture rouge avec ces lettres découpées qui laisse deviner des corps nus est très originale et attise la curiosité.

Liraloin : Le goût du baiser : très évocateur comme titre, ado on s’attend sans doute à goûter les lèvres (parfumées et colorées comme la couv’ : bonbon cerise ?) de l’autre… En librairie, la couverture m’a tout de suite attirée, belle idée et vous l’avez très bien dit Mesdames, le jeu où le lecteur essaye de deviner ce qui s’y cache, intriguant.
Et toi Pépita, qui a proposé ce livre pour une lecture commune : qu’est-ce qui t’a donné envie de le découvrir, de le partager ? Qu’as-tu pensé de la couverture, de cette nouvelle collection ?

Pépita :
J’avais repéré cette collection dans mon travail de veille pour mon boulot de bibliothécaire : et quand je l’ai reçu pour le swap d’été, je n’étais que joie et curiosité ! C’est toujours stimulant de découvrir une nouvelle collection. Et tu as raison, c’est bien une collection dont la thématique a comme fil rouge la sexualité des ados. Comme toi, le rouge de cette couverture attire l’œil et plus encore les ajours laissant deviner des corps nus emmêlés. Le nom de la collection L’Ardeur est très bien trouvé je trouve car il n’a pas de connotation sexuelle mais indique bien une énergie.
Et alors, cette lecture, vous vous attendiez à ce que vous avez lu ? Votre première réaction à chaud ?

Colette : À chaud ? Personnellement c’est la première fois que je lisais un roman qui parlait avec autant de liberté et de joie de la sexualité féminine ! Je ne m’attendais pas à ce souffle généreux ! Je ne pensais pas que l’on pouvait aborder autant de sujets – qui ont été particulièrement tabous dans mon adolescence – en un roman ! C’était vraiment jubilatoire comme lecture ! On en oublierait presque que tout commence avec un double handicap et des relations garçons-filles particulièrement sinistres…

Liraloin : À chaud, cette lecture était très appréciable car cinématographique. Les personnages vivants, existants… des rencontres avec l’autre et avec soi-même. En posant le livre je me répétais sans cesse : « Comme j’aurais voulu lire cette histoire à 15 ans… » (Haaaa la confiance en soi lorsqu’on est ado, pas simple).

Lucie : « À chaud », c’est le cas de le dire ! Comme vous, c’est un livre que j’aurais aimé lire à l’adolescence. De plus en plus de romans ados ont au moins un personnage très au fait de la sexualité, qui renseigne et guide ses camarades dans les méandres de leur vie amoureuse. Ils en parlent beaucoup, mais l’acte lui-même est évité ou passé sous silence. Là tout est dit sans fausse pudeur et c’est à la fois très libérateur et nécessaire.

Pépita : Je vous rejoins : ce que j’ai aimé la liberté de ton ! Une Aurore qui se pose plein de questions sur la sexualité, ou plutôt sur le passage à l’acte car je trouve qu’elle est déjà vachement décomplexée ! Et pareil, moi qui suis de la génération avant vous, imaginez le choc ! Tout commence par un accident de vélo pour Aurore. Elle perd du coup l’usage de deux sens : le goût et l’odorat. C’est une jeune femme d’aujourd’hui, qui va au lycée, a ses potes, a flashé sur un garçon de sa classe, a des relations normales avec ses parents.
Comment avez-vous trouvé sa toute première réaction par rapport à ce handicap ?

Lucie : Ça commence surtout par un petit tacle sur l’utilisation du portable à vélo ! Mais c’est très bien fait : pas moralisateur et en même temps Aurore va subir les (lourdes) conséquences de ce petit moment d’inattention. Je trouve que, dès cet instant le ton du roman est donné : on va dire les choses telles qu’elles sont, sans porter de jugement et chacun en tirera les leçons qu’il voudra… Ou pas. J’ai aimé la manière dont elle découvre son handicap. Elle réalise immédiatement que ce qui va lui manquer, ce seront les petits riens qui sont tellement signifiants. Comme cette odeur de pain grillé et tout ce qu’elle symbolise. Elle panique et du coup, on la comprend, l’empathie est immédiate.

Colette : Je ne sais pas si je me souviens assez précisément de la première réaction de notre héroïne, mais ce qui m’a interpellée, c’est que lorsqu’elle comprend qu’elle n’aura plus ni odorat ni goût, elle va faire des recherches sur le net et lit que l’agueusie et l’anosmie entrainent une baisse de la libido. Et cette découverte la consterne car elle se projette dans sa vie sexuelle, une vie sexuelle dont elle rêve de manière extrêmement positive (rien que ça, pour moi c’est hyper enthousiasmant !) et dans laquelle elle craint désormais de ne pouvoir s’épanouir.

Pépita : Oui, voilà ! C’est ça que j’ai trouvé incroyable ! Le fait qu’Aurore se projette dans sa vie sexuelle avec une détermination ! J’en suis restée scotchée. Tu as raison aussi de dire les petits riens de tous les jours mais très vite, c’est sa vie sexuelle qui prime. Elle se masturbe, est vachement décomplexée par rapport à ça, mais quand il s’agit de passer à l’acte…
Qu’avez-vous pensé de sa « rencontre  » avec ce garçon sur lequel elle flashe ? (J’ai oublié le prénom, c’est dire combien je ne le porte pas dans mon estime !). Elle est forte l’autrice non ?

Colette : La « rencontre » avec Antoine ne m’a rien laissé présager de bon… Trop rapide, trop direct, ce rendez-vous ne pouvait pas être placé sous de bons augures. J’en ai un souvenir de profond dégoût… D’autant plus qu’Aurore avait su nous parler de sa première histoire de sexe avec une certaine forme de candeur et de légèreté, cette fois on bascule dans quelque chose de plus glauque… C’est compliqué de parler de ce moment du livre sans trop en dévoiler pour qui aimerait le lire. C’est quand même un évènement majeur dans la vie d’Aurore malgré le comportement ignoble du jeune homme et le manque total de clairvoyance de notre héroïne au prénom pourtant si lumineux.

Lucie : Je suis d’accord avec vous : le personnage d’Antoine est carrément odieux. En même temps il y a beaucoup des garçons ou des filles en mode « tableau de chasse ». Qu’ils soient vraiment comme ça ou qu’ils jouent un rôle pour la galerie, le résultat est la négation des sentiments de leurs partenaires. Pour le coup j’ai trouvé vraiment intéressant l’utilisation du handicap dans cette soirée. Quand l’auteure nous annonce cette perte de goût et d’odorat, je ne sais pas vous, mais je me suis dit qu’Aurore ne s’en sortait pas si mal. Et finalement, très rapidement on se rend compte de la difficulté qu’a Aurore à vivre normalement : manger, savoir ce qu’elle boit, elle s’inquiète aussi beaucoup de son odeur corporelle… C’est vrai qu’Aurore est très simple dans son rapport à la sexualité au début du roman. Et pour moi c’est presque plus cette rencontre avec Antoine (et ses recherches Internet) que son handicap qui va la faire douter d’elle-même. Et c’est ce qui est intéressant pour les lecteurs ados : une mauvaise expérience peut laisser des traces bien plus profondément qu’on pourrait le croire. D’où l’importance de pouvoir en parler. Effectivement, pas facile de parler de ce passage sans divulgâcher…

Pépita : Mais vous vous en sortez très bien ! Voilà donc le prénom de ce garçon ! Antoine… Je me suis dit qu’il était drôlement anesthésié de ses sens celui-là ! Les rôles sont donc renversés. C’est ce que j’ai aimé dans ce roman : la faculté de l’autrice de voir plus large que la perte de deux sens mais d’arriver à aborder les relations filles/garçons, le rapport différent à la sexualité, le respect de l’autre ou sa négation. Aurore interroge tout cela aussi à travers son cheminement vers l’acceptation. Du coup, elle reçoit une douche froide et c’est ça qui va la faire réagir. Elle va s’occuper de son corps à travers un sport pour le coup à l’image très masculine.
Comment avez-vous vu cette deuxième réaction d’Aurore ? Saine, addictive, déplacée, angoissante, sans issue ?

Lucie : J’ai trouvé ça très sain : (re)prendre le contrôle de son corps à travers le sport c’est encore la meilleure solution ! J’ai aimé qu’elle fasse le choix de la boxe, à priori plutôt catégorisé comme un sport de garçon. Elle a une colère légitime à exprimer et je trouve que l’auteure a fait là un choix à la fois culotté et pertinent. Les leçons de boxe avec le travail en binôme, la répétition des mouvements et ses effets (transpiration, odeurs…) peuvent d’ailleurs être mis en parallèle des relations amoureuses.

Liraloin : Cette jeune fille perd un de ses sens et des petits riens qui bercent ses habitudes s’en trouvent bouleversés (l’odeur du pain grillé, du parfum de sa mère je crois). Comme quoi même en pleine rébellion adolescente : la famille est un pivot ! Comme vous, Antoine ne m’a pas paru sympathique dès le départ. A cet âge, être remarquée par le beau gosse du lycée c’est juste immense (d’où cette fabuleuse chute à vélo), merci l’autrice. Après je trouve qu’elle est assez décomplexée par rapport à la découverte de sa sexualité. La crainte de la perte de la libido fait que tout s’accélère, il y a comme une forme d’urgence à tout ressentir et à frapper dur (d’où la boxe).

Colette : Rien n’est simple dans la décision d’Aurore de faire de la boxe : il y a d’abord la rencontre « percutante » avec un adhérent et Joao le prof du club de boxe. Quand Aurore bouscule Joao en rentrant du lycée, elle va être marquée par cette petite phrase lancée au vol qui aura de grandes conséquences : « Tu l’as piqué, comme une abeille. » Puis viendront les recherches sur Mohamed Ali qui a inspiré cette petite phrase. Et la prise de conscience qu’il n’y a pas de fatalité, qu’on peut toujours se défendre, en tout cas apprendre à se défendre. Grâce à ce corps, qui parfois défaille, qui parfois nous semble un parfait inconnu. Ce que j’ai vraiment apprécié dans le choix de la boxe, c’est que nous ressentons comment Aurore se réapproprie (ou s’approprie) son corps, comment elle l’apprivoise, le dompte, l’intègre.

Pépita : Tout à fait : le sport lui permet de se réapproprier son corps qui lui joue des tours et je trouve que le choix de la boxe n’est pas anodin du tout : il lui permet de « fighter » contre ce handicap qu’elle a du mal à accepter, son caractère invisible l’empêche d’être franche avec les autres, et là, elle se remet à l’endroit, elle retrouve confiance en elle mais surtout elle va rencontrer un jeune homme qui va savoir approcher cette jeune femme farouche. J’ai beaucoup aimé comment cette rencontre est dessinée par petits traits. Leur façon de se parler.
Vous aussi ?

Lucie : Oui je suis d’accord, leur relation s’établit vraiment petit à petit, il l’apprivoise au moment où elle est si fragile. Ils se laissent le temps, enfin l’auteure leur laisse le temps ! J’ai beaucoup aimé ces passages. Et puis ces doutes, ces questionnements, ces échanges autour de la musique… C’est très bien fait, très crédible et cela donne une légitimité à leur couple pour la suite, je trouve.

Pépita : Je te rejoins totalement : j’ai aimé la délicatesse de leur rencontre comme s’ils percevaient déjà qu’il ne fallait pas l’abîmer, malgré les difficultés. J’ai aussi beaucoup aimé ces passages sur l’installation de leur relation. Une relation magnifiée par la scène finale !
L’avez-vous trouvée osée à destination des ados ? Ou au contraire tout à fait naturelle ?

Lucie : Tout à fait naturelle pour ma part, justement parce que l’auteure a pris le temps de créer une relation crédible et très touchante. L’opposition entre Valentin et le Antoine du début est totale sur tous les plans.

Liraloin : Tout à fait d’accord avec vous, la relation s’installe doucement même si parfois Aurore a du mal à faire confiance. Au contraire, il lui montre que c’est possible et installe cette douceur entre eux. Cette fin est parfaite.

Colette : La relation entre Valentin et Aurore est une belle relation de confiance et de sincérité qui se construit pas à pas, aucun des deux ne juge l’autre, jamais. Ils s’écoutent, ils s’entendent. Ils sont patients, d’une infinie et si précieuse patience. Alors oui la fin du roman est logique, naturelle, même si personnellement je les trouve tous les deux particulièrement « mûrs » quand il s’agit de sexualité, ils ont une connaissance très fine de leur propre corps et de leur propre plaisir, que j’imagine difficilement à leur âge. Mais c’est un avis de presque quarantenaire !

Lucie : Je crois que tu as dit l’essentiel Colette, ils s’écoutent, ils s’entendent. Je pense que c’est ça, plus que la maturité, qui fait que cela fonctionne. Parce qu’ils sont attentifs l’un à l’autre dans les sentiments, dans leur relation et dans leur plaisir. Je ne me souviens plus très bien des détails, mais il me semble que lui est plus âgé et plus expérimenté. Du coup ça peut aussi expliquer cette connaissance que tu trouves si fine, non ? Et ça pour le coup c’est vraiment le message à passer aux ados !

Colette : J’y ai pensé aussi après au fait que Valentin soit plus âgé, c’est vrai qu’il initie Aurore en quelque sorte à l’écoute de son propre plaisir, mais je t’avoue – et c’est très personnel et sûrement lié à mon éducation – que cette expertise sensorielle m’a vraiment surprise pour des jeunes gens parce que pour le coup à leur âge je ne parlais jamais de sexualité avec autant de bienveillance et de précision.

Lucie : Je crois effectivement que les jeunes d’aujourd’hui sont bien mieux renseignés sur leur corps et ses possibilités (sexuelles notamment) qu’on ne l’était à leur âge. J’imagine qu’Internet y est pour beaucoup, et que ce n’est pas forcément que positif. C’est pour ça que ce roman est intéressant : il allie informations « pédagogiques » j’ai envie de dire et romance (ce qui dans ma représentation n’est pas présent sur Internet, mais je ne suis pas allée voir alors c’est peut-être faux !).

Pépita : J’ai été un peu surprise aussi au début de cette facilité des corps à la fin du roman mais après réflexion je me dis que la confiance qu’ils ont en chacun l’un vers l’autre y fait pour beaucoup. Ils ont pris le temps de l’attente aussi. Comme en danse, même si le rôle n’est pas toujours attribué au début, il y a toujours un « meneur » qui guide l’autre, et cela se fait souvent naturellement. J’ai trouvé cela très beau, très évident même et que des ados puissent avoir accès à cette beauté, c’est autre chose que le porno !

Liraloin : Je trouve génial le travail des éditions Thierry Magnier sur cette collection. Bon je me précipite un peu car je n’ai lu que ce titre… mais il est bon de trouver une collection pour nos ados cherchant des éléments ou un discours fiction sur la sexualité. Qu’est-ce que j’aurais aimé avoir lu ces livres à l’adolescence ! Pour me greffer à votre discussion, oui, moi aussi je trouve que l’autrice a eu raison de créer un personnage plus vieux et expérimenté qu’Aurore. C’est juste ce qu’il faut : une touche de calme, un soupçon de confiance et l’amour s’installe tranquillement sans rien à prouver, sans rien provoquer qu’elle ne pourrait regretter.

Pépita : Un seul mot pour définir ce roman, quel serait le vôtre ?

Lucie : SENS. Les sens (perdus, découverts) et le sens (qu’on donne à une relation par exemple !).

Pépita : Pour moi ce serait le mot SENSualité. J’ai vraiment beaucoup apprécié ce livre, son approche, son intelligence, sa spontanéité.

Colette : Pour moi le mot serait « CONFIANCE » car c’est grâce à cette confiance qui se construit petit à petit, au fil des conversations, des entraînements de boxe, des erreurs qu’on analyse, que le couple Aurore et Valentin se soude et peut découvrir ENSEMBLE les plaisirs du SENS/des SENS retrouvés.

Liraloin : J’adore les lectures communes et merci d’avoir été nombreuses à aimer ce livre ! Pour moi le mot serait : EXISTER
EXISTER pour se faire confiance,
Exister pour faire confiance,
Exister pour aimer, goûter !

Pour en savoir encore plus, c’est ici avec Pépita, Liraloin et Lucie.

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