Lecture commune : Et le désert disparaîtra

« Samaa vit dans un monde qui pourrait être le nôtre bientôt. La vie a presque entièrement disparu de la surface de la Terre. Le sable a tout dévoré. Son peuple, nomade, traque les derniers arbres et vend leur bois pour survivre. Samaa aimerait être chasseuse, elle aussi, mais c’est une charge d’homme. Un jour, elle désobéit et suit les chasseurs. Mais le désert a mille visages. Samaa se perd, et fera une rencontre qui changera le destin de sa tribu à jamais. » Voilà comment le dernier roman de Marie Pavlenko est présenté sur le site de son éditeur, Flammarion jeunesse. Comme À l’ombre du grand arbre, nous aimons beaucoup l’univers de cette auteure, nous nous sommes donné rendez-vous autour de cette lecture qui nous a tour à tour questionnées, déroutées, enchantées. D’abord, il y a eu #Céline, Pépita et Colette. Puis une invitée surprise, sur laquelle vous en saurez plus très bientôt, nous a rejointes. Une lecture à quatre voix pour un roman qui résonnera longtemps encore en nous.

Colette.- Et le désert disparaîtra : quel titre énigmatique, au futur intriguant ! Vous souvenez-vous de ce que vous avez imaginé en le découvrant ?

Pépita.- Très énigmatique en effet avec ce futur employé. J’ai pensé à des oasis, à une prophétie aussi. Et quand même, pas de couverture pelliculée mais une couverture douce au toucher, à caresser.

Claudia.- La promesse d’une aventure originale sur l’existence d’un monde mystérieux, mais à la fois oppressant.

#Céline.- Je suis partie sur un a priori négatif avec ce roman. Je n’attendais pas Marie Pavlenko sur un tel sujet. Pourquoi ? Sans doute à cause des deux derniers romans plus réalistes que j’avais lus d’elle et que j’avais vraiment adorés (Je suis ton soleil dont nous avions fait une lecture commune ici même et Un si petit oiseau chez Casterman qui fait partie de la sélection de notre Prix 2020 dans la catégorie « Belles branches »). Mais la couverture et le titre justement m’ont donné envie de m’y plonger. Sans même ouvrir le livre, on a déjà l’impression d’être dans le désert… A posteriori, je le trouve vraiment magnifique, comme le roman.

Pépita.- Et puis ai-je envie d’ajouter, ce titre fait très conte : « et le »….on s’attend à un aboutissement. Comme un coup de baguette magique aussi. Alors forcément on ouvre et on lit pour en savoir plus car il sait nous accrocher ce titre !

Colette – Dès que je lis le mot « désert » c’est l’univers de Jean-Marie Gustave Le Clézio qui surgit dans ma tête, souvenirs précieux et poétiques de mes lectures d’adolescente ! Tout un peuple de nomades envahissent alors mon esprit, un peuple assez semblable à celui que nous découvrons dès les premières pages du roman de Marie Pavlenko. D’ailleurs comment présenteriez-vous la tribu de Samaa, notre jeune héroïne ?

Claudia.- Les femmes ne s’occupent que des tâches domestiques. Les hommes ont un rôle bien plus important au sein de la tribu, ce sont eux, qui rapportent de quoi subvenir. Ce sont des guerriers. Même s’il y a de la bienveillance de la part des hommes envers les femmes, la marge de manœuvre est limitée pour elles. C’est très paradoxal car nous sommes dans un monde futur (une dystopie) et à la fois, les pratiques sont archaïques. C’est assez troublant.

Pépita.- Une tribu qui a su s’adapter au désert qui a tout envahi du fait de la folie démesurée des hommes et une tribu très hiérarchisée et sexiste ! Mon Dieu si c’est ça le monde qui nous attend ! Quelle régression ! Quelle absence de nature ! Quelle rudesse ! Mais en même temps, on sent aussi une sorte de bienveillance et comme une petite graine prête à éclore…

#Céline.- Je vous rejoins sur l’organisation de la vie de cette tribu. Un peu l’impression de revenir à la Préhistoire… Des conditions de vie aussi difficiles amèneraient-elles nécessairement à un tel retour en arrière? Je ne l’espère pas.

Colette – Tu parles de préhistoire #Céline, pour décrire les traditions du peuple de Samaa. Mais en fait à quelle époque semble appartenir ce récit ? Une époque troublante, non ? Comment l’avez-vous imaginée ?

#Céline.- Comme à chaque fois que je commence un roman, j’aime me situer dans l’espace et dans le temps. Ici, finalement, c’est assez compliqué. Mais cela ne m’a pas gênée car cela donne au récit un côté universel intéressant. Néanmoins, même si la mentalité de la tribu m’a fait penser à la préhistoire, je me suis plus vite située dans une époque future, pas forcément si lointaine. Finalement, une fois dans l’histoire, ces questions passent au second plan. L’avez-vous ressenti ainsi ?

Pépita.- Je me suis à peine posé la question de l’époque et je n’ai même pas pensé à la Préhistoire. Plutôt un monde futur pas du tout enviable (mais avec ce qu’il se passe en ce moment, on se dit que…) et curieusement, comme toi #Céline, ça ne m’a pas gênée. Je me suis de suite accrochée aux personnages et aux enjeux de l’histoire. Et aussi à cette quête de ressources assez énigmatique au début. Ce roman pose les choses par petites touches, et ensuite l’histoire prend son ampleur comme la ramure d’un arbre qui explose au printemps. Par contre, le fait que l’autrice ait changé les mots pour les désigner, je n’ai pas trouvé ça utile, pas vous ?

#Céline.- Inutile? Peut-être pas essentiel mais cela fait réfléchir tout de même. La tribu a tout oublié du monde d’avant jusqu’aux mots eux-mêmes, jusqu’à l’orthographe des mots liés à la nature… J’ai trouvé que cela donnait une idée de la situation et de l’état d’esprit de la tribu, aveuglée par l’urgence de survivre, obligée aussi sans doute d’oublier… Et que parvenir à retrouver les mots, cela permettrait aussi de reprendre conscience, de se souvenir de l’importance de préserver les arbres et la nature.

Pépita.- Oui effectivement, je ne l’avais pas vu comme ça ! Merci de ton éclairage ! Il n’empêche : ça m’a perturbée dans la fluidité de ma lecture mais sans doute est-ce le but en effet !

Colette.- Sur l’utilisation d’un langage altéré, je suis complètement d’accord avec #Céline, il me semble que dans toute dystopie la modification du langage est un signe important de la modification du rapport au réel, au vivant, à la connaissance et à la liberté. Cela m’a rappelé – dans une moindre mesure – la novlangue inventée par George Orwell dans 1984. Même si parfois il m’a semblé que l’auteure n’allait pas jusqu’au bout de ce parti pris, j’ai trouvé intéressant de parvenir à reconnaître certains mots -je n’y suis pas toujours arrivée au début- comme si à travers ce langage transparaissait malgré tout des vestiges du passé, que seul le lecteur pouvait comprendre parce que ces mots là étaient ancrés dans son présent. Pour moi c’était un peu comme une manière très poétique de nous alerter sur la disparition de cette nature dont nous dépendons tant. Une disparition pas si lointaine que ça…

Colette.- Cette mise en avant de la place du langage dans Et le désert disparaîtra, me fait penser à la place d’un personnage énigmatique, anonyme, sorte de gardienne de ce langage dont nous parlons : l’Ancienne. Comment avez-vous imaginé ce personnage ? Et votre perception a-t-elle changé au fil du roman ? En feriez-vous un personnage clé de l’histoire ?

#Céline.- Elle m’a tout de suite intriguée. Et surtout, ce qui m’a posé question, c’est le fait qu’on s’occupe d’elle tout en ne l’écoutant pas. Un respect pour les anciens, mais pas pour leur mémoire… Très paradoxal. Au fil du récit effectivement, on voit bien que les paroles de l’Ancienne reviennent très régulièrement en tête de Samaa. Et les petites graines semées dans l’esprit de la jeune fille au départ se mettent à éclore au fur et à mesure. L’Ancienne est effectivement pour moi un personnage clé, un guide, un repère. Elle joue son rôle alors même qu’elle reste assise dans sa tente. Et même si Samaa ne le comprend pas tout de suite !

Pépita.- L’Ancienne est la MÉMOIRE, le lien entre le monde d’avant et celui de maintenant mais aussi une prophétesse car elle fait comprendre à Samaa qu’elle réussira là où elle-même a échoué. On a le sentiment qu’elle reste en vie uniquement pour ce message-là. Il se dégage de cette personne une énergie et un respect qui peuvent tout à fait épouvanter pour qui n’a pas les clés. Oui, elle est un personnage clé, mais quel sort peu enviable pour cette vieille femme (pas très éloigné en fait de la manière dont la société actuelle considère la vieillesse d’ailleurs…), beaucoup de métaphores dans ce roman en ce qui la concerne.

Colette.- Dans cette tribu si particulière, il y a notre jeune héroïne, Samaa. Que diriez-vous d’elle ?

Claudia.- C’est une combattante. Elle est intelligente et vive. Elle s’indigne, elle s’insurge, elle s’interroge sur la manière dont la tribu fonctionne. Elle est à contre-courant des autres filles. On sent chez elle, un grand potentiel dans la suite de l’aventure. Elle est très attachante.

#Céline.- Samaa est un personnage assez étonnant. Déterminée, on le sent d’emblée, elle a un rêve a priori inaccessible qui l’incite à repousser les limites : devenir chasseuse, même si cela est réservé aux hommes. Cela m’a plu chez elle. En revanche, je l’ai aussi trouvée dure notamment avec l’Ancienne et ses théories. Influencée par la façon de penser de sa tribu, cette fermeté s’explique aussi par le drame qu’elle a vécu et par des années de survie dans un monde hostile.

Pépita.- Samaa, d’emblée, on perçoit qu’elle veut bouger les lignes. Elle est très observatrice et rebelle. Au début du roman, elle semble être comme les autres enfants de la tribu mais très vite, on se rend compte qu’elle va avoir un destin particulier. Sa vie n’est pas facile mais elle en tire toujours du positif.

Colette.- Une rebelle ? Une rebelle par rapport à la place imposée aux filles et aux femmes dans sa tribu ? Qu’en pensez-vous de cette place ?

Claudia.- Il y a un souffle féministe dans le personnage de Samaa, ce qui apporte beaucoup d’intérêt à l’histoire. Ce n’est pas que sur le thème de la fin du monde, de la survie de l’espèce animale ou végétale ou encore sur l’écologie mais c’est aussi sur les droits des femmes.

Pépita.- Une place certes utile au fonctionnement de la tribu, mais pas par rapport à ses envies d’émancipation, d’autant que son propre père l’a plus ou moins encouragée dans cette voie. Samaa, elle a des fourmis dans les jambes, elle veut comprendre. Elle exécute les tâches dévolues aux filles par obéissance et dans son fort intérieur, elle souhaite autre chose sans trop bien se le formuler au départ.

Colette.- Un père qui lui a donné une éducation différente non pas parce qu’il était précurseur d’une éducation non sexiste, mais parce qu’il n’a pas eu de fils. Malgré tout, la relation entre Samaa et son père a quelque chose de particulier, d’unique. Qu’en pensez vous ?

#Céline.- On sent effectivement qu’un lien très fort unissait Samaa à son père, qui, comme le sont certains papas, lui laissait plus de libertés (trop?) qu’il aurait dû. Par faiblesse? Par amour? Par une envie de la protéger, de la rendre heureuse dans ce monde si ingrat ? Un peu tout cela mélangé je pense et parce qu’il pressentait aussi peut-être le tempérament combatif et la force de caractère de sa fille. On sent en tout cas que ce rapport n’était pas toujours vu d’un très bon œil par les autres membres de la tribu.

Colette.- Comme on l’a déjà évoqué, le rêve de notre jeune héroïne est de devenir « chasseuse » – même si ce mot n’existe pas au féminin dans sa tribu  – est- ce que vous pourriez expliquer ce que cela signifie ? Comment avez-compris les enjeux de cette fonction essentielle à la vie de la tribu  ?

Pépita.- Chasseuse : dans la tribu c’est une fonction d’hommes. Il s’agit de partir toujours plus loin et d’affronter mille dangers (trous de sable, bêtes féroces, autres tribus chasseuses elles aussi et en concurrence). Il faut trouver les arbres de plus en plus rares (du fait de l’hostilité de l’environnement mais surtout de l’avidité des hommes) pour récupérer le bois, le vendre à la ville pour pouvoir s’acheter de quoi survivre. Pour moi, il remplace symboliquement l’argent. On en veut toujours plus. On étend ses frontières pour aller le chercher plus loin. Et ce commerce représente la société de consommation. Au féminin et rapporté à Samaa, il prend un autre sens : plus symbolique. Samaa pressent qu’il y a autre chose. Elle a une vision plus large de son environnement. Ses sens sont à l’affût, elle absorbe tout, réfléchit et agit. Elle fait preuve de sensibilité. Alors que les hommes chassent uniquement dans un même but, comme des brutes épaisses et viriles. Ils en font un peu trop sur leur rôle, je trouve.

Colette. – Pour rebondir sur ce que tu dis Pépita, personnellement j’ai du mal à me faire une idée de ce que sont les hommes de la tribu de Samaa car il n’y a pas vraiment d’autres personnages que Samaa qui soient explorés. Il y a ce jeune homme de la tribu dont parle souvent Samaa, Kalo, mais au final, son portrait reste très superficiel. On y reviendra, mais cette absence de diversité des voix des personnages est un des aspects du roman qui m’a déçue – par rapport à mes attentes vis-à-vis de cette auteure dont j’ai adoré les autres romans sans bémol.

Pépita.- Tu as raison de le souligner mais en même temps une grande partie du roman est focalisée sur l’aventure et la découverte de Samaa. Donc cela occulte le reste.

#Céline.- Concernant les personnages, j’en ajouterais un, pas humain mais important : l’arbre auprès duquel Samaa survit. Pour moi, il occupe une place essentielle dans ce roman et à son contact, l’héroïne apprend et grandit. Enfin, c’est comme ça que je l’ai ressenti.

Claudia.- Les hommes sont en second plan même si ce sont eux qui font vivre la tribu. On peut penser que les hommes ont le pouvoir mais pas du tout… Ce qui explique peut-être que nous n’avons pas beaucoup d’éléments sur eux. La véritable force de la tribu semble être les femmes. Notamment, Samaa mais aussi la vieille femme qui transmet la mémoire et le savoir des ancêtres. Et celle qui sauvera le monde est une jeune fille. Je pense même que les personnages ne sont pas les composants les plus importants dans ce conte… Mais peut-être sont-ce les trésors enfouis sous le sable qui ont la vedette ? Les arbres, la végétation, l’eau, les petites bêtes, ce sont eux qui vont pouvoir sauver et changer le monde. C’est peut être la raison des longueurs pour donner toute l’importance de ces découvertes. Pour ne pas oublier que les éléments indispensables à la vie (l’eau, le sol, l’air, la lumière, la température) sont précieux et que sans eux, les Hommes ne sont rien ?! Un texte philosophique destiné aux jeunes lecteurs, non ?

Colette.- La focalisation intensive sur le personnage de Samaa donne un rythme très particulier à ce roman. Le rythme du récit m’a longtemps semblé s’étirer dans des longueurs incroyables, le fait que le texte ne soit pas chapitré a beaucoup joué sur cette impression de longueur, de lenteur. Mais en fait ce rythme là au final n’est-il pas un personnage à part entière du roman ?

Pépita.- Non, ce rythme de récit ne m’a pas perturbée, je pense que l’autrice a très vite pris le cap de la découverte de Samaa. Elles sont approfondies ces pages sur ces découvertes au fond de son trou comme un ré-apprentissage émouvant pour nous qui lisons ces lignes. Du coup, comme je disais plus haut, cela pour moi a occulté le reste. Je me suis focalisée là-dessus avec délice et appréhension mêlés.

#Céline.-Pour ma part, le rythme, sans chapitre, dans un souffle, m’a portée de bout en bout. J’ai trouvé que c’était très agréable. C’est assez rare cette façon de procéder. Et néanmoins, il y a quand même quelques pauses, qui permettent de reprendre notre souffle, à certains moments importants. Le rythme avec cette narration continue, c’est pour moi un point fort de ce livre !

Colette.-Revenons-donc à la dimension philosophique : je dirai en effet comme Claudia que l’on peut comparer ce roman à un conte philosophique, un conte philosophique sur le pouvoir des histoires. Samaa va changer radicalement le point de vue de son peuple sur les arbres grâce au récit de son expérience. Qu’en pensez-vous ? Cela me fait penser au texte de Nancy Huston sur ce qu’elle nomme « l’espèce fabulatrice ». Cette espèce, c’est nous, l’espèce humaine qui ne s’est construite en tant que société que depuis qu’elle sait raconter des histoires, ces histoires qui font que nous accordons de l’importance, de la valeur à ce qui n’en a pas intrinsèquement (par exemple : l’argent, simple bout de papier ou de métal). Ou inversement ce sont ces mêmes histoires qui peuvent nous ramener à l’essentiel, comme ici. Est-ce à cette portée là que vous pensiez ? A quoi vous a fait réfléchir ce livre ?

Claudia.-Je pense que la portée d’un texte comme celui-ci, est de nous ramener à l’essentiel. C’est une réflexion sur le monde mais aussi une manière de sensibiliser les plus jeunes. L’histoire vécue par Samaa me fait penser à un « livre sacré » que les futures générations pourraient lire et sur lequel elle s’appuierait pour comprendre les conséquences de la destruction de la nature et de l’environnement.

Pépita.-J’ai beaucoup aimé l’idée de commencer ce roman avec le LIVRE et de le terminer avec. Avec des rappels de sa présence par moments entre Samaa et son père. Au début très énigmatique, il prend tout son sens à la fin. Une belle mise en abyme car n’étions-nous pas dans la même situation nous lecteurs en ouvrant ce roman et en le terminant ? ll y a aussi dans cette histoire une dimension sur la transmission très forte, et le livre et son histoire en font partie comme effectivement quelque chose de l’ordre du sacré.

#Céline.- Je rejoins Pépita et Claudia sur la notion de transmission et de sensibilisation. Ici, ce texte nous renvoie à des problématiques actuelles, à notre manque de discernement dans les choix que l’on fait aujourd’hui sans tirer leçon des erreurs du passé. Ce roman nous invite à réfléchir sur nos actes, les conséquences pour demain. Il a une sorte de portée universelle transposable à bien des domaines et des sujets

Colette.-Chères Arbronautes, avez-vous des choses à rajouter ? Sur la personnification de la végétation ? Des petites bêtes ? Sur l’auteure ?

Pépita.-Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est quand Samaa découvre la beauté et l’ingéniosité de la nature. C’est très beau et cela nous oblige nous aussi à regarder la nature avec plus d’attention. Y compris la plus petite des araignées ! Et combien j’ai suffoqué d’indignation quand sa tribu, qui la retrouve, détruit tout sans daigner l’écouter une seule seconde ! J’ai eu peur pour elle, j’ai été heureuse qu’on la retrouve mais le répit n’est que de courte durée. Cependant, la lecture du LIVRE à la fin donne une note d’espoir : tout ceci n’était pas vain. C’est vraiment un très beau livre.

Claudia.-Lorsque Samaa découvre et regarde minutieusement les petites bêtes, les pousses de l’arbre, l’eau qui coule… C’est pour moi, la représentation de l’innocence, de l’authenticité, de la beauté du monde à l’état pur.

#Céline.-Je dirais juste que quoi qu’elle écrive, Marie Pavlenko sait me toucher et bien souvent me faire pleurer… Honnêtement, ici aussi, elle a réussi à me faire verser quelques larmes…

Colette.-C’est un texte très particulier finalement, entre philosophie et poésie, à la croisée des chemins, comme nous le sommes peut-être aujourd’hui, à l’heure où le rapport entre l’humain et la nature (qui ne devraient pourtant pas être opposés) est tragiquement problématique. À l’heure où il nous faudrait collectivement changer radicalement de mode de vie. Guidé.e.s par la jeunesse qui ne cesse de nous montrer la voix, tous les vendredis, en faisant la grève pour le climat…

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Pour en savoir plus, vous pouvez lire l’avis de Pépita au cœur de son Méli-mélo de livres, celui de Céline sur HashtagCéline et celui de notre invitée parmi Les Lectures de Claudia.

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Et si vous aviez manqué notre sélection autour des problématiques écologiques ou que vous souhaitez poursuivre la transmission de ce questionnement aux jeunes lectrices et jeunes lecteurs autour de vous, n’hésitez pas à faire un tour par là : Et si on leur parlait écologie : 

 

Prix A l’Ombre du Grand Arbre 2020 : Grandes feuilles et Belles branches

Voici les deux dernières catégories portées à vos votes :

Grandes feuilles pour les romans jeunesse jusque 11 ans et Belles branches pour les romans ados à partir de 12 ans.

Nous avons eu infiniment de mal à les départager ! Nous avons donc décidé de laisser deux titres du même éditeur pour les Grandes feuilles et 4 titres au lieu de 3 pour les Belles Branches.

Pour voter, vous avez jusqu’au dimanche 3 mai. Les gagnants seront annoncés le 9 mai, jour de l’anniversaire du blog.

On compte sur vous !

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Prix ALOGDA 2020, catégorie Grandes feuilles

Violette Hurlevent et le Jardin Sauvage – Éditions Sarbacane

éditions MeMo — Hamaika et le poissonéditions MeMo — La Chose du MéHéHéHé

Quel est votre titre préféré de la catgorie Grandes feuilles ?

  • La chose du MéHéHéHé (43%, 6 Votes)
  • Violette Hurlevent t le jardin sauvage (36%, 5 Votes)
  • Hamaïka et le poisson (21%, 3 Votes)

Total Voters: 14

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Prix ALOGDA 2020, catégorie Belles branches

Un si petit oiseau de Marie Pavlenko - Editions Flammarion JeunesseFélines | rouergueActes Sud Junior jo witek Premier arrêt avant l'avenirNos mains en l'air | rouergue

Quel est votre titre préféré de la catégorie Belles branches ?

  • Félines (59%, 10 Votes)
  • Un si petit oiseau (18%, 3 Votes)
  • Dernier arrêt avant l'avenir (12%, 2 Votes)
  • Nos mains en l'air (12%, 2 Votes)

Total Voters: 17

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Pour voter pour les autres catégories :

Brindilles et Petites feuilles (Petite enfance et Albums)

Branches dessinées et Racines (BD et Documentaires)

Apprivoiser l’écriture

Si la lecture nous donnait les clés de l’écriture…

Des premiers pas sur le papier aux conseils avisés d’écrivains, la littérature nous offre quelques pages pour dompter cet art.

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Commençons par quelques albums pour suivre le B.A. BA.

Des propositions de Solectrice :

Le crayon qui voulait voir la mer d’Eric Simard et Africa Fanlo. Oskar éditeur. 2011.

Ce petit album invite les jeunes lecteurs ou lectrices à voyager en 4 chapitres avec les mots de Lulu, écrits au crayon magique. Des mots en couleur pour adopter du vocabulaire et découvrir un monde plein d’aventures.

Les mots d’Enzo de Mylène Murot et Carla Cartagena. Utopique. 2017.

Un livre qui aborde avec pudeur la dyslexie à l’école primaire.

Quand Enzo confond boulet avec poulet, un brouillard se forme et la leçon de mots à apprendre devient un calvaire. Heureusement, l’enfant va se réconcilier avec l’écriture en rencontrant une orthophoniste.

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Des romans guident aussi parfois les lecteurs vers l’apprentissage de l’écriture.

Comment j’ai écrit un roman sans m’en rendre compte d’Annet Huizing. Syros. 2016.

Une histoire qui aurait pu ne pas naître si la narratrice adolescente n’avait eu pour voisine une vieille autrice. Celle-ci livre à la jeune fille des conseils d’écriture. Au fur et à mesure de leurs échanges, l’écriture s’affine et s’enrichit, les sentiments se dévoilent et on s’émeut devant cette histoire qui prend forme.

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L’écriture peut aussi permettre de reprendre confiance en soi…

Une lecture suggérée par HashtagCéline :

La théorie de l’iceberg de Christopher Bouix, Gallimard Jeunesse, 2018.

C’est l’été et le héros de cette histoire va faire deux rencontres décisives qui vont l’aider à reprendre goût à la vie. Un roman drôle et touchant sur la lecture mais aussi et surtout sur le pouvoir salvateur de l’écriture. Son avis ici.

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Deux lectures suggérées par Pépita :

La folle rencontre de Flora et Max de Martin Page et Coline Piéré, Ecole des loisirs

Des échanges de lettres entre un garçon et une fille, banal ? Mais pas sous la plume de ce duo qui arrive si bien à rendre cet échange épistolaire lumineux sur deux parcours pas si évidents. Mon avis ici.

Je m’appelle Mina et j’adore la nuit de David Almond, Gallimard jeunesse

« Ecrire, c’est emmener les mots en promenade ». Voici un objet littéraire non identifié entre journal intime, carnet de réflexions, activités « hors-piste » : touchant, drôle, profond. Un excellent souvenir de lecture. Mon avis ici.

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L’éblouissante lumière des deux étoiles rouges. L’affaire des cahiers de Viktor et Nadia, de Davide Morosinotto. L’école des loisirs

« À l’intérieur, j’ai trouvé des cahiers… Les mêmes que celui sur lequel j’écris en ce moment ! » Le dernier roman de Davide Morosinotto se donne à lire comme l’enchevêtrement de trois écritures bien distinctes, magnifiquement mises en scène : il y a les cahiers de Viktor rédigés en rouge, ceux de Nadia, et les annotations zélées du colonel Smirnov, en charge de l’enquête concernant leur « affaire ». Une aventure haletante à l’époque où la Russie soviétique était attaquée par l’Allemagne, dans laquelle l’écriture (de lettres, rapports, journaux intimes…) joue un rôle de fil conducteur. L’avis d’Isabelle ici.

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L’enlèvement du prince Oléomargarine, de Philip Stead (illustrations d’Erin Stead). L’école des loisirs

Il y avait de quoi être impressionné par le projet d’achever l’écriture d’un conte que l’immense Marc Twain n’avait pas eu l’occasion de développer autrement que sous la forme de notes griffonnées. Philip Stead s’en sort en intégrant au récit la conversation qu’il aurait pu avoir avec Twain sur le cours de l’histoire, les scénarios possibles et leur plausibilité. Cela lui permet de prendre une distance ironique vis-à-vis de l’exercice. C’est très bien trouvé, probablement un peu déroutant pour les jeunes lecteurs, qui apprécieront néanmoins sans aucun doute les illustrations splendides d’Erin Stead ! L’avis d’Isabelle ici.

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Un été de poésie, d’amour et de vie, de Bernard Friot. Milan

Quand deux adolescents se retrouvent par hasard dans un atelier de poésie, ils se rebellent, s’apprivoisent et s’essayent finalement à l’écriture. Bernard Friot a lui-même animé des ateliers d’écriture et les sujets qu’il propose donnent envie de se lancer. L’avis de Lucie ici.

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Et pour finir, ce documentaire : Ecrivains, qui êtes-vous ? de Pierre Ducrozet et Anna Forlati, Bulles de savon

18 écrivains nous parlent d’eux, de leur cheminement vers l’écriture, puisé dans leur vie, et qui constituent autant de clés pour comprendre leurs livres : un beau voyage littéraire à travers les siècles et le contexte de la vie des ces grands hommes de littérature qui ont marqué l’histoire. Mon avis ici.

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Et si le confinement vous donnait à vous aussi l’occasion d’écrire ?

N’hésitez pas à nous présenter en commentaire le livre qui vous donne ou qui vous a donné envie d’écrire…

 

 

 

Nos coups de coeur de mars

Le mois de mars aura été un peu particulier. Les circonstances actuelles ont, pour certains et certaines, freiné toute envie de lire ou de faire autre chose quand, pour d’autres, c’est l’occasion de se plonger dans les livres, pour oublier le malaise ambiant, pour voyager, autrement.

Même si nous sommes tous et toutes chamboulé.es, la vie continue. Comme chaque mois, nous vous proposons quelques idées de lecture, nos coups de cœur à noter pour l’après, ou à lire dès maintenant si cela vous est possible.

Prenez soin de vous.

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Pour HashtagCéline, c’est un double coup de cœur pour un même titre. Comment est-ce possible? Avec la parution de Miss Charity, le roman de Marie-Aude Murail adapté par Anne Montel et Loïc Clément chez Rue de Sèvres, HashtagCéline a enfin pris le temps de lire le roman original paru à l’école des loisirs et illustré par Philippe Dumas.

Dans les deux cas, le coup de cœur était là !

Son avis ici.

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Pour Pépita et son Méli-Mélo de livres, c’est Bamba qui a fait boum en ce mois de mars. Anne Loyer signe là un roman fort, plein de vie, sur une jeune fille qui mène sa barque envers et contre tous. Un roman qui m’a permis de renouer avec la lecture en cette période mouvementée.

Son avis ici.

Double coup de coeur, car c’est aussi Bamba qu’à choisi Alice ce mois-ci ! Il y a tellement d’émotions dans ce bouquin rythmé ! Et comme Paul, vieux bougon au grand coeur, elle a juste envie de tendre la main à cette jeune fille sans concession qui revendique et assume de sortir d’une vie toute tracée. La vie arpès tout, c’est une histoire de rencontres !

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Pour Bouma et son Petit Bout de Bib, c’est également l’adaptation en bande-dessinée d’un roman qui a gagné son cœur. Devenu un incontournable de la littérature jeunesse contemporaine La Rivière à l’envers de Jean-Claude Mourlevat se voit offrir une nouvelle version par Max l’Hermenier et Djet, dans un diptyque dès plus réussis !

Son avis ici.

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L’évasion par les livres n’a peut-être jamais été aussi nécessaire. Isabelle et ses flibustiers ne s’y sont pas trompés et ont adoré relire la BD Les Vermeilles, de Camille Jourdy. Cette aventure d’une ampleur impressionnante nous entraîne dans une sorte de quatrième dimension où le monde des contes percuterait celui des années 1970. Quelle vermeille quand les livres repoussent les frontières de ce que nous pouvions imaginer ! On en oublierait presque que nous sommes coincés entre quatre murs…

Son avis ici.

Et en roman, leur coup de cœur va à très joli roman qui nous vient du Canada : Partis sans laisser d’adresse, de Susin Nielsen. Un concentré de sagesse et d’humour sur la thématique de la perte de logement, avec des personnages inoubliables !

Son avis ici.

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Lecture commune : Ce que diraient nos pères

Ce que diraient nos pères, l’un des derniers romans de Pascal Ruter (Didier Jeunesse, 2019) est une chronique sociale sombre et saisissante. Ce roman nous dresse un portrait émouvant d’un adolescent confronté à une trop dure réalité. Avec une question qui nous tient tout au long de cette lecture : notre héros va-t-il trouver la force de ne pas sombrer complètement ?

Pépita, Alice et HashtagCéline ont été très touchées par ce texte et forcément, cela leur a donné envie d’en discuter par ici.

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Pépita : Ce que diraient nos pères : avant même d’ouvrir le roman, que vous a inspiré ce titre ? 

Alice : Ah ben tu vois, je crois que je ne me suis pas posée la question avant lecture. J’avais surtout envie de lire ce roman car je le voyais beaucoup circuler dans les revues professionnelles, sur des blogs littéraires…etc…
Maintenant que tu me poses la question, me viennent 3 mots : repère-transmission-intimiste.

Pépita : Je me suis demandée ce que pouvaient bien cacher ces mots et j’ai pensé de suite à la transmission. Et puis ce jaune vif sur le gris de la couverture, ça m’ a vraiment attirée. Comme une espèce de renaissance.

HashtagCéline : Bizarrement, j’ai un peu occulté cet aspect, pourtant très important. Je me suis plutôt interrogée sur la couverture assez sobre associé au nom de l’auteur. Après Dis au revoir à ton poisson rouge, je ne m’attendais pas forcément à autant d’austérité de sa part… Comme Alice, j’y ai réfléchi en refermant le livre… Avec le recul, je le trouve très fort et il correspond à l’esprit du roman. Il nous fait prendre conscience de la portée de nos actes.

Pépita : Tu parles à juste titre des conséquences de nos actes, et en effet c’est une thématique au cœur de ce roman : on s’essaye à un petit résumé sans trop en dévoiler ?

Alice : Ce roman, pour le lecteur, c’ est un mouvement, … comme les vagues sur la mer…. des moments lumineux, apaisants… et des moments de tensions , brutaux, on l’on a peur de la force de la vague qui va venir s’éclater sur un rocher. Antoine avance dans ce va et vient, essayant de trouver la paix intérieure tout en se laissant entraîner malgré lui dans un crescendo de délinquance par une bande d’ados.
Ce roman, c’est l’histoire d’un ado, hyper touchant, en perte de repère, enfoncé dans son mutisme qui va pourtant trouver la force et le courage de rebondir.

Pépita : Je te rejoins sur ton résumé : oui Antoine est hyper touchant, on s’attache à lui car on sent chez lui une fêlure, une révolte sourde, une envie même je dirais de ne pas se conformer aux autres mais il n’y arrive pas, il essaie, il lutte, et puis un jour le déclic.

HashtagCéline  : Attendiez-vous Pascal Ruter sur un tel registre?

Alice : Pascal Rutter est surprenant. Son ton est habituellement plus léger, plus humoristique. En proposant ici un roman »social », je trouve qu’il a su faire évoluer son écriture. Elle est montée d’un cran. Intimiste, remplie d’émotions, douce, sensible, engagée, …. elle colle aux personnages et à l’histoire.

Pépita : Le registre de l’auteur ? je ne parlerais pas de registre en fait car déjà dans ses précédents romans, il a cette touche particulière qui touche à l’intime de ses personnages. Là je dirais qu’elle est concentrée sur un personnage. Ce qui a évolué je trouve, c’est cette écriture qui alterne description des paysages et émotions de ses personnages. Il l’avait déjà tenté dans son précédent roman Cut the line mais dans celui-ci , c’est encore plus incisif, plus visuel aussi. J’ai beaucoup aimé.

Pépita : Avez-vous eu peur pour Antoine ? Cette dérive dans la délinquance ? Finalement, elle lui a permis de « retrouver » son père non ? Et aussi d’avoir un déclic ?

Alice : Oui bien sur que j’ai eu peur, je me suis demandé jusqu’où irait ce désastre ! On lit bien la faiblesse d’Antoine et on tremble pour lui car on voit bien que cette délinquance ne lui ressemble pas et qu’il est utilisé.
Mais ce n’est pas toujours le plus fort qui triomphe. La volonté, le courage, la détermination, l’honnêteté sont bien plus honorables ! Et c’est ce que va nous démontrer Antoine dans toute sa maturité.

HashtagCéline : Je me suis beaucoup inquiétée durant cette lecture, projetant des peurs que j’ai au plus profond de moi. Comme celle d’être là au mauvais moment, avec les mauvaises personnes dans un état de faiblesse ou d’égarement et de faire une erreur irréparable, comme Antoine. Car, nous lecteurs, on sait qu’Antoine est ébranlé dans sa confiance en soi, en la vie. Et on sent qu’il est toujours entre deux : entre l’envie de tout stopper mais en même temps celle de braver les interdits. Alors, oui, j’ai tremblé pour Antoine, voyant que la situation prenait une tournure incontrôlable et voulant à tout prix qu’il s’en sorte.

Tu parles de déclic… C’est vrai qu’il faut parfois tomber pour pouvoir se relever et voir la vie différemment. C’est effectivement ce qui va se produire pour Antoine qui, finalement, l’a échappé belle.

HashtagCéline : Antoine se laisse entraîner par trois garçons : Arnaud, Stéphane et Gaëtan. S’ils poussent Antoine dans ses retranchements, pour eux aussi, la vie est loin d’être rose, non? 

Pépita : Oui c’est vrai que la vie n’est pas rose pour eux mais pour Antoine non plus à vrai dire. Je refusais qu’il les suive au départ, sans doute pour s’intégrer, pour se sentir vivant. Mine de rien, cela l’a rapproché de son père et de son engagement. Stéphane m’a beaucoup intriguée : une carapace et un rêve. Il m’a beaucoup touchée à sa façon et il a su emmener Antoine dans son absolu. Toujours cette adolescence à la limite pour tester ses limites. C’est fort dans ce roman à des degrés divers. Et puis il y a ce besoin de vengeance de ce garçon par amour pour sa mère, bouleversant.

HashtagCéline : Antoine a aussi un autre sujet de préoccupation, plus de son âge, plus saine… Lucia. Qu’avez-vous pensé de la relation entre Antoine et elle? 

Pépita : J’ai beaucoup aimé leur relation faite de silences, de timidité mais aussi d’engagement. Lucia illumine Antoine, le responsabilise, le fait devenir ce qu’il est vraiment. Ce qui lui manquait. Et si c’était ça aimer ?

Alice : Oui, je crois que c’est Lucia qui va guider Antoine vers plus d’apaisement. C’est une ado à la fois posée, réfléchie mais aussi décidée et engagée. Il y a quelque chose de doux et rassurant quand Antoine est à ses côtés. Une chouet’ fille !

HashtagCéline : Ce roman, au-delà de l’histoire d’Antoine, aborde un thème d’actualité. On en parle un peu, sans tout dévoiler…?

Pépita : Sans trop en dévoiler ? pas facile. Disons qu’Antoine va faire une rencontre décisive (en plus d’une autre mais là c’est encore un autre point !) dans un bunker. Lui qui se sent paumé va rencontrer un être humain arrivé par la mer. Son image va le hanter. Jusqu’à lui faire prendre conscience qu’il doit agir. En bien.Pour le sauver lui. Et lui-même aussi. Pour se sentir enfin à sa place. Vivant. Et renouer avec son père.

Alice : Oui difficile de ne pas trop en dire et en même temps, le point de vue abordé est intéressant. Sûrement parce qu’il n’y a rien des moralisateur et que notre ado est dans l’action, qu’il fait confiance à son bon sens et qu’il est très honorable.

HashtagCéline : Au final, que retiendrez-vous de Ce que diraient nos pères?

Pépita : Ce que j’en retiens, c’est que nos vies ne sont jamais linéaires, qu’elles sont façonnées par les épreuves et les personnes qu’on rencontre, c’est un peu bateau dis comme ça mais en fait, c’est ce que découvre Antoine de plein fouet. Ce que je retiens aussi c’est malgré tout l’espoir et la lumière qui restent dans cette histoire, à l’image de ce jaune de la couverture dans tout ce gris. Et enfin, ce si beau titre.

Alice :  J’en retiens aussi que l’adolescence est une période pleine de rebondissements, d’incertitudes, de dérapages faciles, de réflexions… un moment de quête qui peut aussi être rempli d’engagement et d’humanité.

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