ALOGDA s’engage – aux côtés de l’UNICEF pour son prix de littérature jeunesse 2024

Le Prix UNICEF de littérature jeunesse est de retour pour une nouvelle édition sur le thème de la pauvreté et des inégalités sociales avec pour parrain l’écrivain Erik Orsenna ! Comme les quatre années précédentes, nous avons lu la sélection et sommes ravies de partager nos retours de lectures avec vous !

Catégorie 3-5 ans

Ours d’Hiver

Ours d’Hiver, Irène Schoch, Editions des éléphants, 2023.

Alors qu’il rejoint sa tanière pour affronter l’hiver, l’ours Aldo découvre qu’elle a été détruite pour céder la place à un parking. Sans abri, il part à la recherche d’un abri et au fil des rencontres et des surprises, il trouve un moyen de réchauffer son cœur.
Ours d’hiver aborde le sujet délicat et plutôt rare en littérature jeunesse des sans-abris. Si la débrouillardise, l’entraide et la solidarité porte Aldo dans son cheminement, le texte met en avant la chance d’avoir un toit sur la tête en évitant de culpabiliser son lecteur mais en lui rappelant l’importance d’une main tendue.

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Le p’tit cœur de Dina

Le p’tit cœur de Dina, Emmanuelle Eekhout & Batrice Renard, l’école des loisirs (pastel), 2021.

Présentation éditeur : Ce matin, sous la tente, le p’tit cœur de Dina est inquiet. C’est son premier jour d’école dans un autre pays. La petite grenouille a peur de se perdre au milieu des gens. Il y a beaucoup de bruit en classe et Dina ne comprend pas ce que dit la maîtresse. Sur le chemin du retour, elle se perd. Le p’tit cœur de Dina est en miettes quand un garçon à vélo lui demande gentiment : « Que fais-tu là grenouillette ? Tu n’as pas l’air dans ton assiette ».

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Sans détour

Sans détour, Stéphanie Demasse-Pottier & Tom Haugomat, L’étagère du bas, 2022.

Présentation éditeur : Une enfant et sa mère passent chaque jour devant une dame assise sur le sol avec son bébé. Que font-ils là ? Les questions se bousculent dans la tête de l’enfant qui ne sait pas comment réagir face à cette précarité. Devant la tristesse de sa fille, la mère trouve les mots pour la réconforter, lui donnant l’élan nécessaire pour aller à leur rencontre : « On ne peut pas tout porter. Un sourire, un regard, un geste même tout petit, c’est déjà quelque chose. »

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Petit Poilu, tome 27. Tout pour moi, Rien pour tous !

Petit Poilu, tome 27. Tout pour moi, Rien pour tous !, Pierre Bailly & Céline Fraipont, Dupuis, 2022.

Bloqué par la neige lors d’une promenade, P »tit poilu se retrouve dans la maison de deux écureuils après avoir creusé en chemin. Surprise, l’un n’a pas grand chose alors que l’autre semble avoir bien trop pour lui seul. Alors qu’ils se lancent tous trois à la recherche de nourriture, on s’aperçoit que ce dernier s’enrichit au détriment des autres…
Album sans parole, bande dessinée, Tout pour moi, rien pour tous ! s’adresse aux jeunes lecteurs et interroge sur la notion de partage et de solidarité en mettant en avant un personnage égoïste et peu partageur victime d’un véritable chamboulement.

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Catégorie 6-8 ans

Le manteau

Le manteau, Séverine Vidal & Louis Thomas, Gallimard, 2020.

Quand la pauvreté est perçue au travers du regard d’un enfant, le choc peut s’avérer assez brutal ! Pourtant, Séverine Vidal réussit à rendre la rencontre touchante et bienveillante en partant de la présentation de cette enfant, Lison, qui attend impatiemment d’hériter du manteau rouge de sa grande sœur. Ce manteau de grande, ce manteau parfait dont elle rêve depuis longtemps, perd pourtant de sa valeur quand elle passe devant cette mère et son enfant mendiant dans la froid de l’hiver, vêtues de plusieurs couches de vêtements bien trop fin pour leur tenir chaud… Lison découvre alors que la chaleur passe aussi dans le partage et la générosité.

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Ling & les êtres mécaniques

Ling & les êtres mécaniques, Emma Roberts & Gwendal Blondelle, Alice jeunesse, 2020.

Entre délicatesse, imagination et réalisme, cet album nous décrit le quotidien d’une enfant obligée de travailler pour subvenir à ses besoins comme à ceux de sa famille, restée à la campagne.
Son seul bien, celui qu’on ne peut lui prendre et qui lui permet de tenir : ses pensées, ses rêves, ses espoirs.

Sans accusation aucune, il nous apprend/rappelle que des enfants travaillent malheureusement dans certaines parties du monde pour que dans d’autres endroits, d’autres enfants (et adultes) profitent du fruit de leur dur labeur.
Il nous dit aussi que d’où que nous soyons et qui que nous soyons, finalement, nos désirs profonds sont identiques.

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Le samedi au Paradis

Le samedi au Paradis, Angela Burke Kundel & Paola Escobar, Kimane, 2021.

A Bogota, en Colombie, dans le quartier de La Nueva Gloria, le samedi est attendu avec impatience par les enfants. Car le samedi, José Alberto Gutiérrez leur ouvre les portes de son Paradis: une bibliothèque constituée de livres jetés dans les quartiers riches de la ville et récupérés par José lors de ses tournées, car il est éboueur.
L’histoire de cet album qui nous présente deux José, est d’autant plus belle qu’elle est vraie.
Elle nous décrit le pouvoir des livres, leur rayonnement à-travers les lieux et les époques, le pouvoir de l’imagination qui permet de s’évader. Mais aussi un accès inégal à la culture et au savoir, certains les considérant comme « jetables ». Heureusement, l’espoir et la générosité d’un homme à la profession méprisée permettent aux jeunes enfants d’y pallier.

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Taupe & Mulot, tome 6. Faire famille

Taupe & Mulot, tome 6. Faire famille, Henri Meunier & Benjamin Chaud, Hélium, 2023.

Taupe et Mulot est une série de 6 petits romans aux personnages récurrents. Faire famille, le dernier né (pour le moment), est composé de trois histoires indépendantes. Parfait pour les jeunes lecteurs auxquels ce texte s’adresse !
L’objet livre est très agréable, les illustrations de Benjamin Chaud pleines de vie, mais c’est la relation entre Taupe et Mulot qui est vraiment mignonne. La bienveillance non dénuée d’humour, et l’attention constante de l’un envers l’autre sont charmantes.
Les histoires mettent en scène différents personnages de la forêt qui ont tous à cœur le bien de leurs camarades, et particulièrement celui de Mulot qui manque de réserves pour traverser l’hiver, sans que le message ne soit lourdement appuyé. Un coup de coeur.

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Catégorie 9-12 ans

La Jungle

La Jungle, Ludovic Joce, Alice (Deuzio), 2021.

Ici la jungle n’est pas celle, sauvage, lumineuse, qui abrite d’incroyables espèces animales et végétales. Non, la jungle ici, c’est celle de Calais. « La Jungle » c’est le nom que l’on a donné à cet endroit, en forêt, où des centaines de réfugiés se sont installés après le démantèlement du camp de Sangatte. Quand Lucas, qui vient d’emménager à Calais, fait une mauvaise chute en explorant les alentours avec son skate et son chien Malabar, un garçon nommé Seyoum va lui venir en aide et l’amener dans sa cabane. Là, il va le soigner, avec son frère et son père. De retour chez lui, Lucas ne pourra pas oublier Seymoun et sa famille mais les préjugés ont la vie dure et les liens qui se tissent entre les deux enfants vont être mis à rude épreuve. Un roman qui permet d’interroger notre manière d’accueillir en France les réfugiés et d’interroger ce qui nous lie malgré nos parcours et nos cultures.

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La trompette de Louis

La trompette de Louis, Magali Chiappone-Lucchesi & Youlie, Glénat jeunesse, 2021.

Voilà un bien bel album qui nous raconte comment le jeune et pauvre Little Louis qui a grandi à la Nouvelle-Orléans s’est sorti de la rue pour devenir le célèbre Louis Armstrong. Si l’histoire de Louis est déjà passionnante, le récit aborde la ségrégation et la difficulté d’être noir dans l’Amérique du début du vingtième siècle ainsi que l’engagement de l’artiste pour la communauté afro-américaine. A la fin de l’ouvrage, on n’a qu’une envie, écouter résonner la trompette de Louis.

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Seconde chance

Seconde chance, L. Karol, Mijade (Zone J), 2021.

Voilà un petit roman dynamique qui raconte une bien belle histoire d’amitié entre Lou-Ann, Manoa, Jeanne et Inaya, quatre adolescent.e.s qui vivent au cœur de la France, le long de ce que l’on nomme poétiquement « la diagonale du vide ». Confronté.e.s au chômage et à la précarité qu’il entraîne, nos jeunes personnages, pour aider l’une des leurs, vont user de toute leur ingéniosité et de leur créativité pour inventer des solutions et faire un sacré pied de nez à Madame La Pauvreté !

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La soupe aux amandes

La soupe aux amandes, Sylvie Deshors, Thierry Magnier, 2022 (pour la présente édition).

Ram et sa mère n’ont pas de chez-eux. Ils vivent, dorment, mangent, se déplacent dans un aéroport. Chaque jour succède au précédent avec le même objectif: ne pas se faire repérer, se fondre dans la masse, être invisible. Et parfois, cet « ordinaire » se teinte d’extraordinaire.

Comme tant d’autres de la très bonne collection « Petite Poche », ce court roman percute et fait réfléchir. Il porte notre attention sur le sort des sans-papiers, des démunis. Ces hommes, ces femmes, ces enfants aussi, qui survivent, vivotent, subissent, condamnés à vivre dans cet endroit de transfert, d’entre-deux. L’espoir est bien mince, l’avenir semble condamné et pourtant, même si une tristesse résignée s’en dégage, le roman nous laisse avec de l’espoir, de la solidarité et de l’humanité.

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Catégorie 13-15 ans

Les frères noirs

Les frères noirs, Lisa Tetzner & Hannes Binder, La joie de lire, 2022.

Présentation éditeur:

Ce roman est basée sur la véritable histoire des petits ramoneurs tessinois…

De 1850 à 1920, des familles tessinoises furent contraintes de vendre leurs fils comme main d’œuvre à Milan. C’est ainsi qu’arrive un jour, dans un village pauvre de la Suisse italienne, un étrange personnage qui propose d’acheter des garçons. La misère est telle que le père n’a d’autre choix. Giorgio doit quitter son Tessin natal pour l’Italie. À Milan, il découvre la grande ville. Mais aussi son affreux destin qui sera celui de tant d’autres de ses petits compatriotes : ramoneur. Ces enfants sont alors maltraités et vivent dans des conditions désastreuses. Beaucoup meurent au travail ou de malnutrition. Pour essayer de s’en sortir, ils décident de créer une association, celle des Frères noirs. La chance de fuir ce calvaire se présente à certains, mais la route du retour sera longue et dangereuse…
Les sombres illustrations d’Hannes Binder donne une force particulière à ce récit historique qui résonne avec un fait malheureusement encore d’actualité : le travail des enfants.

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Ghost – Si on fonce, peut-on échapper à son passé ?

Ghost, Jason Reynolds, Milan, 2021 (pour la présente édition)

Présentation de l’éditeur :

Courir, Ghost sait faire. Depuis toujours. Mais pour une équipe d’athlé, no way. Pourtant, un soir, en rentrant du collège, il défie pour s’amuser un jeune sprinteur qui s’entraîne avec son équipe. Le coach est là et comprend tout de suite qu’il a un don. Mais Ghost est un gamin pauvre qui déborde de colère. Saura-t-il canaliser ses forces pour rejoindre l’équipe ? Ou bien le passé viendra-t-il le rattraper ?

« Ghost » est le premier tome de l’incontournable tétralogie « GO ! », de Jason Reynolds, une série qui raconte le destin de quatre ados, réunis par l’amour du sport et de la course.

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La vie est un film

La vie est un film, Maité Carranza & Nicolas Pitz, Alice (Deuzio), 2022.

Olivia, 12 ans, doit faire face à une situation aussi soudaine que dramatique : suite à la perte de son emploi, sa maman ne peut plus payer l’électricité, l’école, le gaz… et la situation ne fait que s’aggraver : les voilà expulsés de leur appartement.
Ce roman évoque fortement Partis sans laisser d’adresse de Susin Nielsen qui met aussi un enfant dans le rôle du chef de famille face à un adulte défaillant, mais aussi La vie est belle de Roberto Benigni car Olivia trouve encore l’énergie cacher la réalité à son petit frère pour le protéger.
La relation entre le frère et la sœur est d’ailleurs très réussie et souvent touchante. Maïté Carranza dénonce avec force le rôle des banques dans la faillite de familles « fragiles », expose avec honnêteté les conséquences de la pauvreté pour les enfants, et livre malgré tout un texte adapté à son lectorat et plein d’espoir.

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Chez toi

Chez toi, Sandrine Martin, Casterman, 2021.

L’histoire de cette bande dessinée est particulière car Sandrine Martin s’est inspirée des témoignages recueillis par Vanessa Grotti pour ses recherches anthropologiques pour le projet EU Border Care (qui étudie les trajectoires des femmes enceintes dans les pays frontaliers de l’UE).
Cet aspect « réel » est très convaincant. Les situations subies par Mona sont atroces, et on ne peut qu’être saisi par leur véracité. Le lien que nouent Mona et Monika est particulièrement touchant. Cette dernière, sage-femme grecque, a beau avoir un quotidien moins dramatique que Mona, la bédéaste n’hésite pas à montrer que sa vie n’est pas rose pour autant. Tout cela est fait avec beaucoup de délicatesse et d’humanité. Si le lecteur peut parfois confondre certains personnages à cause d’illustrations manquant un peu de caractéristiques, Sandrine Martin a parsemé ses planches de belles trouvailles telles que son utilisation de la fumée des cigarettes Al-Hamra, le linge étendu symbolisant le temps qui passe ou la ligne de contour qui devient une carte ponctuée d’étape.

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Avez-vous lu certains de ces livres ? Avez-vous envie de les découvrir ? Nous vous invitons à guetter les lauréats de chaque catégorie sur le site my.unicef.fr que nous partagerons sur notre page facebook.

La philo ? Un jeu d’enfant !

Les enfants adorent interroger le monde, les parents qui sont passés par la phase des « pourquoi » le savent ! Mais il est intéressant de soutenir cette habitude et de favoriser les discussions en famille. Les éditeurs ne s’y sont pas trompés et de plus en plus de livres à destination des petits et de leurs aînés les invitent à réfléchir. Il n’est d’ailleurs pas toujours aisé de s’y retrouver. Voici donc nos préférés !

« On a grand tort de peindre la philosophie inaccessible aux enfants, et d’un visage renfrogné, sourcilleux et terrible. Qui me l’a masqué de ce faux visage, pâle et hideux ? Il n’est rien de plus gai, de plus gaillard, de plus enjoué, pour un peu je dirais de plus folâtre. Elle ne prêche que fête et bon temps. »

Montaigne, Les Essais, ch. 26, « De l’Institution des enfants »

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La philo avec les tous petits, c’est accessible ! Grâce à la créativité des auteurs et autrices d’albums qui parviennent à provoquer de véritables réflexions philosophiques. Par exemple, Alfredo Soderguit nous interroge sur ce qui distingue (ou pas) l’humain de l’animal, à partir d’une affirmation troublante : « Je suis un animal ». Qui parle ? Le principe est simplissime – de grandes doubles pages colorées avec, à gauche, des états parmi les plus familiers (« quand j’observe », « quand j’écoute », « quand je mange », « quand je dors »…) et à droite, une illustration représentant un animal. Mots et images s’entrechoquent, nous interrogeant sur notre animalité. Les plus jeunes liront cet album comme un imagier, les un peu plus grands se laisseront aller à réfléchir à la question passionnante de la démarcation pas si évidente entre humains et animaux. L’occasion de prendre conscience de notre part d’animalité… mais aussi de réaliser que les animaux, comme nous, dansent, rient, jouent et rêvent.

Je suis un animal, d’Alfredo Soderguit. Didier Jeunesse, 2018.

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Une autre question fascinante pour les tous petits est celle du temps : difficile d’en prendre la mesure, de saisir pourquoi certaines minutes semblent interminables alors que de belles journées passent en un clin d’oeil ! Pour nos têtes blondes, chaque saison représente une éternité et un an dure un siècle et pourtant, la perspective très lointaine de parvenir au bout de la vie les inquiète. Impossible de réaliser le temps de la vie de leurs parents et de leurs grands-parents ; mais les enfants ne s’en passionnent pas moins pour les dinosaures et les autres acteurs d’un passé antédiluvien. Mais le temps structure la journée, l’année et la vie. Il s’agit donc là d’un enjeu incontournable qui peut être abordé sur la base d’un merveilleux album de Henri Meunier et Aurore Petit. Nous observons un enfant qui lance un caillou dans l’étang. Au fil des pages, des heures, des saisons, des années, le décor se transforme, nous invitant à scruter les marques du temps écoulé : transformations du paysage, cheminement des randonneurs, trajectoire de l’avion et de l’escargot, chenille qui se transforme… Le texte nous interpelle : qui du caillou, de l’enfant ou de l’étang était là le premier ? Combien de temps le caillou met-il à tomber ? S’agit-il vraiment du même enfant ? Le temps a-t-il un début et une fin ? On se laisse volontiers entraîner dans cette amusante méditation qui nous ferait presque oublier le temps qui ne cesse de s’écouler… Jusqu’à ce que, plouf, le livre touche à sa fin et nous ramène aux préoccupations du présent.

1 temps, de Henri Meunier et Aurore Petit. Éd. du Rouergue, 2018.

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Plusieurs albums, l’air de rien, l’air de raconter une histoire, qui souvent se passe ailleurs et dans des temps non définis, posent, présentent, répondent à des questionnements d’ordre philosophiques.

Les trois questions. D’après Léon Tolstoï. Jon J. MUTH. Circonflexe, 2003

Près d’une plage, jouant au cerf-volant, Nikolai se pose trois questions.
Quel est le meilleur moment pour agir ?
Quelle est la personne la plus importante ?
Quelle est la meilleure chose à faire ?

Jon J. Muth s’est librement approprié un conte de Léon Tolstoï, pareillement intitulé et publié en 1903, pour aborder le sens de la vie, notre rapport au monde et à l’autre. Des questionnements aussi universels qu’intemporels. Il y répond par l’histoire, par les personnages qu’il met en scène, jusqu’à leurs prénoms et symboliques, et même les couleurs. C’est très doux, avec plusieurs niveaux de lecture et de sublimes illustrations aquarellées.

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Petits Contes Zen

Collection Petits contes zen – Antoine GUILLOPPE. Piquier Jeunesse

Antoine Guilloppé a écrit plusieurs albums pour cette collection « Petit conte zen » chez Picquier Jeunesse. Chacun développe une aptitude, un trait de caractère d’un des héros, et notamment de la jeune Akiko, puisque cinq albums lui sont consacrés, mais il y a aussi Takiji, qui découvre la notion de vivre-ensemble.

Une belle collection au graphisme épuré.

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Les Petits Philosophes

Quelle belle découverte que les ateliers de philosophie en maternelle avec le superbe film documentaire de Pierre Barougier et Jean-Pierre Pozzi joliment intitulé Ce n’est qu’un début. On y suit une enseignante de maternelle,Pascaline Dogliani, à la Mée-sur-Seine dans une ZEP de Seine-et-Marne qui met en place des ateliers philosophiques avec ses élèves. Et c’est vraiment une expérience étonnante, vivifiante et motivante que de voir ces tout petits aborder des questions existentielles avec la naïveté, le sérieux et la curiosité caractéristiques de la petite enfance.

Ce n’est qu’un début, Jean-Pierre Pozzi et Pierre Barougier, Ciel de Paris production, 2010.

L’enseignante travaille notamment à partir de livres et surtout à partir de la rubrique de Pomme d’api intitulée « Les p’tits philosophes » dont les aventures ont été regroupées dans plusieurs albums qui portent le même nom. On suit à travers différents scénarii un groupe de 4 amis-animaux : Chonchon, Mina, Plume et Raoul, qui se posent les grandes questions universelles au hasard de leur vie quotidienne. Noël est l’occasion de se demander « qu’est-ce qu’un cadeau ? », une promenade à la montagne invite à se demander « pourquoi faut-il faire des efforts ? », faire du vélo sans roulettes est l’occasion de se demander « qu’est-ce que grandir ? »…

        En écoutant les dialogues naïfs de nos 4 petits amis-animaux,  ce livre nous invite à avoir une véritable démarche de questionnement qui permet d’aborder avec son enfant une certaine forme de spiritualité qu’on réserve encore trop d’habitude aux « grands ». La formation de l’esprit critique, l’apprentissage du débat, de l’écoute de l’autre commence dès que l’enfant entre dans le langage et qu’il peut mettre des mots sur ce qu’il voit, ce qu’il ressent, ce qu’il pense. En s’interrogeant avec Chonchon, Plume, Mina et Raoul, c’est une aventure passionnante engageant toute la famille qui commence : l’enfant est accompagné dans ses questions par ses parents et les parents se fabriquent un nouveau regard sur le monde face à des questions qu’ils n’osaient parfois plus se poser.

        Prendre le temps ENSEMBLE de s’interroger sur la vie, l’humain, le monde est une aventure de tous les instants que ce petit livre nous invite à partager. Alors tout devient prétexte à philosopher ! 

Les Petits Philosophes, Sophie Furlaud (parfois avec Jean Charles Pettier), illustrations de Dorothée de Monfreid (parfois avec Soledad Bravi), Bayard éditions.

Titres disponibles, dès 4 ans : Les Petits Philosophes tome 1 : Mystère et boule de gomme, Les Petits Philosophes tome 2 : Chut… on pense, Les Petits Philosophes tome 3 : Comme des poissons dans l’eau, Les Petits Philosophes tome 4 : Hauts comme trois pommes, Les Petits Philosophes tome 5 : Bataille de questions, Les Petits Philosophes : 24 grandes questions pour bien grandir.

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« Un et multiple », « Fini et infini », « être et apparence », « Liberté et nécessité », « Moi et autrui », « Corps et esprit »… autant de concepts philosophiques qu’Oscar Brenifer explore dans Le livre des contraires philosophiques. Ici on aborde la pensée par le jeu d’une question – « Le temps peut-il durer une éternité? », « La liberté peut-elle exister sans prendre en compte la nécessité ? » – question à laquelle les images symboliques et étrangement réalistes de Jacques Desprès vont ouvrir des réponses. Le docteur en philosophie Oscar Brenifer va quant à lui y ajouter les bases d’un raisonnement conceptuel à travers des textes courts, écrits au présent de vérité générale, histoire de lancer la jeune lectrice, le jeune lecteur dans une démarche de recherche de vérité et d’universalité.

Le Livre des grands contraires philosophiques, Oscar Brenifier, Jacques Desprès, Nathan, 2009.

Dans la même collection, on retrouvera d’autres titres comme L’amour et l’amitié, Le sens de la vie ou encore La question de Dieu.

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Piccolophilo

Présentation de l’éditeur : Piccolophilo est une collection d’albums, au dessin vif et enjoué, qui racontent, sous forme d’histoires les questions et raisonnements quotidiens d’un enfant de 5 ans. En fin d’ouvrage, « l’atelier philo de Piccolo » (avec un petit grain de sel philo et des jeux) aborde différemment des interrogations soulevées par l’histoire et permet des échanges en famille.

Petites et grandes questions philo de Piccolo, Michel Piquemal, illustrations de Thomas Baas, Albin Michel Jeunesse, 2014.

Titres disponibles : C’est à moi !, Aïe ! j’ai mal !, Non, c’est pas moi !, Parle-moi, petit chat !, Achète-moi la moto rouge !, Mais je suis déjà Grand !, C’est pour de vrai ou pour de faux ?, C’est pas juste !, C’est quoi la mort ? et un recueil : Petites et grandes questions philo de Piccolo.

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Les Goûters Philo

Présentation de l’éditeur : « Les Goûters philo », la collection qui donne faim d’idées ! Pas de « prêt-à-penser » dans ces ouvrages, qui n’ont d’autre but que de faire goûter aux lecteurs dès 8 ans le plaisir de manier les idées et de progresser dans la pensée en rendant la philosophie accessible. Des exemples simples et concrets, des textes courts et faciles à lire, pour amorcer le débat et réfléchir avec les enfants aux questions qu’ils se posent. La collection indispensable pour muscler l’esprit critique !

Les Goûters Philo, Brigitte Labbé avec Michel Puech ou Pierre-François Dupont-Beurier, illustrations de Jacques Azam, éditions Milan.

Plus de quarante titres disponibles dès 6/7 ans, dont : Les garçons et les filles, La tolérance et l’intolérance, Le succès et l’échec, Obéir et désobéir, La dictature et la démocratie, Libre et pas libre, Croire et savoir, Prendre son temps et perdre son temps, La guerre et la paix, L’homme et l’animal, Moi et les autres…

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Les Philo-fables de Michel Piquemal

Présentation de l’éditeur : Faire de la philo avec les 8/9 ans par le biais de courtes histoires, fables, paraboles ou contes. Les enfants ont soif de questionner en grand, de « philosopher » et de réagir à des thèmes essentiels.
Nous avons délaissé la philosophie classique européenne qui ne raconte pratiquement pas d’histoires (elle préfère définir des concepts, des notions) et nous sommes allés puiser dans les traditions du monde entier ; nous y avons trouvé des histoires qui amusent, étonnent et donnent à réfléchir sur l’amitié, le bonheur, la justice, le droit, le destin, la mort, la vérité, le détachement, la pauvreté…

Chaque histoire est :
– introduite par deux ou trois mots-clés ;
– resituée dans son origine ;
– suivie d’un court questionnement qui apostrophe le lecteur : « Dans l’atelier du philosophe ».

Les philo-fables, Michel Piquemal, illustrations de Philippe Lagautrière, Albin Michel, 2008.

Titres disponibles : Les philo-fables, Les philo-fables pourvivre ensemble, Les philo-fables pour la Terre, Le conteur philosophe (chaque tome est composé d’un sommaire des titres et d’un index des mots-clés).

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Les petits Platons

Présentation de l’éditeur : Avec Les petits Platons, les enfants tombent amoureux de la philosophie !

Socrate, Descartes, Leibniz, Lao-Tseu, saint Augustin, Ricoeur, Diogène, Einstein, Pascal, Heidegger, Rousseau, Denys l’Aréopagite, Épicure, Érasme, Bachelard… racontés à partir des histoires qui traversent leurs oeuvres, dans des albums illustrés drôles, intelligents et graphiques ! La collection a été testée auprès d’enfants et d’adolescents de 9 à 14 ans. Les plus jeunes adorent l’histoire et les illustrations, les plus mûrs rentrent pleinement dans la dimension philosophique. Petit secret : les adultes aussi sont enthousiastes !

Coffret jaune : Le petit théâtre de Hannah Arendt raconté par Marion Muller-Colard & illustré par Clémence Pollet – Les petits Platons, 2015.

Parler philosophie avec les enfants qu’ils soient petits ou grands est parfois franchement pas facile. Ce que j’aime dans les ouvrages pour la jeunesse c’est que même en étant « adulte », tout devient plus clair. N’étant pas une spécialiste ni une passionnée de philo cette série de petits livres m’a tout de suite séduite.

Pourquoi ? Attirée par la couverture, la mise en page, le soin donné à rendre ce documentaire attractif.

Le contenu ? Facile et intelligent, le texte est une aventure dans les idées d’Hannah Arendt. Imaginez un jeu de questions-réponses avec votre double de 10 ans : « – Tu n’es pas seulement venue au monde pour la vie de ton corps. Tu es venue aussi… :

  • Pour la vie de l’esprit ! complète la fillette qui se souvient du livre que la grande Hannah est en train d’écrire.
  • Pour penser, vouloir, juger…et entrer sur scène ! »

D’autres coffrets existent également : le vert qui rassemble certains titres de grands philosophes comme Heiddeger, Blaise Pascal… le orange qui, lui, nous livre des textes de Socrate, Kant…

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POCQQ des Éditions du Ricochet

Parce que la réflexion a parfois besoin de s’appuyer sur du concret, et que l’actualité et la société sont source de questions des jeunes.

Présentation de l’éditeur : Pourquoi ? Où ? Comment ? Qui ? Quand ? Face aux enjeux profonds de notre société, s’interroger, débattre… c’est essentiel ! Pour les ados, de grands sujets d’actualité sont ici traités avec la distance qui permet à chacun de se faire son opinion.

Pourquoi la laïcité ?, Ingrid Seithumer, illustrations d’Elodie Perrotin, Editions du Ricochet, 2022.

Titres disponibles, dès 13 ans : Qui sont les LGBT+ ?, Comment s’informer ?, Pourquoi la laïcité ?, Où va le climat ?, Pourquoi les vegans ?, Pourquoi les pandémies ?, Pourquoi la conquête spatiale ?, Qui sont les hackers ?, Où va l’économie ?, Qui sont les féministes ?, Que dit la mode ?, Qui sont les transhumanistes ?

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Philoado des Éditions Rue de l’Échiquier

Présentation de l’éditeur : Une collection de livres à destination des adolescents, offrant un éclairage philosophique sur des événements auxquels ils se trouvent confrontés dans la vie de tous les jours et des sujets qui les concernent directement : l’amour, la liberté, le bonheur, le mensonge, la responsabilité.
Pour donner aux adolescents le goût de la philosophie, leur apprendre à réfléchir et à penser par eux-mêmes, les aider à grandir et à devenir des adultes autonomes.

Perdre son temps, Malcolm Hammer, Rue de l’Échiquier, 2010.

Titres disponibles, dès 15 ans : Mourir, Désobéir, Voler, Avoir peur, Être jaloux, Rêver, Se venger, Tomber amoureux, Mentir, Perdre son temps.

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Quels sont vos éditeurs et collections préférés ? Avez-vous l’occasion de parler philo avec des enfants ? C’est avec plaisir que nous attendons vos retours !

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Philonimo de chez 3oeil

La collection incontournable pour philosopher avec les plus jeunes, c’est PHILONIMO, des éditions 3oeil. Dix petits livres, beaux tant sur la forme que sur le fond, avec des textes épurés et des illustrations poétiques, pour inviter les petit.es à réfléchir sur le monde qui les entoure, à s’ouvrir à l’altérité et à penser par eux/elles-mêmes. Un beau programme.

Présentation de l’éditeur : La collection Philonimo est une série d’albums jeunesse créée à l’initiative de l’autrice Alice Brière-Haquet pour faire découvrir des concepts philosophiques aux enfants à travers les métaphores animalières des grands philosophes.[…] Un voyage vers de nouveaux univers graphiques, sans frontière d’âge …et à plus de 3 cette fois : 10 livres, 10 philosophes, 10 illustrateurs. 

Liste des titres disponibles :

L’abeille de Saint-Simon d’Alice Brière-Haquet et Mai-Li Bernard

Le loup de Hobbes d’Alice Brière-Haquet et Herbéra

La colombe de Kant d’Alice Brière-Haquet et Emilie Vast

Le cygne de Popper d’Alice Brière-Haquet et Janik Coat

Le canard de Wittgenstein d’Alice Brière-Haquet et Loïc Gaume

Le chien de Diogène d’Alice Brière-Haquet et Kazuko Matt

Le lézard de Heidegger d’Alice Brière-Haquet et Sophie Wissière

Le papillon de Tchouang-Tseu d’Alice Brière-Haquet et Raphaële Enjary

Le corbeau d’Epictète d’Alice Brière-Haquet et Csil

Le porc-épic de Schopenhauer d’Alice Brière-Haquet et Olivier Philipponeau

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Ni oui ni non de Tomi Ungerer chez Ecole des loisirs

Ni oui ni non, Tomi Ungerer- Ecole des loisirs, 2018

En matière de philo à hauteur d’enfants, il serait dommage de passer à côté de ce livre, issu d’une collaboration entre le grand Tomi Ungerer et Philosophie Magazine, qui regroupe 100 questions posées par des enfants et les réponses apportées, en mots et en images, par cet auteur essentiel en littérature jeunesse, avec cette idée directrice :

« Moi, je prends la liberté de penser par moi-même et j’aime plonger dans les profondeurs, la mienne et celle des autres, tout en cherchant des solutions aussi simples que pratiques. Ma cervelle a les deux pieds sur terre- et prend parfois ses jambes à son cou. »

Présentation de l’éditeur : Comment dire à quelqu’un qu’on l’aime ? Et se faire des amis quand on est timide ? Pourquoi on a des couleurs préférées ? Pourquoi y a-t-il de l’argent ? Dans cette compilation des chroniques parues dans Philosophie Magazine, Tomi Ungerer commente et illustre ses réponses à cent grandes questions d’enfant, entre philosophie et poésie : « Répondre aux enfants, c’est se mettre à leur place. Expliquer en utilisant un vocabulaire adulte compréhensible. Illustrés par des exemples tirés de la réalité, ou soutirés de l’imagination. Démontrer que tout se surmonte avec le sourire et le respect. Et que grâce à l’absurde, nous sommes tous des apprentis sorciers.»

Thématiques : Amitié, amour, animaux, argent, cosmos et univers, enfants et adultes, famille, humain et nature humaine, morale et société, mort, nature et science, pensée et savoir, peur, préjugés, religion.

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Nous attendons vos retours sur les titres que vous aimez ? Est-ce que la philo vous intéresse?

Jeux Olympiques – A vos marques, prêts, partez !

C’est ce mardi 16 avril que sera allumée, à l’aide des rayons du soleil, la première torche du Relais de la Flamme Olympique de Paris 2024. La cérémonie se déroulera, selon la tradition, dans le sanctuaire d’Olympie, en Grèce, où se déroulaient les Jeux antiques.

Cet évènement majeur de l’année en France, nous a donné envie de proposer une sélection de livres sur les jeux d’hier et d’aujourd’hui, en attendant de passer avec vous un été sportif !

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Murielle Szac, forte de ses connaissances en mythologie grecque, revient avec un récit en quatorze épisodes pour nous présenter les jeux antiques dans toutes leurs étapes : de la sélection des hellanodices, ces juges des jeux, à la grande victoire de celui qui donnera son nom aux jeux de l’année. Au travers de ses personnages elle met en en avant les valeurs des jeux olympiques depuis leurs origines : amitié, respect et excellence, tout en apportant un peu de modernité avec des valeurs de tolérance au travers du combat pour défendre l’égalité de genres, des droits et pour le respect des minorités.

Le feuilleton des Jeux d’Olympie en quatorze épisodes de Murielle Szac et Olivier Balez, Bayard Jeunesse, 2024.

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Présenté comme un parcours fléché, Louvre Olympique est bien plus qu’un simple documentaire sur la représentation des jeux antiques dans l’art. C’est aussi un parcours fléché et un véritable guide de visite pour une balade dans le musée du Louvre, à la découverte des œuvres du passé qui mettent le sport à l’honneur. Il sera un compagnon idéal pour accompagner les lecteurs dans leur découverte de ces amphores, coupes et autres sculptures ou statuettes qui valorisent les jeux dans leur représentations symboliques et historiques.
Proposition intéressante et pertinente que de nous présenter les jeux en revenant aux origines et nous faire comprendre le but de cet événement, ses bienfaits sur le corps et l’esprit dans ce que cela représente aux yeux des grecques de l’époque, les lieux, les disciplines, les récompenses mais aussi la place des femmes, la trêve politique… Le tout à grand renfort de représentations mythologiques et artistiques, et d’explications lexicales.

Louvre Olympique – Le sport dans la Grèce antique de Daniel Soulié, éditions courtes et longues & Louvre éditions, 2024.

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Dans Les jeux Olympiques, Sylvie Baussier et Catherine Destephen proposent un tour d’horizon des principaux moments et des épreuves de cet événement mondial. Après un petit rappel historique, les disciplines classées par grandes catégories (athlétisme, gymnastique, cyclisme, sports nautiques ou de ballon…) sont rapidement expliquées. Un documentaire simple et efficace pour se renseigner et rêver en attendant de pouvoir admirer les athlètes en action !

Les jeux Olympiques, Sylvie Baussier en collaboration avec Catherine Destephen, illustrations de Robert Barborini, Milan Jeunesse, 2008.

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Dans cette pièce on assiste à une vie de sportive qui ne connaît aucun repos, aucun amour, juste la passion d’aller toujours plus loin pour gagner.
Être sportif de haut niveau, c’est le destin que s’est choisi Julie Linard, jeune athlète qui dispute aujourd’hui les Jeux Olympiques. Le spectateur-lecteur assiste au rythme effréné des commentaires des deux journalistes sportifs obnubilés par une éventuelle victoire de ce bel espoir ! Il faut dire qu’elle a un sacré mental cette jeune femme : « Trois fois championne de France, vice-championne d’Europe. Je suis trop petite pour le huit cents mètres. Mais moi aussi, je vais marquer l’histoire. » De l’autre côté, son frère Alex, trop fragile pour n’importe quel sport, assiste à la chute de sa sœur à travers la petite lucarne…
« Le sport est lié au plaisir et à la souffrance. Le plaisir de dépasser sa souffrance et le sentiment d’avancer, d’aller toujours plus loin, de construire quelque chose d’unique. Les plus grandes sensations sont liées au plus grand dépassement de soi. » Conditionner sa tête, conditionner son corps mais que se passe-t-il lorsque tout s’effondre en quelques millièmes de secondes ?

Je ne cours pas, je vole ! d’Elodie Menant – L’avant-scène théâtre, 2021.

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« Plus vite, plus loin, plus fort » n’est pas seulement la devise des jeux olympiques, c’est aussi celle de tout accro aux livres qui se respecte.
Oui, elle/il va plus vite que son ombre en librairie, loin de chez elle/lui s’il le faut, dénicher les livres des auteurs/illustrateurs qu’elle/il aime fort fort fort !
Par exemple le dernier album, paru chez Seuil Jeunesse, écrit par Guillaume Guéraud, illustré par Ronan Badel, deux artistes qui ne manquent pas à chacune de leur parution, de faire vibrer et pleurire (entre pleurer et rire, on ne sait que choisir). Celui-ci, excellente alternative pour parler de sport avec les enfants quand on n’est pas forcément très inspiré par le sujet au quotidien, ne fait pas exception. A quelques mois des jeux olympiques de Paris, ces Jeux Folympiques rivalisent d’humour et d’imagination pour faire s’activer les zygomatiques des lecteur.ices, petit.es et grands.es. Il permet également d’une part, de réviser ou découvrir quelques disciplines sportives, d’autre part, de s’amuser à en inventer. Pédagogique et ludique à la fois, c’est donc un champion toutes catégories. Il remporte d’or(es) et déjà la médaille de la joie, parce qu’il est absolument jubilatoire !

Les Jeux Folympiques, Guillaume Guéraud, illustrations de Ronan Badel, Seuil jeunesse, 2024.

L’avis de Séverine et celui de Linda.

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Voilà un documentaire pas comme les autres qui se présente comme une liste quelque peu surréaliste de curiosités olympiques : les sports de démonstration. Colombophilie, Ski-jöring, course de tandem, pelote basque, ballet à ski, combat de cannes… Au fil des pages, nous découvrons une ribambelle de sports étranges et poétiques qui nous invitent à voir le sport dans toute sa créativité ! Les illustrations de Cécile Gariépy avec ses corps élastiques et ses couleurs franches participent de l’originalité de cet album qui ne se contente pas de donner des informations savantes sur cette catégorie spéciale créée en 1912 par le Comité international olympique, et font de cet album un objet ludique, drôle, voire même émouvant.

Drôles de sports, curiosités olympiques, Cécile Gariépy, Simon Drouin, La Pastèque, 2021.

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Allez-vous suivre les Jeux Olympiques de Paris 2024 ? Avez-vous des titres à nous recommander ?

Entretien avec Jean-François Chabas

Ecrivain-voyageur par excellence, Jean-François Chabas a eu la gentillesse d’accepter de répondre à nos questions entre deux séjours à l’étranger. Et elles étaient nombreuses tant son œuvre est riche et variée !
Albums, romans jeunesse ou « pour les grands », ce baroudeur aux multiples talents aime partager les cultures autochtones qu’il découvre et son espoir que leurs conditions de vie s’améliorent. Sous le Grand Arbre, nous sommes particulièrement touchées par l’humanité qui irrigue ses textes.

Photo issue du site officiel de Jean-François Chabas : www.jean-francois-chabas.com

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Pensez-vous qu’il y a des impératifs particuliers ou des écueils à éviter lorsque l’on écrit pour la jeunesse ?

Écrire pour la jeunesse impose une contrainte de style, singulièrement de vocabulaire, mais je prends garde depuis toujours à respecter les enfants en leur offrant un travail littéraire, par goût de la beauté et pour leur ouvrir l’esprit…
Parce qu’ils sont lecteurs à part entière.

Justement, vous écrivez aussi bien des albums que des romans jeunesse, ou pour les adultes. À quel moment définissez-vous l’âge auquel s’adresse votre histoire ? Des contraintes s’imposent-elles selon le type de lecteur visé ?

Certains de mes textes sont interchangeables, entre littérature jeunesse et littérature générale. Sauf bien entendu pour les petits. Encore à mon avis est-ce le gage d’une littérature jeunesse de qualité que de pouvoir être lue par les adultes sans déplaisir ni ennui. La qualité littéraire doit être présente partout, puisque c’est le respect du lecteur.

Y a-t-il des auteurs ou des artistes qui vous inspirent ou dont vous appréciez particulièrement le travail ?

L’inspiration puisée chez les artistes, oui, elle est immense. Je suis très influencé par les Anglo-saxons, de Melville à Dickens en passant par Stevenson, Steinbeck, Jim Harrison avec qui j’ai eu la chance d’échanger du courrier. Russell Banks, prodigieux. Mais il y a aussi les germaniques, Hesse, Zweig, Mann, les hispaniques, García Márquez, Vargas Llosa, les français, Tournier, Le Clézio, et puis les peintres, Vermeer, les musiciens… il faudrait cent pages.
André Migot, l’écrivain voyageur, que je respecte et j’adore, ou encore Nicolas Bouvier, autre voyageur…

La liste des illustrateurs ayant travaillé sur vos textes est très impressionnante. Comment se passent vos collaborations ?

La collaboration avec les illustrateurs est souvent lointaine. Il est rare que je les rencontre, mais je suis très solitaire de nature, et je préfère le monde sauvage. Je communique avec certains, sans les voir le plus souvent. J’en profite pour saluer José Muñoz, qui m’avait illustré Les Frontières, un homme très élégant et généreux.

Les frontières, Jean-François Chabas, illustrations de José Munoz, Casterman, 2001.

Il y a récemment eu un débat sur la rémunération des auteurs. Sans entrer dans une quelconque polémique, souhaitez-vous vous exprimer à ce sujet ?

C’est un sujet grave, qui touche véritablement au scandale. L’acceptation de droits et d’avances ridicules de la part de certains artistes crée une situation où des contrats léonins sont proposés. Il faut se battre. Sur le terrain du respect humain aussi.

Nous vous savons grand voyageur, et nous avons évidemment fait le lien avec le choix de situer nombre de vos romans sur des terres lointaines (Amérique, Australie…). D’où vient ce goût pour l’exotisme ? Ces mondes-là seraient-ils plus propices aux aventures ?

Eh bien… Je reviens du Northern Territory australien où j’ai passé des mois avec les tribus. Je vous confirme qu’entre les crocodiles géants ultra-agressifs, les méduses-boîtes, les requins tigres, les araignées mortelles, un cyclone de catégorie 5 qui nous a frôlés, un feu de forêt géant qui nous a fait courir et une émeute aborigène sérieuse à Tennant Creek, oui, c’est plus sportif là-bas.
Plus sérieusement, j’en profite pour attirer votre attention sur le drame que vivent les tribus partout sur l’île. Vous pouvez lire Red Man, Ils ont volé nos ombres, ou La sorcière et les manananggals, des romans que j’ai publiés sur le sujet. Ces gens vivent un calvaire.

A ce sujet, nous avons été impressionnées par la manière dont vous immergez vos lecteurs dans ces lieux qui leur sont parfois inconnus. Comment vous documentez-vous ?

Je me documente, autant que possible, en allant sur place, ou bien j’y passe beaucoup de temps. La documentation rigoureuse est indispensable lorsque l’on aborde n’importe quel sujet, mais peut-être surtout quand c’est ethnologique. Dans le cas des Aborigènes, ou celui de certaines tribus américaines, j’ai passé du temps avec eux. Les Aborigènes australiens plus que tous les autres, peut-être, sont très mal servis en littérature occidentale. Je m’attache à décrire avant tout leurs conditions de vie épouvantables, particulièrement dans les communautés, mais partout en vérité. Il me semble obscène de vouloir piller leur culture, de vouloir faire du folklorique, avant de dire qu’ils meurent. Ils m’ont directement demandé de parler de leur tragédie, et cela du sud au nord, de l’est à l’ouest. J’ai parcouru des dizaines de milliers de kilomètres en trois très longs séjours pour leur parler, mais surtout pour que eux me parlent. Je suis à leur service. Je garde dans le cœur le souvenir des taudis que j’ai traversés à pied, la peur au ventre, au milieu d’une population traumatisée, clochardisée, assassinée par l’alcool, les drogues, la misère morale et matérielle. Ces gens meurent dans l’indifférence générale.

Comme vous le disiez vos romans sont le plus souvent ancrés dans le réalisme et liés à vos rencontres, mais vous avez fait quelques incursions dans la fantasy. Que vous apporte ce genre en particulier ?

La fantasy m’apporte de la fantaisie !

Votre travail a reçu de nombreuses marques de reconnaissance entre les prix, les traductions et les titres figurant sur la liste des recommandations de l’Education Nationale. Est-ce que l’une d’entre-elles vous touche plus particulièrement et pourquoi ?

Les prix, c’est terriblement subjectif. Je me permets de l’affirmer parce que j’en ai eu beaucoup. Il y aurait tant de choses à dire, à commencer par le fait qu’ils sont souvent remis à ceux qui se déplacent pour aller les chercher… Mes deux prix Versele [en 2000 pour Les secrets de Faith Green, puis en 2017 pour L’eau verte ndlr] me font très plaisir parce que j’aime les Belges. La recommandation de l’éducation nationale pour La terre de l’impiété me touche parce que c’est un sujet – la guerre d’Algérie – extrêmement casse-gueule, où l’on se fait des ennemis de tous les côtés, et que mon sérieux mon impartialité ont été reconnus.
La traduction de mes romans et albums en 15 langues, c’est merveilleux, parce que l’on sera lu par des petits Chinois, des Coréens, des Italiens, des Russes, des Turcs…

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Merci à Jean-François Chabas de nous avoir accordé du temps malgré son emploi du temps chargé !
Nous espérons vous avoir donné envie de découvrir certains de ses romans.
Et si vous souhaitez en apprendre plus sur son univers, n’hésitez pas à visiter son site internet.

Nos coups de cœur de mars

En ce lundi de Pâques qui est aussi un premier avril, nous vous proposons un autre genre d’accumulation. Parce que les beaux jours arrivent et qu’il est doux d’en profiter étendu sur l’herbe un livre à la main, voici les titres que nous avons lus et aimés le mois dernier !

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C’est en discutant avec Ludovic Lecomte et Irène Bonacina lors d’un salon que Lucie a eu envie de découvrir La Cabane. L’illustratrice était si enthousiaste au sujet de ce roman qu’il était impensable de passer à côté. Et en effet, l’auteur parvient avec maestria à glisser ses lecteurs dans la tête d’un ado reclus chez lui depuis six mois. Que s’est-il passé ? Quelles sont les conséquences de cette incapacité soudaine à sortir ? Va-t-il parvenir à se tirer de cette situation ? Avec beaucoup de délicatesse, Ludovic Lecomte sème des indices sans tout expliquer, tisse des liens et des incompréhensions entre des personnages nuancés et propose à ses lecteurs de découvrir le cheminement d’Enzo. Une lecture courte mais bouleversante.

La Cabane, Ludovic Lecomte, L’école des loisirs, 2024.

Son avis complet ICI.

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Pour Liraloin c’est un road-movie à la fois très mouvementé et rempli de tendresse qui emporte son p’tit cœur de lectrice !
Saviez-vous qu’en rase campagne, il existe des hôpitaux pour animaux ou plutôt une infirmerie itinérante avec à sa tête une taupe par très douée pour la pose de perfusion ce qui ne manque pas d’agacer le loup. En plus la bouffe n’est pas très exquise (un gâteau à la vanille !), heureusement qu’un lapin n’est pas loin…mais pas le temps d’y planter un croc que les chasseurs débarquent et dans la panique générale à bord, le loup embarque le lapin qui lui vient de lui sauver la vie (sans faire exprès hein) mais pour un loup solitaire, c’est un geste qui compte…

Voyage de malade de Josephine Mark, Gallimard Bande Dessinée, 2023

Son avis complet ICI, et ceux d’Isabelle, de Lucie et de Helolitla.

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Linda avait besoin d’un peu de poésie dans son quotidien et ce sont les mots de Thomas Scotto qui l’ont faite vibrer d’émotions et de nostalgie.
Après s’être fait la voix des Filles du Conte, il revient les bras chargé d’objets de conte auxquels il donne une vie d’éternité. Tout ce qui Conte nous rappelle que nous avons un rôle à jouer dans la sauvegarde de notre patrimoine culturel au travers de la transmission des histoires qui ont bercé des milliers d’enfants au fil des générations. Dans cet inventaire du merveilleux, les mots de l’auteur, les rîmes du poètes nous invite à un jeu d’énigmes dans lequel chaque conte est dissimulé dans ses vers et haïkus, mais également dans un objet réalisé au scotch, technique improbable et impressionnante que Nicolas Lacombe maitrise à la perfection. Le tout forme un ouvrage de grande qualité qui tient visuellement du grimoire magique.

Tout ce qui Conte de Thomas Scotto, illustré par Nicolas Lacombe, Balivernes, 2023.

L’avis complet de Linda et celui de Séverine.

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Héloïse/Helolitla a découvert de superbes romans ado en mars, comme l’envoûtant Pony, de J. R. Palacio, ou encore le percutant Guerrière, de Cécile Alix. Deux titres parus récemment l’ont particulièrement enchantée.
Le premier, c’est Saules de Brume, de Jeff Wheeler, un passionnant début pour une saga de fantasy ado. Des manoirs qui flottent, une société coupée en deux, des luttes de pouvoir et des intrigues, une magie mystérieuse… et surtout une galerie de personnages variés ! Entre aventure, découverte et critique d’une société inégalitaire, c’est un premier tome très prometteur, qui pose les bases d’un univers sombre, complexe et fascinant.

La saga des mystères, livre 1 : Saules de brume, de Jeff Wheeler, Rivka, 2023.

Son avis complet ICI.

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Le second, c’est Népomucène et Eudoxie, de Lucile Caron-Boyer, pour lequel Héloïse a eu un gros coup de cœur.
Népo et Doxie, les deux protagonistes aux prénoms originaux, ont vécu un immense drame. Depuis, ils vivent chacun dans une bulle un peu à l’écart des autres.
Sur fond de deuil et de romance, l’autrice parle avec sensibilité et poésie de résilience, et de ces rencontres qui changent le cours de la vie. C’est doux, délicat, sur un sujet pourtant difficile, et extrêmement touchant.

Népomucène et Eudoxie, de Lucile Caron-Boyer, Scrineo, 2024.

Son avis complet ICI.

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Héloïse/Ileautresor (au singulier) à de son côté été saisie d’emblée par la beauté des illustrations de Balade en forêt. Un album un peu particulier : conçu pour les tout-petits, il s’agit d’un livre à déplier… D’un côté il montre les différentes étapes d’une promenade dans les bois et de l’autre, c’est un imagier sur la forêt avec les différents éléments présentés lors de la balade dans les bois : renard, fougères, raton laveur, biche légère, escargot, hibou, gland, sans oublier le pivert, la libellule et même la fraise des bois. Ce livre-accordéon est idéal à déplier sur le tapis à côté des bébés… dès leurs plus jeunes années. Balade en forêt est un vrai coup de cœur !

Balade en forêt, Charlotte Molas, Amaterra 2024.

Son avis complet ICI.

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Pour la collectionneuse de papillons, le coup de cœur de mars ira à un petit album tout doux : Les couleurs de Dadaji de Rashmi Sirdeshpande et Ruchi Mhasane. Les illustrations aux contours tendres et les couleurs pastels sont vraiment un régal pour les yeux. Il y a quelque chose de très apaisant à parcourir du bout des doigts cet album qui nous conte les tableaux que peignent ensemble un garçon et son grand-père, quelque part dans un petit village d’Inde. Il est ici question de transmission, de ce qui nous reste après la disparition d’un ancêtre, et surtout du temps qu’il nous faut pour réaliser à quel point ce qui nous a été transmis résonne puissamment quelque part à l’intérieur. Et resurgit parfois des années plus tard. Il y a certes quelque chose du conte dans ce récit mais aussi quelque chose qui est très proche du réel, des lentes prises de conscience qui rythment nos existences. Un album précieux donc, à partager en famille, de génération en génération.

Les Couleurs de Dadaji, Rashmi Sirdeshpande, Ruchi Mhasane, Circonflexe, 2022.

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Après Colette et Liraloin, c’est au tour de Blandine de succomber à cet album ! Un album, épais, à la belle couverture toilée et aux pages cartonnées et découpées. Au fil des pages qui se tournent, passent les années de ce bébé en couverture, jusqu’à la vieillesse. Quasiment chacune s’orne d’une découpe figurant un souvenir, quelque chose qui reste en mémoire, parfois pour longtemps, parfois pas du tout. Et ainsi défile sa vie.
C’est un album délicat, pudique et extrêmement fort dans ce qu’il dit, montre, suggère, et laisse imaginer !

Les Printemps, Adrien Parlange, La Partie, 2022.

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Blandine aime passionnément la vie et les œuvres des Brontë, aussi lui fallait-il cet album qui éclaire un pan peu connu de l’histoire de cette fratrie au destin tragique. Cet album revient sur l’enfance des quatre enfants qui se sont nourris d’histoires, de lectures et de poèmes pour alimenter leur imagination et construire les leurs. Histoires d’abord consignées dans de tous petits livres avant de devenir les romans qui sont toujours lus. Les illustrations tout en rondeurs et couleurs offrent des couleurs et de la douceur à des existences que la postérité a toujours représenté sombres. L’album se clôt sur un petit dossier fort riche et intéressant.

Au pays des histoires L’enfance de Charlotte, Branwell, Emily et Anne Brontë. Texte de Sara O’LEARY Illustrations de Briony May SMITH .Gallimard Jeunesse, janvier 2024

L’avis de Blandine ICI.

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Pour sa première contribution à l’ombre du grand arbre, Séverine vous propose le dernier album de Rascal, qui est l’un de ses auteurs jeunesse préférés de tous les temps. Rien que ça !
Encore une fois, ça fonctionne ! Encore une fois, ça la touche. Mais avec ce dernier-né de sa longue union avec Pastel/Ecole des loisirs, il se présente là où elle ne l’attendais pas, à savoir du côté de l’humour et c’est une très belle surprise !
Il faut dire qu’il est ici superbement accompagné par un illustrateur à la bonne humeur contagieuse, qui muscle systématiquement nos zygomatiques, son compatriote Michel Van Zeveren, dont le petit chaperon rouge posant toujours la même question agaçante nous est resté en mémoire.
Impossible, donc, de résister à ce duo qui nous invite à combattre les stéréotypes trop souvent véhiculés dans les histoires que nous racontons à nos chères petites têtes de toutes les couleurs.
L’album est drôle, malin, plein de fantaisie et de malice, et plus profond qu’il n’y paraît, notamment en ce qu’il glisse aussi un message universel entre ses pages : l’enfant venu.e au monde est à lui/elle seul.e la plus belle histoire qui soit.
Il a évidemment beaucoup plu à sa fille de 8 ans, qui n’est jamais la dernière à revendiquer la tolérance et le respect de la personnalité de chacun.e.

Mille et une histoires, texte de Rascal, illustrations de Michel Van Zeveren, Pastel École des loisirs, 2024.

Pour sa chronique complète, c’est ICI ou .

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En mars, l’équipage de L’île aux trésors à NEB, le dernier roman de Caroline Solé illustré par Gaya Wisniewski. NEB, c’est LE jeu en ligne qui fait fureur, attirant toujours plus de joueurs du monde entier. Parmi eux, Alex et ses frustrations, fragilités et rêves d’ado. Comment résister à l’immersion dans cette dimension virtuelle tellement plus exaltante que le quotidien, à l’ivresse d’exister enfin en s’identifiant à un avatar, aux récompenses savamment distillées, à l’envie de connexion avec les autres joueurs, aux pulsions consuméristes, au goût de la compétition ? Mais voilà qu’un jour, l’écran s’éteint. Le jeu aurait été hacké… Pirates, industriels du jeu : qui tire les ficelles et à quelles fins ?

Ce thriller joue sur plusieurs tableaux pour mieux nous accrocher – celui du jeu où on aimerait voir gagner Alex, celui de la vraie vie où l’on s’inquiète un peu pour elle, celui du projet mystérieux des pirates qui se sont emparés du NEB. Tout ce suspense fait que l’on n’a pas conscience de la densité de réflexions développées sur les ressorts de l’addiction et les remèdes possibles. À aucun moment ces réflexions ne prennent le pas sur l’intrigue : elles viennent nourrir l’histoire, nous rendant aussi accro que les joueurs du NEB. Tout cela n’est pas moralisateur pour un sou, impeccablement écrit et servi par une mise en page moderne où font intrusion les gribouillis adolescents, textos, brèves de presse ou captures d’écrans. Sombres et puissantes, les encres de Gaya Wisniewski donnent une profondeur supplémentaire. Fascinant et incontournable par les temps qui courent !

L’avis complet d’Isabelle ICI.

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Et vous, quelles lectures vous ont enthousiasmés en mars ?