Les imagiers sonores

Aujourd’hui, place aux bébés lecteurs !

Nous vous parlons d’une collection qui fait débat A l’ombre du grand arbre : Mes Petits imagiers sonores publiés chez Gallimard Jeunesse. Cette collection propose aux bébés de petits imagiers cartonnés à travers lesquels ils découvrent instruments de musique, animaux du monde entier, jouets, comptines et autres berceuses à la fois par le biais des illustrations mais surtout, belle invention, par le biais des sons. L’enfant en effet trouvera à chaque page une petite puce sur laquelle appuyer pour découvrir tout un univers de sonorités.

instruements du monde

Mais sur cette collection les avis divergent,entre coup de coeur et coup de griffes ! Découvrez pourquoi !

Pépita :

Au risque de jeter un pavé dans la mare, mon avis est assez tranché car en bibliothèque cette collection est une « catastrophe », car ces livres ne sont pas assez solides et en plus pas moyen de trouver les piles. J’ajouterais que leur qualité est très inégale : les sons sur le Papa et maman par exemple sont assez horribles.

papa mamanEt globalement comme initiation aux sons il y a mieux…. Mais on me les réclame en permanence ! Je ne pense pas les racheter ….désolée. Presque 10€ pour une durée de vie de 6 mois et sans piles dans le commerce : ben non !

Colette :

Oui je confirme que pour les bibliothèques ce n’est pas l’idéal, on ne les emprunte plus car il y a souvent des sons qui ne fonctionnent pas. Je suis désolée d’apprendre que l’on ne trouve pas les piles dans le commerce, je suis lectrice novice de ces petits livres objets, en tous cas une chose est sûre : mon Petit-Pilote-de-Berceau les adore ! Ceux sur les instruments sont très chouettes, mais le préféré de mon bébé lecteur c’est celui sur la ferme ! Quelle joie de le voir rigoler en écoutant meuglement et bêlement !

la ferme

Pépita :

Je les teste page par page à chaque fois en ce qui me concerne quand ils reviennent et je suis obligée de les enlever un par un du fonds. D’autant que je n’ai pas trouvé les piles. Et puis en collectivité, c’est le parcours du combattant : avoir un compte dans le magasin en question, aller voir le prix, faire le bon de commande, attendre le retour du bon (souvent long), retourner au magasin et oups ! entre-temps plus le produit ! Et il faut recommencer…Et en plus pas données ces piles, j’ai fait des recherches. ça ne vaut même pas le coup de les remplacer sur 10 livres… Du coup, je ne les ai plus en bibliothèque, je suis obligée de faire des choix…  au détriment des petits lecteurs, je sais, mais j’explique toujours.

Kik :

L’avis de Pépita est très intéressant.  J’ai remarqué la disparité de la qualité des enregistrements . J’aime beaucoup ceux sur les instruments de musique, mais un avis plus mitigé pour ceux avec des comptines.

Colette :

Quoiqu’il en soit, c’est une collection qui plaît aux bébés et je trouve important d’en parler car les bébés lecteurs sont en effet rarement à l’honneur (et même sur ALOGDA) alors que c’est dès la naissance que le goût de lire, d’analyser, de comprendre doit avoir le droit de germer ! Et au lieu d’en faire un vœu pieux, notre débat peut être l’occasion de démontrer à quel point le tout petit est très vite acteur de sa lecture, car malgré les défaillances techniques soulignées par Pépita, ces imagiers sonores ont le mérite de pouvoir être vraiment LUS par le bébé lecteur. En effet comme il le fera plus tard pour suivre les lettres, les mots, les lignes sur la page, le bébé peut suivre avec son doigt le son qui fait sens, qui donne vie à l’image et au texte que l’adulte qui l’accompagne ne manquera pas de lui lire. L’enfant y découvre des sons qui pourraient lui rester longtemps inconnus (Les oiseaux exotiques) ou encore se remémore ceux qu’il a pu entendre dans son environnement proche (les animaux de la ferme par exemple). Il fait le lien entre le son et l’image, il apprend à lire. Et en plus il s’amuse car il imite, il répète, il appuie sans se lasser sur le son qui l’a le plus interpellé. Et il « apprend à faire seul » (pour citer Maria Montessori) : ces imagiers là sont de petits tremplins vers l’autonomie et vers le langage. Faisons lire les bébés ! Vive les bébés lecteurs !

mes-petits-imagiers-sonores-les-oiseaux-exotiques

Pépita :
Quel enthousiasme ! Je suis d’accord avec toi Colette sur le principe (tu prêches une convaincue !) mais quand même, j’insiste, il y a mieux comme initiation aux sons et puis quelle frustration quand ça ne marche plus !!! C’est du livre jouet pour moi, assez commercial en plus… Les imagiers CD de Gallimard jeunesse sont bien meilleurs, certes, on n’appuie pas sur la petite pastille (et franchement, vous la trouvez toujours vous dans la page ???) mais la qualité sonore est de loin bien meilleure. Mais je comprends tout à fait que ce type de petits livres puissent séduire, je les ai bien achetés !
Et au fait Kik, c’est quoi ton avis à toi sur ses imagiers ? Pourquoi voulais-tu en parler ? J’imagine que toi aussi tu es convaincue de ce qu’ils apportent aux tout-petits ?
Kik : 
J’ai découvert ces imagiers par le biais de deux mamans, qui avaient des enfants en bas âge (1-3 ans). Elles m’ont présenté cette collection, comme un incontournable pour leur enfant. Toutes les deux avaient des titres concernant les instruments de musique. C’est cette facette que j’apprécie particulièrement : la découverte sonore des instruments de musique. ( Le ukulélé hawaïen, je l’adore ! )
Les enregistrements sont de qualité à mon avis sur ces titres. Les couleurs des illustrations et le choix des animaux pour les personnages me plaisent également.
Après je ne dis pas que cette collection est parfaite, et une des mamans avait même évoqué la tonne de scotch utilisée pour réparer le livre préféré de son fils.
Ni l’une ni l’autre ne m’ont parlé de ce souci de pile. Que font tes lecteurs avec ces livres Pépita !!???
Pépita :
Je me le demande ce qu’ils en font ! Tu sais, je remarque que tous les enfants ne sont pas forcément accompagnés dans leurs lectures, on les laisse seuls bien souvent, le livre devient un jouet, et ces imagiers sont entre les deux (livre et jouet). Les enfants en raffolent, je sais ! Après, il y a le principe de réalité de la gestion d’un fonds en bibliothèque, je gère de l’argent public, et je ne peux pas passer mon temps à acheter des livres qui ont une durée de vie limitée. Je suis bien ennuyée d’ailleurs, des nouveaux titres viennent de sortir, des parents vont les demander et je fais quoi ? Je vais en racheter mais par choix de titres pertinents pour mon fonds et en petite quantité.Et tu as raison de souligner aussi la qualité inégale des sons que j’ai constatée aussi.
Colette :
Hier soir, à l’heure des histoires, devinez ce que mon Petit-Pilote-de-Berceau est allé chercher dans sa petite bibliothèque ? Son imagier sonore sur La ferme !!! En fait ces imagiers font vraiment lire les bébés et ça, vraiment, cela n’a pas de prix ! J’ai pu le constater pendant les vacances avec un autre petit bout d’un an qui a le volume 2 sur les instruments : c’est un livre qu’elle manipule en toute autonomie et qui la fait beaucoup rire. Même si ces imagiers sont plus « populaires » que d’autres livres sonores, ils ont vraiment le mérite de rendre accessible le monde des sons à nos plus petits lecteurs et cela quelque soit le rapport de leur famille aux livres ! Et j’aime aussi beaucoup la collection initiée par Zebulo Editions qui suit le même principe que la collection de Gallimard mais pour découvrir tout le patrimoine musical d’une île chère à mon cœur : La Réunion. L’enfant y découvre au fil des pages les instruments des genres musicaux de l’île (le maloya et le séga notamment) et à la fin les instruments sont mis en scène dans une image qui illustre un moment musical et on peut écouter une berceuse pour laquelle tous les instruments sont utilisés. J’aime beaucoup la qualité des sons et de la voix.
maloya
Mais Pépita, tu as parlé de collections que tu trouves plus adaptées pour faire découvrir les sons aux bébés lecteurs : à quoi penses-tu ?
Pépita :
J’aime beaucoup les imagiers chez Gallimard jeunesse aussi (livre avec un CD). Des gros cartonnés, des belles illustrations, des thématiques en lien avec le quotidien du tout-petit y compris jusque la maternelle. Et là il faut l’intervention d’un adulte, ne serait-ce que pour glisser le CD dans le lecteur
Mon préféré c’est l’imagier sonore : j’aime car on n’enferme pas dans une thématique dans cet imagier, 32 sons du quotidien de très bonne qualité, beaucoup de jeu induit aussi dans la découverte. J’ai testé, ça marche !
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Et puis du côté du numérique, il y a aussi : Le jeu du livre des bruits. Dont il existe aussi le livre cartonné et un jeu.
 imagier des bruits
Colette :
Que de livres à expérimenter de ses deux petites oreilles ! Et puis pour jouer avec les sonorités, rien de mieux que la voix de papa ou maman et nombreux sont les livres qui nous invitent à jouer avec les onomatopées et les sons du quotidien.
A la maison, on a « lu » pendant longtemps L’imagier des bruits illustré par Bruno Heitz et c’était un vrai plaisir de jouer ainsi avec les mots, les cris d’animaux et les bruitages ! Le Pop up des bruits chez Nathan est aussi un vrai régal pour le tout petit !
Alors continuons d’explorer la musicalité de la langue et du monde sous toutes les formes possibles et ce dès le plus jeune âge !

Janvier, lectures au coeur

Le premier mois de cette nouvelle année est désormais derrière nous.
Les vœux de bonnes années ont été souhaités,
les repas de Noël ont été digérés,
mais les lectures, elles, toujours sont restées…

Petit florilège de nos coups au cœur

Chez Céline du Tiroir

Le Grand Méchant renard de Benjamin Renner

Après des années de vaines tentatives d’intrusion au poulailler (dont il ressort bredouille, malmené et humilié), le Grand Méchant renard se fait souffler une idée diabolique : il kidnappera des oeufs, dont il élèvera les poussins pour les dévorer. Hélas, le plan ne se déroule pas tout à fait comme prévu… Poilant, bidonnant, hilarant : Le grand méchant renard n’est ni grand ni méchant, mais saura vous faire rire de toutes vos dents. Excellente BD à mettre entre toutes les mains.

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Chez Pépita

Nous les enfants sauvages d’Alice de Poncheville

Un roman d’une force extraordinaire, trois enfants à l’amitié indéfectible, un animal fabuleux comme compagnon et un monde meilleur à inventer. Ces pages ont illuminé ma fin d’année !

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Chez Chlop

Rose et le chat de minuit de John Brown

Mon coup de cœur absolu de tous les temps :
« Le mari de Rose était mort depuis longtemps. Maintenant, elle vivait seule avec son chien. Il s’appelait John Brown. »
L’amour fusionnel qui unit Rose et son chien semble éternel. Jusqu’au jour où un intrus s’immisce dans leur relation.

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Chez Sophie

La légende du chien noir de Levi Pinfold

Un album à l’ambiance un peu sombre et effrayante avec ce chien noir qui n’en finit plus de grandir ! Mais une héroïne courage, aussi Petite soit-elle, qui tentera de l’apprivoiser à sa manière.
Chez nous, ce fût une lecture marquante pour Morgan cette histoire de « chien noir qui regarde par la fenêtre ».

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Chez Alice

Phototoutou de Sylvie Serpix

Une chouette histoire, une approche de la peinture et de la photographie, des jeux de langue, de l’amusement,… de l’art, tout simplement !

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Chez Solectrice

Gloria Victis de Juanra Fernandez, Mateo Guerrero et Javi Montes

Plongeons dans l’arène, au rythme endiablé des courses de chars. Chevaux, auriges, esclaves et maîtres : tout y est jeux de pouvoir. Une superbe bande dessinée qui m’a fait frémir.

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Chez Céline du Flacon

Joyeux ornithorynque! de Cécile Chartre

Chroniqué sur le fil, ce 31 janvier, un petit bouquin qui tire les larmes et vous réconcilie avec la vie et les années qui passent !

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et Chez Bouma

impossible de choisir entre Mon amour de Desbordes et Martin

un album pour dire l’amour filial avec des dessins ludiques qui plaisent aux petits et aux grands, un cadeau à faire à tous

et

Tempête au haras de Donner et Moreau

une superbe adaptation en bande-dessinée d’une histoire hors du commun

On se retrouve le mois prochain pour de nouveaux coups de cœur !

Lecture d’enfant #24 : Aurélien et sa maman Anne

Les lectures d’enfants/Ados s’ouvrent à d’autres horizons !

Aujourd’hui, c’est Aurélien; le fils d’Anne Loyer, qui a fait partie de l’aventure du Grand Arbre a ses débuts, auteure de littérature jeunesse et blogueuse à ses heures, qui a eu envie de nous parler d’une de ses dernières lectures.

Si vous avez vous aussi envie de participer, vous pouvez nous contacter et nous faire part de votre envie sans souci.

Katarina Mazetti - Les cousins Karlsson Tome 2 : Sauvages et Wombats.

Les cousins Karlsson : sauvages et wombats, tome 2,

De Katarina Mazetti, chez Thierry Magnier/Gaïa éditions

Je m’appelle Aurélien, j’ai onze ans, je suis en sixième et j’ai envie de vous parler de ce livre. Il raconte l’histoire de quatre enfants, quatre cousins, Julia, Alex, Bourdon et Georges et de leur tante Frida.
Leur tante veut créer un parc de wombats sur son île en Suède où ils passent leurs vacances ensemble.
Mais quelqu’un veut acheter son île et il est prêt à faire n’importe quoi pour l’avoir pour lui tout seul. Entre les wombats et cet homme, aidé par une bande de motards, nos heros relèveront-ils le defi ?

Tu as déjà lu d’autres aventures des cousins Karlsson ?

Oui. Ce sont des aventures que j’ai bien aimées. Il y a cinq tomes et je les ai tous lus.

Pourquoi apprécies-tu leurs histoires ?

Je les apprécie parce qu’elles sont drôles et qu’elles présentent du suspens. L’idée de retrouver les mêmes personnages me plaît aussi. Vu que chaque enfant a un caractère très différent.

As-tu un personnage préféré ?

Non, ils sont tous marrants. Alex revient toujours avec de nouvelles recettes et Bourdon avec de nouvelles phrases fétiches.

Pourquoi avais-tu envie de parler de ce tome-là en particulier ?

Parce qu’il y a des animaux : les wombats. Ce sont des espèces de gros rats noirs de la famille des marsupiaux qui vivent en Australie.

Tu en as déjà vus ?

Non… et je n’aimerais pas forcément !

Ce livre fait partie de la collection : En voiture Simone… Il me semble que tu la connais bien… Qu’est-ce que tu peux en dire ?

Cette collection est très bien ! J’espère qu’elle va continuer à offrir de nouveaux livres. J’ai adoré Le jour des poules, Martin Gaffeur tout terrain, La forêt des totems, Capitaine Triplefesse, Un caillou sur le toit… D’ailleurs j’ai commandé le deuxième tome de Triplefesse !

Un grand merci à Anne Loyer et à son fils pour cette lecture !

La Pyramide des besoins humains de Caroline Solé

Ce fut un de mes romans préférés cette année,
un de ces livres qui vous trotte dans la tête une fois refermé,
un de ceux qui posent des questions et vous laissent trouver les réponses,

alors, forcément, j’ai eu envie d’en parler à l’Ombre du Grand Arbre.

Sophie de la Littérature Jeunesse de Sophie et Judith,
Pépita de Mélimélo de livres,
Solectrice et ses lectures lutines
et Carole et ses 3 étoiles

se sont jointes à moi, Bouma et mon Petit Bout de Bib(liothèque) pour en parler.

Découvrez avec nous le roman de Caroline Solé publié à l’école des loisirs :

LA PYRAMIDE DES BESOINS HUMAINS

Bouma : Comment ce roman vous est-il tombé dans les mains ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de le lire ?

Pépita : J’ai vu passer la pyramide de Maslow et cela m’a donné envie de creuser. Et quand j’ai lu de quoi il s’agissait, je me suis dis : voilà un roman dans la veine que j’aime, du social, de la réflexion sur la société actuelle, un jeune paumé, …bref, du bien envoyé, alors j’ai foncé dans ce roman et je n’ai pas été déçue.

Carole : C’est le titre qui a attisé ma curiosité ! Je connaissais la pyramide de Maslow, étudiée à la fac. J’ai trouvé le sujet original et surprenant. Et puis un premier roman, c’est aussi l’occasion de découvrir une nouvelle plume. Bref j’étais doublement curieuse.

Solectrice : Moi aussi, c’est le titre qui m’a donné envie. Pourtant, je ne connaissais pas le concept. J’ai lu le résumé et j’ai eu envie d’entrer dans cet univers sur fond de société actuelle.

Sophie : Je l’ai vu passer sur des blogs avec l’image de la fameuse pyramide. Je ne connaissais pas ce concept et ça m’a fortement intriguée ! J’ai vu aussi l’aspect jeu télé, et je me suis dit que ça pouvait donner une réflexion intéressante.

Bouma : La Pyramide de Maslow organise les besoins humains en différente catégorie en partant des besoins physiologiques. Sa théorie affirme qu’il faut avoir rempli ces besoins de base pour passer aux suivants moins élémentaires, et ainsi de suite jusqu’aux besoins d’accomplissement de soi.

La campagne médiatique autour de ce livre mentionnait une émission de télé-réalité, des niveaux à passer, des concurrents. J’ai donc d’abord cru à une dystopie plus contemporaine et je me suis bien trompée. Que raconte donc ce roman pour vous ?

Sophie : Je pensais aussi a une dystopie plus au cœur du jeu. Finalement, cette histoire est celle d’un jeune garçon qui a fui de chez lui et se retrouve à vivre dans la rue. Un jour, il va commencer ce jeu télé qu’il peut faire caché derrière un ordinateur… mais jusqu’à quand ?

Pépita : la confrontation de deux mondes : le réel et le virtuel et au milieu un jeune garçon SDF qui en fait les frais ou au contraire en tire intelligemment les ficelles.

Carole : Je rejoins Pépita sur les limites entre réel et virtuel. C’est aussi un prétexte pour questionner la virtualité, les réseaux sociaux et plus précisément l’image de soi, celle qu’on a, celle qu’on donne à voir, celle que les autres perçoivent. A l’adolescence, cette question est cruciale il me semble, on se construit, on se cherche, on s’essaye.

Solectrice : Pour moi, ce roman raconte la fuite d’un adolescent fragile, qui se raccroche encore à une raison d’exister pour les autres en participant à ce jeu. Par défi, il participe pour montrer qu’on peut vivre autrement et donner l’illusion.

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Bouma : Et justement que donne à voir ce jeune SDF ? Sa réalité vous a-t-elle paru crédible ? Ses intentions aussi ?

Pépita : je dirais qu’il s’empare du jeu plus par ennui que par défi au départ. Puis il est presque pris au piège de cette pyramide qui montre sous ses réponses les limites de la société et de l’image qu’elle renvoie de l’échelle sociale. Ces mécanismes du mirage aux alouettes sont très bien rendues : l’effet de la masse, du mouton de Panurge, de la manipulation sous-jacente. Oui sa réalité de SDF est plus que tangible, elle est même terrible dans le contraste des deux mondes. Ses intentions oui, elles me semblent bien réelles : il n’ a rien à perdre de toutes façons, il a tout à gagner. En tant que lecteur, on a vraiment envie qu’il aille au bout ! Comme une revanche sur la vie qu’il mérite amplement. Le plus dur, c’est qu’on perçoit d’emblée que ce jeu est factice et peut le perdre.

Sophie : Je rejoins Pépita, notamment sur l’idée de limite. En grimpant les échelons de la pyramide alors qu’il vit dans la rue, il montre la limite de ce système et il envoie dans les yeux des spectateurs ce qu’ils préfèrent ne pas voir. Il ne cherche pas à choquer, il montre juste sa réalité avec beaucoup de justesse.

Carole : Son triste quotidien est rendu avec justesse en effet. Il est d’emblée atypique, dénote, il est à part, inconnu pour la majorité, et c’est précisément ça qui va le rendre visible.

Solectrice : Les révélations de son univers sont progressives et calculées : le jeune homme ne veut pas susciter la pitié. Son quotidien dans la rue est peu décrit. J’avais du mal à imaginer que, dans cette situation, un adolescent s’opposant à cette société n’abandonne pas plus vite le jeu, cet univers virtuel où il ne cherche pas de reconnaissance particulière. J’étais étonnée aussi de la tournure que prenait l’histoire : on ne comprend pas tellement ce qu’il veut démontrer car l’adolescent ne se voit pas comme un représentant de la cause des SDF.

Bouma : Moi, j’ai beaucoup aimé l’humanité qui se dégageait de ce jeune homme. La vie ne l’a pas épargné. Il est à la fois résigné sur la société mais plein d’espoir dans ce que l’être humain peut apporter, peut surpasser.

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Caroline Solé signe avec ce titre son premier roman. Quels caractéristiques donneriez-vous à sa plume ?

Carole : une plume plutôt efficace, simple, sans détour et sans superflu puisqu’en quelques pages le lecteur a assisté à l’ascension virtuelle d’un ado en marge de la société, le tout construit de façon claire en distillant des critiques ici et là. C’est un premier roman réussi à mon sens.

Solectrice : La narration m’a semblé très construite. Le parti est pris de donner le résultat dès le départ, avec cette ambiguïté sur les craintes et les attentes du jeune homme. On découvre ensuite ses motivations et son histoire difficile. J’ai aimé l’habileté avec laquelle l’auteur donne à voir les coulisses du jeu face à la naïveté du candidat. C’est donc une plume sans apitoiements et suffisamment acerbe sur le le monde virtuel et réel.

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Bouma : Et que pensez-vous de la fin du roman (sans la dévoiler si possible) ? Je vous pose la question car c’est la seule partie de ce roman qui ne m’a pas semblé crédible.

Sophie : Effectivement, ça part dans quelque chose d’un peu (beaucoup) surréaliste et ça dénote pas mal avec le reste du roman. Pour autant, à la lecture, ça ne m’a pas choquée plus que ça. Par contre, j’aurais aimé que ce soit un peu plus approfondi.

Pépita : Oui la fin n’est pas vraiment une fin en fait : je pense que l’auteure a vraiment voulu s’attacher à démontrer sa thèse. En cela je la trouve vraiment intéressante à proposer à des adolescents cette lecture.

Carole : D’accord avec vous sur la fin pour le moins surprenante et un peu expéditive. Mon namoureux l’a même qualifiée de « fin genre super-héros » quand il a fini le livre.

Solectrice : Cette chute ne m’a pas tellement marquée non plus. Décrochée du reste de l’histoire, cette fin semble prolonger la fuite… vers l’imaginaire.

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Bouma : Dernière question façon portrait chinois, si vous deviez définir ce roman en un mot, quel serait-il et pourquoi ?

Pépita : Je dirais ACCOMPLISSEMENT DE SOI car ce roman c’est ça aussi : la recherche de l’épanouissement personnel à tout prix même si on doit se brûler les ailes.

Carole : je choisirai le mot IMAGE pour toute sa complexité et ses symboles

Sophie : Je dirais SOCIÉTÉ parce que je trouve que ça en montre pas mal d’aspect : la vie dans la rue, le pouvoir de la télé, les réseaux sociaux…

Solectrice : Moi, je retiendrais CARTON pour le double-sens de la vie du personnage : son refuge comme SDF et l’envie d’atteindre une cible.

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J’espère que cette discussion vous aura donné envie de découvrir ce roman et de vous faire votre propre avis dessus.

En attendant vous pouvez lire les avis plus détaillés de Carole, Sophie, Bouma et Pépita sur leur blog respectif.

Seriez-vous passé à côté ?

« Et si en réponse à « l’article le plus lu en 2015 », on faisait un article regroupant à l’inverse les articles les moins lus de nos blogs respectifs ? 
Cela pourrait redonner une chance à des livres que l’on veut (re)mettre en avant car on pense qu’ils en valent la peine ! « 

Voilà, … ça à commencé comme ça …une parole en l’air et finalement le plaisir de vous faire (re) découvrir des trésors livresques restés cachés !

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Au milieu du Meli-Melo de livres de Pépita :

pablo

Pablo et la chaise de Delphine Perret. Les fourmis rouges, 2015.

Chacun d’entre nous a un talent, encore faut-il le laisser s’exprimer au lieu de mettre à chacun une étiquette. Voici le message de cet album à l’approche très séduisante.

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mensonge

Le grand mensonge de la famille Pommerol de Valentine Goby et Lili Cortina. Editions Thierry Magnier. Collection « En voiture Simone », 2015.

Quand une famille s’enferme dans son mensonge de vacances en Chine…et que ça ne se passe pas vraiment comme prévu !
Un roman avec une belle réflexion sur nos choix et l’image qu’on veut donner aux autres.

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Dans un petit bout de bib(liothèque) chez Bouma :

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N_Y_PENSE_MEME_PAS.inddN’y pense même pas ! de Sarah Mlynowski. Albin Michel jeunesse. Collection Wiz, 2015.

Un roman original et bien mené derrière une couverture très girly. Alors n’oubliez pas l’adage : l’habit ne fait pas le moine !

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mangaHaikyû, les as du volley de Haruichi Furudate. Kaze Manga, 2014.

Un manga sur le volley mais pas pour les aficionados seulement, on apprend plein de choses durant cette lecture. Ayez l’esprit d’équipe et partez encourager une team pas comme les autres !

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Dans un petit coin du tiroir à histoires chez Céline :

Le_Gout_du_chloreLe goût du chlore de Bastien Vivés. Casterman, 2008.

Une belle rencontre entrecoupée de longueurs silencieuses. La limpidité du trait et la délicatesse du propos, qui ne fait qu’effleurer les êtres et les moments. Si vous êtes à l’heure des résolutions, plongez dans cette BD très sensorielle qui donne aux longueurs de piscine une saveur languissante.

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A l’intérieur du flacon de Céline :

insigneL’insigne d’argent de Korneï Tchoukovski. Ecole des loisirs, 2015.
Le récit autobiographique passionnant de Korneï Tchoukovski, un auteur très connu en Russie qui nous relate avec humour et poésie son combat pour s’en sortir malgré son éviction du collège en raison de son origine modeste. Un récit qui dans le ton sonne très contemporain alors qu’il a été publié pour la première fois en 1938 et que la dernière version de l’auteur date de 1961 et qui, dans le fond, rappelle combien le droit à l’instruction est fondamental !

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Sur une étagère de la bibliothèque de Chlop :

aquai

A quai, à flot d’Arnaud Nebbache. Ane bâté, 2015.

Un imagier marin d’une grande beauté, pour sentir l’air iodé et admirer des bateaux, qui chez nous séduit autant les enfants que les parents.

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Dans le pays d’Alice  :

caprices1

Caprices ? C’est fini ! de  Pierre Delye. Didier jeunesse, 2014.

Quand  le père d’une princesse au caractère bien trempé décide de lui trouver un mari pour s’en débarrasser… Un superbe premier roman adapté d’un conte traditionnel brésilien.

 

 

lettresLettres de mon hélicoptêtre de Clémentine Beauvais. Sarbacane, 2015.

On connait essentiellement Clémentine Beauvais pour ses romans, sachez qu’il serait dommage de passer à côté de cet album !

Un tour du monde savoureux et amusant en tout juste 35 pages!

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Et voilà, plus aucune raison de passer à côté !

Bonnes lectures à vous !