Prix À l’ombre du grand arbre 2016

Firework ns by rduris

Cette année encore, À l’ombre du grand arbre va prendre un an, son quatrième ! Cette année encore il a perdu quelques feuilles du fait d’emplois du temps chargés, d’envies nouvelles, d’autres projets… Et pourtant, cette année encore son équipe compte 11 blogueurs motivés pour vous faire découvrir toujours plus de livres pour petits et grands.

L’année dernière, nous avions lancé le Prix À l’ombre du grand arbre et pour fêter les 4 ans du blog en mai, nous renouvelons l’expérience.
Parmi nos coups de cœur à chacun, nous avons sélectionné 5 titres par catégorie pour vous proposer ce qui, pour nous, est le meilleur de l’année 2015.

Maintenant, nous avons besoin de vous pour qu’il n’en reste plus qu’un !

Pour vous laisser le temps de découvrir les livres que nous vous proposerons, nous lancerons les votes progressivement. Concrètement, vous découvrirez un plus bas les deux premières catégories de livres soumises à vos votes puis en février et en mars, les suivantes.

Vous pourrez voter une fois par catégorie pour votre livre préféré jusqu’au 30 avril 2016 à minuit. Tous les résultats seront révélés le jour de l’anniversaire du blog : le 9 mai !

 Vous êtes impatient de découvrir nos sélections ? Alors, allons-y…

 

NOUVELLES SÉLECTIONS OUVERTES AUX VOTES

Prix À l’ombre du grand arbre
Catégorie Petite enfance

Corinne Dreyfuss - Pomme pomme pomme. Pauline Kalioujny - Panda.Claire Dé - Imagine, c'est tout blanc. Lilli L'arronge - Moi, grand. Toi, petit. Anne Crausaz - Et le soir quand la nuit tombe....Anne Crausaz - Et le matin quand le jour se lève....

 

Prix À l’ombre du grand arbre
Catégorie Albums

Astrid Desbodes - Mon amour. Fanny Ducassé - Le jardin des ours. Germano Zullo et  Albertine - Mon tout petit. Stéphane Servant et Irène Bonacina - Cinq minutes et des sablés. Stéphane Servant et Emmanuelle Houdart - Ma mère.

 

Prix À l’ombre du grand arbre
Catégorie Bandes-dessinées et romans graphiques

 Edith - Le jardin de minuit. Benjamin Renner - Le grand méchant renard. Karim Friha - La flamme et l'orage Tome 1 : La ville pétrifiée. Léa Mazé - Nora. Séverine Vidal et Mathieu Bertrand - Les petites marées  : Mona.

 

Prix À l’ombre du grand arbre
Catégorie Romans pour adolescents

 Séverine Vidal - Quelqu'un qu'on aime. Stéphane Servant - La langue des bêtes. Madeline Roth - A ma source gardée. Tristan Koëgel - Bluebird. Anne Loyer - Comme une envie de voir la mer.

 

Prix À l’ombre du grand arbre
Catégorie Romans pour enfants

Anne Loyer - Maman est un oiseau. Pierre Delye - Caprices ? C'est fini !. Flore Vesco - De cape et de mots. Jean-François Chabas - Le lutin du cabinet noir. Géraldine Barbe - La vie rêvée des grands.

Rendez-vous le 9 mai pour les résultats !

Nos coups de coeur de février

Cette fois, les vacances d’hiver sont bel et bien terminées. Alors que le mois de mars est déjà entamé, replongeons nous dans les lectures qui nous ont enthousiasmées en février !

Alice a aimé :

Jimi-X de Louis Atangana. Edition du Rouergue 2015.

Toutes les vibrations d’une légende du rock : Jimi Hendrix.
Sur fond d’Histoire de l’Amérique, le récit vivant de cette étoile filante, très inspirée.

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Le cœur de Pépita a balancé :

Les petits orages de Marie Chartres à l’Ecole des loisirs. Février 2016.

Difficile de choisir entre La promenade de petit bonhomme en petite enfance, L’arbragan en album et un roman qui a illuminé mon début d’année ! Je le choisis pour sa lumière et sa gravité mêlées. Je l’ai lu deux fois tellement il m’a touchée : Les petits orages tout juste sorti le 24 février dernier. Ne passez pas à côté !

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Chlop a été envoûtée par :

Lenny et Lucy, Philip C. Stead et Erin E. Stead. Kaléidoscope. 2015

Suite à un déménagement, Peter et son père arrivent de l’autre coté du pont, au delà de la forêt. Il va falloir trouver de nouveaux repères dans ce nouvel environnement qui semble hostile. Mais le jeune garçon a de la ressource, il saura se faire à sa nouvelle maison et trouver sa place dans ce nouveau paysage. Un album délicat, étonnant et merveilleux.

 

Bouma a craqué pour :

Didgeridoo de Frédéric Marais. Les fourmis rouges. 2014

didgeridoo marais
Un graphisme impeccable et envoûtant pour retrouver l’ambiance de ce conte aborigène sur la création du monde.

 

Céline du Tiroir a succombé pour :

La Piscine, JiHyeon Lee. Kaléidoscope. 2016

la Piscine

Difficile parfois de se jeter à l’eau quand il fait froid, quand il y a du monde, quand on n’est pas trop sûr de soi… Un album sans texte d’une grande délicatesse, qui transcrit avec justesse des sensations que chacun a connu, pour nous entrainer dans un récit d’apprentissage tout en images. Laissez vous entrainer dans un voyage aquatique et onirique : Attention les yeux !

Sophie a voyagé avec :

Quelqu’un qu’on aime, Séverine Vidal. Sarbacane. 2015

Un beau road-trip qui nous emporte dans ce voyage avec des personnages qui deviennent notre bande de copains, comme si on y était !

 Colette a craqué pour les couleurs chatoyantes de :

Paloma ou le vaste monde, Véronique Ovaldé et Jeanne Detallante, Acte Sud Junior.

paloma

Un album grand format lumineux qui nous raconte l’histoire d’une petite fille qui voulait voir ailleurs, au delà des collines, et vivre sa vie.

De quoi remplir vos cabas chez votre libraire préféré… en attendant nos coups de cœur du mois prochain !

Nous, les enfants sauvages

Ce roman, « Nous les enfants sauvages » d’Alice de Poncheville, édité par l’Ecole des loisirs,  a illuminé ma fin d’année par la justesse de son écriture, le réel transcendé par l’imaginaire de l’héroïne principale, et par son beau message de solidarité et de respect mutuel.

Alors tout naturellement, je l’ai proposé en lecture commune et Bouma a répondu à cet appel. Voici donc notre échange sur ce roman lumineux.

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P. :« Nous, les enfants sauvages » : un titre un peu guerrier non ? Qu’est-ce qu’il t’ a inspiré ?

B. : Les mots nous laissent des impressions différentes. Ce n’est pas le sens violent du terme, se rapprochant alors de sauvagerie, que j’ai entendu. Moi, ce titre m’a fait pensé à la nature qui reprend ses droits, aux animaux non domestiqués, à la liberté retrouvée.

P. : Pour ma part je l’ai vraiment ressentie comme un cri de « guerre » , une revendication, un groupe à part. Et c’est renforcé je trouve par la couverture. Et alors, ça raconte quoi cette histoire ?

B. : C’est l’histoire d’une terre future où l’élevage intensif a donné naissance à des animaux contaminés. Les épidémies ont décimé les familles. Les animaux ont été tenus responsables et complètement éliminés de la planète. Linka, sa petite sœur Oska et leur ami Milo vivent tous à la 16ème Maison des orphelins. Leur quotidien est rythmé par les habitudes, jusqu’au jour où ils découvrent une forme vivante dans les fondations d’un chantier…

P. : …mais une résistance souterraine s’organise. Ce sont les enfants sauvages. Ils tentent de sauver les animaux. Ils font preuve d’une intelligence et d’une organisation impressionnantes. Vont-ils y arriver ?
J’ai pour ma part trouvé que ce roman à ce petit quelque chose en plus, par rapport à d’autres romans traitant de la fin d’un certain monde. Es-tu d’accord avec cette impression ou pas du tout ? Tu peux me dire pourquoi ?

B. : Un petit plus, je ne sais pas. Il est différent ça c’est sûr. D’abord parce qu’il est en un seul tome alors que beaucoup de dystopie forment des cycles. Ensuite, je lui ai trouvé une certaine lenteur (dans le bon sens du terme). L’auteure prend le temps de placer ses personnages et son intrigue dans le contexte avant de les amener à le remettre en cause. Enfin, il est toujours intéressant d’amener un thème désormais habituel loin des sentiers battus.

P. : Oui c’est exactement cela que j’ai ressenti aussi. Alors que ce monde dévasté parait bien morne et sans espoir, j’y ai trouvé une belle lumière, notamment grâce aux personnages, en particulier les enfants, et surtout le trio Linka, Oska et Milo. Qu’aurais-tu à dire de ces personnages et la façon dont l’auteure les amène chacun dans l’histoire ?

B. : Ce que j’ai aimé c’est que l’auteure les présente d’abord comme une entité, un groupe, une famille. Bien sûr ils ne font pas qu’un, chacun à sa personnalité mais ils sont unis. Et puis, le Jour du don et du partage, le nouveau Noël arrive et ils se retrouvent séparés. Là, ils vont pouvoir penser un peu à eux-mêmes, plus que lorsqu’ils habitent la Maison des Orphelins et qu’ils se protègent les uns les autres. J’ai aimé les voir dans des environnements différents car cela révèle les sensibilités, les envies et les peurs. L’auteure semble nous amener sur trois fils distincts de l’intrigue avant que l’on ne se rende compte que tout est lié. En résumé, des personnages denses et complexes que l’on découvre peu à peu.

P. : Oui tout à fait ça : j’ai aimé aussi cette construction comme si l’auteure voulait aussi insuffler un message contre le communautarisme et l’importance de chaque individu dans sa globalité. Et qu’ils sont attachants ces enfants : trois fils déroulés, trois façons d’agir, de se mouvoir parmi les événements. Et en plus, on s’attache à chacun individuellement mais on sait qu’ils forment un tout, qu’ils ont besoin des uns et des autres.
Il y a un autre « personnage », c’est l’animal étonnant que découvre Linka, qu’elle nomme Vive. Que représente-t-il pour toi ?

B. : Ah… Vive… Vive est un mystère pour moi, le seul élément complètement fantastique du roman, celui que je n’ai pas réussi à visualiser. Si on voulait essayer de trouver une explication logique, on pourrait parler de transformation génétique ou de conséquences écologiques à partir d’animaux existants. Personnellement, je préfère y voir un élément magique, un guide, qui réveille en chacun l’envie d’un avenir meilleur où l’on peut prendre ses propres décisions.

P. : J’ai adoré cet animal ! Pour moi, il représente la part de rêve dont Linka a besoin. Il représente aussi une belle métaphore : cet animal est capable de se transformer quand Linka pense très fort à un animal. Et ce que c’est beau ces passages ! Je pense que Vive est là pour montrer que si on le veut vraiment, tout est possible. Le monde peut changer. Et sans dévoiler une partie de la fin, le passage de la grotte est comme une palpitation, un envol vers un monde meilleur possible. J’ai beaucoup aimé cette part de merveilleux induite par Vive, et dans Vive, il y a Vie. Les enfants lui font immédiatement confiance et ça , c’est un signe fort je trouve. Elle est comme un cœur qui palpite pour eux.
On parle beaucoup d’enfants. Mais il y a aussi des adultes dans ce roman. Un peu manichéen dans leur rôle non ? Certains très noirs, d’autres plus lumineux. Tu en as pensé quoi ?

B. : Ah les adultes… Effectivement certains sont très manichéens, je pense au directeur de la maison de correction pour le côté maléfique ou le cousin de Milo pour le côté lumineux. Mais au final j’ai aussi trouvé des personnages plus en nuances avec leur part d’ombre et de lumière. Il y a les bienveillants de base mais qui suivent les ordres, ne bougent pas, comme la surveillante de la maison des enfants. Et puis il y a ceux qui ont l’air méchant mais qui se révèlent porteur d’espoir et de bonté comme le châtelain chez qui Linka va passer le jour du don, ou la directrice de la maison des orphelins qui s’est attachée à Milo, comme une faiblesse. J’ai trouvé des failles en chacun d’eux à un moment donné. En fait je les ai trouvé très humains face à de telles situations.

P. : Je suis d’accord avec toi : l’auteure joue beaucoup sur l’ambivalence des personnages et je pense comme toi que le mot humanité est au cœur de ce roman.
Du coup, tu me tends une perche pour la question suivante : et ces enfants sauvages, comment les as-tu perçus ? Vraiment sauvages ?

B. Oui, j’ai trouvé que ces enfants étaient sauvages dans le sens où je l’expliquais au départ. Ils ne sont pas violents, ils sont libres, ils vivent en marge de la société. En ça ils représentent la sauvagerie face à l’ordre imposé par les autorités.

P. : Oui sauvages au sens où ils ne rentrent pas dans la norme c’est vrai mais en même temps j’ai été éblouie par leur intelligence, leur organisation, leur solidarité, leurs recherches sur le monde animal et végétal sans cruauté, leur adaptation, leur courage et leur tranquille évolution dans ce monde pourtant pas fait pour eux non plus. Oska, la jeune sœur de Linka, s’y sent d’emblée parfaitement à l’aise. Plus que sauvages, je dirais qu’ils sont des résistants à l’ordre établi. Sans doute l’auteure a-t-elle choisi ce mot pour bien délimiter les deux mondes, celui où tout est compartimenté et rigide, et celui de la vie finalement.
En relisant ta chronique, j’ai perçu que c’est un roman qui t’a séduit. Que dirais-tu à des lecteurs pour les inciter à le lire ?

B. : Pour les séduire, je leur dirai de lire cette dystopie française pour changer un peu de celles anglo-saxonnes 😉 Je leur dirai aussi que c’est un texte intemporel car il peut faire écho à de nombreuses références historiques de notre passé, de notre présent (malheureusement) et qu’il défend des idées qu’il ne faudrait pas oublier un jour. Oui nous sommes une société régit par des règles mais il faut aussi savoir dire quand elles dérapent, quand elles vont trop loin… et aussi qu’il faut savoir écouter les enfants et la jeunesse, car ils sont toujours porteurs d’espoir.

P. : J’ajouterais que c’est un roman sur l’engagement , la désobéissance à ce qu’on ne veut pas vivre, sur la réflexion donc et le refus d’accepter des règles cruelles. C’est un roman aussi sur le respect de la nature et sur ce que l’homme lui doit. Un roman sur l’amitié malgré des personnalités différentes, sur la solidarité entre générations quand elles décident d’aller dans le même sens pour sauver le monde. C’est un roman sur la capacité à rêver aussi. Un roman plein de poésie et de petits bonheurs fugaces qui aident à vivre.

En espérant vous avoir donné envie de lire ce roman…

Voici nos chroniques sur nos blogs :

-Un petit bout de bib(liothèque)-Bouma

-Méli-Mélo de livres-Pépita

Lecture d’ados #4 : Mon amour

Quand une ado lectrice picore la pile de livres de sa maman, il lui arrive parfois de dénicher une petite perle, d’avoir un joli coup de coeur pour un album au message universel.

desborde

Mon amour d’Astrid Desbordes et Pauline Martin : une lecture croisée entre Alice et sa fille de 14 ans, des lumières qui s’éclairent et des points de vues qui se complètent.

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 – Comme tous les enfants Archibald se demande si  son amour pour sa maman est réciproque.

Alice – Quel enfant n’a jamais douté  de l’amour de ses parents, et de sa mère en particulier ? Archibald ne déroge pas à la règle, et au moment du coucher,  il cherche à être rassuré.

Et oui, je me souviens moi aussi m’être posée ce genre de question : « ma maman  et mon papa m’aimeront-ils toute la vie ? »

Mais, bon, en grandissant, on se rend vite compte  que sans nous, les papas et les mamans, sont vite perdus. 😉

J’ai trouvé très intéressant de découvrir le point de vue de la maman, car je ne le connaissais pas. Ses paroles sincères et son humour décalé m’ont permis de me rendre compte de certaines choses essentielles dans une relation entre une mère et son enfant.

Alice – C’est vrai, la maman, avec toute sa sincérité et sa tendresse apporte des réponses à Archibald. A partir de situations concrètes, elle démontre par l’exemple et le contre-exemple, que quoi qu’il arrive elle sera toujours sa maman, il sera toujours son enfant et que rien n’altérera son amour.
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– Je trouve aussi que les illustrations renforcent l’idée de douceur de cette relation. et  les exemples sont bien choisis. Parfois pendant a lecture , je me posais des questions, je m’identifiais à Archibald : « Ah bon ? Ma maman m’aime aussi dans ces moments là ? »
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Alice  – Cet album ne parait pas édifiant et pourtant, comme il est bienveillant, rassurant et fortifiant ! C’est une jolie déclaration d’amour pour avancer dans la vie du bon pied, tu ne trouves pas ?
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– C’est une lecture toute douce et toute mignonne qui donne envie de dire merci à sa maman et d’en devenir une !

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Alice  – (touchée en plein coeur) : Merci ma chérie.
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La coloc’ de Jean-Philippe Blondel

Jean-Philippe Blondel, c’est un  peu le grand frère de nos ados. Il a cette capacité incroyable à les comprendre, à leur parler juste et à retranscrire  avec authenticité leurs réactions, leurs envies, leurs inquiétudes, … Autant dire que Jean-Philippe Blondel connait les ados par coeur.

Unanimement et rapidement,  A l’ombre du grand arbre nous avons décidé de parler de son dernier roman La Coloc’.

Sophie, Pépita et Bouma se sont joint à moi (Alice) avec enthousiasme pour savourer cette tranche de vie.

coloc

Alice  :  La coloc’ de Jean-Philippe Blondel : je vous ai senti rapidement partante quand j’ai proposé de discuter ensemble de ce roman. Je me trompe ou pas ? Pourquoi cet engouement ?

Pépita : Tout simplement parce que tous les romans que j’ai lu de cet auteur, je les ai tous appréciés. J’aime sa façon d’amener le réel de nos vies avec infiniment de justesse et de délicatesse mêlées. Ses personnages sont toujours très bien vus et il a un don particulier pour entrer dans la tête des adolescents. Il décrit aussi très bien leurs relations avec les adultes. Il considère les adolescents pour ce qu’ils sont, avec leur force, leurs faiblesses, leur enthousiasme, leur noirceur, leurs doutes…sans en faire trop, ni pas assez. Je pense que c’est parce qu’il les respectent. De ses romans, j’en vois des films. Pourtant, je ne suis pas cinéphile, mais son écriture me met des images illico et je les vois à la lecture. Du coup, on entre toujours très facilement dans l’univers de chacun de ses livres, sans peine, et on s’y sent toujours bien même si les thèmes sont souvent graves. Bref, quand un Blondel sort, depuis que je l’ai découvert, j’ai envie de le lire et je sais que je ne serais pas déçue. La coloc’ fait partie de ceux-là donc.

Sophie : Un peu comme Pépita, Jean-Philippe Blondel est pour moi une valeur sûre et j’aime ses histoires ancrées dans la réalité et la vie des ados.

Bouma : Blondel, c’est mon auteur chouchou, celui dont je lis rapidement chaque nouveau roman (ce qui n’est pas peu dire) alors plus on en parle mieux c’est pour moi !

Pépita : J’ajouterais que la thématique de ce roman m’a tout particulièrement attirée et à double titre : maman de deux étudiants, la coloc, ça me parle ! Et puis habitant à la campagne, je me suis retrouvée dans ce choix qu’a voulu faire Romain car cela pourrait être le choix de mes enfants. En tous cas, je me suis revue collégienne et lycéenne dans les froides nuits d’hiver attendre mon bus…ou même carrément le louper.

Alice :  Une réponse vraiment complète Pépita qui traduit effectivement tout ce que l’on peut ressentir en lisant du Blondel, tant sur le fond que sur la forme. Si on en disait un peu plus sur ce titre (déjà explicite) : un petit résumé s’impose. Qui se lance ?

Bouma : Romain n’en peut plus de l’internat. Faire les longs trajets en car jusqu’à son lycée le fatigue tout autant. Alors quand sa grand-mère décède en laissant derrière elle un appartement près de son collège, il y voit la chance d’un nouveau départ, loin du cocon familial qui l’étouffe peu à peu…

Alice : Trois ados se retrouvent à partager une colocation pendant un an : un grand changement dans leur quotidien ! Ensemble, ils vont s’apprivoiser, se construire , évoluer … et découvrir une partie du passé de la grand-mère. C’est une histoire d’amitié, mais aussi une histoire de famille et surtout …. une histoire de mecs.

Pépita : J’ajouterais une histoire d’émancipation où parfois les adultes ne sont pas ceux qu’on croit et une histoire qui envoie balader les barrières invisibles qu’on se met souvent tout seul en travers de notre route en se plaignant de ne pas pouvoir avancer alors que si, il suffit de le vouloir : donc une histoire de détermination aussi.

AliceSympas ces ados, non vous trouvez pas ? Moi j’aurais bien aimé les avoir comme « potes’. Pas vous ? Et puis, pour avoir des ados à la maison, je trouve que leur état d’esprit, leurs envies, leurs réactions correspondent complètement aux ados d’aujourd’hui. On y croit facilement à cette histoire alors qu’au début, une coloc’ à 15/16 ans, cela aurait pu déraper. Vous ne pensez pas ?

Pépita : Oui je les ai trouvé très complémentaires en fait. Oui cela aurait pu déraper mais Romain est si motivé qu’il a su de lui même établir les règles du jeu. En fait ce roman, c’est ça aussi : un roman sur la confiance. A 16-17 ans, on est grand ! Nos aïeux allaient bien travailler à 14 ans ! Faut pas trop les chouchouter non plus….faut leur laisser un espace de liberté consenti aussi. Ils en ont besoin. Nos enfants ne nous appartiennent pas !

SophieComplémentarité c’est en effet le mot qui correspond bien à ces trois garçons. Ensemble, ils pouvaient réussir ce pari de la coloc’ tout en restant des ados d’aujourd’hui avec les préoccupations actuelles.

Bouma : Moi ça m’a rappelé mes années étudiantes et toutes ces choses auxquelles il faut penser alors qu’on n’en a pas l’habitude : faire les courses, la lessive, le ménage… Et cette émulsion aussi de la vie à plusieurs, les tensions aussi, normales, sur lesquelles il faut savoir passer… La coloc, c’est un apprentissage. Un premier pas vers la vie adulte pour ses adolescents. Une reconnaissance aussi de la part des adultes.

AliceJe rebondirai bien sur le mot « complémentarité » et aussi sur le mot « adulte », que pensez-vous des adultes dans ce livre ? Peut-on parler aussi d’une certaine complémentarité avec leurs ados ?

Bouma : J’ai beaucoup aimé les adultes de ce roman, qui restent des personnages secondaires mais qui ont de l’importance dans la vie de ces ados. J’ai en particulier aimé le père de Romain. Cette colocation devait lui permettre de « se retrouver » avec sa femme, et finalement il apparaît comme un ado perdu qui ne sait pas quelle direction emprunter. J’ai aimé ce renversement de situation parce que « être adulte » ça ne veut pas dire tout savoir, ni tout bien faire, c’est aussi un apprentissage de la vie. Et les ados de ce roman vont aussi s’en rendre compte.

 Pépita : La maman de Romain aussi, elle est pas mal : elle met du temps à lâcher son fils mais elle accepte de lui faire confiance. Oui je te rejoins Bouma : le père de Romain est trés touchant dans ses confidences à son fils  » entre hommes ». L’auteur aborde par là le fait que c’est perturbant pour un couple de voir l’enfant grand s’émanciper à son tour. Cela peut révéler des failles qu’on ne voulait pas voir tant que l’enfant est là. Le couple doit réapprendre à vivre à nouveau à deux : et ça passe ou ça casse. Il faut beaucoup d’amour pour ça parce que cela renvoie à la vieillesse qui arrive peu à peu. En quelque sorte, il y a la coloc de Romain et celle de ses parents. Cela rapproche le père et le fils, il y a beaucoup de tact dans ce passage. Oui c’est aussi un roman d’apprentissage et à tous les âges de la vie. Rien n’est jamais acquis.

Alice : En effet il y a une certaine confiance entre les parents de Romain et leur fils et aussi une certaine confidence. Finalement,ne seraient-ce les bons ingrédients pour une entente assez harmonieuse parents/enfants ? Attention nous n’avons pas non plus affaire à des parents et des ados parfaits ! On voit que ça ne marche pas toujours. Si Jean-Philippe Blondel est plein de bienveillance pour ses personnages, il en montre aussi les faiblesses et les soucis : l’estime de soi, les difficultés scolaires, … Quel réalisme ! Mais au final, des ados bien dans leurs baskets, comme le suggère la couverture du livre, non  ?

Sophie : Les parents de Romain ont une relation assez saine avec lui je trouve. Malgré les difficultés à le lâcher, ils lui font confiance et le laisse être acteur de sa vie. J’ai bien aimé aussi voir les « effets secondaires » de cette émancipation avec la relation des parents qui doit se reconstruire autrement maintenant qu’il n’y a plus d’enfant à la maison.

Alice : Nous avons parlé de l’auteur, de son écriture fluide, réaliste, agréable, juste. Nous avons parlé du thème du livre. Pas réellement une intrigue, plutôt une tranche de vie.

Que diriez vous de la fin. Cette fin entre trahison et sans rancune. Une fin ouverte tout de même …

Pépita : Je dirais que la fin résume ce que tu dis : une tranche de vie ! La vie est ainsi faite qu’on ne peut pas tout contrôler…mais j’avoue que j’aurais aimé un roman un tout petit peu plus long…histoire justement d’en savoir un peu plus.

Sophie : Comme le dit Pépita, la fin correspond bien à cette idée de « tranche de vie », il y a eu un avant cette histoire, il y aura un après et moi aussi j’en aurais bien voulu encore un peu !

Pépita : En fait, j’ai trouvé que c’était un peu une pirouette de fin mais il en faut bien une. J’aurais bien aimé une deuxième tranche de vie comme une deuxième année de coloc où Romain tombe amoureux et décide d’installer sa dulcinée au milieu des mâles…juste pour voir le résultat :) Peut-être pas très original mais sans doute très intéressant dans le jeu des relations entre jeunes mais aussi entre jeunes et adultes.

Alice : Alors les copinautes, on est bien d’accord, il y a un petit côté nostalgique de notre plus ou moins lointaine jeunesse à la lecture de ce roman. 
Mais du coup, seriez-vous prêtes à offrir cette expérience à vos enfants ?

Sophie : C’est un peu difficile de se projeter si loin surtout qu’on a la chance de ne pas être loin d’une grande ville et donc des lycées. Mais j’espère avoir assez confiance en mon fils à ce moment là et qu’il soit aussi responsable que Romain pour pouvoir l’envisager. On en reparle dans 15 ans !

Bouma : Je n’ai pas testé personnellement la colocation mais c’est une expérience que j’aurais aimé tenter. Alors oui, je pourrais l’offrir à mes enfants, avec pour seule condition qu’ils le veulent aussi.

Pépita : oui sans problème : j’ai deux garçons étudiants (colocation entre frères ! ) et si cette solution se présentait à eux, pas de souci pour nous leurs parents sous certaines « conditions » tout de même … je pense que la confiance est la clé et puis nos enfants ne nous appartiennent pas…

converse

Ces échanges vous ont donné envie ?

Pour aller un peu plus loin :

La chronique de Pépita, Méli-Mélo de livres

Celui de Sophie, Littérature jeunesse de Judith et Sophie

Celui d’Alice, A lire aux pays des merveilles

et celui de Bouma, qui avait aussi rédigé un super article A l’ombre du grand arbre sur son auteur chouchou. En bonus : un petit jeu de question réponse avec l’auteur !