Roald Dahl : Le BGG

Ce 13 septembre, on fête l’anniversaire du centenaire de la naissance de ce grand conteur qu’était Roald Dahl.

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Celles et ceux qui s’intéressent de près à la littérature jeunesse ont au moins tous lu un livre de cet immense auteur. Et tous, sans exception, on connait au moins un des titres de son oeuvre.

Sous le Grand arbre, on a décidé de lui consacrer deux articles cette semaine à travers une  lecture commune intergénérationnelle sur le BGG  (avec la participation de Lucie -13 ans et de F….-14 ans, respectivement filles de Solectrice et de Pépita) et une sélection thématique sur nos lectures de ses livres ce vendredi.

 « J’adore aider les enfants à devenir des lecteurs, à être à l’aise avec les livres et à ne pas se sentir intimidés. Un livre ne devrait jamais être intimidant : il devrait être drôle, passionnant, merveilleux. Aimer lire est un immense atout dans la vie. »

Roald Dahl

Phrase lue dans le dossier du numéro 74 de la Revue Citrouille des Librairies Sorcières

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Pépita : Que retenez-vous de cette lecture ?

Solectrice : En suivant Sophie et le BGG, on s’offre un sacré moment de détente. C’est également un beau récit d’aventure, avec des monstres effrayants, une héroïne rusée, d’étranges légumes et une incroyable collection de rêves. Pendant la lecture, menée en parallèle avec les filles, on a souvent ri en partageant les jeux de mots du Géant, mais on discutait souvent aussi des réactions de Sophie face au mode de vie du Géant. Je retiens donc que cette histoire nous donne aussi à réfléchir sur notre monde par une exploration inversée : à travers les yeux du BGG, on en vient à s’interroger sur notre monde d’humains.

Sophie LJ : Quel plaisir c’était cette lecture. Je n’ai pas lu beaucoup de romans de Roald Dahl mais j’ai retrouvé exactement l’ambiance que je gardais en souvenir : un univers un peu décalé et pourtant si emprunt de la société réelle, une héroïne courageuse et intelligente et un texte succulent comme une gourmandise.

Lucie :  C’est un roman où l’univers imaginaire occupe une grande place. C’est une histoire qui se passe partout dans le monde et même dans un autre monde où les géants sont très impressionnants.et les illustrations sont vraiment amusantes.

F. : Ce qui m’a beaucoup plu, c’est l’imagination autour des rêves. C’est merveilleux ce monde-là ! Quand il fait découvrir sa bibliothèque à rêves à Sophie, ce que j’aurais aimé être avec elle ! Et quand il explique ce qu’il fait, avec sa trompette et son grand sac la nuit…

Pépita : Une récréation ! Un plaisir de la langue inouï ! L’évasion totale. Comment avez-vous appréhendé ce langage inventé ?

Solectrice : Quand on rencontre le Géant et qu’on écoute ses premiers mots, on se dit qu’il bafouille et qu’il s’entortille dans les mots et petit à petit, on prend plaisir à trouver ces perles farfelues. D’autant que ces mots-valises et autres paronymes ne sont pas systématiques dans les paroles du Géant. Alors on se surprend à les guetter et à les savourer au détour d’une phrase. Les filles, quant à elles, en ont été un peu déroutées au début parce qu’elles ne les comprenaient pas toujours, mais elles ont finalement trouvé ce langage très amusant.

Sophie LJ : Comme Solectrice, on s’attache d’abord aux erreurs de prononciation et puis petit à petit ce langage nous devient familier, agréable et même d’une certaine poésie. Un peu comme Sophie, l’héroïne (beaucoup de Sophie dans cette lecture commune) qui relève tout au début et finit par s’y habituer et accepter qu’il s’agit là de la personnalité du BGG.

Lucie : La façon de parler du BGG m’a semblé bizarre au début mais je l’ai vite trouvé très rigolote. Et à la fin, j’avais du mal à changer les mots du Géant parce que je les trouvais plus amusants que les vrais : je rêverais de faire un tour en « hernigroptère » ! J’aimais bien le fait d’assembler deux mots comme dans « délexquisavouricieux ».

F. : Cela ne m’a pas dérangée du tout et même j’en aurais voulu plus ! Je me souviens que pendant un long chapitre, le BGG n’a plus trop parlé de façon inventive et cela m’a ennuyée. J’ai eu peur qu’il arrête ! Son langage est génial, on finit par ne plus s’en étonner, cela devient une vraie langue.

Pépita : Un peu prise au dépourvu au début je l’avoue puis peu à peu, on se régale et on aurait vraiment envie de parler comme lui tant c’est farfelu, gourmand et imagé. D’ailleurs, quel est votre passage préféré ? Dites pourquoi ?

Solectrice : J’adore la chasse aux rêves. Et l’exploration de cette incroyable collection qui donne envie de goûter à tous ces rêves merveilleux. Je trouve cette idée très poétique et j’aime à croire que les rêves puissent être butinés, soigneusement rangés dans des bocaux étiquetés, avant de nous être soufflés pour un géant bienveillant. Quelle invention géniale !

Pépita : Oui c’est vrai que c’est féérique et j’aime bien aussi. Mais le passage qui m’a fait beaucoup rire et en le lisant je l’imaginais fort bien, c’est l’accueil de la Reine d’Angleterre ! L’arrivée du BGG et le repas qui suit est mémorable je trouve. Quelle imagination ! Quel humour ! Quel enfant résisterait à une telle scène, vraiment, je vous le demande !

Sophie LJ : Moi aussi c’est le passage avec la reine qui m’a beaucoup plu. J’ai essayé d’en trouver un autre qui m’ait autant marqué mais je ne vois pas. J’ai adoré ce décalage entre le BGG impotent et imposant et le bonne éducation royale toujours discrète.

Lucie : Dur de choisir. J’ai bien aimé le moment où les domestiques de la reine cherchaient le mobilier adapté au Géant car je trouvais rigolo d’imaginer que le Géant était tellement grand qu’il lui fallait tous ces meubles pour s’asseoir confortablement. J’adore aussi la capture des géants par les militaires.

F. : J’ai beaucoup aimé le passage de l’arbre à rêves, c’est magique ! Mais comme j’ai vu le film, je l’ai trouvé moins réussi dans le livre finalement. J’aurais bien aimé pouvoir aller m’y promener comme Sophie…c’est si beau !

Pépita : Roald Dahl, outre l’opposition bien /mal qui fonctionne toujours aussi bien, n’a pas son pareil pour instiller des messages aux valeurs fortes, y compris dans ce roman aux allures de conte merveilleux. Est-ce un aspect qui vous perturbe ou au contraire le trouvez-vous pertinent ?

Sophie LJ : Je trouve ça intéressant. Il y a souvent plusieurs lectures dans les romans de Roald Dahl. Ici, on peut simplement voir cette histoire de petite fille et de géants ou alors allez plus loin et percevoir des notions de politique (on la voit pas souvent dans les romans la Reine d’Angleterre) ou des valeurs comme la tolérance, l’acceptation de la différence…

Pépita : En effet, Roald Dahl n’a pas son pareil pour prendre les enfants au sérieux. Malgré leur sort souvent peu enviable dans ses romans, il leur montre qu’il y a toujours de l’espoir et que l’optimisme et l’envie de changer les choses ne peuvent venir que d’eux. Avec lui, on se sent déplacer des montagnes ! Dans ce BGG, j’ai particulièrement aimé la relation de grand adulte à enfant : ils apprennent l’un de l’autre et se respectent.

Lucie : Je ne m’étais pas rendu compte des messages de l’auteur pendant ma lecture mais si j’y réfléchis, je pense qu’il soutient l’idée que la vérité sort de la bouche des enfants. Par exemple il donne raison à Sophie face au chef des armées.

Sophie : Le côté moral ne m’a pas dérangée car il fait aussi partie de l’univers du conte. J’ai aimé les remarques du Géant sur le mode vie des humains, cette remise en cause se fait en douceur et donne au jeune lecteur une vision critique de l’humanité pour l’inviter à réfléchir ensuite. L’humour fait ainsi passer beaucoup d’idées pertinentes.

F. : Je n’ai pas du tout pensé à ça non plus, je l’ai lu comme un conte magique parce que c’en est un.

Pépita : Par quel biais conseilleriez-vous cette lecture aux enfants ?

Sophie LJ : L’humour. Pour moi, c’est l’élément incontournable des romans de Roald Dahl et de ce livre là en particulier. C’est par ce langage surprenant, les scènes triviales et les illustrations qu’on arrive ensuite à aller plus loin dans ce que veut nous dire l’auteur.

Pépita : Oui, je te rejoins Sophie. L’humour ! Cette alchimie si particulière qu’il arrive à insuffler à ses romans et celui-ci en particulier. Je suis redevenue une enfant en le lisant et ce que ça fait du bien !

Lucie : Je dirais à l’enfant : tu vas te plaire dans l’univers de ce roman car l’héroïne est jeune et elle vit beaucoup d’aventures fantastiques.

Sophie : C’est un roman qui nous transporte dans un monde fabuleux et qui donne envie d’adopter un Bon Géant ! On frémit, on rit et on suit une petite fille dans de folles aventures. En plus, les dessins nous font entrer avec plaisir dans cet incroyable imaginaire.

F. : Je lui dirais qu’il va découvrir un monde fantastique qui va l’enchanter et qu’il ne verra plus ses rêves de la même façon (et les géants aussi !).

Pépita : Pour finir : juste un mot significatif pour vous quand vous évoquez ce roman.

Sophie LJ : Savouricieux !

Pépita : Et je dirais même plus ! Délexquisavouricieux ! 🙂

Lucie : Rigolo !

F.  : Extraordinaire !

Sophie : Complètement magique !

Dans les mots du BGG, je retiendrais : « L’ennui, avec les hommes de terre, poursuivit le BGG, c’est qu’ils refusent de croire aux choses qu’ils n’ont pas vues devant leur museau. Bien sûr que les farfouilleras existent, j’en rencontre souvent, et même,  je bavardouille avec eux. »

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Nos chroniques pour aller plus loin :

-Sophie-La littérature de jeunesse de Judith et Sophie

-Solectrice-Les lectures lutines

–Pépita-Mélimélodelivres

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Le BGG est maintenant adapté au cinéma par Steven Spielberg.

Pépita et sa fille l’ont vu et ont beaucoup aimé, même si Spielberg prend quelques libertés par rapport à l’histoire. Certains passages sont magnifiques, d’autres plus violents mais l’esprit du livre est conservé et c’est ça l’essentiel. Le cinéaste a lui aussi sa vision…

Nos coups de cœur de l’été

L’été est passé et nos piles de livres ont diminué.

Dans un avion, au bord de l’eau, en pause rando, au pied d’un arbre,
autour d’un barbecue…
qu’est ce qu’on a bouquiné !

Avant de crouler sous les titres de cette nouvelle rentrée, voici nos coups de cœurs, nos lectures préférées de cet été 2016.

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Pour Alice – Alireauxpaysdesmerveilles

La mer albertineest ronde de Sylvie Neeman et Albertine. La joie de lire, 2015.

Depuis qu’ils se sont croisés dans un port, Tina et Antonio s’aiment par de-là les flots.

Malgré la distance, malgré l’éloignement, un amour qui se savoure :  un amour aussi grand que les océans !

Retrouvez son avis.

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Pour Pépita – Méli-Mélo de livres

Jakob Wegelius - Sally Jones.

Sally Jones de Jakob Wégélius. Thierry Magnier, 2016

Existe aussi en version numérique

Un roman pavé mais ne vous fiez pas à son poids !

Un grand roman d’aventures et enquête policière comme vous n’en n’avez jamais lu, écrit à la première personne par une gorille, oui, oui, vous avez bien lu !

Ma lecture de l’été et de loin, tant le dépaysement et l’humanité sont au rendez-vous.

De plus, je viens de découvrir (Merci le Cabas de Za !) que le 5 octobre, sort le préquel du roman, de quoi poursuivre cet automne avec délice !

Retrouvez son avis.

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Philippe Brasseur - Eurêk'art ! - Le livre-jeu du regard.

Pour Colette – La collectionneuse de papillons

Eurêk’art, le livre-jeu du regard de Philippe Brasseur. Palette, 2016

Les visites de musée à Florence, Marseille, Vicq-sur-Breuilh ou Grasse  se sont transformées en chasse aux trésors grâce à l’intelligent, l’ingénieux, l’incomparable Eurêk’art, le livre-jeu du regard imaginé par Philippe Brasseur et publié par les formidabl’art éditions Palette…

Son petit avis c’est par là !

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la vie d'aventurier bossardPour Chlopitille – La bibliothéque de Chlop

La vie d’aventurier de Jean Bossard.  Pastel, 2016

Aujourd’hui Karl et Lütti font du baby-siting. Mais après une rencontre avec une chevrette (petite certes, mais cornue)  la promenade dérape et devient totalement loufoque.

Son avis est par là.

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Pour Bouma – Un Petit Bout de Bib(liothèque)

Neska du Clan du Lierre T.1 de Louise Joor. Delcourt, 2016

Une bande-dessinée pleine de verdure qui nous entraîne avec le peuple escargot à la recherche d’un moyen de survie. Une belle fable où la nature n’a pas dit son dernier mot (d’autant que le tome 2 est en cours de réalisation).

Une belle découverte à proposer dès 10 ans.

Son avis est par là.

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nos-grandes-vacances-sous-une-petite-tentePour Céline – Tiroir à histoires

Nos grandes vacances (sous une petite tente) de Philippe Waechter. Milan Jeunesse, 2016.

Pour prolonger un peu les vacances, on se replonge dans ce bel album malin et rigolo qui nous emmène au bord de la mer goûter aux joies du camping ! On adore le ton malicieux et les illustrations. Pour peu, on aurait envie de le bouquiner enroulé dans son sac de couchage à la lumière de la lampe torche.

L’avis ici.

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Pour Solectrice – Lectures Lutines

Mentine T.1 de Jo Witek. Flammarion, 2015

Dans le coffre de la voiture, on avait emporté beaucoup de livres pour occuper les heures les plus chaudes de nos journées ensoleillées. Et comme on est partis après le Summer Book Camp (gâtée par le swap et le troc de livres), on avait vraiment chargé les valises. Le plus dur, à notre retour, a été d’en choisir un pour cette sélection. Le titre que l’on a retenu, avalé d’un trait, comme une boisson rafraichissante au cœur de l’été :

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c’est Mentine de Jo Witek (mon petit doigt me dit qu’il sera bientôt question de cet auteur par ici…), chez Flammarion.

Ne vous fiez pas à la couverture, la jeune narratrice est bien plus subtile. Un personnage sincère et attachant que l’on retrouve avec plaisir dans les tomes suivants.

En plus, on a passé un petit moment de nos vacances sur les lieux de l’histoire, alors c’était vraiment le moment idéal pour le découvrir.

La chronique d’Adèle est à découvrir par ici.

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Pour Céline – Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait LIVREsse

Le jardin des ours de Fanny Ducassé. Thierry Magnier, 2015

Un été émotionnellement chargé, une lecture-mercurochrome offerte par l’une des copinautes de notre grand arbre et un coup de cœur assuré : Le jardin des ours de Fanny Ducassé chez Thierry Magnier.

Un album tendre à conseiller aux petits et grands pour franchir tout en douceur ce cap difficile qu’est la perte d’un être cher…

Son avis est par là.

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Pour Sophie – La littérature jeunesse de Judith et Sophie

La piscine de JuHyeon Lee. Kaléidoscope, 2016

Quoi de mieux comme lecture d’été qu’un bel album qui nous plonge au cœur d’une piscine, porte grande ouverte sur l’imaginaire. Ici, peu importe la foule, les deux personnages l’on suit sous l’eau vont découvrir un monde enchanté que les personnes en surface ne soupçonne même pas.

Et tout ça sans un seul mot !

Son avis ici.

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Petit délire d’écriture collectif autour de nos lectures d’été…

La consigne est d’intégrer les titres lus au service d’une histoire…

Sally Jones a sauvé le bateau rouge d’Oscar. Le récif ! lui dit-elle. Pff ! Tu ne sais rien de l’amour ! lui répondit-il… « Quoi ! Moi ? Ne rien savoir de l’amour ? Figure toi que je connais parfaitement la pyramide des besoins humains et je sais combien l’amour y a une place importante. Une histoire d’amour c’est comme l’histoire d’un garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle, elle ne peut exister en dehors d’une quête… Ça va pas la tête ! Tu divagues… répondit Sally à Oscar. Tu sais bien que nous, les fragiles, on fait ce qu’on peut pour avancer. On a la vitesse sur la peau… Nous sommes la Génération K ! Mauvais joueurs ! Je suis hors de moi et ma parfaite journée alors ! Tant pis pour vous ! Je vais aller chercher le BGG, Fantoccio et les Penderwick… Il n’est pas né celui qui va m’emmener sur ses chemins toxiques. Oh ça va bien hein ! J’ai déjà des Voisins zinzins ! Si ça continue je vais écrire les chroniques d’Hurluberland ! Ah, les beaux étés ! Quand Vango et Mentine nous accompagnaient avec un peu d’amour et beaucoup de chocolat au pays du Bon Gros Géant. C’est quand ils se terminent qu’on songe à la douceur. Ce ne sont pas Lucile Finemouche & Le Balafré qui vont me contredire. Dans toute enquête, il faut de fameuses intuitions pour éviter le chaos. Et surtout ne pas se laisser distraire par l’anniversaire , celui de Machin ou celui de Monsieur Guillaume… Mais plutôt se laisser porter au gré du vent comme Le petit arbre Plume. Bien loin de chez soi…

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Et vous ?  Quelles sont les lectures qui ont enchanté votre été ?

Les lectures florentines d’un Petit-Pilote globe trotteur !

Cet été, road-trip familial en direction de Florence : 2500 km à parcourir et de belles soirées à nourrir de lectures joyeuses et enthousiasmantes. Alors bien sûr j’ai glissé dans notre valise un sac rempli de livres, des albums souples bien entendu, parce qu’il en fallait beaucoup (4 histoires chaque soir, ce n’est pas rien) et en même temps le coffre n’était pas extensible. Mais sur ma super sélection, un  titre a remporté tous les suffrages de mon Petit-Pilote qui est allé le chercher inlassablement dans le coffre à histoires : Qui a vu le loup ? d’Alex Sanders.

qui a vu le loup

Le voilà qui s’installait sur son grand lit et qui ouvrait le livre, car celui-là ce n’est ni papa, ni maman qui le lisait mais bien mon Petit-Pilote lui même. Dès la première page, il se souvenait : « le loup marche » Et le voilà qui fait avancer le livre entre ses deux petites mains. « Le loup marche encore » : mon tout-petit lecteur continue de faire bouger le livre d’un côté de l’autre.

Puis dans son langage bien à lui, il s’exclame  » tout à coup, s’arrête !!! » en immobilisant le livre (il me semble que c’est sa page préférée ! Cette suspension du mouvement un vrai régal !)

« Il a entendu queque chose ? » demande alors mon Petit-Pilote élevant la voix et mangeant quelques syllabes.

 » a vu quequn? » demande-t-il en rapprochant le livre de son visage.

« c’est toi qui a vu, toi ! » reprend-il la voix gonflée de points d’exclamation et le corps tout agité.

« va te croquer ? » dit-il alors, sourire aux lèvres. « non ! il court » , « secours maman ! » « lit »-il en raccourcissant le texte.

« pas méchant un enfant » reprend-il avec une intonation toute particulière pour nous (se ?) rassurer !

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Avec cet album mon petit homme s’amuse, il devient véritablement acteur du livre puisqu’il joue – au sens théâtral du terme- avec le personnage principal. Et il joue avec son être tout entier :  aussi bien avec sa voix qu’il module avec ravissement qu’avec son corps qui s’anime au rythme du petit loup. Ce livre est pour lui comme une marionnette. Quelle trouvaille !

C’est un livre au graphisme très épuré, comme souvent les albums d’Alex Sanders – puisque le loup au pelage gris est seul sur la page blanche jusqu’au dénouement où il retrouve sa maman dans un paradoxal (c’est quand même un loup qui a peur de mon Petit-Pilote) et simplissime happy end. Ce graphisme minimaliste permet de décomposer à la fois le mouvent du personnage mais il permet aussi par le jeu du cadrage de déchiffrer les expressions du visage du loup. Ainsi quand le loup se rapproche du lecteur et que la tension monte, l’enfant peut jouer à avoir peur mais le dénouement qu’il connaît – ayant lu tant et tant de fois ce récit- lui permet de relâcher la pression dans un beau rire joyeux qui montre à quel point la littérature est essentielle dès le plus jeune âge pour faire des liens entre l’imaginaire et le réel et toutes ces émotions qui nous animent et nous interrogent et que nous apprenons aussi (surtout) par les livres à connaître pour mieux les maîtriser et les partager !

 

 

L’école : déjà le retour…

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Et oui, ça y est ! L’école revient déjà…

A peine sortis des souvenirs de vacances, des doigts de pieds en éventail, du temps qui s’étire, il faut reprendre le chemin des écoliers.

Pour certains, c’est une première fois, avec une appréhension et une excitation mêlées, pour d’autres, c’est la joie (si ! si ! ça existe !), et pour les derniers, ben, c’est bof…(Serais bien resté en vacances moi !).

Rentrée rime aussi avec petits désagréments et nouveaux apprentissages !

Voici une sélection qui va essayer d’englober tout ça….histoire de se préparer bien comme il faut, au-delà des préparatifs purement scolaires.

On pense à tout sous le Grand Arbre !

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 _______________PREMIERE RENTREE______________

Serge Bloch - L'école de Léon.

L’école de Léon, Serge Bloch.- Albin Michel

Cet album, devenu un classique, aborde avec beaucoup d’humour et de tendresse cette étape charnière de la vie d’un enfant : son entrée à l’école !

La lecture de Céline

Bulle et Bob à l’école, Natalie Tual et Ilya Green – Didier Jeunesse

Faites à la fois la rentrée en maternelle et en élémentaire grâce à cette fratrie bien connue désormais qui vous entrainera avec comptines et ritournelles sur le chemin de l’école.

La lecture de Bouma

__________________J’VEUX PAS Y ALLER !__________________

Ghislaine Roman et Csil - Non, j'irai pas !.

Non, j’irai pas ! Ghislaine Roman et Csil.-Frimousse

Un album tout juste sorti qui , sous couvert des situations angoissantes que nos chères têtes blondes s’imaginent (souvent à raison !), peut permettre de dédramatiser la rentrée.

La lecture de Pépita

Premier matin, Fleur Oury – les fourmis rouges

Un album tendre et délicat pour rassurer l’enfant face à toutes les angoisses qui peuvent subvenir lors de ce premier jour d’école.

La lecture de Bouma et de Chlop

__________________PAS SANS MON DOUDOU !____________________

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L’autre guili lapin Mo Willems Kaléidoscope

Trixie est impatiente de présenter à Madame Bobosquet et à tous ses camarades de classe son doudou sans pareil, j’ai nommé Guili lapin. Mais à peine arrivée en classe elle découvre qu’il n’est plus tellement sans pareil…

La lecture de Chlop

______________C’EST DUR AUSSI POUR LES PARENTS !_______________

Eric Veillé et Pauline Martin - Maman à l'école.

Maman à l’école Éric Veillé et Pauline Martin.- Actes sud junior

Pour leur première rentrée, il n’est pas toujours facile pour les parents de lâcher leur enfant dans la grande aventure de la vie. Pour les enfants non plus, ce n’est pas toujours une évidence et certains aimeraient bien comme la petite fille de cette histoire garder leurs parents avec eux toute la journée. Mais les bancs de l’école ne sont plus très adaptés à un adulte et rassurez-vous, ça ne fera plaisir qu’un temps à vos enfants de vous avoir tout le temps avec eux.

Les lectures de Sophie et Pépita

_______________DIS, ET LA MAITRESSE ?________________

Philippe Arnaud - La sorcitresse.

La sorcitresse Philippe Arnaud.-Sarbacane,Pépix

Maître ou maîtresse ? On sait rarement sur qui on va tomber avant la rentrée… Et si c’était une sorcitresse ?

Les lectures des lutines et de Sophie

__________________ON VA APPRENDRE A LIRE !__________________

Olivier de Solminihac - J'ai peur de savoir lire.

J’ai peur de savoir lire Olivier de Solminihac.-Mouche,Ecole des loisirs

Nouvelle rentrée rime souvent avec nouveaux apprentissages, notamment en lecture. Une bien belle façon de dédramatiser ce passage tant redouté ou convoité, c’est selon ! et de mon point de vue, un livre à faire lire à tous les parents !

La lecture de Pépita

Christophe Nicolas et Guillaume Long - La fabuleuse méthode de lecture du professeur Tagada.

La fabuleuse méthode de lecture du Professeur Tagada Christophe Nicolas et Guillaume Long.-Didier jeunesse

L’apprentissage de la lecture, c’est une étape très importante dans la vie des enfants. Cette BD vous rappellera ce doux moment avec un très grosse dose d’humour. Entre un ton sérieux (juste un peu) et un ton décalé (totalement), c’est une vraie rigolade que propose ce livre à ceux qui savent déjà lire car je ne suis pas certaine que ça aidera ceux qui apprennent…

La lecture de Sophie

__________________ET LE COLLEGE, C’EST COMMENT ?_________________

R-J Palacio - Wonder.

Wonder, RJ Palacio.-PKJ

La rentrée en 6ème, c’est le stress. La rentrée en 6ème quand on a une malformation cranio-faciale, c’est le méga-stress. August Pullman est un petit garçon difficile à regarder, mais curieux, pétillant d’intelligence, aimant et attachant. Au cours d’une année pas franchement facile, il va surmonter de sacrées épreuves remporter de belles victoires. Grandir, en faisant grandir aussi son entourage. Un roman inoubliable, qui fait rire et pleurer, et ne vous laissera pas indemne.

La lecture de Céline et de Pépita et une sélection collège par ici.

______________L’ECOLE ET SES DESAGREMENTS______________

Marie Signoret et Gwen Keraval - Maxence Lepou.

Maxence Le Pou Marie Signoret et Gwen Keraval.- Fleur de Ville

Un pou de papier… à adopter pour dédramatiser !

La lecture des lutines

Elise Gravel - Le pou.

Le Pou, d’Elise Gravel.- Le Pommier

C’est l’ami de la rentrée, celui qu’on n’avait pas invité… Telle une star, il s’annonce glorieusement sur des affiches placardées sur la porte de l’école, et affole les foules qui le redoutent et le pourchassent. Dans ce court documentaire espiègle et concis, Elise Gravel lui brosse un portrait inattendu. Une autre façon de voir le pou !

La lecture de Céline

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La propreté….une étape ! Et l’entrée à l’école met la pression…

Un dossier sur l’apprentissage de la propreté par Carole-3 étoiles

_______________L’ECOLE C’EST AUSSI LES AUTRES…_____________

Je, Tu, il m’embête !, Michel Van Zeveren – Pastel

S’embêter à l’école c’est ennuyant mais embêter quelqu’un peut être rigolo, sauf si on se fait embêter… Un album jeux de mots sur une thématique bien embêtante.

La lecture de Bouma

Estelle Billon-Spagnol - Le préau des z'héros.

Le préau des z’héros Estelle Billon-Spagnol.- Alice jeunesse

Dans la cour de l’école, le plus terrible, ce sont souvent les autres….

Les lectures d’Alice et Pépita

Cécile Chartre - Elliot, super héros.

Elliot,super-héros Cécile Chartre.-Le Rouergue Dacodac

Elliot, en CM2, est un vrai premier de la classe, détesté par ses camarades mais adoré par la maîtresse. Pour faire l’unanimité, il lui reste plus qu’à attirer la confiance des autres…

Les lectures d’Alice et Pépita

_______________ET S’IL N’Y AVAIT PLUS ECOLE ?______________

Yves Grevet - L'école est finie.

L’école est finie Yves Grevet.-Mini Syros

En quelques pages, l’auteur nous met dans la peau d’un adolescent de 2025 qui vit dans une France où l’école est à 2 vitesses : d’un côté l’école de l’entreprise de l’autre l’école privée. Une réflexion qui fait vraiment réfléchir !

Les lectures de Colette et de Pépita

______________ET POURTANT…_______________

 Godi et Zidrou - L'élève Ducobu Tome 13 : Pas vu, pas pris !.

L’élève Ducobu, pas vu pas pris Godi et Zidrou.-Ed.Lombard

L’école existe depuis bien longtemps ! Pour s’amuser à découvrir l’école d’hier : de l’encrier au bonnet d’âne.

La lecture des lutines

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BONNE RENTREE !

Ce qui fait qu’un livre nous plaît pour finir

Tout l’été, nous avons tenté de caractériser ce qui fait un bon livre. Pas de recette magique mais une exploration de ce qui nous fait vibrer, lectrices passionnées, quand on aime un livre et que l’on a envie de vous en parler.

Au fil de la réflexion, nous sommes allées plus loin qu’on ne l’imaginait, nous avons repensé les frontières de nos attirances : est-ce plutôt ceci ou cela qui me séduit dans les pages, dans les mots, sur la couverture ? On s’est rendu compte que l’on est sensible aussi bien à l’ « essentiel et au dérisoire ».

Chlop a considéré les livres qui font penser, sources d’échange et de questionnements. Pépita nous a donné envie de relire les livres aimés. Sophie a retenu les sentiments que nous éprouvons en lisant un bon livre. Colette s’est penchée sur les livres qui nous bousculent et la dimension poétique d’un récit. Bouma a regardé du côté des personnages, ces êtres de papier que l’on aime rencontrer.  Enfin, Carole a interrogé des auteurs et des éditeurs pour découvrir ce qui nous fait aimer les titres et les couvertures.

Sans prétention, juste pour échanger sur ce qui nous attire ou nous plonge dans ces lectures, en évoquant des extraits mémorables ou en invoquant des auteurs adorables, nous avons ainsi touché du doigt ou juste effleuré l’indéfinissable plaisir de lire.

Avant de faire une synthèse de tous ces avis, je vous livre à mon tour ce qui me fait aimer un livre.

Je craignais d’abord d’appauvrir en la décomposant la magie des mélanges qui nous fait apprécier une lecture. Alors j’ai pris quelques exemples pour tenter de m’approprier la notion personnelle de « bon livre ».

Si je réfléchis à ce qui m’attire vers un livre que je ne connais pas, ces qualités premières vont se trouver dans le titre, la couverture, les illustrations ou l’accroche sur la quatrième de couverture. Ensuite, je me laisse aussi envahir par les sentiments, les émotions.

Evidemment, les personnages peuvent également m’emporter, au point de ne pas vouloir les quitter à la fin d’un livre. C’est le cas de Vango, par exemple.

J’aime beaucoup les albums qui reprennent un « thème », comme « donne-moi de la farine que je donnerai au boulanger qui me donnera du pain, parce que j’ai faim ! » dans « la Grosse Faim de P’tit Bonhomme » (lu, relu et adoré en famille). Ces savoureuses répétitions donnent l’occasion au lecteur de participer, la possibilité d’anticiper sur les prochaines étapes de l’histoire, un peu comme le refrain d’une chanson que l’on fredonne.

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J’aime encore les chutes et les parodies qui établissent une connivence avec le lecteur ou lui font au contraire un pied de nez (comme dans « La Petite grenouille qui avait mal aux oreilles »).

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Mais je me rends compte que je suis surtout sensible au style d’écriture, une fois plongée dans ma lecture. Ce qui me donne envie de corner une page pour ne pas laisser échapper un passage qui m’a fait voyager, sourire ou pleurer, ce sont souvent les images inventées par l’auteur. J’aime à découvrir des associations d’idées surprenantes. Comme il est délicat d’en parler de façon abstraite, j’emprunte une phrase à Clémentine Beauvais : « L’absence d’Eugène s’assied, éléphantesque, sur une chaise de jardin. Tatiana n’a d’autre choix que de prendre le thé avec elle. »

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Je voulais aussi partager ces mots de Cassie Beasley (même s’ils sont traduits) : « Grand-père Ephraim disait toujours des choses qui semblaient si importantes aux yeux de Micah qu’il voulait toutes les enfermer dans des boîtes et les conserver ainsi à jamais. »

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J’espère toujours que ces mots continueront à m’habiter une fois le livre refermé…

Pour conclure, voici une affiche qui résume ce qui nous fait aimer un livre à l’Ombre du Grand Arbre.

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Belles lectures de fin d’été ou de rentrée !