Le printemps approche et les premiers bourgeons apparaissent déjà. Sous le soleil de février, découvrez les livres qui ont fait vibrer les blogueuses du Grand arbre !
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Lucie a lu un certain nombre de romans et d’albums de François Place pour la préparation de l’article qui lui est consacré dans la rubrique « nos classiques préférés » et son interview. Et elle a eu un énorme coup de cœur pour Le vieux fou de dessin. Ce texte illustré consacré à Katsushika Hokusai aborde de thème de la transmission et d’une certaine vision de l’art. Dans le Japon du XIXème siècle, les illustrations de François Place se mêlent avec bonheur aux reproductions des estampes de l’artiste.
Le vieux fou de dessin, François Place, Gallimard Jeunesse, 2001.
Dans le même temps, Lucie a trouvé la lecture du troisième et dernier tome de la saga Steam Sailors particulièrement réjouissante. Pourtant, qu’il est difficile de mettre un point final à une épopée si créative, de conclure les fils narratifs patiemment tissés et de combler les attentes des lecteurs ! E. S. Green y parvient, et avec brio.
Steam Sailors, 3. Le passeur d’âmes, E. S. Green, Gulf Stream éditeur, 2021.
Pour Linda, les belles lectures ont été nombreuses en février et il n’a pas été facile de faire un choix. Très attachée à l’image, elle a mis l’accent sur les lectures de romans illustrés, mais c’est Kodi qui se démarque par son format. Ce roman graphique américain est l’œuvre de Jared Cullum, un artiste inconnu jusqu’alors en France. Son histoire est celle d’une rencontre entre une fillette introvertie et un ours kodiak solitaire qui deviennent amis et inséparables. Lorsqu’ils sont contraints de se séparer, Kodi quitte son Alsaka natal pour la ville de Seattle à la recherche de sa jeune amie humaine. C’est une histoire tendre et touchante à découvrir pour la beauté du trait et la richesse des émotions.
Et parce qu’il serait impossible de parler d’importance de l’image sans mettre en avant le travail du studio MinaLima, Linda a aussi eu un énorme coup de cœur pour leur adaptation illustrée et animée de Harry Potter à l’école des Sorciers. Redécouvrir le texte dans ce format richement décoré et valorisé par une édition de qualité fut un plaisir indescriptible. Il faut bien avouer que c’est une édition faite pour le collectionneur, sa fragilité n’en fait pas un livre que l’on peut feuilleter sans précaution mais elle rend la lecture jouissive.
Harry Potter à l’école des Sorciers, de J.K. Rowling, illustré par MinaLime, Gallimard jeunesse, 20220.
Pour Liraloin, le coup de cœur est pour un roman ado pas comme les autres. Il s’agit du titre Les derniers des branleurs de Vincent Mondiot.
Un roman où la vie se passe, s’expérimente et les où les connexions sociales ne sont pas toujours simples. Ce groupe d’ados qui va tenter d’analyser cette année de terminale et le chemin qui s’ouvre vers le monde des adultes. Rien ne va jamais très loin dans leurs réflexions mais c’est leur façon à eux de ressentir la vie, vivre l’amitié et l’amour en cette année si particulière. Un roman au ton et à l’humour bien tranchant qui rend cette histoire très juste.
Les derniers des branleurs de Vincent Mondiot, Actes sud junior, 2020
Isabelle et ses moussaillons ont eu soif de merveilleux en ce mois de février. Alors ils ont adoré s’attacher, avec le jeune Jack, à un cochon en peluche délavé et rapiécé, puis le rechercher désespérément – quitte à devoir pour cela se rendre au pays des Choses perdues en compagnie d’un contrariant Cochon de Noël… Cette intéressante contrée nous donne à réfléchir à tout ce qui peut se perdre et, dans la masse, à ce qui revêt plus ou moins de valeur dans notre monde consumériste où les choses se jettent et se remplacent en un clin d’œil. Des objets utiles ou superflus, à valeur sentimentale ou absolument vitale. Mais aussi des principes. Ou l’inspiration. C’est malin et inventif, drôle et acéré.
Jack & la Grande aventure du Cochon de Noël, de J.K. Rowling, illustrations de Jim Field. Gallimard Jeunesse, 2021.
Et en album, l’équipage de L’île aux trésors a craqué pour Mina, une souris casanière qui n’aime rien tant que sa petite bulle douillette. Ce qu’elle apprécie moins, c’est l’énergie bruyante de son baroudeur de père. Les choses se corsent le jour où il ramène ce qui serait d’après lui un écureuil… Au premier coup d’œil, on reconnaît avec plaisir le coup de crayon, la palette de couleurs chatoyante, l’univers et le bestiaire bien à lui de Matthew Forsythe. Impossible de résister à la douce fantaisie qui règne sur l’histoire et les dialogues. Ces pages laissent sur la rétine une agréable impression, un assouvissement né des couleurs fauvistes et du confort de ce petit monde de souris. Divertissant, plein d’imagination, tout simplement splendide.
Mina, de Matthew Forsythe, Little Urban, 2022.
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Colette a enfin pris le temps de partager avec ses Petits-Pilotes le bel album Destins d’aventurières offert par Aude, sa work wife for ever, qui dresse le portait de 16 femmes hors du commun. Un album pour découvrir de nouveaux horizons et explorer le monde avec curiosité et enthousiasme. Un album qui pourra être mis à l’honneur demain pour la Journée internationale des droits des femmes.
Destins d’aventurières, Lucie Birba, Editions du trésor, 2020.
Et pour celles et ceux qui chercheraient d’autres livres sur ce sujet, n’hésitez pas à faire un tour sur notre article de l’année dernière dédiées aux femmes combattantes, inspirantes, innovantes : girl power !
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En parlant de destin féminin, Blandine a eu un grand coup de cœur pour la biographie d’Alice Guy, réalisée par Catel et Bocquet.
Alice Guy. Catel & Bocquet. Casterman, 2021
Pionnière du cinéma, Alice Guy l’a inventé! Pas l’outil, mais bien la faculté qu’a le cinéma à nous transporter dans des ailleurs, à nous raconter des histoires à nous faire rire, etc. Alors que le tournant du XIXe-XXe siècle foisonne d’inventions, Alice Guy se fait une place dans un monde résolument masculin. Pourtant, son nom a été effacé. Découvrez pourquoi dans cette passionnante biographie!
« Plus y a de musique dans le monde, et moins il est vide » a dit Ma Rainey, la « Mère du Blues » et avec ce petit album documentaire qui nous présente 40 chanteurs et groupes, le monde vibre, chante, danse, et s’émeut.
Black Music. Olivier CACHIN et Jérôme MASI. Gallimard Jeunesse, 2017
De la soul, au blues, au funk, au rock et jusqu’au hip-hop, « 40 artistes de la musique noire » et si universelle nous sont présentés entre succès, influences et anecdotes. Et c’est passionnant! Le petit plus: avoir une application musicale à portée de main pour prolonger les (re)découvertes!
Isabelle et ses Moussaillons ont suivi Jack et le Cochon de Noël, Blandine a été voir si L’Ickabog existait, ou pas…
L’Ickabog. J.K. ROWLING. Gallimard Jeunesse, 2020
Une créature que l’on dit malfaisante et terrible, vivant dans des contrées éloignées, nourrissant histoires et légendes, une expédition qui tourne court et mal… et voilà comment les deux conseillers du roi Fred Sans Effroi ont fait mainmise sur le pouvoir du Royaume fort joli et prospère de la Cornucopia. L’Ickabog est un conte politique sur les abus de pouvoir, les manipulations et mensonges qui abusent et assujettissent le peuple, pour lui faire croire à un danger contre lequel il faut absolument se prémunir, moyennant impôts et mesures liberticides. Un conte très riche, servi par une écriture très visuelle et immersive, brillamment traduit par Clémentine Beauvais.
Lire François Place, c’est accepter d’entrer dans un univers souvent merveilleux, pour partir dans un périple où le chemin sera éclairé de rencontres. Les valeurs humanistes portées par cet auteur nous touchent profondément.
Cela fait déjà quelques temps que nous souhaitions poser à François Place les questions que la lecture de ses albums et de ses romans ne manquaient jamais de nous inspirer. Ses romans, véritables invitations au voyage ; ses albums aux illustrations foisonnantes, ou ses collaborations avec des auteurs prestigieux, ont toujours su nous séduire. Et nous inviter à découvrir ses autres créations. C’est finalement la préparation de l’article consacré à nos classiques préférés de cet auteur qui nous a poussées à nous lancer. Et quel plaisir de voir notre (très) grande curiosité satisfaite par cet artiste aux multiples talents !
source : francois-place.fr
François Place, en tant qu’auteur, vous écrivez des romans et des albums, vous êtes aussi illustrateur de romans, de documentaires et vous avez même écrit un atlas de pays imaginaires. D’où vient cet aspect « touche à tout » ? Avez-vous une préférence pour un genre particulier ?
Lorsque j’ai commencé comme illustrateur, j’ai illustré plusieurs livres documentaires sur la « découverte du monde » chez Gallimard jeunesse. Ces livres demandaient d’explorer la littérature de voyage et toute une iconographie spécifique : cartographie, bestiaires, atlas de plantes, paysages et relevés de côtes, etc. Et toutes ces formes, pourtant très différentes, me donnaient la même envie de dessiner. Et puis, en littérature, je ne suis pas non plus très « fixé ». J’aime autant les contes que les romans ou la poésie. J’ai du mal à suivre un seul sillon.
Atlas des géographies d’Orbae, François Place, Gallimard jeunesse, 2015.
Justement, de quelle manière s’articule votre travail comme auteur avec celui d’illustrateur ? Est-ce qu’un projet nourrit celui qui suit ?
C’est assez variable. Souvent, je mène plusieurs projets en même temps, avec des pistes plus ou moins ouvertes, des notes qui aboutiront (ou pas) à quelque chose de plus construit. Mais régulièrement, il faut entrer dans un projet « concret », avec un texte et un format définis, des délais à respecter, un travail à effectuer au quotidien. Je passe de périodes de réalisation, denses et concentrées, à d’autres plus relâchées, pour des recherches « flottantes ». Quant aux projets eux-mêmes, ils peuvent être à l’initiative de l’éditeur, quand j’illustre un auteur, ou venir de moi. Et dans ce cas, il est bien difficile d’en établir la généalogie. Cela peut venir d’un dessin, d’une lecture qui remonte parfois à des années, d’une envie…
A propos de lecture, avez-vous des « livres de chevet » ?
En ce moment je lis les livres de Baptiste Morizot et de Vintiane Despret sur les rapports entre les êtres humains et les animaux.
Vos livres s’inscrivent souvent dans des décors historiques (le XIXe siècle ou avant) et/ou sur des terres lointaines habitées par des peuples parfois imaginaires. D’où vient ce goût pour l’exotisme ? Ces mondes-là seraient-ils plus propices aux aventures ?
Je ne sais pas d’où vient cette difficulté à parler de mon environnement immédiat. Un décalage dans le temps ou dans l’espace constitue une bulle, un espace où toutes les situations deviennent envisageables. Ce décalage m’a permis de développer ce qui me séduisait dans la lecture de récits de voyages anciens : une force d’émerveillement intacte, presque naïve, devant un monde beaucoup plus vaste, avec des régions si lointaines et si mystérieuses qu’elles paraissaient inaccessibles.
Le prince bégayant, François Place, Gallimard jeunesse, 2006.
Des voyages réels inspirent-ils vos albums ou chacun de vos livres est-il le fruit de voyages imaginaires ?
Un voyage au Japon a conforté l’histoire que j’avais écrite à partir de la figure du dessinateur japonais Hokusaï (Le vieux fou de dessin). Mais, à part cet exemple, je n’ai jamais écrit d’histoire sortie de mes expériences de voyages. Sans doute parce que ces derniers, le plus souvent à but professionnel, ont été trop rapides. Je crois que je ferais un mauvais reporter.
Le vieux fou de dessin, François Place, Gallimard jeunesse, 2001.
Pourtant, le merveilleux n’empêche pas une réflexion sur le monde contemporain, et notamment un message de tolérance, de respect et d’ouverture. Est-ce conscient ou est-ce que ces éléments surgissent spontanément ?
Je lis un peu de tout : de la littérature, mais aussi des essais actuels sur l’anthropologie, l’histoire des sciences, l’histoire contemporaine ou politique. Je passe rarement une journée sans consulter la presse écrite. Ces allers-retours entre la réflexion et la rêverie imaginative me sont indispensables. J’en ai besoin pour avancer dans mon travail et pour ma vie personnelle. J’imagine que cela nourrit certains des thèmes qui me sont chers : les rencontres, la parole, l’écriture, la transmission.
Rois et reines de Babel, François Place, Gallimard jeunesse, 2021.
Pour qui écrivez-vous ? Avez-vous un lecteur idéal ?
Non, vraiment pas. Il me semble qu’un livre doit « s’adresser à », sans que l’on puisse préciser exactement qui. Mais pour certaines histoires, destinées à un très jeune lectorat, le texte doit rester accessible.
Est-ce que l’écriture d’un livre vous a déjà transformé ? De quelle manière ?
Transformé non, mais le dessin ou l’écriture sont des pratiques à long terme. Je crois que j’en ai appris une forme de patience qui, dans mon cas, n’allait pas de soi.
Et il faut certainement faire preuve de patience et de minutie pour créer vos illustrations ! Ce sont souvent des plans d’ensemble fourmillants de détails. Comment les concevez-vous ?
Ce sont des mises en scènes successives : peu à peu, l’image vers laquelle je tends se met en place. Et c’est vrai que j’aime ces détails où l’on se perd (moi le premier).
Exposition mousquetaires, François Place, source : francois-place.fr
L’une des rédactrices du blog a eu la chance de vous voir dessiner lors d’une performance sur Alma et se demande ce que vous procurent les lectures-dessinées. Est-ce que vous improvisez un peu ou avez-vous « le chemin de fer » de votre futur croquis en tête ?
Pour une lecture dessinée, je dois avoir lu le texte avant, pour me faire une idée de son temps de lecture. Si cet extrait se termine par une chute, le dessin sera mieux réussi en le terminant avec une touche finale, correspondant la chute. Il faut aussi que je sache si le passage concerné est plutôt une scène d’action ou une scène d’ambiance. Improviser totalement pourrait lancer le dessin sur une fausse piste, voire un contre-sens. Je fais un ou deux croquis avant, au bon format, pour me le mettre à la fois en main et en mémoire (c’est différent de dessiner à plat sous une caméra ou verticalement sur un support de grand format, type affiche). Mais pendant la lecture, il ne reste plus que l’improvisation : pas de tracé au crayon, un trait au pinceau direct, et le risque de se planter, car y a toujours de petits imprévus dans ce genre de prestation.
Qu’est-ce qui vous donne envie d’illustrer un roman écrit par quelqu’un d’autre ?
L’histoire écrite, et l’amitié avec l’auteur.
A ce sujet, recevez-vous le texte au fur et à mesure de son écriture ou une fois le roman terminé ?
Ce serait impossible d’illustrer un texte au fur et à mesure. Il faut le connaître dans son intégralité avant de commencer (du moins l’intégralité du volume concerné, quand il y a d’autres tomes qui sont prévus). Imaginons que l’auteur donne des précisions sur un personnage loin après le début du texte : dans ces cas-là, l’image qu’on s’est faite du personnage en se contentant des premiers chapitres pourrait se trouver en porte-à-faux, peut-être même totalement hors-sujet.
Et comment se décident les scènes représentées et le nombre d’illustrations ?
En principe je fais d’abord une série de croquis qui illustrent l’ensemble du texte. L’éditeur me laisse le choix du rythme et des épisodes à illustrer. Je préfère mettre l’accent sur une ambiance ou un contexte, et préciser des éléments qui ne sont pas écrits : cela permet de fixer l’époque et les lieux. Mais je crois aussi que dans un roman, il faut laisser vivre le texte, c’est-à-dire ne pas trop empiéter sur l’imagination du lecteur. Il m’arrive souvent de laisser de côté une scène particulièrement impressionnante, qui serait jubilatoire à illustrer, pour laisser justement au lecteur le plaisir de l’imaginer lui-même.
Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vos collaborations « phares » avec Michael Morpurgo et Timothée de Fombelle ?
Tous deux sont des amis et de fabuleux raconteurs d’histoire, et ils me laissent une grande latitude pour les illustrer. C’est toujours un peu intimidant, mais quelle chance de pouvoir me glisser entre leurs mots !
Deux exemples des collaborations de François Place parmi tant d’autres : Le royaume de Kensuké, Michael Morpurgo, illustrations de François Place, Gallimard jeunesse, 2001. Tobie Lolness, Timothée de Fombelle, illustrations de François Place, Gallimard jeunesse, 2006.
Quels sont vos projets à paraître ?
Dans l’immédiat, il n’y en a pas. Je fais des recherches.
Alors nous vous souhaitons de belles recherches, et nous avons hâte de découvrir vers quels horizons elles vous auront mené !
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Merci infiniment à François Place d’avoir eu la patience de répondre à toutes nos questions. Nous espérons vous avoir donné envie de le (re)lire et d’admirer ses somptueuses illustrations ! Pour aller plus loin, n’hésitez pas à visiter son site internet.
Depuis les années 1980, François Place nous entraîne dans ses incroyables voyages à l’aquarelle, aussi bien à travers les livres des autres qu’il illustre avec brio qu’à travers ses propres récits qui nous propulsent vers des ailleurs où la délicatesse se mêle à l’exotisme. Sélectionné cinq fois au prestigieux prix international suédois Astrid-Lindgren, il a conquis plusieurs générations de rêveuses et de rêveurs.
source : https://www.francois-place.fr/
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Pour Colette, aucun doute, Les Derniers géants occupent une place privilégiée dans son palmarès des œuvres de François Place.
Les Derniers géants, François Place, Casterman, 1992, réédité en 2008.
Voici pourquoi, en 10 raisons !
Parce que le format à l’italienne de cet album est à lui seul une invitation au voyage.
Parce qu’il y a quelque chose d’éminemment classique dans la manière dont ce récit de voyage est construit et que ce qui est classique renferme quelque chose d’universel qui me touche toujours en plein cœur.
Parce qu’au fil des illustrations, nous traversons d’incroyables paysages, du Londres parfaitement domestiqué aux cascades impétueuses des jungles asiatiques, aucun paysage ne résiste au pinceau de l’artiste.
Parce que ce n’est pas qu’un récit de voyage, mais bien un récit d’apprentissage, celui de Léopold confronté à lui-même et à la cruauté des hommes quand il s’agit de se mesurer à l’autre, cet « étrange étranger ».
Parce que ce n’est pas qu’un récit d’apprentissage, mais aussi un texte profondément philosophique qui nous interroge sur ce qui fait notre humanité, comme a pu le faire, en son temps, la Controverse de Valladolid, une question qui demeure d’actualité malgré le temps qui passe.
Parce que cet album est une ode à l’art du tatouage ! Quand les peaux s’écrivent, que c’est poétique !
Parce que ce que c’est aussi une histoire d’amitié sensible et terrible.
Parce que la bibliothèque de Léopold est incroyable, particulièrement appétissante.
Parce que la fin est formidable et ouvre à tous les possibles (je verrai bien Leopold se réincarner dans la peau de L’homme à l’oreille coupée de Jean-Claude Mourlevat !)
Parce que c’est un savant mélange des genres, entre récit de voyage, conte philosophique et revue scientifique, à la frontière entre le réel et le merveilleux. Une oeuvre complète, à la fois familière et originale !
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Pour Lucie, parce qu’il faut bien en choisir un, ce sera le dernier : Rois et reines de Babel, qui a fait l’objet d’une lecture commune avec Colette.
Rois et reines de Babel, François Place, Gallimard Jeunesse, 2021.
Voici pourquoi en 10 raisons !
Parce que le grand format laisse tout l’espace à François Place de revisiter le mythe de Babel…
… Et de glisser une multitude de détails dans les illustrations !
Pour la succession de rois dont la personnalité influe sur la vie du peuple,
Et l’arrivée des reines qui élargissent l’horizon de leur cité.
Pour le rôle essentiel donné à l’éducation et à la culture.
Parce que c’est une fable sur le pouvoir et la vision des dirigeants.
Pour l’intrigante figure du cerf blanc, que l’on s’amuse à chercher dans les premières pages, qui disparaît et surgit de nouveau alors qu’on ne l’attendait plus.
Pour la découverte de ce peuple aux chevelures-grappins, exemple parfait du goût de l’auteur-illustrateur pour les civilisations imaginaires.
Parce que la fin, imprégnée de mysticisme, laisse au lecteur la liberté de l’interprétation.
Et surtout, parce qu’on retrouve dans Rois et reines de Babel tout ce qu’on aime dans l’œuvre de François Place : un voyage merveilleux aux confins de l’imagination, illustré de manière grandiose !
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L’année dernière, Isabelle et ses moussaillons n’ont fait qu’une bouchée à voix haute d’Olympe de Roquedor, brillant récit d’aventure que François Place a co-signé Jean-Philippe Arrou-Vignod. Pour au moins dix raisons :
Olympe de Roquedor, Jean-Philippe Arrou-Vignod et François Place. Gallimard Jeunesse, 2021.
Pour le décor merveilleusement décrit qui évoque notre Sud-Ouest natal avec ses châteaux et ses paysages escarpés.
Pour l’hommage aux feuilletons populaires et aux romans de cape et d’épée du 19ème siècle. Mais aussi pour la façon dont ce roman bouscule leurs codes en donnant le premier rôle à une jeune fille qui porte le prénom de l’une des premières féministes, Olympe !
Pour la flamboyance d’Olympe, prête à tout pour conserver la maîtrise de ses choix face à ceux qui voudraient la jeter au couvent ou la marier.
Pour les alliés improbables et pleins de mystère que la jeune fille a le don de rencontrer.
Parce qu’il est question d’un trésor…
Parce qu’il s’agit d’une collaboration entre deux de nos auteurs préférés qui ont si bien su accorder leurs splendides plumes qu’il est impossible de savoir qui a écrit quoi.
Pour les dialogues sont plus vrais que nature, dignes d’Alexandre Dumas ou même de Molière.
Pour les illustrations pleines de vie qui finissent de nous transporter complètement.
Pour la façon dont ce roman mêle souffle et mystère, péripéties et subversion.
Pour Linda, ce sera Le Marquis de la Baleine, une pièce lue à voix haute en famille qui nous a tous fait bien rire.
Le Marquis de la Baleine – Comédie tragique en six actes pour trois personnages et une baleine, de François Place, Gallimard, 2018.
Pour le grand format qui permet à l’illustrateur de pleinement exprimer son talent,
Pour la beauté des illustrations minutieuses et poétiques qu’on prend plaisir à observer,
Pour la langue insolente et l’humour absurde,
Pour la vanité et la bêtise des personnages dont les dialogues sont délicieusement drôles,
Pour le plaisir de déclamer le texte à voix haute seul ou en famille,
Parce que le théâtre se vit et se partage,
Parce que c’est un format qui dynamise le récit et la lecture,
Pour le message satyrique qui dénonce le pouvoir et la folie des grandeurs,
Parce qu’on ne rit jamais assez,
Et parce que François Place, tout simplement.
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C’est en visitant le Musée de l’illustration jeunesse basé à Moulins que Liraloin est tombée en admiration devant les immenses fresques de Le Roi des Trois Orients. Voici les dix raisons d’apprécier la longue et haletante aventure d’une caravane tout à fait spéciale.
Le Roi des Trois Orients de François Place, Rue du monde, 2006
Pour cette caravane, la Grande Ambassade, qui n’a qu’un seul but : rendre hommage au Grand Roi, le Roi des Trois Orients « qui règne tout là-bas, à l’autre bout du monde. »
Pour ce village nomade que forme la Grande Ambassade, des vies étroitement liées les unes aux autres.
Pour cette solidarité entre les hommes et les animaux, fabuleux guides lorsque le temps est peu clément ou le chemin difficile : « On a confié les enfants parce qu’ils savent mettre leur pas dans les traces de ceux qui les ont précédés. »
Pour les doutes et les pertes que peuvent subir cette étrange caravane. Va-t-elle s’en sortir à chaque difficulté ?
Pour l’émerveillement et l’imagination ! Que contiennent véritablement ces coffres jalousement gardés et tous destinés au Roi ?
Pour ces rencontres et l’admiration que suscite la Grande Ambassade, elle semble intouchable pour le commun des mortels.
Pour cette histoire d’amour naissante entre un musicien et une belle cavalière.
Pour cette fresque qui se déroule, spectacle happant aux milles et un détails, à la manière des premiers livres chinois (rouleaux).
Pour les paysages véritables fils conducteurs d’un voyage à travers le désert, les montagnes ou encore les plaines.
Pour le Roi que tous les membres de la Grande Ambassade rêvent de rencontrer. Se montrera-t-il à la hauteur de leur espérance?
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A vous de choisir votre aventure ! Quelle sera-t-elle? Faites nous part de votre livre préféré et n’hésitez pas à visiter le beau site de François Place.
Parce que la littérature et les échanges rapprochent, les branches du Grand arbre ont développé des sentiments d’amour et d’amitié les unes envers les autres. C’est donc le thème que nous avons choisi pour le swap de 2022.
Un tirage au sort désigne les duos de swapeuse/swapée. Chacune prépare un paquet plein de petites et de grandes attentions et l’envoie à l’autre bout de la France (voire au delà des frontières). Reste l’attente, de recevoir son colis et de découvrir la réaction de notre swappée. Voici donc ce qui a été échangé cette année !
Linda se montre souvent réactive lors de la sortie des romans. Pas facile d’essayer de la surprendre, et surtout de trouver des ouvrages qui n’étaient pas encore tombés dans ses mains !
Je me suis donc aidée du site Ricochet pour trouver des romans récents sur le thème de l’amour et de l’amitié. En me renseignant sur Mis à nu, un été à Berlin et L’odeur de la pluie, j’ai pensé qu’ils avaient de quoi séduire ma copinaute. Je les ai accompagnés d’un petit album découvert grâce à Solectrice lors du SWAP 2021 et d’un recueil de la collection Philoado des éditions Rue de l’échiquier que je trouve très bien faite.
Une petite carte, une infusion, et de la crème pour les mains parce que j’adore ça, le colis était prêt à partir !
… Ce que j’ai reçu
Quel plaisir de trouver ce gros colis rouge en rentrant un soir ! Et les surprises concoctées par Colette ne faisaient que commencer.
Une multitude de citations de Paul Eluard, toutes plus belles les unes que les autres, des cœurs en origami à disperser autour de moi comme autant de graines d’amour à semer, des bulles à libérer à deux, une infusion pomme d’amour Colors of tea, des tatoos colorés, un marque-page fleuri, un bloc de post-it et un crayon pour « ériger des murs de poésie »… Mais aussi un prospectus « amours sincères » réalisé par les élèves de Colette, et une très jolie lettre accompagnaient trois romans glissés dans un sac en tissu, clin d’œil à notre grand arbre.
C’est avec bonheur que je vais découvrir les 3000 façons de dire je t’aime de Marie-Aude Murail, l’ouvrage collectif 16 nuances de première fois et Le faire ou mourir de Claire-Lise Marguier.
Mille mercis Colettepour cet envoi plein d’amour et de poésie !
De l’amour, de l’amour, de l’amour ! Quand on me dit Saint-Valentin, je cueille toutes les fleurs bleues de mon jardin secret, je décroche la lune et dessine des cœurs sur mon chemin ! Une des histoires d’amour les plus intenses qu’il m’ait été donné à lire en littérature jeunesse, c’est celle du héros de Claire-Lise Marguier dans Le Faire ou mourir, alors ce fut une évidence de la partager avec Lucie. Et puis je me suis dit que l’amour se décline en sept couleurs au moins, celles de l’arc-en-ciel, celles que m’ont appris à voir mes ancien.ne.s élèves de l’atelier « Amours sincères » et qu’il devait bien y avoir 3000 façons de dire « je t’aime ». Et puis je me suis souvenue d’une discussion autour des Liaisons dangereuses, on a beaucoup débattu avec Lucie sur ce sujet 😉 Il était donc évident que d’amour il serait question mais de sexe aussi et tant mieux quand les deux vont ensemble. Une question que pose très librement le recueil de nouvelles 16 nuances de premières fois. Le tout saupoudré de bulles de savon, de tatouages éphémères, de post-it poétiques-tic-tac et l’amour est dans le sac !
… Ce que j’ai reçu
Un colis comme un coffre aux trésors ! Un colis qui nous a fait pousser des « Ah ! » , des « Oh ! » et des « Wahouu ! C’est trop génial ! »
4 albums et 1 roman, un sac à livre en tissu avec ses fleurs qui volent au vent, une crème pour les mains, un carnet recouvert de papillons d’un de mes illustrateurs préférés, Benjamin Lacombe, de la crème de châtaigne d’Au coin du bonheur, du thé du Palais des thés, un joli marque-page du prince au petit pois, une carte postale illustrée par Nadia Solntseva et un chauffe-tasse USB ! De quoi se sentir cocoonée pour passer de l’hiver au printemps sans en avoir l’air !
C’est avec beaucoup de bonheur que, petit à petit, j’ai pensé à ce que j’allais envoyer à Isabelle du blog l’Ile aux Trésors. Le recueil Ronces de Cécile Coulon était une évidence, ces mots si forts pour une poésie qui résonne longtemps en soi. J’ai profité de mon rendez-vous annuel préféré : celui du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil pour aller rencontrer Fanny Ducassé dont j’admire énormément les albums et ainsi faire dédicacer Louve.
Pour terminer sur une note d’amitié, l’album Pikkeli Mimoud’Anne Brouillard me paraissait la p’tite note en plus, une amitié si forte que même la neige ne peut stopper.
Enfin pour compléter ces lectures, des gourmandises littéraires : un badge à l’effigie de Christine de Pizan tiré des illustrations de Claire Gaudriot Christine de Pizan, la clairvoyante. L’amour épistolaire n’attend pas d’où le papier à lettre et l’enveloppe inspiré d’Orgueil et Préjugésde Jane Austen, illustré par Margaux Motin. Le tout accompagnée d’une carte « home made » aux fleurs tarabiscotées.
… Ce que j’ai reçu
Quelle joie d’aller chercher mon colis en ce jour de la St Valentin et quelle surprise en découvrant son contenu !
Une jolie carte inspirée d’une des œuvres de Banksy et à son verso un mot attendrissant, plein d’amitié. Plusieurs niveaux de régalades m’attendent : de savoureuses petites gaufres made in Dunkerque et des cœurs chocolatés à la guimauve. Des gourmandises qui vont accompagner le goûter tout en me remémorant ces belles années vécues à Lille.
Deux albums et deux romans, tous sous le signe de l’amour et de l’amitié. Amour et confettis du duo Emilie Chazerand (une de mes autrices chouchou) et Aurélie Guillerey. Autre duo impeccable formé par Séverine Vidal et Clémence Monnet avec le titre On a fait un vœu. Ensuite un roman au titre parfait de Marie Desplechin Une vague d’amour sur un lac d’amitié et pour terminer une série de 17 histoires courtes : Pas sûr que les cow-boy s’embrassent illustrées par Nathalie Choux et écrites par Henri Meunier dont j’admire également beaucoup le travail.
Pas facile de choisir comment gâter Frédérique qui, en tant que bibliothécaire, a accès à plein de titres divers et variés. Je me suis tournée vers des albums car je sais qu’elle est, tout comme moi, très sensible aux illustrations. Amour et confettis d’Emilie Chazerand et Aurélie Guillerey m’a semblé fort à propos avec ses confettis sur toutes les pages et son histoire d’amour qui transcende les différences et rend plus fort. Quant à On a fait un vœu de Séverine Vidal et Clémence Monnet, il s’est imposé comme une évidence. J’ai eu plus de mal avec les romans mais finalement j’ai choisi Pas sûr sur les cow-boys s’embrassent, un recueil d’histoires courtes d’Henri Meunier que j’ai beaucoup aimé et que je n’ai jamais vu sur la toile. Enfin, le petit roman de Marie Desplechin, Une vague d’amour sur un lac d’amitié m’a sauté dans les mains du fait de son titre qui était juste dans le thème. Enfin, pour accompagner tout ça j’ai mis quelques douceurs locales car je savais que Frede avait vécu sur Lille et en garde de bons souvenirs.
… Ce que j’ai reçu
Un joli colis qui m’a surprise par son arrivée (plus tôt que je ne pensais) et son contenu joliment coloré par du papier de soie. En écartant les feuilles, j’ai découvert une jolie carte homemade au doux message d’amitié, une infusion et une crème pour les mains (elle est très douce et dégage une odeur agréable). Il y avait ensuite quatre livres dont deux romans : L’odeur de la pluie de Gwendoline Vervel et Mis à nu, un été à Berlin d’Iva Procházková que j’ai hâte de découvrir. Il y avait aussi un essai de la collection philoado des éditions Rue de l’échiquier, Tomber amoureux, que mes filles m’ont déjà emprunté et que je suis curieuse de découvrir suite à leurs retours. Et enfin un petit album dont le titre est évocateur d’émotions fortes Boum boum et autres petits et grands bruits de la vie, de Mam’zelle Roüge et Catherine Latteux.
Comme d’autres sous l’arbre, je me suis creusé la tête car ma swappée lit BEAUCOUP. Comment la surprendre et lui faire plaisir ? Evidemment en me laissant porter par le thème de l’amour et de l’amitié qu’il s’agissait de décliner de manière variée ! Les histoires d’amour que j’ai choisies sont placées à la fois sous le signe de l’adolescence (ou de la lisière avec l’âge adulte) et d’une sensualité exacerbée : Sous un ciel d’or de Laura Wood, transportera au coeur des années folles anglaises. Trois soeurs, le dernier roman de Stéphane Servant illustré par Lisa Zordan, parle d’amour là-encore – celui qui détruit, celui qui bouleverse, celui qui sauve. Et 72 heures, un roman qui me tient particulièrement à coeur car il s’agissait de ma première lecture À l’ombre du grand arbre : l’histoire d’une grossesse non-désirée, mais aussi de la découverte de la sensualité. Trois romans aux formes très différentes, plus classique pour le premier, poétique pour le deuxième, construit en spirales de pensées pour le troisième. Je sais que Blandine partage notre tendre respect pour les animaux, alors j’ai ajouté une histoire d’amitié inattendue entre humain et animal. Et bien sûr ce qu’il faut de douceurs bio et de tisane « de bonne humeur » pour agrémenter la lecture !
… Ce que j’ai reçu
Un concentré de bonnes ondes, de chaleur et de couleurs chatoyantes !
C’est bien simple, tout était minutieusement et merveilleusement bien choisi : l’adorable courrier qui m’est allé droit au coeur, la poésie de la talentueuse Cécile Coulon, que j’ai commencé à découvrir avec Une bête au paradis et Seule en sa demeure, mais dont je n’avais pas encore lu Les Ronces ; le délicieux Pikkeli Mimou, signé Anne Brouillard, qui respire l’amitié, le chaud parfum du feu quand il neige dehors et du gâteau au chocolat qui cuit au four ; et Louve, de la beauté à l’état pur condensée sous forme d’album, par une autrice que je ne connaissais pas du tout mais dont les graphismes m’ont immédiatement subjuguée. Quelle surprise de découvrir une dédicace dans l’album ! Et quelle belle trouvaille que ce pins à l’honneur de l’une des premières femmes de lettre et philosophes, Christine de Pizan ! Mille mercis Frédérique !
« D’Amour et d’Amitié », le thème de notre swap m’a de suite enchantée et des évidences se sont très vite dessinées pour Colette avec qui je partage admiration et amour de plusieurs auteurs. J’y suis allée avec le cœur et l’émotion pour trouver LES livres et attentions qui feront battre le sien. Amour Amour bien sûr, Poésie, Bonheur(s), un brin de Folie, Confiance, petits et grands clins d’œil, cocooning, gourmandises et créations ont composé mon colis.
… Ce que j’ai reçu
C’est avec beaucoup d’impatience contenue que j’ai ouvert mon colis, lu avec délectation les petites étiquettes rédigée par Isabelle, et pris le temps de faire des photos avant d’ouvrir, des étoiles plein les yeux, chacun des paquets au joli papier coloré ! Chacun a été une surprise et j’ai aimé toutes les déclinaisons autour de l’Amour qu’Isabelle a su dénicher. Dans des histoires inspirées de vraies, d’ici ou d’ailleurs, d’hier ou d’aujourd’hui, sublimes ou déchirantes. Accompagnées de gourmandises en partie véganes (merci!) et d’une tisane « Bonne Humeur »! J’adore et me régale déjà! Un immense merci du fond du cœur Isabelle <3
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De belles lectures d’Amour et d’Amitié nous attendent à l’Ombre de notre Bel Arbre. Et c’est le cœur ragaillardi et le sourire aux lèvres que nous nous en délectons déjà!
En 2022, nous avons envie de lancer une nouvelle rubrique intitulée « Du blanc de la page au bleu de l’écran » consacrée aux adaptations de livres jeunesse.
Mais pour commencer, nous nous sommes interrogées sur l’intérêt de ces adaptations. Qu’est-ce qu’un film peut apporter à un livre ? Quel format nous semble le plus adapté ? Vaut-il mieux avoir lu le livre avant ? Voici quelques unes des questions autour desquelles les arbronautes ont partagé leurs ressentis.
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Quel est, d’après vous, l’intérêt d’adapter des livres jeunesse au cinéma ?
Isabelle : J’adore lire et j’aime aussi beaucoup le cinéma, même si j’y consacre moins de temps. Mais je dois constater que j’ai rarement été enthousiasmée par les adaptations à l’écran de livres, y compris ceux que j’ai aimés. Il y a, bien sûr, des impératifs de format qui font qu’on est forcément frustré.e des raccourcis qui donnent l’impression que le propos a été réduit à la substantifique moelle – la première réaction de mes enfants en découvrant les films de Harry Potter (J. K. Rowling) ou celui des Royaumes du Nord (Philip Pullman) était indignée de voir qu’autant de choses étaient passées à la trappe. Parfois, le scénario s’écarte pour mieux coller aux attentes en ajoutant par exemple une romance qui n’était pas du tout dans le livre de départ – est-ce que, par exemple, vous avez vu Brisby, adaptation contestable d’un superbe roman de Robert C. O’Brien ? Ou l’adaptation en série Netflix de Watership Down de Richard Adams ? De manière plus générale, le ressenti est moins riche qu’à la lecture, peut-être aussi parce qu’on perd la singularité de la plume. Et il peut y avoir des décalages liés au fait que le « film » qui s’imprime dans notre esprit à la lecture des mots est singulier, unique, et donc différent de celui qu’un réalisateur nous montre. Mais justement, sans doute cela représente-t-il un intérêt important de l’adaptation : nous permettre de revisiter un texte en nous invitant dans une autre lecture, tout aussi personnelle que la nôtre.
Frisby et le secret de Nimh, Robert C. O’Brien, Hachette, 2017.
Brisby et le secret de Nimh, Don Bluth, 1982.
Linda : Je pense qu’une adaptation vise un public plus large. Le réalisateur se fait généralement plaisir en adaptant un livre qu’il a aimé, qu’il a partagé avec ses enfants, peut-être. Il en propose une interprétation personnelle qui, offerte à un plus large public, sera soumise à la critique. Or, cette vision est personnelle en ce qu’elle ne pourra séduire tout le monde. Les critères d’adaptation semblent suivre un code précis qui vise à garder la substance de base. Le scénario se concentre donc sur l’intrigue principale et occulte tout ce qui la nourrit car cela devient superflu. J’avoue préférer le format « série » qui laisse plus de place (plus de temps) et permet donc de suivre plus fidèlement un récit. Adapter pour un public jeunesse me semble aussi être une manière d’inviter les parents à découvrir des univers que leurs enfants apprécient. Car beaucoup de parents ne lisent pas de littérature jeunesse. Je pense donc qu’un film peut rapprocher les membres d’une même famille et leur offrir un sujet de discussion intéressant.
Colette : Je pense qu’il faut distinguer les adaptations de romans jeunesse et les adaptations d’albums ou de BD. En effet si je suis complètement d’accord avec vous concernant l’inévitable appauvrissement de l’œuvre romanesque (même si j’ai une exception en tête, La Vague de Todd Strasser, que Gabrielle a présenté récemment sur le blog), pour ce qui est de l’adaptation de BD ou d’albums, la plupart du celles que j’ai pu voir, sont vraiment formidables et enrichissent véritablement le texte initial. Je pense à La Chasse à l’ours d’Helen Oxenbury et Michael Rosen notamment, un classique de la littérature enfantine adapté par Johanna Harrison et Robin Shaw en 2018. Cet album qui m’était restée complètement énigmatique prend un sens tout nouveau grâce à la narration beaucoup plus explicite du dessin animé. De même pour Le Gruffalo, Le Petit Gruffalo, Mr Bout de bois ou encore Zébulon le dragon et les médecins volants de Julia Donaldson et Alex Scheffler. Leurs adaptations en dessins animés sont vraiment des petits bijoux de délicatesse, de sensibilité, d’humour tendre et de poésie. Le trait de l’artiste y est parfaitement respecté et on prolonge concrètement le plaisir de la lecture à travers elles.
La chasse à l’ours, Michael Rosen et Helen Oxenbury, Kaléidoscope, 2001.
La chasse à l’ours, Johanna Harrison et Robin Shaw, 2018.
Lucie : Je suis d’accord avec ce que vous dites : on perd souvent en profondeur lors d’une adaptation de roman par manque de temps, forcément ! Et je rejoins Linda sur la vision personnelle du réalisateur. Il y a, je pense, une distinction à faire entre le projet personnel d’un cinéaste qui retrouve ses préoccupations dans un roman jeunesse et souhaite l’adapter (je pense à Hugo Cabret par Martin Scorsese par exemple, dans lequel on retrouve nombre de ses thèmes de prédilection) et un studio qui décide d’adapter un succès pour profiter de sa notoriété. Ce deuxième cas ne fait pas nécessairement des navets mais on perd souvent quelque chose en route. C’est amusant Colette, si le graphisme du Gruffalo et du Petit Gruffalo sont extrêmement fidèles, personnellement je n’ai pas vu l’intérêt d’ajouter l’introduction des écureuils. J’espère que l’on aura l’occasion d’en discuter plus en détail dans un article !
Isabelle : C’est vrai que l’adaptation de Hugo Cabret est très réussie. Ce roman graphique hors-classe de Brian Selznick offrait aussi un terrain de jeu privilégié pour Martin Scorsese, puisque l’intrigue évoque les débuts du cinéma et l’objet-livre jouait sur les codes du film avec ses fondus au noir, ses passages aux airs de folioscope, ses illustrations en noir et blanc et ses multiples clins d’œil aux premiers films.
L’invention de Hugo Cabret, Brian Selznick, Bayard, 2008.
Hugo Cabret, Martin Scorsese, 2011.
Linda : Il y a effectivement de très bonnes adaptations romanesques. Je pense aussi à La Fameuse invasion des ours en Sicile. C’est un film vraiment superbe avec une animation originale qui sort des sentiers battus. Le film s’écarte un peu du roman de Dino Buzzati mais en conserve l’essence. Et pourtant c’est un film qui a fait très peu parler de lui, ce qui est dommage.
Quant à la question de l’adaptation en séries, qui est très riche aussi, à laquelle pensais-tu Linda ?
Linda : His Dark Materials (adaptation des Royaumes du Nord) va bien plus loin que le film proposé quelques années plus tôt (A la croisée des mondes :La boussole d’or de Chris Weitz). Le texte de Philip Pullman est tellement riche et complexe qu’un film de deux heures ne saurait en restituer toutes les subtilités. Je ne dis pas que l’adaptation est parfaite mais on ne peut nier que le résultat est très satisfaisant et plus près du texte de départ.
Isabelle : Tout à fait d’accord avec toi, Linda, sur cette adaptation que nous avons énormément appréciée également ! Je pense aussi que le format de la série permet une expérience immersive plus proche de celle que l’on vit quand on se plonge dans un pavé que ne le permet un film. Comme dans un livre, on finit par avoir l’impression de connaître les personnages et le format permet de développer des intrigues secondaires au sein d’une trame plus complexe. Et de faire la part belle au décor et à l’univers, ce qui est essentiel pour une série comme Les Royaumes du Nord. C’est étonnant, à cet égard, que les adaptations à l’écran de livres ne fassent pas plus souvent le choix de la série plutôt que du film.
A la Croisée des Mondes, Philip Pullman, Gallimard, 2007.
His Dark Materials, Jack Thorne, 2019.
Pour rebondir que ce que disait Linda un peu plus tôt, préférez-vous qu’une adaptation soit fidèle au texte, ou cela ne vous gêne pas forcément que le réalisateur prenne des libertés du moment que l’esprit est respecté ?
Linda : Tout dépend des libertés prises. Je trouve que parfois cela dynamise le récit ou dépoussière un texte désuet. A partir du moment où l’on n’occulte pas le message que l’auteur.e a voulu faire passer, ou ne dénature pas l’histoire et les personnages, ça ne me gène pas outre mesure.
Colette : L’adaptation que je prends souvent en exemple pour démontrer que parfois elle peut dépasser l’œuvre originale est celle que Dennis Gansel a faite du roman La Vague de Todd Strasser que nous présentait récemment Gabrielle. En effet le réalisateur transpose le récit de Todd Strasser dans un tout autre contexte historique et géographique mais cela renforce complètement le message de l’auteur : l’expérience pédagogique du professeure d’histoire qui est le héros du récit redouble de sens en se situant dans l’Allemagne contemporaine. La réécriture de la fin – qui pouvait sembler insipide dans le roman – gagne en profondeur en devenant particulièrement tragique. J’aime d’ailleurs beaucoup travailler la comparaison entre le roman et le film avec mes élèves tellement les partis-pris du réalisateur sont riches. Cette comparaison permet de souligner à quel point le travail de l’adaptation est un travail de création à part entière.
Isabelle : Je n’ai pas de position de principe, il me semble que tout dépend de la démarche. Dans certains cas, on sent que l’on s’éloigne de l’œuvre de départ pour des raisons contestables liées aux contraintes pratiques du format du film ou des attentes du public anticipées par les producteurs du films – par exemple la manie de vouloir mettre de la romance ou du sensationnalisme là où il n’y en avait pas, de caricaturer les personnages ou de privilégier le happy-end. Si la démarche est de revisiter sur un mode personnel ou sous la forme d’une nouvelle proposition, ou de dépoussiérer comme dit Linda, je dirais que tout dépend du résultat. Je me suis beaucoup posé la question à propos du classique canadien Anne de Green Gables de Lucy Maud Montgomery, récemment réédité par Monsieur Toussaint Louverture et adapté sous forme de série par Netflix. Les connaissez-vous ? La série s’éloigne pas mal du propos initial et y importe des problématiques contemporaines (autour du féminisme, des sexualités, du racisme) qui n’auraient pas été formulées ainsi au début du 20e siècle, lorsque joue l’histoire. Cela dit, replacé dans le contexte de l’époque, le roman était probablement déjà subversif et progressiste sur ces questions et la série ne me semble donc pas le dénaturer. Nous avons adoré la regarder en famille.
Anne de Green Gables, Lucy Maud Montgomery, Toussaint Louverture, 2021.
Anne withe an E, Moira Walley-Beckett, 2017.
Linda : Je n’ai pour ma part pas du tout apprécié cette adaptation (je me suis arrêtée à la saison 1) qui importe des questionnements d’aujourd’hui sur la place de la femme dans la société et sur sa sexualité, et s’éloigne du roman sur bien des aspects. La question du racisme est, cela dit, déjà abordée dans un des volumes de la série. Je trouve que cette adaptation dénature l’œuvre originale car elle en enlève bien des caractéristiques pour les remplacer par d’autres… Cela m’a fait penser à une commande pour répondre à des attentes commerciales et non à une adaptation. Mais je suis sans doute peu objective sur ce livre que j’adore tout particulièrement. Je suis par ailleurs très attachée à la série de téléfilms de Kevin Sullivan réalisée dans les années 80. Megan Follows fait une Anne Shirley parfaite. Pour le coup, j’ai préféré l’adaptation Little Women par Greta Gerwig qui choisit aussi de l’aborder par le prisme du féminisme, un thème déjà très ancré dans Les filles du docteur March, de Louisa May Alcott.
Lucie : Pour moi deux points s’opposent sur le sujet : la possibilité d’approfondir vraiment l’univers dans une série est intéressante. Mais dans le même temps, regarder une série demande vraiment beaucoup de temps, bien plus qu’un film. Cela demande un investissement que l’on est peut-être pas toujours prêt à mettre quand on connaît déjà l’histoire, les personnages, les rebondissements, etc. Personnellement, il faudrait vraiment que j’ai adoré le livre pour m’engager dans une série, alors que je regarde volontiers les adaptations en films. Par ailleurs, pour rebondir sur la remarque d’Isabelle, autant qu’un auteur s’approprie l’œuvre ne me gêne pas, autant quand on sent les thèmes à placer pour satisfaire le plus grand nombre, j’ai facilement le sentiment que le roman original est trahi. Je déteste ça !
Dans quel cas trouvez-vous que l’œuvre originale se prête plus à une adaptation en film en prises de vues réelles ou en film d’animation-dessin animé ?
Linda : Et bien si on part d’un album, les personnages existent déjà visuellement et il me parait difficile de ne pas reprendre leurs traits si on veut toucher le jeune public. En revanche, pour les romans, c’est autre chose. Quand les personnages sont des animaux, c’est probablement plus facile de passer par l’animation ou le stop motion comme dans l’adaptation Fantastic Mr Fox de Wes Anderson par exemple. Je me suis souvent imaginée une adaptation en série d’animation pour Harry Potter. Je trouve que l’histoire s’y prêterait bien et qu’il serait assez facile de représenter les personnages car J.K. Rowling les décrit vraiment très précisément.
Isabelle: Je ne me suis jamais posé la question, mais je suis plutôt d’accord avec Linda. Peut-être que moins l’histoire est réaliste, moins elle se prête aux prises de vue réelles ? Après, je dirais que c’est une question de projet et que les deux sont souvent envisageables, question de goût. Je pense que pour ma part, je trouverais plus facile de me tourner vers le dessin-animé ou l’animation. Un autre excellent exemple est l’adaptation de Souvenirs de Marnie (roman réédité récemment par les éditions Monsieur Toussaint Louverture), par les studios Ghibli. C’est une histoire qui pourrait très bien être filmée avec les acteurs, mais le film d’animation rend magnifiquement le côté onirique, tout en transportant l’intrigue dans un décor japonais qui donne quelque chose de très différent.
Souvenirs de Marnie, de Joan G. Robinson, réédité en 2021 par Monsieur Toussaint Louverture.
Souvenirs de Marnie, de Hiromasa Yonebayashi, 2014.
Qu’est-ce qu’un film peut apporter à un livre ?
Lucie : La musique est particulièrement importante pour moi. C’est elle qui va me permettre d’être immergée dans l’histoire. Pour les lecteurs manquant d’imagination, les effets visuels sont aussi l’occasion de voir des éléments imaginés par l’auteur. Je pense par exemple au plafond de la grande salle de Poudlard dans Harry Potter, ou à l’arbre dans Quelques minutes après minuit que j’avais beaucoup de mal à me représenter à la lecture.
Colette : Comme toi Lucie, je pense que pour les univers particulièrement merveilleux, comme celui d’Harry Potter, la vision du réalisateur ou de la réalisatrice va permettre la découverte d’un imaginaire supplémentaire. De même pour la science-fiction : des choses difficiles à imaginer comme les districts et le fonctionnement des jeux dans Hunger Games ou les catégories de la société de Divergente vont être rendues tangibles grâce à l’adaptation cinématographique.
Isabelle: Ça sera aussi une représentation différente de celle qui s’était projetée dans notre esprit à la lecture. En ce sens, le film peut être une façon plaisante de prolonger l’immersion dans un univers ou une histoire que l’on a particulièrement aimé.
Linda : Je vous rejoins tout à fait. Mais je dirai qu’un film apporte généralement une notoriété supplémentaire à un récit, ce qui va booster les ventes et donc enrichir bien du monde… C’est une vision assez négative du monde cinématographique, mais malheureusement pas complètement fausse.
Isabelle: C’est vrai que certains livres vont trouver leur public (ou trouver un public incomparablement plus large) suite à leur adaptation à l’écran.
Hésitez-vous avant d’aller voir une adaptation ?
Linda : Si le roman m’a vraiment plu, je ne me pose pas de questions et je vois son adaptation. Probablement par simple curiosité, mais aussi parce que j’espère retrouver le plaisir que j’ai ressenti à la lecture. C’est aussi une façon de prolonger l’aventure, comme tu le disais Isabelle.
Lucie : Tout à fait d’accord avec toi. Mais c’est aussi prendre le risque de sortir très énervé si l’adaptation est loupée !
Colette : Moi non plus, je n’hésite jamais, je trouve que c’est toujours un chouette défi intellectuel ! Une sorte de « jeu des 7 différences » en taille réelle ! Mon mari est passionné de Dune depuis qu’il a vu le film de Denis Villeneuve et depuis il s’est lancé à corps perdu dans la lecture des livres de Franck Herbert pour le plaisir de retourner vers le film et d’y retrouver les éléments de réécriture du réalisateur.
Dune, Frank Herbert, Robert Laffont, 2021.
Dune, Denis Villeneuve, 2021.
Linda : C’est un jeu que j’aime beaucoup pratiquer aussi, je peux lire un roman, voir son adaptation et relire, et revoir, pour être sûre de n’avoir rien manqué.
Isabelle: Mes moussaillons sont très forts à ce jeu-là, ce qui peut être assez pénible lors du visionnaire où ils vont toujours trouver à déplorer des écarts et des raccourcis. Eux préfèrent clairement la fidélité à l’œuvre d’origine !
Lorsque l’on n’a pas eu l’opportunité de lire le livre avant son adaptation, vaut-il mieux lire le livre ou voir le film avant ?
Linda : J’ai découvert Harry Potter par le cinéma. J’avais déjà testé le livre plusieurs fois et j’avais du mal à dépasser les premiers chapitres que je trouvais particulièrement longs. J.K. Rowling répète plusieurs fois chaque étape de mise en situation avant d’enfin envoyer Harry à Poudlard. J’avoue que ça m’ennuyait profondément. Et finalement une fois vu le film (et après coup je dois dire que l’adaptation du premier volet n’est pas exceptionnelle), j’ai eu envie de lire ces livres qui figurent aujourd’hui dans ma top list, quoi que je n’aime toujours pas beaucoup le premier tome. De même, j’ai découvert Orgueil et Préjugés et Jane Austen par la série TV de 1995 (avec Colin Firth et Jennifer Ehle). Et c’est une chance car je serais probablement passée à côté de quelque chose d’assez exceptionnel. J’imagine que l’on a moins d’attentes quand on commence par le support visuel et le risque d’être déçu est donc moins important que si l’on commence par la lecture. Cela dit, et ce n’est pas du « jeunesse », j’ai préféré le film Le journal de Bridget Jones à son livre, que je n’ai même pas su finir.
Lucie : Une fois que l’on a vu le film, il est difficile de se défaire des images. Je pense à Mary Poppins, que j’ai regardé de nombreuses fois enfant. J’ai été déroutée par la lecture du roman de Pamela L. Travers car le personnage est très différent et je ne retrouvais pas les scènes clés du film. Et quand le film ne fonctionne pas, cela ne donne pas envie de découvrir le livre alors qu’il peut-être beaucoup plus réussi. Par exemple, j’ai vu Sublimes créatures à l’époque de sa sortie en salles (sans même savoir que c’était une adaptation) et, ne l’ayant pas aimé du tout, je n’ai pas envie de découvrir l’œuvre originale !
Colette : Je dirai qu’il vaut mieux lire le livre après finalement ! C’est ce qui m’est arrivé avec Harry Potter et j’ai été ravie de découvrir tant de choses insoupçonnées alors que j’avais l’impression que le film était très riche.
Isabelle: Une fois n’est pas coutume, je ne suis pas d’accord ! Le plaisir de l’intrigue et de la tension narrative sont pour moi quelque chose de très important à la lecture. Hors de question de laisser un film me divulgâcher le dénouement ! Surtout, j’aime découvrir le texte sans image préconçue et me faire mon propre film, si je puis dire, avant de découvrir celui de quelqu’un d’autre.
Harry Potter à l’école des sorciers, JK Rowling, Gallimard, 1998.
Harry Potter à l’école des sorciers, Chris Colombus, 2001.
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Et vous, aimez-vous voir des adaptations ? Laquelle vous semble la plus réussie ? N’hésitez pas à partager vos commentaires et vos coups de cœur pour nous aider à lancer cette nouvelle rubrique !