Olivier Ka et son roman Janis est folle

Peut-être avez-vous eu envie de lire ce roman depuis notre échange récent LA

Olivier Ka - Janis est folle.

Afin d’éclairer notre regard sur ce roman qui nous a tant secouées,Olivier KA a accepté de répondre à nos questions et nous l’en remercions très sincèrement.

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Comment vous est venue cette histoire ? Vous l’avez écrite en résidence : était-ce une nécessité pour vous ?

L’idée a mis du temps à germer. J’ai longtemps travaillé sur la notion de transfert d’identité. J’avais en tête cette relation fusionnelle entre une mère et son fils que je voulais pousser jusqu’à brouiller les individus. Ma première intention était que Janis, dans sa folie, vole l’identité de Titouan, qu’elle le vampirise totalement. Je comptais d’ailleurs y apporter une touche fantastique. Et puis, à l’écriture, c’est une autre direction qui s’est dessinée.
On m’a proposé cette résidence alors que j’étais en cours d’écriture. C’est très bien tombé mais ça n’était pas une demande de ma part. Elle m’a permis de m’isoler et de m’immerger dans mon histoire, ce qui est très confortable, mais j’aurais écris ce roman de toute façon. Peut-être en y mettant un peu plus de temps.

Avez-vous été hanté par vos personnages ? Parce que en tant que lecteur, on en oublie de respirer !

Oui, c’est vrai que Janis, particulièrement, a pris une place importante dans mon esprit. J’éprouve d’étranges sentiments pour elle. Elle me séduit et elle m’agace terriblement. Je connais des gens qui lui ressemblent un peu, dans mon entourage. Je ne sais pas s’ils se reconnaîtront…
J’ai eu longtemps mes personnages en tête, car en réalité j’ai écrit cette histoire deux fois. Dans ma première version, qui était moins tragique, l’émotion avait du mal à éclore. Je restais en surface, sans doute par peur de me faire trop mal. Ça n’allait pas. Après quelques mois de décantation, j’ai tout repris. Et en réécrivant cette histoire, elle a pris une nouvelle direction. Mes personnages étaient plus nets, et j’ai vraiment eu le sentiment qu’ils existaient par eux-mêmes.

N’y aurait-il pas une sorte de « complaisance » à rester dans ce noir dramatique tout le long de l’histoire, véritable descente aux enfers ? Etes-vous conscient de l’impact que peut avoir cette lecture ? Que cherchez vous à secouer à l’intérieur de chacun de nous ?

Quand j’écris, j’essaye de creuser un sillon, de mettre en place une situation et de la pousser au maximum, de la faire évoluer dans un sens qui me paraît logique, voire inévitable. Ce n’est pas de la complaisance. Si j’avais choisi un autre genre, mettons l’aventure, j’aurais tenté d’emmener mes personnages loin, j’aurais multiplié les rebondissements, est-ce que ça aurait été de la complaisance ? A partir du moment où je choisis que le cœur de mon histoire est dramatique, je ne peux pas passer à côté, sinon j’aurais le sentiment de faire des promesses non tenues. Et puis, j’aime bien quand ça fait mal.
Je n’imagine jamais de quelle manière va être reçue mon histoire. Je tente simplement de ne pas être ennuyeux. Quand quelqu’un me dit que mon roman lui a fait verser une larme, je suis content. Pas parce que la personne a pleuré, mais parce qu’elle a ressenti quelque chose. J’ai deux soucis quand j’écris : générer des images et faire naître l’émotion.

Votre roman est publié dans la collection Doado noir. Avez-vous pensé à un type de lectorat à son écriture ? Ou pour être plus précises, dans quelles mains le mettriez-vous ?

Pour cette histoire, je ne me suis mis aucune barrière. Pour moi, Janis est folle est un roman adulte qui peut être lu par les adolescents. C’est ce que j’aime beaucoup d’ailleurs dans cette collection, et chez les éditions du Rouergue en général, le fait qu’ils osent proposer des textes qui ne sont pas formatés, calibrés pour tel ou tel lectorat. Ce roman aurait très bien pu sortir dans une collection pour adultes.

Le reste de votre œuvre est-elle toujours aussi noire ?

Tu tu tu, pas du tout. Je suis très varié dans mon écriture. J’écris d’ailleurs aussi bien des textes poétiques pour des albums jeunesse que des scénarii de bande-dessinée, des nouvelles absurdes ou des chanson humoristiques. Je suis l’inverse de l’auteur monomaniaque qui va passer sa vie à tirer sur la même corde, à réécrire le même roman tout au long de sa carrière. Quand je voyage, j’aime la découverte. Ça m’ennuierait profondément de retourner toujours au même endroit.

Y a-t-il des éléments autobiographiques ?

Moins que dans mes précédents romans pour adolescents. Les éléments autobiographiques sont très discrets. Je joue de l’accordéon diatonique, par exemple. J’habite à présent dans le Tarn et, quand j’écrivais cette histoire, je résidais près du Tréport. Mais c’est tout.

Une suite est-elle envisagée ? Plus lumineuse ?

Pour l’instant, non, je n’ai pas pensé à une suite. Mais pourquoi pas. Jusqu’à présent, je n’ai jamais fait cela. Quand je bâtis une histoire, je tourne autour d’une émotion principale, je développe un sentiment et quand j’arrive à la fin, j’ai dit ce que j’avais à dire. J’ai un peu peur d’être redondant en étirant une histoire, en remettant le couvert. Même si j’ai tendance à terminer sur des fins ouvertes qui, d’ailleurs, sont en général une respiration pour le lecteur. La suite de Janis, tout le monde peut l’imaginer, elle peut prendre la direction que chaque lecteur souhaite. Ou on peut simplement souhaiter bon vent à Titouan…

Entretien avec Olivier Ka en résidence à Blois from bdboum on Vimeo.

Lecture commune : Janis est folle

Janis est folle par Olivier KA

Paru le 9 septembre 2015 au Rouergue

Collection Doado noir

©Méli-Mélo de livres

 Un roman que j’ai lu à sa sortie…

Attirée par l’auteur qui est aussi un formidable conteur avec son accordéon…

Un roman que j’ai eu envie de partager…

Un roman qui nous a secouées…

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Un roman au titre explicite, une collection qui met le ton, mais quand même, vous attendiez-vous à cette histoire sombre, très très sombre ?

Alice : Vous voulez rire ? Lors de la parution du titre dans le catalogue du Rouergue, sans lire le communiqué de presse, je pensais que ce serait une autobiographie ou un docu-fiction autour de Janis Joplin ! On est loin du compte, hein ?

Carole : ahahah Alice, j’ai pensé la même chose !!! Du coup, étant assez fan de Miss Joplin et ne connaissant pas l’écriture d’Olivier Ka, c’était l’occasion ! Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ma curiosité est amplement récompensée !

Pépita : C’est marrant parce que moi, le titre ne m’a rien évoqué d’emblée…C’est l’auteur qui m’a accrochée en fait : j’ai eu la chance de le voir sur scène en tant que conteur et du coup, j’ai eu envie de découvrir son écriture et je n’ai pas été déçue non plus.

Alors, cette histoire : Janis est-elle folle ?

Alice : Janis est-elle folle ? Je ne crois pas. Janis déraille parce qu’elle porte en elle une trop grande douleur, un drame et un mensonge sur lesquels elle a essayé de se construire un avenir tout en essayant d’en préserver son fils. A cela s’ajoute un non-dit qui lui occupe l’esprit et tout ça mis bout a bout, Janis sombre dans un autre monde. Un monde parallèle auto-destructeur dans lequel elle finit par embarquer son fils.

[A ce stade de la conversation, Alice nous confie : Article sur mon blog planifié pour demain après un mois de gestation…].

Carole : La folie se définit dans une certaine mesure dans son rapport à la normalité. Chacun sait que la normalité est finalement subjective et surtout sociale. Alors oui Janis est hors normes sociales (pas de logement, pas de travail, son fils pas scolarisé). Elle a un comportement excessif, soit dans l’euphorie, soit dans la dépression. Janis est surtout sensible, blessée, et incapable de gérer ses émotions, enfouie sous son passé et les non-dits. Perso, j’ai ressenti beaucoup d’empathie pour elle. Envie de l’aider, de lui prendre la main parfois.

Pépita : Moi aussi, j’ai ressenti beaucoup d’empathie pour Janis, j’avais envie de lui tendre la main, de lui dire d’arrêter, que Titouan son fils avait besoin d’elle autrement…Mais quand j’ai pris en pleine figure le secret qui la consume de l’intérieur-et le mot n’est pas assez fort-je me suis dit lâchement que c’était perdu. D’ailleurs, le roman prend une tournure encore plus radicale après [On reviendra sur ce point].

Ce roman est très entier sur les sentiments et émotions entre cette mère et son fils. Et Titouan là-dedans ? Comment l’avez-vous perçu ?

Alice : Titouan ? Il suit le mouvement. Il manque à la fois de repères et porte un amour fou à sa mère. Il ne comprend pas toutes ses réactions, il essaye de la rejoindre dans son univers, il peut à la fois être patient et s’agacer de ses coups de folie. Il subit mais il ne se laissera pas manipuler ou entraîner dans un monde meilleur pour lui. Il veut être acteur de sa propre vie et de ses propres choix. C’est un gamin élevé dans de la violence psychologique, qui a pris tellement de claques qu’il ne pourra que se relever.

Carole : Titouan, il fait ce qu’il peut avec ce qu’il a et il s’en sort plutôt bien je trouve. Il connaît sa mère, il arrive à anticiper les crises, il joue son jeu parfois pour mieux la maîtriser. Mais on sent aussi sa fragilité, ses moments de flottement, ses peurs. Fort et fragile à la fois, très sensible. Perso, il m’a bluffée par moments par sa volonté, sa maturité, son sens de la répartie aussi.

Pépita : Je vous rejoins complètement : c’est lui au final qui protège sa mère et bon sang ! Ce qu’il endure ! Il m’a bluffée aussi par sa maturité, sa volonté d’aller au bout, de se mettre à la limite du danger alors que sa mère fonce tête baissée sans mesurer les conséquences de ses actes, à force de trop aimer. Autant on perçoit que Janis part à la dérive, autant on perçoit chez Titouan une force indicible.

C’est donc un roman qui parle de dérive mais aussi, à sa manière, d’amour au sens large. C’est un roman aussi sur un secret familial terrible. Avez-vous ressenti aussi cette radicalisation dans l’histoire au moment où Janis tente de révéler la source de sa « folie » à son fils ? Qu’auriez-vous à en dire ?

Alice : C’est ça, après avoir posé les personnages, nous être familiarisé avec leur univers, tout d’un coup, il y a un changement de cap. La tension monte d’un cran (pas qu’un seul d’ailleurs) et on sait que l’on part à la recherche de la raison pour laquelle mère et fils, unis à jamais, fuient la société. D’ailleurs, le comportement de Janis change aussi radicalement : elle devient plus responsable. Elle sait qu’elle doit la vérité à Titouan. Pour tout l’amour qu’elle lui porte, elle veut désormais le protéger de son passé. Une vérité tellement terrifiante, qu’elle ne nous est pas révélé dans son entièreté d’ailleurs. Et on ne sait plus ce qui nous bouscule dans ce livre, la folie ou l’effroi ?

Pépita : Alice, pourquoi dis-tu que la révélation n’est pas faite entièrement, je ne l’ai pas compris comme tel pour ma part ?

Alice : C’est d’abord la grand-mère de Titouan qui lui raconte ce secret de famille si lourd à porter. Mais alors même que les relations avec sa fille sont « pourries », elle donne une explication pas tout a fait exacte. Elle prend la responsabilité de l’acte mais Titouan soupçonne rapidement que tout ne lui a pas été dit ou, tout du moins, que ca sonne faux. Et une nouvelle fois, le récit s’accélère et, de révélation en révélation, on tourne les pages encore plus vite.

Alice, continuant dans son élan :  (n’y tenant plus, question qui lui vient en écho de sa lecture de Pourquoi j’ai tué Pierre du même auteur chez Delcourt, bande dessinée illustrée par Alfred ). : C’est bouleversant tous ces destins malheureux d’enfants dans ce livre ! Je pense à la sœur de Janis qui vit dans l’ombre de sa soeur , à Titouan, bien sûr, à Janis rejetée à l’annonce de sa grossesse, à l’enfant décédé dans l’incendie, à Janis qui perd son fœtus … Est ce que comme moi c’est ce qui vous a le plus remué ?

Pépita : Bien sûr que la grand-mère prend sur elle : elle veut surtout sauver les apparences ! Pour ma part, j’ai trouvé sa façon de faire vis-à-vis de son petit fils ( qu’elle rencontre pour la première fois tout de même ) et de sa fille ( qu’elle n’a pas revu depuis des années) particulièrement cruelle. Elle met Janis devant le mur sans se préoccuper une fois encore, comme dans son enfance et adolescence, de ce qu’elle ressent vraiment. Et la sœur de Janis, je n’ai éprouvé aucune sympathie pour elle. Cette famille ne sait pas aimer. C’est cela qui m’a le plus remuée. Alors que Janis déborde d’amour à un point qu’elle ne sait plus où le mettre. Et elle veut être aimée en retour. Elle est brisée dans cet élan-là. D’où cette folie liée aussi à l’acte qu’elle regrettera toute sa vie et qu’elle porte comme une croix. Tous ses malheurs viennent de cette béance d’amour. J’ai trouvé cela terrible. Cette froideur qu’on a voulu lui inculquer à la place de son feu d’amour. Révéler à Titouan ce très lourd secret lui arrache le cœur. Une famille qui n’est pas capable de crever l’abcès des non-dits ne fait que les amplifier pour les faire porter à ceux et celles qui suivent, comme une sorte de malédiction. Titouan le pressent. Il a peur. De savoir. Mais quand il l’accepte, il sait que son salut viendra de là, mais à quel prix !

Quant aux destins malheureux des enfants de ce roman, oui, je pense que ce n’est pas un hasard : ce roman, c’est l’enfance bafouée puissance 10. Il n’y a pas de place pour l’enfant. Il dérange. Le père fait-il quelque chose pour rattraper le geste de colère de sa fille, geste certes impardonnable ? Non. La sœur de Janis ne s’occupe pas bien de son fils, enfin de l’idée que je me fais de s’occuper d’un enfant. La mère a -t-elle seulement un geste envers eux à leur arrivée ? Non.
Dans ces conditions, comment pour Janis devenir mère à nouveau ? D’autant qu’elle a en plus sur la conscience la mort de l’enfant dans l’incendie. Elle sait qu’elle n’ira pas plus loin. Elle met Titouan sur son chemin pour qu’il puisse prendre son chemin à lui, sans elle. Son ultime preuve d’amour. Sans doute la seule que Titouan n’aura jamais eu de sa part. Une sorte de sacrifice. Il y a de ça dans ce roman. Un sacrifice expiatoire.

Carole : Je suis d’accord avec vous. Le malheur qui se transmet aussi, comme l’amour, l’empathie, la confiance. Oui il y a des gens qui ne savent pas aimer. Il y a surtout des gens qui ne savent pas se parler ni verbaliser, et tout se compresse à l’intérieur, et fatalement tout explose un jour, tout sort dans une violence inouïe. Le temps joue des tours aussi. Quand on est dans un déni fort, tout se brouille, les souvenirs, les circonstances exactes, l’exactitude des faits. La grand-mère et la soeur en témoignent. Ce roman aussi sombre soit-il dit aussi l’humain, ses perceptions, ses sentiments confus et ingérables. Et il dit également l’intuition, le pressentiment, la survie, notamment à travers Titouan. Janis c’est l’amour inconditionnel, extrême, sans fin. En ça, c’est un roman fort, puissant, violent, et touchant, surtout.

On sent à nos réponses combien ce roman est lourd de sens, et c’est peu dire. Comment vous-êtes vous senties à cette lecture : happées, angoissées, sans souffle, révoltées,…?

Alice : Oui, oui tout cela à la fois, happée, dérangée, bousculée, écœurée, révoltée …Bref, mal à l’aise et envoûtée.

Carole : Exactement, impossible d’arrêter la lecture et à la fois bouleversée, redoutant le dénouement, le pourquoi. Une lecture addictive en somme. Le style et les personnages aidant.

Pépita : En ce qui me concerne, je ne pouvais plus respirer par moment, le souffle coupé. Et presque incapable de me demander comment cela allait bien pouvoir se terminer, tellement on n’y voit aucune issue possible, sinon une pire même que ce qui est déjà donné à lire.

Et justement qu’avez-vous pensé de cette fin ? En est-ce une d’ailleurs ?

Carole : Concernant la fin, je ne sais pas quoi en penser pour être honnête. Je la trouve terrible et inéluctable, terrifiante et lumineuse, ouverte et sans issue à la fois. Titouan paye toute sa vie au prix fort, il est sacrifié. On lui voudrait une nouvelle route, on lui souhaite de s’en sortir. Je crois en la résilience, mais là je suis perplexe quant à son avenir. C’est je crois la première fois qu’un roman me laisse sur un sentiment d’impuissance magistrale…Et la suite de sa vie, comment construire du lien avec quelqu’un avec un tel passé, une telle enfance ? Tout dire et prendre le risque de faire fuir ou tout garder pour soi et perpétuer le déni familial.

Pépita : Pour ma part, c’est tout le contraire. C’est comme si Titouan avait toujours été attendu. Et il pourra essayer de se construire enfin. Quel regard lumineux sur lui ! Et combien Titouan a perçu ce que sa mère voulait lui dire en lui avouant ce secret déchirant : ouvrir un autre chemin pour son fils, la confiance absolue en lui pour qu’il y arrive. Pour qu’il se lave de toute cette déchéance subie. C’est comme une évidence cette fin. Mais voilà, frustrée je suis : j’aurais bien aimé 3 à 4 pages supplémentaires genre « 3 ans plus tard », pour avoir de leurs nouvelles. Mon côté maternel qui ressort. Il a l’âge de mes fils ce jeune homme !

Alice : un peu de vos avis à toutes les deux : cette fin me laisse sur ma faim. J’y crois pas trop, je la trouve un peu trop parfaite et, comme Pépita, j’aurais bien aimé retrouver Titouan quelques années plus tard. Une fin, qui pour moi, a beaucoup moins de puissance que l’ensemble du texte.

Une lecture bouleversante…
Si forte que Céline du Tiroir à histoires, qui a lu aussi le roman et partante pour participer à cet échange, a finalement laissé tomber. Elle nous dit pourquoi :
Que dire de plus. A vrai dire, Janis est folle est un roman qui m’a secouée, mais je me rend compte qu’il m’est en fait assez pénible de me repencher sur ce roman.
En tant que lecteurs, on attend beaucoup de la rencontre de Titouan avec sa grand mère, et en fait on reste un peu sur notre faim je trouve, et la relation de Janis avec sa famille, et notamment entre les deux soeurs m’a mise très mal à l’aise. Entre autres. Parce qu’en fait, quand je repense à ce roman, j’ai vraiment un sentiment de malaise. C’est quand même très déprimant. A tel point que j’ai eu beaucoup de mal à croire à cette fin un peu trop lumineuse, d’un coup, comme ça, alors que tout le reste du roman est si noir.

Il est temps de terminer cet échange avec cette dernière question : cette lecture vous donne -t-elle envie de lire d’autres romans de cet auteur qu’apparemment nous connaissons peu ?

Alice : J’ai déjà lu Pourquoi j’ai tué Pierre, je lirai avec plaisir des titres de cet auteur en étant prête à affronter son écriture, un peu comme une « lectrice-avertie ».

Carole : oui ça me donne envie de découvrir d’autres romans d’Olivier Ka ! J’ai vu qu’il y en avait quelques-uns chez Grasset et pourquoi pas en adulte aussi.

Pépita : pour l’instant, je n’ai lu que ses contes et la bande dessinée dont tu parles Alice et je l’ai entendu comme conteur et c’était chouette ! C’est un homme de scène aussi et musicien. Oui, j’espère qu’il y aura d’autres romans et je les lirais !

Pour éclairer cette lecture, Olivier Kâ a accepté de répondre à nos questions…
Ses réponses très bientôt…

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En attendant, vous pouvez aller lire nos chroniques sur nos blogs,

dont voici des extraits :

A lire aux pays des merveilles pour Alice : « Si la relation mère/fils est parfois dérangeante et que le texte est tout en dureté et en noirceur, cet amour inconditionnel n’en est pas moins touchant et parfois délicat. Ce lien qui les unit, si authentique et excessivement dévastateur. Un roman sombre, très sombre mais d’une grande beauté. Un roman qui ne laisse pas de répit. Un roman difficile à digérer. »

Méli-Mélo de livres pour Pépita : « Voici un roman d’une fougue tragique comme un tsunami sur l’amour maternel et filial d’une très grande sensibilité.Certains passages sont d’une violence noire, d’un désespoir infini, d’une impossibilité à vivre, de murs dressés devant vous et dans lesquels il faut coûte que coûte trouver la faille pour s’en sortir, c’en est presque incantatoire. Mais une fin apaisée, pleine d’espoir et de rire. »

Blog 3 étoiles pour Carole

Et consulter le tout nouveau site des Editions du Rouergue

Après la Toussaint, une sélection sur la Mort

Quand à l’Ombre du Grand Arbre, un soir je suis arrivée les yeux pleins de larmes de tristesse, et qu’entre deux sanglots, j’ai proposé que l’on évoque la mort et le deuil, chacun est venu apporter un album ou un roman qui l’avait particulièrement touché.
Il y a des bons moments, mais pas seulement … Pour retrouver en détail toutes les propositions de notre collectif, cliquez sur le nom des contributeurs, notés pour chaque livre. Des albums, puis des romans qui  invitent à la discussion, à l’échange, qui font rire, qui font penser à autre chose, qui mettent des mots sur la tristesse du deuil …

Pour commencer cette sélection, autour de la mort, moment incontournable de la vie, un album très coloré, autant que tous les chrysanthèmes qui sont allés égayer les tombes, dans les cimetières le WE dernier …

————————- Des albums ————————-

Babakunde
d’Annelise Hertier et Mariana Cabassa

**Un conte dans un décor africain, sur le deuil, sur le soutien des amis, de l’entourage. Il y a la mort, mais il y a aussi et surtout « APRÈS ». **
Une proposition de Kik

Au Revoir Blaireau de Susan Varley

Une proposition des Lutines, qui en parle en vidéo ICI.

Voir le jour d’Emma Guiliani

**Le cycle de la vie montrée dans toute sa beauté, à travers un album pop up poétique et artistique.**
Une proposition de Chlop et Pépita

L’arbre sans fin de Claude Ponti

**Quand Hipollène rentre chez elle et trouve sa mère veillant le corps sans vie de sa grand mère, elle a tant de chagrin qu’elle se transforme en larme, et tombe jusqu’aux racines de l’arbre sans fin, sa maison et son univers. Au cours d’un voyage initiatique, elle découvre que son arbre n’est pas sans fin, et qu’au delà il y a des milliers d’autres arbres. Une fable puissante où la mort prend sens dans la continuité de la vie, et dans la transmission intergénérationnelle.**
Une proposition de Céline du tiroir

Mon chagrin éléphant de Cécile Roumiguière et Madalena Matoso

**Quand le chagrin prend tout la place dans le cœur d’un petit garçon. Un album symbolique qui aborde le deuil à hauteur d’enfant.**
Une proposition de Pépita

Envolée de Corinne Dreyfuss

**L’histoire toute en image du rythme des saisons… Et de la vie. **
Une proposition de Chlop

Les Deux Vieux & l’Arbre de vie de Patrick Fischmann et Martine Bourre

** Un album délicat sur le cycle de la vie et la mort qui attend chaque homme en sa toute fin. Les illustrations de Martine Bourre apportent une identité visuelle forte donnant à l’ensemble une forme intemporelle sur le sujet.**
Une proposition de Bouma et Chlop

 

Anton et les rabat-joie de Ole Könnecke

**Ce qu’il y a de chouette avec les enfants, c’est qu’ils peuvent rire de tout, même de la mort. Anton et ses amis en font ici la preuve. **
Une proposition de Kik, de Chlop

La croûte de Charlotte Moundlic et Olivier Tallec

** »La croûte » de cet album, c’est le deuil de ce petit garçon qui a perdu sa maman. Il faut tout son possible pour se souvenir de sa voix, de son parfum, pour aider son papa. Mais il a beau faire de son mieux, y mettre toute son énergie, les sensations s’estompent et la vie continue. Un album très touchant qui montre la force de l’enfance.**
Une proposition de Sophie, Bouma, Carole-3étoiles

Une vie merveilleuse de Melissa Pigois

**La vie merveilleuse et poétique d’une petite feuille, qui va achever sa course dans un océan de couleurs.**
Une proposition de Chlop

Cinq minutes et des sablés de Stéphane Servant et Irène Bonacina

**La petite vieille s’ennuie à mourir. Elle n’attend plus que la visite de madame la mort. Mais celle-ci arrive, elle ne vient pas seule, elle ramène aussi la joie dans la cuisine de la petite vieille. Et les voilà emportées dans un tourbillon de gaieté.**
Une proposition de Chlop et Pépita

Sam & Pam de Mo Willems et Jon J. Muth

**Un album organisé autour des 4 saisons, pour montrer le cycle de la vie animale avec en perspective celui des hommes. Vraiment une jolie manière d’aborder le sujet.**
Une proposition de Bouma et Pépita

Le Jardin des ours de Fanny Ducassé

**Un jardin-souvenir de ses deux grands-pères pour un petit ours…Un album ressourçant pour continuer sur le chemin de la vie.**
Une proposition de Pépita

Jojo la mache d’Olivier Douzou

**Un drôle de livre sur une vache improbable qui va perdre petit à petit ses cornes, ses gamelles, ses tâches… Pour finalement se retrouver dans le ciel. Un classique de la littérature jeunesse.**
Une proposition de Kik et de Chlop

L’armoire de Anne Cortey

**Quand une armoire héritée fait parler de la grand-mère, quand les disparus vivent à travers leurs objets et que cela pose problème à une petite fille.**
Une proposition de Pépita

Ma maman est en Amérique elle a rencontré Buffalo Bill de Jean Regnaud et Emile Bravo

** Comment dire à son enfant que sa mère est décédée ? Pas toujours évident comme va le découvrir le jeune héros de cette magnifique BD d’Emile Bravo (adaptée au cinéma).**
Une proposition de Bouma

————————- Des textes courts ou Petits Romans ————————-

C’est samedi de Nadine Brun-Cosme et Séverine Cordier

C’est samedi
de Nadine Brun-Cosme
et Séverine Cordier

**Un texte court, entre la première lecture et l’album, sur une petite fille qui perd son grand-père. Il aborde de son point de vu sa tristesse ainsi que celle de ses parents. Une belle réussite pour une maison d’édition qui malheureusement n’existe plus.**
Une proposition de Bouma et Pépita

L’envol du dragon de Jeanne-A Debats

** Quand la science-fiction sublime les drames de la vie, cela donne un petit roman tout en maîtrise et d’une justesse rare.**
Une proposition de Bouma et de Kik

L’arbre à l’envers de Pauline Alphen

**Où il est à nouveau question de mort, de vie et de transmission. Un court roman au coeur d’une famille et ses secrets.**
Une proposition de Céline du tiroir et de Pépita

Mayo, ketchup ou lait de soja de Gaia Guasti

Mayo, ketchup ou lait de soja de Gaia Guasti

**Le décès d’un parent est toujours une épreuve. Il peut aussi être un point de liaison entre deux enfants que tout sépare. Une jolie histoire à découvrir dès 10 ans.**
Une proposition de Bouma

La plus grande lettre du monde de Nicole Schneegans

**Nicolas Deluze a onze ans. Sa mère est décédée dans un accident de chemin de fer et il ne connait pas son père. Elevé par ses grands-parents, il vit néanmoins une vie heureuse jusqu’au jour où sa grand-mère décède après une longue maladie. Le choc de cette disparition lui fait perdre la voix. Ne pouvant mettre des mots sur ses maux, il décide alors d’écrire la plus grande lettre du monde à sa future femme qu’il ne connait pas encore afin qu’elle apprenne qui il est et ce qu’il a vécu depuis sa naissance. Cette lettre, il lui offrira le jour de leur mariage…**
Une proposition de Céline

————————- Des romans pour les plus grands ————————-

Souvenirs de ma nouvelle vie de Marie Colot

**L’histoire de Charlie, 11 ans, qui tente de reconstruire sa vie après le pire des pires jours de sa vie… Un titre où l’auteure nous conte toute la force de l’enfance qui, grâce à son imaginaire et à sa créativité, est capable de transcender le malheur en bonheur.**
Une proposition de Céline, Kik, Alice et Pépita-La lecture commune ICI

#BLEUE de Florence Hinckel

**Oublier quand on est triste… C’est vrai que c’est tentant, cela pourrait paraître confortable. Pourtant après avoir lu ce roman, je veux les garder mes souvenirs, TOUS. Il est hors de question que j’oublie les mauvais moments si le prix à payer est d’oublier aussi les bons. **
Une proposition de Kik, Pépita

Le ciel est partout de Jandy Nelson

**Le monde s’écroule pour Lennie, 17 ans. Sa soeur Bailey, âgée de 19 ans, est terrassée par une arythmie fatale en pleine répitition de Roméo et Juliette. Ce drame laisse la famille Walker anéantie… Pour tenter d’exorciser sa peine, l’ado écrit des poèmes et les éparpille aux quatre vents avec l’espoir qu’un jour, quelqu’un les trouve, comprenne qui elle est, qui était sa sœur et ce qui leur est arrivé…**
Une proposition de Céline

Après la vague d’Orianne Charpentier

**Comment vivre sans culpabiliser alors que l’on n’a pas réussit à rattraper la main de sa sœur jumelle, emportée par un tsunami ? On suit Maxime dans son douloureux deuil, sur cette longue route sinueuse et difficile qui laisse le temps au temps…**
Une proposition d’Alice

Le monde dans la main de Mikaël Ollivier

**Une mère plante mari et fils sur un parking IKEA, sans raison apparente… Il faut attendre la fin du récit pour comprendre ce qui a pu pousser une mère à quitter un fils et un mari qu’elle aimait. Un titre qui traite avec pudeur de sujets peu abordés en littérature jeunesse: la sexualité, le deuil, l’abandon.**
Une proposition de Céline, Alice, Pépita

Broken Soup de Jenny Valentine

**Quand les parents perdent pied à la mort de leur fils, c’est une toute famille qui est plongée dans le désespoir. Mais il y a toujours une lumière, même infime, au bout du tunnel.**
Une proposition de Pépita

Sept jours à l’envers de Thomas Gornet

**7 jours pour remonter le temps.
7 jours pour comprendre.
7 jours pour commencer le deuil.**
Une proposition de Carole-3 étoiles, Kik, Alice

La fille qui ne croyait pas aux miracles Wendy Wunder

La fille qui ne croyait pas aux miracles de Wendy Wunder

**Quand on est adolescente et atteint d’une maladie incurable, la mort est attendue. Mais le temps d’un voyage, d’une quête de l’impossible pour aider ses proches à vivre, Campbell affronte la vie. Un texte émouvant à souhait à lire dès 13 ans.**
Une proposition de Bouma

2 filles sur le toit d’Alice Kuipers

**Une poignante histoire d’amitié qui permet de soulever avec justesse et délicatesse le deuil et la gémellité lorsqu’elle est brisée.**
Une proposition de Nathan, Bouma

Premier Chagrin d’Eva Kavian

**L’auteure aborde ici un thème difficile, celui de l’accompagnement en fin de vie des personnes âgées et malades.  Même si le sujet est sérieux et souvent tabou, on est bien loin d’un récit larmoyant ou moralisateur.  Cela s’explique par le choix de la narratrice qui, avec le franc-parler de la jeunesse, présente les choses telles quelles, sans fioritures inutiles ni pudeur exagérée. **
Une proposition de Pépita, Céline, Alice 

Revanche de Cat Clarke

**Un roman puissant, passionnant et véritablement poignant sur l’homosexualité, le harcèlement, le suicide. Un roman sur le deuil, la colère, la vengeance et la vie qui continue. Un roman sur la vie et la mort dans ce qu’elles ont de dévastateur.**
Une proposition de Nathan

Bird de Crystal Chan

**Naître le jour de la mort de son grand frère de 5 ans, un poids familial dont va vouloir se défaire Jewel, l’héroïne de ce roman touchant, beau et optimiste malgré tout.**
Une proposition de Pépita

Le monde de Charlie de Stephen Chbosky

**L’adolescence, l’amour, l’amitié, le sexe, l’alcool, la drogue. Les fêtes, la joie, la tristesse, le chagrin, l’émotion à fleur de peau, la tendresse, l’ambiguïté, la vie. Et derrière un traumatisme, et derrière la mort, et derrière les palpitations si fragiles d’un coeur bouleversant; celui de Charlie.**
Une proposition de Nathan, Bouma

Molène de Shaïne Cassim

**Souvenirs flous et essence poignante pour ce court roman qui danse entre musique, amour, mort et grandir.**
Un livre lu en commun à l’Ombre du Grand Arbre, ici, sur proposition de Nathan, Céline, Bouma

On ne parle pas de ça d’Eva Kavian

**Le deuil de quatre mère pour leur enfant parti trop tôt. Un deuil où ce passage loin de toute civilisation était indispensable. Un deuil dont malgré tout il faut se relever, casser, blessé avec cette souffrance qui ne les quittera jamais mais avec laquelle elles devront vivre. Un roman poignant sur un sujet dont, en effet, on ne parle pas. Un roman à partager entre grands ados et parents.**
Une proposition de Sophie, PépitaKik

Le dernier jour de ma vie de Lauren Olivier

**Un roman bouleversant dont je me souviens encore des années plus tard comme d’une lecture coup de poing, passionnante sur les regrets et la vie qui s’arrête comme au milieu d’une phrase. Soudainement. La mort inattendue.**
Une proposition de Nathan, Bouma

Quatre filles et un jean pour toujours d’Ann Brashares

**La force des mots et la simple justesse de son réalisme pour aborder le deuil, la vie, l’adolescence et la mort et tout qui se mélange et submerge. Des histoires poignantes mais pleines de lumière.**
Une proposition de Nathan, Kik, Bouma

Hate List de Jennifer Brown

**L’histoire dure mais terriblement prenante et émouvante de ce couple déchiré par la colère et la mort. En en faisant jamais trop, Jennifer Brown dresse le portrait vif et percutant d’une cette jeune fille qui va tant bien que mal tenter de se relever.**
Une proposition de Nathan

Qui es-tu Alaska? de John Green

**Indéniablement l’un de mes romans préférés. Je l’ai lu d’une seule traite, entre la plage et la caverne de mon lit éclairée d’une lampe torche; et il traverse avec une telle force l’adolescence, la mort, la vie et l’amour que j’en suis ressorti chamboulé. Juste, mystérieux, vivant et magnifique.**
Une proposition de Nathan

Une sélection riche à découvrir sans modération comme toutes les sélections concoctées par nos soins, que vous pouvez retrouver par ICI.

En octobre, on a aimé…

Par ce week-end ensoleillé (en Bretagne en tout cas), quelques coups de cœur d’octobre ont rayonné sous notre grand arbre !

Le grand mensonge de la famille Pommerol
Valentine Goby
Thierry Magnier, 2015

L’avis de Alice.

Ce n’est pas si facile que cela de mentir ; il faut faire très attention à ses faits et gestes pour ne pas être démasqué ! Alors quand toute la famille décide de faire « comme si », ce n’est pas une mince affaire !
Avec ce petit roman dynamique et amusant, hop ! direction la Chine … ou pas …

Alice

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Le jardin des ours
Fanny Ducassé
Thierry Magnier, 2015

L’avis de Pépita.

Un jardin de souvenirs où il fait bon se ressourcer. Un album immense (dans tous les sens du terme) sur la relation grand-parent/enfant.

Pépita

De cape & de mots
Flore Vesco
Didier jeunesse, 2015

L’avis de Pépita.

Un roman truculent à la langue bien pendue. Un régal de lecture !

Pépita

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Une journée parfaite
Danny Parker et Freya Blackwood
Grasset jeunesse, 2015

Les avis de Chlop et Céline du Tiroir.

L’insouciance de l’enfance, la liberté des jours de vacances et l’immensité de la mer, que demander de plus pour passer une journée parfaite?

Chlop

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Quelqu’un qu’on aime
Séverine Vidal
Sarbacane, 2015

Les avis de Carole, Alice et Pépita.

Pour se faire plaisir, pour la belle aventure, pour se mettre à l’abri de la laideur du monde.

Carole

royaumes du nord 1

Les Royaumes du Nord T.1
Stéphane Melchior et Clément Oubrerie
Gallimard jeunesse, 2014

L’avis de Bouma.

Une très belle adaptation des romans de Philip Pullman. On y ressent l’intensité des personnages et la complexité des intrigues. Et je ne suis pas la seule à avoir trouver cet album de belle qualité car il a reçu le Prix Jeunesse au dernier Festival d’Angoulême.

Bouma

LE LOUP VENU

Le Loup Venu
Gauthier David et Marie Caudry
Thierry Magnier, 2015

Les avis de Céline du Tiroir et Pépita.

Un album somptueux où la beauté de la nature laisse une place discrète au merveilleux et à l’imaginaire. L’histoire d’une rencontre singulière, entre bienveillance curieuse et peur de l’inconnu, dans une atmosphère de beauté et de mystère.

Céline du Tiroir

Les aventuriers du soir
Anne Brouillard
Les Editions des Eléphants, 2015

Octobre
Sandra Bessière et Christina Sitja Rubio
Notari, 2015

Les avis de Céline du Flacon et Chlop.       Les avis de Céline du Flocon et Céline du Tiroir.

Deux albums qui subliment les couleurs, celles qui décroissent à la tombée du jour dans l’un, celles qui subliment les saisons dans l’autre. Deux récits qui laissent la part belle à la poésie et à l’imaginaire de l’enfant. Deux coups de cœur.

Céline du Flacon

Ab et Cé
Matthieu Maudet
L’école des loisirs, 2015

L’avis de Sophie et Pépita.

Un album en accordéon qui joue avec les sons, les mots et les images pour le grand plaisir des petits lecteurs.

Sophie

Lecture d’enfant #21: La rivière à l’envers de Jean-Claude Mourlevat

Bon alors pour le choix du livre, j’avoue,  je n’ai pas demandé son avis à mon Grand-Pilote-de-Balançoire, c’était pour moi une évidence, nous venions de nous lancer dans une nouvelle aventure littéraire : chaque soir de septembre, nous lisions un chapitre de ce roman qui m’avait bouleversée au tout début de ma carrière de professeure de lettres au collège, nous lisions un chapitre du magnifique roman de Jean-Claude Mourlevat, mystérieusement intitulé La Rivière à l’envers. C’était une aventure complètement nouvelle car jusqu’à présent nous ne lisions que des albums ensemble, jamais de romans.

La Rivière à l’envers est donc le premier roman de mon apprenti lecteur !

rivière envers

– Alors alors par où commencer … ? Est-ce que tu peux nous dire ce qui est le plus important dans cette histoire pour toi ?

– Le plus important c’est que Tomek, le héros de l’histoire, trouve la rivière à l’envers !

– Et quel a été ton personnage préféré dans ce roman ?

– C’est Tomek parce que c’est le héros et qu’il a réussi à trouver la rivière Qjar. Et c’est toujours comme ça, je préfère toujours le héros de l’histoire.

– Pourrais-tu me le décrire, ce fameux Tomek- héros de l’histoire ?

– Il est rose (j’adore cette expression de mon fils !), avec des yeux verts et des cheveux noirs. Il a 12 ou 13 ans.

– Et quelle aventure de notre jeune héros as-tu préféré ?

– Quand Tomek a réussi à trouver la réponse à l’énigme de la fille sur la balançoire pour partir de l’île inexistante, oui mon aventure préférée ce sont les « paupières ». (ronronnement de plaisir dans la voix de mon Grand-Pilote)

– Parle moi d’Hannah tout de même, elle aussi est super importante…

– Oui, c’est aussi une héroïne, elle ne ressemble à aucune fille que je connaisse, elle est très forte, elle est vraiment courageuse comme on le découvre dans le 2e livre (il veut dire le tome 2 « Hannah »)

– Il y a des endroits vraiment merveilleux dans ce roman, notamment le village des Parfumeurs où Tomek et Hannah vont passer un certain temps. Si tu avais le même talent que les Parfurmeurs quel parfum aimerais-tu inventer ?

– Le parfum de la vie éternelle …

– Ah… et à quoi le reconnaîtrais-tu ?

– Je le reconnaitrais parce que dès qu’on le sent, on sent son présent, grâce à ce parfum on voit toujours son présent (j’avoue que cette réponse m’a paru particulièrement énigmatique mais elle avait un certain charme alors je l’ai gardée)

– Et si comme Tomek et Hannah tu étais retrouvé endormi par les Parfumeurs, quels seraient les mots qui te réveilleraient ?

– La voiture tut tut tut !

– Ah…

sourire coquin de mon Grand-Pilote !

– C’était la première fois que nous lisions un roman ensemble, est-ce que tu pourrais me dire quels sont les points négatifs et les points positifs par rapport aux albums ?

– Alors les points négatifs c’est qu’il n’y a pas d’images et du coup on ne voit pas les personnages, ça me gêne, c’est moins joli.

– Et les points positifs ?

– C’est que c’est très long, comme ça il nous faut plus de temps que pour lire un album. Lire un chapitre par soir c’était bien parce que c’est un plaisir qui dure plus longtemps (Bon ok, c’est moi qui ai rajouté le mot « plaisir » approuvé par mon Grand-Pilote !)

– Au final, est-ce que tu conseillerais cette histoire à d’autres enfants ?

– Je conseillerai cette histoire car elle est très bien, on peut inventer tout un décor, un univers. C’est comme si tout était possible.

– Et est-ce que tu trouves que ce livre est bien écrit, que l’auteur a choisi des mots particulièrement beaux pour nous raconter les aventures de Tomek et Hannah ?

– oui… ? (regard interrogateur)  Elle est finie ton interview ?

Bon,  là, je l’ai perdu ! J’ai voulu le faire réfléchir sur la notion de « style » (déformation professionnelle), je lui ai relu le début de La Rivière à l’envers et un autre début de roman pour enfant beaucoup plus mièvre mais il n’a pas du tout vu où je voulais en venir, je crois que pour l’instant ce qui compte avant tout pour lui c’est l’AVENTURE !

Alors nous l’avons prolongée en plongeant à corps perdu dans le deuxième tome de La Rivière à l’envers, celui où c’est Hannah qui raconte de son point de vue sa quête de l’eau de la rivière Qjar. Et ce fut le même plaisir, le même partage, et des émotions toujours plus intenses.

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Alors avec mon Grand-Pilote nous n’avons qu’un mot à dire :

LISEZ de la littérature jeunesse à vos enfants, c’est PAL-PI-TANT !