Nos coups de coeur de mars

Ce mois-ci, vous vous en doutez, nous avons fait le plein de lectures en attendant des jours meilleurs et ensoleillés !

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C’est le moment de sortir du cocon et de s’ouvrir au monde qui a séduit Liraloin dans cette lecture aux magnifiques illustrations.

Mon amie la chenille de Marion Janin, l’atelier du poisson soluble, 2021

La chenille et son amitié, celle qui nous comprend, celle pour qui on fait une grande place. Un secret bien gardé qui peut rebuter et effrayer si on ne rentre pas dans « ce monde ». Et pourtant, il faut bien s’y frotter à ce « monde », le dehors : la nature se dévoile et se révèle à moi. L’exubérance du monde me saisit et m’enveloppe toute entière.

La chenille se change, mue en un cocon quittant peu à peu sa forme originelle. Elle nous transporte, nous ouvre vers d’autres personnes, d’autres chemins…

Marion Janin et son talent d’illustratrice mais aussi d’autrice sait transposer les sentiments éprouvés durant l’adolescence. Une délicatesse rare où se mêle l’apprentissage de la vie à travers l’amitié que l’on éprouve pour soi et pour les autres. Alors même si tout semble emmêlé comme les végétaux dans une chevelure, viendra le moment où l’envol se fera un jour ou l’autre.

Retrouvez l’avis de Linda ici

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Deux coups de cœur très différents pour Lucie ce mois-ci, mais qui tous deux questionnent notre rapport à l’art.

Tout d’abord, Jours de sable. Dans cette bande dessinée inspirée de faits réels, Aimée de Jongh nous entraîne dans le Dust Bowl pendant la Grande Dépression. Un jeune photographe est envoyé par la Farm Security Administration afin de documenter les conditions de vie des paysans et de leurs familles. Mais peu à peu, John Clark va baisser son appareil et aller à la rencontre des gens. Les dessins en teintes ocres sont somptueux et la réflexion sur le cadrage et le pouvoir de la photo passionnante.

Jours de sable, Aimée de Jongh, Dargaud, 2021.

Son avis complet ici.

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Après la photographie, c’est l’art pictural qui est au centre de Aspergus et moi, du tandem Didier Lévy – Pierre Vaquez (aussi à l’origine du Train fantôme sélectionné pour le prix UNICEF de littérature jeunesse 2021).

Le narrateur de cet album est un petit assistant anonyme d’un grand peintre, responsable de la fabrication des dizaines de noirs nécessaires aux tableaux son patron. Mais voilà que ce Maître s’ennuie. Faire les portraits des puissants n’est finalement pas si réjouissant. Alors ce petit assistant va l’aider à retrouver son âme d’enfant, et par-là même la joie de peindre.

De Picasso à Pollock, en passant par Pierre Soulages et Walt Disney, nombreuses sont les références aux artistes modernes dans cet album magnifiquement illustré à la matière noire. Mais il n’est pas indispensable de les connaître pour apprécier l’histoire (le maître n’est pas toujours celui que l’on croit) et les illustrations.

Aspergus et moi de Didier Lévy, illustrations de Pierre Vaquez, Sarbacane, 2017.

Son avis complet ici.

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L’Ickabog. J.K. ROWLING. Gallimard Jeunesse, 2020

Blandine a totalement plongé dans le récit de JK Rowling qui nous emmène dans le Royaume prospère de Cornucopia, sur lequel règne le Roi Fred Sans Effroi, malheureusement trompé par ses deux conseillers. Mensonges, manipulation, pouvoir mais aussi amitié et entraide ponctuent ce roman à la langue facétieuse et très visuelle.

Son avis complet ICI, et celui d’Isabelle.

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Pour Linda, il y a eu peu de lectures en mars mais un beau coup de cœur s’est glissé en mode relecture par le biais d’une lecture à voix haute avec le très classique et sensible Anne de Green Gables. Un premier volume d’une série qui fait l’épreuve du temps et prouve que le charme désuet d’une époque révolue peut encore séduire les jeunes lecteurs d’aujourd’hui.

Anne de Green Gables de Lucy Maud Montgomery, Monsieur Toussaint Louverture, 2020.

Voici les avis de Linda et Isabelle.

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Isabelle a craqué pour un album au charme nordique mystérieux, superbement illustré par Clément Lefèvre. Un drame aux allures de conte, déclenché par la cause de la course au profit au mépris du respect le plus élémentaire de la vie et de la nature. À lire idéalement en forêt, et à faire découvrir aux lecteur.ice.s déjà grand.e.s. Pour le plaisir de l’œil, de l’imagination et de la réflexion.

La Magicienne, de Myriam Dahman et Clément Lefèvre, Glénat Jeunesse, 2021.

Son avis complet

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Colette s’est plongé avec son Petit-Pilote dans les grandes et intrigantes illustrations de l’album sans texte Dedans, dehors. Le duo Anne-Margot Ramstein et Matthias Aregui explore avec une subtile ingéniosité les ressources du cadrage et de l’échelle des plans. Chaque double page de l’album offre une vision simultanée d’un même paysage ou d’une même scène mais d’un point de vue différent : d’un côté l’extérieur de la scène, de l’autre l’intérieur de la scène. Un livre qui nous invite à chercher du sens dans ce qui n’en a pas au premier abord et à nous raconter des histoires pour créer du lien entre chaque image. Un livre comme une invitation à regarder le monde autrement.

Dedans, dehors, Anne-Margot Ramstein & Matthias Aregui, Editions Albin Michel, 2017.

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Et vous, qu’avez-vous lu de beau en ce mois de mars ?

Nos coups de cœur de février

Le printemps approche et les premiers bourgeons apparaissent déjà. Sous le soleil de février, découvrez les livres qui ont fait vibrer les blogueuses du Grand arbre !

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Lucie a lu un certain nombre de romans et d’albums de François Place pour la préparation de l’article qui lui est consacré dans la rubrique « nos classiques préférés » et son interview. Et elle a eu un énorme coup de cœur pour Le vieux fou de dessin. Ce texte illustré consacré à Katsushika Hokusai aborde de thème de la transmission et d’une certaine vision de l’art. Dans le Japon du XIXème siècle, les illustrations de François Place se mêlent avec bonheur aux reproductions des estampes de l’artiste.

Le vieux fou de dessin, François Place, Gallimard Jeunesse, 2001.

Retrouvez les avis de Lucie et de Blandine.

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Dans le même temps, Lucie a trouvé la lecture du troisième et dernier tome de la saga Steam Sailors particulièrement réjouissante. Pourtant, qu’il est difficile de mettre un point final à une épopée si créative, de conclure les fils narratifs patiemment tissés et de combler les attentes des lecteurs ! E. S. Green y parvient, et avec brio.

Steam Sailors, 3. Le passeur d’âmes, E. S. Green, Gulf Stream éditeur, 2021.

Retrouvez les avis de Linda, Isabelle et Lucie.

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Pour Linda, les belles lectures ont été nombreuses en février et il n’a pas été facile de faire un choix. Très attachée à l’image, elle a mis l’accent sur les lectures de romans illustrés, mais c’est Kodi qui se démarque par son format. Ce roman graphique américain est l’œuvre de Jared Cullum, un artiste inconnu jusqu’alors en France. Son histoire est celle d’une rencontre entre une fillette introvertie et un ours kodiak solitaire qui deviennent amis et inséparables. Lorsqu’ils sont contraints de se séparer, Kodi quitte son Alsaka natal pour la ville de Seattle à la recherche de sa jeune amie humaine. C’est une histoire tendre et touchante à découvrir pour la beauté du trait et la richesse des émotions.

Kodi de Jared Cullum, Komics Initiative, 2021.

Son avis complet est ICI.

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Et parce qu’il serait impossible de parler d’importance de l’image sans mettre en avant le travail du studio MinaLima, Linda a aussi eu un énorme coup de cœur pour leur adaptation illustrée et animée de Harry Potter à l’école des Sorciers. Redécouvrir le texte dans ce format richement décoré et valorisé par une édition de qualité fut un plaisir indescriptible. Il faut bien avouer que c’est une édition faite pour le collectionneur, sa fragilité n’en fait pas un livre que l’on peut feuilleter sans précaution mais elle rend la lecture jouissive.

Harry Potter à l’école des Sorciers, de J.K. Rowling, illustré par MinaLime, Gallimard jeunesse, 20220.

Son avis complet est ICI.

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Pour Liraloin, le coup de cœur est pour un roman ado pas comme les autres. Il s’agit du titre Les derniers des branleurs de Vincent Mondiot.

Un roman où la vie se passe, s’expérimente et les où les connexions sociales ne sont pas toujours simples. Ce groupe d’ados qui va tenter d’analyser cette année de terminale et le chemin qui s’ouvre vers le monde des adultes. Rien ne va jamais très loin dans leurs réflexions mais c’est leur façon à eux de ressentir la vie, vivre l’amitié et l’amour en cette année si particulière. Un roman au ton et à l’humour bien tranchant qui rend cette histoire très juste.

Les derniers des branleurs de Vincent Mondiot, Actes sud junior, 2020

Son avis complet est ici.

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Isabelle et ses moussaillons ont eu soif de merveilleux en ce mois de février. Alors ils ont adoré s’attacher, avec le jeune Jack, à un cochon en peluche délavé et rapiécé, puis le rechercher désespérément – quitte à devoir pour cela se rendre au pays des Choses perdues en compagnie d’un contrariant Cochon de Noël… Cette intéressante contrée nous donne à réfléchir à tout ce qui peut se perdre et, dans la masse, à ce qui revêt plus ou moins de valeur dans notre monde consumériste où les choses se jettent et se remplacent en un clin d’œil. Des objets utiles ou superflus, à valeur sentimentale ou absolument vitale. Mais aussi des principes. Ou l’inspiration. C’est malin et inventif, drôle et acéré.

Jack & la Grande aventure du Cochon de Noël, de J.K. Rowling, illustrations de Jim Field. Gallimard Jeunesse, 2021.

Les avis d’Isabelle, Blandine, Linda et Lucie.

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Et en album, l’équipage de L’île aux trésors a craqué pour Mina, une souris casanière qui n’aime rien tant que sa petite bulle douillette. Ce qu’elle apprécie moins, c’est l’énergie bruyante de son baroudeur de père. Les choses se corsent le jour où il ramène ce qui serait d’après lui un écureuil… Au premier coup d’œil, on reconnaît avec plaisir le coup de crayon, la palette de couleurs chatoyante, l’univers et le bestiaire bien à lui de Matthew Forsythe. Impossible de résister à la douce fantaisie qui règne sur l’histoire et les dialogues. Ces pages laissent sur la rétine une agréable impression, un assouvissement né des couleurs fauvistes et du confort de ce petit monde de souris. Divertissant, plein d’imagination, tout simplement splendide.

Mina, de Matthew Forsythe, Little Urban, 2022.

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Colette a enfin pris le temps de partager avec ses Petits-Pilotes le bel album Destins d’aventurières offert par Aude, sa work wife for ever, qui dresse le portait de 16 femmes hors du commun. Un album pour découvrir de nouveaux horizons et explorer le monde avec curiosité et enthousiasme. Un album qui pourra être mis à l’honneur demain pour la Journée internationale des droits des femmes.

Destins d’aventurières, Lucie Birba, Editions du trésor, 2020.

Et pour celles et ceux qui chercheraient d’autres livres sur ce sujet, n’hésitez pas à faire un tour sur notre article de l’année dernière dédiées aux femmes combattantes, inspirantes, innovantes : girl power !

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En parlant de destin féminin, Blandine a eu un grand coup de cœur pour la biographie d’Alice Guy, réalisée par Catel et Bocquet.

Alice Guy. Catel & Bocquet. Casterman, 2021

Pionnière du cinéma, Alice Guy l’a inventé! Pas l’outil, mais bien la faculté qu’a le cinéma à nous transporter dans des ailleurs, à nous raconter des histoires à nous faire rire, etc. Alors que le tournant du XIXe-XXe siècle foisonne d’inventions, Alice Guy se fait une place dans un monde résolument masculin. Pourtant, son nom a été effacé. Découvrez pourquoi dans cette passionnante biographie!

La présentation complète de Blandine ICI

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« Plus y a de musique dans le monde, et moins il est vide » a dit Ma Rainey, la « Mère du Blues » et avec ce petit album documentaire qui nous présente 40 chanteurs et groupes, le monde vibre, chante, danse, et s’émeut.

Black Music. Olivier CACHIN et Jérôme MASI. Gallimard Jeunesse, 2017

De la soul, au blues, au funk, au rock et jusqu’au hip-hop, « 40 artistes de la musique noire » et si universelle nous sont présentés entre succès, influences et anecdotes. Et c’est passionnant! Le petit plus: avoir une application musicale à portée de main pour prolonger les (re)découvertes!

La chronique complète de Blandine LA

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Isabelle et ses Moussaillons ont suivi Jack et le Cochon de Noël, Blandine a été voir si L’Ickabog existait, ou pas…

L’Ickabog. J.K. ROWLING. Gallimard Jeunesse, 2020

Une créature que l’on dit malfaisante et terrible, vivant dans des contrées éloignées, nourrissant histoires et légendes, une expédition qui tourne court et mal… et voilà comment les deux conseillers du roi Fred Sans Effroi ont fait mainmise sur le pouvoir du Royaume fort joli et prospère de la Cornucopia. L’Ickabog est un conte politique sur les abus de pouvoir, les manipulations et mensonges qui abusent et assujettissent le peuple, pour lui faire croire à un danger contre lequel il faut absolument se prémunir, moyennant impôts et mesures liberticides. Un conte très riche, servi par une écriture très visuelle et immersive, brillamment traduit par Clémentine Beauvais.

Les avis de Blandine, d’Isabelle, de Lucie

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Et vous, qu’avez-vous lu de beau ces dernières semaines ?

Nos coups de cœur de janvier

Quels ont été les premiers coups de cœur de l’année du Grand arbre ?
C’est ce que nous vous proposons de découvrir dans cet article, et force est de constater que la grisaille nous a orientées vers des œuvres lumineuses et/ou porteuses d’espoir !

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Pour Linda, c’est un classique illustré qui a marqué le mois de janvier. La lecture à voix haute des aventures de Arsène Lupin, fut un moment jouissif partagé avec sa demoiselle qui s’est régalée de la finesse d’esprit et des manières courtoises et ironiques de ce Gentleman Cambrioleur. Le texte est par ailleurs rendu plus immersif par les sublimes aquarelles de Vincent Mallié qui viennent illustrer ces nouvelles avec brio.

Arsène Lupin – Gentleman Cambrioleur de Maurice Leblanc, illustré par Vincent Mallié, Margot, 2021.

Son avis complet est à lire ICI.

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Pour Liraloin c’est le trait et l’écriture de Gaya Wisniewski qui a retenu toute son attention. Un album inspirant !

Aleksander vit dans une immense ville où il a oublié ses rêves d’enfant : « Combien de temps vas-tu encore faire semblant ? » lui crie Ours. Ours est un animal qu’Aleksander dessinait lorsqu’il se promettait de réaliser ses désirs de garçonnet. Hélas, le jeune homme est devenu spectateur de sa propre vie et il faudra sans doute l’intervention de son ancien doudou Foxi pour qu’il en prenne conscience.

« Mais… Tu sais, quand tu arrives tout au fond d’un tourbillon, rebondis en oblique, comme ça, tu casses le mouvement. Chaque tourbillon a un moment de faiblesse, et tu peux en profiter pour remonter à la surface. ».Quand Aleksander va-t-il cesser de perdre connaissance et prendre conscience qu’une vie meilleure l’attend ?

Gaya Wisniewski sait parler à nos sentiments les plus profonds. Le texte sonne juste et nous rappelle oh combien il est important de s’arrêter, de mesurer nos choix : « Dis-moi, au fond, c’est pas un peu ça, la vie ? Entre les montagnes russes et le train fantôme ? ». Les illustrations en noir et blanc invitent le lecteur à l’immersion contemplatif que l’on reçoit dans les grosses villes. Se perdre un peu parfois, être rassuré souvent par des souvenirs provenant de l’enfance douce et naïve si pleine d’espoir.

Ours à New-York de Gaya Wisniewski, Mémo, 2020

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Lucie a été emballée par l’histoire de Yasuke, mais surtout par sa mise en images et en couleurs par Frédéric Marais. Incroyable de transmettre tant d’émotions avec des aplats de couleurs ! Les teintes ocre, bleu, blanc et noir se répondent et servent admirablement le destin de cet esclave devenu samouraï.

Yasuke de Frédéric Marais, Les fourmis rouges, 2015.

Son avis complet ICI.

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Isabelle et ses moussaillons ont adoré glisser sans vergogne leur regard curieux par les fenêtres de cet album. De l’extérieur, on discerne un intérieur cossu, appétissant ou terrifiant, façon « Fenêtre sur cour ». À partir de là, l’imagination peut s’emballer ! Mais attention, gardez à l’esprit que la façade peut être redoutablement trompeuse… C’est tout le sujet de Regarde par la fenêtre de Katerina Gorelik, un album malin, charmant et réjouissant grâce à ses petits détails et son humour noir.

Son avis complet ICI.

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Et en roman, le coup de cœur du mois de janvier de L’île aux trésors va sans hésitation à une œuvre magistrale : la trilogie À la croisée des mondes qui fêtait ses vingt ans récemment et que Philip Pullman est en train de prolonger avec la trilogie de la Poussière. Une aventure épique déployée dans un univers d’une densité fabuleuse et infusée de réflexions sur les obscurantismes, les liens entre savoir et pouvoir et la transition vers l’âge adulte.

L’avis d’Isabelle sur les tomes 1 (Les Royaumes du Nord), 2 (La tour des anges) et 3 (Le miroir d’ambre).

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« Lumière » et « espoir » conviennent parfaitement aux deux coups de cœur de Blandine.

Les fins de MOI sont difficiles. Hubert BEN KEMOUN. Flammarion Jeunesse, 2021

Tout commence avec ce titre qui happe, questionne, interpelle, résonne! On fait connaissance avec Mathilde qui force sa nature solitaire pour une amitié qu’elle espère sincère et réciproque. De malheureux évènements vont lui faire ouvrir les yeux mais aussi la révéler à elle-même.

La réalité rattrape et dépasse souvent la fiction comme nous l’écrit l’auteur en postface de son roman qui aborde un sujet ô combien difficile et actuel: le harcèlement! Bien que terrible et glaçant de réalisme, il lui insuffle une espérance pour croire en soi, pour penser que demain sera meilleur, avec l’aide de quelques Autres.

Sa chronique complète ICI.

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L’enfant, la taupe, le renard et le cheval. Charlie MACKESY. Les Arènes, 2020

Ici aussi, le long titre attire l’attention! OLNI (Objet Littéraire Non Identifié), ce livre est à la croisée des genres et nous décrit la rencontre et les discussions de quatre êtres: un enfant naïf, une taupe gourmande, un renard méfiant et un cheval sage. Quatre êtres qui sont chacun une part de nous, et tour à tour nous. La quête identitaire, sa place dans le monde, le courage, le rapport à l’Autre sont autant de thèmes abordés avec délicatesse et spontanéité. Beaucoup de douceur et de bienveillance se dégagent des quelques mots qui accompagnent des illustrations réalisées à l’encre de Chine, parfois réhaussées de couleurs.

A découvrir de manière classique ou plus spontanée, il se vit plus qu’il ne se lit, et se love directement au cœur.

La chronique complète de Blandine ICI

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Et vous, quels ont été vos premiers coups de cœur de l’année ?

Nos coups de cœur de décembre

Ca y est, les fêtes de fin d’année sont passées. Il est temps de retrouver le quotidien, mais pas question pour autant de plonger dans une routine grisâtre !

Pour commencer cette année 2022 et après un article consacré à nos coups de cœur de l’année 2021, voici les livres que nous avons aimé le mois dernier pour donner de l’élan et de l’allant à ce début d’année.

Nous vous souhaitons une année riche en découvertes et en partages à l’ombre du Grand Arbre !

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Lucie a fait deux belles découvertes en décembre.

J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle, de la sensible et toujours juste Jo Witek. Lu sur les conseils de Frédérique, ce roman qui faisait partie de la sélection du Prix Vendredi raconte sans détour ni effets le destin d’une adolescente victime d’un mariage forcé. L’histoire est glaçante, mais aussi incroyablement lumineuse grâce à son héroïne pleine de vie. Un roman bouleversant.

J’ai 14 ans et ce n’est pas une bonne nouvelle de Jo Witek, Actes Sud, 2021.

Les avis de Frédérique et de Lucie.

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Il est rare qu’un documentaire soit l’objet d’un coup de cœur. Peut-être parce que sa forme invite moins à l’émotion. Et pourtant, L’Amazone, Fleuve de la biodiversité a lui aussi conquis Lucie. Ses illustrations toutes douces, la qualité et la diversité des informations sélectionnées en font un ouvrage à part. Marie Lescroart a su trouver le ton entre récit et documentaire pour conter l’histoire de ce fleuve fabuleux.

L’Amazone, Fleuve de la biodiversité de Marie Lescroart, illustrations de Catherine Cordasco, Editions du Ricochet, 2021.

Son avis ICI.

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La collectionneuse de papillons a trouvé au pied du sapin le dernier album d’Emmanuelle Houdart car elle n’en manque jamais aucun et ses proches le savent. Un album à la couverture magnifique colorée et terriblement intrigante. Le titre aussi titille l’imagination : de quel mortel va-t-il s’agir ici ? Au fil de ses illustrations riches de détails et de provocations, Emmanuelle Houdart s’essaye à une forme de documentaire très subjectif sur la mort, ses symboles, ses personnages, ses lieux… Un sujet qui n’est pas très joyeux et que pourtant l’artiste parvient à rendre accessible au fil de ses créatures déroutantes.

Mortel, Emmanuelle Houdart, Les Fourmis rouges, 2021.

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Le troisième et dernier volume de la série Steam Sailors a fait chavirer l’âme aventurière de Linda. Les pirates de l’air arrivent au Tartare, dernière étape d’un voyage semé d’embuches, lieu mythique chargé de magie. Sur place ils auront fort à faire et ne manqueront pas de tendre la main pour quérir toute l’aide possible. E.S. Green signe une conclusion explosive d’une série qui révèle tout son amour pour les histoires de pirates.

Steam Sailors, tome 3. Le Passeur d’âme de E.S. Green, Gulf Stream éditions, 2021.

Son avis complet est ici.

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À la recherche d’albums premier âge pour ses petits neveux, Isabelle a littéralement fondu en découvrant Bonne nuit tout le monde ! Cet album évoque le coucher avec une douceur infinie. Douceur du texte rythmé comme une comptine. Douceur et délicatesse des illustrations de Komako Sakai qui semblent parées du voile qui tombe sur le monde à l’approche du sommeil. Douceur de constater que tout est sa place et que l’on peut sereinement se laisser glisser dans la nuit. Un album adorable pour rendre le rituel du coucher plus tendre encore.

Bonne nuit tout le monde ! de Komako Sakaï et Chihiro Ishizu. L’école des loisirs, 2018.

Son avis complet est ici.

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Et en lecture à voix haute avec ses moussaillons, Isabelle a beaucoup aimé s’immerger en lecture à voix haute dans l’expérience de pensée post-apocalyptique des Nuées, la nouvelle série de Nathalie Bernard. Le scénario est d’autant plus percutant qu’il est parcimonieux : qu’adviendrait-il si une catastrophe pulvérisait notre cadre spatio-temporel ? Les récits des deux héroïnes se font écho, donnant, par petites touches, de la consistance au monde d’Eremos, son histoire, ses rites, ses fondements politiques, linguistiques et mythologiques. On se prend au jeu, la tension monte et au moment de refermer le livre, on brûle de lire la suite pour savoir ce que deviendront les deux héroïnes et sonder enfin les ténèbres qui persistent autour d’Érémos. Un récit d’anticipation happant et émouvant, entre ombre et lumière, dont la suite est attendue avec impatience !

Les Nuées, Livre 1 : Érémos, de Nathalie Bernard. Thierry Magnier, 2021.

Son avis complet est ici.

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Et vous, qu’avez-vous lu de beau en décembre ? Et quelles sont les lectures sous le signe desquelles vous avez envie de placer le renouveau de ce début d’année 2022 ?

Le coup de cœur de nos coups de cœur 2021 !

2021 se termine et nous laisse empêtrés dans ses points de suspension… Mais pour répondre à nos questionnements existentiels, sociétaux, politiques ou esthétiques, quoi de mieux que la lecture ? Alors aujourd’hui nous vous proposons nos coups de cœur de l’année 2021 pour transformer les points de suspension semés par 2021 en joli point d’exclamation !

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Lucie a eu de nombreux coups de cœur en 2021, notamment grâce aux précieux conseils des abronautes toujours enthousiastes !
Et c’est à Isabelle qu’elle doit la découverte du renversant Là-Bas. Rebecca Young et Marc Ottley proposent un album abordant le thème de l’exil avec douceur et luminosité. Ils ne taisent rien des dangers et des peurs, mais choisissent l’espoir. Une véritable œuvre d’art qui laisse une marque indélébile. À mettre dans toutes les mains, pour aborder un thème toujours tristement d’actualité.

Là-Bas de Rebecca Young, illustrations de Matt Ottley, éditions Kaléidoscope, 2020.

Les avis de Lucie et d’Isabelle (avec un aperçu des magnifiques illustrations).

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Pour Liraloin c’est lors d’un billet consacré à Jean-Claude Mourlevat que le coup de cœur est arrivé sans crier gare, une plongée dans un univers dont le lecteur ne sort pas indemne. Il s’agit du Chagrin du Roi Mort publié en 2009.

Aleksander et Brisco sont frères, inséparables compagnons de jeux. « Aleks seul était le fils de Selma. Elle l’avait mis au monde, au milieu de l’hiver, dix ans plus tôt, mais pas Brisco. Et cela vaut la peine de raconter dans quelles circonstances étonnantes. »

Le lendemain les deux frères se rendent à la bibliothèque royale et Brisco se fait enlever par une belle et terrible dame blonde. Pourquoi Brisco ? Quelle est la signification de la marque dans la paume de sa main ?

Un roman qui s’articule en deux parties : l’enfance, puis la guerre. Une première partie pour comprendre la fusion entre les deux jeunes garçons. Cette vie douce et paisible dans un cocon familial aimant. Une vie ponctuée de mystères, des récits empreints de sorcellerie permettant de mieux cerner les personnages et leurs rôles à venir dans la seconde partie. La guerre qui aura lieu. Un père qui voudra récupérer son fils. Un homme qui tentera d’être père. Deux garçons qui marcheront sur des chemins différents, bercés par l’amour.

Une histoire qui emporte très, très loin le lecteur, dans une contrée où la sorcellerie, la vengeance renforcent les liens. Le merveilleux, la dureté de la guerre et parfois la lutte contre soi-même bouleversent profondément. Jean-Claude Mourlevat est un formidable conteur.

Le chagrin du Roi Mort de Jean-Claude Mourlevat, Gallimard jeunesse, 2009

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Pour la collectionneuse de papillons, 2021 aura été l’année Séverine Vidal : entre Tu reverras ton frère, Mon héroïne, Des Astres, Soleil glacé et Sous ta peau le feu, Colette a eu l’impression de vivre mille vies, toutes plus intenses les unes que les autres. Comme il est vraiment extrêmement difficile de choisir dans une œuvre aussi dense, elle retiendra pour terminer l’année le dernier lu : la très belle BD Le Plongeon qui donne la parole à Yvonne, 80 ans, qui quitte son histoire, sa maison, sa chienne pour aller vivre en EHPAD. De ce déménagement, qui sera le dernier de toute une vie, que reste-t-il à notre héroïne ? Et bien l’essentiel : sa vie, sa vie sans rien d’autre autour, sans murs, sans les autres, sans bagages. Rien que sa vie. Et que l’on soit adolescent ou adulte, ce texte là est bouleversant. Il nous invite à plonger. En nous-mêmes. Pour voir ce qu’il reste quand le tourbillon de la société nous délaisse.

Le Plongeon, Séverine Vidal, Victor L. Pinel, Grand Angle, 2021.

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2021 a été une année de lectures particulièrement riche sur L’île aux trésors. Mais s’il ne fallait retenir qu’un titre, ce serait La fleur perdue du chaman de K. Pour l’objet-livre hors du commun, le dépaysement puisque nous voilà en Amazonie, l’intrigue menée tambour battant, les personnages inoubliables, des dialogues délicieux, le vent d’aventure auquel il est tout simplement impossible de résister ! Ode à l’amitié et à l’espoir, un roman réjouissant et émouvant : de ceux qui peuvent susciter la passion de lire.

La fleur perdue du chaman de K. Un incroyable voyage des Andes jusqu’à l’Amazonie, de Davide Morosinotto. L’école des loisirs, 2021.

Les avis d’Isabelle et de Linda

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L’année 2021 a été très riche en lecture et découverte mais pour Linda, c’est le récit poétique et féministe d’Elise Fontenaille qui a laissé l’emprunte la plus forte. En quelques cent pages, La Sourcière décrit la cruauté des hommes de pouvoir, dénonce les violences faites aux femmes et condamnent l’oppression qui annihile les libertés.

La Sourcière d’Elise Fontenaille, Rouergue, 2021

Son avis complet est ICI.

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Aventure, péripéties, paysages magnifiques, nostalgie et ode à l’enfance… Voilà ce qui s’impose à Blandine au moment de désigner SON coup de cœur 2021 et qui la renvoie à L’Enfant PAN d’Arnaud Druelle. Un préquel à l’œuvre de JM Barrie qui l’annonce autant qu’il le prolonge tout en s’inscrivant dans un contexte historique prégnant. Juste magnifique!

L’Enfant PAN. Arnaud DRUELLE. Gulf Stream Editeur, 2021

Son avis complet ICI.

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Est-ce qu’il y a une lecture qui a marqué votre année à vous ? En tout cas, toute l’équipe du grand arbre vous souhaite une année 2022 pleine de bonheur et de chouettes lectures !