De nouvelles branches viennent enrichir le Grand Arbre !

C’est toujours une étape dans la vie du blog que d’accueillir de nouvelles copinautes. Voici quelques semaines déjà qu’elles ont commencé à participer aux articles, en ce mois anniversaire il est grand temps de vous les présenter.

Nous sommes très heureuses d’accueillir deux Héloïse (Helolitla et Ileautresor – au singulier) et Séverine A l’Ombre du Grand Arbre, et nous espérons que vous prendrez autant de plaisir que nous à les découvrir et à les lire !

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Présentation d’Héloïse – Helolitla

La littérature jeunesse, pour toi, c’est quoi ?

Ohlàlà, quelque chose de très compliqué à définir ! Plus sérieusement, je pense qu’elle m’a toujours accompagnée, sans jamais me quitter. J’ai toujours un livre avec moi, et la littérature jeunesse/ado représente plus de 80 % de ce que je lis. C’est une littérature protéiforme, riche, libre, aux multiples publics. C’est une invitation à rêver, à réfléchir, à repousser les limites des genres. C’est une littérature qui ne se prend pas au sérieux, tout en étant sérieuse.

Depuis quand t’intéresses-tu à la littérature jeunesse ?

Depuis toujours ! Enfin, depuis que je sais lire. Je m’y suis replongée avec délice quand j’ai préparé le CAPES de documentation, puis avec la naissance de mes deux enfants, et depuis elle ne m’a jamais plus quittée.

Et depuis quand partages-tu tes lectures en ligne ?

J’ai créé un compte instagram suite à une formation sur la littérature jeunesse, formation menée par Isabelle Valdhder-Harbonnier qui tient le blog Petites madeleines. Au début un peu par défi, pour m’amuser, et puis je me suis prise au jeu. En parallèle, j’essaie de partager mes lectures sur Babelio. Cela me permet aussi de tenir le compte de tout ce que je lis !

As-tu des livres ou des auteurs fétiches ?

Des auteurs, je ne sais pas, même si j’aime beaucoup la plume de Marie Colot, ou les facéties de Clémentine Beauvais. J’aime aussi les univers de Timothée de Fombelle (Tobie Lolness a été une vraie révélation, et j’ai adoré Vango !), de Jean-Claude Mourlevat, de Flore Vesco, de Manon Fargetton, les albums des Fan Brothers pour les plus jeunes.

Mais j’ai une prédilection pour les littératures de l’imaginaire, et notamment la fantasy. Je pense aux romans de Pierre Bottero, à Ewilan et Ellana qui ont été pour moi des révélations, tout autant qu’Harry Potter. Et bien sûr à Eragon et ses suites, que je relis en ce moment. Nevermoor plus récemment.

En fantasy adulte, je suis une grande fan de Brandon Sanderson, Michael J. Sullivan (Les révélations de Riyira sont la meilleure saga que j’ai jamais lue), de Trudi Canavan ou encore de Robin Hobb.

Quelle a été ta plus belle découverte littéraire de ces derniers mois ?

Il y en a eu beaucoup, c’est si difficile de choisir ! J’adore échanger avec Virginie Salobir, qui a écrit l’excellente trilogie L’ordre du Cygne, dont on entend trop peu parler. Je me suis aussi récemment réconciliée avec le genre policier grâce aux romans de Sylvie Allouche.

Parmi les titres qui m’ont beaucoup marquée, il y a ceux de Mary Orchard, avec Bloomstone Manor, et ceux de Pascaline Nolot, qui m’a fait frissonner avec Rouge.

Côté albums, je pense à Christopher Denise, pour la douceur et la bienveillance qui se dégagent de ses textes (Chevalier Chouette, THE succès à la maison, et Quand on est au milieu, si chou), aux illustrations de Tristan Gion ou de Briony May Smith qui régalent toute la famille. Sans oublier Torben Kuhlmann, qu’on admire depuis que nous avons découvert Armstrong, la petite souris qui rêve d’aller sur la Lune.

J’en oublie malheureusement, je pourrais continuer cette liste pendant très longtemps, il y a de si belles découvertes à faire en littérature jeunesse !

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Présentation d’Héloïse – Ileautresor

La littérature jeunesse, pour toi, c’est quoi ?

Bonne question ! Je pense surtout aux albums jeunesse que j’ai découvert depuis 2004 -2005 (date à laquelle j’ai obtenu un diplôme d’éducatrice de jeunes enfants). J’aime particulièrement les livres qui se rapportent à la petite enfance. De façon plus large, la littérature jeunesse concerne aussi les romans pour adolescents.

Depuis quand t’intéresses-tu à la littérature jeunesse ?

Eh bien, elle m’intéresse depuis toujours ! Depuis qu’on m’a lu des histoires (et que je suis capable d’en lire).

Et depuis quand partages-tu tes lectures en ligne ?

Je suis active sur Babelio depuis 2020 (le confinement). J’ai plaisir à écrire de petits billets sur les lectures que j’aime, surtout en littérature jeunesse…

As-tu des livres ou des auteur.e.s fétiches ?

Certains livres m’ont marqué dans ma jeunesse : comme Tom et le jardin de minuit, Mon bel oranger, Moumine, des romans d’aventure : Le lion (J. Kessel), L’appel de la forêt (J. London)… Aujourd’hui j’ai découvert d’autres auteurs comme Timothée de Fombelle.
J’aime beaucoup aussi Nathalie Bernard et son écriture bien rythmée, ainsi que Antje Babendererde (sur le thème amérindien). J’attends avec impatience le dernier tome de la trilogie de Timothée de Fombelle : Alma, la liberté… en attendant je lis Tobie Lolness.

Quelle a été ta plus belle découverte littéraire de ces derniers mois ?

Dernièrement j’ai lu un livre poignant d’Elise Fontenaille : Kill the indian in the child. Dans un tout autre registre, j’ai adoré l’écriture de Clémentine Beauvais dans son guide : Écrire comme une abeille : de la littérature jeunesse à la lecture et à l’écriture – j’ai découvert (tardivement) Les petites reines et j’ai beaucoup aimé.

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Présentation de Séverine

Avant de répondre aux questions, j’aimerais dire ma joie d’intégrer l’équipe du blog, surtout en même temps que deux nouvelles recrues qui portent toutes deux le même prénom que ma fille aînée ! Avec un H ! C’est bon signe, non ?

La littérature jeunesse, pour toi, c’est quoi ?

Pour moi, la littérature jeunesse, c’est une liberté absolue.

Sur le fond : cette littérature permet d’aborder toutes les thématiques sans exception – à condition que ce soit bien fait – en orientant parfois les lectures sur des sujets, des valeurs qui tiennent particulièrement à cœur, et/ou d’actualité.

Sur la forme : c’est une grande variété de supports, adaptés à tous les types de lecteur.ices : le choix est immense.

La littérature jeunesse, c’est aussi donner des ailes aux enfants : ouvrir en grand les portes de leur imaginaire, en leur faisant côtoyer la création, la poésie, l’image (j’aime tellement les albums illustrés !!!) dès leur plus jeune âge, je suis persuadée qu’on les aide à prendre conscience de leur personnalité, de leur sensibilité, de leur potentiel… Quoi de plus important pour bien démarrer dans la vie ? Je ne résiste pas à l’envie de citer Anne Sylvestre :

Laissez les enfants gagner
Le droit d’étendre leurs ailes
Dans la lumière nouvelle
D’une vie à inventer

Depuis quand t’intéresses-tu à la littérature jeunesse ?

Depuis toujours ! Enfant, adolescente, j’étais « celle qui lit », partout, tout le temps. Puis mes études et ma carrière m’ont peu à peu éloignée des livres, de la littérature jeunesse, encore plus. Ainsi, pendant longtemps, j’avais oublié que je l’aimais autant ! En vérité, je me suis reprise de passion pour cette littérature à la naissance de ma troisième, avec laquelle je m’étais promis de partager des moments « rien qu’à nous », ce que j’avais finalement peu pratiqué avec mes deux aînés (ils ont 11 et 9 ans d’écart avec la petite dernière) : la lecture s’est révélée le parfait outil pour ces temps hors du temps.

Et depuis quand partages-tu tes lectures en ligne ?

En 2021, j’ai fait un burn-out, avec le sentiment que j’étais passée à côté de ma personnalité profonde. Quelques mois de thérapie et un bilan de compétences plus tard, une reconversion professionnelle dans les métiers du livre et la nécessité d’exprimer mes goûts se sont imposés. J’ai donc suivi une formation de libraire puis, en parallèle, j’ai ouvert mon compte Instagram « Sev se livre » pour partager mes coups de cœur livresques (je ne partage JAMAIS un avis négatif) en littérature jeunesse, mais pas que ! Cela me permet aussi d’assouvir un irrépressible besoin d’écriture, que j’avais également tu pendant des décennies (enfin si, j’ai rédigé dans ma carrière pro des centaines de notes de service, de délibérations et de mémoires en défense pour le tribunal administratif…) Je passe des heures à écrire mes posts, car j’essaie de leur donner une identité. Je reconnais que lorsque je donne envie de lire le livre dont je parle et qu’en plus, on me complimente sur la chronique, je suis aux anges !

As-tu des livres ou des auteur.e.s fétiches ?

Mon livre et mon auteur fétiches sont indissociables. Il s’agit de « Aux filles du conte » de Thomas Scotto. Tout en poésie et en finesse, c’est un court texte paru chez les Editions du pourquoi pas ?, qui me touche en plein cœur. Pour son message féministe, pour ses nombreuses références aux contes de notre enfance, pour l’espoir qu’il apporte aux filles d’aujourd’hui. Ça tombe bien, j’en ai deux ! Jean-Claude Mourlevat, (presque) mon voisin, se place pas mal, Timothée de Fombelle (coucou les Héloïse), Alex Cousseau, Stéphane Servant, Henri Meunier, aussi, tandis que Thierry Lenain, celui que je connais depuis le plus longtemps, est, d’après moi, l’un de ceux qui a apporté à la littérature jeunesse francophone audace et maturité. Je l’idolâtre par-dessus tous.tes  #teamgroupie ! Sinon…j’ai lu, et adoré, je pense, tout Marion Brunet, qui écrit aussi pour les adultes.

Quelle a été ta plus belle découverte littéraire de ces derniers mois ?

La question qui tue : j’ai des crush littéraires tous les mois ! Comme beaucoup d’entre nous, me semble-t-il…Plus sérieusement, dans le désordre, je dirais :

  • Myren Duval, avec Merci pour la tendresse puis sa série Mon chien, Dieu et les Pokétrucs, suivi de Mon chien, la liberté et les glaces à la mangue et de Mon chien, mamie et les graines de grenouille (pour les enfants dès 8 ans). Ils sont d’une intelligence et d’une finesse extraordinaires, tout en étant émouvants, drôles et frais. Un délice !
  • Chez les ados, j’ai rencontré l’an dernier un auteur qui est, à mon humble avis, trop peu reconnu : Hervé Giraud. Son roman Histoire du garçon qui courait après son chien qui courait après sa balle est parmi les plus émouvants qui soient, Sables noirs un roman initiatique très fort, et son dernier, KroK, est juste un savant dosage de son écriture, gravité, humour et émotion mêlés.
  • Le poète Pierre Soletti, que j’ai découvert grâce aux recueils de la maison d’édition Le Port a jauni (Poèmes pour affronter le beau temps – Poèmes par-dessus les toits), puis chez les Editions du Pourquoi pas ? (Perpète/illettrée littéraire). Depuis, je rattrape le temps perdu et j’achète tout ce qu’il publie ou a publié, notamment chez Les Venterniers. Sa poésie est à la fois percutante et humble.

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Merci à Héloïse, Héloïse et Séverine que nous aurons le plaisir de retrouver très vite autour de la littérature jeunesse !

Prix ALODGA 2024 – catégories Grandes feuilles et Belles branches

Mesdames et messieurs, c’est le grand jour ! Voici la nouvelle édition du Prix ALOGDA !

Comme les années précédentes, nous avons sélectionné trois titres dans six catégories différentes :

  • Belles Branches (romans ado)
  • Grandes Feuilles (romans jeunesse)
  • Brindilles (albums premier âge)
  • Petites feuilles (albums pour « grands »)
  • Branches dessinées (BD)
  • Racines (documentaires)

Toutes les semaines, nous vous présenterons deux de ces catégories, ainsi que les titres concernés, et nous vous inviterons à élire votre préféré. Les votes se termineront le 5 juin 2024 à 20h30, et nous annoncerons les lauréats le 10 juin à 8h !

… Et ouvrons dès à présent le bal avec … les romans ados et jeunesse !

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Voici donc la catégorie Grandes feuilles, qui présente nos romans jeunesse préférés lus en 2023 ! Si la plupart des romans destinés à ce lectorat ont en commun de mettre en scène des personnages au fort tempérament plongés dans une situation inhabituelle, ceux-ci ont su sortir du lot par le contexte historique, les personnages secondaires, l’atmosphère ou les thématiques qui les traversent. Autant vous dire que nous sommes très curieuses de découvrir lequel d’entre eux recevra vos suffrages !

Catégorie Grandes feuilles

Pony, c’est un western nimbé d’étrangeté. R. J. Palacio a su créer une tension qui n’a rien à voir avec les cliffhangers pourtant redoutables qui ponctuent le récit. Car, tout comme Silas, le lecteur ne peut s’empêcher de se questionner au sujet de son père disparu : qui est-il vraiment ? L’auteure en brosse un portrait tout en facettes et nuances, celui d’un homme curieux et inventif, aimant et déterminé – l’une des plus belles figures de pères qu’il nous a été de rencontrer lors de nos lectures.

Parallèlement, le contexte historique est passionnant, entre conquête de l’ouest, massacres des populations indigènes, guerre qui oppose abolitionnistes et esclavagistes. Pony, c’est aussi un récit de découverte du monde extérieur et de soi. Le jeune Silas, confronté à nombre d’aventutes et de difficultés, doit faire face à ses peurs, se dépasser. Il grandit, à l’image des héros de romans qu’il a dévorés.

Un excellent roman jeunesse, original, surprenant, émouvant.

Pony, R. J. Palacio, Gallimard jeunesse, 2023.

Retrouvez notre lecture commune et les avis d’Helolitla, d’Isabelle de Linda et de Lucie.

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Premier tome d’une série qui en compte trois, Crookhaven, L’école des voleurs est un chouette roman dans la plus pure tradition potterienne : un internat où l’on se rend en train, une école sans cours de maths ni de grammaire mais avec son casting de profs loufoques, ses concours, sa bibliothèque, sa première de la classe, ses jumeaux astucieux, des méchants un peu monolithiques… Crookhaven se démarque cependant par ses réflexions sur les tensions entre légalité et légitimité. Puisque le monde ne tourne pas rond et puisque les forces de l’ordre ne semblent pas à même de rétablir la justice, certaines actions illégales offrent la seule voie pour rééquilibrer un peu les choses.

Gabriel, le protagoniste, est un jeune pickpocket talentueux, qui vole de quoi lui permettre de subsister. Il a été élevé par sa grand-mère, une femme au grand cœur qui trime pour leur permettre de manger. Doué, le jeune homme est repéré, et invité à rejoindre Crookhaven, une mystérieuse école… qui lui permettrait de développer ses talents.

Une lecture de haut vol !

Crookhaven, L’école des voleurs, J. J. Arcanjo, Pocket Jeunesse, 2023.

Les avis d’Helolitla, d’Isabelle, de Linda et de Lucie.

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Premier tome d’une série qui en compte cinq (seulement en suédois pour le moment), Le corbeau de nuit est extrêmement prometteur. Johan Rundberg nous plonge dans l’hiver suédois de la fin du XIXème siècle, temps où il ne fait pas bon être pauvre ou orphelin. Mika cumule ces deux difficultés, mais n’a perdu ni son énergie ni son humour. Et elle en a bien besoin pour survivre ! Aînée de l’orphelinat, elle est chargée des tâches quotidiennes et gagne quelques piécettes en travaillant dans une taverne.

La dureté de l’existence l’a forcée à développer un sens aigu de l’observation, une débrouillardise à toute épreuve et un bagout incroyable. Des qualités qui pourraient lui permettre d’échapper à une voie qui semble pourtant toute tracée, lorsque sa rencontre avec l’agent Hoff suscite une véritable vocation d’enquêtrice… À la fois opposés et complémentaires, méfiants et attachants, Mika et l’agent Valdemar Hoff forment un duo qui fonctionne à merveille.

Une alchimie très réussie entre suspense, tendresse suscitée par le personnage et une pincée d’humour.

Les Mystères de Mika, Le corbeau de nuit, Johan Rundberg, Thierry Magnier, 2023.

Retrouvez notre lecture commune et les avis d’Helolitla, d’Isabelle et de Lucie.

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À vous de voter pour départager ces titres !

Quel est votre titre préféré dans la catégorie Grandes feuilles ?

  • Crookhavenn, L'école des voleurs de J. J. Arcanjo (Pocket Jeunesse) (50%, 16 Votes)
  • Les mystères de Mika, Le corbeau de nuit de Johan Rundberg (Thierry Magnier) (38%, 12 Votes)
  • Pony de R. J. Palacio (Gallimard jeunesse) (13%, 4 Votes)

Total Voters: 32

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Voici maintenant la sélection des romans ados que nous avons préférés en 2023. Ils nous invitent à suivre des personnages un peu plus âgés face à des situations dramatiques : perte d’un être cher, danger, guerre… qui vont les obliger à grandir plus vite que prévu. Bien que certains soient exigeants par leurs thèmes ou leur style, nous pensons qu’ils méritent toute votre attention.

Catégorie Belles branches

Dans le monde de Clover Elkin, on trouve des Curiosités, des objets « ordinaires » qui ont des propriétés extraordinaires. Après l’assassinat de son père, la jeune fille, à qui il en a confié une, doit se rendre à New Manchester. Sur sa route, des rencontres surprenantes, des dangers – nombreux -, des révélations sur elle et sur sa famille.

Voilà un roman dépaysant, qui revisite l’histoire des États-Unis. Un mélange de western, de merveilleux et d’étrange. C’est aussi une quête initiatique qui pose une vraie réflexion sur le pouvoir et sur l’absurdité de la guerre. Un voyage fantastique, original, plein d’aventures et de rebondissements.

L’étrange voyage de Clover Elkin de Eli Brown, Bayard, 2023.

Les avis de Blandine, Helolitla et Liraloin

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Dès le titre, Anne Cortey nous entraîne dans une histoire touchante et pleine de poésie. Les désaccordés, ce sont quatre adolescents un peu perdus, qui peinent à « s’accorder », à trouver le bon rythme. Heureusement, il y a l’amitié, il y a l’entraide. L’art pour surmonter le pire, pour se trouver. Les désaccordés, ou une très belle plongée dans l’adolescence et ses tourments, dans laquelle les émotions sont peintes avec justesse. Une balade envoûtante pour trouver son équilibre, son accord profond.

Les désaccordés de Anne Cortey, L’école des loisirs, 2023.

Les avis d’Helolitla, de Linda, Lucie et Liraloin.

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Il est des titres qui vous marquent, des lectures dont vous ne sortez pas indemne. C’est le cas de Guerrière, de Cécile Alix. Après A(ni)mal, l’autrice aborde cette fois la thématique des enfants-soldats, dans un roman bouleversant, qui n’est pas exempt de violence et d’injustice.

Nekeli et Soulaï, deux jumeaux confrontés à l’horreur. Deux enfants enlevés, que l’on forme à devenir des soldats. Deux enfants que l’on tente de déshumaniser. Et pourtant, dans cette boucherie qu’est la guerre, une infime lueur d’espoir. Guerrière, c’est un roman que nous avons lu en apnée, qui nous a chamboulées, un texte qui bouscule, puissant, émouvant.

Guerrière, Cécile Alix, Slalom, 2023.

Les avis de Helolitla, Linda et Lucie.

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À vous de voter pour départager ces titres !

Quel est votre titre préféré dans la catégorie Belles branches ?

  • Guerrière de Cécile Alix (Slalom) (47%, 14 Votes)
  • Les désaccordés de Anne Cortey (L'école des loisirs) (33%, 10 Votes)
  • L'étrange voyage de Clover Elkin de Eli Brown (Bayard) (20%, 6 Votes)

Total Voters: 30

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N’oubliez pas de voter dans chacune des catégories et de guetter
l’annonce des lauréats le lundi 10 juin !

La philo ? Un jeu d’enfant !

Les enfants adorent interroger le monde, les parents qui sont passés par la phase des « pourquoi » le savent ! Mais il est intéressant de soutenir cette habitude et de favoriser les discussions en famille. Les éditeurs ne s’y sont pas trompés et de plus en plus de livres à destination des petits et de leurs aînés les invitent à réfléchir. Il n’est d’ailleurs pas toujours aisé de s’y retrouver. Voici donc nos préférés !

« On a grand tort de peindre la philosophie inaccessible aux enfants, et d’un visage renfrogné, sourcilleux et terrible. Qui me l’a masqué de ce faux visage, pâle et hideux ? Il n’est rien de plus gai, de plus gaillard, de plus enjoué, pour un peu je dirais de plus folâtre. Elle ne prêche que fête et bon temps. »

Montaigne, Les Essais, ch. 26, « De l’Institution des enfants »

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La philo avec les tous petits, c’est accessible ! Grâce à la créativité des auteurs et autrices d’albums qui parviennent à provoquer de véritables réflexions philosophiques. Par exemple, Alfredo Soderguit nous interroge sur ce qui distingue (ou pas) l’humain de l’animal, à partir d’une affirmation troublante : « Je suis un animal ». Qui parle ? Le principe est simplissime – de grandes doubles pages colorées avec, à gauche, des états parmi les plus familiers (« quand j’observe », « quand j’écoute », « quand je mange », « quand je dors »…) et à droite, une illustration représentant un animal. Mots et images s’entrechoquent, nous interrogeant sur notre animalité. Les plus jeunes liront cet album comme un imagier, les un peu plus grands se laisseront aller à réfléchir à la question passionnante de la démarcation pas si évidente entre humains et animaux. L’occasion de prendre conscience de notre part d’animalité… mais aussi de réaliser que les animaux, comme nous, dansent, rient, jouent et rêvent.

Je suis un animal, d’Alfredo Soderguit. Didier Jeunesse, 2018.

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Une autre question fascinante pour les tous petits est celle du temps : difficile d’en prendre la mesure, de saisir pourquoi certaines minutes semblent interminables alors que de belles journées passent en un clin d’oeil ! Pour nos têtes blondes, chaque saison représente une éternité et un an dure un siècle et pourtant, la perspective très lointaine de parvenir au bout de la vie les inquiète. Impossible de réaliser le temps de la vie de leurs parents et de leurs grands-parents ; mais les enfants ne s’en passionnent pas moins pour les dinosaures et les autres acteurs d’un passé antédiluvien. Mais le temps structure la journée, l’année et la vie. Il s’agit donc là d’un enjeu incontournable qui peut être abordé sur la base d’un merveilleux album de Henri Meunier et Aurore Petit. Nous observons un enfant qui lance un caillou dans l’étang. Au fil des pages, des heures, des saisons, des années, le décor se transforme, nous invitant à scruter les marques du temps écoulé : transformations du paysage, cheminement des randonneurs, trajectoire de l’avion et de l’escargot, chenille qui se transforme… Le texte nous interpelle : qui du caillou, de l’enfant ou de l’étang était là le premier ? Combien de temps le caillou met-il à tomber ? S’agit-il vraiment du même enfant ? Le temps a-t-il un début et une fin ? On se laisse volontiers entraîner dans cette amusante méditation qui nous ferait presque oublier le temps qui ne cesse de s’écouler… Jusqu’à ce que, plouf, le livre touche à sa fin et nous ramène aux préoccupations du présent.

1 temps, de Henri Meunier et Aurore Petit. Éd. du Rouergue, 2018.

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Plusieurs albums, l’air de rien, l’air de raconter une histoire, qui souvent se passe ailleurs et dans des temps non définis, posent, présentent, répondent à des questionnements d’ordre philosophiques.

Les trois questions. D’après Léon Tolstoï. Jon J. MUTH. Circonflexe, 2003

Près d’une plage, jouant au cerf-volant, Nikolai se pose trois questions.
Quel est le meilleur moment pour agir ?
Quelle est la personne la plus importante ?
Quelle est la meilleure chose à faire ?

Jon J. Muth s’est librement approprié un conte de Léon Tolstoï, pareillement intitulé et publié en 1903, pour aborder le sens de la vie, notre rapport au monde et à l’autre. Des questionnements aussi universels qu’intemporels. Il y répond par l’histoire, par les personnages qu’il met en scène, jusqu’à leurs prénoms et symboliques, et même les couleurs. C’est très doux, avec plusieurs niveaux de lecture et de sublimes illustrations aquarellées.

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Petits Contes Zen

Collection Petits contes zen – Antoine GUILLOPPE. Piquier Jeunesse

Antoine Guilloppé a écrit plusieurs albums pour cette collection « Petit conte zen » chez Picquier Jeunesse. Chacun développe une aptitude, un trait de caractère d’un des héros, et notamment de la jeune Akiko, puisque cinq albums lui sont consacrés, mais il y a aussi Takiji, qui découvre la notion de vivre-ensemble.

Une belle collection au graphisme épuré.

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Les Petits Philosophes

Quelle belle découverte que les ateliers de philosophie en maternelle avec le superbe film documentaire de Pierre Barougier et Jean-Pierre Pozzi joliment intitulé Ce n’est qu’un début. On y suit une enseignante de maternelle,Pascaline Dogliani, à la Mée-sur-Seine dans une ZEP de Seine-et-Marne qui met en place des ateliers philosophiques avec ses élèves. Et c’est vraiment une expérience étonnante, vivifiante et motivante que de voir ces tout petits aborder des questions existentielles avec la naïveté, le sérieux et la curiosité caractéristiques de la petite enfance.

Ce n’est qu’un début, Jean-Pierre Pozzi et Pierre Barougier, Ciel de Paris production, 2010.

L’enseignante travaille notamment à partir de livres et surtout à partir de la rubrique de Pomme d’api intitulée « Les p’tits philosophes » dont les aventures ont été regroupées dans plusieurs albums qui portent le même nom. On suit à travers différents scénarii un groupe de 4 amis-animaux : Chonchon, Mina, Plume et Raoul, qui se posent les grandes questions universelles au hasard de leur vie quotidienne. Noël est l’occasion de se demander « qu’est-ce qu’un cadeau ? », une promenade à la montagne invite à se demander « pourquoi faut-il faire des efforts ? », faire du vélo sans roulettes est l’occasion de se demander « qu’est-ce que grandir ? »…

        En écoutant les dialogues naïfs de nos 4 petits amis-animaux,  ce livre nous invite à avoir une véritable démarche de questionnement qui permet d’aborder avec son enfant une certaine forme de spiritualité qu’on réserve encore trop d’habitude aux « grands ». La formation de l’esprit critique, l’apprentissage du débat, de l’écoute de l’autre commence dès que l’enfant entre dans le langage et qu’il peut mettre des mots sur ce qu’il voit, ce qu’il ressent, ce qu’il pense. En s’interrogeant avec Chonchon, Plume, Mina et Raoul, c’est une aventure passionnante engageant toute la famille qui commence : l’enfant est accompagné dans ses questions par ses parents et les parents se fabriquent un nouveau regard sur le monde face à des questions qu’ils n’osaient parfois plus se poser.

        Prendre le temps ENSEMBLE de s’interroger sur la vie, l’humain, le monde est une aventure de tous les instants que ce petit livre nous invite à partager. Alors tout devient prétexte à philosopher ! 

Les Petits Philosophes, Sophie Furlaud (parfois avec Jean Charles Pettier), illustrations de Dorothée de Monfreid (parfois avec Soledad Bravi), Bayard éditions.

Titres disponibles, dès 4 ans : Les Petits Philosophes tome 1 : Mystère et boule de gomme, Les Petits Philosophes tome 2 : Chut… on pense, Les Petits Philosophes tome 3 : Comme des poissons dans l’eau, Les Petits Philosophes tome 4 : Hauts comme trois pommes, Les Petits Philosophes tome 5 : Bataille de questions, Les Petits Philosophes : 24 grandes questions pour bien grandir.

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« Un et multiple », « Fini et infini », « être et apparence », « Liberté et nécessité », « Moi et autrui », « Corps et esprit »… autant de concepts philosophiques qu’Oscar Brenifer explore dans Le livre des contraires philosophiques. Ici on aborde la pensée par le jeu d’une question – « Le temps peut-il durer une éternité? », « La liberté peut-elle exister sans prendre en compte la nécessité ? » – question à laquelle les images symboliques et étrangement réalistes de Jacques Desprès vont ouvrir des réponses. Le docteur en philosophie Oscar Brenifer va quant à lui y ajouter les bases d’un raisonnement conceptuel à travers des textes courts, écrits au présent de vérité générale, histoire de lancer la jeune lectrice, le jeune lecteur dans une démarche de recherche de vérité et d’universalité.

Le Livre des grands contraires philosophiques, Oscar Brenifier, Jacques Desprès, Nathan, 2009.

Dans la même collection, on retrouvera d’autres titres comme L’amour et l’amitié, Le sens de la vie ou encore La question de Dieu.

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Piccolophilo

Présentation de l’éditeur : Piccolophilo est une collection d’albums, au dessin vif et enjoué, qui racontent, sous forme d’histoires les questions et raisonnements quotidiens d’un enfant de 5 ans. En fin d’ouvrage, « l’atelier philo de Piccolo » (avec un petit grain de sel philo et des jeux) aborde différemment des interrogations soulevées par l’histoire et permet des échanges en famille.

Petites et grandes questions philo de Piccolo, Michel Piquemal, illustrations de Thomas Baas, Albin Michel Jeunesse, 2014.

Titres disponibles : C’est à moi !, Aïe ! j’ai mal !, Non, c’est pas moi !, Parle-moi, petit chat !, Achète-moi la moto rouge !, Mais je suis déjà Grand !, C’est pour de vrai ou pour de faux ?, C’est pas juste !, C’est quoi la mort ? et un recueil : Petites et grandes questions philo de Piccolo.

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Les Goûters Philo

Présentation de l’éditeur : « Les Goûters philo », la collection qui donne faim d’idées ! Pas de « prêt-à-penser » dans ces ouvrages, qui n’ont d’autre but que de faire goûter aux lecteurs dès 8 ans le plaisir de manier les idées et de progresser dans la pensée en rendant la philosophie accessible. Des exemples simples et concrets, des textes courts et faciles à lire, pour amorcer le débat et réfléchir avec les enfants aux questions qu’ils se posent. La collection indispensable pour muscler l’esprit critique !

Les Goûters Philo, Brigitte Labbé avec Michel Puech ou Pierre-François Dupont-Beurier, illustrations de Jacques Azam, éditions Milan.

Plus de quarante titres disponibles dès 6/7 ans, dont : Les garçons et les filles, La tolérance et l’intolérance, Le succès et l’échec, Obéir et désobéir, La dictature et la démocratie, Libre et pas libre, Croire et savoir, Prendre son temps et perdre son temps, La guerre et la paix, L’homme et l’animal, Moi et les autres…

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Les Philo-fables de Michel Piquemal

Présentation de l’éditeur : Faire de la philo avec les 8/9 ans par le biais de courtes histoires, fables, paraboles ou contes. Les enfants ont soif de questionner en grand, de « philosopher » et de réagir à des thèmes essentiels.
Nous avons délaissé la philosophie classique européenne qui ne raconte pratiquement pas d’histoires (elle préfère définir des concepts, des notions) et nous sommes allés puiser dans les traditions du monde entier ; nous y avons trouvé des histoires qui amusent, étonnent et donnent à réfléchir sur l’amitié, le bonheur, la justice, le droit, le destin, la mort, la vérité, le détachement, la pauvreté…

Chaque histoire est :
– introduite par deux ou trois mots-clés ;
– resituée dans son origine ;
– suivie d’un court questionnement qui apostrophe le lecteur : « Dans l’atelier du philosophe ».

Les philo-fables, Michel Piquemal, illustrations de Philippe Lagautrière, Albin Michel, 2008.

Titres disponibles : Les philo-fables, Les philo-fables pourvivre ensemble, Les philo-fables pour la Terre, Le conteur philosophe (chaque tome est composé d’un sommaire des titres et d’un index des mots-clés).

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Les petits Platons

Présentation de l’éditeur : Avec Les petits Platons, les enfants tombent amoureux de la philosophie !

Socrate, Descartes, Leibniz, Lao-Tseu, saint Augustin, Ricoeur, Diogène, Einstein, Pascal, Heidegger, Rousseau, Denys l’Aréopagite, Épicure, Érasme, Bachelard… racontés à partir des histoires qui traversent leurs oeuvres, dans des albums illustrés drôles, intelligents et graphiques ! La collection a été testée auprès d’enfants et d’adolescents de 9 à 14 ans. Les plus jeunes adorent l’histoire et les illustrations, les plus mûrs rentrent pleinement dans la dimension philosophique. Petit secret : les adultes aussi sont enthousiastes !

Coffret jaune : Le petit théâtre de Hannah Arendt raconté par Marion Muller-Colard & illustré par Clémence Pollet – Les petits Platons, 2015.

Parler philosophie avec les enfants qu’ils soient petits ou grands est parfois franchement pas facile. Ce que j’aime dans les ouvrages pour la jeunesse c’est que même en étant « adulte », tout devient plus clair. N’étant pas une spécialiste ni une passionnée de philo cette série de petits livres m’a tout de suite séduite.

Pourquoi ? Attirée par la couverture, la mise en page, le soin donné à rendre ce documentaire attractif.

Le contenu ? Facile et intelligent, le texte est une aventure dans les idées d’Hannah Arendt. Imaginez un jeu de questions-réponses avec votre double de 10 ans : « – Tu n’es pas seulement venue au monde pour la vie de ton corps. Tu es venue aussi… :

  • Pour la vie de l’esprit ! complète la fillette qui se souvient du livre que la grande Hannah est en train d’écrire.
  • Pour penser, vouloir, juger…et entrer sur scène ! »

D’autres coffrets existent également : le vert qui rassemble certains titres de grands philosophes comme Heiddeger, Blaise Pascal… le orange qui, lui, nous livre des textes de Socrate, Kant…

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POCQQ des Éditions du Ricochet

Parce que la réflexion a parfois besoin de s’appuyer sur du concret, et que l’actualité et la société sont source de questions des jeunes.

Présentation de l’éditeur : Pourquoi ? Où ? Comment ? Qui ? Quand ? Face aux enjeux profonds de notre société, s’interroger, débattre… c’est essentiel ! Pour les ados, de grands sujets d’actualité sont ici traités avec la distance qui permet à chacun de se faire son opinion.

Pourquoi la laïcité ?, Ingrid Seithumer, illustrations d’Elodie Perrotin, Editions du Ricochet, 2022.

Titres disponibles, dès 13 ans : Qui sont les LGBT+ ?, Comment s’informer ?, Pourquoi la laïcité ?, Où va le climat ?, Pourquoi les vegans ?, Pourquoi les pandémies ?, Pourquoi la conquête spatiale ?, Qui sont les hackers ?, Où va l’économie ?, Qui sont les féministes ?, Que dit la mode ?, Qui sont les transhumanistes ?

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Philoado des Éditions Rue de l’Échiquier

Présentation de l’éditeur : Une collection de livres à destination des adolescents, offrant un éclairage philosophique sur des événements auxquels ils se trouvent confrontés dans la vie de tous les jours et des sujets qui les concernent directement : l’amour, la liberté, le bonheur, le mensonge, la responsabilité.
Pour donner aux adolescents le goût de la philosophie, leur apprendre à réfléchir et à penser par eux-mêmes, les aider à grandir et à devenir des adultes autonomes.

Perdre son temps, Malcolm Hammer, Rue de l’Échiquier, 2010.

Titres disponibles, dès 15 ans : Mourir, Désobéir, Voler, Avoir peur, Être jaloux, Rêver, Se venger, Tomber amoureux, Mentir, Perdre son temps.

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Quels sont vos éditeurs et collections préférés ? Avez-vous l’occasion de parler philo avec des enfants ? C’est avec plaisir que nous attendons vos retours !

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Philonimo de chez 3oeil

La collection incontournable pour philosopher avec les plus jeunes, c’est PHILONIMO, des éditions 3oeil. Dix petits livres, beaux tant sur la forme que sur le fond, avec des textes épurés et des illustrations poétiques, pour inviter les petit.es à réfléchir sur le monde qui les entoure, à s’ouvrir à l’altérité et à penser par eux/elles-mêmes. Un beau programme.

Présentation de l’éditeur : La collection Philonimo est une série d’albums jeunesse créée à l’initiative de l’autrice Alice Brière-Haquet pour faire découvrir des concepts philosophiques aux enfants à travers les métaphores animalières des grands philosophes.[…] Un voyage vers de nouveaux univers graphiques, sans frontière d’âge …et à plus de 3 cette fois : 10 livres, 10 philosophes, 10 illustrateurs. 

Liste des titres disponibles :

L’abeille de Saint-Simon d’Alice Brière-Haquet et Mai-Li Bernard

Le loup de Hobbes d’Alice Brière-Haquet et Herbéra

La colombe de Kant d’Alice Brière-Haquet et Emilie Vast

Le cygne de Popper d’Alice Brière-Haquet et Janik Coat

Le canard de Wittgenstein d’Alice Brière-Haquet et Loïc Gaume

Le chien de Diogène d’Alice Brière-Haquet et Kazuko Matt

Le lézard de Heidegger d’Alice Brière-Haquet et Sophie Wissière

Le papillon de Tchouang-Tseu d’Alice Brière-Haquet et Raphaële Enjary

Le corbeau d’Epictète d’Alice Brière-Haquet et Csil

Le porc-épic de Schopenhauer d’Alice Brière-Haquet et Olivier Philipponeau

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Ni oui ni non de Tomi Ungerer chez Ecole des loisirs

Ni oui ni non, Tomi Ungerer- Ecole des loisirs, 2018

En matière de philo à hauteur d’enfants, il serait dommage de passer à côté de ce livre, issu d’une collaboration entre le grand Tomi Ungerer et Philosophie Magazine, qui regroupe 100 questions posées par des enfants et les réponses apportées, en mots et en images, par cet auteur essentiel en littérature jeunesse, avec cette idée directrice :

« Moi, je prends la liberté de penser par moi-même et j’aime plonger dans les profondeurs, la mienne et celle des autres, tout en cherchant des solutions aussi simples que pratiques. Ma cervelle a les deux pieds sur terre- et prend parfois ses jambes à son cou. »

Présentation de l’éditeur : Comment dire à quelqu’un qu’on l’aime ? Et se faire des amis quand on est timide ? Pourquoi on a des couleurs préférées ? Pourquoi y a-t-il de l’argent ? Dans cette compilation des chroniques parues dans Philosophie Magazine, Tomi Ungerer commente et illustre ses réponses à cent grandes questions d’enfant, entre philosophie et poésie : « Répondre aux enfants, c’est se mettre à leur place. Expliquer en utilisant un vocabulaire adulte compréhensible. Illustrés par des exemples tirés de la réalité, ou soutirés de l’imagination. Démontrer que tout se surmonte avec le sourire et le respect. Et que grâce à l’absurde, nous sommes tous des apprentis sorciers.»

Thématiques : Amitié, amour, animaux, argent, cosmos et univers, enfants et adultes, famille, humain et nature humaine, morale et société, mort, nature et science, pensée et savoir, peur, préjugés, religion.

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Nous attendons vos retours sur les titres que vous aimez ? Est-ce que la philo vous intéresse?

Entretien avec Jean-François Chabas

Ecrivain-voyageur par excellence, Jean-François Chabas a eu la gentillesse d’accepter de répondre à nos questions entre deux séjours à l’étranger. Et elles étaient nombreuses tant son œuvre est riche et variée !
Albums, romans jeunesse ou « pour les grands », ce baroudeur aux multiples talents aime partager les cultures autochtones qu’il découvre et son espoir que leurs conditions de vie s’améliorent. Sous le Grand Arbre, nous sommes particulièrement touchées par l’humanité qui irrigue ses textes.

Photo issue du site officiel de Jean-François Chabas : www.jean-francois-chabas.com

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Pensez-vous qu’il y a des impératifs particuliers ou des écueils à éviter lorsque l’on écrit pour la jeunesse ?

Écrire pour la jeunesse impose une contrainte de style, singulièrement de vocabulaire, mais je prends garde depuis toujours à respecter les enfants en leur offrant un travail littéraire, par goût de la beauté et pour leur ouvrir l’esprit…
Parce qu’ils sont lecteurs à part entière.

Justement, vous écrivez aussi bien des albums que des romans jeunesse, ou pour les adultes. À quel moment définissez-vous l’âge auquel s’adresse votre histoire ? Des contraintes s’imposent-elles selon le type de lecteur visé ?

Certains de mes textes sont interchangeables, entre littérature jeunesse et littérature générale. Sauf bien entendu pour les petits. Encore à mon avis est-ce le gage d’une littérature jeunesse de qualité que de pouvoir être lue par les adultes sans déplaisir ni ennui. La qualité littéraire doit être présente partout, puisque c’est le respect du lecteur.

Y a-t-il des auteurs ou des artistes qui vous inspirent ou dont vous appréciez particulièrement le travail ?

L’inspiration puisée chez les artistes, oui, elle est immense. Je suis très influencé par les Anglo-saxons, de Melville à Dickens en passant par Stevenson, Steinbeck, Jim Harrison avec qui j’ai eu la chance d’échanger du courrier. Russell Banks, prodigieux. Mais il y a aussi les germaniques, Hesse, Zweig, Mann, les hispaniques, García Márquez, Vargas Llosa, les français, Tournier, Le Clézio, et puis les peintres, Vermeer, les musiciens… il faudrait cent pages.
André Migot, l’écrivain voyageur, que je respecte et j’adore, ou encore Nicolas Bouvier, autre voyageur…

La liste des illustrateurs ayant travaillé sur vos textes est très impressionnante. Comment se passent vos collaborations ?

La collaboration avec les illustrateurs est souvent lointaine. Il est rare que je les rencontre, mais je suis très solitaire de nature, et je préfère le monde sauvage. Je communique avec certains, sans les voir le plus souvent. J’en profite pour saluer José Muñoz, qui m’avait illustré Les Frontières, un homme très élégant et généreux.

Les frontières, Jean-François Chabas, illustrations de José Munoz, Casterman, 2001.

Il y a récemment eu un débat sur la rémunération des auteurs. Sans entrer dans une quelconque polémique, souhaitez-vous vous exprimer à ce sujet ?

C’est un sujet grave, qui touche véritablement au scandale. L’acceptation de droits et d’avances ridicules de la part de certains artistes crée une situation où des contrats léonins sont proposés. Il faut se battre. Sur le terrain du respect humain aussi.

Nous vous savons grand voyageur, et nous avons évidemment fait le lien avec le choix de situer nombre de vos romans sur des terres lointaines (Amérique, Australie…). D’où vient ce goût pour l’exotisme ? Ces mondes-là seraient-ils plus propices aux aventures ?

Eh bien… Je reviens du Northern Territory australien où j’ai passé des mois avec les tribus. Je vous confirme qu’entre les crocodiles géants ultra-agressifs, les méduses-boîtes, les requins tigres, les araignées mortelles, un cyclone de catégorie 5 qui nous a frôlés, un feu de forêt géant qui nous a fait courir et une émeute aborigène sérieuse à Tennant Creek, oui, c’est plus sportif là-bas.
Plus sérieusement, j’en profite pour attirer votre attention sur le drame que vivent les tribus partout sur l’île. Vous pouvez lire Red Man, Ils ont volé nos ombres, ou La sorcière et les manananggals, des romans que j’ai publiés sur le sujet. Ces gens vivent un calvaire.

A ce sujet, nous avons été impressionnées par la manière dont vous immergez vos lecteurs dans ces lieux qui leur sont parfois inconnus. Comment vous documentez-vous ?

Je me documente, autant que possible, en allant sur place, ou bien j’y passe beaucoup de temps. La documentation rigoureuse est indispensable lorsque l’on aborde n’importe quel sujet, mais peut-être surtout quand c’est ethnologique. Dans le cas des Aborigènes, ou celui de certaines tribus américaines, j’ai passé du temps avec eux. Les Aborigènes australiens plus que tous les autres, peut-être, sont très mal servis en littérature occidentale. Je m’attache à décrire avant tout leurs conditions de vie épouvantables, particulièrement dans les communautés, mais partout en vérité. Il me semble obscène de vouloir piller leur culture, de vouloir faire du folklorique, avant de dire qu’ils meurent. Ils m’ont directement demandé de parler de leur tragédie, et cela du sud au nord, de l’est à l’ouest. J’ai parcouru des dizaines de milliers de kilomètres en trois très longs séjours pour leur parler, mais surtout pour que eux me parlent. Je suis à leur service. Je garde dans le cœur le souvenir des taudis que j’ai traversés à pied, la peur au ventre, au milieu d’une population traumatisée, clochardisée, assassinée par l’alcool, les drogues, la misère morale et matérielle. Ces gens meurent dans l’indifférence générale.

Comme vous le disiez vos romans sont le plus souvent ancrés dans le réalisme et liés à vos rencontres, mais vous avez fait quelques incursions dans la fantasy. Que vous apporte ce genre en particulier ?

La fantasy m’apporte de la fantaisie !

Votre travail a reçu de nombreuses marques de reconnaissance entre les prix, les traductions et les titres figurant sur la liste des recommandations de l’Education Nationale. Est-ce que l’une d’entre-elles vous touche plus particulièrement et pourquoi ?

Les prix, c’est terriblement subjectif. Je me permets de l’affirmer parce que j’en ai eu beaucoup. Il y aurait tant de choses à dire, à commencer par le fait qu’ils sont souvent remis à ceux qui se déplacent pour aller les chercher… Mes deux prix Versele [en 2000 pour Les secrets de Faith Green, puis en 2017 pour L’eau verte ndlr] me font très plaisir parce que j’aime les Belges. La recommandation de l’éducation nationale pour La terre de l’impiété me touche parce que c’est un sujet – la guerre d’Algérie – extrêmement casse-gueule, où l’on se fait des ennemis de tous les côtés, et que mon sérieux mon impartialité ont été reconnus.
La traduction de mes romans et albums en 15 langues, c’est merveilleux, parce que l’on sera lu par des petits Chinois, des Coréens, des Italiens, des Russes, des Turcs…

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Merci à Jean-François Chabas de nous avoir accordé du temps malgré son emploi du temps chargé !
Nous espérons vous avoir donné envie de découvrir certains de ses romans.
Et si vous souhaitez en apprendre plus sur son univers, n’hésitez pas à visiter son site internet.

Nos coups de cœur de mars

En ce lundi de Pâques qui est aussi un premier avril, nous vous proposons un autre genre d’accumulation. Parce que les beaux jours arrivent et qu’il est doux d’en profiter étendu sur l’herbe un livre à la main, voici les titres que nous avons lus et aimés le mois dernier !

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C’est en discutant avec Ludovic Lecomte et Irène Bonacina lors d’un salon que Lucie a eu envie de découvrir La Cabane. L’illustratrice était si enthousiaste au sujet de ce roman qu’il était impensable de passer à côté. Et en effet, l’auteur parvient avec maestria à glisser ses lecteurs dans la tête d’un ado reclus chez lui depuis six mois. Que s’est-il passé ? Quelles sont les conséquences de cette incapacité soudaine à sortir ? Va-t-il parvenir à se tirer de cette situation ? Avec beaucoup de délicatesse, Ludovic Lecomte sème des indices sans tout expliquer, tisse des liens et des incompréhensions entre des personnages nuancés et propose à ses lecteurs de découvrir le cheminement d’Enzo. Une lecture courte mais bouleversante.

La Cabane, Ludovic Lecomte, L’école des loisirs, 2024.

Son avis complet ICI.

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Pour Liraloin c’est un road-movie à la fois très mouvementé et rempli de tendresse qui emporte son p’tit cœur de lectrice !
Saviez-vous qu’en rase campagne, il existe des hôpitaux pour animaux ou plutôt une infirmerie itinérante avec à sa tête une taupe par très douée pour la pose de perfusion ce qui ne manque pas d’agacer le loup. En plus la bouffe n’est pas très exquise (un gâteau à la vanille !), heureusement qu’un lapin n’est pas loin…mais pas le temps d’y planter un croc que les chasseurs débarquent et dans la panique générale à bord, le loup embarque le lapin qui lui vient de lui sauver la vie (sans faire exprès hein) mais pour un loup solitaire, c’est un geste qui compte…

Voyage de malade de Josephine Mark, Gallimard Bande Dessinée, 2023

Son avis complet ICI, et ceux d’Isabelle, de Lucie et de Helolitla.

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Linda avait besoin d’un peu de poésie dans son quotidien et ce sont les mots de Thomas Scotto qui l’ont faite vibrer d’émotions et de nostalgie.
Après s’être fait la voix des Filles du Conte, il revient les bras chargé d’objets de conte auxquels il donne une vie d’éternité. Tout ce qui Conte nous rappelle que nous avons un rôle à jouer dans la sauvegarde de notre patrimoine culturel au travers de la transmission des histoires qui ont bercé des milliers d’enfants au fil des générations. Dans cet inventaire du merveilleux, les mots de l’auteur, les rîmes du poètes nous invite à un jeu d’énigmes dans lequel chaque conte est dissimulé dans ses vers et haïkus, mais également dans un objet réalisé au scotch, technique improbable et impressionnante que Nicolas Lacombe maitrise à la perfection. Le tout forme un ouvrage de grande qualité qui tient visuellement du grimoire magique.

Tout ce qui Conte de Thomas Scotto, illustré par Nicolas Lacombe, Balivernes, 2023.

L’avis complet de Linda et celui de Séverine.

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Héloïse/Helolitla a découvert de superbes romans ado en mars, comme l’envoûtant Pony, de J. R. Palacio, ou encore le percutant Guerrière, de Cécile Alix. Deux titres parus récemment l’ont particulièrement enchantée.
Le premier, c’est Saules de Brume, de Jeff Wheeler, un passionnant début pour une saga de fantasy ado. Des manoirs qui flottent, une société coupée en deux, des luttes de pouvoir et des intrigues, une magie mystérieuse… et surtout une galerie de personnages variés ! Entre aventure, découverte et critique d’une société inégalitaire, c’est un premier tome très prometteur, qui pose les bases d’un univers sombre, complexe et fascinant.

La saga des mystères, livre 1 : Saules de brume, de Jeff Wheeler, Rivka, 2023.

Son avis complet ICI.

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Le second, c’est Népomucène et Eudoxie, de Lucile Caron-Boyer, pour lequel Héloïse a eu un gros coup de cœur.
Népo et Doxie, les deux protagonistes aux prénoms originaux, ont vécu un immense drame. Depuis, ils vivent chacun dans une bulle un peu à l’écart des autres.
Sur fond de deuil et de romance, l’autrice parle avec sensibilité et poésie de résilience, et de ces rencontres qui changent le cours de la vie. C’est doux, délicat, sur un sujet pourtant difficile, et extrêmement touchant.

Népomucène et Eudoxie, de Lucile Caron-Boyer, Scrineo, 2024.

Son avis complet ICI.

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Héloïse/Ileautresor (au singulier) à de son côté été saisie d’emblée par la beauté des illustrations de Balade en forêt. Un album un peu particulier : conçu pour les tout-petits, il s’agit d’un livre à déplier… D’un côté il montre les différentes étapes d’une promenade dans les bois et de l’autre, c’est un imagier sur la forêt avec les différents éléments présentés lors de la balade dans les bois : renard, fougères, raton laveur, biche légère, escargot, hibou, gland, sans oublier le pivert, la libellule et même la fraise des bois. Ce livre-accordéon est idéal à déplier sur le tapis à côté des bébés… dès leurs plus jeunes années. Balade en forêt est un vrai coup de cœur !

Balade en forêt, Charlotte Molas, Amaterra 2024.

Son avis complet ICI.

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Pour la collectionneuse de papillons, le coup de cœur de mars ira à un petit album tout doux : Les couleurs de Dadaji de Rashmi Sirdeshpande et Ruchi Mhasane. Les illustrations aux contours tendres et les couleurs pastels sont vraiment un régal pour les yeux. Il y a quelque chose de très apaisant à parcourir du bout des doigts cet album qui nous conte les tableaux que peignent ensemble un garçon et son grand-père, quelque part dans un petit village d’Inde. Il est ici question de transmission, de ce qui nous reste après la disparition d’un ancêtre, et surtout du temps qu’il nous faut pour réaliser à quel point ce qui nous a été transmis résonne puissamment quelque part à l’intérieur. Et resurgit parfois des années plus tard. Il y a certes quelque chose du conte dans ce récit mais aussi quelque chose qui est très proche du réel, des lentes prises de conscience qui rythment nos existences. Un album précieux donc, à partager en famille, de génération en génération.

Les Couleurs de Dadaji, Rashmi Sirdeshpande, Ruchi Mhasane, Circonflexe, 2022.

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Après Colette et Liraloin, c’est au tour de Blandine de succomber à cet album ! Un album, épais, à la belle couverture toilée et aux pages cartonnées et découpées. Au fil des pages qui se tournent, passent les années de ce bébé en couverture, jusqu’à la vieillesse. Quasiment chacune s’orne d’une découpe figurant un souvenir, quelque chose qui reste en mémoire, parfois pour longtemps, parfois pas du tout. Et ainsi défile sa vie.
C’est un album délicat, pudique et extrêmement fort dans ce qu’il dit, montre, suggère, et laisse imaginer !

Les Printemps, Adrien Parlange, La Partie, 2022.

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Blandine aime passionnément la vie et les œuvres des Brontë, aussi lui fallait-il cet album qui éclaire un pan peu connu de l’histoire de cette fratrie au destin tragique. Cet album revient sur l’enfance des quatre enfants qui se sont nourris d’histoires, de lectures et de poèmes pour alimenter leur imagination et construire les leurs. Histoires d’abord consignées dans de tous petits livres avant de devenir les romans qui sont toujours lus. Les illustrations tout en rondeurs et couleurs offrent des couleurs et de la douceur à des existences que la postérité a toujours représenté sombres. L’album se clôt sur un petit dossier fort riche et intéressant.

Au pays des histoires L’enfance de Charlotte, Branwell, Emily et Anne Brontë. Texte de Sara O’LEARY Illustrations de Briony May SMITH .Gallimard Jeunesse, janvier 2024

L’avis de Blandine ICI.

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Pour sa première contribution à l’ombre du grand arbre, Séverine vous propose le dernier album de Rascal, qui est l’un de ses auteurs jeunesse préférés de tous les temps. Rien que ça !
Encore une fois, ça fonctionne ! Encore une fois, ça la touche. Mais avec ce dernier-né de sa longue union avec Pastel/Ecole des loisirs, il se présente là où elle ne l’attendais pas, à savoir du côté de l’humour et c’est une très belle surprise !
Il faut dire qu’il est ici superbement accompagné par un illustrateur à la bonne humeur contagieuse, qui muscle systématiquement nos zygomatiques, son compatriote Michel Van Zeveren, dont le petit chaperon rouge posant toujours la même question agaçante nous est resté en mémoire.
Impossible, donc, de résister à ce duo qui nous invite à combattre les stéréotypes trop souvent véhiculés dans les histoires que nous racontons à nos chères petites têtes de toutes les couleurs.
L’album est drôle, malin, plein de fantaisie et de malice, et plus profond qu’il n’y paraît, notamment en ce qu’il glisse aussi un message universel entre ses pages : l’enfant venu.e au monde est à lui/elle seul.e la plus belle histoire qui soit.
Il a évidemment beaucoup plu à sa fille de 8 ans, qui n’est jamais la dernière à revendiquer la tolérance et le respect de la personnalité de chacun.e.

Mille et une histoires, texte de Rascal, illustrations de Michel Van Zeveren, Pastel École des loisirs, 2024.

Pour sa chronique complète, c’est ICI ou .

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En mars, l’équipage de L’île aux trésors à NEB, le dernier roman de Caroline Solé illustré par Gaya Wisniewski. NEB, c’est LE jeu en ligne qui fait fureur, attirant toujours plus de joueurs du monde entier. Parmi eux, Alex et ses frustrations, fragilités et rêves d’ado. Comment résister à l’immersion dans cette dimension virtuelle tellement plus exaltante que le quotidien, à l’ivresse d’exister enfin en s’identifiant à un avatar, aux récompenses savamment distillées, à l’envie de connexion avec les autres joueurs, aux pulsions consuméristes, au goût de la compétition ? Mais voilà qu’un jour, l’écran s’éteint. Le jeu aurait été hacké… Pirates, industriels du jeu : qui tire les ficelles et à quelles fins ?

Ce thriller joue sur plusieurs tableaux pour mieux nous accrocher – celui du jeu où on aimerait voir gagner Alex, celui de la vraie vie où l’on s’inquiète un peu pour elle, celui du projet mystérieux des pirates qui se sont emparés du NEB. Tout ce suspense fait que l’on n’a pas conscience de la densité de réflexions développées sur les ressorts de l’addiction et les remèdes possibles. À aucun moment ces réflexions ne prennent le pas sur l’intrigue : elles viennent nourrir l’histoire, nous rendant aussi accro que les joueurs du NEB. Tout cela n’est pas moralisateur pour un sou, impeccablement écrit et servi par une mise en page moderne où font intrusion les gribouillis adolescents, textos, brèves de presse ou captures d’écrans. Sombres et puissantes, les encres de Gaya Wisniewski donnent une profondeur supplémentaire. Fascinant et incontournable par les temps qui courent !

L’avis complet d’Isabelle ICI.

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Et vous, quelles lectures vous ont enthousiasmés en mars ?