Nos coups de cœur de l’été

Ca y est, l’été s’achève. Il aura été l’occasion de beaux moments de partage, de visites et de découvertes. Mais aussi de lectures et d’échanges !

Pour bien commencer l’année scolaire, voici les jolis textes que nous avons dénichés cet été.

******

Chez Lucie, on a découvert l’univers de David Walliams avec beaucoup de bonheur. « Orphelins » depuis qu’ils avaient lus tous les romans de Roald Dahl, son fiston et elle ont été enchantés de retrouver des personnages loufoques, une délicieuse cruauté et surtout un humour très proche de celui du « Champion des histoires ». Sa collaboration avec Tony Ross est aussi à mettre en parallèle avec celle de Roald Dalh avec Quentin Blake, texte et illustration se répondant de manière amusante. Le Gang de Minuit et Ratburger ont donc recueilli tous les suffrages… En attendant de découvrir les autres !

L’avis de Lucie sur Le Gang de Minuit et Ratburger.

******

Linda n’a pas beaucoup lu cet été, mais il est difficile de faire un choix tant les très bonnes lectures étaient au rendez-vous. Un titre se démarque pourtant, une réinterprétation moderne de l’opéra de Verdi : D’après la Traviata de Fabien Clavel, un roman lyrique, poétique qui l’a énormément touché. L’écriture est sensible, la mise en page dynamique rythme les paroles de l’héroïne créant un effet saisissant d’émotions. A découvrir dès 13 ans.

D’après La Traviata de Fabien Clavel, Gulf Stream, 2022.

L’avis complet de Linda est ICI.

******

Pour Liraloin, l’été est toujours synonyme de lectures à foison et c’est toujours avec un grand carton rempli de livres que la fuite vers les vacances s’organise ! Voici deux coups de cœur en ce joli mois de rentrée. Le premier est une bande-dessinée de David Sala qui parle de la guerre et nous rappelle à notre devoir de mémoire et de transmission. Elle nous démontre également la force des liens familiaux peu importe son histoire et ses engagements. Une BD émouvante et d’une sensibilité rare.

Le poids des héros de David Sala, Casterman, 2022

L’avis complet de Liraloin est ici

*

Dans cette deuxième lecture, il est question de relations humaines : imaginez-vous un lycéen un peu frêle, un peu timide déclamant un texte sur scène. Il est là devant ses camarades de classe, ses parents, ses professeurs. Comment va-t-il « interpréter » son texte, quelle est la nature réelle de son intervention ? C’est qu’il en faut du courage pour parler de soi, pour avouer sa souffrance et dénoncer le comportement de certains.

Tout va très vite dans ce texte qui crescendo monte en puissance. Je découvre, ici, l’écriture de Stéphane Servant, une force pas si tranquille. Un roman au ton juste qui dénonce les stéréotypes, qui donne confiance et montre l’importance de garder « la tête froide ».

Miettes (humour décalé) de Stéphane Servant, Nathan : collection court toujours, 2021

******

Pour La Collectionneuse de papillons, l’été fut l’occasion de découvrir l’écriture d’Emilie Chazerand grâce aux excellents conseils de ses copinautes. Elle a enchaîné la lecture d’ Annie au milieu qui la fait rire, pleurer et rire avec celle de La Fourmi rouge qui la aussi fait rire, pleurer et rire ! Que ce soit les aventures d’Annie et son incroyable famille ou celles de Vania Strudel au destin si pathétique, les héroïnes d’Emilie Chazerand ont ce quelque chose d’infiniment bancal et de particulièrement poétique qui vous emporte immédiatement vers d’autres quotidiens que le vôtre mais qui pourraient quand même un peu y ressembler. On vous en reparle d’ailleurs très vite, ici même !

******

Pou Blandine, les lectures et relectures ont été aussi nombreuses que bonnes. Découvertes d’écritures et d’univers, de récits enthousiasmants et engagés, de parcours de vie inspirants et relatés tout en pudeur ou interprétations, et de livres qui parlent de livres. Que du bon! En voici deux!

Promenade. Bernard FRIOT et Jungho Lee. Editions Milan, 2017

Ode aux livres, à la littérature et surtout à leur pouvoir, cet album grand format nous emporte en voyage au fil d’illustrations sur double-page qu’accompagnent pour chacune une ou deux phrases, métaphoriques. C’est beau et c’est fort.

*

L’été du changement. Sophie ADRIANSEN. Editions Glénat et #onestpret, octobre 2020

La chaleur à Strasbourg est infernale. Mylan et Cléa subissent la canicule. C’est ainsi qu’ils se rendent à la Skihalle, une station de ski artificielle où ils vont ensuite chaque jour pendant une semaine avant de partir chacun de leur côté en vacances. Lui chez son oncle en Norvège, elle en Malaisie avec ses parents. Le dépaysement sera total pour les deux ados qui, au fil de leurs rencontres, activités et observations, vont se rendre compte de l’impact de leurs choix sur la planète, l’écologie, le climat, et de leurs modes de consommation… Tout en redoutant de paraître, ou non, rabat-joie aux yeux de l’autre.

L’écriture de Sophie Adriansen fait toujours mouche. Avec justesse et réalisme, elle nous décrit ici la prise de conscience écologique de deux ados amis au fil de leurs vacances estivales, diamétralement opposées. Il est aussi question de cultures, de consumérisme, et d’apparence. Un roman nécessaire!

******

Isabelle et ses moussaillons ont embarqué à destination de l’archipel de Saltkråken, en Suède, grâce à la traduction d’un roman inédit en français d’Astrid Lindgren ! Avec la famille Melkerson, ils ont passé des vacances inoubliables, pêché, construit des cabanes et surtout goûté la saveur incomparable du partage et de l’amitié. Ce roman gorgé de soleil et de parfums iodés était LA lecture à voix haute idéale pour les vacances d’été. Ça marche aussi très bien pour prolonger à volonté le bonheur des vacances !

L’avis complet d’Isabelle

*

Et en BD, le coup de cœur de L’île aux trésors va sans conteste à Sermilik. Cet album de Simon Hureau raconte l’aventure extraordinaire de Max Audibert, un Français qui s’est installé au Groënland dans un village Inuit. Le décor est d’une pureté grandiose, les lois de la nature implacable, les aventures de Max tour à tour drôles et terrifiantes. Sermilik se lit comme un hymne à la nature boréale, un récit atypique d’initiation, d’intégration et de transmission, une invitation à aller au bout des rêves qui nous tiennent à cœur. Une lecture intense et immersive qui nous laisse durablement la sensation du froid polaire et le halètement des chiens dans l’oreille.

L’avis complet d’Isabelle

******

Votre été a-t-il été beau et riche de découvertes et lectures ? Les nôtres vous tentent-elles ? Dites-nous tout!

Lecture commune : Fin d’été

Pour finir l’été, nous avons préparé une lecture commune autour d’un album qui respire la fin des vacances et le désir de les prolonger encore un peu. Le très doux Fin d’été de Stéphanie Demasse-Pottier, illustré par Clarisse Lochmann.

***

Fin d’été, Stéphanie Demasse-Pottier et Clarisse Lochmann, L’Etagère du bas, 2021

Lucie : J’avais envie de commencer en vous demandant comment vous aviez découvert le travail de Clarisse Lochmann, et sa collaboration avec Stéphanie Demasse-Pottier ?
Comme pour ma part c’est grâce à Colette, je suis curieuse de savoir ce qui la touche particulièrement ?

Linda : J’ai pour ma part découvert Clarisse Lochmann grâce à Colette qui nous a proposé son titre La passoire pour le prix ALODGA 2021. J’ai été séduite par son univers graphique et depuis je la suis de près. C’est sur son compte instagram qui j’ai eu vent de la sortie de Fin d’été que je me suis empressée d’acheter. L’occasion de découvrir la magnifique association de ces deux artistes talentueuses. Je viens d’ailleurs de me procurer leur dernier travail en commun Même les crocodiles n’ont pas sommeil !

Colette : Clarisse Lochmann a un style bien particulier, un univers à la fois flou et intense, que j’ai tout de suite reconnu quand j’ai vu la couverture de Fin d’été sur les rayonnages des nouveautés de ma médiathèque préférée ! C’est le bleu qui m’a fasciné, comme la première fois. Quand on a aimé un album à la folie comme j’ai aimé La Passoire, je ne pouvais résister à la tentation de m’agripper à cette fin d’été prometteuse. Et puis le titre de cet album a ouvert la porte des possibles et des souvenirs. Une porte qu’il me fallait plus qu’entrebâiller.

Blandine : C’est grâce à Colette, et sa proposition pour La Passoire, que j’ai découvert le travail de Clarisse Lochmann. Son univers graphique m’a immédiatement séduite et emportée. Pour Fin d’été, j’ai acheté l’album sans hésiter une seconde. La couverture est magnifique, et quel titre ! S’y entremêlent mélancolie, renouveau, transmission.
Quant à Stéphanie Demasse-Pottier, je la découvre avec cet album – et j’aime !

Lucie : Ce que dit Blandine au sujet du titre est très juste : trois mots, une petite fille qui ferme un parasol et nous voilà immédiatement renvoyées à nos propres souvenirs de départ. En tout cas ça a été très efficace pour moi. 
Avez-vous eu la même sensation ?

Linda : Je ne l’ai pas abordé sous l’angle du départ. Je pensais que l’album parlerait des vacances et des derniers instants que l’on savoure. Bien entendu cela a éveillé des souvenirs de ma propre enfance. Nous partions en juillet avec mes parents mais ils nous arrivaient souvent, jusque fin août, de goûter encore aux plaisirs des plages du nord avant de retrouver le rythme plus effréné qu’amène la rentrée scolaire.

Colette : Moi non plus, je n’ai pas du tout imaginé qu’il s’agirait d’un album sur le départ. J’étais tellement imprégnée encore de ma lecture de La Passoire que j’ai cru que l’album raconterait un évènement imaginaire, un mécanisme psychologique. Je ne m’attendais pas à une narration réaliste. Pourtant le titre aurait du me guider !

Lucie : Qu’ils relatent un mécanisme psychologique ou une narration réaliste, les deux albums que j’ai pu lire m’ont laissée avec une tristesse latente. 
Avez-vous ressenti la même chose ?

Blandine : Tristesse non, mais mélancolie oui. L’album, les illustrations « non figées » grâce à l’encre, nous transportent auprès des personnages, et nous emportent dans nos propres souvenirs, à la fois vrais et idéalisés. J’aimerais cette douceur de fin d’été/vacances, cette possibilité de prendre encore un peu le temps, de s’affranchir encore un peu des contraintes que la Rentrée entraîne.

Linda : J’ai pour ma part ressenti un profond sentiment de nostalgie, une volonté de retenir quelque chose, de faire durer un plaisir : les souvenirs de la nuit ou la joie des vacances.

Colette : J’ai tellement souffert de ce sentiment que la fin de l’été marquait : la fin de quelque chose de tellement plus grand et plus fort que simplement « la fin des vacances » que j’ai proposé à ma famille de ne plus laisser finir les vacances. Maintenant fin août, quand la rentrée approche, nous partons en vacances, au fil du rasoir, les jours juste avant de retourner à l’école. Une toute petite escapade mais qui nous fait nous sentir « rebelles et biens vivant.e.s » ! En fait le plus insupportable ce sont les quelques jours qu’on a tendance à prévoir pour reprendre les « bonnes habitudes » comme pour faire tampon entre deux vies, l’une de liberté, l’autre de contraintes. D’ailleurs ce sentiment en dit long sur les mécanismes qui régissent nos sociétés occidentales contemporaines dans lesquels le travail est encore très au cœur de notre existence, jusque dans son intime temporalité.

Blandine : Comme tu as raison Colette !! Cette habitude de « tout » prévoir, d’être constamment dans l’anticipation, dans le « au cas où », et qui finalement, nous empêche d’être dans le présent, dans l’instant, de vivre pleinement les moments qui s’offrent à nous, avec ceux qui nous entourent, eux-mêmes peut-être accaparés par leurs propres anticipations, parce qu’il faut se préparer, être prêts à … »
Quant au travail, il faut savoir couper, mettre de la distance, car il est facile de le laisser s’infiltrer à tous les moments de notre vie, par le biais des téléphones (surtout) qui nous servent à être joignables à tout moment et partout par les mails, messages, appels. Ou « simplement » pensées.

Lucie : Tu as raison Blandine, « mélancolie » est le terme juste.
Quant à la fin des vacances, ce petit moment volé m’a fait penser à ce que Timothée de Fombelle raconte dans Neverland : le départ du dimanche soir, à contre courant des vagues de retour pour un dîner-pique-nique à Fontainebleau (de mémoire). Cette capacité à saisir l’opportunité, à offrir des moments inattendus et précieux à ses enfants… C’est rare !

Blandine : Je vais faire remonter Neverland sur le dessus de ma PAL moi ! Ce qui empêche, ce sont des mécanismes ancrés d’habitudes, de transmission familiale, de craintes diverses. Il faudrait oser, oser oser même !

Linda : Oui c’est tout à fait ça ! Il est important de vivre l’instant présent, d’être spontané et de toujours laisser de la place à l’imprévu. Il y a toujours un plaisir immense à organiser les vacances, cela permet de se projeter. Mais une fois sur place, j’aime que nous ne fassions pas ce qui était prévu pour nous laisser porter par nos envies du moment. Au final nous savourons vraiment plus ces instants, pour la liberté qu’ils nous donnent de vivre pleinement une journée déconnectée de la rigidité du calendrier.

Lucie : Dans l’album, cette manière de retarder le retour m’a vraiment plu. Stéphanie Demasse-Pottier pousse plus loin que le traditionnel pique-nique sur la route. Cette nuit à la belle étoile est très jolie idée. Cela m’a donné l’impression que les parents n’avaient pas perdu leur âme d’enfant. Qu’ils sentaient la peine de leur fille et qu’ils décidaient de faire à leur famille un dernier cadeau, souvenir précieux, de leurs vacances. J’ai vraiment aimé que l’enfant semble associé à la décision de dormir dehors, au choix du lieu de campement…
Le souvenir et le temps (qui passe, que l’on décide de prendre ou non) me semble central dans cet album. Qu’en pensez-vous ?

Colette : Le temps en effet est au cœur de cet album : il y est question du temps que l’on prend, en famille, pour écouter ses émotions, les accompagner, leur trouver une manière de s’exprimer, de se transformer. On en parle souvent pour la colère mais plus rarement pour le chagrin, la mélancolie. Et puis dans cet album, c’est fait avec beaucoup de délicatesse, une certaine économie de mots, une forme de pudeur qui fait toute la beauté de l’écoute des parents. La tristesse de l’enfant résonne beaucoup en moi, j’imagine en vous aussi. Elle résonne sans doute d’autant plus que, souvent chez moi, elle n’a non seulement pas été entendue mais je n’ai jamais eu l’idée de l’exprimer. Peut-être vivions-nous cette mélancolie chacun.e de notre côté alors qu’il y a quelque chose de profondément joyeux à la vivre ensemble, à la célébrer ensemble.

Linda : Le temps rythme l’album de la même manière qu’il rythme nos vies. Que ce soit le temps que l’on prend, celui qui nous pousse à aller plus vite ou à ralentir, ici il est connecté aux émotions de chacun des personnages et c’est probablement pour cela que cet album nous touche autant. C’est aussi parce qu’ici les parents sont bienveillants, écoutent et accueillent les émotions de leur enfant avec délicatesse. Comme Colette, c’est quelque chose qui me touche intimement car mes émotions, surtout si elles étaient négatives, n’étaient pas entendues et il était même préférable de les taire. J’imagine que cela est lié à l’évolution du regard que l’on a sur l’enfant… Toujours est-il que je me demande également s’il ne serait pas plus agréable de partager notre mélancolie pour la rendre plus agréable.

Blandine : Je vous rejoins complètement sur le rapport au temps. Prendre le temps de faire les choses, comme de (re)connaître nos ressentis.
Je crois aussi qu’il y a quelque chose de générationnel dans l’expression possible des émotions et de leurs diversités. Pour preuve l’incroyable production (et pas seulement littéraire) autour d’elles. Ce qui était auparavant tu, indéterminé, non nommé ou réduit est désormais recherché dans toutes ses nuances. Être mélancolique, ce n’est pas forcément être triste ; être contrarié, ce n’est pas être en colère, etc. Parents et enfants sont encouragés à identifier les émotions. Cela crée ou renforce des liens, favorise des échanges et discussions. Mais il faut aussi garder de la spontanéité, de la surprise. Ce que font les parents de cet album. Et j’aime ça !

Lucie : Pour conclure, je vous propose de revenir un instant sur l’univers graphique de Clarisse Lochmann. Comme vous le disiez au début de cette discussion, c’est en grande partie ce qui vous a attirées vers cet album. J’ai eu la chance de rencontrer Clarisse Lochmann dans un festival, et elle plaisantait en disant qu’elle faisait des tâches et qu’elle débordait. Ces illustrations un peu floues sont en effet une marque de fabrique immédiatement reconnaissable. Que vous inspirent-elles ?

Blandine : Des tâches peut-être, mais avec un très fort pouvoir évocateur. J’aime qu’il n’y ait pas de contours, pas de limites, que ça déborde. La base est commune mais chacun y voit, y trouve, y ressent ce qu’il veut, ce qui s’impose. De fait, l’expérience de lecture est unique et sans cesse renouvelée. C’est très poétique. Paradoxalement, cette « liberté » peut aussi en dérouter certains.

Linda : De bien jolies tâches alors ! C’est un style graphique que j’apprécie énormément car ce flou laisse place à l’imagination de chaque lecteur et permet de laisser s’exprimer ses propres représentations. C’est vraiment poétique ! Comme le dit Blandine, ce style propose une expérience de lecture qui se renouvelle, ce qui est toujours très plaisant.

Colette : Ce que j’aime aussi dans le style de Clarisse Lochmann c’est qu’elle laisse les traces de ses esquisses, que l’on devine le crayon à papier. Je suis toujours pleine de gratitude pour les artistes qui nous montrent comment ils/elles travaillent, je trouve que c’est très généreux de partager avec nous, même implicitement, leurs secrets de fabrication.

******

Nous espérons vous avoir donné envie de découvrir les albums de Clarisse Lochmann, qu’elle les ait réalisés seule comme La Passoire ou avec sa complice Stéphanie Demasse-Pottier comme Fin d’été ou Même les crocodiles n’ont pas sommeil ! Pour notre part, vous l’aurez compris, nous sommes sous le charme !

Prix A l’ombre du Grand Arbre 2022 : Racines

Comme annoncé lors de l’anniversaire de notre grand arbre, nous vous avons proposé notre sélection pour le prix A l’ombre du grand arbre 2022 tout au long de l’été. Nous espérons vous avoir permis de découvrir de petites perles de la littérature jeunesse puis de voter ici pour vos titres préférés ! Les votes sont ouverts à partir d’aujourd’hui et jusqu’à ce samedi 20 août. Les gagnants seront annoncés dans la foulée, lundi 22 août.

******

Après les sélections Brindilles, Petites Feuilles, Grandes feuilles, Belles branches et Branches dessinées présentées tout au long de ces dernières semaines, voici le trio de tête pour la catégorie Racines, qui célèbre nos documentaires préférés !

*****

Yahho Japon !

Eva Offredo vous propose de découvrir les aspects méconnus de la société japonaise à travers le portrait de huit femmes exerçant des activités traditionnelles. Quel plaisir de découvrir ce documentaire très graphique, dont le texte, les illustrations et les couleurs sont structurées à la manière d’un bento !

Yahho Japon ! Eva Offredo, Maison Georges, 2021

Retrouvez l’avis de Blandine, Lucie et Frédérique.

***

Eaux douces / Eau salée

Nous trichons un peu et vous proposons ce diptyque d’Emilie Vast autour de l’eau. Composés d’une grande illustration dont les éléments sont expliqués sur la page suivante, ces documentaires doux et bien pensés, vous permettront d’en savoir plus sur la vie des habitants de la mare et de la mer au fil du temps. Car Eaux douces montre l’évolution des êtres vivants sur une année entière pendant qu’Eau salée montre les changements au fil de la marée.

Retrouvez l’avis de Lucie sur Eaux douces et Eau salée.

***

Petite Pousse

Pour changer, c’est un documentaire pour les tous petits que nous vous proposons avec Petite pousse ! Un papa et ses enfants sont dans un jardin et découvrent les fleurs qui les entourent. Poétique et très coloré !

Petite pousse, Sophie Vissière, Hélium, 2021

Retrouvez l’avis de Lucie.

A vous de jouer !

Quel est votre titre préféré dans la sélection “Racines” ?

  • Petite Pousse, Sophie Vissière, Helium, 2021. (58%, 11 Votes)
  • Yahho Japon, Éva Offredo, Maison Georges, 2021. (21%, 4 Votes)
  • Eau douce / Eau salée, Émilie Vast, MeMo, 2021. (21%, 4 Votes)

Total Voters: 19

Chargement ... Chargement ...

Nos coups de cœur de juin

L’été est là, et pour les plus chanceux les vacances approchent à grands pas ! Le beau temps invite à sortir, à retrouver les liens sociaux qui nous ont tant manqués ces dernières années. Mais nous avons tout de même trouvé le temps de lire et découvert quelques pépites à vous partager : voici nos coups de cœur de juin !

******

Petit à petit, Lucie explore l’univers d’Olivier Tallec dont elle apprécie beaucoup l’humour et les illustrations. Ce mois-ci, elle a découvert Dagfrid, jeune fille viking au caractère bien trempé créée par Agnès Mathieu-Daudé. Si tous les tomes (4 à ce jour) ne sont pas égaux, ces petits romans méritent sans aucun doute votre attention !

******

L’équipage de L’île aux trésors a tremblé, ri et pleuré en lisant le troisième et dernier tome de la série Angie, signé Marie-Aude et Lorris Murail. La recette est éprouvée : une intrigue policière merveilleusement entortillée, des personnages irrésistibles (tous !), des dialogues piquants, un art de faire progresser l’enquête et monter la tension malgré un joyeux bazar de gamines survoltées, de flics en plein crise existentielle et de chien surexcité. Mais aussi une façon de prendre les jeunes lecteur.ice.s au sérieux en leur révélant les rouages des romans policiers et en leur parlant avec justesse et franchise du monde contemporain : familles recomposées, sites de rencontres, psychiatrie, recherches génétiques, dérives liées aux réseaux sociaux et revues à sensation imbibées d’hémoglobine. On rêverait de faire les 400 coups avec Angie et ses copains, de suivre les leçons de filature d’Augustin et de bavarder avec le croco de Tante Thérèse. Une entrée de choix dans le genre policier !

À l’hôtel du Pourquoi-Pas ? de Marie-Aude et Lorris Murail, L’école des loisirs, 2022.

L‘avis complet d’Isabelle

******

Et au rayon album, Isabelle et ses moussaillons ont fondu de tendresse pour Petite Panthère. Regardez la, qui nous regarde à travers les fougères. Elle vous invite à répondre à une devinette : mais qui donc est à la fois douce et sucrée, noire, forte et silencieuse ? Chaque double-page nous révèle un trait supplémentaire du personnage mystère (« Elle est douce ») – avec en miroir, sous un volet à déplier, la façon dont Petite panthère a expérimenté cette caractéristique (« Les pattes de petite panthère l’ont touchée »). Le petit félin utilise tous ses sens pour explorer le monde. Chiara Raineri est parvenue adorablement à dessiner la curiosité, la maladresse et l’enthousiasme que cela implique. C’est mignon comme tout. Et le dénouement est parfait – malin et apaisant, vous verrez !

Petite panthère, de Chiara Raineri. Rue du monde, 2022.

L’avis complet d’Isabelle

******

Pour Linda, c’est la bande dessinée d’Alicia Jaraba qui a su trouver le chemin de son cœur. Celle qui parle est un récit retraçant l’histoire de La Malinche, une amérindienne qui a aidé le conquistador Hernán Cortès dans sa conquête du Mexique en lui servant d’interprète et de conseillère en diplomatie locale. L’auteure revient sur ses origines et choisit de proposer une interprétation qui met en avant sa personnalité et en revenant sur les raisons qui l’ont motivé à faire des choix aux conséquences lourdes pour elle et son peuple. La Malinche, Doña Marina, est encore aujourd’hui l’un des personnages les plus controversés de l’héritage colonial.

Celle qui parle d’Alicia Jaraba, Grand Angle, 2022.

******

Pour Liraloin, la douceur s’invite en coup de cœur avec Poèmes à murmurer à l’oreille des bébés (de 9 secondes à 9 mois et au-delà…)

A partir de la naissance et bien avant et surtout bien au-delà.

Il est de ces poèmes que l’on respire comme on respire l’odeur de son bébé. Il est de ces poèmes que l’on ressent vibrer comme on ressent les premiers coups de pieds, un lien unique partagé entre bébé et maman. Il est des poèmes qui font prendre conscience que l’amour porté à son enfant est universel et à la fois si intime.

Si léger, chaque poème est une envolée vers ce petit être qui va à jamais bouleverser la vie d’une femme, d’un homme, d’un couple : « Nous t’imaginions, nous rêvions de toi. » L’amour, le souffle, l’odeur, la douceur, la chaleur, l’infini et les émotions souvent décuplées lorsque bébé est là tout contre sa peau. Les illustrations apportent cette délicatesse si fine et précieuse qu’il faut user lorsqu’on berce un enfant.

A offrir sans modération aux futurs parents.

Poèmes à murmurer à l’oreille des bébés (de 9 secondes à 9 mois et au-delà…) de Marcella & Marie Poirier, Les Venterniers, 2020 – livre imprimé, relié et façonné à la main

******

Quant à Colette, elle a partagé avec son Grand-Pilote-de-Vélo, la lecture à haute voix de l’excellent documentaire Internet aussi, c’est la vraie vie de Lucie Ronfaut-Hazard et Mirion Malle. L’autrice, journaliste indépendante spécialisée dans les nouvelles technologies et la culture web, y explicite les liens entre nos pratiques numériques et le monde dans lequel nous évoluons. Il y ait surtout question des risques que nous prenons à oublier parfois qu’Internet, aussi c’est la vraie vie… Un livre qui enrichit notre sélection thématique sur les pratiques émancipatrices du net.

Internet aussi, c’est la vraie vie, Lucie Ronfaut-Hazard, Mirion Malle, La Ville brûle, 2022.

******

Blandine et ses garçons aiment toujours autant les histoires avec des loups! Ceux de Philippe Jalbert particulièrement! Dans ces deux albums, l’auteur-illustrateur le croque si bien, entre attitude bravache et airs circonspect, qu’il est impossible de ne pas rire… Car vous l’aurez deviné, le Loup n’est pas au bout de ses (més)aventures!

*

L’histoire du Loup à grande bouche vous en rappellera certainement une (ou plusieurs) autre(s) déjà très drôle(s) !!
Dans cette version-ci, notre Loup cherche à diversifier son alimentation et sort de sa forêt. Et devinez sur qui il tombe??!! Il ne faut pas vous en dire plus… pour que vous puissiez vous aussi vous régaler !!!

Dans le second album, le Loup est sûr d’une chose: ce n’est pas la mémoire qu’il perd mais son petit-déjeuner !! Un voleur s’en empare la nuit. Et pour s’occuper du malotru, il faut des méthodes de malotru!! Aussi fait-il appel à une fripouille pour pouvoir se débarrasser de l’importun. Aux grands maux, les grands moyens… Mais qu’il vaut mieux ne pas oublier! Une chose est sûre : Le matin ne réussit pas au Loup !!

Ces deux albums sont hilarants grâce aux récits forts en répétitions et chutes comiques, au dynamisme de leurs dessins et aux expressions du Loup ! Vraiment, on ne s’en lasse pas!

L’avis complet de Blandine ICI.

******

Partagez-vous nos coups de cœur? Quels ont été les vôtres? Dites-nous tout!

De l’humour noir au rire jaune – grands lecteurs, grandes lectrices

Après la sélection sur l’humour pour les petits lecteurs, petites lectrices la semaine dernière, voici l’arc-en ciel des couleurs de l’humour pour les plus grands !

L’humour noir et l’ironie / le sarcasme

Calvin et Hobbes (22 tomes), Bill Watterson, Presses de la cité.

Comment ne pas parler de la série Calvin et Hobbes de Bill Watterson ? Dans ces bandes dessinées, l’humour noir est élevé au rang d’art.
Calvin est un petit américain de six ans qui porte sur le monde un regard acerbe. Hobbes, son tigre en peluche, prend vie quand ils sont seuls et participe activement aux bagarres, blagues et autres réflexions désespérées sur l’espèce humaine. Mordant, drôle, mais aussi plein d’humour et de réflexions pertinentes… Lucie et Blandine en sont fans.

*

La ferme des animaux, George Orwell, Le Livre de Poche Jeunesse, 2021.

Satire politique, La ferme des animaux d’Orwell utilise l’humour noir pour critiquer le régime stalinien et les états totalitaires en général. Il y dénonce notamment le pouvoir et la cruauté exercés par des tyrans. Publié pour la première fois en 1945, le récit n’a pas pris une ride et son sujet résonne encore avec le monde moderne. Le texte court et la format de fable animalière rendent la lecture accessible par les enfants dès l’âge de 10-11 ans pour les plus curieux.

L’avis de Linda, celui d’Isabelle et de Lucie. On pourra aussi lire l’avis d’Isabelle sur la version illustrée par Quentin Gréban ICI. Et l’avis de Linda et celui d’Isabelle sur l’adaptation en BD pour la jeunesse.

*

Pour Lucie, Roald Dahl est un maître incontesté dans le domaine. Que ce soit dans Matilda, La potion magique de Georges Bouillon, Les deux gredins, Un conte peut en cacher un autre ou son autobiographie Moi, Boy, l’auteur anglais a le chic pour croquer d’affreux personnages. On adore les détester et on rit, tellement !, de leurs mésaventures.

Retrouvez aussi les avis de Linda, Blandine, Isabelle sur ce génie de l’humour.

*

Les Willoughby : un roman abominablement écrit et ignominieusement illustré par l’autrice, Loïs Lowry – Ecole des loisirs, 2010 pour la première édition, 2019 pour l’édition collector

Les Willoughby ne sont pas une famille attachante. Les parents sont particulièrement odieux et les enfants sont agaçants. Cependant, ils ont tous un point commun : ils ne s’aiment pas. Alors c’est tout naturellement qu’un bébé abandonné sur leur perron se retrouve vite expédié chez le voisin, Mr Melanoff, un veuf inconsolable vivant dans une énorme maison-taudis !Le sort va-t-il s’acharner contre ce bébé ? De quels horribles moyens les enfants vont-ils user afin de se débarrasser de leurs parents et vice versa ?

L’ambiance de cette histoire a plongé Liraloin dans les romans de Roald Dahl mais aussi dans celle de Nanny McPhee. Tout va très vite et les évènements s’enchaînent un peu comme au théâtre. Les situations sont souvent loufoques et chaque personnage fait avancer l’histoire de manière maladroite. Une bonne dose d’humour noir et malgré tout, les ondes positives rayonnent dans ce roman farfelu.

*

Monstre effrayant avide de chair d’enfant, le Yark est aussi… un animal en voie d’extinction. C’est que la pauvre bête a l’estomac fragile et ne digère que les enfants sages. Cette créature pleine de scrupules préférerait mille fois se nourrir de gamins insupportables, elle n’a pas vraiment le choix. Comme beaucoup, donc, le Yark regrette amèrement les enfants bien élevés, propres et innocents de jadis et désespère de trouver de quoi se mettre sous la dent… Tout est génial dans cet album qui s’impose déjà comme un classique : l’objet livre est magnifique (encore plus la réédition de 2021), la couverture et les illustrations (signées Laurent Gapaillard) de toute beauté, les rimes audacieuses, les péripéties à hurler de rire. Incontournable dans une sélection sur l’humour !

Le Yark, de Bertrand Santini, illustré par Laurent Gapaillard. Grasset Jeunesse, 2011 (réédité en 2021).

L’avis d’Isabelle et de Linda

******

L’humour burlesque, le comique de situation

La souris et le voleur de Jihad Darwiche & Christian Voltz – Didier jeunesse, collection : A petits petons, 2002

Tout commence par un gros ménage de printemps chez la souris. Sous cette poussière, un p’tit trésor : un sou ! Alors, « Elle court chez le boucher. Elle lui donne sa pièce et revient chez elle avec un beau morceau de viande. » Notre souris, économe, décide que la moitié qui ne sera pas mangée régalera son p’tit bidon le lendemain. Malheureusement la nuit s’achève sur un réveil colérique : un voleur lui a piqué sa gourmandise. Elle va vite raconter ses malheurs au juge qui lui dicte cette drôle de formule-magique-spéciale destinée au voleur trop goulu : « Rentre dans ta maison. Mets du caca dans une assiette, pose l’assiette sur l’étagère, plante des clous à l’envers dans le mur, mets un serpent dans la bassine d’eau, cache un âne derrière la porte, accroche un coq au plafond et dors tranquille. » Bon s’il en est ainsi, allons-y! Alors quoi, vous ne devinez pas la suite….

Cette histoire est vraiment très drôle à lire et surtout à raconter (parole de pro du livre : les enfants aiment les histoires de caca). Le comique de répétition fonctionne à merveille. Le passage où notre pauvre voleur tombe sur tous les pièges laissés par la souris sont à mourir de rire. Les illustrations de Christian Voltz y sont pour beaucoup. Il alterne papier découpé et matériel de récupération donnant des expressions si farfelues aux personnages.

*

Le journal de Gurty (10 tomes), Bertrand Santini, Sarbacane, 2015.

A-t-on encore besoin de présenter Gurty, l’adorable petite chienne de Bertrand Santini ? Les enfants adorent lire son journal et ses réflexions sur la vie, le quotidien, son maître et ses rencontres. Le regard qu’elle porte sur son environnement (très premier degré) est hilarant !

Retrouvez les avis de Blandine, Lucie, Linda et Isabelle.

*

C’est qu’ils passeraient presque inaperçus, dans leur tranquille banlieue londonienne… Une famille qui déborderait certes d’énergie, dont les membres pourraient bien paraître un peu plus velus et dentus que la moyenne, mais alors vraiment en y regardant de près… La seule chose qui pourrait bien les trahir, c’est leur propension irrépressible à hurler de rire à la moindre occasion. Car oui, mais que cela reste entre nous, hein ! La vérité, c’est que les Zarnak sont une famille de hyènes ! Il souffle sur ce roman une loufoquerie toute britannique. Les péripéties des Zarnaks qui peinent à ne pas attirer l’attention, le comique de situation et les blagues intempestives de M. Zarnak sont désopilants. Et sur le mode du rire, ce roman invite à la réflexion sur les stéréotypes (car voyez-vous, les hyènes ne sont bien vues ni des hommes, ni des autres animaux), l’aliénation des humains passée au révélateur du regard des hyènes, leurs liens avec le monde animal, l’anticonformisme et la valeur de la tolérance. On en redemande !

Les Zarnak, de Julian Clary, illustré par David Roberts. abc melody, 2016.

L’avis complet d’Isabelle

*

Comment résister au bouc Cornebique, gaillard tout en jambes, doté d’un don pour le banjo, d’un solide appétit, d’une bonne dose d’auto-ironie et d’un cœur tendre à souhait ? Ravagé par un chagrin d’amour, notre héros se résout à quitter le pays des boucs, pourtant si sympathique. Il est loin d’imaginer les rencontres et les aventures extraordinaires que lui réserve cette ballade à travers le vaste monde… Jean-Claude Mourlevat est un conteur incroyable et la magie opère immédiatement : difficile de reposer le livre, une fois ouvert. Les dialogues sont mémorables, les frasques de Cornebique hilarants. Vous aimez la fête, la musique folk, les courses-poursuites et les concours en tous genres ? Ce livre est fait pour vous !

La ballade de Cornebique, de Jean-Claude Mourlevat. Folio Junior, 2003.

Les avis de Lucie et d’Isabelle

******

L’humour par l’absurde et le farfelu

Cochon-Neige, Vincent Malone, Seuil Jeunesse, 2004.

Cochon Neige est une réécriture de Blanche-Neige… avec un cochon dans le rôle-titre. Ce point de départ donne une assez bonne idée de la folie de Vincent Malone qui, non content d’offrir à son lecteur une parodie enlevée, multiplie les notes de bas de page toutes plus tordantes les unes que les autres.

L’avis de Lucie.

*

En colère, la petite Jo s’enfonce dans la forêt et emboite le pas à de curieuses petites créatures bavardes, quitte à entrer dans un tunnel obscur… pour déboucher dans un monde où souffle un vent de fantaisie, une sorte de quatrième dimension où l’univers des contes percuterait celui des années 1970. On y croise de petits enfants aux oreilles de chats côtoyer un cyclope en Birkenstocks et un crocodile en blouson de cuir, sous la direction musclée d’un renard mal léché. Tout ce petit monde a décidé de s’élever contre le despote qui terrorise le pays. Ce dernier organise justement un bal costumé : notre fine équipe ne devrait pas avoir de mal à s’infiltrer dans sa forteresse… Ce n’est pas une BD d’humour à proprement parler, mais elle fait beaucoup rire, par la malice du trait de Camille Jourdy, les clins d’oeil qui fourmillent un peu partout, les dialogues mêlant savoureusement l’ironie et l’absurde.

Les Vermeilles, de Camille Jourdy, Actes Sud, 2019.

L’avis d’Isabelle

*

Un enfant fait une rencontre extraordinaire : celle de Karlsson, petit bonhomme à la langue bien pendue, sûr de lui, débordant d’idées et d’imagination, et doté d’une hélice lui permettant de voler et de rejoindre sa petite maison… sur le toit de l’immeuble ! Le quotidien prend alors un tour inattendu. Karlsson se laisse complètement aller au jeu, expérimente tout ce qui lui passe par la tête sans tabou, se vante et ment sans vergogne, s’empiffre de sucreries, ne partage pas ses bonbons mais aime à jouer les justiciers… ravissant les petits lecteurs qui aimeraient parfois pouvoir se conduire ainsi. Les répliques du bonhomme (« Du calme, pas de panique ! » ou « Tout ça c’est purement matériel » quand il a détruit quelque chose…) sont vraiment cultes. Un classique suédois porté par l’humour d’Astrid Lindgren.

Karlsson sur le toit, d’Astrid Lindgren. Le Livre de Poche, 1955.

L’avis complet d’Isabelle

******

Les jeux de mots et l’humour par les mots

Histoires comme ça, Rudyard Kipling, Milan jeunesse, 2009.

Rudyard Kipling est un magicien des mots. Si son roman le plus célèbre est le Livre de la Jungle, ses Histoires comme ça sont un monument d’humour.
Jeux de mots, comique de répétition, comique de situation… Ecrit pour sa fille, qu’il interpelle régulièrement dans les nouvelles, ces contes des origines publiés en 1902 n’ont pas pris une ride et sont devenus incontournables chez Lucie !

Son avis complet ICI.

*

Comme Isabelle, Blandine, Linda et Frédérique, Lucie est séduite par la plume pleine de fantaisie de Flore Vesco. Depuis De cape et de mots jusqu’à D’Or et d’Oreillers, en passant par L’Estrange Malaventure de Mirella, l’auteure, véritable virtuose de la langue, joue avec le vocabulaire et les sonorités. Ses romans sont à la fois délicieux et pleins d’humour.

******

Et vous, quels auteurs vous font rire ? N’hésitez pas à partager vos coups de cœur !