A l’ombre du grand arbre, on aime quand on ne prend pas les enfants pour des idiots, qu’on se met à leur hauteur pour grandir avec eux. On aime les choix audacieux qui dénotent dans un paysage éditorial souvent formaté et marketé. On aime quand la pertinence du format et l’impertinence du sujet se métissent pour casser les codes, quand, dans un nid douillet, des ailes renommées prêtent leurs plumes à des oisillons créatifs et talentueux, quand les beaux mots se mêlent aux images éloquentes pour dire les belles valeurs, les émotions, et les êtres.
A l’ombre du grand arbre, oui, on aime le catalogue de cette maison d’édition, original, pertinent, et surtout, engagé, porteur de sens et de valeurs universelles.
C’est pourquoi nous vous proposons aujourd’hui de faire plus ample connaissance avec les Editions du Pourquoi Pas ? et certains de leurs titres répondant parfaitement à cette exigence-là : une littérature jeunesse humaniste, ambitieuse et généreuse.
Présentation de la maison d’édition par Alain
Alain Claude est le Président fondateur de l’association, président de la Ligue (pendant 23 ans), enseignant-conseiller pédagogique à la retraite, il a toujours placé la Littérature Jeunesse en pôle position… et reste très attaché à la force du collectif.
L’association a été créée en décembre 2013 par la Ligue de l’Enseignement des Vosges en partenariat avec l’ESAL-site d’Epinal, et sortira son 100ème ouvrage en février 2027.
Nous publions des auteurices connus et reconnus dans le milieu qui se reconnaissent dans notre projet ainsi que des illustrateurices-jeunes talents passés par l’ESAL d’Epinal à qui nous donnons la possibilité de faire un premier livre (à quelques exceptions – mais très peu, pour des projets complexes : Carole Chaix, Frédérique Bertrand, etc.)
Nous ne sommes jamais guidés par « le commercial » lorsque nous choisissons des textes (toujours le texte en premier)… En fait, tout est dans notre manifeste.
Quelle est la ligne éditoriale des EDPP ?
Des écritures qui s’emparent de l’imaginaire pour aider les lecteurices à faire société et faire humanité.
Quelles sont les spécificités de votre maison d’édition ?
En plus de la ligne engagée, le bénévolat à 300%. L’association comprend 19 membres qui s’investissent en fonction de leurs compétences et de leurs disponibilités.
Quels sont vos défis ?
Les défis ??? Continuer dans la.meme voie et renouveler les forces vives.
Merci Alain d’avoir pris le temps de présenter cette belle maison d’édition ! À présent, à nous de présenter nos titres préférés…
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Et puis un jour, tu te dis que c’est un beau métier que celui d’écrivain.e pour la jeunesse, que c’est une merveilleuse passion d’éditer leurs livres quand ils sont riches de sens…Assembler des mots pour raconter et donner corps à des histoires de grands bouleversements, à des moments forts ou tout simplement à des instants de rien, captiver et apporter tellement d’émotions à celles et ceux qui les lisent – les enfants auxquels ils sont destinés, public exigeant s’il en est – c’est une prouesse ! Et quand, la poésie, passagère clandestine, s’invite dans les pages, et intensifie l’enchantement, le recueillement, ou le sourire, alors…
Le livre-anniversaire des 10 ans des Editions du pourquoi pas, ce sont ces mots -là, cette poésie-là, c’est un foisonnement d’imagination, de styles et de genres, dans un recueil illustré où 11 écrivain.e.s, Thomas Scotto, Cathy Ytak, Julia Billet, Jo hoestlandt, Thierry Cazals, Yves-Marie Clément et les autres… laissent éclater leur talent et délivrent, chacun.e à sa façon, un lumineux message d’intelligence collective et d’espoir. Aux côtés de ces brillant.e.s auteur.ice.s, de jeunes artistes illustrateur.ice.s apportent une fraîcheur et un éclat supplémentaires aux très belles suites imaginées aux vies d »Esther, Tapio, Labiwa et les autres.
Et tous.es nous disent : faire ensemble cette société…en humanité…Une société où il est permis d’assumer ses passions et d’être soi de tout son être, dans l’ombre ou la lumière. Une société d’accueil de l’étranger et des différences, dans un environnement protégé. Une société de respect, de regards bienveillants et de mains amies. Une société d’ailes et de racines où l’on peut transmettre l’espoir d’un « bientôt, tout ira mieux« …Pourquoi pas ?
Départ en vacances est un album de la collection Pourquoi pas la Terre, où nous suivons, le sourire aux lèvres, le débat pour le moins animé entre les 4 membres d’une famille sur le moyen de transport le plus adéquat pour se rendre sur son lieu de vacances. Chacun donne son avis, et valorise, arguments imparables à l’appui, celui qu’il préfère. En avion, on ira vite, affirme Maman, qui veut toujours gagner du temps, y compris pour rentrer. Décompresser ? Très peu pour elle ! Mieux, en voiture, on pourra caser un max de barda inutilement indispensable. Quand le coffre est plein, papa se sent bien !…Oui, mais…et la planète, dans tout ça ? Voiture rime avec hydrocarbure et avion avec pollution…Heureusement que les enfants sont plus responsables que leurs parents en matière de protection de l’environnement ! C’est pourquoi le grand frère préfère la bicyclette, c’est chouette. Toustes en selle et la Terre restera belle ! Sauf que le sport ne met pas tout le monde d’accord ! Alors c’est finalement la petite dernière qui clouera le bec à toute la maisonnée ! On prendra le train, c’est gagné ! Parce qu’en chemin de fer, on peut tout faire : prendre le temps de vivre, de rêver plus, et surtout, on pollue moins ! Le débat est clos…enfin, presque…! Vous êtes plutôt valises ou sacs à dos ? 😉
Cette sympathique histoire de famille, drôle, truculente, aux textes et illustrations pétillants et malicieux, fait réfléchir petits et grands, avec humour et tendresse.
Les minuscules est un court roman bouleversant où, dans un pays en guerre, impuissant.es, nous suivons Bassem, orphelin sans pleurs, après la destruction de sa maison et la mort de sa famille, sur son chemin de désolation. Les mots et les illustrations sont d’abord durs, de vérité et de détresse. Ils ne taisent pas les bombes, le vide, le chaos, la folie qui gagne certains pour échapper à une réalité trop douloureuse…Mais soudain, une mélodie, une rencontre amie, et ils s’apaisent peu à peu, puis deviennent poésie et enfin espoir, regards tournés vers le ciel. Des notes de piano aériennes, un instituteur qui sauve la mémoire et le savoir, des artistes de rue, un spectacle improvisé…Porté.e.s par cette parenthèse enchantée, les survivant.e.s s’emparent de la solidarité et de la créativité comme autant de réponses à l’atrocité, pour redonner espoir, « grains de lumière » et oui, de la « noblesse au monde« …Et espérer un nouvel horizon.
Saisie par la puissante représentation de la guerre et de ses ravages sur les vies, comme par l’onirisme des images lorsqu’elles se font plus légères, happée par le regard de Bassem aux larmes absentes puis libérées, j’ai refermé ce livre très émue. Une supplication muette m’est venue : enfant du néant, du désespoir et de la solitude, de la violence et de la peur… mais enfant résilient, enfant sauvé, – pour l’instant -, je te demande pardon.
« La culture est l’héritage de la noblesse du monde, la seule force que nous ayons en face de l’élément de la nuit. » André Malraux
Séverine
Une réécriture d’un conte…
« Tu sais quoi ? Laisse tomber. Il m’inspire pas ce type. Je le trouve carrément inquiétant. » Invitées à une fête dans un lieu loin de ce qu’elles fréquentent habituellement, deux sœurs débriefent de la soirée passée chez cet homme à la barbe bleue. Pourtant l’inquiétude de l’une ne va pas bouleverser le choix de l’autre au point de vouloir s’installer un temps dans ce cadre d’apparence idyllique : « Franchement, j’aimais bien l’idée de la pause. Et je me voyais volontiers m’installer au Moulin. Ce que j’ai fait. » Et jour après jour, goûtant au luxe, cette femme ne va pas comprendre le changement et le départ précipité de son nouveau compagnon.
Raphaële Frier nous livre une réécriture moderne du célèbre conte Barbe Bleue et dès la première de couverture la domination masculine y est palpable. De sa barbe bleue tentaculaire et hypnotique, cet homme va user de « ses charmes » matériels pour attirer cette jeune femme à s’enfermer dans une cage dorée. Les illustrations de Kam mettent en scène des détails qui ne trompent pas la le lectrice lecteur et participent à accélérer cette angoisse qui monte durant la lecture. Attirant dans ses portraits, accueillant dans sa façon d’être, le monstre tapi attend le moment propice pour se livrer à une course poursuite dont cette femme ne sortira pas totalement indemne.
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Une écriture qui défie les codes sociétaux…

« Prologue
Vous me regardez
Comme si vous ne me reconnaissiez pas.
Pourtant, je sais que vous êtes avec moi
Et qu’on a ouvert les yeux.
Mais comment on va se parler maintenant ?
On sera quoi demain ?
Demain matin et tous les autres jours ?
Ce prologue retrouve l’épilogue, ces paroles de Robin lycéen ordinaire dans une vie ordinaire. C’est dérangeant tout de même ce mec en jupe et qui fait comme si de rien n’était. Est-ce interdit de porter une jupe ?
« -Eh les gars, on a une meuf de plus au lycée ! Aussitôt quelques rires. Quelques rires qui durent… »
Ce texte court percute, interroge, bouleverse, gêne, trouble réellement. D’un seul souffle on y montre le courage, la violence de s’assumer : un lycéen qui a peur, un lycéen qui ose, une surveillante qui a honte, une petite amie qui a peur du jugement. C’est à travers l’histoire d’une jupe portée par un garçon que le-la lecteur-lectrice peut s’interroger et se demander : « On sera quoi demain ? Demain et les autres jours ? »
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Un conte humaniste…
Moins connu que Mademoiselle Vole (qui a bénéficié d’un joli coup de projecteur grâce au prix UNICEF 2026), Le musée des générosités du même binôme d’auteure-illustratrice est tout aussi touchant. Les deux titres se répondent et se complètent en abordant le sort des réfugiés, la générosité et le rôle de l’art,
Dans ce court roman, Laurence Gillot part d’un petit geste, un presque rien qui change la vie d’un garçon. Suzie a donné son gilet à Idris comme une évidence : il avait froid, elle pouvait se le permettre. Elle aurait voulu faire plus mais elle ne l’a jamais revu. Lui non plus n’a jamais oublié ce geste désintéressé, si humain. C’est donc avec émotion qu’il se retrouvent bien des années plus tard dans un musée.
Loin, très loin de la leçon de morale ou de la mièvrerie, Laurence Gillot explique avoir eu envie de « mettre en lumière la puissance de tous ces actes bienveillants, isolés, discrets, invisibles, gratuits, modestes qui, tous les jours, sur tous les continents, enchantent le monde et créent de la fraternité ». Un programme plein d’espoir !
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Un dyptique politique

La collection « Faire société » propose toujours deux textes mis dos à dos qui s’enrichissent l’un l’autre quelque soit l’ordre de lecture. Ceux qui composent ce recueil font froid ans le dos, particulièrement dans le contexte actuel. Heureusement les illustrations faites de photos d’éléments naturels apportent une certaine douceur à l’ensemble.
Pour la première fois, j’ai envie de conseiller de commencer par Le tuteur. Marco, très attaché au concept d’égalité, décide de semer des haricots. Toutes les graines auront le même environnement, la même quantité de terre, les mêmes soins… et devraient donc se développer harmonieusement. Mais la nature est ainsi faite qu’elle se joue des calculs de l’enfant.
En commençant par cette nouvelle, les lecteurs saisiront peut-être plus aisément ce qui se joue derrière les décisions du nouveau gouvernement de Quelque chose a changé. Petit à petit, elle modifient l’environnement, grignotent la culture et les libertés individuelles. Parce qu’elles sont progressives, la population les accepte sans broncher. Jusqu’à celle de trop qui réveillera leur conscience. Trop tard ?
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Et vous, quells titres de ces Éditions du Pourquoi pas ? Vous ont étonnés, bousculés, fait réfléchir ?





