Pour varier des sélections et divers conseils de livres sur Noël, on a eu envie ici d’écrire collectivement un CONTE DE NOËL, illustré par nos artistes en herbe, à savoir nos propres enfants, d’âges différents. Le voici !
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« Mais ça existe un coiffeur pour arbre? »
« Il était une fois un grand arbre, qui durant l’année écoulée, avait essuyé une terrible tempête. Il était tout ébouriffé, beaucoup de ses épines étaient tombées sous le souffle du vent, celles qui restaient étaient tordues. « Il faudrait que je trouve un coiffeur ! se disait-il. Mais ça existe ça, un coiffeur pour arbre ? De plus, son tronc était penché, il avait peur de s’écrouler. Les oiseaux ne venaient presque plus se poser dans ses branches. Il était triste et seul. En plus, ce qui l’angoissait, c’est que Noël approchait ! Et pour lui, Noël, c’était Noël !
Au loin, durant la journée il pouvait entendre les bruits de la ville. La nuit c’était pire que tout, les lumières dressées ici et là éveillaient la quiétude du soir. Leur brillance l’émerveillait car lui aussi souhaitait se parer de milles couleurs. Le grand arbre se souvint du temps où ses branches auraient pu porter ses lumières fièrement. Maintenant, elles ne ressemblaient à rien. Il avait bien entendu parler d’un coiffeur pour arbre mais n’était pas très sûr de savoir comment s’y prendre pour le trouver ? Alors il interrogea les oiseaux nichés sur ses branches. Eux qui survolaient les villes et les villages de long en large avaient peut-être entendu parler d’un coiffeur de brindilles, d’un expert des ramures, d’un enchanteur de folioles ? L’arbre interrogea pies bavardes, merles, merlettes et rouges-gorges.
Chaque jour de cet automne si particulier, d’étranges bruissement de feuilles et de pépiements pouvaient s’entendre à qui prêtait l’oreille…Cela faisait un tel raffut que des enfants, qui jouaient non loin de là, s’approchèrent et se mirent à écouter les oiseaux tintinnabuler. Parmi eux, une jeune fille. Elle se nommait Samaa. Elle était intriguée. Ce n’était pas normal tous ces oiseaux dans un seul arbre ! Cela cachait quelque chose ! Était-ce dû au réchauffement climatique ? Son père lui en parlait souvent. Elle décida de lui en toucher un mot le soir en rentrant. Car il était jardinier et peut-être saurait-il trouver une explication à ce phénomène. En attendant, elle s’émerveillait de ce spectacle. C’était si féérique ! Ce n’était plus un arbre mais un arbre-oiseau ! Comme si chacune de ses branches n’existait plus ! Pour un peu il aurait pu s’envoler ! On ne remarquait même pas son tronc un peu penché. Le soir même, elle en parla à son père qui était intrigué et lui promit d’aller voir le lendemain. Il tint sa promesse. Au petit matin, devant cet arbre décharné, il comprit. Il comprit que les oiseaux l’embellissaient en attendant qu’il soit soigné. Alors, il s’attela à le remettre en état. Samaa, quand elle l’apprit, voulut l’aider et elle mobilisa ses amis et des gens du quartier. C’était beau à voir toutes ces personnes taillant, ramassant, redressant cet arbre affaibli. Ils lui demandèrent l’autorisation de brûler ses anciens atours mais Samaa eut une meilleure idée : et si on se retrouvait sous cet arbre tous ensemble pour la nuit de Noël ? On pourrait faire un feu de joie, lire des histoires, partager nos spécialités culinaires ? Et c’est ce qu’ils firent. Jamais on n’avait vu arbre plus heureux que de se se sentir si bien entouré… Il existait bel et bien un coiffeur pour arbres ! ».
Un arbre-oiseau !
Nous vous souhaitons de belles fêtes de fin d’année !
Après les instants fugaces, les plaisirs minuscules, si on évoquait ces livres qui nous plongent dans l’épaisseur de toute une vie ? Ces livres si particuliers qui nous invitent tout en douceur à réfléchir sur ce qui donne du sens à une existence.
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Toute une vie de végétal.
Dans la collection de papillons de Colette, vous pourrez vous allonger à l’ombre d’un grand arbre généreux. Cet album de Shel Silverstein, devenu un classique de la littérature jeunesse, nous invite à questionner la vie, la mort, les liens qui nous tissent avec beaucoup de poésie et de simplicité.
L’arbre généreux, Shel Silverstein, L’école des loisirs, 1982.
C’est un autre album plein de poésie sur la vie d’un arbre que vous propose Lucie. Dans Je suis l’arbre, Eric Singelin utilise des aplats de couleurs vives et le pop-up pour donner vie à l’arbre, image parfaite de la nature attaquée, transformée par l’homme, mais finalement indomptable.
Je suis l’arbre, Eric Singelin, Gallimard Jeunesse, 2017
Un petit ours s’invente un jardin comme un refuge, comme un sanctuaire de ses souvenirs. Pour conserver la mémoire de ces instants de vie, faits de joies simples mais néanmoins essentielles de partage avec chacun de ses grands-pères. Ils reprennent vie aux yeux du lecteur, papi et pépé, chacun dans leurs habitudes, leurs passions, dans leur maison, leur jardin, leur cuisine. Il se dégage de cet album un sentiment de plénitude délicieux malgré l’absence et quelle ode à la vie !
Le jardin des ours, Fanny Ducassé, Thierry Magnier
Certaines vies sont miraculeuses ! Comment ne pas s’émerveiller des métamorphoses parfois prodigieuses que connaissent certains êtres vivants : moustique, grenouille, champignon, papillon, etc. Des transformations pleines de suspense, merveilleusement illustrées et racontées, en faisant claquer les mots qu’on aime répéter rien que pour leur sonorité et leur mystère : nymphe, sporophore, mycélium, chrysalide, monocotylédone… Un hommage émouvant à une nature fascinante, frémissante de vie, mais fragile et éphémère.
Métamorphoses, de Frédéric Clément. Seuil Jeunesse, 2015.
S’il y a bien une créature que j’adore, c’est Piouh petit habitant du grand bois. Toute sa vie tient dans sa champimaison et une existence faite de petits riens de tous les jours : une vie magique ! Mon petit doigt de bibliothécaire me dit qu’un nouvel album vient de sortir….
Piouh, petit habitant du grand bois, Estelle Billon-Spagnol, Grasset jeunesse
Une balade qui peut sembler interminable, mais qui est finalement vite parcourue, ça vous rappelle quelque chose ? C’est bien de la vie que nous parle La balade de Koïshi. Ce leporello nous entraîne à la suite d’une drôle de petite créature qui fait ses premiers pas, hésite, s’émerveille, va de l’avant, surmonte des obstacles, savoure des rencontres, prend des pauses pour mieux repartir, avant de s’étioler… Quel amusement de constater que cette balade ne suit pas nécessairement un trajet linéaire, mais que les extrémités du livre se rejoignent, permettant un éternel recommencement de l’histoire !
La balade de Koïshi, d’Agnès Domergue et de Cécile Hudrisier. Grasset Jeunesse, 2019.
Un album incontournable pour évoquer ce qui se tisse au fil d’une vie, c’est le très beau livre de Serge Bloch et Davide Cali intitulé Moi, j’attends. On y découvre à travers l’histoire du narrateur les évènements qui font les vies les plus ordinaires. Et ce qui les rend si extraordinaires.
Un album à emprunter d’urgence dans votre médiathèque, selon Colette.
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Serge Bloch est d’ailleurs particulièrement doué pour embrasser toute une vie en quelques dessins. C’est aussi ce défi qu’il relève dans La Grande histoire d’un petit trait, saisissant au fil des pages ce qui fait la naissance puis l’épanouissement de la passion artistique.
La Grande histoire d’un petit trait, Serge Bloch, Sarbacane, 2014.
Pour découvrir sa place dans la collection de Colette, c’est par là et Pépita vous dit quelques mots de l’application en lien avec l’album par ici.
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Oliver Jeffers nous offre à nouveau un album magique sur ce lien d’amour entre un père et sa fille : Toi et moi ce que nous construirons ensemble se projette dans la vie avec ses promesses d’avenir radieux au milieu du monde pour trouver sa place.
Toi et moi, ce que nous construirons ensemble, Oliver Jeffers, Kaléidscope, 2020
Parfois, la vie est une énigme, du moins on n’arrive pas à se l’imaginer et à trouver du sens. Jo Witek sublime ses personnages dans ce roman en leur permettant de bâtir leur chemin de vie en faisant leurs propres choix.
Premier arrêt avant l’avenir, Jo Witek, Actes sud junior
On ne le répétera jamais trop, dans ce contexte incertain et anxiogène, il est essentiel de prendre soin de ses proches et… de soi ! C’est pourquoi, sur le Grand arbre, nous avons donc décidé de vous offrir une sélection de livres recensant les précieux petits plaisirs de la vie.
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Lucie vous propose un album reçu lors du dernier SWAP : Le souffle de l’été. Alors que le froid s’installe, Anne Cortey et Anaïs Massini nous rappellent ces petits riens, instants fragiles et magiques qui font des vacances d’été réussies et des souvenirs impérissables.
Le souffle de l’été de Anne Cortey, Grasset Jeunesse
Dans la collection de papillons de Colette, il y a un auteur incontournable des petits riens, des plaisirs minuscules : c’est bien entendu Philippe Delerm. Célèbre pour son œuvre de littérature générale La Première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, il s’est livré au même exercice d’observation au microscope des petits plaisirs de la vie en explorant ceux si particuliers de l’enfance dans les trois tomes C’est bien, C’est toujours bien et C’est trop bien publiés chez Milan.
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N’hésitez pas, en écho aux textes de Delerm, à partager en lecture à haute voix le récit Cinq, six bonheurs de Mathis publié dans la collection « Petite poche » de chez Thierry Magnier. Le jeune narrateur s’y interroge sur ce qu’est le bonheur suite à un travail de rédaction donné par son enseignant avant les vacances de Noël. C’est drôle, c’est touchant, et infiniment poétique.
Une autre artiste a un talent incroyable pour cerner les microscopiques bonheurs de la vie et les sublimer à travers ses livres aux formats incroyables et aux illustrations si délicates. Il s’agit de Béatrice Alemagna. Un album en particulier nous permet d’égrainer ces si précieux instants de joie, furtifs mais résistants en nous : c’est le bien nommé La Gigantesque petite chose.
La Gigantesque petite chose, Beatrice Alemagna, Autrement Jeunesse, 2011.
Vous pouvez retrouver l’avis de La Collectionneuse de papillons par ici.
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Cette auteure ne cesse, à travers ses livres, de nous interroger sur notre rapport à l’essentiel. On vous invite à découvrir d’urgence avec vos plus jeunes lecteurs et lectrices Les Choses qui s’en vont qui a eu le Prix Sorcières Carrément beau – Univers Mini en 2020.
Les Choses qui s’en vont, Beatrice Alemagna, Hélium , 2019.
Et pour vos plus grand.e.s, on vous conseille le très bel album Un Grand jour de rien qui raconte cette journée pluvieuse d’ennui que nous avons toutes et tous connu qui se transforme en incroyable aventure si on prend le temps de mettre le nez dehors et d’explorer la nature si généreuse au seuil de notre porte.
Un Grand jour de rien, Beatrice Alemagna, Albin Michel Jeunesse, 2016.
Cette initiation aux plaisirs minuscules commence dès la petite enfance. C’est ce que permet Emmanuelle Bastien dans son adorable album cartonné au format carré : J’aime.
J’aime, Emmanuelle Bastien, L’Agrume, 2015.
Et si vous voulez en savoir plus, faîtes un petit tour par là et là.
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Pour les enfants un peu plus grands, l’album Les Choses précieuses est une invitation très poétique à regarder autrement le monde qui fait notre quotidien. Comme tous les albums d’Astrid Desbordes et Pauline Martin, on peut y lire toute la poésie de l’ordinaire.
Les Choses précieuses, Astrid Desbordes, Pauline Martin, Albin Michel Jeunesse, 2020.
L’avis de Marion Lua, invitée sur le blog de la collectionneuse de papillons par ici.
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Et parce que les petits plaisirs peuvent être autant de choses cachées au fonds des poches de nos enfants ou de nos sacs à main, pourquoi ne pas lire La Grande collection de Séverine Vidal et Delphine Vaute qui fait la part belle à tous les collectionneurs au sens propre comme au figuré. Un album tendre et touchant aux illustrations faites en collage de petits bouts d’images, comme un écho au texte plein de poésie.
La Grande collection, Séverine Vidal, illustrations de Delphine Vaute, Philomène, 2012
Petit Garçon, de Francesco Pittau, est de ces livres qui parviennent à réveiller l’esprit de l’enfance chez leurs lecteurs de tous âges, ce monde où les idées fusent, la magie se déploie et les choses s’animent. Là bas, chaque jour apporte son lot d’émotions, de surprises et d’expériences fantaisistes qui se dégustent avec bonheur et de nombreux éclats de rire ! Comme ce jour où le garçon a dû traquer son vrai reflet, parti en vadrouille, où lorsqu’il s’était transformé en mouche. Ou encore la fois où il s’est fait réprimander par les motifs de son dessin qu’il avait certes un peu bâclé…
Petit Garçon, de Francesco Pittau (illustrations de Catherine Chardonnay), éditions MeMo, 2019.
Comment ne pas penser aux livres de Claude Ponti dans le cadre de cette sélection ? Dans Ma vallée, les Touims nous transmettent leur enthousiasme à inventer mille jeux, à savourer la vie qui fourmille dans la nature, à nous laisser bercer par le rythme rassurant des saisons qui passent, à rêver sans limite. Claude Ponti a l’art de restituer les chimères les plus savoureuses des enfants, qu’il s’agisse d’aménager un tronc d’arbre, de voler en se laissant emporter par une bourrasque ou de débarquer sur l’Île molle, entièrement comestible…
Ma vallée, de Claude Ponti. L’école des loisirs, 1998.
Fermons les yeux et laissons-nous également charmer par des poèmes. C’est la promesse d’Agnès Domergue et Cécile Hudrisier dans leur collection de haïkus illustrés d’aquarelles, qui égrainent en 3 vers (et tellement d’évocations) des contes, des fables et des mythes. A se rappeler ces histoires qui peuplent nos souvenirs, on frémit de bonheur !
Il était une fois… Contes en haïku de Cécile Hudrisier et Agnès Domergue, éditions Thierry Magnier, 2013
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Ou bien laissons-nous bercer par de simples bruits familiers, cocons précieux si doux aux oreilles… Les bruits chez qui j’habite de Claire Cantais et Séverine Vidal. Un bel album découvert à l’occasion d’un swap offert par la Collectionneuse de papillons.
Les Bruits chez qui j’habite, Claire Cantais et Séverine Vidal, éditions l’édune, 2014.
Les plaisirs minuscules, ce sont aussi des sensations tactiles et visuelles. De véritables trésors, issus de territoires imaginaires. C’est le tiroir où s’accumulent des objets hétéroclites, que l’on aime retrouver, tourner entre ses doigts et observer minutieusement en pensant à des moments magiques, lectures d’enfance et personnages rêvés.
Serez-vous tenté.e.s de fouiller Dans les poches d’Alice, Pinocchio, Cendrillon et les autres… ?
Dans les poches d’Alice, Pinocchio, Cendrillon et les autres…, Isabelle Simler, éditions Courtes et Longues, 2015.
On prend ainsi beaucoup de plaisir à découvrir les inventions magnifiques de Frédéric Clément (un vrai cabinet de curiosité), qui nous emporte au pays des contes pour dénicher des merveilles. Entrez, entrez dans… le Magasin Zinzin !
Magasin Zinzin, pour fêtes et anniversaires : Aux Merveilles d’Alys, Frédéric Clément, éditions 1995
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Les plaisirs minuscules, c’est aussi partager un moment unique entre un grand et un petit… car souvent les grandes choses sont dans les plus petites. Un album que j’aime d’amour !
Quelque chose de grand, Sylvie Neeman & Ingrid Godon La joie de lire
Et la joie de lire ? N’est-ce pas un de ces plaisirs intimes, mais essentiel ? S’il y a bien un album qui en parle trop bien, c’est celui-ci et c’est une référence parfaite pour clore ces plaisirs minuscules de la vie !
Quelle joie de vous faire partager nos lectures, piochez allégrement pour des idées cadeaux et foncez dans votre petite librairie préférée !
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Ce mois-ci Liraloin vous propose une adaptation BD du célébrissime roman de Roald Dahl. Il s’agit de Sacrées sorcières de Pénélope Bagieu.
Cette BD se déguste comme une friandise. Elle est pleine de douceur, la relation entre la grand-mère est le petit-fils est attendrissante. Acidulée comme l’attitude de cette mamie bling bling qui déteste les vieux et fume comme un pompier. J’ai particulièrement trouvé la Magnanissime sorcière répugnante et sournoise au possible : « Fermez-là !! et ouvrez vos oreilles, je ne veux pas que le boulot soit cochonné ». Le-la jeune lecteur-trice a peur pour le petit garçon, rit du comportement parfois adolescent de la grand-mère. Une BD réussie et qui se dévore comme une confiserie (attention aux bonbons parfum formule 86 qui ont un goût très particulier tout de même…)
Sacrées sorcières de Pénélope Bagieu, Gallimard Bande dessinée, 2020
Pour Linda et ses ladies, il y a le très bel album Odette fait des claquettes de Davide Cali. Un texte qui parle de différence et d’acceptation de soi, très joliment illustré par Clothilde Delacroix dont le trait tout en rondeur et le choix des couleurs apporte de la gaieté et un dynamisme chaleureux.
Odette fait des claquettes de Davide Cali et Clothilde Delacroix, Sarbacane, 2020
Mais il y a aussi eu un très beau roman de Pierdomenico Baccalario, Les renards du désert qui se veut une chasse au trésor sur fond de drame historique. De la Corse à l’Allemagne, des années 80 à la Seconde guerre mondiale, le récit mêle les genres entre suspens, aventures et enquêtes, et entraîne ses héros à la recherche d’un trésor nazi façon jeux de pistes et codes à décrypter.
Les renards du désert de Pierdomenico Baccalario, Thierry Magnier, 2020
Lucie vous propose un album rouge de colère. Difficile d’apprivoiser ses émotions quand on est petit. Heureusement, les livres sont là pour guider les parents et aider les enfants. Dans Le livre en colère, Cédric Ramadier propose aux petits lecteurs des astuces pour calmer un livre très énervé. Astuces que l’on pourra réutiliser lorsqu’on sera en colère à son tour. Les pages cartonnées et les couleurs vives accrochent l’oeil et emportent l’adhésion.
Le livre en colère de Cédric Ramadier, illustrations de Vincent Bourgeau, L’école des loisirs
Dans la collection de papillons de Colette, vous pourrez découvrir un beau roman d’amitié : Un caillou au fond de la poche, de Florence Cochet publié aux éditions Actes Sud junior. Le collège, la famille, la magie, le pouvoir des mots… autant d’ingrédients pour un récit à garder sur soi comme un porte-bonheur réconfortant.
Un caillou au fond de la poche de Florence Cochet, Actes Sud Junior, 2019.
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Sur le Petit Bout d’étagères de Bouma, on retrouve Animaux sans queue ni tête, un magnifique album aux accents de catalogue animalier qui joue avec humour et irrévérence des différences de chacun. Et si vous ne connaissez pas encore le travail de Camille de Cussac, c’est l’occasion de découvrir le talent de cette autrice/illustratrice qui manie la couleur comme personne. Un album à mettre dans les mains des enfants dès 3/4 ans et jusqu’à 99 ans !
Animaux sans queue ni tête de Camille de Cussac, Seuil jeunesse, 2020
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Pépita et son Méli-Mélo de livres ont déroulé tout le mois de novembre le fil rouge des droits de l’enfant et parmi les références pour les illustrer, voici un album des éditions Rue du monde qui trouvera écho pour chacun de nous en ces temps de confins. Un album qui célèbre l’importance essentielle de la culture sous toutes ses formes.
Tous les enfants ont droit à la culture/Alain Serres et Aurélia Fronty.-Rue du Monde
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Parmi les lectures qui ont marqué novembre sur L’île aux trésors, Isabelle pense immédiatement à Tumée, l’enfant élastique, de Marion Achard. Un roman qui, par la magie des mots, nous transporte en Mongolie et dans la tête d’une contorsionniste. Fascinant et captivant !
Tumée, l’enfant élastique, de Marion Achard, Actes Sud Junior, 2020.
C’est au tour de l’anglais Michael Morpurgo de rejoindre nos classiques préférés. Choisir parmi les quelques 71 romans de cet auteur multi-récompensé n’est pas une mince affaire, mais voici nos coups de cœurs !
Michaël Morpurgo
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Soldat Peaceful, Gallimard, 2004
Voici les dix raisons de (re)découvrir Soldat Peaceful selon Lucie :
1 – La couverture de vieux carnet usé et taché, qui donne envie de dénouer cette ficelle pour en découvrir le contenu. 2 – L’enfance de Tommo dans la famille Peaceful, modèle d’amour et de bienveillance face à l’adversité. 3 – La vie de la fratrie dans la campagne anglaise qui invite à se mettre pieds nus dans l’herbe et à aller pêcher. 4 – Les rapports de force et les mesquineries des habitants du village. 5 – La complexité tout en suggestion des rapports entre les trois personnages principaux : Tommo, son frère Charlie et la douce Molly. 6 – Le récit sans détour de la vie des « poilus » au front, dans le froid, la peur, la fatigue, les rats et la vermine. 7 – La bêtise humaine, pire que toutes ces menaces rassemblées. 8 – Le roman respecte l’unité de lieu et de temps grâce aux souvenirs qu’évoque Tommo, chaque chapitre correspondant à une heure de la nuit passée dans une grange. 9 – Grandir c’est renoncer, mais aussi prendre ses responsabilités, et Tommo va avoir l’occasion de le faire à l’issue de cette terrible nuit. 10 – Michael Morpurgo est un pacifiste dans l’âme et ce roman est un plaidoyer plein d’émotions.
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Le Prince amoureux, Michael Morpurgo, illustré par Emma Chichester Clark, Gallimard Jeunesse, 2009.
Voici les 10 raisons de Colette de lire Le Prince amoureux.
parce que le petit format carré de ce livre en fait un coffret précieux dont on tremble de tourner les pages avec délicatesse.
parce que c’est un conte de Noël dont la trame sobre et classique donne au texte un écrin particulièrement élégant.
parce que c’est avant tout une merveilleuse histoire d’amour, celle du prince Frederico et de la princesse Serafina. Ils s’aiment passionnément, tristement. Éternellement.
parce que le pouvoir ici est incarné tout en douceur, pas de prince tyrannique, pas de volonté de puissance à tout prix.
parce que ce texte chante l’hospitalité des gens du voyage et leurs multiples talents.
parce qu’il y ait question de la magie ordinaire des rencontres, cette magie qui transcende les strates de la société.
parce que ce conte rend un bel hommage au pouvoir de l’art qui n’a d’autre but que de nous bousculer. Nous faire rire. Nous faire pleurer. Renouer avec l’essentiel, la vie en nous.
parce que les illustrations d’Emma Chichester Clark accompagnent avec minutie et poésie le texte de Morpurgo.
parce que c’est un texte qui peut être lu dans un souffle, à haute voix, pour un instant suspendu au coin du feu, près du sapin. Un texte chaleureux.
parce que ce texte, d’un autre temps, résonne particulièrement aujourd’hui, en cette période où Noël pourrait être en danger : « Le grand chambellan ordonna d’interrompre tous les préparatifs de Noël, d’enlever le houx, d’ôter le sapin de la grande salle, et il annonça qu’on ne fêterait pas Noël cette année là. » … Heureusement qu’il nous reste la littérature !
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Le Trésor des O’Brien, Gallimard, 2009
Voici les 10 raisons de découvrir Le trésor des O’Brien selon Linda.
Pour l’écriture tout en retenue de Michael Morpurgo.
Pour l’apport culturel du récit qui revient sur un pan majeur de l’Histoire d’Irlande, la grande famine de 1845 à 1852.
Pour le voyage complètement fou qu’entreprennent les deux enfants O’Brien quittant leur île pour atteindre l’Amérique, cette terre pleine de promesses.
Pour la traversée de l’Amérique, cette marche vers l’ouest vécue par de nombreux migrants et chercheurs d’or.
Pour l’aventure et ses dangers de chaque instant.
Pour la bienveillance de personnes rencontrées prêtes à les aider et à prendre soin d’eux.
Pour le mystère qui plane autour du trésor des O’Brien, ce bijou de famille. Il ne laisse personne indifférent.
Pour la magie auréolant cette torque d’or, leur plus grande richesse, qui fait qu’elle leur revient à chaque fois qu’elle leur est volée ou semble leur venir en aide à chaque fois qu’ils sont en difficulté.
Pour la valeur initiatique de ce récit qui voit grandir les deux héros.
Pour la beauté du récit et son intérêt historique.
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L’histoire d’Aman, Folio junior, 2013
Voici les 10 raisons de lire L’histoire d’Aman selon Pépita :
Parce que c’est un sujet toujours d’actualité (hélas…),
Parce que c’est l’histoire d’un courage exemplaire d’une mère et son fils,
Parce qu’un animal joue toujours un rôle capital dans les romans de Michael Morpurgo,
Parce que l’intégration est un long chemin, qu’Aman et sa maman relèvent avec détermination,
Parce que le football lie deux êtres d’une amitié qui va sauver à nouveau la vie d’Aman,
Parce que l’être humain n’est pas toujours le meilleur envers son prochain,
Parce que c’est un roman plein de dignité, des deux côtés, avec un peu de bonne volonté,
Parce que Michael Morpurgo sait toujours poser les enjeux dans leur globalité mais aussi avec un sens du détail époustouflant,
Parce que ce roman rappelle combien des millions d’enfants n’ont pas le droit à une vie décente,
Parce que cette histoire pourrait être celle de vous et moi.
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Le mystère de Lucy Lost, Folio Junior, 2015.
Isabelle a choisi un roman emprunt de mystère, comme son nom l’indique. L’histoire d’une jeune fille surgie de l’océan sur une île anglaise au mois de mai 1915… Voilà pourquoi, en dix points :
Pour l’énigme qui entoure Lucy, nous faisant tourner les pages avec curiosité.
Parce que le destin de Lucy est absolument incroyable, mais qu’on y croit dur comme fer tant il est bien raconté.
Pour toute la mise en scène du récit sous forme de témoignages et de traces écrites qui auraient été recueillis auprès des protagonistes.
Pour ses protagonistes magnifiques, inspirants et… humains à l’heure où la méfiance envers l’étranger règne en maître.
Pour la beauté émouvante du rôle dévolu à la musique et au piano dans l’histoire.
Pour le décor plus vrai que nature qui nous plonge au début du 20ème siècle, de New York au petit village insulaire, avec sa petite école, son église, le son du phonographe, les journaux pleins de menaces et les lecteurs de L’île au trésor.
Parce que l’auteur parvient si bien à parler de la Grande guerre sans verser dans une lecture nationale…
… et que les émotions en sont d’autant plus fortes, face au gâchis humain, mais aussi aux moments poignants de solidarité et de fraternisation.
parce qu’il est bouleversant de voir comment la vie continue après l’horreur, tant bien que mal.
parce que ce texte témoigne des pouvoirs magiques de la littérature qui fait grandir, invite subtilement à réfléchir et à résister aux discours haineux d’hier et d’aujourd’hui.
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Le Roi de la forêt des brumes de Michaël Morpurgo, illustré par François Place, Gallimard (dernière édition en 2018)
Pour Bouma, il faut absolument avoir Le Roi de la forêt des brumes dans son petit bout de bibliothèque. Voici ses 10 raisons :
parce qu’il promet un fabuleux voyage à travers l’Asie,
parce que ce voyage se déroule sur fond de guerre sino-japonaise et donne envie de connaître un peu plus ce conflit que l’on connaît peu en Occident,
parce qu’Ashley, le personnage principal, est un adolescent curieux auquel on s’attache facilement,
parce que les descriptions des paysages de la Chine et du Tibet sont si réelles qu’on s’y croirait,
parce que le côté fantastique de l’histoire est tellement bien racontée qu’on finit par se demander s’il est une réalité possible,
parce qu’une rencontre avec des Yétis, ça ne se refuse pas,
parce qu’on peut profiter de la qualité de l’écriture de ce talentueux auteur, capable de parler de bien des sujets avec emphase,
parce qu’au-delà du voyage, le récit est une véritable ode à la tolérance et à la différence,
parce qu’il est accompagné des magnifiques illustrations de François Place,
parce qu’en refermant ce roman, on a tout de suite envie de partir vers une autre aventure, trouvée dans un autre livre de Michaël Morpurgo
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Et si jamais nos raisons ne vous ont pas convaincu, laissez vous tenter par l’un des multiples autres titres de cet auteur prolifique…