Lecture commune : Nowhere girl

Attirées par cette BD et son sujet principal, Nowhere girl a enchanté trois de nos arbonautes au point d’en faire une lecture commune sous le signe de l’adolescence, bercé par le rythme de la musique des Beatles ! Bonne lecture !

Nowhere girl de Magali Le Huche, Dargaud, 2021

Liraloin
Que pensez-vous de la couverture. Quelle histoire nous raconte-elle?

Colette
Quelle couverture incroyable : une toute petite fille, des géants colorés, une rue à traverser ! J’ai tout de suite reconnu la citation de la pochette du disque Abbey Road des Beatles – même si je ne suis pas du tout une adepte du groupe, ma culture musicale étant limitée à la chanson française contemporaine – mais une citation plus joyeuse et dynamique de la pochette d’origine. Le titre m’a particulièrement intriguée : une fille de nulle part, qu’est-ce que cela signifie ?

Isabelle
« He’s a real nowhere man
Sitting in his nowhere land
Making all his nowhere plans for nobody. »

Connaissais-tu la chanson des Beatles ? J’aime beaucoup ce texte sur les phases de suspens dont on ne voit pas bien sur le moment où elles vont bien pouvoir nous mener… Comme toi Colette, j’ai tout de suite été attirée par la fantaisie joyeuse de ces Beatles. Intriguée aussi par leur lien avec cette petite fille qui mène son chemin comme si de rien n’était : sait-elle qu’ils sont là ? Est-elle la seule à le savoir ?

Liraloin
Je ne connaissais pas cette chanson, si finalement en l’écoutant, comme vous deux, j’ai été attiré par cette couverture. On y retrouve le fameux passage clouté « Abbey Road », normal que les Beatles y soient aussi. J’aime cette représentation colorée, très festive qui invite à s’enthousiasmer et pourtant ce titre évoque tout autre chose.
Tout comme dans la BD Incroyable !, il y a un préambule. D’après vous quel message Magali Le Huche a souhaité nous faire passer ?

Isabelle
C’est drôle que tu parles d’Incroyable ! Frédérique, j’y ai beaucoup pensé en lisant cette BD. Les parallèles sont nombreux, on y reviendra peut-être ! Cet avant-propos qui arrive avant la page de titre fait un peu figure de bande-annonce. La protagoniste s’y présente, Magali, 11 ans, manifestement fan des Beatles, omniprésents dans la chambre – chanson qui passe, affiches, CD, noms griffonnés compulsivement… Comme dans Incroyable !, on ne sait pas trop sur quel pied danser. Cette vénération obsessionnelle donne envie de rire et en même temps, le visage de Magali est grave.
Avez-vous, pour votre part, vu un message dans ce préambule ?

Colette
Pour moi, je lis ce préambule comme un pacte autobiographique avec le lecteur, la lectrice (tel que Philippe Lejeune l’a défini) : c’est l’endroit au seuil du livre où l’autrice nous certifie que tout ce qui se trouvera dans ce livre sera la vérité car il y aura dans le récit que nous allons lire adéquation entre la narratrice, le personnage principal et l’autrice. Et d’entrée de jeu cela influence notre regard.

Liraloin
Je vous rejoins sur ce que vous avez écrit plus haut, ma première impression a été celle d’Isabelle. Je n’y ai vu que le comportement d’une jeune demoiselle très fan d’un groupe : un peu compulsif c’est en cela que j’ai tout de suite vu le parallèle avec la BD Incroyable !. Mais ce préambule est trompeur et on ne s’attend pas du tout aux événements qui vont suivre.
…d’où cette question : Au départ tout semble « ordinaire » dans la vie de cette jeune collégienne rentrant en 6ème et puis le stress pointe le bout de son nez. Comment l’avez-vous s’installer. Et comment l’avez-vous ressenti ?

Colette
En effet l’angoisse arrive assez vite dans la vie de collégienne de Magali : j’ai eu l’impression que c’était cette ignoble sorcière de professeure de Français qui était l’élément déclencheur : figure revêche et autoritaire, elle met la pression sur ses élèves dès la première rencontre. Notre héroïne ne semble pas prête à affronter ce type de comportement.

Isabelle
Dès le jour de la rentrée, le ventre de Magali (et le nôtre avec) se noue assez vite. Elle est forte de sa complicité avec Agathe, mais tout de même, le bâtiment est imposant, le dress code implacable dans la cour et… personne ne joue. Beaucoup de bruit et un pion despotique qui gesticule et parle très fort. On ressent vite la crainte de se faire remarquer mêlée à la volonté très forte de devenir une bonne élève. Ça m’a beaucoup parlé, ma rentrée de 6e a été l’un des jours les plus terrifiants de ma vie. Mais le stress monte encore en grade par la suite et tu as raison, la professeure de français joue un rôle déclencheur. Malheureusement, cela arrive…

Une professeure pas commode…

Liraloin
Je suis plutôt d’accord avec Colette, cette BD faisait partie de la sélection de mon comité BD il y a 1 mois et un des intervenants nous a expliqué que ce collège n’était pas facile. De belles « performances » d’élèves sont attendues. Comme Magali Le Huche possède cette fibre artistique, elle n’a pas su s’intégrer dans ce moule si particulier. L’angoisse monte et tout comme Isabelle, j’ai été traumatisée par ma rentrée en 6ème, petite campagnarde perdue à la ville.

Isabelle
Après, la famille de Magali est aussi un peu écrasante (même si elle est aimante), non ?

Liraloin
Tout à fait, la mère est hyper occupée, à toujours analyser les faits et gestes de toute la famille ainsi que le père. D’ailleurs s’est assez flippant, les paroles sont représentées par des bulles « brouhaha ».

Colette
La fameuse entrée en 6e… Je ne comprends pas que l’on n’ait toujours pas réussi à adoucir ce moment de transition depuis le temps qu’on peut recueillir des témoignages sur la violence de ce moment.
Très bonne observation Isabelle ! Je n’ai pas su quoi en penser de cette famille… En effet, les parents sont particulièrement attentifs à leur fille et à son malaise mais le point de vue « psychologisant » à travers le prisme duquel ils observent les évènements ne semble pas faciliter le retour à la confiance de Magali.

Isabelle
Et l’exemple de cette sœur qui réussit tout, pas facile à gérer !

Liraloin
Et encore, je ne pense pas que notre petite jeune fille soit en difficulté face à sa sœur. C’est un modèle mais dans le bon sens ! et puis c’est elle qui lui fait découvrir, sans le vouloir, les Beatles.

Colette
La grande sœur quant à elle m’a semblé plutôt incarner une figure rassurante – j’ai particulièrement apprécié la scène où elle accueille sa petite sœur dans son lit, le soir du jour où Magali a eu ses règles pour la première fois : sororité for ever !

Isabelle
Oui, c’est un beau personnage. Mais les succès de toute la famille – la sœur forte en tout, les parents « super-héros du rétablissement », tous éloquents et sûrs d’eux – semblent placer la barre très haut.

Liraloin
Revenons aux caractéristiques de la BD : comment avez-vous perçues les doubles pages représentant les Beatles et toutes ces couleurs si changeantes du rose et noir dominant?

Colette
Je trouve que c’est toute l’originalité de cette BD, une magnifique marque d’ingéniosité ! Ce flot de couleur nous emporte littéralement avec Magali ! C’est une allégorie particulièrement réussie du pouvoir de l’art, de la musique en particulier, musique évanescente, invisible rendue si concrète à travers ces vagues de couleur.

Liraloin
C’est bien vu effectivement, un monde intérieur et extérieur très coloré rien que pour soi, c’est tout ce changement qui s’opère durant l’adolescence aussi, on se rassure comme on peut. J’ai contemplé ces pages longuement, je les trouve apaisantes avec ce petit personnage qui change de position comme si elle suivait le son de la musique.

Isabelle
Tout à fait ! Autant il y avait peu de couleurs dans le quotidien de la jeune fille, autant les ondes chatoyantes qui viennent l’envelopper aux notes des Beatles semblent déployer une bulle en apesanteur où on peut se laisser aller et tout semble possible ! Ces pages sont merveilleuses.

Un monde intérieur rien qu’à soi…

N’avez-vous pas eu envie urgemment de plonger à votre tour de cet univers – et donc d’écouter les Beatles ? 

Colette
Je ne connais pas du tout les Beatles mais ces pages souvent énigmatiques, quelque peu surréalistes m’ont donné envie en effet de me plonger dans les textes du célèbre groupe pour « déchiffrer » ces pages poétiques.

Isabelle
Suite à cette lecture, par curiosité, mon mari et moi, nous avons vraiment passé plusieurs soirées à écouter les albums que nous ne connaissions pas (notamment ceux dont Magali s’indigne quelque part que personne ne les estime à leur juste valeur !). Et ça a été une vraie révélation, leur musique est vraiment fascinante dans sa créativité et sa capacité à faire vibrer différentes cordes en nous.

Liraloin
J’ai beaucoup écoute les Beatles lorsque j’étais plus jeune et ma chanson préférée était I am the Walrus que je passais en boucle. Très sensible à ces couleurs qui rappellent le psychédélisme, j’y ai vu comme une paix intérieure, un cocon…
Justement, comment repartir vers « la vraie vie » lorsqu’on est déconnecté de tout comme l’est Magali?

Isabelle
Grâce à l’amitié et l’amour de ses proches – All you Need is Love – mais aussi et surtout grâce à la force puisée dans l’exploration de mondes imaginaires qui n’appartiennent qu’à soi et où on est libre de se trouver soi plutôt que de chercher à entrer dans un moule auquel personne ne correspond vraiment. C’est quelque chose que j’ai trouvé très réconfortant : un jour, Magali ne cherche plus à se couler dans le rôle de la bonne élève, mais a identifié avec certitude ce qui la fait vibrer. C’est très inspirant !

Colette
Par contre ce qui m’interroge, c’est qu’elle ne peut mener cette quête qu’en s’éloignant des autres… Ce qui est intéressant chez notre adolescente c’est ce coup de foudre complètement à contre-courant des goûts de sa génération. Il y a parfois des scènes assez drôles qui le soulignent comme la confrontation Bruel / Beatles. Il me semble que malgré le pathétique de la situation d’isolement de Magali, l’auteure réussit à ménager de petits moments d’humour voire d’ironie.

Isabelle
Je suis contente que tu en parles, Colette, car je me dis que le sujet de la BD pourrait faire craindre quelque chose de pesant. Or, il y a beaucoup de moments très drôles. Magali Le Huche manie particulièrement bien l’autodérision quand elle parle de sa propension à vénérer différentes idoles ou de sa passion dévorante pour les Beatles, à contre-courant de son époque. Par exemple quand elle s’indigne que sa mère ait vécu à l’époque des Beatles mais ait préféré écouter Johnny Halliday !

Liraloin
Tout à fait Isabelle ! Quelle belle conclusion que de voir que Magali a réussi à s’exprimer et finalement elle n’a plus aussi besoin des Beatles pour mieux se comprendre, mieux « armée » pour appréhender le monde qui l’entoure. Cet éloignement est nécessaire tant pour respirer un peu car on l’attend au tournant. Et puis Magali est à contre-courant comme le reste de sa famille finalement, ce qui dénote une grande ouverture d’esprit tout comme l’humour.

Isabelle
Tu as raison. Ce n’est pas toujours le cas mais pour y avoir été confrontée de façon proche, j’ai l’impression que les problèmes d’inadaptation comme ceux qu’elle rencontre sont souvent stigmatisants, voire honteux. Cela ne facilite pas toujours les choses pour proposer ou demander de l’aide.
Il me semble que les multiples clins d’œil aux années 1980 alimentent ce registre plus léger, ça m’a amusée de reconnaître les modes et petits accessoires de l’époque un peu partout !

Liraloin
Oui en effet ! j’ai beaucoup apprécié. J’ai la même sensation nostalgique lorsque je regarde les illustrations de Camille Jourdy ! aller simple en enfance !

Colette
Moi aussi, j’ai adoré ces clins d’œil qui ne peuvent parler qu’aux personnes de la même génération que l’auteure ! J’adore cette sensation de découvrir des choses que j’avais complètement oubliées, que je ne savais plus avoir en mémoire !

Liraloin
Quelles sensations garderez-vous de votre lecture ?

Colette
Je crois que c’est ce précieux équilibre des différents registres qui m’a le plus convaincue. Le sujet de la phobie scolaire est un sujet qui me touche de plus en plus directement – au passage, cri d’alerte : la pandémie de Covid-19 a eu un effet dévastateur sur la confiance de nos ados en l’école me semble-t-il, et les « cas » de phobies scolaires semblent se multiplier – c’est un sujet qui aurait pu très vite tourner au tragique mais l’auteure a réussi à y déchiffrer une toute autre partition.

Liraloin
Tout à fait Colette mais je dirais aussi que l’adolescence y est pour beaucoup aussi. Il y a tellement de changements d’ordre physique et psy. Magali Le Huche a bien réussi son exercice, créer une Bd dont le sujet principal est la phobie scolaire en y ajoutant les préoccupations d’une ado comme on en rencontre ou côtoie chaque jour.
J’ajouterais que j’ai beaucoup apprécié la mise en page de cette Bd. Le lecteur passe du roman graphique à des pleines pages de couleurs … quel bel exercice!

Isabelle
Je me suis dit que tout cela faisait de cette BD un formidable support de partage intergénérationnel : une ode à la musique des années 1960 qu’ont vécues nos parents, des clins d’œil à nos années 1990 et un propos intemporel sur l’adolescence et l’école qui a, en tout cas, beaucoup parlé à mes enfants.

Colette
Intergénérationnelle, intemporelle, cette BD a tout d’une grande ! C’était quand même étrange de retrouver Magali Le Huche dans ce genre de littérature. Chez nous on l’aime beaucoup pour des œuvres beaucoup plus légères comme Non-non ou Jean-Michel Le Caribou. Cette BD ouvre peut-être la voie à un nouveau public ?

Liraloin
J’ai eu la même sensation que toi Colette, je ne l’attendais pas du tout sur ce genre connaissant un peu ses autres titres. C’est un bel hommage à son enfance et surtout à cette vocation naissante qui l’appelle…

Pour terminer, le mot de la fin revient à Colette

On a eu la chance de rencontrer Magali Le Huche en 2019 à Angoulême dans le cadre d’un atelier pour apprendre à dessiner Jean-Michel Le Caribou. Et puis on a nos exemplaires de son adaptation de Verte dédicacés !
C’est étrange parce que par rapport au personnage décrit dans la BD, il y a quelque décalage (mais en même temps, elle n’avait plus 11 ans lors de notre rencontre) c’est une adulte confiante, à l’aise à l’oral, très élégante.

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Pour en savoir plus, retrouvez une revue de presse très détaillée ici et les avis de Colette, Isabelle et Liraloin.

Nos coups de cœur de février

Le printemps approche et les premiers bourgeons apparaissent déjà. Sous le soleil de février, découvrez les livres qui ont fait vibrer les blogueuses du Grand arbre !

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Lucie a lu un certain nombre de romans et d’albums de François Place pour la préparation de l’article qui lui est consacré dans la rubrique « nos classiques préférés » et son interview. Et elle a eu un énorme coup de cœur pour Le vieux fou de dessin. Ce texte illustré consacré à Katsushika Hokusai aborde de thème de la transmission et d’une certaine vision de l’art. Dans le Japon du XIXème siècle, les illustrations de François Place se mêlent avec bonheur aux reproductions des estampes de l’artiste.

Le vieux fou de dessin, François Place, Gallimard Jeunesse, 2001.

Retrouvez les avis de Lucie et de Blandine.

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Dans le même temps, Lucie a trouvé la lecture du troisième et dernier tome de la saga Steam Sailors particulièrement réjouissante. Pourtant, qu’il est difficile de mettre un point final à une épopée si créative, de conclure les fils narratifs patiemment tissés et de combler les attentes des lecteurs ! E. S. Green y parvient, et avec brio.

Steam Sailors, 3. Le passeur d’âmes, E. S. Green, Gulf Stream éditeur, 2021.

Retrouvez les avis de Linda, Isabelle et Lucie.

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Pour Linda, les belles lectures ont été nombreuses en février et il n’a pas été facile de faire un choix. Très attachée à l’image, elle a mis l’accent sur les lectures de romans illustrés, mais c’est Kodi qui se démarque par son format. Ce roman graphique américain est l’œuvre de Jared Cullum, un artiste inconnu jusqu’alors en France. Son histoire est celle d’une rencontre entre une fillette introvertie et un ours kodiak solitaire qui deviennent amis et inséparables. Lorsqu’ils sont contraints de se séparer, Kodi quitte son Alsaka natal pour la ville de Seattle à la recherche de sa jeune amie humaine. C’est une histoire tendre et touchante à découvrir pour la beauté du trait et la richesse des émotions.

Kodi de Jared Cullum, Komics Initiative, 2021.

Son avis complet est ICI.

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Et parce qu’il serait impossible de parler d’importance de l’image sans mettre en avant le travail du studio MinaLima, Linda a aussi eu un énorme coup de cœur pour leur adaptation illustrée et animée de Harry Potter à l’école des Sorciers. Redécouvrir le texte dans ce format richement décoré et valorisé par une édition de qualité fut un plaisir indescriptible. Il faut bien avouer que c’est une édition faite pour le collectionneur, sa fragilité n’en fait pas un livre que l’on peut feuilleter sans précaution mais elle rend la lecture jouissive.

Harry Potter à l’école des Sorciers, de J.K. Rowling, illustré par MinaLime, Gallimard jeunesse, 20220.

Son avis complet est ICI.

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Pour Liraloin, le coup de cœur est pour un roman ado pas comme les autres. Il s’agit du titre Les derniers des branleurs de Vincent Mondiot.

Un roman où la vie se passe, s’expérimente et les où les connexions sociales ne sont pas toujours simples. Ce groupe d’ados qui va tenter d’analyser cette année de terminale et le chemin qui s’ouvre vers le monde des adultes. Rien ne va jamais très loin dans leurs réflexions mais c’est leur façon à eux de ressentir la vie, vivre l’amitié et l’amour en cette année si particulière. Un roman au ton et à l’humour bien tranchant qui rend cette histoire très juste.

Les derniers des branleurs de Vincent Mondiot, Actes sud junior, 2020

Son avis complet est ici.

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Isabelle et ses moussaillons ont eu soif de merveilleux en ce mois de février. Alors ils ont adoré s’attacher, avec le jeune Jack, à un cochon en peluche délavé et rapiécé, puis le rechercher désespérément – quitte à devoir pour cela se rendre au pays des Choses perdues en compagnie d’un contrariant Cochon de Noël… Cette intéressante contrée nous donne à réfléchir à tout ce qui peut se perdre et, dans la masse, à ce qui revêt plus ou moins de valeur dans notre monde consumériste où les choses se jettent et se remplacent en un clin d’œil. Des objets utiles ou superflus, à valeur sentimentale ou absolument vitale. Mais aussi des principes. Ou l’inspiration. C’est malin et inventif, drôle et acéré.

Jack & la Grande aventure du Cochon de Noël, de J.K. Rowling, illustrations de Jim Field. Gallimard Jeunesse, 2021.

Les avis d’Isabelle, Blandine, Linda et Lucie.

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Et en album, l’équipage de L’île aux trésors a craqué pour Mina, une souris casanière qui n’aime rien tant que sa petite bulle douillette. Ce qu’elle apprécie moins, c’est l’énergie bruyante de son baroudeur de père. Les choses se corsent le jour où il ramène ce qui serait d’après lui un écureuil… Au premier coup d’œil, on reconnaît avec plaisir le coup de crayon, la palette de couleurs chatoyante, l’univers et le bestiaire bien à lui de Matthew Forsythe. Impossible de résister à la douce fantaisie qui règne sur l’histoire et les dialogues. Ces pages laissent sur la rétine une agréable impression, un assouvissement né des couleurs fauvistes et du confort de ce petit monde de souris. Divertissant, plein d’imagination, tout simplement splendide.

Mina, de Matthew Forsythe, Little Urban, 2022.

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Colette a enfin pris le temps de partager avec ses Petits-Pilotes le bel album Destins d’aventurières offert par Aude, sa work wife for ever, qui dresse le portait de 16 femmes hors du commun. Un album pour découvrir de nouveaux horizons et explorer le monde avec curiosité et enthousiasme. Un album qui pourra être mis à l’honneur demain pour la Journée internationale des droits des femmes.

Destins d’aventurières, Lucie Birba, Editions du trésor, 2020.

Et pour celles et ceux qui chercheraient d’autres livres sur ce sujet, n’hésitez pas à faire un tour sur notre article de l’année dernière dédiées aux femmes combattantes, inspirantes, innovantes : girl power !

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En parlant de destin féminin, Blandine a eu un grand coup de cœur pour la biographie d’Alice Guy, réalisée par Catel et Bocquet.

Alice Guy. Catel & Bocquet. Casterman, 2021

Pionnière du cinéma, Alice Guy l’a inventé! Pas l’outil, mais bien la faculté qu’a le cinéma à nous transporter dans des ailleurs, à nous raconter des histoires à nous faire rire, etc. Alors que le tournant du XIXe-XXe siècle foisonne d’inventions, Alice Guy se fait une place dans un monde résolument masculin. Pourtant, son nom a été effacé. Découvrez pourquoi dans cette passionnante biographie!

La présentation complète de Blandine ICI

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« Plus y a de musique dans le monde, et moins il est vide » a dit Ma Rainey, la « Mère du Blues » et avec ce petit album documentaire qui nous présente 40 chanteurs et groupes, le monde vibre, chante, danse, et s’émeut.

Black Music. Olivier CACHIN et Jérôme MASI. Gallimard Jeunesse, 2017

De la soul, au blues, au funk, au rock et jusqu’au hip-hop, « 40 artistes de la musique noire » et si universelle nous sont présentés entre succès, influences et anecdotes. Et c’est passionnant! Le petit plus: avoir une application musicale à portée de main pour prolonger les (re)découvertes!

La chronique complète de Blandine LA

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Isabelle et ses Moussaillons ont suivi Jack et le Cochon de Noël, Blandine a été voir si L’Ickabog existait, ou pas…

L’Ickabog. J.K. ROWLING. Gallimard Jeunesse, 2020

Une créature que l’on dit malfaisante et terrible, vivant dans des contrées éloignées, nourrissant histoires et légendes, une expédition qui tourne court et mal… et voilà comment les deux conseillers du roi Fred Sans Effroi ont fait mainmise sur le pouvoir du Royaume fort joli et prospère de la Cornucopia. L’Ickabog est un conte politique sur les abus de pouvoir, les manipulations et mensonges qui abusent et assujettissent le peuple, pour lui faire croire à un danger contre lequel il faut absolument se prémunir, moyennant impôts et mesures liberticides. Un conte très riche, servi par une écriture très visuelle et immersive, brillamment traduit par Clémentine Beauvais.

Les avis de Blandine, d’Isabelle, de Lucie

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Et vous, qu’avez-vous lu de beau ces dernières semaines ?

Entretien avec François Place

Lire François Place, c’est accepter d’entrer dans un univers souvent merveilleux, pour partir dans un périple où le chemin sera éclairé de rencontres. Les valeurs humanistes portées par cet auteur nous touchent profondément.

Cela fait déjà quelques temps que nous souhaitions poser à François Place les questions que la lecture de ses albums et de ses romans ne manquaient jamais de nous inspirer. Ses romans, véritables invitations au voyage ; ses albums aux illustrations foisonnantes, ou ses collaborations avec des auteurs prestigieux, ont toujours su nous séduire. Et nous inviter à découvrir ses autres créations.
C’est finalement la préparation de l’article consacré à nos classiques préférés de cet auteur qui nous a poussées à nous lancer. Et quel plaisir de voir notre (très) grande curiosité satisfaite par cet artiste aux multiples talents !

source : francois-place.fr

François Place, en tant qu’auteur, vous écrivez des romans et des albums, vous êtes aussi illustrateur de romans, de documentaires et vous avez même écrit un atlas de pays imaginaires. D’où vient cet aspect « touche à tout » ? Avez-vous une préférence pour un genre particulier ?

Lorsque j’ai commencé comme illustrateur, j’ai illustré plusieurs livres documentaires sur la « découverte du monde » chez Gallimard jeunesse. Ces livres demandaient d’explorer la littérature de voyage et toute une iconographie spécifique : cartographie, bestiaires, atlas de plantes, paysages et relevés de côtes, etc. Et toutes ces formes, pourtant très différentes, me donnaient la même envie de dessiner. Et puis, en littérature, je ne suis pas non plus très « fixé ». J’aime autant les contes que les romans ou la poésie. J’ai du mal à suivre un seul sillon.

Atlas des géographies d’Orbae, François Place, Gallimard jeunesse, 2015.

Justement, de quelle manière s’articule votre travail comme auteur avec celui d’illustrateur ? Est-ce qu’un projet nourrit celui qui suit ? 

C’est assez variable. Souvent, je mène plusieurs projets en même temps, avec des pistes plus ou moins ouvertes, des notes qui aboutiront (ou pas)  à quelque chose de plus construit. Mais régulièrement, il faut entrer dans un projet « concret », avec un texte et un format définis, des délais à respecter, un travail à effectuer au quotidien. Je passe de périodes de réalisation, denses et concentrées, à d’autres plus relâchées, pour des recherches « flottantes ». Quant aux projets eux-mêmes, ils peuvent être à l’initiative de l’éditeur, quand j’illustre un auteur, ou venir de moi. Et dans ce cas, il est bien difficile d’en établir la généalogie. Cela peut venir d’un dessin, d’une lecture qui remonte parfois à des années, d’une envie…

A propos de lecture, avez-vous des « livres de chevet » ? 

En ce moment je lis les livres de Baptiste Morizot et de Vintiane Despret sur les rapports entre les êtres humains et les animaux.

Vos livres s’inscrivent souvent dans des décors historiques (le XIXe siècle ou avant) et/ou sur des terres lointaines habitées par des peuples parfois imaginaires. D’où vient ce goût pour l’exotisme ? Ces mondes-là seraient-ils plus propices aux aventures ?

Je ne sais pas d’où vient cette difficulté à parler de mon environnement immédiat. Un décalage dans le temps ou dans l’espace constitue une bulle, un espace où toutes les situations deviennent envisageables. Ce décalage m’a permis de développer ce qui me séduisait dans la lecture de récits de voyages anciens : une force d’émerveillement intacte, presque naïve, devant un monde beaucoup plus vaste, avec des régions si lointaines et si mystérieuses qu’elles paraissaient inaccessibles.

Le prince bégayant, François Place, Gallimard jeunesse, 2006.

Des voyages réels inspirent-ils vos albums ou chacun de vos livres est-il le fruit de voyages imaginaires ?

Un voyage au Japon a conforté l’histoire que j’avais écrite à partir de la figure du dessinateur japonais Hokusaï (Le vieux fou de dessin). Mais, à part cet exemple, je n’ai jamais écrit d’histoire sortie de mes expériences de voyages. Sans doute parce que ces derniers, le plus souvent à but professionnel, ont été trop rapides. Je crois que je ferais un mauvais reporter.

Le vieux fou de dessin, François Place, Gallimard jeunesse, 2001.

Pourtant, le merveilleux n’empêche pas une réflexion sur le monde contemporain, et notamment un message de tolérance, de respect et d’ouverture. Est-ce conscient ou est-ce que ces éléments surgissent spontanément ?

Je lis un peu de tout : de la littérature, mais aussi des essais actuels sur l’anthropologie, l’histoire des sciences, l’histoire contemporaine ou politique. Je passe rarement une journée sans consulter la presse écrite. Ces allers-retours entre la réflexion et la rêverie imaginative me sont indispensables. J’en ai besoin pour avancer dans mon travail et pour ma vie personnelle. J’imagine que cela nourrit certains des thèmes qui me sont chers : les rencontres, la parole, l’écriture, la transmission.

Rois et reines de Babel, François Place, Gallimard jeunesse, 2021.

Pour qui écrivez-vous ? Avez-vous un lecteur idéal ?

Non, vraiment pas. Il me semble qu’un livre doit « s’adresser à », sans que l’on puisse préciser exactement qui. Mais pour certaines histoires, destinées à un très jeune lectorat, le texte doit rester accessible.

Est-ce que l’écriture d’un livre vous a déjà transformé ? De quelle manière ?

Transformé non, mais le dessin ou l’écriture sont des pratiques à long terme. Je crois que j’en ai appris une forme de patience qui, dans mon cas, n’allait pas de soi.

Et il faut certainement faire preuve de patience et de minutie pour créer vos illustrations ! Ce sont souvent des plans d’ensemble fourmillants de détails. Comment les concevez-vous ?

Ce sont des mises en scènes successives : peu à peu, l’image vers laquelle je tends se met en place. Et c’est vrai que j’aime ces détails où l’on se perd (moi le premier).

Exposition mousquetaires, François Place, source : francois-place.fr

L’une des rédactrices du blog a eu la chance de vous voir dessiner lors d’une performance sur Alma et se demande ce que vous procurent les lectures-dessinées. Est-ce que vous improvisez un peu ou avez-vous « le chemin de fer » de votre futur croquis en tête ?

Pour une lecture dessinée, je dois avoir lu le texte avant, pour me faire une idée de son temps de lecture. Si cet extrait se termine par une chute, le dessin sera mieux réussi en le terminant avec une touche finale, correspondant  la chute.  Il faut aussi que je sache si le passage concerné est plutôt une scène d’action ou une scène d’ambiance. Improviser totalement pourrait lancer le dessin sur une fausse piste, voire un contre-sens. Je fais un ou deux croquis avant, au bon format, pour me le mettre à la fois en main et en mémoire (c’est différent de dessiner à plat sous une caméra ou verticalement sur un support de grand format, type affiche). Mais pendant la lecture, il ne reste plus que l’improvisation : pas de tracé au crayon, un trait au pinceau direct, et le risque de se planter, car y a toujours de  petits imprévus dans ce genre de prestation.

Qu’est-ce qui vous donne envie d’illustrer un roman écrit par quelqu’un d’autre ?

L’histoire écrite, et l’amitié avec l’auteur.

A ce sujet, recevez-vous le texte au fur et à mesure de son écriture ou une fois le roman terminé ?

Ce serait impossible d’illustrer un texte au fur et à mesure. Il faut le connaître dans son intégralité avant de commencer (du moins l’intégralité du volume concerné, quand il y a d’autres tomes qui sont prévus). Imaginons que l’auteur donne des précisions sur un personnage loin après le début du texte : dans ces cas-là, l’image qu’on s’est faite du personnage en se contentant des premiers chapitres pourrait se trouver en porte-à-faux, peut-être même  totalement hors-sujet.

Et comment se décident les scènes représentées et le nombre d’illustrations ?

En principe je fais d’abord une série de croquis qui illustrent l’ensemble du texte. L’éditeur me laisse le choix du rythme et des épisodes à illustrer. Je préfère mettre l’accent sur une ambiance ou un contexte, et préciser des éléments qui ne sont pas écrits : cela permet de fixer l’époque et les lieux. Mais je crois aussi que dans un roman, il faut laisser vivre le texte, c’est-à-dire ne pas trop empiéter sur l’imagination du lecteur. Il m’arrive souvent de laisser de côté une scène particulièrement impressionnante, qui serait jubilatoire à illustrer, pour laisser justement au lecteur le plaisir de l’imaginer lui-même.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur vos collaborations « phares » avec Michael Morpurgo et Timothée de Fombelle ?

Tous deux sont des amis et de fabuleux raconteurs d’histoire, et ils me laissent une grande latitude pour les illustrer. C’est toujours un peu intimidant, mais quelle chance de pouvoir me glisser entre leurs mots !

Quels sont vos projets à paraître ?

Dans l’immédiat, il n’y en a pas. Je fais des recherches.

Alors nous vous souhaitons de belles recherches, et nous avons hâte de découvrir vers quels horizons elles vous auront mené !

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Merci infiniment à François Place d’avoir eu la patience de répondre à toutes nos questions. Nous espérons vous avoir donné envie de le (re)lire et d’admirer ses somptueuses illustrations !
Pour aller plus loin, n’hésitez pas à visiter son site internet.

Nos classiques préféré.e.s : au fil des vagabondages de François Place.

Depuis les années 1980, François Place nous entraîne dans ses incroyables voyages à l’aquarelle, aussi bien à travers les livres des autres qu’il illustre avec brio qu’à travers ses propres récits qui nous propulsent vers des ailleurs où la délicatesse se mêle à l’exotisme. Sélectionné cinq fois au prestigieux prix international suédois Astrid-Lindgren, il a conquis plusieurs générations de rêveuses et de rêveurs.

source : https://www.francois-place.fr/

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Pour Colette, aucun doute, Les Derniers géants occupent une place privilégiée dans son palmarès des œuvres de François Place.

Les Derniers géants, François Place, Casterman, 1992, réédité en 2008.

Voici pourquoi, en 10 raisons !

  1. Parce que le format à l’italienne de cet album est à lui seul une invitation au voyage.
  2. Parce qu’il y a quelque chose d’éminemment classique dans la manière dont ce récit de voyage est construit et que ce qui est classique renferme quelque chose d’universel qui me touche toujours en plein cœur.
  3. Parce qu’au fil des illustrations, nous traversons d’incroyables paysages, du Londres parfaitement domestiqué aux cascades impétueuses des jungles asiatiques, aucun paysage ne résiste au pinceau de l’artiste.
  4. Parce que ce n’est pas qu’un récit de voyage, mais bien un récit d’apprentissage, celui de Léopold confronté à lui-même et à la cruauté des hommes quand il s’agit de se mesurer à l’autre, cet « étrange étranger ».
  5. Parce que ce n’est pas qu’un récit d’apprentissage, mais aussi un texte profondément philosophique qui nous interroge sur ce qui fait notre humanité, comme a pu le faire, en son temps, la Controverse de Valladolid, une question qui demeure d’actualité malgré le temps qui passe.
  6. Parce que cet album est une ode à l’art du tatouage ! Quand les peaux s’écrivent, que c’est poétique !
  7. Parce que ce que c’est aussi une histoire d’amitié sensible et terrible.
  8. Parce que la bibliothèque de Léopold est incroyable, particulièrement appétissante.
  9. Parce que la fin est formidable et ouvre à tous les possibles (je verrai bien Leopold se réincarner dans la peau de L’homme à l’oreille coupée de Jean-Claude Mourlevat !)
  10. Parce que c’est un savant mélange des genres, entre récit de voyage, conte philosophique et revue scientifique, à la frontière entre le réel et le merveilleux. Une oeuvre complète, à la fois familière et originale !

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Pour Lucie, parce qu’il faut bien en choisir un, ce sera le dernier : Rois et reines de Babel, qui a fait l’objet d’une lecture commune avec Colette.

Rois et reines de Babel, François Place, Gallimard Jeunesse, 2021.

Voici pourquoi en 10 raisons !

  1. Parce que le grand format laisse tout l’espace à François Place de revisiter le mythe de Babel…
  2. … Et de glisser une multitude de détails dans les illustrations !
  3. Pour la succession de rois dont la personnalité influe sur la vie du peuple,
  4. Et l’arrivée des reines qui élargissent l’horizon de leur cité.
  5. Pour le rôle essentiel donné à l’éducation et à la culture.
  6. Parce que c’est une fable sur le pouvoir et la vision des dirigeants.
  7. Pour l’intrigante figure du cerf blanc, que l’on s’amuse à chercher dans les premières pages, qui disparaît et surgit de nouveau alors qu’on ne l’attendait plus.
  8. Pour la découverte de ce peuple aux chevelures-grappins, exemple parfait du goût de l’auteur-illustrateur pour les civilisations imaginaires.
  9. Parce que la fin, imprégnée de mysticisme, laisse au lecteur la liberté de l’interprétation.
  10. Et surtout, parce qu’on retrouve dans Rois et reines de Babel  tout ce qu’on aime dans l’œuvre de François Place : un voyage merveilleux aux confins de l’imagination, illustré de manière grandiose !

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L’année dernière, Isabelle et ses moussaillons n’ont fait qu’une bouchée à voix haute d’Olympe de Roquedor, brillant récit d’aventure que François Place a co-signé Jean-Philippe Arrou-Vignod. Pour au moins dix raisons :

Olympe de Roquedor, Jean-Philippe Arrou-Vignod et François Place. Gallimard Jeunesse, 2021.
  1. Pour le décor merveilleusement décrit qui évoque notre Sud-Ouest natal avec ses châteaux et ses paysages escarpés.
  2. Pour l’hommage aux feuilletons populaires et aux romans de cape et d’épée du 19ème siècle. Mais aussi pour la façon dont ce roman bouscule leurs codes en donnant le premier rôle à une jeune fille qui porte le prénom de l’une des premières féministes, Olympe !
  3. Pour la flamboyance d’Olympe, prête à tout pour conserver la maîtrise de ses choix face à ceux qui voudraient la jeter au couvent ou la marier.
  4. Pour les alliés improbables et pleins de mystère que la jeune fille a le don de rencontrer.
  5. Parce qu’il est question d’un trésor…
  6. Parce qu’il s’agit d’une collaboration entre deux de nos auteurs préférés qui ont si bien su accorder leurs splendides plumes qu’il est impossible de savoir qui a écrit quoi.
  7. Pour les dialogues sont plus vrais que nature, dignes d’Alexandre Dumas ou même de Molière.
  8. Pour les illustrations pleines de vie qui finissent de nous transporter complètement.
  9. Pour la façon dont ce roman mêle souffle et mystère, péripéties et subversion.
  10. Pour le final, juste parfait !

L’avis complet d’Isabelle ICI.

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Pour Linda, ce sera Le Marquis de la Baleine, une pièce lue à voix haute en famille qui nous a tous fait bien rire.

Le Marquis de la Baleine – Comédie tragique en six actes pour trois personnages et une baleine, de François Place, Gallimard, 2018.
  1. Pour le grand format qui permet à l’illustrateur de pleinement exprimer son talent,
  2. Pour la beauté des illustrations minutieuses et poétiques qu’on prend plaisir à observer,
  3. Pour la langue insolente et l’humour absurde,
  4. Pour la vanité et la bêtise des personnages dont les dialogues sont délicieusement drôles,
  5. Pour le plaisir de déclamer le texte à voix haute seul ou en famille,
  6. Parce que le théâtre se vit et se partage,
  7. Parce que c’est un format qui dynamise le récit et la lecture,
  8. Pour le message satyrique qui dénonce le pouvoir et la folie des grandeurs,
  9. Parce qu’on ne rit jamais assez,
  10. Et parce que François Place, tout simplement.

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C’est en visitant le Musée de l’illustration jeunesse basé à Moulins que Liraloin est tombée en admiration devant les immenses fresques de Le Roi des Trois Orients. Voici les dix raisons d’apprécier la longue et haletante aventure d’une caravane tout à fait spéciale.

Le Roi des Trois Orients de François Place, Rue du monde, 2006
  1. Pour cette caravane, la Grande Ambassade, qui n’a qu’un seul but : rendre hommage au Grand Roi, le Roi des Trois Orients « qui règne tout là-bas, à l’autre bout du monde. »
  2. Pour ce village nomade que forme la Grande Ambassade, des vies étroitement liées les unes aux autres.
  3. Pour cette solidarité entre les hommes et les animaux, fabuleux guides lorsque le temps est peu clément ou le chemin difficile : « On a confié les enfants parce qu’ils savent mettre leur pas dans les traces de ceux qui les ont précédés. »
  4. Pour les doutes et les pertes que peuvent subir cette étrange caravane. Va-t-elle s’en sortir à chaque difficulté ?
  5. Pour l’émerveillement et l’imagination ! Que contiennent véritablement ces coffres jalousement gardés et tous destinés au Roi ?
  6. Pour ces rencontres et l’admiration que suscite la Grande Ambassade, elle semble intouchable pour le commun des mortels.
  7. Pour cette histoire d’amour naissante entre un musicien et une belle cavalière.
  8. Pour cette fresque qui se déroule, spectacle happant aux milles et un détails, à la manière des premiers livres chinois (rouleaux).
  9. Pour les paysages véritables fils conducteurs d’un voyage à travers le désert, les montagnes ou encore les plaines.
  10. Pour le Roi que tous les membres de la Grande Ambassade rêvent de rencontrer. Se montrera-t-il à la hauteur de leur espérance?

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A vous de choisir votre aventure ! Quelle sera-t-elle? Faites nous part de votre livre préféré et n’hésitez pas à visiter le beau site de François Place.

Swap d’amour et d’amitié

Parce que la littérature et les échanges rapprochent, les branches du Grand arbre ont développé des sentiments d’amour et d’amitié les unes envers les autres. C’est donc le thème que nous avons choisi pour le swap de 2022.

Un tirage au sort désigne les duos de swapeuse/swapée. Chacune prépare un paquet plein de petites et de grandes attentions et l’envoie à l’autre bout de la France (voire au delà des frontières). Reste l’attente, de recevoir son colis et de découvrir la réaction de notre swappée. Voici donc ce qui a été échangé cette année !

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Lucie (Les livres d’avril)

… Ce que j’ai envoyé

Linda se montre souvent réactive lors de la sortie des romans. Pas facile d’essayer de la surprendre, et surtout de trouver des ouvrages qui n’étaient pas encore tombés dans ses mains !

Je me suis donc aidée du site Ricochet pour trouver des romans récents sur le thème de l’amour et de l’amitié. En me renseignant sur Mis à nu, un été à Berlin et L’odeur de la pluie, j’ai pensé qu’ils avaient de quoi séduire ma copinaute. Je les ai accompagnés d’un petit album découvert grâce à Solectrice lors du SWAP 2021 et d’un recueil de la collection Philoado des éditions Rue de l’échiquier que je trouve très bien faite.

Une petite carte, une infusion, et de la crème pour les mains parce que j’adore ça, le colis était prêt à partir !

… Ce que j’ai reçu

Quel plaisir de trouver ce gros colis rouge en rentrant un soir ! Et les surprises concoctées par Colette ne faisaient que commencer.

Une multitude de citations de Paul Eluard, toutes plus belles les unes que les autres, des cœurs en origami à disperser autour de moi comme autant de graines d’amour à semer, des bulles à libérer à deux, une infusion pomme d’amour Colors of tea, des tatoos colorés, un marque-page fleuri, un bloc de post-it et un crayon pour « ériger des murs de poésie »… Mais aussi un prospectus « amours sincères » réalisé par les élèves de Colette, et une très jolie lettre accompagnaient trois romans glissés dans un sac en tissu, clin d’œil à notre grand arbre.

C’est avec bonheur que je vais découvrir les 3000 façons de dire je t’aime de Marie-Aude Murail, l’ouvrage collectif 16 nuances de première fois et Le faire ou mourir de Claire-Lise Marguier.

Mille mercis Colette pour cet envoi plein d’amour et de poésie !

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Colette (La collectionneuse de papillons)

Ce que j’ai envoyé

De l’amour, de l’amour, de l’amour ! Quand on me dit Saint-Valentin, je cueille toutes les fleurs bleues de mon jardin secret, je décroche la lune et dessine des cœurs sur mon chemin ! Une des histoires d’amour les plus intenses qu’il m’ait été donné à lire en littérature jeunesse, c’est celle du héros de Claire-Lise Marguier dans Le Faire ou mourir, alors ce fut une évidence de la partager avec Lucie. Et puis je me suis dit que l’amour se décline en sept couleurs au moins, celles de l’arc-en-ciel, celles que m’ont appris à voir mes ancien.ne.s élèves de l’atelier « Amours sincères » et qu’il devait bien y avoir 3000 façons de dire « je t’aime ». Et puis je me suis souvenue d’une discussion autour des Liaisons dangereuses, on a beaucoup débattu avec Lucie sur ce sujet 😉 Il était donc évident que d’amour il serait question mais de sexe aussi et tant mieux quand les deux vont ensemble. Une question que pose très librement le recueil de nouvelles 16 nuances de premières fois. Le tout saupoudré de bulles de savon, de tatouages éphémères, de post-it poétiques-tic-tac et l’amour est dans le sac !

… Ce que j’ai reçu

Un colis comme un coffre aux trésors ! Un colis qui nous a fait pousser des « Ah ! » , des « Oh ! » et des « Wahouu ! C’est trop génial ! »

4 albums et 1 roman, un sac à livre en tissu avec ses fleurs qui volent au vent, une crème pour les mains, un carnet recouvert de papillons d’un de mes illustrateurs préférés, Benjamin Lacombe, de la crème de châtaigne d’Au coin du bonheur, du thé du Palais des thés, un joli marque-page du prince au petit pois, une carte postale illustrée par Nadia Solntseva et un chauffe-tasse USB ! De quoi se sentir cocoonée pour passer de l’hiver au printemps sans en avoir l’air !

Un grand merci Blandine !

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Frédérique (Liraloin)

…Ce que j’ai envoyé

C’est avec beaucoup de bonheur que, petit à petit, j’ai pensé à ce que j’allais envoyer à Isabelle du blog l’Ile aux Trésors. Le recueil Ronces de Cécile Coulon était une évidence, ces mots si forts pour une poésie qui résonne longtemps en soi. J’ai profité de mon rendez-vous annuel préféré : celui du Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil pour aller rencontrer Fanny Ducassé dont j’admire énormément les albums et ainsi faire dédicacer Louve.

Pour terminer sur une note d’amitié, l’album Pikkeli Mimou d’Anne Brouillard me paraissait la p’tite note en plus, une amitié si forte que même la neige ne peut stopper.

Enfin pour compléter ces lectures, des gourmandises littéraires : un badge à l’effigie de Christine de Pizan tiré des illustrations de Claire Gaudriot Christine de Pizan, la clairvoyante. L’amour épistolaire n’attend pas d’où le papier à lettre et l’enveloppe inspiré d’Orgueil et Préjugés de Jane Austen, illustré par Margaux Motin. Le tout accompagnée d’une carte « home made » aux fleurs tarabiscotées.

… Ce que j’ai reçu

Quelle joie d’aller chercher mon colis en ce jour de la St Valentin et quelle surprise en découvrant son contenu !

Une jolie carte inspirée d’une des œuvres de Banksy et à son verso un mot attendrissant, plein d’amitié. Plusieurs niveaux de régalades m’attendent : de savoureuses petites gaufres made in Dunkerque et des cœurs chocolatés à la guimauve. Des gourmandises qui vont accompagner le goûter tout en me remémorant ces belles années vécues à Lille.

Deux albums et deux romans, tous sous le signe de l’amour et de l’amitié. Amour et confettis du duo Emilie Chazerand (une de mes autrices chouchou) et Aurélie Guillerey. Autre duo impeccable formé par Séverine Vidal et Clémence Monnet avec le titre On a fait un vœu. Ensuite un roman au titre parfait de Marie Desplechin Une vague d’amour sur un lac d’amitié et pour terminer une série de 17 histoires courtes : Pas sûr que les cow-boy s’embrassent illustrées par Nathalie Choux et écrites par Henri Meunier dont j’admire également beaucoup le travail.

Un énorme merci à Linda !

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Linda (sir this & lady that)

… Ce que j’ai envoyé

Pas facile de choisir comment gâter Frédérique qui, en tant que bibliothécaire, a accès à plein de titres divers et variés. Je me suis tournée vers des albums car je sais qu’elle est, tout comme moi, très sensible aux illustrations. Amour et confettis d’Emilie Chazerand et Aurélie Guillerey m’a semblé fort à propos avec ses confettis sur toutes les pages et son histoire d’amour qui transcende les différences et rend plus fort. Quant à On a fait un vœu de Séverine Vidal et Clémence Monnet, il s’est imposé comme une évidence. J’ai eu plus de mal avec les romans mais finalement j’ai choisi Pas sûr sur les cow-boys s’embrassent, un recueil d’histoires courtes d’Henri Meunier que j’ai beaucoup aimé et que je n’ai jamais vu sur la toile. Enfin, le petit roman de Marie Desplechin, Une vague d’amour sur un lac d’amitié m’a sauté dans les mains du fait de son titre qui était juste dans le thème. Enfin, pour accompagner tout ça j’ai mis quelques douceurs locales car je savais que Frede avait vécu sur Lille et en garde de bons souvenirs.

… Ce que j’ai reçu

Un joli colis qui m’a surprise par son arrivée (plus tôt que je ne pensais) et son contenu joliment coloré par du papier de soie. En écartant les feuilles, j’ai découvert une jolie carte homemade au doux message d’amitié, une infusion et une crème pour les mains (elle est très douce et dégage une odeur agréable). Il y avait ensuite quatre livres dont deux romans : L’odeur de la pluie de Gwendoline Vervel et Mis à nu, un été à Berlin d’Iva Procházková que j’ai hâte de découvrir. Il y avait aussi un essai de la collection philoado des éditions Rue de l’échiquier, Tomber amoureux, que mes filles m’ont déjà emprunté et que je suis curieuse de découvrir suite à leurs retours. Et enfin un petit album dont le titre est évocateur d’émotions fortes Boum boum et autres petits et grands bruits de la vie, de Mam’zelle Roüge et Catherine Latteux.

Je remercie Lucie de tout mon cœur !

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Isabelle (L’île aux trésors)

… Ce que j’ai envoyé

Comme d’autres sous l’arbre, je me suis creusé la tête car ma swappée lit BEAUCOUP. Comment la surprendre et lui faire plaisir ? Evidemment en me laissant porter par le thème de l’amour et de l’amitié qu’il s’agissait de décliner de manière variée ! Les histoires d’amour que j’ai choisies sont placées à la fois sous le signe de l’adolescence (ou de la lisière avec l’âge adulte) et d’une sensualité exacerbée : Sous un ciel d’or de Laura Wood, transportera au coeur des années folles anglaises. Trois soeurs, le dernier roman de Stéphane Servant illustré par Lisa Zordan, parle d’amour là-encore – celui qui détruit, celui qui bouleverse, celui qui sauve. Et 72 heures, un roman qui me tient particulièrement à coeur car il s’agissait de ma première lecture À l’ombre du grand arbre : l’histoire d’une grossesse non-désirée, mais aussi de la découverte de la sensualité. Trois romans aux formes très différentes, plus classique pour le premier, poétique pour le deuxième, construit en spirales de pensées pour le troisième. Je sais que Blandine partage notre tendre respect pour les animaux, alors j’ai ajouté une histoire d’amitié inattendue entre humain et animal. Et bien sûr ce qu’il faut de douceurs bio et de tisane « de bonne humeur » pour agrémenter la lecture !

… Ce que j’ai reçu

Un concentré de bonnes ondes, de chaleur et de couleurs chatoyantes !

C’est bien simple, tout était minutieusement et merveilleusement bien choisi : l’adorable courrier qui m’est allé droit au coeur, la poésie de la talentueuse Cécile Coulon, que j’ai commencé à découvrir avec Une bête au paradis et Seule en sa demeure, mais dont je n’avais pas encore lu Les Ronces ; le délicieux Pikkeli Mimou, signé Anne Brouillard, qui respire l’amitié, le chaud parfum du feu quand il neige dehors et du gâteau au chocolat qui cuit au four ; et Louve, de la beauté à l’état pur condensée sous forme d’album, par une autrice que je ne connaissais pas du tout mais dont les graphismes m’ont immédiatement subjuguée. Quelle surprise de découvrir une dédicace dans l’album ! Et quelle belle trouvaille que ce pins à l’honneur de l’une des premières femmes de lettre et philosophes, Christine de Pizan ! Mille mercis Frédérique !

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Blandine (Vivrelivre)

Ce que j’ai envoyé…

« D’Amour et d’Amitié », le thème de notre swap m’a de suite enchantée et des évidences se sont très vite dessinées pour Colette avec qui je partage admiration et amour de plusieurs auteurs. J’y suis allée avec le cœur et l’émotion pour trouver LES livres et attentions qui feront battre le sien. Amour Amour bien sûr, Poésie, Bonheur(s), un brin de Folie, Confiance, petits et grands clins d’œil, cocooning, gourmandises et créations ont composé mon colis.

… Ce que j’ai reçu

C’est avec beaucoup d’impatience contenue que j’ai ouvert mon colis, lu avec délectation les petites étiquettes rédigée par Isabelle, et pris le temps de faire des photos avant d’ouvrir, des étoiles plein les yeux, chacun des paquets au joli papier coloré ! Chacun a été une surprise et j’ai aimé toutes les déclinaisons autour de l’Amour qu’Isabelle a su dénicher. Dans des histoires inspirées de vraies, d’ici ou d’ailleurs, d’hier ou d’aujourd’hui, sublimes ou déchirantes. Accompagnées de gourmandises en partie véganes (merci!) et d’une tisane « Bonne Humeur »! J’adore et me régale déjà! Un immense merci du fond du cœur Isabelle <3

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De belles lectures d’Amour et d’Amitié nous attendent à l’Ombre de notre Bel Arbre. Et c’est le cœur ragaillardi et le sourire aux lèvres que nous nous en délectons déjà!