Si vous cherchez un livre à mettre sous le Sapin…

Aujourd’hui A l’Ombre du Grand Arbre devient Au Pied du Sapin et vous propose une petite sélection d’incontournables à offrir aux petits et aux grands.

zoom_guirlande_de_noel_9_boules_lumineuses_rouges_decors_fait_a_la_main_21082Chez les Tout-Petits, on trouve emballés :

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Animaux surprises de Gilbert Legrand : parce que ce chouette album cartonné est adoré des petits de passage à la maison…

Patabulle de Juliette Vallery et Tristan Mory :  parce que cette série fait la part belle à l’imaginaire et éveille le jeune lecteur à la poésie du monde qui l’entoure, à la féerie du monde qu’il crée…

Copain ? de Charlotte Gastaut : pour sa simplicité apparente qui offre une toute autre image à travers une tablette. Une façon de lire différente, ludique et tout en beauté…

Les trés petits cochons d’Angélique Villeneuve et Martine Camillieri : pour éveiller la curiosité avec un remix des trois petits cochons, complètement décalé, résolument art contemporain…

Prendre et donner de Lucie Felix : pour un livre qui parle à tout le corps, qui se manipule et qui se pense, un livre en action, à partager avec sa famille…

600 pastilles noires de David A. Carter : parce qu’il est plein de pep’s et de magie et parce qu’il émerveille généralement les adultes autant que les enfants…

Déjà de Delphine Grenier : pour un voyage tout en douceur et en émerveillement face au jour qui se lève…

La promenade de Petit bonhomme de Lucie Félix : parce que jouer avec sa main dans le livre, il fallait y penser ! Une narration ludique, participative et en lien avec le quotidien du tout-petit…

Bonne Nuit Tout Le Monde de Chris Haughton : pour ces petits qui résistent au sommeil… c’est sans compter la stratégie efficace de Maman.

zoom_guirlande_de_noel_9_boules_lumineuses_rouges_decors_fait_a_la_main_21082Pour les jeunes lecteurs, la hotte contient :

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Dans les poches d’Alice, Pinocchio, Cendrillon et les autres d’Isabelle Simler : parce qu’on s’amuse tellement à observer cet imagier de contes pêle-mêle…

Sans Ailes de Thomas Scotto et Csil : pour sa poésie des images, métaphores des mots où le sublime duo nous entraîne avec douceur et sensibilité…

Les aventuriers du soir d’Anne Brouillard : parce que nul besoin d’aller bien loin pour éprouver dans ses sens le goût de l’aventure et ressentir le cycle du jour et de la nuit…

Elliot, super héros de Cécile Chartre : pour une écriture cocasse et amusante, une auteur à découvrir grâce à ce petit héros sympathique…

Comment fabriquer son grand frère d’Anaïs Vaugelade : pour tous les enfants qui ont eu la chance d’être bercés aux histoires de Zuza et pour ceux qui découvriront  dans ce très grand et très bel album l’humour et la fantaisie de ce personnage…

Joyeux Noël Chien Pourri de Colas Gutman et Marc Boutavant : pour ses anti-héros qu’on adore. Avec eux, on rit, on pleure et, surtout, on réfléchit !

40 jours d’automne de Philippe Milbergue : pour son message sur la famille, l’intégration et l’ouverture au monde…

À l’intérieur des méchants de Clotilde Perrin : parce que ce bel album sur les méchants des contes permet de les découvrir de l’intérieur. Avec des rabats, on voit le dernier repas du loup et de l’ogre par exemple. Un livre ludique et très bien pensé !

Histoire naturelle des animaux imaginaires de Damien Laverdunt et Helena Rajcak : pour partir à la découverte de mondes insoupçonnés…

zoom_guirlande_de_noel_9_boules_lumineuses_rouges_decors_fait_a_la_main_21082Pour les ados, le pied du sapin dévoile :

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Songe à la Douceur de Clémentine Beauvais:  parce que Clémentine Beauvais mêle audace, amour et vers libres dans chef d’œuvre…

Une étoile dans le cœur de Louis Atangana : pour son texte sur l’identité, l’insertion, les racines…

Un sale livre de Frank Andriat : parce qu’n bien beau sale livre ouvre le débat et fait réfléchir sur plus d’un sujet d’actualité…

Génération K de Marine Carteron : parce qu’on voudrait lire cette nouvelle série de l’auteure des Autodafeurs et pouvoir le piquer à son ado (on a le droit de faire ça?)…

#Bleue de Florence Hinckel : pour la forte émotion qu’il procure…

Mauvais sangs de  Sarah Cohen-Scali : pour son effet garanti !

Dylan Dubois de Martine Pouchain : pour son auteure qui montre ici le besoin parfois de se sortir de la famille pour retrouver des repères. Une belle aventure sous la forme d’un road-trip en solitaire…

Kodhja de Thomas Scotto et Régis Lejonc : parce que l’enfance est une oasis dont il faut se souvenir longtemps, qu’elle est le socle à ne pas oublier… Une lecture dessinée grandiose !

Les Messagers des vents de Clélie Avit : pour une aventure éblouissante et addictive  dans le monde de la fantasy pour la jeunesse signée par une nouvelle auteure française…

Lucie Finemouche & le Balafré de Juliette Vallery, Annabelle Fati et Yomgui Dumont : parce que cette série allie avec brio humour, aventure, fantastique et policier pour de bons moments lecture-détente…

zoom_guirlande_de_noel_9_boules_lumineuses_rouges_decors_fait_a_la_main_21082Et parce que les adultes aussi devraient recevoir un peu de littérature jeunesse à chaque Noël :

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Frida de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe : parce que ce magnifique album  plonge dans l’univers sombre et torturé d’une grande peintre mexicaine. De superbes illustrations inspirées de l’univers de l’artiste et revues par Benjamin Lacombe…

Eleanor and Park de Ranibow Rowell : pour les portes qu’il ouvre sur l’intimité d’une adolescence, parfois oubliée…

A ma source gardée de Madeline Roth : pour son monologue puissant et limpide sur tout ce qui peut faire la force de l’amour et la désillusion aussi…

Tobie Lolness de Timothée de Fombelle : un souvenir inoubliable pour un roman universel, voire fondateur. Sorti en version intégrale avec une jaquette illustrée par François Place, cela en fait un très bel objet à offrir…

Dans le désordre de Marion Brunet : pour revivre des instants forts et les faire partager à ses amis, et parce que tous ceux qu’il l’on lu en ont apprécié la lecture  (même ceux qui pensaient être trop vieux pour la littérature jeunesse)…

Ma planète d’Emmanuelle Houdart : pour plonger dans l’univers enchanteur de l’auteure comme une invitation au voyage, une autre planète à explorer et un hommage délicat à l’imagination des enfants…

Le Combat d’hiver de Jean-Claude Mourlevat : pour son texte fort et puissant qui raconte le combat de tous face à l’oppression…

Le livre de Perle de Timothée de Fombelle : pour l’exemple par excellence du travail d’orfèvre d’un auteur dit pour la jeunesse !

Museum de Frédéric Clément : parce qu’on a toujours besoin chez soi d’un bel objet littéraire non identifié…

zoom_guirlande_de_noel_9_boules_lumineuses_rouges_decors_fait_a_la_main_21082Il ne vous reste plus maintenant qu’à faire votre liste au Père Noël…

Nos coups de cœur de novembre

Premiers frimas, nuit plus présente, la lecture se fait différente : sous un plaid, au coin d’une cheminée, une tasse fumante à la main, cocooning…

Mais on lit toujours autant, les saisons n’y changent rien !

Voici nos coups de cœur de novembre, la fin d’année approchant, déjà…

 

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Bien au chaud de l’autre côté de la frontière, Céline a bouquiné :

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Un sale livre de Frank Andriat. Mijade, 2016

Rien, Nadir, le livre que propose Karine Latour, la prof de français, crée la polémique au sein des élèves, des parents et des collègues enseignants. Sans doute parce qu’il dérange en racontant sans la moindre once d’édulcorant le périple d’un jeune réfugié syrien qui fuit la peste, la dictature de Bachar, et le choléra, la barbarie de Daech. Ce n’est qu’après avoir pris le temps d’en débattre, avoir rencontré l’auteure que les tensions pourront s’apaiser.

Pour (r)éveiller les consciences, il est parfois nécessaire de provoquer un électrochoc !
Un livre dans un livre qui pose des questions salutaires sur ce qui fait un bon livre et interpelle sur notre façon d’accueillir l’autre…

Retrouvez son avis

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Devant le feu de la cheminée, au pied des montagnes presque enneigées, Alice a dévoré :

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Sauveur & fils, Saison 2 de Marie-Aude Murail. Ecole des loisirs, 2016

Quel plaisir de retrouver Sauveur et les patients de son cabinet ! Au plus profond d’eux ils portent une certaine beauté, ils ne nous laissent pas indifférents, ils brillent à leur manière… et ressortent grandi de leur thérapie… pour notre plus grand plaisir.

Un pur moment de bonheur !

Retrouvez son avis

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Et devant les couleurs automnales et bientôt hivernales de son grand jardin, Pépita

a aussi vibré à l’humanité de ce roman qui réchauffe le cœur et les âmes.

Les pépites de Montreuil ne s’y sont pas trompées pour le tome 1…

Retrouvez son avis

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Parce que c’est la saison des promenades en forêt, Chlop a aimé lire:

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Dodo l’enfant do, Thimothy Knapman, Helen Oxenbury, Kaléidoscope

C’est un grand plaisir de replonger dans et univers que l’on aime tant depuis si longtemps : celui de l’album La chasse à l’ours. Une belle promenade au cœur de la forêt en compagnie d’Alice et Jack, deux enfants qui ne se laissent pas intimider par leur peur.

Retrouvez sa chronique ici.

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C’est confortablement emmitouflées au chaud un après midi de pluie que Céline du Tiroir et ses papooses se sont plongées dans :

La Grande Forêt Anne Brouillard Pastel. 2016

La Grande Forêt
Anne Brouillard
Pastel. 2016

Dans cet album somptueux et inclassable, à la croisée des genres, emboitez le pas à Killiok et Veronica qui partent à la recherche d’un ami disparu au pays des chintiens. Cette quête mystérieuse vous mènera dans des pays imaginaires de toute beauté, à la rencontre de personnages étonnants sortis tout droit de l’enfance. La splendeur des paysages qui s’étendent sur ses pages vous coupera le souffle.

Le billet ici

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Quand il faut froid dehors, Sophie voyage en livres…

L’enfant des livres               Oliver Jeffers et Sam Winston Kaléidoscope, 2016

Cet album montre magnifiquement le pouvoir des livres et des mots sur l’imaginaire. Le texte fait l’illustration d’une façon tout à fait originale et le message offert est une invitation à ouvrir ces petits objets qui recèlent tant de pouvoirs !

Retrouvez sa chronique ici.

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Sous la lucarne, au fond de sa couette, Bouma a adoré plonger dans les aventures de :

Pile ou Face T.1 de Larson et Mock Rue de Sèvres, 2016

Les jumeaux Cléo et Alex vous entraineront avec eux dans une quête identitaire qui les mènera sur plusieurs continents. Un très bon début de série pour cette bande-dessinée épaisse aux dessins efficaces et au rythme enlevé.

A découvrir dès 9/10 ans.

Retrouvez sa chronique par là.

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Et maintenant il ne nous reste plus qu’à repartir à l’assaut de nouvelles aventures livresques pour vous concocter les prochains billets.

Une humanité en « Petit point »

La semaine dernière, on vous proposait une sélection de livres sur le thème de l’exil ici. Poursuivons avec l’album Petit point de Giancarlo Macri et Carolina Zanotti publié chez Nuinui qui offre un beau message d’espoir pour les générations futures.

À l’ombre du grand arbre, on l’a lu et voilà ce qu’on en dit !

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Petit point, un titre énigmatique et une couverture qui en est remplie, une quatrième de couverture qui n’en dit guère plus : « Des petits points pour découvrir un monde meilleur. Un livre pour tous les petits, même ceux qui ont grandi. ». Qu’est-ce qui vous a donné envie d’ouvrir cet album et qu’est-ce que vous en attendiez ?

Pépita : C’est d’abord l’éditeur que je ne connaissais pas qui a aiguisé ma curiosité. Après, je n’en attendais rien de spécial, si ce n’est de la curiosité. Des petits points partout et un petit point en titre… je me suis dit : sur la différence ? Ce n’est pas nouveau ce point de vue en littérature jeunesse.

Colette : Ce qui m’a donné envie de lire cet album c’est ma bibliothécaire préférée comme souvent ! À la médiathèque, Il y a une étagère consacrée aux nouveautés et aux prix de lecture : Petit point y était présenté dans la sélection du prix de la ville 2016-2017 dans la catégorie Pépite-lecteur en herbe 10/12 ans. Gage de qualité par excellence pour moi. Mais comme Pépita, j’avais déjà lu de nombreux albums qui utilisaient le point de manière symbolique pour aborder des sujets d’ordre moral ou philosophique. Alors, j’étais intriguée : qu’offrait-il de neuf cet album là pour être dans la super sélection de ma médiathèque de choc ?

Et alors, qu’avez-vous trouvé comme histoire dans ce livre ?

Pépita : Une vision très symbolique et très parlante de l’immigration, de la pauvreté, de l’histoire, une bien belle approche de la tolérance, de l’ouverture à l’autre. Mais plus que cela, ce que j’ai vraiment apprécié, ce sont les différents niveaux de lecture de l’approche. Je pense que du coup on peut l’utiliser avec différentes tranches d’âges. Et quel support épatant pour parler de politique au sens large avec les enfants !

Une histoire sur l’immigration : pas facile comme sujet. Qu’avez-vous pensé de la façon dont l’album est traité ?

Pépita : J’ai trouvé que l’approche était simple, avec des mots concrets mais surtout ce qui rend plus explicite le sujet, ce sont justement les petits points : le livre devient support narratif de l’idée avec ces petits points qui se déplacent d’une page à l’autre pour exprimer l’abondance des uns, la pauvreté des autres, que ce sujet est politique mais que si les citoyens se donnent la main pour aller vers l’autre, alors tout est possible. Une enseignante là où je travaille était dubitative lorsque je l’ai présenté en comité de lecture. Je lui ai suggéré de tenter. Elle a une classe de CM2. Au début les élèves ont trouvé cela trop simple puis rapidement l’approche prend de l’épaisseur et là le débat a éclaté dans la classe. Elle a eu l’idée de le donner à un collègue de CE1 et là pareil, pas au même niveau mais les enfants ont aussi été passionnés.

Colette : Certes aborder le sujet de l’immigration dans un album jeunesse c’est aborder un thème complexe et j’imagine que l’album ne se lit pas du même œil selon que l’on est un petit point blanc ou un petit point noir… Pour ma part je trouve particulièrement réducteur de n’aborder ce thème que sous l’angle matérialiste : les petits points noirs ne sont ils seulement heureux dans leur pays que parce qu’ils ont des maisons, des jeux et des hamburgers ? Et les petits points blancs que parce qu’ils n’en ont pas ? N’y a t il pas un petit quelque chose en plus qui permet à tous ces petits points noirs de vivre en harmonie ? Et qu’est ce qui pousse ces petits points blancs à quitter leur page ? Si j’apprécie tout particulièrement le graphisme et le format de cet album, le texte qui l’accompagne est pour moi trop minimaliste pour un sujet aussi complexe. Sans texte il aurait peut être même eu encore plus d’impact.

Mais ce côté matérialiste n’est-il pas là pour simplifier le propos ? Finalement, ça n’empêche pas de se situer dans l’histoire, on comprend vite de quel côté on est et aussi ce que l’on peut apporter. C’est d’ailleurs là-dessus que se poursuit l’histoire, qu’avez-vous pensé de ce dénouement en « happy end » ?

Colette : Si nos bibliothécaires engagées lisent cet album aux familles issues de l’immigration, crois-tu qu’ils pourront se dire qu’ils ont quelque chose à apporter ? Qui apporte quelque chose ici ? C’est Petit point noir qui s’en va « coloniser » la page de Petit point blanc pour lui apprendre à construire, à faire à manger et à s’amuser. Mais qu’apporte Petit Point blanc à part sa détresse et sa pauvreté ? Bien sûr, je projette sur cet album ma connaissance de l’histoire du monde et mes préoccupations d’adulte mais à l’heure où le sujet des migrations est particulièrement d’actualité sur notre sol, il me semble que cet album ne développe pas une vision de l’accueil et de l’échange réciproque à laquelle je suis profondément attachée.

Pépita : Je ne dirais pas qu’il simplifie le propos mais qu’il est aussi dans l’air du temps non ? D’un côté les riches (avec des symboles de riches) et de l’autre les pauvres. Le dénouement montre tout simplement dans sa symbolique de la main tendue que tout est possible, qu’il suffit d’un peu de bonne volonté. Je pense aussi qu’il faut faire confiance aux enfants pour se l’approprier avec justesse parce que nous adultes, nous y projetons nos propres filtres (matérialisme, colonialisme, etc…). Cependant, je trouve que le propos prend une autre tournure avec la symbolique de l’hémicycle parlementaire. D’une approche à première vue enfantine, le débat se place alors sur un autre niveau. La fin, très positive, démontre alors que c’est à tous de s’y mettre.

Oui Colette je perçois très bien ce que tu veux dire mais je ne le vois pas pareil : au contraire cet album montre une réalité, celle d’hier et d’aujourd’hui. Il part de cette réalité-là. Il montre que ça s’est passé et que ça se passe comme ça mais qu’une autre voie est possible : celle de la solidarité, celle de la main tendue mais à égalité. Et que c’est à tout niveau que chacun peut agir et qu’on n’est pas dans qui apporte plus ou moins, chacun peut apporter ce qu’il peut dans un partage équitable. C’est ce qui m’a en tous cas sauté aux yeux avec ces petits points, que j’ai fini par voir comme des êtres humains.

Michelangelo - Creation of Adam.jpgColette : J’avoue que je reste très dubitative sur le symbole finale des mains tendues car j’y ai vu à première lecture une réécriture du tableau de Michel-Ange : La création d’Adam. Du coup je ne comprenais pas vraiment ce que ce tableau venait faire là. Si la réécriture n’est pas volontaire elle m’interroge vraiment !

Pépita : Oui j’y ai vu ce tableau mais aussi l’universalité du geste. Oui on peut dire aussi qu’il aborde la politique de l’immigration, je suis aussi d’accord avec ce point de vue mais il tente de l’englober dans une vision plus humaniste, non ?

Sophie : Ce que j’ai eu envie d’y voir dans cette fin faite de générosité et d’entraide, c’est surtout une ligne à suivre pour les générations futures. Alors qu’aujourd’hui, chacun garde bien pour lui ce qu’il a, dans cette histoire, que ce soit dans le cadre de l’immigration ou non, on propose autre chose. Je trouve que cette invitation à l’entraide, ou à l’aide tout court si l’autre n’a rien a proposé dans l’immédiat (quoique on construit toujours mieux à plusieurs), est belle. Je doute que les enfants qui grandissent aujourd’hui baignent dans cette culture du partage avec autrui alors un tel message me donne envie de le partager.
C’est ce qui m’a touché dans ce livre, au delà de la question de l’immigration, on prône la générosité et pour moi c’est une lueur d’espoir pour les générations à venir.

Qu’avez-vous pensé du graphisme de cet album tout en noir et blanc, fait de points ?

Retrouvez les contes de Warja Lavater sur le site des Editions MaeghtColette : Le graphisme est pour moi l’atout indéniable de cet album : utiliser le point, signe commun à toutes les langues, à tous les humains et ce dès le plus jeune âge pour symboliser l’humanité à la fois dans sa diversité et dans sa multiplicité est à la fois très simple et très ingénieux. J’ai toujours apprécié les artistes qui utilisaient des symboles pour raconter des histoires comme la génialissime Warja Lavater dans sa réécriture des contes traditionnels. Et je trouve que le grand format de l’album participe de l’esthétique de ce livre et nous offre une sacrée vue en plongée sur cette immense humanité de points noirs et blancs.

Pépita : Je vous rejoins sur le graphisme, c’est extrêmement parlant, bien mieux que tous les discours.

Voilà un petit aperçu en vidéo de l’album Petit point, par la librairie Decitre.

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Comme le disait Pépita plus haut, l’éditeur n’a pas été pour rien dans notre envie de découvrir cet album. En effet, c’est une toute jeune maison d’édition suisse et on a eu envie d’en savoir plus sur leur structure et sur cet album.

Interview de Marcello Bertinetti, éditeur chez Nuinui

Nuinui est une toute jeune maison d’édition. Pouvez-vous nous expliquer sa genèse ?

Nuinui a été fondée au printemps 2014 par moi-même, à Chermignon en Suisse.
Je suis le fondateur d’une autre maison d’édition, les éditions White Star, en 1982, et j’ai beaucoup d’expérience dans ce domaine.
Nuinui signifie « Grandgrand » dans la langue polynésienne.

Vous publiez des livres sur des sujets de société contemporains comme Petit point. Est-ce militant de votre part ? Ou une envie de se démarquer dans le paysage éditorial jeunesse actuel ?

Nous publions beaucoup de sujets dans le domaine de la jeunesse, et on a accepté avec enthousiasme de publier Petit Point, car on l’a trouvé original et extraordinaire.

À côté de ça, vous avez aussi une grande place pour les livres de loisirs créatifs et les livres animés. Qu’est-ce que vous souhaitez mettre en valeur dans ces genres là ?

Nous sommes spécialisés dans le domaine des origamis, et je pense qu’on est l’éditeur leader dans ce domaine en langue française.

Vous éditez en français et en italien. Comment s’est fait ce choix ?

Je suis d’origine italienne et je connais bien le marché italien.
Maintenant je vis en Suisse romande et publier en français est impératif et important.
Comme on fait la création des livres, c’est un important investissement, on peut partager ces coûts entre les deux éditions et ça nous aide dans l’économie du livre.

Comment travaillez-vous avec les auteurs ?

On travaille avec beaucoup d’auteurs pour les différents sujets, et il n’y a pas une seule règle.

Giancarlo Macri et Carolina Zanotti - Terre.Quels sont vos projets éditoriaux à venir ?

Cet automne on publie un autre titre exceptionnel de Macrì et Zanotti, les auteurs de Petit Point : Terre. Ce titre lance un message aux enfants pour sauvegarder la nature et notre monde qui est en péril.

On a aussi d’autres titres importants pour la jeunesse, pour les loisirs créatifs Peter Skinner - New York - Un siècle de photographies aériennes.et origamis, comme en particulier : Origami modulaires d’exception de Tomoko Fuse, japonaise, une des créatrice d’origamis les  plus importantes au monde.

On publie aussi un grand titre illustré de grand success: New York un siècle de photographies aériennes, de Peter Skinner.

Pour en revenir à Petit point, on peut dire que c’est un album qui parle d’un sujet particulièrement d’actualité. C’est un livre qui suscite le débat notamment selon si on se trouve du côté des points blancs ou des points noirs. A quel âge le conseilleriez-vous ?

On aime dire que « c’est un livre pour tous les enfants, même s’ils sont adultes ! ».
De 1 à 99 ans ! Mais plus sérieusement pour les enfants de 5 à 12 ans.
Le Petit Point à été publié en français, italien, anglais, allemand, espagnol et chinois !

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Merci à l’éditeur Marcello Bertinetti pour ses réponses et à Pépita et Colette pour m’avoir suivie dans cette lecture !

Lecture d’enfant #27 Esther et Mandragore, Une sorcière et son chat

esther_mandragore_1C’était dimanche matin. L’heure où j’écoute la radio d’une oreille, en mangeant une tartine d’une main, et où, éventuellement, je regarde facebook d’un œil. L’heure où je ne suis ni réveillée ni disponible en somme. Ma mouflette (dix ans), elle était en pleine forme. Réveillée depuis une bonne heure, elle avait déjà fini une tour de kaplas avec sa frangine, pris son p’tit dej et elle finissait tranquillement son nouveau roman. Autant dire que, contrairement au mien, son cerveau était déjà en marche. Elle a donc du répéter sa question plusieurs fois avant que ça n’atteigne les limbes de ma conscience. Moi, j’ai entendu ça:

– Mamaaaan, pourquoi tout radis roman en été féministe? Jkomprendpas.

-Hein?!?

-Maman! Pourquoi tu m’as dit que ce roman il était féministe? Je ne comprends pas?

Elle vient de tourner la dernière page d’Esther et Mandragore (Sophie Dieuaide, Marie-Pierre Oddoux, Talents hauts), que j’ai lu moi même quelques jours auparavant.

-Il me semble que je t’aie dit que c’était une maison d’édition féministe, plutôt, non?

Je sais pas, mais n’empêche, je ne comprends pas, c’est quoi une maison d’édition féministe? C’est quoi un livre féministe? Enfin, je veux dire, quand tu me montres des trucs féministes, comme par exemple un dessin qui dit que les filles sont pas des bon-point1poupées (bon point anti-sexistes des éditions « La ville brûle » pour ceux qui se demandaient) je reconnais, ça montre que c’est féministe, mais là, c’est une juste une histoire.

Juste une histoire? Ça ne t’as pas plût?

-Mais si, n’importe quoi, pourquoi ça ne me plairait pas, enfin, tu sais bien que j’aime les histoires! (c’est à peu près à ce moment-là que j’ai compris qu’il fallait que je ferme la tablette et que je lâche facebook, la conversation demandant de plus en plus d’attention). Non, ce que je veux comprendre c’est comment une histoire peut être féministe. Une histoire normale, une histoire dans laquelle y’a pas de question d’égalité entre les filles et les garçons, déjà y’a quasiment pas de garçon dans ce livre d’ailleurs.

-C’est-peut être ça justement? Montrer qu’une histoire peut se dérouler sans qu’il y ait UN héros…

-Ah? Bof, on le savait déjà, non?

-Je ne sais pas, toi qui lit énormément, tu en as lu beaucoup de livres où il n’y a pas un héros masculin?

-Hé bien, il y a Fifi brin d’acier, et puis Milie Plume… Gurty, mais bon, c’est pas pareil, c’est une chienne… Là j’ai pas d’autre idées.

-Tu as une idée du nombre de romans que tu as lu, dans ta vie?

-T’es folle, j’en lis parfois un par jour, depuis mes 7 ans, donc, ça fait 3 ans, je vais pas m’amuser à les compter. Disons, à vue de nez, que j’en ai lu beaucoup.

-Et sur tous ces livres là il n’y en a que 3 qui te viennent à l’idée où il n’y a pas de personnage principal masculin? Cherche bien.

-Verte! Et aussi la suite, Pomme!

-Ah, tiens, encore une histoire de sorcière…

-Oui, bon, et alors? C’est tous des romans féministes, ceux là? C’est ça, dès qu’il n’y a pas de mec, c’est féministe?

-Hé dis donc, surveille ton langage, tu n’est pas dans la cour de récré ici ma chérie. Et non, ce ne sont pas tous des romans féministes… Quoi que… Peut être qu’ils le sont en réalité… Ce n’est pas facile de définir un roman comme féministe, tu as raison…Milie plume, il me semble qu’il est quand même plus ou moins clairement destiné aux filles. Je pense qu’un roman qui a pour personnage principal une fille et qui sort dans une collection qui n’est pas marquée « fille », à une portée féministe… (au moment même où je prononce ces mots, je suis sidérée de les penser. Aurions nous régressé à ce point?)

-Tu rigole?

-…

-Tu veux que c’est pas juste normal qu’il y ait des romans avec des garçons et d’autres esther-mandragore-1-insideavec des filles comme héros?

-Disons que, statistiquement, il y a beaucoup plus de garçons, alors cet éditeur a voulu inverser un peu la tendance, il faut dire qu’il y a une idée reçue selon laquelle les petites filles peuvent s’identifier à un héros mais pas les petits garçons à une héroïne.

-T’es sérieuse, là? Si le livre est chouette, ils s’en fichent les garçons que ça soit une héroïne, non? Il faut juste leur proposer de le lire, et puis c’est tout.

Bonne idée ma chérie, alors, si on en parlait sur internet de ce livre, ça donnerait peut être envie à des garçons de le lire?

-Et à des filles aussi.

-Et à des filles aussi!

-Alors allons y, moi je te dis ce qui donne envie à des enfants (comme moi, garçons ou filles, tu vois ce que je veux dire) et toi tu le mets sur internet. Tu vas leur dire que c’est l’histoire d’une petite sorcière, une débutante de première année, qui est très curieuse. Tellement curieuse qu’elle a gagné un prix de curiosité  et que, grâce à lui, elle obtient le droit d’aller dans le monde des humains quand elle veut, avec son chat, Mandragore. Lui, il a un sale caractère mais on l’aime bien quand même. Après pour donner envie, il faut pas trop raconter, mais il faut dire que, même si elle est en première année elle semble très douée pour les potions parce qu’elle en réussit des très difficiles. Qu’elle a pas le droit de faire de la magie chez les humais mais qu’elle le fait quand même (et elle ne se fait pas prendre). Qu’elle peut faire apparaître des billets de banque dans sa poche (mais qu’elle n’en abuse pas). Et qu’elle est un peu… Fripouille? Pas très sage quoi… Impertinente, c’est ça, je la trouve impertinente, et ça, c’est chouette, parce que nous, les enfants, on a tous envie d’être un peu impertinents. Mais sans se faire gronder (elle se fait pas gronder, d’ailleurs, les adultes la laissent faire sa vie tranquille, c’est bien aussi ça)

-Ok, autre chose?

-Non, c’est tout, avec ça les gens, ils doivent pouvoir donner envie à leurs enfants esther-et-mandragore-d-amour-et-de-magie(garçons ou filles au cas où t’aurais pas compris) de le lire.

-Ok, j’ajoute juste que c’est un roman illustré, que c’est un style d’écriture fluide et accessible, que c’est préconisé pour les 8/12 ans mais qu’à mon avis, en lecture à voix haute on peut le proposer à des enfants plus jeunes.

-Moui, si tu veux. Ah, et dis qu’il y a des chats aussi, plein de chats, qui volent sans le vouloir et que c’est marrant à imaginer.

Donc voilà, si vous cherchez un livre à offrir à vos fils/filles/cousins/amis/voisins, du CP au CM2, n’hésitez pas, Esther et Mandragore vous tend les bras. D’ailleurs, le tome deux, Esther et Mandragore, d’amour et de magie, est sorti la semaine dernière, vous pouvez donc le trouver dans votre librairie préférée.

Exil…

Avec la situation chahutée du monde, de nombreuses populations sont poussées à l’exil, au déracinement,…  Parfois – souvent – ces migrations sont mal vues et, au lieu de faire preuve d’un minimum d’empathie, d’un minimum d’humanité, nous nous replions derrière nos peurs, derrières nos murs…

Avec cette sélection, nous vous proposons de briser les barrières et de tendre la main vers l’autre, vers la richesse qu’il pourra nous apporter…

Pépita – Méli-Mélo de livres nous propose plusieurs titres sur le sujet :

Partir au-delà des frontières, Francesca Sanna, Gallimard jeunesse

Une traversée pleine de dangers pour aller vers l’espoir.
A lire chez Pépita

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Le fils de l’Ursari, Xavier-Laurent Petit, Médium, Ecole des loisirs

Un roman sensible sur la réalité du sort des gitans, une histoire qui happe le lecteur par son humanité.  

A lire chez Pépita

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Frères d’exil, Kochka, Flammarion jeunesse

Un roman message de tolérance et de solidarité ente les peuples. Un très beau roman. A lire !

A lire chez Pépita

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Ainsi que trois albums qui magnifient l’accueil de l’autre avec des approches percutantes.

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Du côté de chez Sophie – La littérature jeunesse de Judith & Sophie, elle nous suggère :

Refuges, Anne Lise Heurtier


En parallèle de l’histoire de Mila qui revient sur les terres de ses racines à Lampedusa où vivait sa grand-mère, on découvre le récit de huit voix qui nous livrent leur parcours vers un monde qu’elles espèrent meilleur.

A lire chez Sophie, Pépita, Carole

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Céline – Le tiroir à histoires a sélectionné quant à elle :

Chez moi, Sébastien Mourrain

Où est-ce qu’on est chez soi ? Qu’est-ce qui fait qu’on s’y sent à sa place ? Parfois il faut partir, s’éloigner, pour mieux se retrouver. Très bel album de Sébastien Mourrain où se confrontent et se rencontrent l’ici, l’ailleurs, et le chez-soi.

A lire chez Céline

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Le livre de Perle ,Timothée de Fombelle, Gallimard

Quand un jeune prince est banni de son royaume pour se retrouver ici-bas, quand son exil dure le temps de plusieurs vies, quand c’est son seul chagrin qui le lie à son royaume perdu, et à l’amour d’une fée, le lecteur est emporté dans une lecture merveilleuse, romanesque et bouleversante qui laissera des traces profondes dans sa mémoire poétique. Virtuose Timothée de Fombelle.

A lire chez Céline, Pépita, Céline-QLF, Sophie,…

Notre lecture commune

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Un pas puis mille, Séverine Vidal et Julien Castanié, La Pastèque

L’exil n’a pas besoin de durer des années. Parfois on a envie de tout quitter, de claquer la porte, comme ça, et de prouver à tous qu’on peut être seul, surtout à soi. Une aventure intérieure qui fait grandir, et revenir, plus apaisé.

A lire chez Céline

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Pour Alice – A lire aux pays des merveilles, elle sélectionne :

Si tu m’avais raconté de Marie Sauzon, Oskar, 2015

Cet été, Chloé découvre l’histoire de Manuel, son grand-père. Son douloureux passé d’andalou, républicain espagnol exilé après avoir lutté contre la dictature de son pays.

A lire chez Alice

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Au bout des longues neiges, Jean-Côme Noguès, Nathan, 2014


L’exil des populations irlandaises, prêtes à traverser l’océan pour trouver une terre d’accueil.

A lire chez Alice

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Céline – Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait LIVRESSE retient pour sa part :

Le petit arbre Plume Bien loin de chez soi, Pascale Graciet, Le Ver à Soie

Superbe album qui parle de déracinement, d’exil, mais aussi de résilience et de la force de la vie et de l’amour.

A lire chez Céline-QLF

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Caravane, Ingrid Chabert & Soufie, Limonade

Une belle histoire qui fond dans le cœur comme un petit carré de chocolat sur la langue.  Elle nous rappelle le premier secret du bonheur : peu importe le contenant, caravane ou palace rutilant, pourvu qu’il y ait l’AMOUR !

A lire chez Céline-QLF

Et vous ?  D’autres titres à proposer sur cette thématique ?