Fête de la musique, mélodie du bonheur

Vous connaissez tous la ritournelle : « Do, le do, il a bon dos…  RE, rayon de soleil d’or… » ! Mais connaissez-vous la version « A l’ombre du grand arbre » ?  Malgré des tonalités parfois différentes, on y chante tous à l’unisson : VIVE la MUSIQUE des MOTS !
Pour en lire davantage sur cette sélection, cliquez sur les titres…

« DO, le do, il a bon dos »…  ados
avec les sélections d’Alice

Sur la tête de l’amour de Boris LANNEAU, Sarbacane Exprim’, 2013.
Ambiance cité : 2 mecs, 1 micro et des mots slamés, comme une arme pour déclamer son amour pour la belle Nora. Il y a Sam qui écrit les textes et Aswad qui les chante.
Battle de mots entre les deux garçons, mais qui aura le dernier ?

de Nathan

Ecoute battre mon cœur de Nathalie Le GENDRE, Flammarion Emotions

Pour ce titre-là de la collection Emotions de chez Flammarion, c’est la passion qui est mise en jeu. Et celle-ci est un véritablement feu, qui consume ses victimes, les happe tout entier ; si bien qu’on ressent cet amour pour la musique très profondément et qu’on s’attache aux personnages … mais aussi que l’auteur abuse un peu trop du tragique.  Sans doute « trop » mais survolté, captivant et plein d’émotion.

de Céline et son flacon

Le violon de la rue Lauriston, Claude RAUCY, Ker éditions

L’histoire du périple d’un jeune immigré à la recherche de la liberté.  Un récit poignant où un violon est appelé à « remplacer les fausses notes de jadis par des accords mélodieux.  Couvrir les cris de haine par des chants de fraternité ».

et de Sophie

K-Cendres d’Antoine DOLE, Sarbacane

Après un passage en hôpital psychiatrique, Alexandra est propulsée au rang de star de la musique. Mais les textes qu’elle rappe se révèle être prémonitoire ce qui incitera ses producteurs à prendre le contrôle de l’idole, quoi qu’il peut lui en coûter !
Ce roman pour adolescents se place au cœur de l’univers de la musique… et pas dans la partie la plus flatteuse. Un roman assez dur mais très prenant.

« Ré, rayon de soleil d’or »
C’est l’été, c’est la musique Pop et Rock avec la double sélection de Carole :

L’été pop de Vincent CUVELLIER paru au Rouergue, collection dacodac, octobre 2012.
A partir de 9 ans.

et Princesse Vinyle d’Yvonne PRINZ, paru chez Albin Michel, collection Wiz, traduit par Madeleine Nasalik, janvier 2012.

A lire aussi chez Pépita

« Mi, c’est la moitié d’un tout »

Herman et Rosie pour la vie de Gus GORDON, Gallimard jeunesse : l’une chante, l’autre joue du hautbois. L’amour de la musique va les mener sur un autre chemin. Un album très sensible, dans une belle mise en page.  Une sélection de Pépita.

Mi, aussi, pour En avant la musique Rémi !  ajoute Céline
DO, il en a plein le dos
RE
MI, le petit violon
FA-tigué de jouer les mêmes notes
SOL-iste, c’est pas pour lui !
LA musique, c’est fait pour jouer entre amis !
SI seulement sa famille à cordes le laissait, une journée seulement, jouer ce qu’il veut..

« Fa, c’est facile à chanter »
avec Kik qui, sur un air de jazz , découvre Billie Holiday 

Deux ouvrages pour une artiste, deux tons différents, pour découvrir une femme,
qui devint artiste.

Billie Holliday à découvrir aussi dans le tiroir de Céline


On fredonne aussi du fond du tiroir de  Céline
un album pas tout neuf mais très sympa :
Mes petits moments – 15 comptines à chanter du matin au soir écrites, composées et interprétées par Alain SCHNEIDER, illustrées par Christian GUIBBAUD.
Pour fredonner toute la journée des mots malicieux sur des mélodies jolies. Un peu de musique dans la vie de tous les jours !


« SOL, la terre où vous marchez »

« LA, l’endroit où vous allez »
pourquoi pas au concert avec Bouma ?

Beck T.1 à 34 (série complète), scénario et dessins d’Harold SAKUISHI,
Delcourt, 2004-2010

Envie de suivre la création d’un groupe de rock, ses déboires
comme ses succès ? Beck est le manga à lire par excellence. Une série qui vous donnera envie d’aller voir un concert, en live, sous des trombes d’eau, juste pour vous sentir vivant.

« SI, c’est siffler comme un merle »
ou comme une trompette, un tuyau…  avec les propositions de

Pépita

MéliMélodie de Henri MEUNIER et Martin JARRIE, Le Rouergue : un ovni littéraire qui se joue des notes et des sonorités pour le plus grand plaisir des petites et grandes oreilles.

et de Sophie

La mélodie des tuyaux de Benjamin LACOMBE et Olivia RUIZ, Seuil jeunesse
Alors qu’il se préparait à un avenir tout tracé, Alexandre va faire la connaissance d’une jeune gitane qui va l’aider à trouver son don pour la musique. Un livre-CD qui propose une belle découverte de la musique tzigane.

« Ce qui nous ramène à DO… »
et au documentaire proposé par Bouma

Trop facile, la musique !, texte de Claire LAURENS, illustrations de Marion Puech, Actes Sud Junior, 2013

Ce documentaire vous permettra de créer rapidement et avec peu de moyens de sympathiques instruments de musique tels les maracas ou le kazou.
Des activités à faire en famille.

Joyeuse fête de la musique à tous !

Des écureuils dans les branches de l’arbre

Un arbre, car c’est notre repère, notre lieu de retrouvailles,
Un arbre, ou plutôt tous nos arbres,
Un arbre, car nous sommes bien à bouquiner sous ses branches.

Un arbre, qui vit, grâce à vous,
Un arbre, plein de partages, qui fête ses deux ans.

Pour l’occasion, un concours est organisé, ICI,
Pour l’occasion, on lève la tête, on regarde les branches de notre arbre, et on se rend compte qu’il est peuplé d’écureuils !

Bizarbres mais vrais !
Un magnifique documentaire de Bernadette Pourquié et Cécile Gambini coédité par Plume de carotte et La petite salamandre qui met en valeur des arbres bizarres mais qui existent rééllement. Une très belle approche !

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P’titou, l’écureuil tête en l’air de Benoit Delalandre et Estelle Euvremer. Le sablier , 2007.
Au fil des 4 saisons, la vie de P’titou est bien animée, surtout depuis que notre petit écureuil étourdi a quitté sa famille et qu’il doit se débrouiller tout seul. Que d’aventures !
Un livre-Cd à lire et écouter …

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Frisson l’écureuil de Mélanie Watt, Bayard Jeunesse
Frisson est un écureuil trouillard. Il ne quitte jamais son arbre, il a trop peur de l’inconnu et de toutes ces choses effrayantes. D’ailleurs, en cas d’imprévu, il a tout prévu… ou presque !

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Quand dormez-vous ? de Kazuo Iwamura
Les trois petits écureuils ne veulent jamais aller au lit… Quand ils découvrent que leurs copines les chouettes jouent sous la lune, ils tentent une escapade nocturne dans les arbres… Des illustrations soignées, une forêt sublimée dans des pastels dégradés : les histoires de Iwamura sont toujours un enchantement.

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Les nouveau amis de Claude Pistache & Tony Hutchings Fernand Nathan, collection « Avec le sourire ».
Un album vintage avec toute une famille écureuil. Des frimousses comme on n’en fait plus et surtout d’adorables maisons arbres dans des illustrations pastels qui vous feront replonger dans votre imaginaire d’enfant…

Dans la même série, il y a L’Histoire d’une dent. L’écureuil est bien mal en point.  Mais comme toutes les histoires de dents, elle ravie Kik !

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Panache l’écureuil de Lida et Rojankovsky aux éditions Père castor Flammarion
Un album-documentaire qui relate la vie d’une famille écureuil dans la forêt, et notamment celle de Panache, au caractère bien trempé. De la collection « Le roman des bêtes », des albums qui n’ont pas pris une ride, foisonnant de détails dans les belles illustrations et au vocabulaire riche.

Bonus …

Un écureuil en direct de Central Park. Pour lire on ne reste pas à l’ombre de notre grand arbre, on voyage, on se promène. Et parfois sur notre chemin, on croise un écureuil !

D’autres écureuils à découvrir, que Gaëlle, la libraire, aime photographier. C’est par ICI, et il y en a beaucoup beaucoup, car Gaëlle a l’oeil pour les repérer dans tous les petits recoins.

D’autres lectures sur les arbres, que nous vous avions proposées, il y a un an, par .

On a commencé par un arbre, on finit par un arbre.
Il fait bon vivre sous notre arbre. Venez donc fêter notre deuxième anniversaire en composant des arbres, par là.

Pop… Up

Bonjour hiver – Robert Sabuda
Milan jeunesse

On ne présente plus le maître du genre, il a commencé à l’âge de huit ans ! L’hiver sous plusieurs tableaux dans ce qu’il évoque : la luge, la patinoire, le sapin, le renne,… Un tout petit format mais magique ! Tout ça dans un si petit livre !

L’avis complet

Pépita

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Alice au Pays des Merveilles – Robert Sabuda
Seuil Jeunesse

Une autre merveille de cet auteur incontournable de pop-up. Les cartes à jouer volent, Alice tombe dans un puit vraiment profond, les personnages s’animent. Pour notre plus grand plaisir, ces aventures merveilleuses prennent du volume.

L’avis complet
Aussi dans Le tiroir à histoires et chez Maman Baobab

Kik

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ABC 3D – Marion Bataille
Albin Michel

L’alphabet décliné sous forme de pop-up où certaines lettres se forment à partir de la précédentes. Le pop-up est la principale technique mais il y a en a d’autres toutes très originales.

L’avis complet

Sophie

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Petite boîte jaune – David A. Carter
Mango jeunesse

Un autre maître du genre ! Une approche des contraires dans un petit livre rouge pour chercher la petite boîte jaune… Superbe contraste des couleurs, une surprise différente à chaque page. Ce titre a fait des petits puisqu’il existe aussi : Petit rond bleu et Petite ronde de couleurs. Et il vient de sortir : Petite boîte jaune part à l’aventure.

L’avis complet

Pépita

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La maison hantée – Jan Pienkowski
Nathan

Un des premiers pop-up lus, je ne me lassais pas de le lire à la bibliothèque, lorsque j’étais en primaire. Une référence pour moi.

L’avis complet

Kik

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Le petit prince – Antoine de Saint Exupery
Gallimard jeunesse

Le texte de ce grand classique existe aussi avec des illustrations en pop-up. Sobriété et finesse sont au rendez-vous pour un magnifique rendu final.

L’avis complet
Et celui de Céline.

Sophie

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Ça dépend – Janik Coat
Hélium

Un petit album sur l’humeur du jour dont dépend notre façon de nous habiller. Une façon très habile d’aborder les émotions qui s’y rattachent. Un album coloré, facétieux et superbe ! Plein de rabats, des tirettes et des surprises !

L’avis complet

Pépita

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un point rouge

Un point rouge – David A. Carter
Gallimard jeunesse

Un album pop-up graphique où il faut retrouver le point rouge sur chaque sculpture de papier. En jouant avec les chiffres d’une page à l’autre, on peut aussi compter en s’amusant.

L’avis complet

Sophie

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Les dix droits du lecteur – Daniel Pennac
Gallimard jeunesse

Un classique en pop-up ! Sorti à l’occasion des 40 ans de la célèbre maison d’édition.

L’avis complet

Pépita

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Océano – Anouck Boisrobert et Louis Rigaud
Hélium

Une magnifique plongée sous-marine réalisé comme de la dentelle. Au dessus de la mer, on suit un bateau rouge sur l’océan. En dessous, on découvre la splendeur et parfois l’horreur des fonds marins. Un beau message sur la nature à protéger.

L’avis complet

Sophie

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Les petits plus…

– une sélection de Pépita ICI

– des pop-up à toutes les sauces chez Sophie ICI

– de quoi apprendre à faire des pop-up, lorsque Kik aura un peu de temps …

Poules, oeufs, lapins…

Pâques est passé par là…

©Méli-Mélo de livres

©Méli-Mélo de livres

Une date qui symbolise le renouveau du printemps. Si ça vous dit, une sélection concoctée il y a un mois LA.

Chasse aux œufs dans les jardins en fleurs, fous-rires des enfants, et partage de leurs trouvailles sous l’œil amusé des adultes : une cocotte par-ci, un lapin par-là, et des œufs à dévorer, moustaches au chocolat…

Voici une sélection spéciale Pâques, poules, œufs et lapins…

Histoire de prolonger ce plaisir dans la lecture !

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A LIRE AU PAYS DES MERVEILLES

Madame le Lapin Blanc / Gilles Bachelet. Seuil, 2012 :
Un album loufoque et raffiné à consommer de 7 à 77 ans !

Piochez son avis

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UN PETIT BOUT DE (BIB)

voici un oeuf

Voici un oeuf, Ramadier & Bourgeau
École des loisirs – Loulou&Cie, 2013 :

Indétrônable à la maison, un album tout carton qui permet aux enfants de voir un œuf se transformer… en poule !

Piochez son avis

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Chouette ! Texte et illustrations d’Eric Battut
L’Elan vert – Roudoudou, 2012 :
Un œuf éclot. Et dans l’autre, que peut-il bien y avoir. Un ami très chouette :-)

Jeux de mots garantis.

Piochez son avis

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LES LECTURES DE KIK

Guili Lapin – Mo Willems
Kaléidoscope, 2007 :
Un doudou en forme de lapin, un doudou que l’on trimballe partout, au risque de le perdre … Un mélange de dessins et de photographies ingénieux et délicieux, comme un bon œuf de Pâques.

Piochez son avis

L’autre Guili Lapin, Histoire d’une erreur sur la personne de Mo Willems
Kaléidoscope, 2008 :
Une suite tout aussi savoureuse. On a grand plaisir à retrouver Guili.

Piochez son avis

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LA LITTERATURE DE JEUNESSE DE JUDITH ET SOPHIE

Hubert Ben Kemoun - .

Pénélope, la poule de Pâques
Hubert Ben Kemoun et Stéphane Girel
Père Castor/Flammarion, 2000 :

Pénélope la poule de Pâques en chocolat s’est caché dans le jardin, mais un peu trop bien puisque personne ne la trouve !

Un beau texte bien abordable pour les petits.

Piochez son avis

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MELI-MELO DE LIVRES

Le jour des poules de Florence Thinard,Thierry Magnier, 2013 :

Quand une famille se met en tête d’élever des poules dans son jardin,

que d’aventures et de…mésaventures !

Piochez son avis

Le premier œuf de Pâques, Zemanel et Amélie Dufour,

Père Castor Flammarion, 2013 :

Qui de l’œuf et de la poule ?

Vous aurez tout sur l’origine du premier, tout premier œuf de Pâques.

Piochez son avis

Drôle de genre…

On ne sait pas vous, mais les polémiques du mois dernier autour de la « théorie du genre » –traduction volontairement fausse des gender studies, soit dit-en-passant– ont un peu fait frissonner les feuilles de notre grand arbre. Ici ou là, de féroces défenseurs des valeurs traditionnelles (entendez patriarcales, chrétiennes, hétérosexuelles) se sont déchainés, ont voué des auteurs aux gémonies, les ont menacé(e)s (lire le billet « intolérance » sur le blog d’Anne Percin), ont bombardé des sites ou blogs à vocation culturelle de commentaires haineux à la pertinence discutable. On a même pu lire dans la presse que certains voulaient retirer des livres des bibliothèques. Si de nombreux auteurs, éditeurs, et blogueurs ont fait front pour défendre la littérature jeunesse contre ces attaques aussi infondées que nauséabondes, les détracteurs poursuivent leur travail de sape.

L’objet de leur hargne : qu’un livre puisse caractériser un personnage sans le réduire à son sexe biologique. Qu’il puisse donner vie à un personnage qui pense, ressente, agisse autrement qu’un stéréotype de « fille » : (douce, docile, frivole, timorée, coquette) ou de « garçon » (courageux, bagarreur, intrépide, capricieux). Parce qu’ A l’ombre du grand arbre, nous pensons que les livres ne servent pas à enfermer mais à libérer, parce que nous défendons la littérature dans ce qu’elle a de riche, d’inventif, d’original et de varié, parce que nous aimons les livres qui enchantent l’imaginaire, ouvrent l’esprit, chatouillent et gratouillent les certitudes, éveillent la pensée, nous vous proposons aujourd’hui — et continuerons à vous proposer– une sélection de livres qui bousculent un peu les stéréotypes de genre.

Et ne ratez pas, pour finir en beauté l’interview croisée de Delphine Beauvois, auteure de On n’est pas des Poupées et Mélanie Delcourt, cofondatrice des éditions Talents Hauts.

Pour commencer, et parce que les héros jeunesse ont cela de commun avec les chefs d’entreprise d’être en majorité masculine écrasante, une petite sélection d’ouvrages dont les héros sont des héroïnes, et pas moins valeureuses :

Bacha Posch de Charlotte Erlih. Actes Sud, 2013

Un roman qui interroge sur l’émancipation des femmes et leur place dans certaines sociétés. Tel un témoignage : bouleversant.

 

 

Lire le billet chez Alice

 

Marre du rose de Nathalie Hense et l’histoire de Julie qui avait une ombre de garçon de Christian Bruel et Anne Galland :

Chez Carole

Alors que certaines maisons d’édition, croyant chevaucher un filon, multiplient encore des collections vulgaires, sexuées de façon désuète voire idiote, Marre du rose est un livre salutaire, destiné aux tout-petits des deux sexes.

L’Histoire de Julie est une démonstration magnifique et poétique des ravages de l’assignation de genre imposée aux enfants dès la naissance, une illustration de la souffrance provoquée par l’obligation de rentrer dans l’une des deux seules cases que nous propose la société patriarcale régie par des normes hétérosexuelles. Mais c’est aussi une lumineuse fenêtre ouverte sur la possibilité de se libérer de ces carcans, et tout commence par l’éducation ! Un collector des 70’s, malheureusement plus disponible.

julie

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Poursuivons avec quelques albums qui tordent le cou aux stéréotypes :

Drôle de planète !, CE1 de l’école Jateau et Gwen Keraval

Talents Hauts, 2013.

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Mais qu’est ce qui différencie les terriennes des terriens ? C’est la question que se posent les Glatifusiens, qui nous observent de loin. Ils ont bien quelques idées, mais à bien observer la Terre et celles et ceux qui la peuplent, ni les vêtements, ni les cheveux, ni les comportements ne semblent obéir aux mêmes lois partout… L’occasion d’un petit tour du monde pour apprendre à se poser les bonnes questions. Drôle, pertinent et bouillonnant d’intelligence.

Retrouvez la chronique de Céline dans le tiroir et de Pépita

On n’est pas des poupées, mon premier manifeste féministe, Delphine Beauvois et Claire Cantaispas des poupées cover

La ville brûle, 2013.

Comme son nom l’indique, cet ouvrage est un album « coup de poing » dans lequel une voix de fille démonte un à un les présupposés dans lesquels on voudrait l’enfermer. Le message est clair, plein d’énergie et illustré des collages  vitaminés et colorés de Claire Cantais. Un livre à lire et à relire, à discuter et à mettre entre toutes les mains!

Le billet du Tiroir à histoires :

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Boucle d’Ours, Stéphane Servant et Laetitia Le Saux. Didier Jeunesse, 2013.

Quand petit Ours décide de se déguiser en Boucle d’ours avec des couettes et une jupette pour carnaval, cela met papa Ours dans une colère monstrueuse !

Mais tel est pris qui croyait prendre, à ce jeu sexiste, c’est papa ours qui en paye  les conséquences ! Drôlissime à souhait !

Le billet d’Alice

 

Je porte la culotte/Le jour du slip, Thomas Gornet/ Anne Percin

Le Rouergue

Ce livre à quatre mains a beaucoup fait parler de lui – plutôt malgré lui- le mois dernier après avoir subitement été pris pour cible par des opposants au concept du genre visiblement mal renseignés. Une fille se réveille un matin dans la peau d’un garçon… et inversement. La collection boomerang du Rouergue propose judicieusement un « double-roman » avec deux histoires en miroir.

Alice, Kik et Céline l’ont lu pour vous.

 

vanilles-204x300Vanilles et chocolats de Florence Hinckel

Un roman court et juste pour aborder les inégalités et le respect de l’autre. Une mise au point intelligente et pleine d’humour sur les stéréotypes, parfois inconscients (l’effet Pygmalion bien connu du milieu enseignant notamment). Une lecture nécessaire qui rappelle que rien n’est acquis et que l’éducation à l’égalité et au libre-arbitre est essentielle.

Chez Carole 3 étoiles

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Des albums qui mettent le doigt là où ça fait un peu mal : inégalités, oppression, parce que les droits des femmes sont le fruit d’une lutte pas tout à fait achevée (comme en témoigne la récente actualité)

A Calicochon, Anthony Browne
Kaleidoscope, 2010 (réédition)

Chez la famille Porchon, c’est maman qui fait tout. (Attention toute ressemblance avec des situations vécues serait purement fortuite!) Un album qui parle avec intelligence et beaucoup d’inventivité graphique des inégalités quotidiennes. Le tout avec l’humour subtil et le talent scénographique d’Anthony Browne.

dans Le Tiroir à Histoires

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Collectif
Locus Solus

Plusieurs auteurs et illustrateurs pour cinq histoires sur cinq situations de sexisme au quotidien. L’apparence, les réseaux sociaux, l’orientation scolaire, les relations amoureuses, voilà autant de sujets qui peuvent être au cœur du sexisme. Cette BD les évoque simplement pour inviter à la discussion et surtout à la réflexion sur nos comportements.

Chez Sophie

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Pour finir, n’oublions pas les garçons, car c’est à leurs côtés qu’on avance vers plus d’égalité, et parce qu’autant que les filles, ils se retrouvent enfermés dans des présupposés  sclérosants. Une sélection de livres ayant pour héros des garçons pas machos, ou sensibilité  peut se conjuguer aussi au masculin :

La poupée d’Auguste de Charlotte Zolotow et Clothilde Delacroix.

Charlotte Zolotow - La poupée d'Auguste.

Talents hauts, 2012

Quand un petit garçon rêve de jouer à la poupée et quand son rêve devient réalité, c’est le bonheur absolu !

Lire le billet chez Pépita

 

 

Cerise sur le gâteau : Delphine Beauvois, auteure de On n’est pas des Poupées et Mélanie Delcourt de Talents Hauts ont répondu à nos questions. Elles évoquent leur travail, les rapports garçons-filles, les représentations et les inégalités, et leur attachement à la littérature jeunesse « engagée » :

Un mot d’abord sur le féminisme : comment y êtes-vous venues ? (Culture familiale, nécessité qui s’est imposée plus tard …)?

Delphine Beauvois : Plus tard ! J’ai été élevée dans une famille de modèle plutôt à l’ancienne en terme de représentations. J’ai une soeur, et si nos parents visaient bien sûr notre réussite, on a toujours été élevées dans cette idée qu’étant des filles nous étions confrontées à plus de dangers, qu’il fallait nous protéger, etc. Mais nous avions toutes les deux des caractères assez fort, tendance « grande gueule »…  Puis j’ai fait mes études à Jussieu, où j’ai été sensibilisée à la question du genre par des professeurs comme Michelle Perrot. J’ai abordé la question homme-femme d’abord par le biais historique dans mes études. En fait, le féminisme n’est pas «inné», c’est un parcours qui se construit, un cheminement plus ou moins facile selon son origine et son éducation, puisqu’il demande de déconstruire des choses intimes. C’est pas évident d’accepter l’idée qu’on est dominé, et encore moins de reconnaître qu’on participe parfois à ce système. Typiquement en tant qu’enseignant, c’est toujours difficile de remettre en question ses pratiques, de regarder la façon dont on distribue la parole, etc, qui peut parfois ne pas être égalitaire. Tout cela est un cheminement qui demande de la remise en question.

Mélanie Delcourt : Le militantisme n’est pas du tout dans ma culture familiale, mais ma mère avait une conscience assez aigue des inégalités femmes-hommes, filles-garçons et nous avons été élevée de façon très égalitaire avec mon frère et ma sœur. J’ai beaucoup entendu petite que mon frère n’était pas dispensé, notamment des tâches ménagères, parce qu’il était un garçon. Ensuite des amies très proches ont créé l’association Mix-Cité (mouvement mixte pour l’égalité des sexes). Je suis allée à une réunion par curiosité et par amitié, mais aussi parce que le sujet m’intéressait, même si je pensais, comme beaucoup de filles de cet âge (j’avais 22 ans), qu’il n’y avait plus besoin de militer. Je suis allé à une réunion, j’ai adoré les échanges, l’intelligence, l’engagement, la rigolade, cette sensation de pouvoir faire bouger les lignes, changer les choses, et je suis restée plusieurs années.
Ensuite quand Laurence Faron (mon associée) et moi avons eue envie de créer une maison d’édition jeunesse, il a été naturel d’envisager de faire des livres en phase avec nos convictions. Non pas de militer au travers des livres ou de mettre des banderoles dans les mains des enfants, mais de proposer des livres plus ouverts, aux choix plus larges, notamment en termes de supports d’identification pour les petites filles et les petits garçons. Nous nous sommes penchées sur la littérature de jeunesse et avons pu vérifier notre impression de départ : les livres de jeunesse, comme le reste de la société et des supports culturels, sont remplis de stéréotypes sexistes, y compris dans les très bons livres publiés chez des éditeurs bien intentionnés. À côté de ce sexisme « par inadvertance », il existe des livres, de collections, des maisons d’édition assumant une vision du monde clairement sexiste à laquelle ils veulent préparer les enfants. Ces livres sont de plus en plus nombreux et se vendent en quantités industrielles.
Sachant qu’il n’existe pas de littérature neutre et que tout livre contient un message, nous avons décidé de nous positionner en éditeur engagé, conscient et responsable du message véhiculé dans ces livres.

Le pourquoi (on devine), mais surtout le comment de ce livre (On n’est pas des poupées/Drôle de planète) : d’où est partie l’idée, comment s’est monté le projet?

M.D : Drôle de planète fait partie d’un projet particulier puisqu’il a été écrit dans le cadre du Concours Lire égaux. C’est un concours que nous organisons depuis cinq ans dans l’académie de Créteil pour les classes de CP-CE1. Les classes candidates rédigent le manuscrit d’un album pour notre collection « pour les filles ET pour les garçons », la classe gagnante voit son texte illustré par un-e professionnel-le et publié sous forme de livre par Talents Hauts.
Cette histoire a été écrite au cours de l’année scolaire 2011-2012 par la classe de CE1 de Sandrine Oui, à l’école Jatteau de Moissy-Cramayel (77). Nous avons ensuite choisi Gwen Keraval dont nous apprécions énormément le talent et l’humour pour illustrer le texte. Il a rencontré les jeunes auteurs, puis a réalisé les illustrations.

D.B : L’idée est celle de Marianne, l’éditrice de La ville brûle, qui est militante à Montreuil. Nous nous sommes connues parce que j’intervenais à La maison des femmes de Montreuil. C’est elle qui nous a mis en lien avec Claire, la mayonnaise a pris. C’est grâce aux éditeurs militants qui publient des livres qui leur tiennent à coeur et qui leur semblaient manquer (même s’ils ne correspondent pas à des attentes commerciales) que On n’est pas des Poupées a pu voir le jour.

Quelles questions se sont posées dans le travail, ont -t-elles fait évoluer l’idée de départ ?

D.B : On a su assez vite comment construire On n’est pas des Poupées, nous avions cette idée de lecture partagée. Ce temps de débat manque souvent, et nous voulions lui faire une place au moment de la lecture du soir, ce temps où les parents et enfants peuvent discuter. Nous avions envie d’en faire un outil à l’usage des adultes et des enfants dans le cadre d’un échange, pour interroger aussi les parents. Un stéréotype par double page, qu’on voulait déconstruire le plus simplement possible. Puis, en cours de route on a ajouté le petit topo historique, avec les portraits des femmes qui ont marqué l’histoire, pour montrer que cette bataille pour l’égalité a eu lieu à plusieurs moments dans le passé. La technique d’illustration de Claire – le collage– s’y prêtait parfaitement. La seule difficulté, c’est d’arriver à pointer du doigt les stéréotypes sans en oublier, et sans culpabiliser, ni d’un côté, ni de l’autre. L’idée est de déconstruire un système de pensée sans chercher le coupable.

M.D : Pour Drôle de Planète, c’est un cas très particulier de travail éditorial car nous ne pouvons pas changer le texte puisque c’est le texte tel qu’il a gagné le concours qui doit être publié. Nous le modifions à la marge, pour le style et la fluidité, mais c’est tout. En revanche, nous nous sommes posés plein de questions avec Gwen, en particulier sur la dernière image : comment faire comprendre immédiatement au lecteur qu’il s’agit d’une fille et d’un garçon (sinon la chute n’est pas efficace) sans tomber dans les stéréotypes dénoncés avec humour tout le long du livre ?

 Puis, en cours de route on a ajouté le petit topo historique, avec les portraits des femmes qui ont marqué l’histoire, pour montrer que cette bataille pour l’égalité a eu lieu à plusieurs moments dans le passé. La technique d’illustration de Claire – le collage– s’y prêtait parfaitement.

La seule difficulté, c’est d’arriver à pointer du doigt les stéréotypes sans en oublier, et sans culpabiliser, ni d’un côté, ni de l’autre. L’idée est de déconstruire un système de pensée sans chercher le coupable.

Quelles ont été en général les réactions des enfants (et des parents) puisque vous avez toutes les deux participé à plusieurs lectures publiques/goûter-philo ?

D.B : Globalement enfants sont hyper réceptifs : Ces stéréotypes, ils les voient bien, en ont bien conscience, et ils trouve ça amusant de voir qu’on peut les inverser. L’idée était de redonner le pouvoir aux filles, avec ces douze personnages filles qui savent ce qu’elles veulent. Les filles, ça leur fait du bien. Les garçons, (qui ont souvent montré à leurs parents à quel point ils peuvent concentrer la parole !), avaient eux aussi des choses à dire. Notamment qu’eux aussi aiment faire des trucs « de filles ». Ce sont donc eux qui nous ont montré l’utilité de faire un 2è volet au livre [qui déconstruit les stéréotypes dans lesquels on enferme les garçons –à paraître en octobre]. De la part des parents, de la bienveillance, et des attentes.

M.D : Des éclats de rire !

La littérature jeunesse a récemment été la cible de la droite réactionnaire française (auteurs spammés et harcelés (Anne Percin et Thomas Gornet Le jour du slip/je porte la culotte), le dérapage de Copé sur A poil pas plus tard qu’hier [ndrl: interview réalisée en février], le livre à paraître de Farida Belghoul : un signe des temps pour le moins inquiétant. Un commentaire, un conseil à tous les lecteurs ?

D.B : C’est une honte, à quand les autodafés !? 1er conseil : publier et diffuser le plus largement possible la liste de ces livres, les acheter, les lire, c’est le premier soutien qu’on peut apporter. Les chroniquer partout, continuer à en parler le plus possible. La censure a toujours eu lieu, et la droite s’est toujours attaquée à l’école laïque, républicaine émancipatrice, du fait de son intérêt à maintenir les dominations de classe comme de sexe : on préfère des moutons qui se cantonnent à leurs rôles… Là, elle relance une vague de pensée d’extrême droite, de façon artificielle et délirante ! C’est aussi mépriser le travail des enseignants qui font un travail de réflexion avec leurs élèves autour des livres… Je continuerai dans ma classe a passer Tom boy, à lutter contre les stéréotypes de genre, a promouvoir l’égalité homme femmes. Si on abandonne sur ce terrain là on est foutus. Les racines du racisme su sexisme, se construisent dans la petite enfance. C’est à ce moment là qu’il faut éduquer, faire réfléchir, pour que plus tard il y ait moins de violence, plus de mixité dans le travail, c’est le rôle de l’école. L’enfant fera ses choix plus tard, mais l’école doit l’ouvrir sur tout. En l’ouvrant aux différences, elle ne rendra pas un enfant homosexuel, ne le perturbera pas ses repères. Elle ouvre des portes. Elle montre différents points de vue.

M.D : Chez Talents Hauts, du fait de notre ligne éditoriale, nous avons subi pressions et menaces. Mais nous avons aussi reçu plusieurs messages de soutien qui nous ont aidé à ne pas céder au désenchantement en cette période nauséabonde… Je retiens la phrase d’une enseignante de maternelle : « accrochons nous, serrons nous les coudes, parlons simple, parlons haut, et surtout, ensemble. »