Billet d’été : Voyage à travers la BD

Après le séjour au Japon proposé par Liraloin la semaine dernière, Lucie a décidé de vous emmener voyager grâce aux BD. Voyages dans le temps mais surtout dans l’espace, la place des illustrations de ce support permettant de plonger dans des décors grandioses… pour un dépaysement garanti ! Alors installez-vous confortablement (parce que certaines d’entre elles sont volumineuses) et préparez-vous pour les neuf escales qu’elle vous a concoctées entre vignettes et phylactères.

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Première étape, le Nouveau Monde…

… Avec Florida, bande dessinée racontant une expédition française pour la Floride au 16ème siècle. Jean Dytar y mêle admirablement deux époques : celle d’Eléonore dont le mari est revenu traumatisé par ce projet dont il refuse de parler et celle à laquelle le jeune cartographe participe à la malheureuse tentative de colonisation.

Avec finesse et sans manichéisme, l’auteur questionne ces expéditions, leurs motifs et leurs conséquences, tout en mettant en scène des femmes qui refusent de faire tapisserie et des enjeux religieux et économiques. Alors que nous connaissons la fin, dramatique, de l’histoire, Jean Dytar parvient à nous transporter aux cotés de Jacques Le Moyne (personnage ayant réellement existé) grâce notamment à des décors éblouissants et à des représentations de cartes d’époque.
Un voyage dans le temps et l’espace.

Florida, Jean Dytar, Delcourt, 2018

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Nous voici 300 ans plus tard, en 1850, toujours en Amérique et la colonisation a eu les effets que l’on connait sur les amérindiens. Alors que Georges est élevé par le pasteur qui gère la réserve dont il est issu, il vit coupé de ses origines et des traditions de son peuple. Jusqu’à ce que Little Knife tue l’homme de foi et l’entraine dans un voyage qui va lui permettre de renouer avec son histoire.

Cette bande dessinée a été récompensée de nombreux prix, à juste titre. Outre ses paysages de l’Ouest américain, grandioses, Neyef met en scène quatre personnages aussi complexes que complémentaires dans une quête où la violence est reine. Qu’attendre d’autre d’un peuple qui a été décimé ? Une nouvelle fois, la question se pose de la légitimité des colonisateurs qui ne tient qu’à la violence et à une technologie plus élaborée. Mais il est aussi question d’entraide, d’altérité et de transmission dans cette œuvre éprouvante.
Un voyage brutal mais nécessaire.

Hoka Hey !, Neyef, Rue de Sèvres, 2022

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A peine 10 ans plus tard, encore en Amérique, le jeune Simon décide d’entreprendre un voyage de son Missouri natal à Denver. 1000 km pour aller vendre des dindes beaucoup plus cher que chez lui. Ce pari un peu fou va être l’occasion de faire des rencontres, de prendre confiance et de se confronter à des destins fort différents du sien.

Destiné à un lectorat plus jeune que les deux titres précédents, cette adaptation du classique de Kathleen Karr par Léonie Bischoff est aussi tendre que réfléchie, lumineuse que sérieuse. Car il est aussi question d’esclavage, de la place de la femme, du destin des orphelins… Le tout dans une ambiance très colorée avec des paysages sauvages et ces dindes que Léonie Bischoff prend visiblement beaucoup de plaisir à croquer.
Un voyage tout en vivacité.

La longue marche des dindes, Léonie Bischoff d’après Kathleen Karr, Rue de Sèvres, 2022

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Quatrième et dernière escale en Amérique et nouveau bond dans le temps que presque un siècle. Aimée de Jongh nous entraine dans le Dust Bowl en 1937. John Clark, photoreporter de 22 ans est chargé par le Farm Security Administration de témoigner de la situation dramatique des agriculteurs dans la région.

A la fois témoignage historique, puisqu’elle s’inspire de faits réels, et avec une forte résonnance avec les enjeux écologiques d’aujourd’hui, cette bande dessinée fait très fort. D’abord grâce aux planches, magnifiques. Les couleurs, les cadrages, les attitudes, la réussite est totale. Avec discrétion, elles interrogent sur le rôle du photographe dans le témoignage : comment dispose-t-il son appareil, que choisi-il de cadrer (et donc d’exclure) ? Et l’humain fini évidemment par prendre le pas sur le travail, le professionnel par s’impliquer face aux situations dramatiques auxquelles il assiste.
Un voyage éprouvant mais passionnant.

Jours de sable, Aimée de Jongh, Dargaud, 2021

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Voyager pour mieux se connaître ou réaliser un rêve

Après cette première étape de l’autre côté de l’Atlantique, la destination compte moins que le chemin. Les voyages forment la jeunesse dit-on, est-ce qu’ils apprennent à mieux se connaitre ? C’est en tout cas ce qu’espèrent Ulysse et Aimée, couple que tout oppose qui voyage vers le sud de l’Espagne dans le van aménagé. Ils sont à un tournant de leur vie, ce voyage va-t-il les rapprocher ou les séparer ?

Alicia Jaraba Abellán file les métaphores de la plongée et de la route au gré des aléas, des rencontres et des questionnements de ses personnages. Quand on se connait depuis (presque) toujours, comment savoir où l’on commence et ou fini l’autre ? Les deux personnages ont des aspirations qui les éloignent implacablement, s’aiment-ils assez pour surmonter leurs difficultés ? Les décors sont variés entre ville, campagne et côtes, le lecteur voyage et se questionne en même temps que les héros.
Un voyage doux-amer en eaux agitées.

Loin, Alicia Jaraba Abellán, Bamboo édition, 2024

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Est-ce pour mieux se connaître que le papa d’Antoine est parti ? Pour se prouver ou fuir quelque chose ? « L’important ce n’est pas d’arriver, mais de partir. » voilà le leitmotiv de Georges alors qu’il s’embarque pour un séjour d’un an sur une île déserte. Mais cette île est un caillou aride loin de sa vision romantique du Robinson.

Cette bande dessinée est directement issue de la lecture des carnets de Georges par Antoine. Celui-ci cherche à comprendre ce qui a motivé son père à quitter le confort de sa vie parisienne pour l’expérience ultime de la solitude. Le dialogue par-delà le temps, les résonnances des âges des deux personnages et les articles reproduits à la fin de l’ouvrage sont particulièrement intéressants. Et Xavier Coste se fait le plaisir de rendre l’île la moins accueillante possible. Ses illustrations à la peinture apportent du mouvement et une certaine étrangeté qui convient parfaitement à cette quête de sens qui anime Antoine.
Un voyage en forme d’hommage d’un fils à son père.

Il déserte, Antoine de Caunes et Xavier Coste, Dargaud, 2025

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Sermilik, c’est l’histoire vraie de Max Audibert, parti de Marseille à 18 ans pour s’installer sur la côte est du Groenland. L’opportunité de découvrir le mode de vie des Inuits mais aussi une nature aussi magnifique qu’impitoyable. Qu’est-ce qui pousse un jeune homme à quitter tout ce qu’il connaît pour vivre son rêve de devenir chasseur arctique ? Et surtout, comment vit-il la confrontation entre rêve et réalité ?

Découvrir les us et coutumes des habitants du petit village de Tiniteqilaaq, s’imprégner de la langue, se faire accepter et, évidemment, apprendre les méthodes de chasse… Voici quelques unes des difficultés qui attendent Max. Mais il trouvera aussi l’entraide d’une communauté soudée, une famille et la fierté d’avoir réalisé son rêve.
Un voyage aussi glacé que passionné.

Sermilik, Simon Hureau, Dargeau, 2022

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Deux escales dans l’imaginaire

Certains auteurs se plaisent à entrainer leurs lecteurs dans des mondes intérieurs, directement issus de leur imagination. Et comment parler du voyage sans évoquer la libre adaptation anthropomorphique de L’île au trésor de R. L. Stevenson ? Renommée du nom de son héros qui a les traits d’un jeune félin, cette version de Sébastien Vastra évoque forcément l’univers de Blacksad. Mais l’auteur a les talents de ses ambitions.

La vie de Jim va être bouleversée par l’arrivée de Billy Bones dans l’auberge de sa mère. La suite, le lecteur la connait mais les paysages maritimes et insulaires font rêver, tout comme cette quête de trésor avec un équipage inquiétant.
Un voyage plein d’aventures et de rebondissements.

Jim Hawkins – intégrale, Sébastien Vastra, Ankama éditions, 2023

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Il a été lauréat de notre prix ALODGA 2025 dans la catégorie Branches Dessinées, il était impossible de conclure ce billet d’été sans reparler du voyage dans les profondeurs de Jean Jambe.  Inspiré par les minéraux et autres trésors ramassés au fil de ses promenades, Matthias Picard joue avec les échelles et la profondeur pour faire évoluer son personnage dans un paysage en trois dimensions.

Aucun texte mais beaucoup de poésie au fil des pérégrinations de Jean Jambe qui suit un mystérieux fil, sans paraitre s’inquiéter le moins du monde des obstacles qu’il rencontre. Où ce fil mène-t-il ? C’est la question que se pose le lecteur avant de se laisser porter par les décors très graphiques, lunettes 3D sur le nez. Le mystère sera bien sûr résolu, entre humour et mise en abîme.
Un voyage énigmatique et réflexif.

Jean Jambe et le mystère des profondeurs, Matthias Picard, éditions 2042, 2024

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Lucie vous remercie d’avoir voyagé à ses côtés au fil des planches et des bulles, et vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour le road trip organisé par Helolitla !

Lecture commune : dans l’univers fantastique de la Belle et la Bête

Il existe une multitude de versions de ce conte célébrissime. Depuis Madame de Villeneuve et Madame Leprince de Beaumont, il a été remanié, réécrit, adapté… C’est d’ailleurs la seconde fois que Cécile Roumiguière se prête à l’exercice : elle avait déjà travaillé sur la version de Madame de Villeneuve avec la complicité d’Aurélia Fronty en 2013. De son côté, Benjamin Lacombe avait envie de retrouver l’émotion causée par la découverte du film d’animation de Disney, et les textes originaux ne lui convenaient pas. C’est donc une toute nouvelle version, modernisée que vous proposent les éditions Albin Michel. Et Liraloin et Lucie n’ont pas pu s’empêcher d’en discuter.

La Belle et la Bête de Cécile Roumiguière, illustrations de Benjamin Lacombe, Albin Michel jeunesse, 2025.

Liraloin : Est-ce que la couverture t’a attirées ?

Lucie : En fait n’importe quel livre qui porte le titre La Belle et la Bête m’attire par principe. Je ne sais pas vraiment expliquer pourquoi mais j’ai un attachement particulier à ce conte. Sur cette couverture, l’utilisation de la lumière qui attire l’œil dans le creux du cou de la Belle et l’attitude un peu résignée de la Bête m’ont intriguée. Et toi ?

Liraloin : Mon attachement est purement enfantin car je connais mal ce conte, du moins son caractère originel. C’est le dessin animé que j’ai vu au cinéma à sa sortie qui m’a transporté : une femme, brune : ça change qui lit des livres et qui peut porter de superbes robes. Une héroïne qui lit !!! Cette couverture est très attirante, glauque à souhait ce qui tranche avec notre cerveau trop habitué à la version Disney. Il y a ce mélange gothique et tellement de tendresse dans ce couple. Oui, tu as raison nous avons là une Bête résignée.

Lucie : Mais oui moi aussi, enfin une héroïne roturière qui rejette le bellâtre de service et surtout qui lit. Joie absolue, l’adaptation de Disney ! D’ailleurs, on en parlera mais ce film fait partie des références de Benjamin Lacombe. Et alors, passée cette couverture, coup de cœur ou pas ? Je sais que tu avais quelques réserves avant de le lire et je suis aussi très curieuse de connaître ton ressenti !

Liraloin : J’aime beaucoup l’écriture de Cécile Roumiguière. J’avais eu un énorme coup de cœur pour son roman Les Fragiles. Au salon du livre SLPJ de l’année dernière elle était présente lors de la superbe dédicace pour l’album Les 9 vies extraordinaires de la Princesse Gaya. Elle est discrète, douce. Par contre voilà, je l’avoue je ne suis pas fan du travail de Benjamin Lacombe. Il y a dans ses illustrations une espèce de froideur qui me fige, je n’arrive pas à dépasser cette sensation. Après les albums proposés dans cette collection sont extraordinaires.

Liraloin : Est-ce que tu connaissais Cécile Roumiguière ? Aimes-tu le travail de Benjamin Lacombe ?

Filles de la Walïlü, Cécile Roumiguière, L’école des loisirs, 2020.

Lucie : De Cécile Roumiguière je n’ai lu que Les filles de la Walïlü qui avait été proposé une année pour le prix ALODGA. Je n’avais pas accroché, mais sans détester non plus. Quant au travail de Benjamin Lacombe, son trait est très particulier, je pense que je me souviendrai si j’avais lu quelque chose de lui. J’aime beaucoup ses décors et l’attention qu’il porte à l’éclairage de ses scènes. En revanche, j’ai un vrai problème avec les yeux de ses personnages qui me font penser aux “Big Eyes” de Margaret Keane. Cela donne un côté inquiétant qui n’est pas forcément justifié ici (alors que c’est tout à fait pertinent dans son travail sur Mercredi par exemple). C’est son style, on aime ou pas, mais je pense qu’il ne laisse pas indifférent.

Mercredi par Benjamin Lacombe sur le site 2dgalleries.com

Liraloin : Oui tout à fait je ne comprend pas ici que la Belle soit illustrée ainsi pourtant je suis capable de me détacher de toute image imprégnée par Disney ou autre…

Lucie : Puisqu’on y revient, étant toutes les deux fans du dessin animé de Disney, nous n’avons pas pu manquer les clin d’œil de Benjamin Lacombe à ce film. As-tu apprécié et si oui lequel as-tu préféré ?

Liraloin : Alors malgré mes deux lectures de ce texte et aussi à regarder attentivement à nouveau les illustrations, je n’ai pas compris pourquoi tout d’un coup, dans cet univers Freaks et gothique nous avons Madame Samovar qui apparaît !

Lucie : Je vois ce que tu veux dire. Les souvenirs du film Disney que nous avons ne correspondent pas trop au gothique sombre des illustrations. Encore que dans le dessin animé le château était pas mal inquiétant aussi. C’est ton dernier mot, Madame Samovar ?

Liraloin : Le côté inquiétant est poussé à son extrême aussi ici et du coup ça en fait un détail qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe si je peux dire. De ton côté, comment as-tu perçu ces détails et clins d’œil ?

Lucie : J’ai apprécié retrouver les costumes dont Lacombe a gardé les couleurs. Les autres, type les personnages Madame Samovar, Zip, Lumière, etc. ça tient plus de la blague d’initié. Pas indispensable mais pas gênante non plus pour moi.

Liraloin : Tout comme toi, j’ai apprécié retrouver les costumes mais j’ai aussi été déçue (c’est assez ambivalent comme sentiment) : si nous assistons à une réécriture du conte alors autant y aller franco et imaginer d’autres visages, vêtements…

Lucie : Comme l’a magnifiquement fait David Sala, que nous aimons beaucoup toutes les deux, dans ses illustrations de la version de Madame Leprince de Beaumont, par exemple.

La Belle et la Bête, Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, illustrations David Sala, Casterman, 2014.

Lucie : De mon côté, j’étais un peu inquiète de l’annonce de la réécriture “moderne” du conte. Qu’en as-tu pensé ?

Liraloin : J’ai été très surprise et agréablement, j’ai vraiment apprécié ce travail de recherche, et que Cécile Roumiguière choisisse de s’inspirer de Madame de Villeneuve que de Madame Leprince de Beaumont. De plus, elle y ajoute l’histoire des Gonsalvus dont tu parles dans ta critique sur Babelio. Cette histoire sert de base à cette réécriture car le sort est inversé, comme c’est bien vu ! La Bête est née Bête (pilosité-maladie génétique) et c’est la mère de ce dernier qui convoque un mage pour que son fils soit “normal”.

Lucie : Oui, en fait de “modernisation”, c’est un retour aux sources pour aborder la notion de différence, celle du consentement aussi qui prend plus de place que dans d’autres versions… C’est très intelligemment fait.

Liraloin : D’ailleurs c’est intéressant ce que tu dis là car dans la version illustrée par Aurélia Fronty, Cécile Roumiguière ne se détachait pas du texte de Madame de Villeneuve. Je parle du moment où tous les soirs après le repas la Bête demande systématiquement à Belle si cette dernière accepte qu’il couche avec elle. Ici on est sur une version plus adaptée aux enfants et vue également dans le film de Cocteau.

La Belle et la Bête, Cécile Roumiguière, illustrations d’Aurélia Fronty, Belin éducation, 2013.

Lucie : Oui, ici la Bête pose une question rituelle tous les soirs mais c’est “Voulez-vous m’épouser ?” qui est quand même un peu moins direct !

Liraloin : Autre changement : de l’Europe du Nord, le conte est transposé à Venise. Ce choix t’a-t’il convaincue ?

Lucie : Honnêtement, dans la mesure où les personnages quittent à peine le château (et encore, pour aller chez la Belle), je n’ai pas bien vu l’intérêt. Mais il permet la magnifique illustration brumeuse des pages 48-49 alors… Et puis c’est la ville des amoureux, le père est un armateur, cela peut se justifier. Cécile Roumiguière avait d’ailleurs déjà fait ce choix pour sa version précédente sous titrée Rendez-vous à Venise.

Liraloin : Contrairement à toi, j’ai vraiment apprécié que l’intrigue se passe à Venise, je pense que c’est son côté vaporeux, brumeux et dédales de rues comme les pièces cachées d’un château qui m’a plu. De plus, l’eau noire sur laquelle évolue ce personnage mystère m’a interpellé, apportant un aspect magique en phase avec cette réécriture.

Lucie : Pour moi, l’élément le plus marquant de cet album, ce sont les lettres que se sont écrites la Belle et la Bête pendant leur séparation. Ils ne les ont pas envoyées mais elles sont reproduites à la fin de l’ouvrage. As-tu aimé cette idée ?

Liraloin : J’ai trouvé cette idée très originale dans le sens où notre empathie est directement mise à l’épreuve. On s’éloigne du caractère un peu froid du conte pour tomber et joliment tomber dans un échange épistolaire émouvant. Tu as ressenti la même chose ?

Lucie : Je suis d’accord avec toi, j’ai trouvé que c’était une excellente idée. Belle a déjà commencé à s’attacher à la Bête au moment où elle retourne dans sa famille, mais c’est à travers ces lettres que l’on ressent vraiment l’évolution de ses sentiments. Cela rend son amour plus crédible, d’une certaine façon. Et les lettres de la Bête montrent bien l’humanité sous l’aspect bestial.

A la suite des ces lettres, les lecteurs ont la surprise de découvrir un dossier documentaire illustré sur la famille Gonsalvus à l’origine de ce conte. Cécile Roumiguière explique qu’il s’agit d’une famille dont le père, atteint d’hypertrichose, a été considéré comme un animal de compagnie dans différentes cours d’Europe au 16ème siècle. Cela lui permet de mieux comprendre l’histoire à laquelle la Belle fait allusion dans ses lettres à la Bête (d’ailleurs c’est lui-même, qui lui donne un livre parlant de cette petite fille-animale de compagnie).

Et pour conclure, Benjamin Lacombe présente cette collection qu’il dirige et explique ses influences.

Lucie : Pour conclure, à qui conseillerais-tu cet album ?

Liraloin : Pour cet album, je pourrais le conseiller à des enfants à partir de 11 ans (bons lecteurs tout de même ou ultra fans de ce conte). Le côté angoissant n’est pas gênant car le fantastique reste une ambiance pour ma part.

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Nous espérons vous avoir donné envie de découvrir cet album, voire de relire ce conte dans différentes versions !

Prix ALODGA – catégories Petites feuilles et Brindilles

Vous connaissez les sélections des catégories Belles branches (romans ado), Grandes feuilles (romans jeunesse), Racines (documentaires) et Branches dessinées (BD). Voici les deux dernières : Petites feuilles (albums pour les grands) et Brindilles (albums pour les petits). Rappel : vous avez jusqu’au 6 juin 20h30 pour nous indiquer vos titres préférés !

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Catégorie Petites feuilles

En lisant Notre histoire – comment nous en sommes arrivés là et où nous pourrions aller, on se surprend à rêver, réfléchir, interroger, et imaginer de nouveaux horizons. Ce n’est vraiment pas un album comme les autres, c’est à la fois un voyage dans le temps et une conversation existentielle entre adultes et enfants soucieux des futurs qui se profilent à l’horizon. Cet album nous a particulièrement interpellées à l’ombre du grand arbre, nous en avions d’ailleurs livré une lecture commune par ici.

Notre histoire – Comment nous en sommes arrivés là, et où nous pourrions aller, Oliver Jeffers, L’école des loisirs/Kaléidoscope, 2024

Quelle idée extravagante que de transformer une croûte en personnage de fiction ! D’une extravagance dont seule Béatrice Alemagna a le secret ! On admirera notamment avec quelle poésie – improbable, mais n’est-ce pas toute la beauté de la poésie ? – l’héroïne de l’album se lie d’amitié avec ce bout d’elle-même un peu dérangeant qui lui est poussé sur le genou. Se lier d’amitié au point de se détester, puis de s’adorer puis de se séparer. Et vivre ainsi jusque dans sa chair l’histoire éternelle du deuil et de la disparition.

Bertha et moi, Béatrice Alemagna, L’école des loisirs, 2024.

En voilà un album savoureux, joyeux, jubilatoire ! Que ce soit le texte ou les illustrations, tout y est vibrant, vivant, pétillant ! On y suit une enfant qui insiste pour que sa grand-mère l’accompagne à la piscine municipale. Et au fil des pages, ce n’est plus l’enfant qui est au coeur de la narration, mais bien la vieille femme qui traîne des pieds comme cela peut nous arriver si souvent quand il s’agit de se mettre en maillot de bain, d’enfiler son bonnet en plastique et de se glisser sous les douches collectives ! Mais une fois dans l’eau, voilà notre grand-mère mé-ta-mor-pho-sée ! Que de sensations agréables ! Légèreté, souplesse, énergie, élégance retrouvée ! Qu’il est bon d’être dans l’eau ! Si bien que…

A l’eau, Heejin Park, trad. Charlotte Grison, éditions Cot Cot Cot, 2024

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À vous de voter pour départager ces titres !

Quel titre de la sélection "Petites feuilles" préférez-vous ?

  • À l'eau (56%, 20 Votes)
  • Bertha et moi (28%, 10 Votes)
  • Notre Histoire (17%, 6 Votes)

Total Voters: 36

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Catégorie Brindilles

Dans ce recueil la poésie s’écrit, se picore sans attente de la rime parfaite. Le rythme, la musicalité sont présents et invitent le jeune enfant à l’écoute de cette langue qui l’emmène à partager un moment délicieux. Alors quoi de mieux que d’apprécier des poèmes du quotidien, des poèmes de l’ordinaire, ponctué aussi d’extraordinaire, des poèmes débordants de sentiments et d’émotions pour pouvoir les exprimer, des encouragements et des explications, simplement.

Petits poèmes pour toi et moi de Milja Praagman, Gallimard jeunesse, 2024

Peut-on toujours tout verbaliser lorsque les sentiments les plus grands envahissent un cœur ? Les mots ne sont pas suffisants et le silence exprime sans doute beaucoup de choses qui n’arrivent pas à sortir de soi. Dans une société où nous avons l’habitude de valoriser la parole, le vocabulaire, la discussion quel place donner au silence ? Dans ce bel album, le très jeune enfant exprime les « vides » du langage. Parce que si tout le monde parle, de moins en moins de personnes écoutent. Certaines choses sont indicibles et ne peuvent être perçues qu’en prenant le temps.

Quand je garde le silence de Zornitsa Hristova & illustré par Kiril Zlatkov, traduit par Marie Vrinat-Nikolov – Six citrons acides, collection : Around the langue, 2024 – publié pour la première fois en 2014 en Bulgarie, 2024

Cet album doté de ses pages rigides et rabats, se destine clairement aux petites mains. Mais cela ne l’empêche pas de plonger le tout-petit dans des questions philosophiques. Qu’est-ce qui fait que je suis moi ? Qu’est-ce qui me différencie des autres mais fait tout de même de moi un être humain ? Ici les questions que cet enfant peut se poser le défini à part entière et c’est une belle approche sur l’identité. Un livre qui invite à réfléchir sans donner de leçon.

Qui suis-je de Stéphane Servant et illustré par Aurore Petit, Didier jeunesse, 2024

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À vous de voter pour départager ces titres !

Quel titre de la sélection "Brindille" préférez-vous ?

  • Quand je garde le silence (37%, 7 Votes)
  • Qui suis-je ? (32%, 6 Votes)
  • Petits poèmes pour toi et moi (32%, 6 Votes)

Total Voters: 19

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C’était notre dernière sélection, vous espérons que ces titres sauront vous séduire autant que nous, et nous avons hâte de découvrir les lauréats. Votez pour vos favoris jusqu’au vendredi 6 juin à 20h30, annonce des gagnants lundi 9 juin à 8h !

Prix ALODGA 2025 – catégories Racines et Branches dessinées

Après les romans la semaine dernière la semaine dernière, voici les trois titres des deux catégories suivantes : Racines (documentaires) et Branches dessinées (BD). Vous avez jusqu’au 6 juin pour nous indiquer vos titres préférés !

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Catégorie Racines

Les documentaires ne sont pas les lectures vers lesquelles nous allons le plus spontanément sous le Grand Arbre. Aussi, quand un titre attire notre attention, nous l’aimons et le défendons bec et ongles. Cette année, sept titres étaient en lice, et la sélection que nous vous proposons reflète notre inquiétude face à la montée des extrêmes, la méconnaissance et la peur des « étrangers ». Trois titres qui invitent au dialogue et à la découverte de l’Autre pour montrer que les barrières et les conflits perdent tout leur sens dès que l’on prend un peu de recul. En route !

Quand on arrive en France est un livre d’histoire au sujet très spécifique. En effet, cet ouvrage retrace l’histoire de l’accueil des étrangers en France de 1830 (et le « Code noir ») à nos jours. En se plaçant dans cette perspective historique, ce documentaire apporte le recul nécessaire et propose une vision apaisée de ce phénomène mondial. Chiffres a l’appui, les auteurs démontent les idées reçues, détaillent les inégalités d’accueil et les recurences dans les discours racistes. L’ouvrage est dense mais sa forme variée (textes, photos, BD, encarts) le rend très clair. Nous avons aimé cet ouvrage essentiel pour la mise en lumière des rôles que les immigrés ont joué dans l’histoire de France.

Quand on arrive en France, histoire de l’immigration, Jean-Michel Billioud et Michaël Sterckeman, Casterman, 2024.

Qu’est-ce qu’une frontière ? Voilà une question à laquelle il n’est pas facile de répondre. Certaines suivent des éléments naturels (fleuve, côte ou montagne), d’autres sont héritées de l’histoire des pays qu’elles encadrent. Certaines sont grandes ouvertes, d’autres fermées par des murs et des armées. Ce documentaire, écrit par une auteure coréenne, nous a plu car il n’est pas européocentré. Un peu de recul ne nuit pas, surtout sur ce type de questions ! Et si Gudol développe les tensions et les difficultés, elle explique aussi différentes curiosités, apporte de l’espoir et rappelle que les frontières évoluent mais ne peuvent limiter les éléments naturels (animaux, courants marins, mais aussi pollution). De quoi nourrir des discussions passionnantes et répondre plus sereinement aux questions d’actualité des enfants.

Qu’est-ce qu’une frontière ?, Gudol et Haerang, La Partie, 2024.

Dans Origine, Nat Cardozo signe une série de magnifiques portraits d’enfants vivant au sein de peuples autochtones. Le choix artistique des illustrations nous a séduites : les visages portent leur territoire dessiné sur leur peau, dans leurs cheveux. Nous avons aussi été sensibles à ce qui rapproche ces communautés : un fort sens du collectif, une place privilégiée accordée aux anciens et un lien à la nature exceptionnel. Malheureusement, l’ensemble de ces peuples sont confrontés à une fragilisation de leur habitat par la colonisation, la création des frontières, l’exploitation des ressources et le dérèglement climatique. Il est urgent de prendre conscience que ces peuples, qui ont su trouver des stratégies pour survivre dans des conditions souvent extrêmes, ont des traditions bien plus précieuses que les ressources pour lesquelles ils sont chassés de leurs territoires.

Origine, Nat Cardozo, Rue du Monde, 2024.

À vous de voter pour départager ces titres !

Quel titre de la sélection "Racine" préférez-vous ?

  • Qu'est-ce qu'une frontière ? (42%, 14 Votes)
  • Origine (42%, 14 Votes)
  • Quand on arrive en France (15%, 5 Votes)

Total Voters: 33

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Catégorie Branches dessinées

Du côté des graphiques, il a été difficile de choisir, vu la pléthore de très bons titres parus en 2024 ! Le premier, qui a remporté tous les suffrages, c’est l’adaptation du roman de Flore Vesco : D’or et d’oreillers. Sa réécriture moderne et féministe de plusieurs contes (notamment La princesse au petit pois) est sublimée par le graphisme original et soigné de Mayalen Goust, qui alterne entre explosions de couleurs et atmosphère sombre, intimiste, effrayante. Un ouvrage plein de sensualité, qui met en avant la découverte du corps et la liberté.

D’or et d’oreillers, d’après le roman éponyme de Flore Vesco, adapté par Mayalen Goust. Ed. Rue de Sèvres, Septembre 2024

Deuxième titre de la sélection Branches dessinées, Minuit passé nous emmène lui aussi dans un vieux manoir, en compagnie de Guerlain, un restaurateur d’art, et de son fils Nisse. Mais il s’y passe de drôles de choses, la nuit… Gaëlle Geniller propose un graphique très onirique, qui nous transporte entre rêve et réalité, entre passé et présent. Les illustrations, très détaillées, renforcent l’atmosphère de doute et de merveilleux de l’histoire. Les costumes et décors regorgent de petits détails tout en élégance, la colorisation est particulièrement réussie. Entre nostalgie, retour en enfance et tendre complicité père-fils, Minuit passé est une très belle bande dessinée au charmé rétro indéniable !

Minuit passé, de Gaëlle Geniller, Ed. Delcourt, octobre 2024.

Jean Jambe et le mystère des profondeurs a marqué les arbronautes par son originalité. Jeanjambe, c’est ce drôle de petit bonhomme aux longues jambes et aux oreilles de lapin, que l’on suit dans les profondeurs avec une paire de lunettes 3D. Pas de dialogues, pas de texte, une plongée sous terre au milieu des éléments naturels sublimés. Matthias Picard joue avec des éléments naturels, la profondeur de champ et des références multiples pour proposer une aventure unique, un voyage au centre de la Terre qui regorge de mystères et de merveilleux.

Jeanjambe et le mystère des profondeurs, de Matthias Picard. Ed. 2024, octobre 2024.

À vous de voter pour départager ces titres !

Quel titre de la sélection "Branches dessinées" préférez-vous ?

  • Jean Jambe et le mystère des profondeurs (67%, 37 Votes)
  • Minuit passé (22%, 12 Votes)
  • D'or et d'oreillers (11%, 6 Votes)

Total Voters: 55

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Prix ALODGA 2025 – catégories Belles branches et Grandes feuilles

Nous vous en parlons depuis des semaines, voici enfin la nouvelle édition du Prix ALOGDA ! Comme les années précédentes, nous avons sélectionné trois titres dans six catégories différentes :

  • Belles branches (romans ado)
  • Grandes Feuilles (romans jeunesse jusqu’à 11 ans)
  • Petites feuilles (albums pour « grands »)
  • Brindilles (albums premier âge)
  • Branches dessinées (BD)
  • Racines (documentaires)

Durant trois semaines, nous vous présenterons deux de ces catégories, ainsi que les titres concernés, et nous vous inviterons à élire votre préféré. Les votes se termineront le 6 juin 2025 à 20h30, et nous annoncerons les lauréats le 9 juin à 8h !

Ouvrons dès à présent le bal avec les romans ados et jeunesse !

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Catégorie Belles branches

Dans cette catégorie, 16 titres étaient en lice. Nous avons lu frénétiquement, avec délectation et naturellement certains romans se sont démarqués. Voici notre trio de tête avec comme vous pouvez le constater : des titres tous très différents des uns des autres et heureusement d’ailleurs !

Angélino est un jeune adolescent en décalage avec les autres doté d’une candeur qui le rend si attachant. Le jeune garçon ne veut pas se séparer de son ami Krok. Malheureusement, ce jeune gars se retrouve bousculé dans son bonheur par les décisions des adultes, par la sauvagerie du monde. Mais bien vite, il va changer, se rendre compte que ce n’est pas une vie pour lui. Une prise de conscience qui se fait tout en douceur…

Il y a beaucoup d’humour dans ce texte malgré les propos qui nous donnent à réfléchir sur la captivité des animaux. C’est un roman qui est donc à la fois drôle, parce parfois bien farfelu, mais aussi émouvant, et pédagogique. Une lecture fun et sérieuse.

Krok d’Hervé Giraud, Thierry Magnier, 2024

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Arsinoé Ouvrard est coupable d’avoir aimé « l’ennemi », d’avoir découvert l’Amour avec Hannes. « Jugée » coupable d’aimer, cette femme est humiliée, abandonnée à la violence masculine de ses compatriotes. Des hommes cherchant la gloire dans la détresse de ces femmes. Le destin de ces « poules à boches » rappelle que les dérives existent dans tout mouvements de foules.

Ce roman, également sélectionné pour le Prix Vendredi cette année, nous a bouleversées. Un roman court et puissant qui nous rappelle des faits historiques peu exploités en littérature et notamment dans celle destinée aux adolescents.

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Dans la tête et dans le corps de ce jeune garçon, rien ne va plus depuis des mois. Il suffit d’un mot, d’une phrase, d’une circonstance trop forte pour que tout bascule. Pas un signe avant-coureur, pas un cri, juste une respiration qu’il faut apprendre à régler pour se donner du courage. S’enfermer n’est pas un choix mais une survie qui s’organise. Dans ce roman, aussi sélectionné pour le Prix Vendredi de cette année, on s’interroge avec lui : que s’est-il passé ? Crise d’adolescence ou prise de conscience ?

La réponse ouvre la réflexion sur le rapport compliqué au monde d’une jeunesse qui a de plus en plus de mal à respirer… Pourtant, on continue à croire que l’espoir jamais ne s’essouffle et cela fait aussi la force du roman : rester optimiste. Un roman qui nous fait entrer en totale empathie avec le personnage principal et son entourage.

La cabane de Ludovic Lecomte, Ecole des Loisirs, collection : M+, 2024

À vous de voter pour départager ces titres !

Quel titre de la sélection "Belles branches" préférez-vous ?

  • KroK (56%, 232 Votes)
  • Vindicte (41%, 170 Votes)
  • La cabane (3%, 14 Votes)

Total Voters: 416

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Catégorie Grandes feuilles

Nous avons dévoré les 11 titres présélectionnés avec nos yeux d’enfants, c’est-à-dire curieuses de découvrir des univers éclectiques et extra-ordinaires, qui ont à nous dire quelque chose du monde. Histoires fortes ancrées dans l’imaginaire, fictions réalistes ou récits autobiographiques, d’hier, d’aujourd’hui, ou dans un passé dont il s’agit de tirer les leçons, nous avons plongé avec plaisir dans ces romans qui aident à grandir et à comprendre, sans perdre de vue le plaisir de lire.

Pour le trio de tête, la famille, même dysfonctionnelle, est presque le premier rôle de l’histoire. Les ambiances et les styles sont bien différents, sur des thématiques (très) fortes.

Coup de cœur presque unanime pour ce roman qui coche de nombreuses cases : originalité, humour, découverte, réflexion. C’est un ouvrage étonnant, qui change de ce que l’on peut lire aujourd’hui. Le génie sous la table, c’est lui, l’illustrateur Eugène Yelchin, Yevgeny, de son vrai prénom, un enfant qui grandit en URSS et qui a du mal à trouver sa place, coincé entre le talent de son frère aîné, la gouaille de sa mère, ou les rêveries de son père. Espionnage, antisémitisme et conditions de vie précaires…tel est le quotidien de cet enfant, dont nous avons adoré suivre les réflexions et sa vision des rouages et des dérives du communisme. Des sujets graves, mais son regard à la fois naïf et interrogatif sur ce qui l’entoure apporte beaucoup de fraîcheur.

Le génie sous la table, d’Eugène Yelchin, L’Ecole des loisirs, collection Neuf, 2024

A la poursuite des animaux arc-en-ciel est une lecture exigeante, parfois difficile, qui traite d’un sujet peu exploité en littérature « juniors » : la dépression. Il raconte quelques semaines de la vie de Nora, 10 ans, dont la maman solo souffre de cette maladie, avec toutes les conséquences que cela peut avoir. Seule, très mûre pour son âge, la petite fille vit en fait dans une sorte de déni, s’auto-persuadant que tout va bien, qu’il n’y a aucun problème, que sa vie est normale. Jusqu’au jour où commencent à lui apparaître des animaux qu’elle seule peut voir…Sur le fond, très belle trouvaille que ces animaux arc-en-ciel, qui vont se succéder pour aider Nora à aller vers les autres et accepter de se faire aider, jolie fin ouverte mais sans angélisme. Sur la forme, les arbronautes ont particulièrement apprécié l’objet-livre : couverture cartonnée, titre scintillant, dos graphique, illustrations soignées, police aérée, et plusieurs bonus en fin d’ouvrage.

A la poursuite des animaux arc-en-ciel, de Sarah-Ann Juckes, illustré par Sharon King-Chai, Little Urban, 2024

Harlem, le court roman d’Anne Cortey, illustré par Chales Berberian, est largement inspiré d’une histoire vraie, celle d’une amie de l’autrice ayant grandi dans ce quartier emblématique de New York, dans les années 60. A l’époque, la ségrégation raciale bat son plein, mais la lutte pour les droits civiques émerge et l’on découvre au fil des pages les espoirs nés des actions de Martin Luther King ou Rosa Parks. Nous avons admiré ses deux petites héroïnes au caractère bien trempé, qui refusent que leur couleur de peau les sépare. Un belle histoire pleine de sensibilité, joliment illustrée, dont le message général est porteur d’espoir, invitant à réfléchir, avec bienveillance, à la justice et à l’égalité.

Harlem, d’Anne Cortey, illlustré par Charles Berberian, L’Ecole des loisirs, collection Neuf, 2024

À vous de voter pour départager ces titres !

Quel titre de la sélection "Grandes feuilles" préférez-vous ?

  • A la poursuite des animaux arc-en-ciel (57%, 58 Votes)
  • Harlem (30%, 31 Votes)
  • Le génie sous la table (13%, 13 Votes)

Total Voters: 102

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