Lecture d’enfant #22 : Le catalogue des voitures

La lecture du soir, c’est un moment incontournable chez nous. On se pose, enfin, et on partage un petit plaisir de lecture, plus souvent deux, parfois encore plus… Chacun choisit un livre (pas de jaloux entre Morgan, 3 ans, et moi) et on découvre souvent, redécouvre parfois, rerererelit aussi.

Et depuis quelques temps, il y a ces autres moments, où bien au chaud dans le lit parental, par une froide matinée d’automne, chacun a son livre (ses livres !). Morgan pioche, feuillette, moi je tente de me concentrer sur un bon roman, tournant la tête à chacun de ses commentaires, chacune de ses questions.

20151111_103348Clairement, il y a des chouchous, des livres qui reviennent et qu’on promène, et c’est de l’un d’entre eux dont on vous parle aujourd’hui, en photos surtout car pour les mots, c’est encore assez succinct. Vous voulez le voir ? Le voilà.

20151111_104236Ce livre, c’est Le catalogue des voitures de Carl Johanson, publié chez Actes Sud junior et il l’adore ! Qu’est-ce qu’on y trouve, me demanderez-vous : des voitures ou plus largement des véhicules, mais pas n’importe lesquels. On trouve les classiques engins de chantier, véhicules de pompiers, polices et autres métiers à gyrophares…

20151111_10495820151111_104545Mais le mieux, le grand plus de ce livre, la grande touche d’originalité (j’en fais trop ?), ce sont les véhicules inventés de toutes pièces par l’auteur. Si Morgan vous dit qu’on y trouve une voiture bonbon, une voiture gâteau, une voiture ordinateur, une voiture œuf et même une voiture livre, vous y croyez, vous ? Et pourtant, c’est bien vrai et j’en ai passé d’autres toutes aussi géniales, je ne parle même pas de celles que ça va faire naître dans les têtes des loupiots !

Mais redonnons la parole à Morgan pour découvrir ses préférées (j’avoue, ça change presque à chaque fois).

Si côté assiette, Monsieur est assez difficile, côté voiture, il opte sans hésiter pour du 100 % naturel avec le dernier modèle de la voiture-carotte !

20151111_105358Mais n’oublions pas ses gênes de mini-geek et son cerveau hérité de deux matheux plus que littéraires (si, si, même moi !) qui le conduisent vers un modèle de voiture 3D (assez vintage, j’avoue).

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Et voilà,  vous en savez maintenant presque autant que nous sur cet album drôle et inventif qui accompagne nos soirées, journées et matinées sous la couette.

Et si le cœur vous en dit, on se fera un plaisir de diffuser vos voitures toutes personnelles…

Lecture d’enfant #21: La rivière à l’envers de Jean-Claude Mourlevat

Bon alors pour le choix du livre, j’avoue,  je n’ai pas demandé son avis à mon Grand-Pilote-de-Balançoire, c’était pour moi une évidence, nous venions de nous lancer dans une nouvelle aventure littéraire : chaque soir de septembre, nous lisions un chapitre de ce roman qui m’avait bouleversée au tout début de ma carrière de professeure de lettres au collège, nous lisions un chapitre du magnifique roman de Jean-Claude Mourlevat, mystérieusement intitulé La Rivière à l’envers. C’était une aventure complètement nouvelle car jusqu’à présent nous ne lisions que des albums ensemble, jamais de romans.

La Rivière à l’envers est donc le premier roman de mon apprenti lecteur !

rivière envers

– Alors alors par où commencer … ? Est-ce que tu peux nous dire ce qui est le plus important dans cette histoire pour toi ?

– Le plus important c’est que Tomek, le héros de l’histoire, trouve la rivière à l’envers !

– Et quel a été ton personnage préféré dans ce roman ?

– C’est Tomek parce que c’est le héros et qu’il a réussi à trouver la rivière Qjar. Et c’est toujours comme ça, je préfère toujours le héros de l’histoire.

– Pourrais-tu me le décrire, ce fameux Tomek- héros de l’histoire ?

– Il est rose (j’adore cette expression de mon fils !), avec des yeux verts et des cheveux noirs. Il a 12 ou 13 ans.

– Et quelle aventure de notre jeune héros as-tu préféré ?

– Quand Tomek a réussi à trouver la réponse à l’énigme de la fille sur la balançoire pour partir de l’île inexistante, oui mon aventure préférée ce sont les « paupières ». (ronronnement de plaisir dans la voix de mon Grand-Pilote)

– Parle moi d’Hannah tout de même, elle aussi est super importante…

– Oui, c’est aussi une héroïne, elle ne ressemble à aucune fille que je connaisse, elle est très forte, elle est vraiment courageuse comme on le découvre dans le 2e livre (il veut dire le tome 2 « Hannah »)

– Il y a des endroits vraiment merveilleux dans ce roman, notamment le village des Parfumeurs où Tomek et Hannah vont passer un certain temps. Si tu avais le même talent que les Parfurmeurs quel parfum aimerais-tu inventer ?

– Le parfum de la vie éternelle …

– Ah… et à quoi le reconnaîtrais-tu ?

– Je le reconnaitrais parce que dès qu’on le sent, on sent son présent, grâce à ce parfum on voit toujours son présent (j’avoue que cette réponse m’a paru particulièrement énigmatique mais elle avait un certain charme alors je l’ai gardée)

– Et si comme Tomek et Hannah tu étais retrouvé endormi par les Parfumeurs, quels seraient les mots qui te réveilleraient ?

– La voiture tut tut tut !

– Ah…

sourire coquin de mon Grand-Pilote !

– C’était la première fois que nous lisions un roman ensemble, est-ce que tu pourrais me dire quels sont les points négatifs et les points positifs par rapport aux albums ?

– Alors les points négatifs c’est qu’il n’y a pas d’images et du coup on ne voit pas les personnages, ça me gêne, c’est moins joli.

– Et les points positifs ?

– C’est que c’est très long, comme ça il nous faut plus de temps que pour lire un album. Lire un chapitre par soir c’était bien parce que c’est un plaisir qui dure plus longtemps (Bon ok, c’est moi qui ai rajouté le mot « plaisir » approuvé par mon Grand-Pilote !)

– Au final, est-ce que tu conseillerais cette histoire à d’autres enfants ?

– Je conseillerai cette histoire car elle est très bien, on peut inventer tout un décor, un univers. C’est comme si tout était possible.

– Et est-ce que tu trouves que ce livre est bien écrit, que l’auteur a choisi des mots particulièrement beaux pour nous raconter les aventures de Tomek et Hannah ?

– oui… ? (regard interrogateur)  Elle est finie ton interview ?

Bon,  là, je l’ai perdu ! J’ai voulu le faire réfléchir sur la notion de « style » (déformation professionnelle), je lui ai relu le début de La Rivière à l’envers et un autre début de roman pour enfant beaucoup plus mièvre mais il n’a pas du tout vu où je voulais en venir, je crois que pour l’instant ce qui compte avant tout pour lui c’est l’AVENTURE !

Alors nous l’avons prolongée en plongeant à corps perdu dans le deuxième tome de La Rivière à l’envers, celui où c’est Hannah qui raconte de son point de vue sa quête de l’eau de la rivière Qjar. Et ce fut le même plaisir, le même partage, et des émotions toujours plus intenses.

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Alors avec mon Grand-Pilote nous n’avons qu’un mot à dire :

LISEZ de la littérature jeunesse à vos enfants, c’est PAL-PI-TANT !

 

Lectures d’enfants #20, « Il était deux fois dans l’ouest »

– Alors Mouflette, qu’est ce que tu as choisi comme livre aujourd’hui ?

Il était deux fois dans l’ouest!

– Ah, bonne idée, et pourquoi celui là ?

– Parce que je l’aime bien !

– Ah, c’est une bonne raison, mais il y a plein de livres que tu aimes bien, pourquoi celui là plus qu’un autre ?

– Parce que tu as dit qu’il fallait en choisir un seul !

– Je vois… Bon, alors, par quoi on commence… Un petit résumé rapide peut-être ?

– Oui, alors c’est l’histoire d’une petite fille qui a presque mon âge (10 ans donc) et qui part en vacances avec sa mère et sans son petit frère, mais bon, ça c’est un détail. Sa mère, elle est maquilleuse et elle amène Luna sur un tournage de film dans Monument Valley.

Au début, je me suis dis que c’était, un peu comme les livres que j’aime bien, une histoire d’une fille et, tu sais, ses copines, ses parents, sa vie quoi.

– Un livre sur les relations entre l’héroïne et les autres personnages tu veux dire ?

– Heu, oui, voilà, une histoire heu, je sais pas comment dire, une histoire qui pourrait arriver quoi, une histoire normale.

– Et c’est pas une histoire normale en fait ?

– Ben ce que je veux dire c’est que quand je l’ai lu, j’ai pas pensé que c’était… Une aventure, voilà, c’est une aventure qui fait peur. Bon, c’est vrai aussi que j’avais pas lu la quatrième de couverture. Donc, j’ai cru que c’était une simple histoire, peut être que ça allait parler surtout des vacances avec juste la mère alors que le père et le petit frère étaient restés en France. Mais non, ça, on n’en parle qu’au tout début, le petit frère pleure quand elles partent, et après on n’en parle plus.

il était deux fois dans l'ouest intérieur

– Mais il n’y avait pas d’autres indices qui pouvaient t’indiquer de quoi ça allait parler ?

– Ah, tu veux dire le dessin sur la couverture ? Oui, mais on ne voit pas trop l’aventure dessus, enfin, c’est vrai qu’on ne voit pas la mère. Mais on ne se doute pas de tout ce qui va leur arriver, avec Sloppy Joe, le scorpion et tout le reste.

– Non, c’est vrai… Qu’est ce qu’on voit dessus alors ?

-Oui, je vois où tu veux en venir. On voit Luna sur le cheval, avec Josh.

– Ah tiens, mais qui est ce Josh ?

– Josh, c’est le garçon qu’elle rencontre dans Monument Valley. Un indien (maman, ça existe vraiment la langue qu’ils parlent dans le livre ?)

– Oui, les navajos existent vraiment, leur langue aussi.

– Et c’est la vraie langue ? Dans le livre je veux dire, ils parlent la vraie langue les personnages navajos.

– Comment veux tu que je le sache ? Mais à mon avis oui, je pense qu’ils se sont renseignés avant d’écrire le livre…

– Je pense aussi… Elle est indienne l’auteure?

– Je ne crois pas, non.

– Alors, comment elle a fait pour savoir tout ça sur les indiens ?

– Sans doute qu’elle s’est documentée mouflette, qu’elle a fait des recherches.

– Ah… Ben c’est chouette en tout cas.

– Oui ? Ça t’a plu d’apprendre au passage des choses sur la culture Navajos ?

– Oui, et j’aime bien les bonus qui expliquent par exemple la fête Kinaalda ou d’autre petites choses sur les navajos.

– Moi aussi, j’aime bien.

Bon, reprenons, donc il y a Luna et sa mère, qui sont venues pour un tournage à Monument Valley, et Josh, rencontré sur place, et des éléments de la culture indienne. Quoi d’autre ?

– Ben, l’aventure comme je disais.

– Oui ?

– Je raconte tout ?

– Non, juste un peu, ce que tu raconterais pour donner envie à quelqu’un de le lire.

– Alors Josh emmène Luna sur son cheval, pour une promenade. Et en chemin, il espère que tout va bien se passer. C’est là qu’on comprend que ça va devenir une histoire d’amour. Parce qu’il croise les doigts pour qu’il n’y ait aucun problème et qu’elle lui prenne la main. Pas de chance, il y en a plein des problèmes qui arrivent, tous ceux auxquels il a pensé arrivent en fait ! Et ça fait peur !

– Ah, et ça c’est chouette, d’avoir peur ? 

– Ah oui, c’est chouette ! Parce qu’on se doute bien que ça va bien se terminer, et puis en plus, c’est Josh et Luna qui racontent l’histoire donc c’est qu’ils sont pas morts. Moi j’aime bien, quand ça fait peur, lire très vite pour arriver à quand ça va mieux. Et après, relire tout lentement, quand je sais qu’ils vont bien mais que eux, ils ne le savent pas. Alors le scorpion, Sloppy Joe, le coyote, tout ça, on n’a plus peur.

– Je comprends. Tiens, tu dis que c’est eux qui racontent l’histoire, tu veux dire quelque chose là-dessus ?

– Ils racontent chacun leur tour un bout. Au début c’est elle, et puis lui, et puis elle et puis…

– Ok, je crois qu’on a compris le principe. Et t’en pense quoi de ça ?

– Ben… c’est bien ?

– C’est tout ? Quel effet ça fait ?

– ?

– On a leur point de vue à tous les deux…

– ?

– On peut s’identifier aux deux du coup, non ? Ou avoir de l’empathie pour les deux ?

– Oui, voilà…

(bon, je vous l’accorde, je lui ai un peu arraché de la bouche, cet aspect qui me semble important n’a pas l’air de l’être pour elle…)

– Un dernier mot sur ce livre ? Quelque chose que tu dirais à quelqu’un qui se demande s’il a envie de le lire ?

– C’est pas une histoire d’amour, tu sais, gnian-gnian, fleur bleue, eau de rose tout ça. C’est une aventure avec dedans un peu une histoire d’amour. Pas nunuche.

– Ah, c’est vrai que c’est important de le souligner. Autre chose ?

– Il est gros mais il se lit franchement vite.

– Oui, c’est le cas de tous les livres de cette collection.

– Et aussi y’a des dessins sympa dedans, et puis des bonus entre les chapitres, qu’on peut ne pas lire (mais on les lit, parce qu’ils sont rigolos). Et puis, ben, j’ai bien aimé quoi.

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– Moi aussi Mouflette, j’ai bien aimé.

Ce sera donc le mot de la fin.

Il était deux fois dans l’ouest est un livre de Séverine Vidal, illustré par Anne-Lise Combeaud, édité par Sarbacane, collection Pépix. Vendu dans toutes les bonnes librairies au prix de 10€90.

Lectures d’enfants #19

Ça a commencé comme ça:

-Dis moi mouflette, il y a un livre dont tu aimerais qu’on parle sur le blog?

-Le livre double !

-Le livre double ?

-Oui, tu sais, celui que tu lis, tu le retournes, tu as un autre livre mais il va avec mais c’est pas la même histoire mais un peu quand même.

-Ah, je vois, c’est « Chat par-ci, Chat par-là », de Stéphane Servant (Édité au Rouergue).

-Voilà.

 

-Ok, tu veux que je te pose des questions dessus comme la dernière fois?

-Non, cette fois, c’est moi qui t’en parle. Bon, si tu as des questions, t’as le droit aussi.

-Ok, on y va?

-Attends, je le relis d’abord !

Bon, on dirait que ma mouflette a décidé de mener la danse, je la suis bien volontiers, et le lendemain…

-C’est bon, t’as de quoi noter ?
Alors déjà, hier, quand j’ai relu le livre, j’ai relu aussi ensuite « Une histoire à 4 voix ».(Anthony Browne, école des loisirs), tu sais, que tu me lisais quand j’étais petite (oui, parce que maintenant, ma mouflette est grande, attention, elle a 9 ans et demi tout de même, faudrait voir à pas confondre) parce que je me suis dit que c’était un peu pareil. Mais en fait non. C’est pas pareil. Parce que là, c’est pas UNE histoire, mais bien deux histoires. On commence dans un sens, moi j’ai commencé par « chat par-ci », ensuite, on lit l’autre histoire, on se dit qu’à un moment, à la fin sans doute, les deux histoires vont se croiser et puis non, les histoires elles vont ensemble, elles se ressemblent, elles se passent au même endroit, les personnages sont les mêmes mais non, ce n’est pas la même histoire.

-Ah bon, mais dis-moi, tu peux m’en parler un peu de l’histoire justement ?

-DES histoireS !

-Oui, pardon, des histoires…

-Alors il y a d’abord une vieille dame, coincée chez elle parce qu’elle s’est cassé la jambe, et qui s’ennuie seule chez elle. Il y a un chat qui vient la voir, elle n’aime pas les chats mais celui là elle l’aime bien parce qu’il ronronne sur ses genoux. Un jour, elle trouve un petit mot dans son collier.

L’autre histoire, c’est celle d’un petit garçon, coincé chez lui parce qu’il s’est cassé la jambe en percutant une vieille dame en vélo. Il s’ennuie parce qu’il n’a pas de copain pour venir lui apporter les devoirs à la maison. Un chat vient le voir… Et là, tu penses que tu as compris, tu te dis, « le garçon, il met un mot sur le collier du chat pour la vieille dame qui s’ennuie autant que lui ». Sauf que non. Pas du tout. Le garçon, il pense à quelqu’un d’autre, une fille bien sûr ! (les garçons, dans la vie, ça pense surtout aux autres garçons, mais dans les livres, ça pense quand même souvent aux filles). Donc, il met un mot pour la voisine qui a son âge, et il a une réponse !

-De la vieille dame?

-Non mais ça, on peut pas le savoir encore, parce qu’on lit cette histoire sans avoir lu celle de la dame, donc quand il reçoit un mot, on est certain que c’est bien la petite fille qui lui a écrit, et on est drôlement content pour lui, du coup !

-Dis donc, ça à l’air drôlement compliqué cette histoire?

-C’est ça qui est bien, c’est que, quand on lit, c’est pas compliqué. On lit une histoire, et puis une autre, et c’est quand on a refermé le livre et qu’on essaye de relier les deux histoires entre elles qu’on trouve ça compliqué, alors on réfléchit et on relit, mais dans l’autre sens, pour bien comprendre. Et même, j’ai lu les deux histoires en même temps, en retournant le livre entre chaque jour (chaque histoire se déroule sur pendant la même semaine et chaque jour forme un chapitre) pour voir si ça marchait. Et ça marche!

-Alors c’est un livre à lire trois fois?

-Ben, les livres, c’est toujours comme ça, quand on les aime bien, on les relit plusieurs fois, mais là, oui, on a spécialement envie de le relire, et puis ce qu’il y a de bien c’est que, quand on le lit la première fois, on comprend tout, mais quand on le lit la troisième fois, on comprend encore plus de choses.

-Ah, dis donc, c’est chouette ça, on livre qui incite à la relecture. Et est-ce qu’il y a des choses qui t’ont particulièrement marquée, des mots, des passages qui te plaisent spécialement?

-J’ai bien aimé que le garçon soit plus fort en orthographe que la dame, et aussi qu’il connaisse des poèmes plus jolis. D’habitude c’est plutôt l’inverse.

-Oui, c’est un livre plein de surprises et qui sort des clichés, c’est aussi ce que j’ai aimé.

-Oui, parce qu’ils finissent par rencontrer chacun quelqu’un mais c’est pas celui qu’on croyait au départ. Je me demande ce qu’il se passe après ? Est-ce qu’ils finissent par se rencontrer tous les deux, quand le livre est fini ? Moi je me dis que oui, qu’ils vont faire un grand goûter tous les quatre, avec des gâteaux au chocolat et au gingembre, et qu’ils vont bien rigoler en repensant à toute l’histoire…

-Tu as quelque chose à ajouter sur ce livre?

-Non, et toi ?

-Juste que c’est un très joli livre que j’ai lu avec plaisir. Et qu’il m’a fait penser à une phrase à la fin d’une chanson d’amour qui dit « ce fut un beau malentendu » (Anne Sylvestre « Malentendu« )

 

 

Lectures d’enfants #18

Aujourd’hui, c’est Axel, presque 7 ans qui prend la parole pour vous parler d’un livre.
Et moi, sa maman, je vous retranscris ses dires.
Vous trouverez donc ses propos en bleu et mes remarques à moi en vert.

Détective Popotin mène l’enquête
(dans son titre entier de Troll chez nobi nobi !).

 C’est l’histoire d’un détective qui s’appelle Popotin parce qu’il pète avec sa tête pour arrêter les voleurs
(et donc qu’il a une tête de fesses).
Il mène une enquête sur un vol de bonbons. Alors il essaye de trouver le voleur pour le donner à la police.

Ce livre est bien parce qu’il y a plein de choses à trouver comme :
(il s’agit donc d’un livre jeu basé sur l’observation et la déduction)

– qui ment parce qu’il y a un voleur dans l’immeuble
– son ami le chien Biscotte qui a mangé le biscuit à la patate douce du détective
– les canetons de la maman parce qu’elle les a perdu dans une image
– il faut trouver quelles traces sont celles du voleur…

Les images sont intéressantes. Les personnages de l’histoire ressemblent à des animaux comme le chien, le cochon, une pieuvre, un crocodile, un guépard…

Ce qui est bien c’est qu’on aide Détective Popotin. C’est comme si on était un détective aussi.

Vous aurez compris que ce personnage nippon à fait son entrée avec brio à la maison. Et qu’Axel vous en recommande vivement la lecture « pour apprendre pour après à trouver des choses plus rapidement sur le livre de Charly ».

Mon avis plus complet sur Un Petit Bout de Bib

Tables de nuit d’enfants…

Des tables de nuit d’enfants…qui lisent…pour préparer

les prochaines lectures d’enfants…

Silence ! Ça bouquine !

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Les papooses du Tiroir à histoires

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IMG_0310La PAL des papooses est un concept plus fluctuant que ma PAL a moi : renouvelée chaque jour, elle a aussi la particularité d’être déjà lue ! C’est donc une PLAR (pile lue et à relire !!!) si on veut être exact !
On y trouve en ce moment l’indétrônable Yakari (papooserie oblige  ;)) avec une nouvelle aventure chaque semaine. Les lettres de l’ourse, superbe album épistolaire aux illustration somptueuses et signées Marie Caudry (dont je parle bientôt dans Le Tiroir, promis, promis !). Il y a aussi Une Plume un peu ronde, la dernière née de chez les Minots, Mimi Cracra (plébiscitée par mini papoose) et La Princesse Grenouille, un classique du regretté Mario Ramos.
Je n’ai pas rangé pour la photo Au feu petit Pierre qu’on aperçoit par terre et dont la position à terre témoigné plus de l’usage intensif qui en est fait que d’une déchéance du podium !!!
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Méli-Mélo chez Méli-Mélo de livres
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De plus grands enfants par ici, de grandes lectrices, qui dévorent tout ce qu’il leur tombe sous la main : des mangas, des romans,…
(Cette photo n’en est qu’un bref aperçu…).
Et il y en a jamais assez !
Des PAL assez fluctuantes, en perpétuel renouvellement,
et on entend souvent :
« On n’a plus rien à lire ! »
Il faut vite renflouer pour nourrir ces appétits de lecture insatiables…
Heureusement que maman est bibliothécaire !
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Deux grands enfants, deux filles, deux tables de chevet bien différentes… Alors que la cadette est tombée dans la marmite depuis peu (après un marathon HP : films en français, en VO et les 7 tomes), elle a dévoré ces vacances de Pâques les 3 tomes de la série Le Labyrinthe (dont le premier volet est récemment sorti au cinéma) ainsi que la préquelle. « Ce qu’il y a de bien avec les livres, m’avoue-t-elle, c’est qu’on en apprend bien plus que dans les films où tout se focalise sur le héros ! » Par dessus, deux livres lus pour l’école, Derrière la haine de Barbara Abel et  La vague de Todd Strasser, un ouvrage qui a pour mission de faire comprendre le mécanisme du nazisme aux élèves…
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Du côté de l’aînée, c’est plus studieux.  En 2e année d’instit primaire, elle est en pleine prépa de stage.  A côté d’un superbe ouvrage Mon petit atelier d’artiste au primaire de Véronique Urbain pour y dénicher des idées de bricolage pour la fête des mamans, trois albums jeunesse : Papa ! de Philippe Corentin, Une histoire à quatre voix d’Anthony Browne et Grand Ours de François Place.  Et, quand même, un petit manga (son péché mignon) pour se donner du cœur à l’ouvrage !
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Dans le pays d’Alice
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Sur les deux tables de nuit des enfants cohabitent, en cette période de vacances, des livres  à lire pour le collège et des lectures -plaisir.
IMG_3380[1]Pour l’aînée, Les Misérables et Roméo and Juliet (en anglais dans le texte, siouplait !) cachés sous Lili Babylone.
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Pour le cadet Le cavalier du Nil (pour le cours de français) ; mais pas très loin derrière  : Micro girl  et Les aventures de Fergus.
Ça picore de -ci de-là, sur cette table de nuit …
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La littérature jeunesse de… Morgan
Ici, on profite du soleil pour quelques lectures printanières : De l’air de l’air !, Le bateau vert, Réveille-toi ! et Le jardin de papillons. Et comme ça, on aide maman à préparer ses futures animations…
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Quelques Lectures Lutines du moment
Le soleil brille mais on n’oublie pas les livres… pour un moment de détente à la plage, dans le jardin ou pour traîner au lit le matin, dès les premiers rayons.

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Pour Adèle, un nouveau roman de la collection Pépix, une histoire rocambolesque d’ange et de mamie : Carambol’ange. L’affaire Mamie Paulette de Clémentine Beauvais (Sarbacane).

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Et chez Lucie, une lecture qui attend depuis Noël (mais qu’elle avait hâte de commencer) :
Le dernier espoir de Lucas d’Evelyne Brisou-Pellen (Editions Millefeuille). On retrouve dans ce roman l’univers d’un garçon qui vit près de la citadelle de Port-Louis.
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Les mouflettes de Chlop
Il fait beau, les mouflettes ont délaissé la table de nuit pour lire sur celle du jardin.
IMG_20150422_170719La cadette semble avoir des envies de vacances, elle s’identifie totalement à la petite Nao qui veut faire du camping comme une grande (Le premier camping de Nao Akiko Hayashi école des loisirs). Et de douceur aussi, avec ce tendre album (Boites à bonheurs de Carl Norac et Claude K. Dubois, Pastel).
IMG_20150422_170746En regardant les livres choisis aujourd’hui par l’aînée, je me dis que cette enfant est en quête d’identité. Elle lit et relit L’histoire de Julie qui avait une ombre de garçon (Christian Bruel, Anne Bozellec, Thierry Magnier)  sans jamais faire de commentaire. Elle a choisit aussi deux courts romans, publiés au Rouergue (Ziza dans l’oasis, d’Élise Fontenaille-n’diaye et La vie rêvée des grands de Géraldine Barbe), où il est question d’être soi même mais aussi d’être avec l’autre. Et puis L’histoire de France en BD (Dominique Joly Bruno Heitz, école des loisirs) « parce que j’aime bien aussi, les BD » m’a-t-elle dit.
Les petits pilotes de la collectionneuse de papillons
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Chez nous, c’est une belle et grande corbeille en osier qui nous sert de PAL : nous y entassons tous les trésors dénichés dans nos deux bibliothèques préférées. Comme on peut le voir, nous sommes trèèèès gourmands ! Cette corbeille se love contre le bois du lit de papa et maman, car c’est sur cet étrange vaisseau que tous les soirs nous nous retrouvons tous les 4 pour les « Zhistoires » !
Il n’y a pas vraiment d’histoire du moment, mais mon Petit-Pilote-de-Berceau adore 2 petites mains et 2 petits pieds dans lequel il retrouve avec plaisir les belles bouilles rondes des bébés d’Helen Oxenburry.
Quant à mon Grand-Pilote-de-Balançoire, il a découvert à l’école la BD sans texte Petit Poilu de Céline Fraipont et Pierre Bailly et depuis nous lisons, relisons, re-relisons (enfin inventons, réinventons, ré-réinventons !)  les différentes aventures de cet étrange petit bonhomme noir.
On aime aussi beaucoup tous les 4, Le Goût des insectes parce que c’est un documentaire sur les habitudes alimentaires de certains peuples du monde dans lequel on fait de nombreuses découvertes et surtout grâce auquel en tant qu’adulte on rigole bien 🙂
La salle d’attente de Kik 
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Chez Kik, il n’y a pas d’enfants, mais Kik travaille toute la journée avec des enfants. Avant de se faire soigner les dents, les petits patients de Kik bouquinent, grâce à deux caisses pleines de livres dans la salle d’attente. Il y a Où est Charlie ? qui a un (très très) grand succès. Il y a des livres qui parlent de dents et de dentistes, mais aussi des livres roses, des BDs, des documentaires, des albums pour les tout-petits et d’autres pour les un-peu-plus grands.
Chez Kik, il n’y a pas d’enfants, mais au travail de Kik, parfois les enfants restent bouquiner, après leur RDV, juste pour le plaisir de finir sa lecture tranquillement.

Lecture d’enfants : Les chaussures sont parties pour le week-end

Ma mouflette aime donner son avis. Elle adore, même. La première fois que je lui ai proposé de l’interroger pour le blog, ça l’a mise en joie. C’est donc avec un grand plaisir qu’elle se prête au jeu à nouveau aujourd’hui, pour une interview à peine théâtralisée.

Elle a jeté son dévolu sur le livre de théâtre Les chaussures sont parties pour le week-end, de Catharina Valckx.

Les chaussures sont parties pour le week-end
Catharina Valckx
école des loisirs

LA MÈRE: Quand je t’ai proposé cette interview, tu as longuement hésité et, jusqu’au dernier moment, tu voulais parler de Caprices? C’est fini !, qu’est-ce qui t’as fait changer d’avis? 

LA MOUFLETTE: Au début, tu m’as proposé plein de livres (déjà, j’étais drôlement contente de voir tous ces nouveaux livres, je veux bien faire toutes les interviews que tu veux si à chaque fois j’ai le choix entre plusieurs livres comme ça). Et dedans, j’ai hésité entre Chien pourri et les Pozzis, parce que c’est des séries que je connaissais déjà, j’avais bien envie de lire la suite. Et puis il y a eu cette couverture d’un jaune pétard de Caprices? c’est fini ! qui m’a fait envie aussi, je l’ai dévoré. Le livre de théâtre, il était le dernier que j’avais envie de lire en fait.
Mais finalement je l’ai lu la semaine dernière et là j’ai tout de suite eu envie d’en parler.

LA MÈRE: Ah oui, au début il ne t’attirait pas? Alors, qu’est-ce qui a changé? Et pourquoi tu n’avais pas envie de le lire?

LA MOUFLETTE: Parce que, je sais pas, lire du théâtre, bof bof. J’en avais lu qu’une fois, pour l’atelier théâtre à l’école, c’était juste le texte avec aucune indication, sur des photocopies, ça allait parce qu’on faisait la mise en scène en même temps mais sinon, avoir juste les phrases que les gens disent et rien d’autre, ça fait bizarre à lire, on a du mal à imaginer.

Mais j’ai changé d’avis parce que tu m’as dit que, si j’avais envie, je pourrais peut-être faire le spectacle après, avec deux ou trois copines. Alors là, d’accord, il faut bien lire du théâtre, pour en jouer.
Et après, quand j’ai commencé à le lire, je me suis rendu compte qu’il y avait des indications pour imaginer les choses, et puis aussi les images, qui aident.

LA MÈRE: Ah, oui, les didascalies.

LA MOUFLETTE: ?

LA MÈRE:C’est le nom donné à ces indications, qui sont en italique….

Ah, d’accord. Ben les didascalies c’est important parce que, comme ça, on peut faire la pièce de théâtre dans sa tête et alors on oublie que c’est pas raconté. Et avec les illustrations, on voit ce que ça va donner. On lit un truc où les personnages, ils dansent comme deux tordus, on trouve ça marrant à imaginer, et sur l’image, ben oui, ils sont marrants. Alors on se met à le faire pour voir et ça confirme : c’est marrant. Alors, on a envie de faire la pièce de théâtre devant les gens, pour qu’ils rigolent.

Je trouve ça intéressant ce que tu dis, ça veut dire que lire du théâtre, pour un enfant de 9 ans, ce n’est pas évident.
Je sais pas pour les autres, je parle pour moi… Mais oui, sûrement, parce que, mes copines, au début, elles voulaient pas non plus le lire, avant que je dise qu’on allait faire un grand spectacle, qu’on répéterait pendant les récrés et que, après, on le ferait au square devant les parents.

LA MÈRE (un peu inquiète) :Ah oui, ah, d’accord, il va falloir organiser une représentation alors…
Bon, et si tu nous en parlais un peu de ce livre ? Qu’est-ce que ça raconte, est-ce que ça t’as plu, tout ça.

LA MOUFLETTE: Alors il y a 3 histoires, et elles sont toutes les trois un peu toutes fofolles, c’est ça qui est marrant. La première, c’est une servante et son maître. Mes copines, elles voulaient toutes jouer le maître, mais elles avaient pas encore lu. Parce que, en vrai, c’est la servante qui est futée, le maître, il a plutôt l’air bébette. On dirait qu’elle se moque un peu de lui. J’aime bien. Il y a aussi une pendule qui parle.

Ce qui m’a plu aussi, c’est que dans deux des pièces, on peut danser. Et ça, c’est chouette, surtout qu’on peut danser un peu n’importe comment, elle dit « en bougeant les bras et les jambes par exemple », on se rend bien compte qu’il faut pas savoir danser mais qu’il faut plutôt faire l’andouille. C’est bien, ça de pouvoir faire l’andouille.

LA MÈRE: Ah oui ? Tu aimes bien ça ? Bon, je le note…
Qu’est-ce que tu as d’autre à dire sur ce livre?

LA MOUFLETTE: C’est un livre avec dedans une sorcière, un chat, un dinosaure, plein de choses, tout le monde peut trouver un personnage qui lui plaît, il y en a pour tous les goûts.

Ah, mais il n’y a pas de belle robe. Celles qui veulent faire du théâtre juste pour faire leur belle, avec des froufrous, elles repasseront, y’a pas, là, dans ce livre.

LA MÈRE: La sorcière, si ça se trouve, elle peut avoir une belle robe, non ? Ou la cliente du magasin d’animaux ?

LA MOUFLETTE (sceptique): Ah ? Oui, après tout, pourquoi pas ? Non, mais en fait, moi je pense que c’est pas fait pour mettre une belle robe.
LA MÈRE: Bon, d’accord, comme tu veux.
Alors, vous allez nous faire un joli spectacle ?

LA MOUFLETTE (boudeuse) Oui mais toi tu nous compliques aussi, tu veux pas nous donner un poulet mort. On leur a dit aux gens qui lisent l’interview qu’il faut un poulet plumé pour la première pièce ?
LA MÈRE: Pas encore, non.
LA MOUFLETTE (faussement fâchée) : Hé bien il en faut un et toi, tu as dit non !

LA MÈRE (air docte) Oui, mais il y a écrit qu’on peut en prendre un en plastique. Je vais quand même pas t’envoyer à l’école avec un poulet plumé dans le cartable ma chérie.
LA MOUFLETTE (face au public) Ah, les parents, ils veulent qu’on fasse du théâtre et après ils nous aident pas!

La mère salue sagement, pendant que sa mouflette lui fait un pied de nez.