Lecture commune: Félines, de Stéphane Servant

Un titre intriguant, évoquant à la fois la féminité et quelque chose d’animal, de fauve. Doublé d’une couverture magnétique qui interpelle et semble déjà appeler à la rébellion. Le nouveau roman de Stéphane Servant nous est livré comme la transcription du récit de l’une des protagonistes du mouvement des Félines. Un roman dont il y a beaucoup à dire !

Isabelle : Vous avez toutes lu ce roman dès sa sortie. Je me demandais donc : qu’est-ce qui vous a poussées à le découvrir avant même de recevoir les premiers retours ? Connaissiez-vous Stéphane Servant, avez-vous été aussi intriguée que moi par cette couverture magnétique ?

Pépita : Ma réponse sera très simple : je lis tout de Stéphane Servant, notamment chaque roman ado. Aucun ne m’a déçue. Tous ont ouvert mon regard. Tous m’ont fait vibrer. Pour Félines, j’ai été intriguée par la présentation de l’éditeur très suspense ! Notamment cet avertissement de prise de risque pénal. Je me suis dit : attention, voilà une bombe ! Et effectivement, je ne me suis jamais sentie aussi fière d’être une fille ! C’est le sentiment dominant qui m’habite à la lecture de ce roman. Beaucoup d’émotions aussi, encore très vives.

Sophie : Pareil, en ce qui me concerne, Stéphane Servant est devenu au fil des années un incontournable. J’aime sa poésie, son style, la façon dont il aborde les sujets. Du coup, je ne pouvais pas attendre !

Hashtagcéline : De mon côté, c’est plutôt parce qu’une amie me l’avait très très chaudement conseillé. J’aime l’écriture de Stéphane Servant. Vraiment. Mais par exemple, dans Sirius, ça n’a pas suffi. Alors, je l’aurais lu, Félines. Mais plus tard… Et franchement, ça aurait été dommage. Félines dépasse pour moi tous les précédents de l’auteur et va faire partie de ces lectures qui resteront graver dans ma mémoire de lectrice. Un choc.

Isabelle : Vous parlez des précédents livres de Stéphane Servant que vous connaissiez, il me semble qu’on retrouve dans Félines certaines caractéristiques, certains motifs, mais j’ai été impressionnée par la capacité de l’auteur à se renouveler. Qu’avez-vous en particulier pensé de la forme de ce roman – en est-ce bien un, d’ailleurs ?

Pépita : Il reprend un de ses thèmes : l’animalité de l’humain. Mais oui, il se renouvelle fort dans ce roman, l’écriture sous cette forme de témoignage est très visuelle, presque cinématographique. La mise en abyme avec le fait que ce soit lui l’écrivain, père d’une féline, recueille cette parole, donne une crédibilité forte. On pourrait presque croire que ces faits ont été réels et d’un certain point de vue, ils le sont dans les références historiques et l’allusion à des faits contemporains.

Sophie : J’ai été très surprise des changements de style, mais en bien. J’ai adoré ce registre du témoignage, ça justifie le changement de ton par rapport aux autres romans et en même temps on retrouve la patte de Stéphane Servant. On accroche tout de suite à l’histoire et surtout on se demande presque si c’est vraiment vrai et ça c’est chouette de plonger comme ça dans le récit. Finalement, je trouve ce roman globalement plus accessible pour son ton plus ado, plus direct.

Hashtagcéline : Oui, le fait que le roman soit écrit tel un témoignage a vraiment joué dans le fait que j’accroche très vite à l’histoire de Louise. J’ai aimé la façon dont elle parlait de son parcours, de son combat, entre force et faiblesses. Je me suis sentie très proche d’elle et très vite concernée par son sort et celui des autres Félines. Son récit porte des valeurs universelles, semble faire écho à hier, aujourd’hui et demain. Pour ma part, comme je le disais un peu plus haut, je trouve que ce texte est différent des précédents de l’auteur, même si on y retrouve l’engagement et la défense de grandes causes comme dans Sirius et effectivement la part d’animalité qui est en nous comme dans Le cœur des louves. Mais clairement, pour le reste, je le mets à part. Cela n’engage que moi !

Isabelle : Alors entrons dans le vif du sujet ! Qui sont les félines ?

Pépita : Ce sont des jeunes filles qui progressivement se retrouvent le corps poilu et leurs sens s’aiguisent aussi : vue, odorat. Leur force physique se décuple également. Les garçons ne sont pas touchés. Évidemment, les premières touchées ont honte mais peu à peu, vu le nombre de jeunes filles touchées, elles relèvent la tête. Ce phénomène est appelé la Mutation et scientifiquement un nouveau chromosome, le O est apparu, ce qui vaut aux Félines d’être aussi appelées les Obscures.

Isabelle : Des transformations qui pourraient paraître anodines, mais qui se révèlent hautement perturbantes. Pour les Félines elles-mêmes, comme tu le dis Pepita, mais surtout et très vite pour toute la société. Et les réactions sont d’une violence inouïe. On sent bien qu’à travers les Félines, l’auteur nous parle plus généralement de la pesanteur des normes, de la difficulté à assumer ses différences et de la violence que cela peut susciter.

Et parmi ces félines, nous suivons de près Louise, l’héroïne de cette histoire. Quelques mots sur cette actrice de la mobilisation féline ? Pourriez-vous me parler un peu d’elle ?

Sophie : J’ai beaucoup aimé ce personnage et je m’y suis vite attachée. C’est une jeune femme écorchée par la vie qui va se révéler dans sa condition de féline.

Pépita : Je l’ai trouvée incroyable de sincérité, Louise, et aussi d’empathie. Malgré sa souffrance, elle va vers les autres, devient un leader et se révèle à elle-même.

Isabelle : J’ai été impressionnée par sa résilience alors qu’elle n’a pas été épargnée par la vie. On la voit vraiment se transformer sous nos yeux, grandir, remettre en question les normes qu’elle a toujours connues, s’accepter telle qu’elle est, aussi. Comme tu y fais allusion Pepita, elle n’est pas une héroïne qui s’impose seule, mais contribue à construire une solidarité collective qui se révèle décisive pour les Félines. On s’identifie facilement et cette transformation fait beaucoup de bien à lire, je trouve.

Isabelle : Ce roman développe une belle galerie de personnages déjouant tous les stéréotypes, non ? J’ai trouvé qu’ils ne ressemblaient pas aux héros et héroïnes dont on pourrait avoir l’habitude. Lesquels vous ont le plus marquées ?

Sophie : J’ai beaucoup aimé Tom, l’ami de Louise. Comme elle, c’est un personnage qui a beaucoup souffert mais qui sait ce qu’il veut. Pour lui, il n’y a pas de frontière, il sait sortir des cases quand son instinct et ses sentiments lui disent que c’est ce qu’il faut faire. Ils ont une relation unique entre eux et il représente une superbe définition de l’amour !

Pépita : J’ai adoré Tom, il m’a fait pleurer celui-là ! Sa relation avec Louise est si….si….je ne trouve pas le bon mot. Ils m’ont réchauffée par leur vision de la vie, par l’authenticité de leur amour, par leur soutien mutuel indéfectible, par leur amour de la littérature. Le père de Louise est épatant aussi, si ouvert d’esprit, la mère de Tom aussi, pas très causante mais au moins ce qu’elle dit et fait est efficace. Et le petit frère de Louise ! Une lumière.

Sophie : Oui, le petit frère de Louise est extra aussi. Il incarne une forme de pureté, il ne se formalise pas des différences. Il apporte un beau regard d’enfant, simple, curieux et ouvert sur les autres… bien loin de celui des adultes.

Isabelle : Tout à fait d’accord ! J’ai énormément apprécié la façon dont les réactions des proches de Louise sont restituées. Plus généralement, Stéphane Servant nous parle des difficultés que peuvent rencontrer certains parents lorsque leurs enfants sont perçus comme différents, voire déviants d’une manière ou d’une autre. On voit plusieurs types de réponses dans le roman; celle du père de Louise est très belle. Sa confiance et son soutien infaillibles sont probablement un élément-clé qui alimente la force surprenante de Louise. Quant à son petit frère, j’y ai vu comme vous une belle illustration de la capacité que conservent les enfants à poser sur le monde un regard juste, encore non-altéré par les préjugés et l’habitude des injustices. Il y aurait aussi beaucoup à dire sur les personnages secondaires parmi les Félines…

Hashtagcéline : À chaque personnage, Stéphane Servant nous propose un profil “type” mais de la même façon il lui apporte des nuances, des failles qui le rend alors crédible. Ça, ça m’a vraiment bluffée car c’est assez rare qu’un auteur y parvienne aussi bien.
Et pour ma part, c’est aussi Tom qui m’a vraiment touchée. Et de fait la relation toute particulière qu’il débute et consolide avec Louise. Leur histoire est magnifique et balaie à elle seule de nombreux préjugés.

Le prologue dit : « Réfléchir, c’est commencer à désobéir. Lire, c’est se préparer à livrer bataille ». Un roman engagé qui donne à réfléchir, donc, à plusieurs des grandes questions de notre époque, qui comporte de nombreux parallèles avec le monde réel qui nous invitent à renouveler notre regard ! Lesquelles vous ont plus particulièrement marquées ?

Pépita : Beaucoup m’ont marquées : l’intolérance envers les minorités, le fanatisme religieux, la violence policière, les allusions aux camps nazis, la place de la nature et la ressource qu’elle procure et même les gilets jaunes. J’ai vraiment trouvé que Stéphane Servant a su éviter l’écueil de cette énumération qui est justement mise en perspective et qui n’est pas un fourre-tout.

Isabelle : C’est vrai que Stéphane Servant est vraiment impressionnant à cet égard. Ses romans nous parlent de notre époque et des enjeux les plus brûlants de façon très, très dense, sans à aucun moment perdre le fil de l’histoire. J’ai beaucoup aimé la réflexion à laquelle il nous invite sur la pesanteur des normes, à travers le symbole des poils qui dérangent tellement sur les jeunes filles de l’histoire. Le roman m’a aussi donné à réfléchir sur les peurs (des épidémies, des différences, etc.) et leur instrumentalisation par les forces populistes. Ce qui fait du bien, c’est qu’il est aussi question des conditions d’émergence d’un mouvement subversif dont l’énergie est vraiment communicative !

Sophie : Ce n’est pas une thématique en tant que telle, mais on peut faire des parallèles avec les camps de concentration quand les Félines sont mises à l’écart dans des lieux soi-disant pour les aider. J’ai trouvé ça impressionnant de voir notre société (c’est elle au début du roman) conduire ces jeunes filles dans ces “camps”. C’est fait si progressivement, avec les messages qui vont bien, qu’on se dit que oui, sous certaines influences, avec ce type de dirigeants, on pourrait revenir à ce qu’on a connu pendant la Seconde guerre mondiale.
Il y a aussi la vitesse à laquelle tout se passe. On comprend que c’est accéléré par les moyens de communication actuelle mais la situation revient au même que dans les années 40 sauf qu’au lieu de prendre des mois, le message contre les Félines est répandu en quelques jours.
Stéphane Servant manie tout ça très bien, il nous entraine subtilement là où l’on espère que notre société ne peut plus aller… Et pourtant !

Avez-vous apprécié cette atmosphère subversive ? Plus généralement, comment avez-vous réagi à cette lecture, quel effet vous a-t-elle fait ?

Pépita : Oui, j’ai beaucoup apprécié cette ambiance, elle m’a rendue fière d’être une fille comme jamais et depuis…je ne m’épile plus !

Isabelle : Je me suis aussi laissée gagner par l’énergie communicative des Félines. Le propos peut paraître sombre avec des thématiques d’autant plus graves qu’elles font écho à l’actualité, comme nous l’avons dit, mais je me suis plutôt sentie optimiste en refermant le roman. Il nous montre la stigmatisation, l’oppression, la persécution, mais aussi le pouvoir de l’entraide et de la solidarité. Et la richesse des registres disponibles (et à inventer) de registres d’action subversives. Il nous donne à goûter, aussi, l’exaltation de s’accepter tel qu’on est. Tout cela fait beaucoup de bien dans la période actuelle qui charrie tant de frustrations et de résignation.

Cela m’a fait réfléchir sur le genre de la dystopie. Je n’en ai pas lu tant que ça, mais mon fils aîné en lit énormément, comme beaucoup de jeunes lecteurs, ce qui peut interroger. Pourquoi ce goût pour des univers dysfonctionnels, catastrophiques, voire apocalyptiques ? Je crois avoir mieux compris en lisant Félines. Ces romans mettent en relief ce qui dysfonctionne dans la vraie vie, mettent en garde contre certaines dérives en imaginant leurs développements possibles, mais en littérature jeunesse, j’ai l’impression qu’ils sont toujours porteurs d’espoir. C’est peut-être ce qui fait qu’ils emportent autant de lectrices et de lecteurs.

Justement, à qui auriez-vous envie de faire partager ce roman ?

Pépita : J’ai envie de proposer ce roman à toutes et tous en fait. Il touche à tant de choses si profondes et humaines. Stéphane Servant a réussi à lier masculin et féminin dans ce roman, à faire en sorte qu’on ne les oppose plus car justement les opposer mène à ce genre de dérives, à réveiller l’animalité de l’humain. C’est un roman qui pose l’espoir d’une société meilleure. En montrant justement ce qu’elle peut faire de pire. J’en suis sortie bluffée et regonflée à bloc. Donc oui à lire absolument !

Hashtagcéline : Comme Pépita, j’ai envie de faire lire et de partager ce roman avec tout le monde ! Bien sûr pas avec un trop jeune public mais étant donné sa richesse, la diversité des thèmes abordées avec intelligence et les réflexions que cela amène sur notre monde actuel, c’est pour moi un texte à la portée universelle qui DOIT être lu par tous et toutes !

Félines a donc réussi à nous mettre toutes d’accord ! Et vous, l’avez-vous lu, êtes-vous tenté(e) ? Si vous doutez encore, jetez donc un œil aux chroniques de Pépita, Sophie, Hashtagcéline et Isabelle… en attendant l’entretien avec Stéphane Servant que nous publierons jeudi 31 octobre !

 

 

Exil…

Avec la situation chahutée du monde, de nombreuses populations sont poussées à l’exil, au déracinement,…  Parfois – souvent – ces migrations sont mal vues et, au lieu de faire preuve d’un minimum d’empathie, d’un minimum d’humanité, nous nous replions derrière nos peurs, derrières nos murs…

Avec cette sélection, nous vous proposons de briser les barrières et de tendre la main vers l’autre, vers la richesse qu’il pourra nous apporter…

Pépita – Méli-Mélo de livres nous propose plusieurs titres sur le sujet :

Partir au-delà des frontières, Francesca Sanna, Gallimard jeunesse

Une traversée pleine de dangers pour aller vers l’espoir.
A lire chez Pépita

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Le fils de l’Ursari, Xavier-Laurent Petit, Médium, Ecole des loisirs

Un roman sensible sur la réalité du sort des gitans, une histoire qui happe le lecteur par son humanité.  

A lire chez Pépita

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Frères d’exil, Kochka, Flammarion jeunesse

Un roman message de tolérance et de solidarité ente les peuples. Un très beau roman. A lire !

A lire chez Pépita

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Ainsi que trois albums qui magnifient l’accueil de l’autre avec des approches percutantes.

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Du côté de chez Sophie – La littérature jeunesse de Judith & Sophie, elle nous suggère :

Refuges, Anne Lise Heurtier


En parallèle de l’histoire de Mila qui revient sur les terres de ses racines à Lampedusa où vivait sa grand-mère, on découvre le récit de huit voix qui nous livrent leur parcours vers un monde qu’elles espèrent meilleur.

A lire chez Sophie, Pépita, Carole

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Céline – Le tiroir à histoires a sélectionné quant à elle :

Chez moi, Sébastien Mourrain

Où est-ce qu’on est chez soi ? Qu’est-ce qui fait qu’on s’y sent à sa place ? Parfois il faut partir, s’éloigner, pour mieux se retrouver. Très bel album de Sébastien Mourrain où se confrontent et se rencontrent l’ici, l’ailleurs, et le chez-soi.

A lire chez Céline

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Le livre de Perle ,Timothée de Fombelle, Gallimard

Quand un jeune prince est banni de son royaume pour se retrouver ici-bas, quand son exil dure le temps de plusieurs vies, quand c’est son seul chagrin qui le lie à son royaume perdu, et à l’amour d’une fée, le lecteur est emporté dans une lecture merveilleuse, romanesque et bouleversante qui laissera des traces profondes dans sa mémoire poétique. Virtuose Timothée de Fombelle.

A lire chez Céline, Pépita, Céline-QLF, Sophie,…

Notre lecture commune

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Un pas puis mille, Séverine Vidal et Julien Castanié, La Pastèque

L’exil n’a pas besoin de durer des années. Parfois on a envie de tout quitter, de claquer la porte, comme ça, et de prouver à tous qu’on peut être seul, surtout à soi. Une aventure intérieure qui fait grandir, et revenir, plus apaisé.

A lire chez Céline

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Pour Alice – A lire aux pays des merveilles, elle sélectionne :

Si tu m’avais raconté de Marie Sauzon, Oskar, 2015

Cet été, Chloé découvre l’histoire de Manuel, son grand-père. Son douloureux passé d’andalou, républicain espagnol exilé après avoir lutté contre la dictature de son pays.

A lire chez Alice

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Au bout des longues neiges, Jean-Côme Noguès, Nathan, 2014


L’exil des populations irlandaises, prêtes à traverser l’océan pour trouver une terre d’accueil.

A lire chez Alice

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Céline – Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait LIVRESSE retient pour sa part :

Le petit arbre Plume Bien loin de chez soi, Pascale Graciet, Le Ver à Soie

Superbe album qui parle de déracinement, d’exil, mais aussi de résilience et de la force de la vie et de l’amour.

A lire chez Céline-QLF

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Caravane, Ingrid Chabert & Soufie, Limonade

Une belle histoire qui fond dans le cœur comme un petit carré de chocolat sur la langue.  Elle nous rappelle le premier secret du bonheur : peu importe le contenant, caravane ou palace rutilant, pourvu qu’il y ait l’AMOUR !

A lire chez Céline-QLF

Et vous ?  D’autres titres à proposer sur cette thématique ?

Prix A l’Ombre du Grand Arbre 2016 – Aide au vote

Il y a quelques semaines de cela nous avons ouvert les votes pour le Prix A l’Ombre du Grand Arbre 2016.

Afin de vous aider dans vos choix, si vous n’avez pas encore voté, ou de vous remémorer vos belles lectures, voici un panel de nos avis sur les titres sélectionnés.

Catégorie Petite Enfance

  • Pomme, pomme, pomme de Corinne Dreyfus : un petit cartonné qui donne envie de croquer dedans ! – avec les avis de Pépita, Bouma et Chlop
  • Panda de Pauline Kalioujny : l’histoire de la naissance abordée en douceur – avec les avis de Sophie, Pépita, Chlop et Bouma
  • Imagine c’est tout blanc… de Claire Dé : un coup de cœur chez Colette
  • Moi, Grand, Toi, Petit de Lili l’Arronge : un album délicieux sur les jeux d’opposition entre les personnages – l’avis de Chlop et de Céline du Tiroir
  • et le soir quand la nuit tombe… / et le matin quand le jour se lève… d’Anne Crausaz : une belle solution de lecture du soir pour les tout-petits – l’avis de Bouma

Catégorie Albums

  • Mon amour d’Astrid Desbordes et Pauline Martin : un album pour dire l’amour inconditionnel des parents pour leurs enfants – avec les avis de Céline du Tiroir, Bouma, Chlop et Sophie
  • Mon tout-petit de Germano Zullo et Albertine : un instant d’intimité d’une beauté singulière – les avis de Céline du Tiroir et Pépita
  • Cinq minutes et des sablés de Servant et Bonacina : où l’on apprend que la mort n’est pas si inévitable… – les avis de Bouma, Pépita, Sophie et Chlop

Catégorie Bande-dessinées et romans graphiques

  • Le Jardin de minuit d’Edith : une adaptation bien à propos d’un joli texte britannique – avec les avis de Sophie et Bouma
  • Le Grand méchant renard de Benjamin Renner : l’histoire d’un renard pas comme les autres brossée avec panache – l’avis de Bouma
  • La Flamme et l’orage de Karim Friha : une épopée fantasy dans un univers plus que mystérieux – l’avis de Bouma
  • Nora de Léa Mazé : une histoire empreinte de nostalgie qui évoque la mort avec poésie – l’avis de Bouma
  • Les Petites marées de Séverine Vidal et Mathieu Bertrand : une percée vers l’adolescence et l’âge adulte, humaine et réaliste – l’avis de Bouma

Catégorie Romans pour enfants

  • De Cape et de mots de Florence Vesco : une vraie gourmandise à découvrir sans attendre – les avis de Carole et Pépita
  • Le Lutin du cabinet noir de JF Chabas : une plume alerte et un humour décoiffant – l’avis de Pépita
  • La Vie rêvée des grands de Géraldine Barbe : un petit bijou d’écriture – l’avis de Pépita

Catégorie Romans pour adolescents

  • La Langue des bêtes de Stéphane Servant : une émotion très forte autour de la transmission – avec les avis de Carole, Céline du tiroir et Pépita
  • A ma source gardée de Madeline Roth : un très beau texte, plein, entier – avec les avis de Pépita et Carole
  • Comme une envie de voir la mer d’Anne Loyer : un roman fort sur la famille et ses complexités – avec les avis de Bouma, Pépita et Carole

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Et maintenant il ne vous reste plus qu’à aller faire votre choix et à voter le Prix A l’Ombre du Grand Arbre

Carte postale espagnole

Buenos dias les copinautes !

Quand on est réfugié climatique dans un pays où il fait bon vivre, on part en vacances en France ! J’ai donc attendu de rentrer dans mon nouveau chez moi pour vous écrire !

Et quoi de mieux que les albums jeunesse pour apprendre une langue ? Je me constitue donc une jolie bibliothèque en espagnol !

los clasicos

Los clasicos !

En azul

En azul !

En rosa

En rosa !

Tous ces trésors je les trouve dans une super librairie dans mon quartier. Il s’agit de la librairie Abracadabra llibres per a nens ! On y trouve des livres en espagnol, en catalan, en anglais, en allemand et en français. Sont aussi organisés des rencontres avec les auteurs/illustrateurs, des expositions, des ateliers, des lectures. Leur site web.

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Un jour peut être je chroniquerai dans cette si belle langue qui chante… En attendant, je continue d’apprendre en lisant !

Vous êtes les bienvenus les copinautes, passez de belles vacances aux quatre coins du monde, et n’oubliez pas : travaillez moins, lisez plus et ….

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Hasta pronto ! Besitos !

Carte postale parisienne

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Mes copinautes,

je vous écris de Paris.

Vous savez que j’y suis, vous savez qui j’y vis. Vous savez donc pourquoi je ne suis pas vraiment avec vous cet été. Je passe de temps en temps à l’ombre de notre grand arbre. Je vous adresse un coucou par-ci, un coup par-là, un merci pour le swap, un passez un bon bookcamp moi je ne serai pas là.

Je vous écris de Paris, où je vis, où je m’essouffle.

C’est beau Paris.

C’est oppressant, sale, grouillant, abîmé, triste. On y trouve des visages cassés, des cœurs brisés, des rêves abandonnés, des silhouettes égarées.

Mais c’est aussi lumineux, grand, puissant, galvanisant, éclatant, vivant. On y trouve quelques sourires, des coeurs à prendre, des rêves à réaliser, des désirs à poursuivre, des rires à égrener, des chances à saisir, des fragments à recueillir, de l’art pour se nourrir.

Je n’y suis pas pour les vacances – oui. Mais je travaille, et ce stage m’enrichit. Mais je sors, et je respire. Mais je vois du monde, et fais quelques rencontres. Mais je p’art. Et je m’épanouis.

Je veux vous dire le sentiment de voir la vie grouiller autour de soi, le plaisir de voir du monde et de ne pas être vraiment seul, le sourire qui éclot devant les Lumières de la capitale, le coeur qui bat dans le noir d’un théâtre, dans un siège de la comédie française, les yeux qui pétillent au centre Pompidou, la tendre vulnérabilité face à dame Eiffel, la douceur d’un quai parisien si on sait s’y mettre bien, le réconfort apporté par ses jardins, la vie qui éclate de tous tes pores dans la tempête d’un concert.

Et malgré tout, dans un recoin où je réussis à me blottir entre le travail et le théâtre et la musique et les balades et le tourisme et les librairies et le métro et les amis et la famille et ce projet qui demande tant d’énergie, de temps et d’enthousiasme, je lis.

Je joins à cette longue carte postale quelques images des endroits où j’ai aimé voyagé sur des ailes de papier. J’ai voyagé plus que ça, mais en voilà des fragments.

Il y a eu un voyage loufoque et captivant, inventif et décapant

Vesco Flore - De cape et de mots

… il y a eu un voyage dans le fleuve des premiers mots d’un auteur de romans…

Servant Stéphane - Guadalquivir

… il y a eu un voyage du coeur dans la famille, la vie, l’adolescence et l’émotion…Ruter Pascal - Le coeur en braille quatre ans après

… il y a un voyage en anglais, mais celui-ci s’est fait en français… c’était un voyage dans la douleur, l’amour et l’espoir…Niven Jennifer - All the bright places

… il y a eu un voyage offert par ma swappée, un voyage dans la différence…Lambert Jérôme - Tous les garçons et les filles

… il y a eu un voyage dans le passé, l’amour et la fougue.

Hardy Thomas - Loin de la foule déchaînéC’est plus une lettre qu’une carte. Mais dans l’effervescence de mon ailleurs parisien, je pense à vous,

Nathan