Lecture Commune : Star Trip

Il y a des lectures qui donnent forcément envie de discuter, surtout quand nous ne sommes pas toutes du même avis.

A trois, Alice, Pépita et Bouma, nous nous sommes donc penchées autour du roman Star Trip d’Eric Senabre paru en 2017 chez Didier Jeunesse.

Alice : Elle est belle cette couverture vous ne trouvez pas ? Moi elle m’a flashé dans l’œil et à y regarder de plus près je la trouve appropriée au contenu. Si on commençait par un petit résumé ? A vous l’honneur !

Pépita : Oui très belle, d’ailleurs les romans Didier jeunesse sont toujours très soignés. Ouh là ! Un résumé, tu y vas fort…tellement cette histoire est au départ a priori normale et ensuite elle devient complétement surréaliste. May a 15 ans et elle vit dans un trou perdu de l’Idaho. Nous sommes en 1968. Elle garde son petit frère handicapé à la suite d’un accident. Ils sont seuls car leurs parents scientifiques ont dû partir pour une mission top secret. Son petit frère est fasciné par la série TV Star trip et pour l’occuper, elle décide de lui construire avec l’aide de son petit ami une navette spatiale dans la grange, en cachette. Lors d’une virée en ville pour faire quelques courses et se changer les idées, elle apprend que celui qui incarne le capitaine Burke dans la série est en dédicace à la librairie. Ni une, ni deux, elle s’y rend avec son ami. L’échange n’est pas des plus cordial. Sauf que le lendemain, le capitaine Burke débarque chez elle…et là, tout commence vraiment…

Bouma : Je rajouterai que la famille de May est déjà à part dans ce petite village, de part leur conception très scientifique de la vie. Avec le départ des adultes, May prend malgré elle la responsabilité de sa maison et de ses occupants. Et puis, en grande sœur attentive, elle essaie de rendre à son frère la gaité qui était sienne avant l’accident. Et pour la couverture, je lui trouve un petit côté vintage dans sa composition très centrée. Ce qui finalement va de paire avec le texte d’Eric Senabre.

Qu’avez-vous pensé de l’arrivée du Capitaine Burke ?

Alice : Le hasard fait bien les choses ! Un petit tour en ville et hop ! pile poil quand l’acteur préféré du petit frère est en dédicace … bon, ok … Un odieux personnage en plus, imbu de sa personne et qui n’a pas grand respect pour son public !
Bref, cette première rencontre n’est pas glorieuse et de suite ce personnage ne m’a pas paru très net. Sa venue dans la ferme de May et son frère est suspecte aussi, on sent bien qu’il y a quelque chose de louche là dessous., mais l’intrigue ne nous tient pas non plus en haleine ! Finalement quel est l’intérêt de ce bonhomme qu’on sent pas très honnête ?

Pépita : Ah ben moi, j’ai adoré, je me suis laissée emporter par cet improbable sans me poser de questions, ça m’a bien divertie du coup. Oui il est odieux, égoïste, insupportable, calculateur mais en même temps un côté nounours fragile. Et puis, on se demande jusqu’où il peut aller…et il va loin au sens propre comme au figuré. J’ai beaucoup aimé ce mélange désuet des années 1968 à ce côté science-fiction. Y a de l’action en plus, enfin, dés qu’ils partent, c’est complètement déjanté par moments mais c’est drôle à lire, très divertissant. Je l’ai proposé à des ados qui ont vraiment beaucoup aimé.

Alice : Attention, si je n’ai pas aimé ce personnage précis, je ne dénis pas qu’il a toute sa place dans cette ribambelle de personnages tous bien campés dans leur rôle. Ils sont tous bien dessinés, bien profilés et d’ailleurs, pour moi, ce sont eux qui portent toute la folie, le divertissement déjanté de cette histoire dont tu parles, et non pas l’intrigue.

Bouma : Mon avis rejoint celui d’Alice. J’ai eu plusieurs fois envie de reposer ce roman, l’intrigue ne m’ayant pas embarqué plus que ça. Mais je suis restée pour May et son petit ami si serviable, histoire de voir s’ils allaient finalement réussir à se débarrasser de ce boulet d’acteur. Et puis je suis restée aussi, forcément, pour voir si ce rêve de gamin allait se réaliser… Après, pour moi, le roman a été un peu longuet…

Alice : Alors par contre je rejoins Pépita et je pense que cette histoire déjantée, ce mélange de fiction et de réalité peut faire rêver les gamins !
Tout de même il y a une sacrée critique de l’Amérique profonde la dessous, vous ne trouvez pas ?

Pépita : ah oui complètement et franchement ça ne fait pas rêver !

Bouma : Il y a en effet une certaine réalité de la campagne américaine, surtout dans les années 70, où tout un chacun pense avoir un droit de regard sur la vie de ses voisins. L’insistance du prêtre et son envie de guider ses ouailles est assez risible, en tout cas du point de vue de May.

Alice : Pour moi, il y a tout ce côté ou May étouffe dans le fin fond de sa campagne. A plusieurs reprises, elle rêve de mettre les voiles, d’aller en ville voir un peu de vie et finalement cette proposition de road trip, même si elle sent l’entourloupe, lui permet de prendre une bonne bouffée d’air. La campagne américaine dans ces années là, c’est un peu le fin fond du trou …
Et puis il y a ces rencontres tout au long de cette aventure, l’indien, le gérant de motel par exemple ou bien le shérif noir irlandais, l’auteur ne les crée pas par hasard. Leur atypisme, leur côté farfelu sont là pour nous parler d’autre chose, non ? De claires caricatures pour moi de l’Amérique profonde…

Tant de personnages d’ailleurs ! Le petit frère, le petit ami, l’acteur, les diverses rencontres… en auriez-vous un que vous aimeriez mettre en avant ?

Pépita : C’est marrant, je ne l’ai pas vu du tout comme ça. Je n’étais pas en Amérique, mais sur une autre planète ! Comme dans un décor de carton pâte avec des acteurs dont les traits sont caricaturés à outrance. Une sorte de film en dehors du film.
Alors les personnages : j’ai beaucoup aimé May, son caractère, sons sens de la répartie, et son petit ami aussi. Il m’a bien fait sourire ce petit couple qui n’en est pas encore un. Des personnages hauts en couleur, c’est certain ! Un roman où à chaque tourne de page, on ne sait pas trop ce qui va jaillir. C’est ce côté-là que j’ai aimé car très divertissant et tu as raison de souligner que les personnages y sont pour beaucoup. A un moment donné, je me suis interrogée sur la raison de l’absence des parents, je ne l’ai plus trouvée si normale que ça.

Bouma : Moi aussi le petit-ami a retenu mon attention. Sa manière de rester toujours présent, de manière indéfectible, comme un phare auquel se raccrocher, est primordial pour May. J’ai rit avec le shérif et les mésaventures qui lui arrivent malgré lui. Il doit faire face aux préjugés liés au mélange des cultures noires américaines et irlandaises.

Et le titre ? On en parle du titre ? Est-ce que, comme moi, vous y avez trouvé plusieurs significations ?

Alice : Star trip, ce voyage vers les étoiles offert à Sam ?
Star trip, ce voyage d’une star de ciné déchue ?
Star trip, cette référence à la série SF Star Treck ?
Star Trip come un road movie un peu déjanté ?

Oui, c’est un peu tout ça Star Trip une histoire de voyage et d’étoile … à chacun de suivre son chemin …

Pépita : Et star Wars non ? oui un titre à multiples entrées : le voyage d’une star sans doute, allusion à ce capitaine Burke déchu et bien sûr à toutes les déclinaisons cinématographiques. Bien trouvé en tous cas.

Autre question (sans trop en dévoiler) : et la fin ? Vous l’avez trouvée comment ?

Alice : Une happy-end joyeuse … mails il ne pouvait pas en être autrement, elle est complétement dans le ton et l’ambiance du livre.

Bouma : J’avoue que je ne m’en souviens pas trop de cette fin. Le proverbe dit “Ce n’est pas la destination mais la route qui compte” et c’est vraiment l’effet que m’a fait ce roman. Il y a un tel foisonnement de personnages, de paysages et de rebondissements que la fin ne m’a pas tant marquée.

Pépita : Cette fin, elle est abracabrantesque ! Beau pied de nez ! C’est complètement déjanté !

Un mot pour de futurs lecteurs/lectrices ?

Bouma : Un avis de lecture mitigé en ce qui me concerne mais j’aime à me dire qu’il y a un livre pour chaque lecteur et un lecteur pour chaque livre.

Alice : Malgré mon avis mitigé, c’est un livre que j’ai conseillé a un collègue qui l’a adoré ! Connaissant ses gouts,  je savais que je ne me tromperai pas trop.Mais surtout, je pense que les ados peuvent complètement accrocher à ce livre et cette aventure un peu dingue.
Soyons professionnelles, ne nous laissons pas envahir par notre propre ressenti et mettons STAR TRIP sur les étagères de nos bibliothèques !

Pépita : Je rejoins totalement ton avis : c’est un roman qui plait beaucoup aux ados et aux adultes ! j’ai été moi-même surprise de me laisser embarquer par cette histoire, un bon moment de détente !

Retrouvez nos avis sur nos blogs : A lire aux pays des merveilles

Lecture Commune : Rouge de Mathieu Pierloot

La collection Petite Poche chez Thierry Magnier regorge de titres de qualité, qui, en quelques pages, nous transportent dans des univers bien dessinés.

Rouge de Mathieu Pierloot m’a fait forte impression par la qualité de son écriture et l’ambiance qui s’en détachait. J’ai donc forcément eu envie d’en discuter avec les membres du Grand Arbre.

Retour sur notre échange :

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Bouma : Rouge. Un titre énigmatique pour une courte lecture. A quoi vous attendiez vous ?

Colette : Le titre évoque pour moi beaucoup de choses, j’adore le rouge : le rouge aux joues, le rouge à lèvres des baisers les plus fous, le rouge du soleil qui se couche sur la mer. Et puis le rouge c’est surtout l’amour.
Le mot “rouge” est extrêmement riche de connotations poétiques et vivantes. J’aime ce mot. Il me réchauffe. Je n’ai pas tout de suite pensé au petit chaperon rouge car je ne m’attendais pas du tout à une réécriture d’un conte dans la désormais chérie collection “petite poche”. Et puis les premières pages ne nous laissent pas tout de suite comprendre que l’on va rentrer dans un jeu de références intertextuelles… Comme toujours dans cette collection la subtilité prime…

Sophie : Rouge, pour moi, faisait référence à la colère. Je ne sais pas pourquoi mais c’était à une histoire sur ce sujet à laquelle je m’attendais.

Bouma : Avez-vous tout de suite pensé au célèbre Petit Chaperon Rouge ?

Sophie : Pas du tout. C’est d’ailleurs plutôt la Belle et la Bête qui m’est venu en premier à cause des objets qui parlent.

Colette : Même après relecture je ne trouve pas la référence au petit chaperon rouge si évidente… elle y est en filigrane c’est sûr mais Rouge n’est pas cette petite fille choyée par sa mère et sa grand mère qui lui cousent des habits uniques et lui préparent des pâtisseries maison. Loin de là. Rouge est une orpheline, une rescapée, un fantôme.

Bouma : D’accord avec toi Colette, la filiation avec le conte de Perrault n’est pas si évidente mais la relation entre le rouge et le loup est intrinsèquement lié à ce classique pour moi. Mais au fait, quel est votre personnage préféré ?

Sophie : Le loup, enfin on ne le présente jamais clairement comme ça, mais c’est lui que j’ai trouvé le plus intéressant

Colette : Mon personnage préféré c’est Seymour sans aucun doute. Parce qu’il aime la poésie. Et qu’il panse les blessures avec.

Bouma : Vous avez retenu le même personnage mais pas de la même manière à ce que je vois. L’une y a surtout vu l’animal quand l’autre y a vu la personne. Moi c’est finalement la petite fille qui m’a le plus intriguée, le plus questionnée même si on ne sait finalement pas grand chose d’elle. En tout cas, il y a une réelle richesse dans la narration et la profondeur des caractères.

Aviez-vous déjà lu cet auteur ? Que retenez-vous de son écriture ?

Sophie : Non je ne l’avais jamais lu. Ce que je garde en tête de son écriture, c’est surtout une ambiance. Quelque chose d’un peu énigmatique, mystérieux, poétique aussi.

Colette : Jamais lu non plus et j’ai vraiment aimé ce récit étrange, à la lisière du conte philosophique, de la poésie, du rêve…

Bouma : Au final, vous parlez beaucoup de poésie dans vos réponses. Comment la décririez-vous, si c’est possible ? D’où vient-elle selon vous ?

Colette : La poésie de ce texte pour moi est intiment liée au personnage de Seymour, à sa délicatesse, à sa particularité, à l’infinie douceur avec laquelle il prend soin de Rouge…

Sophie : Avec un peu de recul, sans rouvrir le livre, je dirais que ce qu’il me reste de poétique, c’est l’ambiance : quelque chose de mystérieux, d’étonnant et de beau en même temps.

Bouma : Dernière question : Recommanderiez-vous ce texte ? Et à qui ?

Colette : Au plus grand nombre et à mes élèves surtout ! Mes 6e adorent cette collection. Et la 4e de couverture de celui ci les a beaucoup intrigués.

Sophie : Oui je le conseillerais sans doute à des enfants à partir de 9-10 ans. Je me vois bien le lire en accueil de classe avec des CM pour écouter tout ce qu’ils pourraient capter de ce texte.

Bouma : D’accord avec vous, un texte pour les plus grands car il y a un paratexte plus complexe que dans d’autres titres de la collection.

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Nous espérons que cette lecture commune vous aura donné l’envie de découvrir ce court roman, fort et mystérieux, dans lequel chacun peut faire une lecture différente.

Le Top 5 de Bouma

Difficile exercice que de garder 5 livres parmi la foule de parutions et de coups de cœur lus au fil des ans car chacun a provoqué une émotion de lecture qui lui est propre.

Aussi n’ai-je pas trop tergiversé et ai gardé les 5 premiers qui me sont venus en mémoire quand j’ai réfléchi à ces 5 “pépites” de la littérature de jeunesse.

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1.

Quand j’ai renoué avec la littérature de jeunesse, une fois devenue presque adulte,  je suis tombée en admiration devant une écriture, une histoire fantastique qui mettait ses personnages à rude épreuve, un livre qui pouvait me faire rire et pleurer, et qui, malgré les années passées, le peut encore.

Le Combat d’hiver de Jean-Claude Mourlevat, Gallimard Jeunesse
Prix Sorcières 2008 du roman adolescent

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2.

Quand j’ai eu des enfants, j’ai eu envie de leur faire partager le travail d’une illustratrice que j’aime beaucoup : Ilya Green. Et nous sommes tous tombés sous le charme de Bulle et Bob, un frère et une sœur aussi espiègles que complices qui, dans leur première aventure, se régalent des petits délices du sable et de la mer. Ajoutez aux illustrations, les magnifiques mélodies de Natalie Tual et vous comprendrez aisément notre engouement familial.

Bulle et Bob à la plage de Natalie Tual et Ilya Green, Didier Jeunesse

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3.

Quand j’ai commencé à travailler dans les bibliothèques, je suis retournée à mes premiers amours littéraires donc à la fantasy. Et j’ai eu la merveilleuse chance de découvrir l’univers créé par le regretté Pierre Bottero. Adapté désormais en bande-dessinée, donnant une nouvelle vie aux personnages si emblématiques que sont Ewilan, Salim, Ellana ou Edwin, la Quête d’Ewilan a marqué plusieurs générations de lecteurs.

La Quête d’Ewilan de Pierre Bottero, Rageot
La Quête d’Ewilan, T.1 D’un monde à l’autre de Lylian et Baldetti, Glénat

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4.

Quand j’ai eu la joie de voir réapparaître ce magnifique livre qui a bercé mon enfance, offert par ma mère, grâce aux éditions Être puis à Thierry Magnier, qui ont tour à tour racheté le catalogue des éditions du Sourire qui mord. Il y est de ses souvenirs que l’on contemple et cet album fait pour moi parti de ceux-là. C’est une ode à la rêverie, à l’imagination et à l’enfance…

Un Jour de lessive de Christian Bruel et Anne Bozellec, Thierry Magnier

De mes souvenirs d’enfance, je rajoute également Les Filles d’Agnès Rosenstiehl aux Editions des Femmes, qui m’a appris que l’on pouvait tout faire que l’on naisse homme ou femme.

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5.

Quand j’ai commencé mon poste actuel, j’étais en plein déménagement, avec un petit bout de quelques mois et un conjoint avec un travail très prenant. Pourtant un livre a su capter mon attention au point de me suivre dans tous mes déplacements : Hunger Games. Avec cette trilogie Suzanne Collins a fait faire un nouveau bond à l’édition jeunesse, . après les phénomènes Harry Potter et Twilight, et a permis l’émergence d’un nouveau genre : la dystopie.

Hunger Games de Suzanne Collins, Pocket Jeunesse

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J’aurais, bien sûr, encore beaucoup d’autres livres dont j’aimerais vous parler, mais ce sera pour un autre billet. Je laisse la place la semaine prochaine à Pépita et ses incontournables.

Une Preuve d’amour de Valentine Goby

Lorsque j’ai lu ce roman, j’ai été frappée une fois de plus par la délicatesse et la justesse de l’écriture de Valentine Goby. Aussi ai-je entrainé deux arbronautes, Pépita et Colette, à partager cette lecture (et j’espère qu’il en sera de même pour vous).

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Une preuve d’amour de Valentine Goby
Thierry Magnier, 2017 (2013 pour la première édition)

 

Bouma : Avant d’avoir lu ce roman, quels thèmes pensiez-vous y trouver en vous basant sur la couverture et le titre ?

Pépita: Tout de suite à une histoire d’adoption ou de migrants. Comme quoi, la couverture est explicite !

Colette : J’avoue qu’au seuil de ce texte, j’ai pensé lire une aventure en terre africaine, une aventure dans laquelle les héros devraient faire des sacrifices par amour..

Bouma : Pour moi il s’agissait plutôt de voyage avec cette jeune fille qui regarde au loin et la carte qui dessine les cheveux du visage central.
Et que raconte l’histoire finalement ?

Pépita : Le lecteur est transporté dans une classe, en cours de français, avec le texte des Misérables de Victor Hugo qui est étudié. Le professeur essaie de faire accoucher ces esprits une réflexion sur un personnage en particulier, celui de Fantine qui abandonne Causette. Mauvaise mère ou non ? Le débat est lancé, la discussion est vive… Abdou se lève d’un coup et quitte la classe. Il n’y a que Sonia qui perçoit le malaise du jeune homme et elle décide de l’aider.

Colette : Cette histoire est celle d’un amour naissant, un amour qui se tisse autour d’un mystère que le lecteur devra déchiffrer sur les pas du personnage principal, un amour courageux…

Bouma : Quel personnage vous a le plus touché et pourquoi ?

Pépita: et bien, je ne sais pas ! Bien sûr on s’attache d’emblée à Abdou et Sonia, c’est inévitable ! J’ai particulièrement apprécié les adultes dans cette histoire : le prof de français mais surtout le père de Sonia.

Colette : sans hésiter mon personnage préféré est celui du père de Sonia : quel  adulte bienveillant, respectueux, attentif, impliqué ! J’ai toujours eu une tendresse particulière pour ces papas qui s’occupent seuls de leurs enfants ! Pas de misérabilisme dans cette parentalité solitaire, mais des preuves d’amour en veux-tu en voilà !

Bouma : Je rebondis sur ta formulation Colette, non pas UNE mais DES preuves d’amour selon toi. D’amour maternel avec la mère d’Abdou, d’amour paternel avec le père de Sonia, d’accord. Mais n’y a-t-il pas aussi quelques preuves d’amour de la part de ces personnages adolescents ?
PS. Moi c’est le personnage d’Abdou qui m’a touché par sa sensibilité et sa relation au monde. Il dégage une présence même à travers les pages d’un livre.

Que pensez-vous des références à Victor Hugo ? Cela peut-il faire écho même chez des lecteurs qui ne l’ont pas lu ?

Pépita :J’ai trouvé ce procédé particulièrement intelligent, comme quoi les grandes œuvres traversent les siècles sans une ride ! Effectivement, soit on ne l’a pas lu mais je ne pense pas que cela gêne la compréhension de l’histoire (qui est très bien posée par rapport au contexte et à la référence) ou au plus, cela peut donner envie de lire ces pages. J’ai aimé aussi l’attitude de l’enseignant qui ne lâche rien, qui veut mener ces ados dans les derniers retranchements de leur réflexion. J’aurais du coup aimé le connaitre un peu plus aussi. Comme quoi les grandes œuvres ont toujours une résonance et que chacun peut s’identifier aux personnages à l’aune de sa propre vie. C’est aussi un roman sur la force de la littérature.

Colette : Absolument car oui j’ai honte  mais je n’ai jamais lu Les Misérables et j’ai parfaitement saisi à quel point cette référence était précieuse pour délier les nœuds en boule dans le cœur d’Abdou et Sonia. C’est un des miracles de la littérature : son précieux pouvoir cathartique ! Et puis je ne peux qu’apprécier un roman qui commence par une lecture analytique en cours de Français.

Bouma : Aviez-vous déjà lu d’autres romans de Valentine Goby ? Comment décririez-vous sa plume ?

Colette : J’avais lu Kinderzimmer offert par notre Carole lors de mon premier swap de Noël à vos côtés mes arbronautes et j’avais été bouleversée… Pour de nombreuses raisons, parce que c’est un roman essentiel sur la femme, son corps, la maternité quand tout vous prive de cette féminité, de ce corps, de cette maternité puisque l’histoire se déroule en grande partie à Ravensbrück… Je n’ai pas retrouvé le même style dans Une Preuve d’amour. Je ne saurais trop expliquer pourquoi. Parce que les choses n’y sont pas aussi complexes sans doute, parce que tout va très vite dans Une Preuve d’amour, le rythme de la narration est beaucoup plus basé sur le déroulé des évènements (comme souvent dans la littérature ado, me semble-t-il) que sur l’exploration des abysses de l’esprit humain !

Pépita : Je n’ai rien lu d’autre d’elle en jeunesse. Celui que tu cites Colette me tente depuis longtemps mais je n’ai pas encore eu l’occasion de le lire. Par contre, je l’ai lue en littérature adulte et j’ai notamment été embarquée par Un paquebot dans les arbres chez Actes sud. C’est une auteure qui a le don des personnages je trouve. Elle leur donne, malgré les situations qu’ils vivent souvent difficiles, une sorte d’élan de vie qui bouscule.

Bouma : Moi j’avais déjà lu Le Voyage immobile dans la collection d’Une seule voix chez Actes Sud Junior. Un texte très court encore plus que celui-ci, sur le handicap et la différence, qui avait su me toucher.
Pour Une preuve d’amour, certes les évènements conduisent la marche mais je trouve que la plume de Goby sait questionner le lecteur, l’interroger sur sa place dans le monde et dans la société.

 

Au final, Valentine Goby livre un roman plein de sens où littérature et réalité se font échos dans la quête de sens et la recherche identitaire.

Pour aller plus loin, retrouvez nos avis sur ce roman :

Colette

Pépita

Bouma

 

Prix A l’ombre du Grand Arbre – dernière ligne droite

Depuis le mois de janvier, nous vous avons révélé les livres en lice pour

le Prix A l’ombre du Grand Arbre selon diverses catégories.

.Si ce n’est pas déjà fait,

il vous reste jusqu’au 30 avril pour faire votre choix parmi les sélections :

.Nous avons mis un soin tout particulier pour ces sélections qui, vous vous en doutez, ont donné lieu pour certaines à des débats ou à des doutes…

Vu la période, vous avez l’habitude de voter !
Vous savez donc ce qu’il vous reste à faire…

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Et courant mai, des surprises sur le blog vous attendent pour fêter ses 5 ans !

Ce qui pour une aventure collective ET virtuelle est un sacré challenge,

vous en conviendrez !

Aventure dont nous ne sommes pas peu fières…

Au féminin…

D’ailleurs, A l’Ombre du Grand Arbre recrute : si vous souhaitez nous rejoindre,

merci d’écrire à : contact@alombredugrandarbre.com

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Et pour finir une photo de notre bel érable qui a 3 ans :

©Méli-Mélo de livres

Nouvelle bannière pour le Grand Arbre #Concours d’illustrations

A l’Ombre du Grand Arbre va bientôt fêter ces 5 ans d’existence, le 9 mai pour être plus précis !!!

Et nous avons envie de proposer une nouvelle identité visuelle à ce blog collectif.
Rappelons en effet que nous sommes 10 blogueuses à l’ombre du grand arbre, que nous venons toutes avec des sensibilités et des personnalités différentes, mais que nous nous rejoignons toutes dans la promotion de la littérature de jeunesse auprès de tous les publics.

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Nous proposons donc un concours d’illustration ouvert à tous (amateurs et professionnels) dont le but est de :

créer une nouvelle bannière à ce blog
(de laquelle découlera un logo pour les réseaux sociaux)

l’image devra contenir :

  • un ou plusieurs arbres ou tout du moins un environnement nature
  • des livres
  • le nom du blog
  • le copyright de l’illustrateur (même si vous nous en laissez la libre utilisation, votre illustration ne sera pas libre de droits)

elle devra être réalisée au format JPEG dans les dimensions 960×345 pixels

et envoyée à l’adresse concours@alombredugrandarbre.com

avant le 17 avril 2017.

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Toutes les illustrations participantes seront publiées au fur et à mesure sur la page Facebook du blog.

Une pré-sélection de 3 visuels sera réalisée par le collectif A l’Ombre du Grand Arbre, puis un vote ouvert au grand public départagera les 3 finalistes.

Le/la gagnant(e) sera dévoilée le 9 mai 2017, jour anniversaire du blog !

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Nous profitons de ce changement visuel pour remercier Soufie dont le talent nous a accompagné durant les 5 premières années de vie de ce blog.

A vos crayons !

Si vous cherchez un livre à mettre sous le Sapin…

Aujourd’hui A l’Ombre du Grand Arbre devient Au Pied du Sapin et vous propose une petite sélection d’incontournables à offrir aux petits et aux grands.

zoom_guirlande_de_noel_9_boules_lumineuses_rouges_decors_fait_a_la_main_21082Chez les Tout-Petits, on trouve emballés :

selectionpetits

Animaux surprises de Gilbert Legrand : parce que ce chouette album cartonné est adoré des petits de passage à la maison…

Patabulle de Juliette Vallery et Tristan Mory :  parce que cette série fait la part belle à l’imaginaire et éveille le jeune lecteur à la poésie du monde qui l’entoure, à la féerie du monde qu’il crée…

Copain ? de Charlotte Gastaut : pour sa simplicité apparente qui offre une toute autre image à travers une tablette. Une façon de lire différente, ludique et tout en beauté…

Les trés petits cochons d’Angélique Villeneuve et Martine Camillieri : pour éveiller la curiosité avec un remix des trois petits cochons, complètement décalé, résolument art contemporain…

Prendre et donner de Lucie Felix : pour un livre qui parle à tout le corps, qui se manipule et qui se pense, un livre en action, à partager avec sa famille…

600 pastilles noires de David A. Carter : parce qu’il est plein de pep’s et de magie et parce qu’il émerveille généralement les adultes autant que les enfants…

Déjà de Delphine Grenier : pour un voyage tout en douceur et en émerveillement face au jour qui se lève…

La promenade de Petit bonhomme de Lucie Félix : parce que jouer avec sa main dans le livre, il fallait y penser ! Une narration ludique, participative et en lien avec le quotidien du tout-petit…

Bonne Nuit Tout Le Monde de Chris Haughton : pour ces petits qui résistent au sommeil… c’est sans compter la stratégie efficace de Maman.

zoom_guirlande_de_noel_9_boules_lumineuses_rouges_decors_fait_a_la_main_21082Pour les jeunes lecteurs, la hotte contient :

selectionenfants

Dans les poches d’Alice, Pinocchio, Cendrillon et les autres d’Isabelle Simler : parce qu’on s’amuse tellement à observer cet imagier de contes pêle-mêle…

Sans Ailes de Thomas Scotto et Csil : pour sa poésie des images, métaphores des mots où le sublime duo nous entraîne avec douceur et sensibilité…

Les aventuriers du soir d’Anne Brouillard : parce que nul besoin d’aller bien loin pour éprouver dans ses sens le goût de l’aventure et ressentir le cycle du jour et de la nuit…

Elliot, super héros de Cécile Chartre : pour une écriture cocasse et amusante, une auteur à découvrir grâce à ce petit héros sympathique…

Comment fabriquer son grand frère d’Anaïs Vaugelade : pour tous les enfants qui ont eu la chance d’être bercés aux histoires de Zuza et pour ceux qui découvriront  dans ce très grand et très bel album l’humour et la fantaisie de ce personnage…

Joyeux Noël Chien Pourri de Colas Gutman et Marc Boutavant : pour ses anti-héros qu’on adore. Avec eux, on rit, on pleure et, surtout, on réfléchit !

40 jours d’automne de Philippe Milbergue : pour son message sur la famille, l’intégration et l’ouverture au monde…

À l’intérieur des méchants de Clotilde Perrin : parce que ce bel album sur les méchants des contes permet de les découvrir de l’intérieur. Avec des rabats, on voit le dernier repas du loup et de l’ogre par exemple. Un livre ludique et très bien pensé !

Histoire naturelle des animaux imaginaires de Damien Laverdunt et Helena Rajcak : pour partir à la découverte de mondes insoupçonnés…

zoom_guirlande_de_noel_9_boules_lumineuses_rouges_decors_fait_a_la_main_21082Pour les ados, le pied du sapin dévoile :

selectionados

Songe à la Douceur de Clémentine Beauvais:  parce que Clémentine Beauvais mêle audace, amour et vers libres dans chef d’œuvre…

Une étoile dans le cœur de Louis Atangana : pour son texte sur l’identité, l’insertion, les racines…

Un sale livre de Frank Andriat : parce qu’n bien beau sale livre ouvre le débat et fait réfléchir sur plus d’un sujet d’actualité…

Génération K de Marine Carteron : parce qu’on voudrait lire cette nouvelle série de l’auteure des Autodafeurs et pouvoir le piquer à son ado (on a le droit de faire ça?)…

#Bleue de Florence Hinckel : pour la forte émotion qu’il procure…

Mauvais sangs de  Sarah Cohen-Scali : pour son effet garanti !

Dylan Dubois de Martine Pouchain : pour son auteure qui montre ici le besoin parfois de se sortir de la famille pour retrouver des repères. Une belle aventure sous la forme d’un road-trip en solitaire…

Kodhja de Thomas Scotto et Régis Lejonc : parce que l’enfance est une oasis dont il faut se souvenir longtemps, qu’elle est le socle à ne pas oublier… Une lecture dessinée grandiose !

Les Messagers des vents de Clélie Avit : pour une aventure éblouissante et addictive  dans le monde de la fantasy pour la jeunesse signée par une nouvelle auteure française…

Lucie Finemouche & le Balafré de Juliette Vallery, Annabelle Fati et Yomgui Dumont : parce que cette série allie avec brio humour, aventure, fantastique et policier pour de bons moments lecture-détente…

zoom_guirlande_de_noel_9_boules_lumineuses_rouges_decors_fait_a_la_main_21082Et parce que les adultes aussi devraient recevoir un peu de littérature jeunesse à chaque Noël :

selectionadultes

Frida de Sébastien Perez et Benjamin Lacombe : parce que ce magnifique album  plonge dans l’univers sombre et torturé d’une grande peintre mexicaine. De superbes illustrations inspirées de l’univers de l’artiste et revues par Benjamin Lacombe…

Eleanor and Park de Ranibow Rowell : pour les portes qu’il ouvre sur l’intimité d’une adolescence, parfois oubliée…

A ma source gardée de Madeline Roth : pour son monologue puissant et limpide sur tout ce qui peut faire la force de l’amour et la désillusion aussi…

Tobie Lolness de Timothée de Fombelle : un souvenir inoubliable pour un roman universel, voire fondateur. Sorti en version intégrale avec une jaquette illustrée par François Place, cela en fait un très bel objet à offrir…

Dans le désordre de Marion Brunet : pour revivre des instants forts et les faire partager à ses amis, et parce que tous ceux qu’il l’on lu en ont apprécié la lecture  (même ceux qui pensaient être trop vieux pour la littérature jeunesse)…

Ma planète d’Emmanuelle Houdart : pour plonger dans l’univers enchanteur de l’auteure comme une invitation au voyage, une autre planète à explorer et un hommage délicat à l’imagination des enfants…

Le Combat d’hiver de Jean-Claude Mourlevat : pour son texte fort et puissant qui raconte le combat de tous face à l’oppression…

Le livre de Perle de Timothée de Fombelle : pour l’exemple par excellence du travail d’orfèvre d’un auteur dit pour la jeunesse !

Museum de Frédéric Clément : parce qu’on a toujours besoin chez soi d’un bel objet littéraire non identifié…

zoom_guirlande_de_noel_9_boules_lumineuses_rouges_decors_fait_a_la_main_21082Il ne vous reste plus maintenant qu’à faire votre liste au Père Noël…