Lecture commune : “Du haut de mon cerisier”

Ouh la la, tant d’émotions pour un si joli roman ! Nos yeux ont un peu piqué à la dernière page tournée !

Un livre tellement poétique et bouleversant qu’il fallait à tout prix que l’on partage ensemble ce qui nous avait tant touché.

Du haut de mon cerisier de Paola Peretti. Editions Gallimard, 2019

Alice- Qui veut bien nous en dire plus sur cette petit bouille qui se cache derrière les branches d’un cerisier ?

Pépita : Cette petite bouille a pour prénom Mafalda et elle a son univers : l’école, son chat, ses listes rassurantes, un papa, une maman, une dame à l’école qui l’aide et l’aime beaucoup. Mais surtout elle sait qu’elle va perdre la vue. Quand ? Elle aimerait repousser cette échéance qui la terrifie alors elle invente comme des relais talismans : surtout ce cerisier dans la cour de l’école. Qui est pour elle un repère. Elle compte les pas pour le toucher. Elle sait qu’il sera toujours là pour elle. C’est une petite fille de 9 ans désarmante de sincérité et de sensibilité. Aux sens aiguisés. Elle retient tout. Elle veut tout comprendre. Elle veut dompter ce noir qui l’attend. Elle veut la vérité. Elle met souvent les adultes face à leurs contradictions. Elle veut garder sa liberté. Et pour ça, elle a sa logique. Qui est implacable.

Alice : Joli résumé, tout est dit !
Et si on en reste sur le premier contact avec ce livre, je trouve la couverture superbe et très parlante. On y découvre cette omniprésence de l’arbre, ces yeux symboliquement cachés derrière les feuilles, ces cerises, fruit délicat, incarnation d’un renouveau et d’une renaissance, ce sourire optimiste… J’adore !

Comme tu le dis Pépita, elle est pas mal entourée Mafalda. Chacun l’accompagne face à la noirceur qui assombrit peu à peu sa vue. On parle un peu plus de ces personnages secondaires ? Lequel souhaiteriez -vous nous présenter ?

Pépita : Personnages secondaires… Ils sont tous principaux non ?
Estella m’a beaucoup touchée car elle sait si bien s’adresser à Mafalda. Elle la guide tout en lui laissant son autonomie, leurs échanges sont des perles de philosophie. On a tous connu une personne extérieure qui nous a aidé à un moment de notre vie, en-dehors de nos proches et qui est comme un phare dans la nuit. Estella, qui signifie étoile, joue ce rôle-là, de confidente, de repère. Compréhensive mais jamais directive. Elle laisse à Mafalda faire ses choix et Mafalda sait qu’elle est là. De plus, son histoire à elle n’est pas simple non plus. C’est sans doute pourquoi elle est si forte.

#Céline : Filippo ! J’ai beaucoup aimé ce garçon que tout le monde voit comme un gros dur alors qu’en fait, il cache un cœur tendre et quelques fêlures. Il va être un autre soutien de poids pour notre jeune Mafalda. J’ai trouvé que la relation qui s’installait entre eux était intéressante, entre amour et amitié sans que l’un ou l’autre prenne le dessus. C’est bien aussi.

Alice : C’est vrai que Mafalda est vraiment bien entourée. Sa vie est belle de rencontres généreuses. Les liens humains sont a la fois si simples et si beaux que ça fait sacrément du bien … à Mafalda … et à nous, lecteur… Chacun d’entre eux participent à leur manière (même le chat !) à une acceptation optimiste du handicap. Vous ne trouvez pas ?

Pépita : Oui, c’est vrai, mais tout de même : mon cœur de maman était serré à cette lecture… On sent comme une menace sourde, qui plane, comme Mafalda, on voudrait faire reculer ce noir. C’est un roman qui évoque beaucoup la lumière dans les relations mais aussi son pendant, l’obscurité. Cependant, parmi les personnages, je voudrais évoquer les parents de Mafalda : ils m’ont mise un peu “mal à l’aise”. Ils veulent protéger leur fille, c’est normal, ils ne voient que le côté pratique des choses, il n’y a pas beaucoup d’émotions entre eux, mais je ne sais pas, j’arrive pas à me l’expliquer. J’ai lu ces passages comme en apnée. Je garde la lumière d’Estella, la détermination de Mafalda et son immense solitude, où seule son amie a su l’atteindre. Mais pas ses parents. Estella est malade aussi. Est-ce cela qui les rejoint ? Est-ce que ça veut dire qu’on ne peut jamais vraiment aider ceux dans la souffrance ? Ou faut-il se protéger de la souffrance de l’autre pour continuer à vivre ? Mais on fait comment alors pour continuer ?

#Céline : Je rejoins un peu Pépita sur cette question. J’ai été assez oppressée pendant cette lecture, le décompte des pas et de la distance à laquelle Mafalda pouvait encore voir le fameux cerisier de son école, a joué sur mon moral. Mais je crois que c’est justement parce que l’autrice nous met parfaitement dans la peau de l’héroïne, que j’ai pris tout cela tellement à cœur. Le côté progressif de la perte de la vue est déstabilisant. Mais il permet aussi à Mafalda de cheminer doucement sur la route qui la mène à l’obscurité. C’est une belle leçon que nous donne la jeune fille et son entourage.

Alice : C’est vrai qu’elle est super cette gamine. Depuis le début de notre conversation, on ne manque pas de qualificatifs sur cette petite personne : désarmante, sincère, sensible, libre, mature… N’oublions pas qu’elle n’a que 9 ans ! Je crois que le lecteur l’aime aussi parce que malgré toutes ces éloges, elle n’est pas parfaite et, surtout, l’auteur ne nous plonge jamais dans le pathos et on apprécie que Mafalda aime le foot !
Tout ça, c’est la personne et l’entourage de Mafalda, mais son histoire ne serait rien sans toutes les références au héros d’Italo Calvino. On en parle un peu ?

Pépita : Oui, tu as raison de souligner l’allusion au “Baron perché”. Cependant, les enjeux ne sont pas du tout les mêmes. Et nul besoin d’avoir lu ce livre pour comprendre l’histoire de Mafalda. Néanmoins, l’ouverture demeure et on peut aussi le lire (ou le relire) du coup !

#Céline : Pour ma part, je n’ai toujours pas lu ce classique de la littérature italienne. Alors avec ou sans les références, j’ai tout de même apprécié ma lecture. Et surtout, maintenant, j’ai une nouvelle histoire à découvrir : celle de ce fameux “Baron perché” !

Colette : C’est chouette de vous lire, je renoue avec mes impressions de lecture à travers vos mots. J’avais trouvé ça génial que le père de Mafalda lui ait lu “Le Baron perché” alors qu’elle était enfant. C’est un livre exigeant auquel notre héroïne peut pourtant sans cesse se référer au point de transformer la parabole de l’exil du baron dans l’arbre en réalité. Je suis absolument fan des liens intertextuels que les livres entretiennent, à travers les époques, les genres, les publics. Dans le quotidien angoissant de Mafalda il y a cette trouée vers l’imaginaire permis par la littérature qui sublime la maladie et l’avenir qui se dessine et la rend un peu plus acceptable…

Pépita : Oh que oui ! pour moi le baron perché est passé en arrière-plan tellement j’ai été happée par ce noir qui allait arriver.C’est la relation avec Estella qui m’a emportée. Beaucoup moins avec les parents de Mafalda.

Alice : Qu’auriez vous envie de préciser/de rajouter pour donner envie à nos lecteurs de se ruer vers ce livre ?

Colette : Est-ce que vous pensez qu’il est pertinent de parler du fait qu’à travers Mafalda, Paola Peretti raconte sa propre histoire et la maladie génétique dont elle souffre depuis des années ? Je trouve que cela renforce l’espoir que l’on peut lire dans ce livre que de savoir que l’auteure s’est construit une vie de femme accomplie et engagée (elle enseigne l’italien à des enfants migrants) malgré son handicap. C’est tellement inspirant de lire l’histoire de personnes conquérantes malgré les embûches de la vie !!!

Pépita : Complètement Colette ! Le fait de savoir que cette histoire s’inspire de la vie de l’autrice, cela m’a permis d’avoir un espoir pour Mafalda.

Alice : Qu’auriez vous envie de préciser/de rajouter pour donner envie à nos lecteurs de se ruer vers ce livre ?

Pépita : Et bien justement que cette histoire s’inspire de la vie de l’autrice.

#Céline : Je leur dirais qu’ils pourraient bien être surpris de toute la lumière qu’ils pourront trouver dans ce roman où l’héroïne plonge dans l’obscurité.

Alice : Pas de doute, a lire tous nos échanges,  nous avons toutes été sous le charme ! Et nous espérons que cette lecture résonnera aussi en vous, aussi longtemps qu’elle nous a habitées.

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Ravies, avant de boucler cette article nous apprenons que Du haut de mon cerisier est pré-sélectionné pour le Prix des librairies du Québec  -catégorie 6-11ans

On croise les doigts !

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Merci  Pépita, #Céline et Colette

pour leur participation et leurs avis convaincants.

La chronique de Pépita-Mélimélodelivres

et celle de #céline

 

Des arbres et des livres

A l’ombre du grand arbre, on aime se poser, se promener, discuter, échanger …

A l’ombre du grand arbre, on aime se retrouver, se rassurer, s’épauler …

A l’ombre du grand arbre on aime bien sûr lire et bouquiner ….

Hommage à cette force de la nature, à ces racines bien ancrées et à ces rencontres étoilées : un peu d’arbres dans la littérature jeunesse…

 

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Pour Alice, l’arbre est synonyme de cachette et d’évasion avec :

Du haut de mon cerisier de Paola Peretti, Gallimard, 2019

Ou l’histoire de la courageuse Mafalda, pleine de joie, de chagrin, de colère qui avec son imagination nous apprend à voir le monde autrement alors que la maladie est en train de lui ôter la vue.

Ma fugue dans les arbres d’Alexandre Chardin, Magnard, 2019

Après, une nouvelle colère de son père, Tine décide de fuguer dans les arbres. les aventures ne font alors que commencer pour cette enfant sauvage que rien n’arrête !

Un roman plein d’humour et de délicatesse aussi !

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Pour Pépita et son Méli-Mélo de livres, l’arbre est synonyme de connivences et de racines avec :

L’arbragan de Jacques Goldstyn, La Pastèque, 2015.

Une merveille de sensibilité et de poésie entre ce jeune garçon et son chêne, dans lequel il trouve refuge, en toutes saisons. Son avis.

Un arbre une histoire de Cécile Benoist et Charlotte Gastaut Actes sud junior, 2018
http://www.actes-sud-junior.fr/files_asj/couvs/500/9782330111458.jpgUn magnifique album entre conte et documentaire qui associe une histoire à chaque arbre présenté : l’effet montre combien les arbres sont liés à l’humanité. Un bijou ! Son avis.
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 Pour Ada, la collectionneuse de papillons, l’arbre est devenu un compagnon, un être vivant dont la générosité sans faille est à protéger absolument. C’est cet amour que suggérait Shel Silverstein dans son album devenu un classique de la littérature jeunesse intitulé L’arbre généreux publié par L’école des Loisirs pour la première fois en 1982.
L’avis d’Ada par là.
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Pour Aurélie, ce fut aussi le prétexte d’une belle rencontre d’auteure lors d’un salon autour du livre “Le dernier arbre” d’Ingrid Chabbert chez Frimousse.
 Deux jeunes garçons découvrent le dernier arbre de leur ville, qui risque d’être détruit. Ils prennent alors à coeur  la mission de lui trouver un nouveau refuge. C’est album émouvant est illustré par Guridi.
Son avis et celui de Pépita.
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 Pour Bouma, l’arbre est un symbole de sagesse. Ancestral, patient, les générations filent devant lui.
Il était un arbre d’Emilie VastMeMo, 2012
Comme l’arbre de cette histoire qui voit passer les saisons, il faut prendre le temps de lire avec les yeux cet album aux multiples détails… Son avis complet.
Le jour où le grand chêne est tombé de David et Caudry. Thierry Magnier, 2017
 
Une histoire presque mythologique aux préoccupations écologiques qui résonnent comme un cri d’alarme. Son avis ici.
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Yoko Lulu et Solectrice aiment les arbres dans leur jardin. C’est pour cela qu’elles ont aimé cet album qu’elles vous invite à découvrir ici.
Le Jardin voyageur de Peter Brown. Nord Sud, 2010
 
On vous recommande aussi ce roman, qui se passe dans la forêt japonaise de l’île d’Hokkaido. C’est un coup de cœur pour Yoko Lulu, elle a adoré ce récit d’un garçon perdu dans une forêt !
Dans la forêt de Hokkaido d’Eric Pessan, Ecole des Loisirs, 2017
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L’arbre qui pousse peut aussi être une jolie métaphore… Isabelle a énormément aimé celle que proposent Nadine Brun-Cosme et Christine Davenir dans Le troisième fils de Monsieur John (Sarbacane, 2018).
 À la naissance de chacun de ses trois fils, Monsieur John plante une graine et un arbre grandit. Tous admirent le bel arbre qui pousse bien droit, emplissant de fierté le papa jardinier. Mais le troisième arbre est à l’image du dernier-né : il pousse à sa façon, déployant ses branches tordues dans tous les sens et suscitant la perplexité des voisins… Son avis et celui de Bouma.
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L’arbre offre aussi évidemment un terrain de jeux que les uns trouveront merveilleux, les autres… vertigineux ! Pombo Courage, d’Émile Cucherousset (Éditions MeMo, collection Petite Polynie, 2019), c’est une couverture ravissante, une histoire en forme de conte, un roman dans lequel on entre avec le sentiment réjouissant de renouer intensément avec l’enfance. Les avis d’Isabelle, d’Aurélie, d’#Céline et de Pépita.
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Au pied de notre arbre, nous vous souhaitons avec cette sélection, un beau voyage livresque ….

Lecture commune : P.O.V. de Patrick Bard

Il est de ces lectures dont vous sortez un peu abasourdie.

Vous êtes un peu comme le héros du livre que vous venez de refermer :  vous avez le sentiment d’avoir vécu une expérience nouvelle dont vous avez du mal à vous relever. 

Dans ces moments là, sans nul doute, au sein de ce blog collectif, une lecture commune s’impose.

P.O.V. de Patrick Bard. Editions Syros, 2018

 

Alice : P.O.V. un titre en forme d’acronyme, qu’il est peut être nécessaire de développer et d’expliquer au regard de la thématique du livre. Qui se lance ?

HashtagCéline : Avant de lire ce roman, j’avoue que “P.O.V.” ne m’évoquait rien. Pour le rendre plus explicite, je trouve que cet extrait du roman est parfait : «Ce qui l’a excité, c’est justement que, du coup, la fille le regardait dans les yeux. Du moins en a-t-il eu l’impression. Il ne savait pas encore qu’on appelait de telles vidéos des POV, point of view, terme anglo-saxon pour « caméra subjective ». Il ne comprenait pas non plus que l’homme forniquait tout en cadrant et en tenant la caméra. Deux emplois pour une seule personne, ça permet de réduire les coûts et d’optimiser les bénéfices. Mais de cela, Lucas ne savait rien alors, pas plus qu’il ne comprenait le sens réel de l’image qu’il voyait. » P.O.V. de Patrick Bard, c’est ça. Le ton est donné.

Solectrice : Ce titre ne m’évoquait rien non plus, pas plus que le grand X rose sur fond noir de la couverture (imperceptible si on ne connaît pas déjà le sujet). Seul le téléphone m’invitait à considérer le sujet : réseaux sociaux, objet de manipulation,… ? J’ai vraiment découvert cet univers du cybersexe, estomaquée, au fil des pages.

Alice : En effet, j’aime beaucoup ton extrait Céline, très intéressant. On comprend qu’il s’agit d’un gamin naïf qui tombe par inadvertance sur une video porno . Mais cela va plus loin, ce n’est pas une simple expérience, c’est un rendez-vous qui va se réitérer . Vous m’en dites un peu plus ?

Carole  : Oui, expérience qui va assez rapidement se transformer en véritable addiction. Et qui dit addiction dit chronophagie, obsession, frustration, insatisfaction, engrenage. Lucas tombe dans une spirale qui l’engloutit, à la recherche incessante de sensations originelle et nouvelle, et qui de facto va avoir des conséquences sur sa vie personnelle et familiale. Avec une écriture ultra-réaliste, l’auteur nous embarque alors avec lui et par répercussion avec ses parents.

Solectrice : L’adolescent découvre ainsi par étape, guidé par sa curiosité, par son excitation, un incroyable choix de vidéos pornographiques. Il découvre des anatomies, des pratiques et des postures qu’il ne soupçonnait pas. Il s’en nourrit, jusqu’à la boulimie. Et le lecteur le suit dans cette dimension, jusqu’à l’écœurement

Alice : Les parents, parlons en des parents. J’ai deux questions qui viennent à mon esprit :
– leur rôle tout d’abord dans ce roman. Leur attitude face un sujet tabou et à l’addiction de leur fils, les différentes phases qu’ils traversent. Vous nous en dites plus ?
-Et puis je pense aussi au parent que je suis (ou dans lequel vous pouvez vous transposer), le parent qui est l’adulte qui lit ce livre, l’adulte qui découvre un monde qu’il n’avait pas imaginé, l’adulte qui est porteur d’une éducation et qui se trouve confronté à une terrible réalité. Je crois que c’est dans ce rôle que ce livre m’a le plus chamboulé. Et vous comment l’avez vous vécu ?

HashtagCéline : L’attitude des parents peut paraître étonnante. On les sent détachés et on a surtout l’impression qu’ils prennent les problèmes apparents de leur fils (prise de poids, fatigue, chute des notes) à la légère. Il y a des signes ! Lucas est un ado et je pense que cela justifie beaucoup de choses à leurs yeux. Sa mère le dit lors d’un rendez-vous avec le prof principal “Tous les ados sont un peu comme ça, non?” Il a 16 ans et ce n’est plus un petit garçon que ses parents peuvent sans arrêt surveiller. Le père qui découvre le problème pense que grâce à son sermon et le visionnage d’une vidéo sur les dessous du porno, Lucas va passer à autre chose. Mais non. Je crois surtout que si l’on peut envisager certaines choses, l’addiction et l’ampleur de celle du héros est inimaginable. Et ses parents sont loin d’avoir saisi à quel point leur fils était accro. A quel moment un comportement devient véritablement inquiètant? Des modifications dans le comportement de Lucas donnent pourtant l’alerte mais je crois que ses parents n’ont pas envie de voir ou pas envie de croire que le problème est plus profond. Ca passera… Et puis, l’adolescence est une période trouble.
J’ai souvent eu envie de leur dire :”Mais vous ne voyez rien? Vous ne voyez pas comme votre fils est obsédé par son écran et ses vidéos??” Mais en même temps, malgré tout, je me disais qu’eux, à l’inverse de moi lectrice, n’avaient pas toutes les cartes en main. Mais j’avoue que ça m’a beaucoup fait réfléchir également. J’ai repensé à mon comportement d’ado envers mes parents et celui que j’aurai quand mes enfants seront ados eux-mêmes. On ne peut pas tout contrôler et il faut l’accepter. Et être très vigilant quoi qu’il arrive. C’est tellement compliqué !

SolectriceLes parents…
Le père semble prendre les choses en mains, à sa façon : il réagit en confisquant le téléphone et l’ordinateur, en imposant des images fortes pour culpabiliser son fils. Puis il redonne sa confiance, sans voir le malêtre de son fils, jusqu’au déni. Il refuse de questionner, d’échanger, de recourir à une aide. La mère, elle, paraît d’abord désemparée. Puis, comme elle a connu une dépression, elle cherche à tendre la main à son fils, voudrait l’emmener consulter un psychologue, mais elle abandonne face à la détermination de son mari, qui s’est toujours occupé de l’éducation de leur fils.
Quant à la mère que je suis, bien sûr, j’ai reçu ce livre en pleine face. J’ai pensé aux échanges fréquents que j’ai avec mes filles sur l’utilisation d’internet, aux limites que je pose comme l’extinction et la mise à distance des objets connectés la nuit. J’ai pensé aussi aux parents démunis ou insouciants que je croise et qui n’ont pas conscience de ces risques.

Alice : Je comprend leur désarroi, mais ils ont eu un côté culpabilisateur en montrant cette video, non ? Je rajouterai que pour moi, ils n’ont pas forcément était à l’écoute ou du moins dans la communication. Privé l’ado des moyens techniques, et alors ? Ne fallait -il pas plutôt l’informer, l’éduquer différemment ? Ce sevrage brutal n’a finalement pas pu éviter la “rechute” ?

Ce livre est clairement en deux partie : après l’addiction, il ya le sevrage. Lucas change d’environnement, de fréquentation. que diriez-vous de cette période ?

Solectrice : J’étais soulagée en lisant la deuxième partie : autant je me sentais étouffer dans le huis clos tragique de la première partie, autant j’ai aimé vivre la renaissance de Lucas par son ouverture aux autres, par la bienveillante présence de la mer, par le recours à la psychologie, par l’atelier d’écriture. Cette période est aussi l’occasion de confronter différentes addictions et d’envisager l’espoir d’en sortir.

HashtagCéline : C’est ce que j’ai particulièrement aimé dans ce roman. Il y a la descente aux enfers, un moment-choc puis la lente reconstruction. L’auteur aborde l’addiction et le sevrage avec le même franc-parler. Après une première partie oppressante, dérangeante et inquiétante, j’étais moi aussi soulagée, une fois remise de mes émotions, que Lucas soit enfin pris en charge. Confronté à des adolescents de son âge, il découvre que l’addiction peut toucher n’importe qui et prendre sa source dans beaucoup de choses. Jeux vidéo, nourriture, cannabis, alcool… J’ai trouvé ça vraiment intéressant de parler de toutes les formes que pouvait prendre la dépendance. Et aussi de montrer que s’en sortir était possible sans cacher les difficultés rencontrées lors d’un sevrage, quel qu’il soit. Patrick Bard n’édulcore pas trop la réalité.

Alice : Certes cette deuxième partie est rassurante mais elle a quand même un peu continué à me secouer. C’est là que l’on se rend compte des dommages collatéraux (comme on dit), et notamment la vision faussée que Lucas a de la femme, de la sexualité et des rapports sexuels. Le choc du virtuel qui ne se transpose pas dans la réalité, c’est rude !
Et malgré tout je pense que c’est cette confrontation et cette innocence qui rendent Lucas touchant. Il est hyper attachant, vous ne trouvez pas ?

SolectriceLucas m’a touchée aussi mais j’avais du mal à comprendre que la relation amoureuse ne le transforme pas aussitôt. Ses progrès dans la réalité et ses rapports aux autres sont très justement abordés.

HashtagCéline : Oui, la seconde partie reste tout de même assez perturbante, on ne peut pas le nier. Lucas est un personnage qui, même si on a bien compris l’engrenage dans lequel il est tombé, nous déstabilise tout au long de ce roman car on le sent complètement déconnecté de la réalité. Et outre son addiction qu’il doit combattre, il doit aussi réapprendre à vivre avec les autres. Il n’a pas les codes! Et son rapport avec les filles et les relations qu’ils imaginent vivre avec elles sont effectivement complètement déplacées. Mais Lucas est une victime, formatée par les images avec lesquelles il s’est construit une vision fausse de la femme et de la sexualité. Oui, il est touchant car il a tout à réapprendre pour espérer avoir une relation amoureuse et plus largement une vie normale. Je ne sais pas si je me suis vraiment attachée à Lucas mais son histoire m’a bouleversée.

Alice : Oui c’est ça, c’est un roman bouleversant sûrement par le sujet traité (de mes souvenirs jamais abordé en littérature jeunesse) mais aussi par le traitement qui en est fait. Un sacré défi relevé haut la main par Patrick Bard, vous ne trouvez pas ? 

HashtagCéline : Honnêtement, j’étais plus que sceptique en débutant ce livre. Je me disais que clairement cela allait être difficile de parler de cybersexe sans tomber dans le glauque voire peut-être un côté racoleur… Et pas du tout! J’ai eu certains moments difficiles pendant ma lecture mais j’ai trouvé que Patrick Bard savait nous parler de ce sujet très “casse-gueule” avec beaucoup de réalisme et de justesse. J’ai refermé ce livre avec l’impression d’avoir lu un véritable témoignage. Il y a des détails, mais pas un étalage de tout et n’importe quoi. L’auteur a su nous en dire assez pour que l’on comprenne cette addiction aussi grave que toutes les autres et dont il est très difficile de parler. Et ce roman surtout, il fallait aussi avoir le courage de l’écrire. Bravo vraiment à Patrick Bard!

Alice : Oui, voilà, un livre qui a eu un accueil particulier auprès de nous, adultes. Mais qu’en est-il des ados ? Qui a déjà conseillé ce livre ? Personnellement, cela me pose question, car je ne pense pas qu’il puisse être conseillé ” à partir de …” mais plutôt en connaissance de la maturité de l’ado, de son éducation, … et tout cela est bien subjectif. Avez vous vendu/ prêter/conseiller ce livre ? Quel en a été le retour ?

HashtagCélineC’est tout le problème avec ce livre. J’avoue que je ne l’ai pas dans la Médiathèque où je travaille. Je n’ai pas eu de retour sur ce titre de la part des ados. C’est donc mon ressenti et mon regard d’adultes qui sont les seuls juges de ce livre. Et c’est vraiment dommage. Et c’est à cause de cela que contrairement à d’autres romans, je pense que spontanément, je ne me verrais pas l’offrir ou le conseiller en premier lieu. Sauf si on me demande un roman sur le sujet de l’addiction ou une histoire qui se rapproche d’un témoignage. C’est idiot au final car je suis sûre d’une chose : ado, j’aurais adoré lire un texte comme POV…

Alice : Qu’aurai je oublié de dire que vous souhaiteriez ajouter ? Un petit mot pour la fin ?

HashtagCéline : Rien de plus à dire si ce n’est que ce texte difficile et compliqué à conseiller est un roman qui a tout à fait sa place dans les rayons des librairies et bibliothèques. C’est pour moi presque une nécessité.

Alice : Bien d’accord avec toi !

 

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Retrouvez nos avis pour ce roman sur nos blogs :

HashtagCéline 

Ils/Elles ont changé le monde

Ils sont nombreux ces hommes et ces femmes qui se sont engagés pour faire de notre monde, un monde meilleur.

Des destins extraordinaires, des parcours de vie qui ont forcé notre admiration, du courage, de la générosité, de l’engagement… la littérature jeunesse est remplie de références inspirantes pour toutes celles et ceux qui veulent s’engager à leur tour !

Nous vous proposons une sélection de portraits influents, connus ou moins, parfois romancés mais toujours documentés.

 

Rester debout de Fabrice Colin (Albin Michel, 2018)

Simone Veil, à la veille de sa mort, se remémore sa tendre et heureuse enfance mais aussi les années les plus terribles de sa vie. Cette biographie valorise une femme populaire d’exception qui a lutté toute sa vie pour la paix, le droit et la mémoire.

Retrouvez l’avis de Mélimélodelivres

 

 

Banksy et moi d’Elise Fontenaille (Rouergue, 2014)

Cet artiste envahit les rues et les murs de ses manifestes tout en restant un parfait inconnu.

Banksy est moi n’est pas une biographie mais un roman qui invite à vouloir fouiller un peu plus la vie de ce clandestin “art-terroriste”.

Retrouvez l’avis d’Alice

 

Marie Curie d’Isabel Thomas (Gallimard Jeunesse, collection Les grandes vies, 2018)

La vie de cette grande femme vue façon bullet journal : parties romancées, anecdotes en vrac, illustrations fluos et parties documentaires. Un rendu très frais qui rend Marie Curie très contemporaine.

 

Retrouvez l’avis d’Aurélie

 

 

Marie Curie : la scientifique aux deux prix Nobel de Céka et Yigaël (Editions Faton, 2017)

C’est sous forme de BD cette fois que vous pourrez découvrir la vie de Marie Curie, de son enfance à sa mort, en passant bien sûr par sa rencontre avec Pierre Curie et ses travaux sur la radioactivité.

Retrouvez l’avis de Sophie.

 

Chez MéliMélodelivres, une collection d’albums grand format intitulée “Qui êtes-vous ?” chez l’éditeur Bulles de savon qui rend hommage aux écrivains, aux peintres, et bien d’autres LA.

Une autre collection sur le sujet du même éditeur à découvrir LA.

Une autre collection “T’étais qui toi ?” chez Actes sud junior qui met en valeur des personnages réels d’une façon fort vivante.

Un titre chroniqué chez MéliMélodlivres mais vous pouvez retrouver la collection LA.

Une autre collection que Pépita affectionne beaucoup, celle “Des graines et des guides” chez l’éditeur A dos d’âne : riche déjà de 89 titres, cette collection en format poche va à l’essentiel en présentant des femmes et des hommes morts ou vivants qui ont marqué ou marquent l’histoire. Pour un lectorat à partir de 8 ans et bien plus !

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Dans la gueule du loup de Michael Morpurgo illustré par Barroux (Gallimard jeunesse, 2018) 

Chez Hashtagcéline, il est question des hommes et des femmes qui, pendant la seconde guerre mondiale, se sont battus dans l’ombre pour la liberté. Dans son roman Dans la gueule du loup, Michael Morpurgo nous parle de sa propre histoire familiale et nous dresse le portrait émouvant d’un de ces hommes qui par son engagement a fait notre monde d’aujourd’hui.

Retrouvez l’avis d’Hashtagcéline

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Frida de Benjamin Lacombe et Sébastien Perez (Albin Michel jeunesse, 2016)

Frida Kahlo est une artiste mexicaine qui a marqué son pays et pas seulement. À travers ses œuvres, elle représente les douleurs de son corps et de sa vie. Elle est une figure du féminisme du XXe siècle. Benjamin Lacombe lui rend un bel hommage dans cet album.

Retrouvez l’avis de Sophie

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Irena de David Morvan et Séverine Tréfouël (Glénat, 2017)

Voici une série de bande-dessinée qui fera découvrir aux jeunes et aux moins jeunes le destin d’Irena Sendlerowa.  Cette polonaise peu connue du grand public a sauvé des dizaines d’enfants juifs pendant la Seconde Guerre Mondiale et mérite qu’on s’arrête sur son histoire.

Retrouvez l’avis de Bouma

sur le premier tome

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Nina d’Alice Brière-Haquet et Bruno Liance (Gallimard jeunesse, 2015)

Nina Simone est connue dans le monde entier pour sa voix magnifique et son influence sur le monde de la musique. Grâce à cet album sélectionné l’année dernière dans le Prix des Incorruptibles, les enfants peuvent également découvrir son combat pour l’égalité des droits des afro-américains.

Retrouvez l’avis de Bouma

 

D’un combat à l’autre, les filles de Pierre et Marie Curie, de Béatrice Nicodème, (Editions Nathan, 2014)

Un roman historique passionnant pour découvrir trois femmes extraordinaires : Marie Curie et ses filles Eve et Irène. Chacune, à sa façon, va s’engager dans la Grande Guerre. Que ce soit au nom de la science, de l’art ou simplement de l’humanité, elles vont changer le cours de l’Histoire.Retrouvez l’avis de la collectionneuse de papillons. 

Louis Armstrong, de Pierre Ducrozet, Zaü et Jacques Bonnaffé (Éditions des Bulles de savon, 2012)

Et pour finir, voici un album consacré à un autre jazz-man à la destinée extraordinaire : Louis Armstrong. Le récit de Pierre Ducrozet, les illustrations de Zaü et la voix de Jacques Bonnaffé nous transportent de la Nouvelle-Orléans aux rives du Mississippi puis au cœur des grandes villes américaines et mondiales, pour une épopée qui n’est pas que celle d’un homme, mais aussi celle du jazz et des États-Unis…

Retrouvez l’avis d’Isabelle sur L’île aux trésors

 

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Des portraits, des hommages, des livres à mettre entre les mains des jeunes et des moins jeunes, … pour comprendre une société, l’Histoire et parfois sa propre histoire.

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Lecture d’ado : Soixante-douze heures de Marie-Sophie Vermot

Parce que notre regard d’adulte sur la littérature d’ado, nous fait souvent douter de notre point de vue, de notre ressenti… et nous poser la question “Qu’en penseraient les ados ?”, nous avons souhaité mettre entre les mains d’une jeune fille de 17 ans “Soixante-douze heures” de Marie Sophie Vermot.

Après notre lecture commune, souvent troublante, nous avons eu envie d’avoir son avis et nous sommes ravies qu’il complète si parfaitement le nôtre !

**Quelles ont été tes premières impressions en regardant la couverture ?
En voyant la couverture je me suis de suite dit que le personnage principal, ou celui dont on allait entendre parler, était une fille. On se demande naturellement qu’est ce qui lui est arrivé, pourquoi elle est dans cette position (recroquevillée) : est-elle en danger ? Pleure-t-elle ? Je me suis aussi demandée si la couleur bleue avait une signification importante…

***Finalement, de quel sujet traite ce livre. Un petit résumé ?
Ce livre traite de la naissance sous X c’est-à-dire le choix de donner naissance à un enfant mais choisir de ne pas l’élever.
C’est donc l’histoire d’Irène B, une jeune fille de 16 ans, qui tombe enceinte d’un garçon qu’elle connait à peine et qui décide dès le départ (même si à cette date il est encore possible d’avorter) de mettre au monde cet enfant mais de ne pas l’élever. Elle cache alors cette grossesse à son entourage jusqu’au dernier moment.

Le livre nous décrit les soixante-douze heures après l’accouchement durant lesquelles Irène B doit prendre une décision définitive quant à l’avenir de Max, son bébé.

**Avais tu déjà lu un roman sur cette thématique et sinon qu’en as-tu passé ?
Oui j’ai lu L’été circulaire de Marion BRUNET qui traitait de la grossesse d’une jeune fille mais pas de l’accouchement sous X. Je pense que l’accouchement sous X est une réelle opportunité pour des filles/femmes qui ne veulent pas avorter ou qui ne se sentent pas capable d’élever un enfant : c’est une alternative qui peut s’avérer utile. Le fait qu’un livre traite de ce sujet permet de mettre en avant cette « méthode », d’informer, de sensibiliser les personnes afin qu’elle (la méthode) ne soit pas vu comme un rejet de son enfant mais plutôt comme une décision à part entière : en tous cas c’est comme ça que le sujet est traité dans ce livre.

**Que penses tu de la décision d’Irène ?
Je pense qu’Irène a pris la bonne décision car elle l’a réfléchie même si au départ c’était comme une obligation, une intuition.

Mais si au final elle avait décidé de garder son bébé j’aurais trouvé ce changement d’avis justifié.

**En ce qui concerne la forme et le fonds, qu’as tu pensé de la mise en page type journal avec la date et le mélange des pensées , les souvenirs et la réalité ? 
Le journal est je trouve une bonne forme pour relater l’histoire d’Irène : cela nous permet d’avoir accès aux pensées d’Irène et c’est un avantage car c’est comme ça qu’on comprend son choix. Cependant à la fin on apprend que ce journal est finalement l’objet qu’elle laissera à Max après son départ et à sa place je ne pense pas que j’aurai laissé autant d’informations. En fait je trouve que tout se mélange continuellement entre sa vie à l’hôpital, ses souvenirs et ses pensées et c’est finalement un peu brouillon…Des fois j’avais l’impression de relire des passages, d’autres fois je ne voyais pas l’intérêt du souvenir dans l’histoire.

Sur le fonds, j’aurai aimé voir d’autres choses  exploitées, que je trouve plus importantes : la relation père/fille, ou grand-mère/petite-fille, beaucoup plus l’expérience de la maman et peut être mettre moins en avant les frères et sœurs d’Irène. La relation avec Nour me semble trop développée aussi. Par exemple l’épisode de leurs vacances ne sert à rien et reste futile et c’est dans le sens de ces remarques que je pense que ça ne devrait pas être le journal transmis à Max.

Et pour finir, je rajouterai qu’un roman plus court et plus intense surtout en émotion m’aurait plus émue, peut-être aurais-je préféré quelque chose comme Ma tempête de neige… de Thomas Scotto qui permet d’avoir réellement l’essentiel.

**Ce roman met à l’honneur les femmes et le poids de la transmission, penses tu que la décision d’Irène a été influencée par celui-ci ?
Evidemment le choix d’Irène a été influencé par sa mère et ses paroles mais pour finalement s’en servir positivement avec un désir de s’opposer à elle. Je pense que cette grossesse l’a faite grandir moralement et elle se sent alors capable de décider seule des choix à faire dans sa vie malgré ses doutes et ses peurs. De plus elle a une relation compliquée avec sa maman qu’elle trouve peu indulgente avec sa petite sœur handicapée et cela aussi lui permet peut-être de se dire qu’elle ne veut pas se comporter comme elle avec son enfant, elle préfère décider seule, pas dans le sens de l’avis de cette mère qu’elle ne comprend pas, même si c’est compliqué de s’opposer à sa propre mère qui nous a élevé et encore plus quand on n’a que 16 ans.

**Un avis sur les autres personnages féminins ? La mère, la grand-mère ? Leur rôle ? Leur attitude ?
La mère dans ce rôle de raisonnement d’Irène a un rôle important : cela permet de remettre en cause ses décisions et de se questionner. Je trouve que le personnage de la grand-mère n’est pas assez exploité justement : pour Irène c’est un personnage protecteur, sur qui elle peut compter.

**Pense-tu que la réception du roman peut être différente par des ados ou des adultes ?
Oui je pense que le roman peut-être reçu différemment selon l’âge du/de la lecteur/rice mais aussi le vécu de chacun : une jeune fille n’éprouvera pas les mêmes sensations qu’une adulte qui a déjà vécu une grossesse ou une autre qui a déjà accouché sous X. Je pense que l’identification au personnage n’est pas la même pour un ado ou une adulte.

**A-t-il changé ton regard sur la grossesse ? La maternité ?
Je ne dirai pas changé mais il a complété mon savoir. Ce roman présente quand même une vision particulière de la grossesse, Irène choisi directement de garder son bébé, elle ne se protège pas, elle ne se met pas de pression jusqu’à l’arrivée à l’hôpital…Je la trouve un peu « inconsciente », ça rend la grossesse un peu utile.

**Penses-tu que la lecture de ce roman doit rester intime ou peut-il, comme certains romans de formation servir de tiers pour aborder cette thématique avec des ados ?
Je pense qu’il peut parfaitement servir de tiers pour aborder le sujet avec des ados mais en complétant par un avis plus « préventif » et aussi insister sur le fait qu’on peut en parler, qu’on ne doit pas cacher ce genre de chose (même si dans le livre la grossesse permet à Irène d’avoir son propre secret à ne partager avec personne).

**Finalement en 1 mot, quel effet ce livre dans la tête d’une adolescente de 17 ans ?
Il y en aura 2 : Choix et Conséquences.