Coeur de Bois (2) : lecture à travers des yeux d’enfants

A l’occasion de notre lecture commune de Coeur de bois, nous nous sommes posées la question de savoir quel écho, cet album pouvait avoir auprès des enfants.  C’est en toute simplicité que nous leur avons mis le livre entre les mains et que nous avons recueilli leurs premières impressions.

Pour T., Grand-pilote de 7 ans :

C’est une impression de tristesse qui domine à la fin de cette lecture.
« Le loup, ses enfants ne le reconnaissent plus, ne veulent plus de lui. Et puis il est handicapé. Il ne pèse pas plus qu’un fagot de bois. »
Le personnage qui a donc le plus apitoyé ce petit d’homme, c’est ce vieillard impotent qui crève de solitude. Quant à Aurore, « Je la trouve très prétentieuse quand elle dit :  « La plus belle, c’est moi. »
Quand on lui a demandé si cette histoire ne lui rappelait pas une autre histoire, il m’a répondu « non ». Et puis quand je lui ai suggéré qu’il y avait peut-être un rapport avec Le Petit chaperon rouge il a énuméré toute une liste de contre-arguments :
 » Pas du tout , D’abord le loup est mort à la fin du petit chaperon rouge, on lui a ouvert le ventre pour le remplir de pierres, il ne peut donc avoir vieilli. Et puis, le Petit Chaperon rouge n’a pas de prénom, il est brun et il ne porte que du rouge et là l’héroïne s’appelle Aurore, elle est blonde et elle porte du noir ».
Au final, T. a aimé cette histoire mais il trouve qu’elle a été coupée en plein milieu !

« C’est dommage » ‘a-t-il dit « qu’on ne sache pas ce qui se passe ensuite. »

 

Pour M., 16 ans grande lectrice de tout ce qui lui tombe entre les mains :

Une lecture en demie -teinte pour cette ado : « Il est bien cet album, mais dés que j’ai vu le loup, je me suis dis que c’était une adaptation du Petit Chaperon rouge. »

« Ce qui me pose question c’est de comprendre pourquoi Aurore est si gentille. Elle s’ennuie en fait ? Car c’est évident,  elle n’a pas pardonné et et elle n’est pas si forte qu’elle le prétend, on dirait qu’elle se sent obligée de l’aider. Pourquoi ? »

Quand on lui demande de réagir sur la dernière remarque de T. qui aurait aimé connaitre la suite de l’histoire, elle répond :  » Au contraire, pour moi cette histoire elle a été trop loin, les auteurs auraient du s’arrêter quand on voit le loup. Ils auraient du laisser planer le doute pour que l’on s’imagine ce que l’on veut, là c’est presque trop évident. »

Au final, elle note la qualité globale de l’ouvrage et le travail de l’illustrateur sur la construction cinématographique de l’album avec le changement de plan et de point de vue à chaque pages tournées.

Comme nous, elle s’interroge sur le public visé et « l’interprétation de cette lecture qui sera sûrement différente par des enfants plus jeunes ».

Pour H., 17 ans, lectrice en tous genres et écrivaine à ses heures : 

Première parole dès la lecture : « Ce n’est pas un livre pour enfants je trouve. Très sombre, à la limite de l’angoisse. On reste longtemps en suspens et puis une page suffit à comprendre. Enfin, presque….parce que l’explication va jusqu’au bout et elle vous gifle. »

Et les personnages, ils t’évoquent quoi ? « Le conte du Petit chaperon rouge bien sûr mais j’ai trouvé que les deux personnages sont à pied d’égalité, pas pour les mêmes raisons. Le loup, même faible physiquement, a une sorte d’aura invisible. Aurore, elle m’impressionne beaucoup par sa volonté extrême : elle s’excuse presque d’en être arrivée là, elle n’existe que par le loup dans cette forêt. Elle puise sa force dans ce souvenir. J’ai eu peur que ça déraille entre eux à cause de la tension, mais non. Il y a beaucoup de respect entre eux.

Ton mot de la fin ? « C’est un album troublant je trouve, qui interpelle et qui reste dans la tête à cause des mots dits et des images si fortes. »

La petite sœur, F. 15 ans, quant à elle, le trouve « vraiment bien, très fort bien sûr mais je pense que des enfants de 8-9 ans peuvent le lire. 5 ans, non, c’est trop jeune. Et il est waoouh ! Après la lecture, on est un peu sonné. Faut le lire plusieurs fois en fait. J’ai beaucoup aimé la morale de la fin. Elle dit tout pour moi. Ça fait drôle aussi de voir ces personnages de conte si différents. On imagine pas du tout ça. »

Rajoutons l’avis de Régis Lejonc, illustrateur, qui a gentiment réagit à notre lecture commune :

« Pour répondre à la remarque de l’âge du lecteur visé, j’étais comme vous, plutôt à penser qu’il s’agissait sans doute d’un album plus adulte… jusqu’à ce que je rencontre 3 classes depuis sa parution.
CP et CE… et ils ont tout compris, ont les références et savent, déjà ce que sont les cicatrices du corps et de l’âme.
Bluffé j’étais ! »

Voilà des avis enrichissants qui ont pu légèrement secouer la lecture analytique de certains adultes. 
La lecture à voix haute réalisée pour T. Grand-pilote de 7 ans, a aussi révélé le niveau de langue parfois un peu familier, détail auquel nous n’avions pas fait  attention jusque-là. Mais au delà des quelques familiarités, c’est le niveau de langue général, le vocabulaire particulièrement soigné, qui renvoie souvent au monde des adultes, qui est apparu dans toute sa particularité à l’occasion de cette lecture à haute voix.

Dans touts les cas l’avis des plus jeunes est unanime : ce n’est clairement pas un livre pour les petits mais pour les grands de 7 à 17 ans…. comme eux.

Une question qui reste ouverte et pour laquelle nous vous proposons de vous faire votre propre avis … 

Bonne lecture

Coeur de bois de R. Lejonc et H. Meunier

Il est de ces livres qui nous fascinent par leur singularité, leur beauté et leur qualité. 

Tel est le cas, aux editions Notari,  de Coeur de Bois de Régis Lejonc et Henri Meunier, un album vers lequel on on se sent irrémédiablement attiré et qui tient les promesses espérées.

AliceJ’ai envie que l’on tourne les pages de cet album les unes après les autres,qu’on le découvre tranquillement sous ses divers aspects, c’est un peu l’effet souhaité par les auteurs vous ne pensez pas ?

Pepita – Oui c’est vrai, il émane de cet album un tel mystère ! On a vraiment le sentiment d’emblée de toucher et de voir là quelque chose de rare.

Bouma – Je le trouve très cinématographique dans sa conception. Impossible d’en oublier la linéarité, la fluidité.

Colette -Les premières pages sont en effet particulièrement bien construites comme le début d’un très bon film pour reprendre la comparaison de Bouma : plan panoramique, plan moyen, plan général… Les auteurs construisent le cadre de la narration de manière très visuelle, en douceur, dans des couleurs automnales, à la fois généreuses et mystérieuses. Et nous projette déjà dans le mouvement, le mouvement d’Aurore, un mouvement … cathartique, pourrait-on dire…

AliceIl ya cette illustration en double page, ce village dans son ambiance un peu énigmatique…
Et puis l’on découvre Aurore, seule face à son miroir, décrite avec soin par l’auteur. Que vous a-t-elle inspiré ?

Pépita – Un grand sentiment de liberté et de détermination mélangée à une part de mystère : elle m’a intriguée d’emblée.

Bouma – Je ne sais pas pourquoi mais elle m’a tout de suite fait pensé aux contes classiques. Peut-être le mélange entre son prénom (Aurore comme la Belle au bois dormant), le reflet dans le miroir (comme Blanche-Neige) et son air de femme fatale, déterminée, héroïque.

Colette – Alors pour moi Aurore est vraiment une sorte d’icône féminine et les mots qui accompagnent son reflet au tout début du livre m’ont tout de suite mis la puce à l’oreille : là je n’avais pas n’importe quel livre entre les mains, un livre avec des images oui, mais un livre tissé de mots d’adulte, de mots de grand, de mots d’amoureux oserai-je même dire !

Pépita – oui c’est vrai : il y a quelque chose de très sensuel dès les premières pages.

Alice – Des collègues-lectrices-adultes y ont vu une ressemblance flagrante avec Brigitte Bardot. Le descriptif que vous en faites y correspond complètement, mais y avez vous vu cette référence ?

Pépita – Absolument pas ! je n’y ai vu aucune ressemblance, si ce n’est une sorte de personnage concentré des contes de fées à la sauce moderne.

Colette –  Pas à Brigitte Bardot en particulier mais c’est vrai que tout en elle évoque une certaine époque, les années 60, en effet : son joli carré, sa jupe, son petit béret, cette revendication de femme libre… Il y a un peu de tout ça qui se dessine dans sa svelte silhouette.

Alice – Aurore file dans sa petite voiture rouge (un détail finalement peu anodin, non ?) et s’enfonce dans la forêt, laissant sa pensée se laisser envahir par l’organisation matérielle de son quotidien et la contemplation sereine de la nature. L’album se construit et pourtant parait de plus en plus énigmatique . Où tout cela nous mène -t-il ?

Entre inquiétude et apaisement, comment avez vous ressenti ces 4 pages où le voile mystérieux ne semble pas se lever ?  

Bouma -Plus que mystérieuses, ces pages ont fait monter l’angoisse chez moi. Je n’y ai pas vu de quiétude mais une confiance en soi, une maîtrise de l’environnement qui me faisait peur. Car pourquoi une jeune femme si apprêtée aurait besoin d’une balade dans les bois ? Je me suis sentie comme dans les premières pages d’un bon thriller.

Colette – Mystérieuses ces pages en effet, du coup je les ai dévorées pour en savoir un peu plus : où va Aurore ? Elle ne semble pas se rendre à un quelconque travail elle semble bien au dessus de ce genre de trivialités, et je me suis complètement laissée surprendre par sa destination !

Pepita– Oui bien mystérieuse destination ! Des indices semés ça et là mais sans lien apparent. L’étau se resserre peu à peu, c’est même assez angoissant ce contraste entre sa liberté de femme libre, sa sérénité dans le monde sombre de la forêt, et l’arrivée dans cette maison délabrée, le fait qu’elle parle à quelqu’un qu’on ne voit pas et qu’elle se mette à son service avec tranquillité comme si tout ça était normal, dans l’ordre de l’habitude. On se dit : une grand-mère ? Un ermite ? Une amie d’enfance ? On se laisse porter par le mystère.

Alice -Oui c’est ça, elle entre dans cette maison avec une attitude plutôt bienveillante et attendrissante. Des indices nous disent que même si elle prend le balai, elle n’est pas l’aide a domicile, que la maison n’est pas en bon état mais que le service à thé est parfait et que le vieillard est plutôt heureux de sa compagnie. Et la… le choc, on tourne la page et on découvre qui IL est vraiment. Terrible cette page !

Prenons là seule, dans sa globalité, juste deux phrases et une illustration à couper le souffle. J’en reste sans voix, pas vous ? L’aviez vous présagé ? Mais pour autant avez vous tout compris de l’histoire ou a t-il encore fallu découvrir les pages suivantes ?

Bouma– Effectivement, cette page est un pivot dans l’histoire. Pour moi elle a mis fin au suspens tout en apportant une nouvelle tension, de nouvelles questions renfermées dans ce « Oui toujours » quand on demande au personnage s’il a faim. Présage ? Reflet d’autrefois ? Et tant de pages à lire encore pour essayer de deviner.

Pepita – Le choc oui …une surprise de taille que l’identité de celui à qui elle s’adresse. Dans la tête du lecteur s’opère alors un renversement de situation puisqu’il comprend alors l’enjeu de cette histoire. Juste en image. Ensuite viennent les mots et là on creuse encore. On va au bout de l’idée et de ce qu’elle révèle en profondeur. C’est vraiment très fort dans tous les sens du terme. Même la couverture, on la lit différemment du coup.

Colette– J’ai très fortement ressenti la tension qui montait jusqu’à ce portrait de l’interlocuteur d’Aurore que l’on prend en plein coeur ! On le reconnait tellement, on se reconnaît tellement dans cette page là, il y a tout un monde qui se joue dans cette image, le monde d’Aurore mais aussi notre monde, celui que nous nous sommes construits dans l’enfance et qui comme l’interlocuteur d’Aurore a pris un sacré coup de vieux… Ce portrait est un véritable pivot dans l’album, il nous fait basculer dans une lecture bien différente de celle que nous croyions mener jusque là…

Pépita -oui exactement Colette ! On se dit que jamais on aurait pu penser voir les personnages de conte vieillir et que les proies de leur jeunesse puissent les mettre devant leurs responsabilités à ce point ! du coup, est-ce encore un album pour enfants?

Alice – Comme le dit Colette, notre lecture bascule d’un coup et l’on découvre alors les motivations d’Aurore en entrant dans la psychanalyse pure et dure ! Aurore est là comme pour nous rappeler que les épreuves ne s’effacent pas mais marquent notre vie à jamais.
Dans un long monologue Aurore nous parle de sa resilience, elle semble très affirmative … et pourtant… Pensez-vous qu’Aurore est aussi forte qu’elle se décrit ?

Bouma – Comme tu le soulignes, Aurore se décrit. Peut-être se donne-t-elle la force d’avancer par delà le passé ? Peut-être est-ce pour se donner du courage ? Peut-être est-ce la vérité ? C’est le doute qui est pour moi intéressant.

Colette –  Aurore est-elle aussi forte qu’elle se décrit ? Nous ne pouvons véritablement le savoir car nous ne vivons à ses côtés qu’une seule journée, je pense que nous ne pourrions témoigner de sa force réelle que si nous la suivions sur plusieurs semaines, sur plusieurs années, être avec elle quand elle retrouve ses enfants, écouter ce qu’elle leur dit, ce qu’elle leur raconte le soir avant d’aller dormir… Mais une chose est sûre, elle a beaucoup réfléchi, analysé ses souffrances et semble avoir trouvé dans cette étrange relation qu’elle a créée avec son bourreau une forme de résilience comme tu le dis si bien. Et pour cela il faut avoir beaucoup de courage.

Pépita – Ah si pour moi elle est forte, immensément forte ! Qui oserait aller rendre visite régulièrement à quelqu’un qui vous a fait mal alors que vous avez réussi à construire votre vie malgré tout ?…Je pense que cela la conforte dans sa force de caractère, voire même dans le fait qu’elle soit si vivante, y compris dans les gestes anodins du quotidien ( conduire sa voiture librement, manger un croissant, se regarder dans le miroir,…). Car affronter ses peurs, ce n’est pas oublier, ce n’est pas pardonner, c’est avancer. J’ai particulièrement aimé ces dialogues que vous citez car la parole libére les mots, pansent les plaies. Ils ont tous les deux besoin pour moi de se situer là où ils en sont dans leurs vies respectives avec infiniment de bienveillance. Cette bienveillance m’a énormément touchée. Elle est comme une sorte d’espoir. Que tout est possible malgré tout.

AliceEn filigrane, on a vu s’écrire une histoire, tout droit sorti d’un conte de l’enfance. Un jeu d’inversion de rôle que nous avions même pas pu envisager. Qu’est ce que cela vous a évoqué ?

Bouma – Un sacré coup de vieux ! Quand on se rappelle des contes de son enfance, il y a forcément le temps qui passe en filigrane même si ceux-ci sont si intemporels qu’ils en paraissent immortels.

Colette-Ce n’est pas nouveau d’inverser les contes classiques, de les détourner, de les malmener. Ici c’est bien plus subtil d’après moi, il ne s’agit pas vraiment d’inverser les rôles, chacun est resté le personnage qu’il a été jadis, « il était une fois », mais le temps a fait son œuvre, et les personnages ont changé. C’est ce qui est absolument génial ici, nous quittons la sphère atemporelle du conte (sans complètement la délaisser) pour intégrer le réel et sa matérielle finitude. « Humains, trop humains », ces personnages là nous ressemblent tellement !

Pépita – En fait, cela m’a ébranlée. Je n’avais jamais vraiment imaginé enfant que les personnages de conte puissent devenir adultes et vieillir. Même si beaucoup d’adaptations existent, de contes détournés,…je trouve que cet album franchit un cap énorme : celui de la modernité dans ce renversement de situation. Mais avec une belle dignité. Sans rabaisser. Le conte y est pour ainsi dire sublimé dans une forme novatrice avec des références implicites à d’autres contes en mettant en avant le conte le plus lu, le plus connu, le plus adapté, le plus détourné. Rien n’y est laissé au hasard, tout est pesé, tout peut se lire. Il s’adresse pour moi d’abord aux adultes, sans aucun doute. Mais qu’il soit publié en jeunesse, je trouve que c’est un signe fort aussi de ce que les enfants sont capables de décrypter aussi à leur niveau.

Alice– On aurait pu le deviner, nous avons dans les mains un album pour adulte averti. Un récit fort qui prend de l’épaisseur de scène en scène et qui se laisse porter par des illustrations parfois inquiétantes mais tellement magnifiques. Que rajouteriez vous que nous aurions oublié et qui vous tient à coeur ?

Bouma – Moi je citerai le texte vrai et percutant :
« J’étais fort autrefois », soupira-t-il.
« Non. Non, vous n’avez jamais été fort. Vous étiez puissant. C’est autre chose » répliqua Aurore.

Colette – « Je veux croire qu’il est possible de devenir grand sans devenir méchant » : cette phrase résonne étrangement à chaque fois que je la lis, elle évoque pour moi tous ces enfants qui ont souffert de la violence des autres et qui doivent pourtant continuer à s’élever. La réponse qu’Aurore trouve pour accepter ses blessures d’enfance est une réponse profondément humaniste et généreuse que je souhaiterais possible pour tous les petits humains qui croisent des coeurs de pierre, des coeurs de bois sur leur chemin…

Pépita – La couverture : je l’ai vue différemment après lecture. Elle est vraiment symbolique de ce qui se joue à l’intérieur : une voiture rouge qui trace sa route dans une forêt. Rien de plus anodin ? Et pourtant…..quelle métaphore ! Elle résonne en moi comme comme la singularité de tout un chacun sur le chemin de la vie.

AliceFinalement nous n’avons rien a redire sur cet album : texte impeccable, rythme étudié, illustrations soignées, intrigue recherchée… cet album n’est il pas presque trop parfait ?

Pépita – Il atteint une forme de perfection dans l’articulation fond/forme, c’est certain. Après, la question qui se pose est : est-ce encore un album pour enfants ? Dans le sens où il contient beaucoup de références pour public averti, sans prétention aucune. Je me suis aperçue aussi qu’on n’a pas évoqué le titre : Cœur de bois. Très symbolique aussi. C’est un album à signes et à sens.

Bouma-Un livre peut-il être parfait ? Je ne pense pas car la lecture reste subjective. Après, comme Pépita, et comme nombre de prescripteurs, peut-être relèverais-je effectivement le problème du public cible. Qui est-il ? Peut-on encore parler de littérature de jeunesse ? Je ne sais pas et me garderai bien d’avoir un avis tranché sur la question.

Colette-Je ne pense pas avoir la compétence de juger de la perfection de quoi que ce soit en ce monde, mais en tout cas c’est un album particulièrement riche, qui bouscule aussi bien l’intelligence que le coeur. Et en ce sens c’est un album particulièrement précieux. Qu’en comprendront les enfants, qui trouveront-ils ? Et bien il faudra leur poser la question !

Alice-Pour se quitter, peut- être pourrions nous proposer à nos lecteurs d’aller un peu plus loin et de lire d’autres livres de ces auteurs ? Lequel(s) conseilleriez vous et pourquoi ?

Pepita – Cent grillons d’Henri Meunier au Rouergue : des contes détournés avec des jeux linguistiques. Drôlement bien fait !

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Dans un autre registre, j’aime beaucoup Bientôt en petite enfance du même auteur chez le même éditeur : une bien belle balade à observer, très colorée.

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Et de Régis Lejonc, le magnifique Kodhja

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Les éditions Sarbacane sorte en septembre un album avec Marcus Malte au texte et dont les illustrations sont dans la même veine. Splendeur !

Bouma– Le magnifique Kohja qui parlera à tous, petits et grands pour son intemporalité.

Son avis ici

 

Colette – Alors mon chouchou d’amour de ces auteurs c’est La Môme aux oiseaux publié aux éditions du Rouergue en 2003 qui signe mon entrée en littérature jeunesse et à la sortie duquel j’ai eu la chance de rencontrer ces deux artistes qui vivent tous les deux près de chez nous j’aime beaucoup également le très poétique La mer et lui au Rouergue également. Tous les livres écrits par ce duo en fait ont ravi mon cœur de lectrice, il se dégage toujours une poésie infinie de l’alliance des images de Lejonc et des mots de Meunier.

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« Qu’en comprendront les enfants, qui trouveront-ils ?

Et bien il faudra leur poser la question ! »

Retrouvez vendredi 16 juin sur le blog, l’avis de, jeunes, très jeunes enfants, d’ados, de jeunes adultes … à qui nous avons proposé de nous faire part de leur ressenti.

A vendredi !

Lectures au jardin

Sur petit bout de pelouse, dans un coin de terrasse, à l’ombre des feuillages, allongée sur un transat.. le retour des beaux jours nous a invité à mettre le nez dehors.

Chacune chez soi, aux quatre coins de la France, nos livres sous le bras, nous avons passé le pas de la porte pour aller prendre l’air et profiter des premiers rayons de soleil.

Regarder plutôt notre album photos de nos « Lectures au jardin » 

Pépita dans son transat, en terrasse, avec un bon roman…

Qui fait rire et pleurer à la fois…

Dans le jardin de la collectionneuse de papillons, les enfants s’installent sous le cerisier pour découvrir un des derniers livres d’Anette Tamarkin…

Chez Chloé, la lecture du roman La petite femelle  est interrompue par les demandes de la mouflette « Maman, tu me lis Merveille des merveilles?  Tu me lis Mon grand album de bébé?  Tu me (re)lis Glurb? « 

Chez Alice, un bol d’air printanier pour sortir de ce huis clos au cœur d’un procès en assise. Un livre ado ? Adulte ? Je me pose encore la question, tellement ce roman est bien fouillé.

Peine maximale d’Anne Vantal

Chez Sophie, on profite du soirée ensoleillée pour lire une bien jolie BD !

Mon petit lapin…

… s’est caché dans le jardin…

Cherchez-le, Coucou coucou , il est caché ….

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***Prés de chez nous, … pour Alice

Madame le lapin blanc de Gilles Bachelet. Seuil, 2012.

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Un album à l’humour ravageur entre les doigts de Gilles Bachelet qui nous raconte le quotidien de Madame le lapin blanc débordée par les tâches familiales quotidiennes.
Renversant !

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***Dans un champs clos en janvier, … pour Sophie.

Le problème avec les lapins d’Emily Gravett. Kaléidoscope, 2009.

Les lapins ont une réputation a tenir dans le domaine de la reproduction et ce n’est pas cet album/calendrier qui va dire le contraire. D’abord un jeune couple, puis une petite famille… mais au fil des mois, les pages vont se remplir de lapins au point de finir par exploser en fin d’année. C’est drôle et intelligent et drôle aussi !

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***Dans plusieurs endroits,… pour Pépita

Le lapin bricoleur de Michaël Leblond et Stéphane Kiehl E-Toiles

Un ebook interactif d’une étonnante modernité ! Un graphisme plein de surprises et une histoire originale avec des choix multiples qui compliquent l’avancée dans ce labyrinthe.
Et cette tête de lapin est absolument irrésistible !

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P’tit lapin plein d’poils de Martine Bourre Didier jeunesse Pirouette, 2016

Une comptine classique revisitée par Martine Bourre et qui mine de rien apprend un tas de choses sur son rapport à l’environnement. Et comme toujours, une très belle réalisation pour ce cartonné.

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***Sur le chemin de la forêt, …pour une graine de lutines

Ami-ami de de Rascal et Girel. Pastel, 2002.

 

Quand un lapin veut devenir l’ami d’un loup…

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***Par ci, par là, …pour Colette

Quand il fait nuit d’Akiko Miyakoshi. Syros, 2016

 

Suivons une famille de lapin dans la nuit qui tombe, à l’orée des rêves, quand les fenêtres s’allument…

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et les avis d’Alice et Pépita

La maison de Totam de Xavier Deneux. Tourbillon, 2014

Connaissez-vous Totam ? C’est un tout petit lapin qui habite une jolie maisonnette qu’il nous invite à découvrir pièce après pièce dans le coffret La maison de Totam de Xavier Deneux.

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***Il repassera par là, …pour Bouma

Les lapins et la tortue d’Olive et Zhihong. Les éditions des éléphants, 2016

Dans ce récit aux tons typiquement asiatique, retrouvez une fable malicieuse qui vous apprendra pourquoi les lapins ont une queue si courte.

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Lièvre et Ours d’Emily Gravette. Kaléidoscope, depuis 2015

Deux nouveaux héros ont fait leur apparition dans les albums pour petits et parmi eux un lièvre malicieux qui n’a pas sa langue dans sa poche. Déjà six aventures disponibles pour des aventures amusantes.

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***Dans son lit, … pour Chloé

Grododo, Michaël Escoffier, Kris Di Giacomo, frimousse

Quand César va se coucher, il a un rituel bien huilé. Il pose le verre sur la table de nuit, pose ses pantoufles, vérifie sous le lit, serre son doudou ferme les yeux et s’endort. Et quand il a été dérangé par un bruit, il recommence du début. Les pantoufles sur la table de nuit, le doudou sous le lit… Non, c’est pas ça, mince.

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Nous vous souhaitons de

JOYEUSES CHASSES AUX …..LAPINS A TOUS !

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Et pour prolonger le plaisir de la chasse aux oeufs dans le jardin au milieu des lapins d’encre et de papier, n’hésitez pas à vous lancer en famille dans une partie de Croque carotte endiablée !

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Coups de coeur de mars 2017

Il est passé bien vite ce mois de mars !

Le printemps est enfin arrivé, on a recalé nos montres le WE dernier et on a sorti notre tête de dessus l’oreiller pour aller dans le jardin bouquiner.

Place aux lectures en plein air !

Vous n’avez pas d’idées ? Alors voici la sélection des coups de coeur de l’équipe du grand arbre pour vous laisser inspirer.

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 > Alice a semé des ronds rouges dans son jardin  : 

A partir d’un simple rond rouge Claire Garralon nous offre un album d’une grande qualité créative pour ouvrir ses yeux sur le monde.

Parce qu’on est tous pareils et tous si différents !

Son avis complet

> Chloé (Littérature enfantine) à plongé dans une piscine magique.

Un feel-good book qui fera rire petits et grands.

Son avis complet

> Pépita et son Méli-Mélo de livres ont apprivoisé un renard.

Un roman magnifique sur la symbolique des relations humaines et animalières : je ne suis pas prête d’oublier Pax et Peter !

Son avis complet

> SophieLJ a besoin d’ailes pour retrouver ses étoiles.

Une belle histoire pleine de poésie sur la persévérance et l’acceptation de l’autre tel qu’il est.

Son avis complet

> La collectionneuse de papillons a joué de ses dix doigts avec des tableaux célèbres :

Voilà un album qui nous offre une initiation ludique et presque magique à l’art avec des tableaux que l’on peut enfin caresser du bout des doigts !

son avis complet.

Bouma (Un Petit Bout de Bib) s’est laissée conter une histoire vieille comme le monde :

Une plume subtile, un autre regard sur l’autre, le tout dans un roman soigné où les adolescents questionnent la parentalité.

son avis complet.

Et vous, que retiendrez-vous de ce ce mois de mars.

Lecture d’ados#7 : Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot

Les attentats de Paris, ceux de Charlie, du Bataclan … nos ados ont un peu été chamboulés l’an passé par des événements qui nous dépassaient tous  un peu.

En un week-end, Mathilde a dévoré Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot, comme un écho à nos réflexions d’adultes, aux réponses que l’on a pu trouver auprès de l’auteur, voici l’avis d’une ado en pleine construction.

 

Ces 3 derniers jours, j’ai lu Samedi 14 novembre de Vincent Villeminot.

3 jours d’un coup, comme dans le roman. 

3 jours pour vivre, agir et comprendre … ou bien pleurer, rester ou mourir. 

3 jours intenses, remplis d’émotion où actes et entractes s’assemblent comme un spectacle infini qui ne s’arrêtera jamais.

Pour la première fois, j’ai juste envie de fermer la dernière page et de recommencer à la première.Recommencer pour se souvenir de ce samedi pas comme les autres où la France se réveille, abattue, accablée, envahie par un trop plein d’informations.

Quand comme moi on a 15 ans, on aimerait bien révolutionner le monde, mais devant cette France en deuil on ne sait plus quoi faire. Alors on prend sa meilleure amie et le petit frère pour aller voir une comédie au cinéma : juste pour rire,  pour se rassurer, pour s’assurer que c’est encore possible.

Mais quand on souffle ses bougies le lundi 16 novembre, qu’on s’appelle B et qu’on était a une de ces terrasses, on fuit. On fuit la mort, on fuit la réalité, pour ne plus avoir peur. Et on LE croise. Et alors ? On pourrait ne rien dire, ne pas y croire mais on LE suit, sans trop savoir pourquoi, sûrement parce qu’à cause de lui il nous manque désormais à jamais une part de nous ; la confrontation est alors inévitable.

Plusieurs personnages, pleins de pensées, beaucoup d’amour, de la vie et de la peur aussi.

                                                                    Samedi 14 novembre 2015, 4ever.

 

 

Amour, bisous et … Saint Valentin !

Des bisous tout doux, des câlins tout plein, des baisers par milliers, des tonnes de love et d’amour fou…

C’est aujourd’hui la Saint Valentin ; dites-le avec des livres  !

♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥

Livre tout doux de Pépita :

Un bisou tout là-haut d’Emile Jadoul. Pastel

Quand un papa et son petit se bisouillent, cela relève de l’expédition !

Un album tendre comme un chamallow.

♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥

Appli câline de Pépita :

Bleu de toi de Dominique Maes.-CotCotCotapps éditions

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Pourquoi se dire « Je t’aime » en rouge ? Le bleu va à merveille à ce père et ce fils dans cette histoire numérique pleine de tendresse et de poésie.

♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥

Un album qui nous réapprend le goût des mots doux chez Colette, la collectionneuse de papillons :

La Grande fabrique de mots d’Agnès de Lestrade et Valeri Docampo.

Quand on n’a pas les mots pour le dire, essayons la poésie…

♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥

Une histoire de baiser que l’on n’a pas oubliée chez les Lutines :

Le bois dormait de Rébecca Dautremer, Sarbacane, 2016.

Un album qui nous rappelle un amour d’antan. 100 ans après… Approchez, approchez dans ce monde endormi ! En voyant sa beauté, le prince de papier ne peut y résister : il lui donne un baiser qui la réveille tendrement.

♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥

On se pose une bonne question chez Sophie :

De quelle couleur sont les bisous ? de Rocio Bonilla, Père Fouettard, 2016

Rouge, bleu, vert… et si finalement les bisous étaient de la couleur qu’on souhaite leur donner !

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Chez Chloé, on aime, tout simplement !

J’aime d’Emmanuelle Bastien. L’agrume, 2016

Amours gourmands d’abord, avec les petits pois ou les cerises du clafoutis. Plus contemplatif ensuite, avec les étoiles, la neige ou l’été, c’est fou tout ce qu’on peut aimer autour de nous.

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Des câlins qui font du bien chez Alice :

Tous les câlins du monde de Manuela Monari et Evelyn Daviddi. Rue du monde.

 Tout un univers d’amour et de tendresse entre un père et son fils.

Un livre rassurant.

Un livre caresse.

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Chez Bouma; on trouve de quoi se réchauffer durant les froides journées hivernales :

Quand un gentil pingouin cherche comment se réchauffer, il finit dans les bras de sa dulcinée. Doux, tendre et malicieux, un album qui marche aussi bien avec les tout-petits qu’avec les grands.

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Belle journée à vous !