On a lu la sélection du Prix Vendredi

Il y a UN prix national dédié à la littérature pour adolescents et c’est le Prix Vendredi décerné pour la troisième fois cette année. En attendant de découvrir le grand gagnant 2019 qui sera annoncé dans la journée, nous avons lu la sélection des dix romans en lice…

Premier arrêt avant l’avenir de Jo Witek – Actes Sud, 2019

Suivons Pierre, brillant élève accepté dans une prestigieuse prépa parisienne et sa rencontre dans le train avec Olympe, une jeune révoltée, impulsive et tumultueuse.

Sur un chemin qui semblait tout tracé, sonne alors l’heure des choix, des réflexions, des bouleversements… Un chaos sans précédent, intense et libérateur.

Rien ne sera plus comme avant….

Les avis de : Pépita

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Ce que diraient nos pères de Pascal Ruter – Didier jeunesse, 2019

Résultat de recherche d'images pour "ce que diraient nos pères"Un roman lumineux, des personnages attachants, une écriture toute en subtilité, Pascal Ruter fait fort en offrant cette histoire de transmission, d’égarement, de révolte, d’entraide et de solidarité. Beaucoup de masculin, un peu de féminin mais le tout est si beau.

Les avis de Pépita et HashtagCéline.

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Surf de Frédéric Boudet – Mémo, 2019.

Un roman entre deux eaux où le héros navigue à l’aveugle entre son enfance perdue et son présent trouble. Un texte à l’écriture puissante qui nous met face à des adolescents en perte de repères et à la recherche d’un sens à la vie.

Les avis de Pépita, HashtagCéline, Aurélie et Isabelle.

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Un si petit oiseau de Marie Pavlenko – Flammarion, 2019

Un très joli texte qui parle de la difficulté de se reconstruire après un drame. Un sujet délicat traité de façon intime et touchante.

Les avis de Sophie, HashtagCéline et Pépita.

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L’Estrange Malaventure de Mirella de Flore Vesco – L’école des Loisirs, 2019

Une malaventure réjouissante où Flore Vesco revisite le conte du Joueur de flûte de Hamelin, le tout dans une langue moyenâgeuse qui amuse et qui fait tout son charme.

Les avis de Bouma, Isabelle, Pépita et HashtagCéline.

Découvrez aussi leur lecture commune ICI .

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La bonne aventure de Fabrice Colin – Talents hauts, 2019

Ombline Sauvage est une jeune bibliothécaire réservée, très, très sage et particulièrement mélancolique dont le cœur est rongé par les souvenirs de ses parents chéris. Après avoir rencontré une étrange diseuse de bonne aventure, sa vie, son être, ses pensées vont être bousculés, et l’irruption dans son quotidien, et dans la cage d’escalier, d’un voisin au charme nimbé de mystère va l’attirer aux frontières du réel… et au seuil de l’amour, l’intense, le trouble premier amour.  Dans ce roman, la lectrice-le lecteur vont sans cesse vaciller aux extrêmes limites du rêve, sur les pas de notre jeune héroïne qui « funambule sur les toits » avec son amoureux de la nuit.

Je me suis parfois perdue dans le labyrinthe tracé par Ombline entre les pages : entre les prédictions de Lucielle, la diseuse de bonne aventure et les avertissements de l’homme crocodile, moralisateur impitoyable, tiraillée par les souvenirs bénis de l’enfance et le refus de vivre le présent, ne sachant plus vraiment ce que notre héroïne cherchait.  Mais peut-être qu’au fond, se perdre a parfois plus de sens que de suivre un chemin…

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River de Claire Castillon – Gallimard, 2019


River est une héroïne assez étrange. Et ce n’est pas sa sœur qui nous dira le contraire, narratrice impitoyable des aventures de River. Mais comme c’est Claire Castillon qui orchestre cette étonnante histoire, vous allez voir que rien n’est aussi simple qu’il y paraît…

L’avis de HashtagCéline.

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Fraternidad de Thibault Vermot – Sarbacane, 2019

Ce roman ne ressemble à aucun autre. Fraternidad ouvre les portes d’un monde totalement étonnant : celui d’Ed qui, harcelé dans sa propre réalité, endosse, quand il le peut, un autre rôle : mousquetaire et vengeur masqué…  Grâce à cela, il s’est  virtuellement lié d’amitié avec Selene, une jeune fille mystérieuse qui semble rentrer dans son jeu… Ce texte est dense, riche et passionnant. Et il fait aussi plus de 600 pages. Alors s’il se lit avec une extrême facilité, HashtagCéline ne l’a pas encore terminé mais cela ne saurait tarder !

Bientôt, son avis ICI.

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La mémoire des couleurs de Stéphane Michaka – Pocket Jeunesse, 2018

Dès les premières pages, un mystère épais s’installe : lorsqu’il reprend connaissance dans une brocante parisienne, Mauve semble avoir perdu tous ses souvenirs. Déboussolé, il s’efforce de déchiffrer ce monde au fil des expériences, des rencontres et des souvenirs de sa vie d’avant qui lui reviennent par lambeaux. Et ravivent la mémoire d’un monde rationalisé, sécurisé, aseptisé, lissé de toute aspérité et de toute contingence. Où les individualités sont contrôlées de près, réduites à d’insignifiantes nuances de couleur. Un monde duquel notre Terre et notre espèce humaine, avec toutes leurs imperfections et leurs contradictions, paraissent étranges et repoussantes. Fascinantes aussi… Mais les deux mondes seraient-ils moins éloignés l’un de l’autre qu’à première vue ? Et quel rôle Mauve joue-t-il dans tout cela ? Une lecture en demi-teinte pour Isabelle qui a néanmoins apprécié la richesse de l’univers imaginé par Stéphane Michaka et une réflexion stimulante sur la fuite en avant de la modernité et sur toutes ces petites choses fragiles qui continuent de faire la beauté de notre monde.

Retrouvez l’avis d’Isabelle.

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Dans la maison de Philip Le Roy – Rageot, 2019

Philip Le Roy - Dans la maison.

Une maison isolée dans les bois, huit amis et une soirée à thème : se faire peur ! Chacun fera preuve d’inventivité pour effrayer les autres mais il se pourrait bien que l’ambiance tendue, le passé du lieu et de mystérieux évènements prennent le dessus sur l’amusement !

Alors, envie d’un moment de lecture effrayante ? Ce livre devrait remplir cette mission comme il se doit !

Bientôt, l’avis de Sophie ICI.

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Voilà notre tour d’horizon de la sélection du Prix Vendredi 2019. Et vous, en avez-vous lu ? Lesquels vous font envie ? Lequel est votre favori ? Dites-nous tout ça en commentaires…

Nos coups de cœur de septembre

Cette rubrique mensuelle nous rappelle à chaque fois combien le temps passe !

Nous avons lu en septembre, malgré nos obligations de la rentrée, le tri des photos des vacances d’été, la rentrée littéraire et mille autres occupations.

Et voici ce que nous avons aimé et que nous partageons avec vous !

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Difficile pour Méli-Mélo de livres de choisir : Pépita a tout aimé ! Alors tant pis, je mets tout… Pour lire les chroniques, c’est LA.

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Très difficile aussi ce mois-ci de désigner un seul coup de cœur sur l’île aux trésors ! Isabelle et ses garçons ont voyagé loin, très loin, grâce à la belle plume de Nathalie Bernard. Son dernier roman, Le dernier sur la plaine, paru fin août 2019 aux éditions Thierry Magnier, nous plonge au cœur de l’histoire des amérindiens des grandes plaines, avec pour fil rouge la vie incroyable du dernier chef Comanche. Magnifique. Son avis

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Sophie a vibré au côté de Abi en vivant avec elle ses épreuves. Après un accident de voiture, la jeune fille est amputée d’un bras. Elle doit réapprendre à vivre, à faire les gestes du quotidien et à redonner du sens à son existence pour se recréer un avenir.
Un si petit oiseau est un superbe roman de Marie Pavlenko qui nous fait passer par toutes les émotions !

Son avis

L’avis de Pépita

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Alice a été bouleversée par a rencontre avec Joseph, jeune ado, malmené, mal aimé.. et a vécu tant d’émotion à la lecture de son histoire !

Gary D . Schmidt, un auteur décidément incontournable….

L’avis de Pépita

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Adèle et Solectrice ont frémi de bonheur en suivant la cavale de Victor et Yazel, un cambrioleur qui veut échapper à l’emprise de son père et une adolescente sourde amatrice de haïkus. Deux êtres qui se côtoient avec douceur et nous invitent à observer ce qui nous entoure en coupant le son.

L’avis de Pépita. Le nôtre reste à venir.

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HashtagCéline a retrouvé avec une immense joie Séverine Vidal avec un nouveau roman d’une intensité extraordinaire pour une histoire de mères, de filles et de drames. Un beau moment de lecture et un coup de coeur énorme. Pour lire son avis c’est ICI.

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Bouma a craqué pour une jolie bande-dessinée : L’écorce des choses de Cécile Bidault chez Warum Éditions. Avec douceur et empathie, l’autrice nous invite dans le quotidien d’une jeune sourde à une époque où il lui était interdit de signer.

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Aurélie partage un coup de coeur adulte mais accessible aux ados. En effet, dans le cadre professionnel elle a eu le plaisir de rencontrer l’auteure Hélène Frédérick et son dernier roman « La nuit sauve » chez Verticales. L’écrivaine nous plonge dans son Québec natal en 1988. Une nuit où nous sommes plongés dans la tête de trois ados lors d’une fête : peur de grandir, mal-être,séduction tous les éléments sont là pour nous tenir en haleine. A cela, une quatrième voix qui nous devance (tel un choeur) qui nous laisse présager une catastrophe…

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Et maintenant, quelles pépites allons nous découvrir durant ce mois d’octobre…

Lecture commune : L’Estrange Malaventure de Mirella

L’Estrange Malaventure de Mirella, paru à l’école des loisirs, est un roman qui ne peut pas laisser complètement indifférent. Flore Vesco y joue avec les mots et ses lecteurs, les entraînant dans le tourbillon d’une malaventure moyenâgeuse réjouissante.

Et forcément, nous avons eu envie d’en discuter.

HashtagCéline : Pour commencer, simple curiosité : je voudrais savoir ce qui vous a décidé à ouvrir ce roman… Sa couverture ? Son autrice ? Son sujet ? Personnellement, depuis son premier roman De cape et de mots, je suis de près Flore Vesco. Et vous, quel a été le déclic ?

Bouma : Flore Vesco, c’est pour moi un gage de qualité ET d’originalité. Je trouve qu’elle arrive toujours à trouver une idée qui sort de l’ordinaire. Et en plus j’adore quand les contes sont revisités (que ce soit sous forme d’album ou de roman). Je ne pouvais donc qu’avoir envie de découvrir ce nouveau texte.

Isabelle : Pour ma part, je connaissais Flore Vesco de nom, mais je ne l’avais jamais lue. Sans doute parce que mes garçons sont encore un peu jeunes pour ses livres. Je suis tombée sur la couverture que j’ai trouvée très intrigante, à la fois sombre et brillante, moyenâgeuse et moderne… Quand la quatrième m’a appris qu’il s’agissait de revisiter un célèbre conte allemand, en mettant en avant une jeune héroïne, j’ai su que nous le lirions dès sa sortie ! Et ça a été un vrai coup de cœur. Maintenant, il va falloir absolument découvrir les autres romans de Flore Vesco !

Pépita : Flore Vesco ! J’ai tout lu d’elle avec un plaisir toujours renouvelé. Je trouve qu’elle a réussi à se frayer un chemin original dans ses romans qu’on ne trouve nul part ailleurs. Surtout c’est une jongleuse de mots hors pair. Concernant ce roman en particulier, basé sur le conte revisité du joueur de flûte de Hamelin, j’avoue que comme ça, ça ne me disait pas plus que ça car ce conte était enfoui dans les limbes de ma mémoire. Mais en fait, il n’est qu’un prétexte pour faire passer d’autres messages. Et cette langue moyenâgeuse, quel régal ! On s’y fait très bien.

HashtagCéline : Parlons-en, du style de Flore Vesco… Si vous avez lu ses autres romans, vous savez qu’effectivement elle s’amuse (et nous avec) en jouant avec la langue française. Ici, dès les premières phrases, on se rend compte qu’un cap a été passé et que l’on s’apprête à lire quelque chose de complètement… quoi, d’ailleurs ? Quelle a été votre réaction ? Vous attendiez vous à ça ? Est-ce que cela vous a immédiatement séduit ou plutôt mises en difficulté ?

Bouma : J’ai été séduite dès les premiers mots par l’utilisation de cette langue pseudo-moyenâgeuse. Avec ce langage dont on n’a pas l’habitude, on est obligé de faire travailler notre esprit pour bien tout comprendre et j’adore ce type de stimulation. Mais surtout, cela permet une immersion immédiate et totale dans l’histoire !

Pépita : Je te rejoins Bouma ! Passée la première adaptation à cette langue, on s’habitue très vite et on rentre dans le jeu de ses sonorités et de plus, cela sied fort bien à l’histoire. Quelle cohérence ! Quelle gouaille ! Quel humour ! Et surtout quelle maîtrise : Trop forte Flore Vesco, parce que franchement essayez pour voir, ce n’est pas si facile (et j’ai adoré la perche tendue au lecteur à la fin mais je n’en dis pas plus !).

HashtagCéline : Le langage utilisé rend l’immersion totale, ça, personne ne peut le nier. Mais ce que j’ai trouvé plutôt fort aussi, c’est la façon dont Flore Vesco nous plonge au cœur du Moyen-Âge grâce à des descriptions très, très détaillées… Et vous, qu’en avez-vous pensé ? Sa vision de l’époque vous semble-t-elle juste ?

Pépita : Oui, tu as raison de le souligner : on s’immerge totalement dans l’époque et sa vision me semble juste. Ce qui est fort, c’est qu’elle le met à la portée du lecteur tout en remettant au goût du jour le conte. On ne peut s’empêcher de penser sur certains points à un parallèle évident avec notre époque.

Bouma : J’ai beaucoup souri avec sa vision franchement très juste de l’hygiène et des mœurs du Moyen-Âge (ou tout du moins l’idée que je m’en fais). Il y a quelque chose d’assez dégoûtant pour nous, lecteurs du XXIème siècle, à lire ces descriptions ; on peut froncer le nez devant certains passages. Et je rejoins Pépita, l’autrice arrive malgré tout à insuffler une certaine intemporalité à l’histoire, par le biais des préoccupations de son héroïne notamment.

Isabelle : Je suis entièrement d’accord avec vous ! Ce Moyen-Âge prend vie grâce aux mots de Flore Vesco, dans ce qu’il a de plus sombre et rétrograde. L’autrice étoffe son décor avec beaucoup de pertinence (lorsqu’elle parle de l’hygiène, de la chasse aux sorcières ou de la structure de la société), mais aussi et surtout avec un humour décapant. Certaines scènes sont si repoussantes que quand j’ai lu le livre à mes enfants, nous en avons ri !
Je vous rejoins complètement aussi sur la modernité du roman : beaucoup de situations renvoient avec force à des problématiques actuelles, même si elles ne se posent pas exactement de la même manière de nos jours. Cela m’a particulièrement frappée concernant ce que subissent les jeunes femmes, mais aussi la recherche de boucs émissaires à qui attribuer la responsabilité des problèmes.

HashtagCéline : Et Mirella, l’héroïne de cette estrange malaventure, on en parle ? Pour ma part, je l’ai trouvée fascinante : très humaine, très étonnante, très courageuse mais d’un autre côté, un peu inquiétante. Et vous ?

Isabelle : Mirella est une belle héroïne, qui a appris « à la dure » à survivre et à mener sa barque dans le monde hostile qu’est le Moyen-Âge pour une jeune femme située tout en bas de l’échelle sociale. Elle est un vrai rayon de soleil flamboyant dans la noirceur de Hamelin, sa personnalité, sa liberté et sa générosité suscitent immédiatement la sympathie ! En même temps, comme tu le suggères Céline, elle est mystérieuse et déroutante : d’où tient-elle sa détermination féroce et sa capacité étonnante à s’affirmer ? Son courage ne serait-il pas de la témérité ? Et qui est-elle vraiment ? On en vient presque à se demander s’il faut croire les villageois qui la pensent un peu sorcière !

Pépita : Je l’ai effectivement trouvée fascinante ! Mais pas du tout déroutante. Elle est incroyable de détermination et d’altruisme aussi. Avec un destin hors norme. Une héroïne quoi !

Bouma : Mirella est une héroïne comme je les aime. Elle a de la gouaille, du tempérament et ne se laisse dicter sa conduite ni par les hommes ni par le destin. A côté de ça, elle est aussi très généreuse et ouverte aux autres (la preuve étant le nouveau porteur d’eau qu’elle a pris sous son aile et qu’elle a soigné, tout comme les lépreux qu’elle considère comme des hommes « normaux »). Le côté magique de son personnage apparaît au fil du temps et on se dit que finalement cela lui permet d’être celle qu’elle veut être dans ce monde où on veut lui imposer son image.

HashtagCéline : Nous l’avons déjà évoqué plus haut, L’Estrange Malaventure de Mirella est adapté d’un conte, Le joueur de flûte de Hamelin. Pour ma part, cette revisite est une réussite. Et pour vous?

Isabelle : Je suis tout à fait d’accord, cette idée de revisiter ce conte célèbre des frères Grimm est géniale ! Le format du roman permet de donner de la chair à l’histoire et au décor, nous donnant ainsi un plaisir de lecture complètement différent. J’ai adoré le côté irrévérencieux. Flore Vesco prend des libertés avec le conte d’origine, en donnant le rôle principal à une jeune fille. Mais surtout, puisque les contes ont toujours une morale, il y en a bien une, mais concoctée à la sauce spéciale de l’autrice !

Bouma : Une réussite, bien évidemment ! Le conte n’est pas si connu en France par les ados (en tout cas de ceux que j’ai autour de moi). Peut-être est-ce l’occasion de leur faire découvrir, de titiller leur curiosité ? En tout cas, moi j’ai bien retrouvé les grandes lignes de l’histoire originale dont l’autrice s’empare pour mieux les détourner. Et c’est un vrai régal !

Pépita : Oui, une réussite ! Je ne peux m’empêcher de penser : mais comment Flore Vesco a-t-elle eu cette idée ?

HashtagCéline : En en discutant un peu autour de moi, j’ai eu des avis très enthousiastes. Cependant, certaines personnes ont émis une petite réserve sur la facilité à proposer ce roman à un lectorat adolescent. Qu’en pensez-vous ?

Bouma : Je pense que c’est le genre d’ouvrage qui mérite une véritable médiation car le sujet n’est pas forcément de ceux qui attirent l’attention des ados. Mais le bouche à oreille fonctionnant à merveille à cet âge, il devrait rapidement conquérir son public. Tout du moins je l’espère.

Isabelle : Pourquoi ces réserves ? Peut-être que le clin d’œil au conte pourrait donner à penser à certains ados que ce roman s’adresse à des lecteurs plus jeunes, mais je suis certaine que celles et ceux qui franchiront le pas seront emportés par le talent de conteuse et l’écriture réjouissante de Flore Vesco, mais aussi par le côté moderne dont nous avons déjà parlé. Il est finalement question de beaucoup de choses qui préoccupent encore les ados d’aujourd’hui, comme les transformations du corps à l’adolescence, l’obscurantisme, l’envie d’envoyer bouler le mythe du prince charmant et les formes de domination sociale et genrée. Je n’aurais donc aucune réserve à la recommander à un public adolescent, je l’ai même conseillé à plusieurs adultes !

Pépita : L’éternelle question ! Laissons donc les livres aller là où ils doivent aller… Ils trouvent leur public. Et pourquoi toujours se poser la question de l’adolescent ? Il est universel ce roman.

HashtagCéline : Quoi de mieux pour terminer cette lecture commune que laisser parler Flore Vesco ? Citez moi un passage qui vous a interpellées dans ce roman. Même si on est bien d’accord que ce n’est pas facile de choisir…

Isabelle : « Partout ailleurs dans le Saint Empire germanique, les incendies dévoraient des quartiers entiers une fois par mois, car les bâtisses en bois, entassées les unes contre les autres, s’enflammaient promptement.
Alors qu’à Hamelin, les incendies étaient tout aussi fréquents. Mais les habitants les éteignaient bien vitement, le bourgmestre ayant fait installer l’eau courant.
Cette eau courante était sans conteste l’invention dont le bourgmestre était le plus fier. Il avait eu l’idée voilà sept années. Pour cela, il avait nommé dix porteurs d’eau, choisis par les enfants trouvés d’Hamelin. »
mais aussi
 » Et le prêtre de raconter les vies et les exploits de saint Hilarion et sainte Rictrude, qui fatiguaient leurs bourreaux, pouvant passer des heures à endurer les coups de pique en gardant le sourire, soupirant d’aise lorsqu’on les rôtissait sur le grill, changeant eux-mêmes de côté afin que leur chair soit partout dorée et craquante. »

Bouma : « Au Moyen Âge, la nudité était fort commune. On prenait son bain en compagnie, on se dévêtait en famille ou devant moult domestiques. Pourtant, en dépit de la cohérence historique, Mirella se sentit rougissante et gênée.
– Mirella ! gria Gastun avec un grand sourire. Comment vous en va ?
Le jeune homme était fort aise, et bien riant de l’embarras de la jouvencelle. Sans la moindre clémence, il poursuivit ses ablutions. Puis il se tourna vers elle, les poings sur les hanches, dos au soleil pour se bien sécher, et entreprit de faire causette. »

HashtagCéline : « Pan venait d’entrer chez le chirurgien-barbier-arracheur de dents. Au Moyen-Age, n’importe quel quidam doté d’une solide membrature et de quelques notions d’anatomie pouvait se faire chirurgien. Le chirurgien d’Hamelin était fort réputé : il arrachait d’un coup les dents pourrissantes, savait extirper le poulain des entrailles d’une jument qui peinait à mettre bas et avait même, en une occasion, effectué une trépanation, creusant le crâne d’une femme folle à l’aide d’un énorme tourne-bouchon de son invention. Parfois, il rasait les hommes et leur coupait les cheveux. »

Pépita : « Mirella ferma les yeux et s’emplit les oreilles. Elle se sentit emportée par la musique, laquelle l’emmenait loin du bourg, de ses rues bruyantes et encombrées, de ses habitants hargneux, de la poigne de Guerric, des menaces de Lottchen. A l’abri des regards, elle se reprit à tournoyer, toute joyante de se laisser enfin aller, volant presque, tant ses pieds étaient légers. Son talon tambourinait sur le pavé, la vibration saisissait ses cuisses, entraînait ses hanches, faisait s’élever ses bras. Elle voltigeait au-dessus de Hamelin. »

 

Pour conclure, nous ne pouvons que vous recommander d’aller lire ce formidable roman de Flore Vesco dont nous n’avons pas fini d’entendre parler.

L’Estrange Malaventure de Mirella est d’ailleurs sélectionné pour le Prix Vendredi 2019 qui sera décerné le 14 octobre prochain.

Et pour finir de vous en convaincre, vous pouvez lire nos chroniques par ici :  Pépita, Bouma, Isabelle et HashtagCéline.

Des arbres et des livres

A l’ombre du grand arbre, on aime se poser, se promener, discuter, échanger …

A l’ombre du grand arbre, on aime se retrouver, se rassurer, s’épauler …

A l’ombre du grand arbre on aime bien sûr lire et bouquiner ….

Hommage à cette force de la nature, à ces racines bien ancrées et à ces rencontres étoilées : un peu d’arbres dans la littérature jeunesse…

 

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Pour Alice, l’arbre est synonyme de cachette et d’évasion avec :

Du haut de mon cerisier de Paola Peretti, Gallimard, 2019

Ou l’histoire de la courageuse Mafalda, pleine de joie, de chagrin, de colère qui avec son imagination nous apprend à voir le monde autrement alors que la maladie est en train de lui ôter la vue.

Ma fugue dans les arbres d’Alexandre Chardin, Magnard, 2019

Après, une nouvelle colère de son père, Tine décide de fuguer dans les arbres. les aventures ne font alors que commencer pour cette enfant sauvage que rien n’arrête !

Un roman plein d’humour et de délicatesse aussi !

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Pour Pépita et son Méli-Mélo de livres, l’arbre est synonyme de connivences et de racines avec :

L’arbragan de Jacques Goldstyn, La Pastèque, 2015.

Une merveille de sensibilité et de poésie entre ce jeune garçon et son chêne, dans lequel il trouve refuge, en toutes saisons. Son avis.

Un arbre une histoire de Cécile Benoist et Charlotte Gastaut Actes sud junior, 2018
http://www.actes-sud-junior.fr/files_asj/couvs/500/9782330111458.jpgUn magnifique album entre conte et documentaire qui associe une histoire à chaque arbre présenté : l’effet montre combien les arbres sont liés à l’humanité. Un bijou ! Son avis.
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 Pour Ada, la collectionneuse de papillons, l’arbre est devenu un compagnon, un être vivant dont la générosité sans faille est à protéger absolument. C’est cet amour que suggérait Shel Silverstein dans son album devenu un classique de la littérature jeunesse intitulé L’arbre généreux publié par L’école des Loisirs pour la première fois en 1982.
L’avis d’Ada par là.
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Pour Aurélie, ce fut aussi le prétexte d’une belle rencontre d’auteure lors d’un salon autour du livre « Le dernier arbre » d’Ingrid Chabbert chez Frimousse.
 Deux jeunes garçons découvrent le dernier arbre de leur ville, qui risque d’être détruit. Ils prennent alors à coeur  la mission de lui trouver un nouveau refuge. C’est album émouvant est illustré par Guridi.
Son avis et celui de Pépita.
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 Pour Bouma, l’arbre est un symbole de sagesse. Ancestral, patient, les générations filent devant lui.
Il était un arbre d’Emilie VastMeMo, 2012
Comme l’arbre de cette histoire qui voit passer les saisons, il faut prendre le temps de lire avec les yeux cet album aux multiples détails… Son avis complet.
Le jour où le grand chêne est tombé de David et Caudry. Thierry Magnier, 2017
 
Une histoire presque mythologique aux préoccupations écologiques qui résonnent comme un cri d’alarme. Son avis ici.
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Yoko Lulu et Solectrice aiment les arbres dans leur jardin. C’est pour cela qu’elles ont aimé cet album qu’elles vous invite à découvrir ici.
Le Jardin voyageur de Peter Brown. Nord Sud, 2010
 
On vous recommande aussi ce roman, qui se passe dans la forêt japonaise de l’île d’Hokkaido. C’est un coup de cœur pour Yoko Lulu, elle a adoré ce récit d’un garçon perdu dans une forêt !
Dans la forêt de Hokkaido d’Eric Pessan, Ecole des Loisirs, 2017
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L’arbre qui pousse peut aussi être une jolie métaphore… Isabelle a énormément aimé celle que proposent Nadine Brun-Cosme et Christine Davenir dans Le troisième fils de Monsieur John (Sarbacane, 2018).
 À la naissance de chacun de ses trois fils, Monsieur John plante une graine et un arbre grandit. Tous admirent le bel arbre qui pousse bien droit, emplissant de fierté le papa jardinier. Mais le troisième arbre est à l’image du dernier-né : il pousse à sa façon, déployant ses branches tordues dans tous les sens et suscitant la perplexité des voisins… Son avis et celui de Bouma.
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L’arbre offre aussi évidemment un terrain de jeux que les uns trouveront merveilleux, les autres… vertigineux ! Pombo Courage, d’Émile Cucherousset (Éditions MeMo, collection Petite Polynie, 2019), c’est une couverture ravissante, une histoire en forme de conte, un roman dans lequel on entre avec le sentiment réjouissant de renouer intensément avec l’enfance. Les avis d’Isabelle, d’Aurélie, d’#Céline et de Pépita.
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Au pied de notre arbre, nous vous souhaitons avec cette sélection, un beau voyage livresque ….

Billet d’été : Dans le petit sac de livres d’Ernestine

Quand arrive le moment de faire les valises pour partir en vacances, chacun prépare SON sac avec SES livres.

Comme tous les membres de la famille, ma fille Ernestine, 2 ans 1/2, prend cette tâche très au sérieux. Elle choisit avec spontanéité mais malgré tout un certain soin les livres qu’elle lira (et relira, relira encore) pendant ce moment de l’année, loin de la bibliothèque de la maison… Cela donne une sélection plutôt étonnante et variée !

Regardez donc…

Lionel et le perroquet d’Eric Veillé chez Actes Sud Junior

La collection des Lionel est aujourd’hui devenue incontournable à la maison alors pas question de s’en passer, même pour quelques jours de vacances. On les lit en boucle, sans se lasser. Et le petit format cartonné est pratique à emporter ! Le choix d’Ernestine s’est arrêté sur Lionel et le perroquet. Et moi j’ai rajouté Lionel fait caca pour sa thématique bien adaptée (et traitée de façon tout à fait décalée) : la propreté.

Mon avis ICI.

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Paillette et Lilicorne A la plage de Capucine Lewalle et Bérengère Delaporte chez Casterman

J’avoue que je ne suis pas forcément très portée « paillettes » et « licorne » mais je dois bien avouer que cette série fonctionne très bien auprès de ma fille alors même que  c’est peut-être encore un peu long pour son âge… Elle ne cesse de les regarder et se raconte les histoires à voix haute (de manière un peu abrégée certes mais quand même). La collection se décline sur plusieurs thèmes mais avec Ernestine, on a opté pour l’histoire qui se déroule sur la plage. A la maison, on lit aussi L’anniversaire, La drôle de maladie ou encore le petit dernier L’invasion des poux…

Une série simple et amusante qui oppose deux petits personnages très attachants, le tout porté par des illustrations très colorées et vivantes !

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Va chercher ! de Michaël Escoffier et Matthieu Maudet à l’école des loisirs

Toujours efficace et divertissant : un bon album du duo Mikaël Escoffier/Matthieu Maudet. Cette histoire de chien qui disparaît continue, après de nombreuses lectures, à faire son petit effet.

Mon avis ICI ainsi que celui de Sophie par ICI.

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Au lit les chats de Barbara Castro Urio aux éditions Saltimbanques

Ce livre a connu chez nous un grand succès et n’a pas véritablement pris place dans la bibliothèque. En effet, il fait partie de ces albums qu’on ne range jamais puisqu’il faut les lire très très régulièrement. Alors, hop ! dans le sac !

Mon avis ICI et l’avis de Chlop par ICI.

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Cinq dans le lit de Marie-France Painset illustré par Atelier Saje chez Didier Jeunesse

 

Un album qu’Ernestine adore parce qu’on peut à la fois le chanter et l’animer. Alors même si à force de manipulations répétées, les lapins ont les oreilles un peu cornées, pour rien au monde ma fille ne voudrait s’en séparer.

Mon avis ICI.

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Maman Quichon se fâche d’Anaïs Vaugelade à l’école des loisirs

Voici un titre que j’aime énormément mais vers lequel je ne m’étais pas spontanément dirigée pour Ernestine. A tort car elle l’adore ! Un petit album tellement amusant qui ne prend pas de place mais qui offre des moments de lecture sans fin ( notamment quand on commence à lire les prénoms des soixante-treize enfants Quichon…)

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Même si nous sommes toujours très chargés pour partir en vacances, je n’hésite jamais à rajouter quelques livres pour les enfants entre deux valises.

C’est important qu’ils puissent lire partout, tout le temps et quoi qu’il arrive !