Mon petit lapin…

… s’est caché dans le jardin…

Cherchez-le, Coucou coucou , il est caché ….

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***Prés de chez nous, … pour Alice

Madame le lapin blanc de Gilles Bachelet. Seuil, 2012.

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Un album à l’humour ravageur entre les doigts de Gilles Bachelet qui nous raconte le quotidien de Madame le lapin blanc débordée par les tâches familiales quotidiennes.
Renversant !

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***Dans un champs clos en janvier, … pour Sophie.

Le problème avec les lapins d’Emily Gravett. Kaléidoscope, 2009.

Les lapins ont une réputation a tenir dans le domaine de la reproduction et ce n’est pas cet album/calendrier qui va dire le contraire. D’abord un jeune couple, puis une petite famille… mais au fil des mois, les pages vont se remplir de lapins au point de finir par exploser en fin d’année. C’est drôle et intelligent et drôle aussi !

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***Dans plusieurs endroits,… pour Pépita

Le lapin bricoleur de Michaël Leblond et Stéphane Kiehl E-Toiles

Un ebook interactif d’une étonnante modernité ! Un graphisme plein de surprises et une histoire originale avec des choix multiples qui compliquent l’avancée dans ce labyrinthe.
Et cette tête de lapin est absolument irrésistible !

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P’tit lapin plein d’poils de Martine Bourre Didier jeunesse Pirouette, 2016

Une comptine classique revisitée par Martine Bourre et qui mine de rien apprend un tas de choses sur son rapport à l’environnement. Et comme toujours, une très belle réalisation pour ce cartonné.

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***Sur le chemin de la forêt, …pour une graine de lutines

Ami-ami de de Rascal et Girel. Pastel, 2002.

 

Quand un lapin veut devenir l’ami d’un loup…

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***Par ci, par là, …pour Colette

Quand il fait nuit d’Akiko Miyakoshi. Syros, 2016

 

Suivons une famille de lapin dans la nuit qui tombe, à l’orée des rêves, quand les fenêtres s’allument…

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et les avis d’Alice et Pépita

La maison de Totam de Xavier Deneux. Tourbillon, 2014

Connaissez-vous Totam ? C’est un tout petit lapin qui habite une jolie maisonnette qu’il nous invite à découvrir pièce après pièce dans le coffret La maison de Totam de Xavier Deneux.

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***Il repassera par là, …pour Bouma

Les lapins et la tortue d’Olive et Zhihong. Les éditions des éléphants, 2016

Dans ce récit aux tons typiquement asiatique, retrouvez une fable malicieuse qui vous apprendra pourquoi les lapins ont une queue si courte.

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Lièvre et Ours d’Emily Gravette. Kaléidoscope, depuis 2015

Deux nouveaux héros ont fait leur apparition dans les albums pour petits et parmi eux un lièvre malicieux qui n’a pas sa langue dans sa poche. Déjà six aventures disponibles pour des aventures amusantes.

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***Dans son lit, … pour Chloé

Grododo, Michaël Escoffier, Kris Di Giacomo, frimousse

Quand César va se coucher, il a un rituel bien huilé. Il pose le verre sur la table de nuit, pose ses pantoufles, vérifie sous le lit, serre son doudou ferme les yeux et s’endort. Et quand il a été dérangé par un bruit, il recommence du début. Les pantoufles sur la table de nuit, le doudou sous le lit… Non, c’est pas ça, mince.

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Nous vous souhaitons de

JOYEUSES CHASSES AUX …..LAPINS A TOUS !

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Et pour prolonger le plaisir de la chasse aux oeufs dans le jardin au milieu des lapins d’encre et de papier, n’hésitez pas à vous lancer en famille dans une partie de Croque carotte endiablée !

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Lecture commune : Dans les branches

Quoi de mieux À l’ombre du grand arbre que de se plonger dans un roman dont le titre est « Dans les branches » ? C’est ce que j’ai fait, accompagnée de Alice et Bouma et voilà tout ce que nous avions à vous dire sur ce roman de Emmanuelle Maisonneuve qui nous a beaucoup plu.

Emmanuelle Maisonneuve - Dans les branches.

 

Ce roman est écrit par Emmanuelle Maisonneuve et publié chez Graine 2. Est-ce que vous les connaissiez et est-ce que ça vous a donné envie d’ouvrir ce livre ?

Alice : Graine2 ? Je connais les guides de voyage pour enfants qui ont souvent accompagné nos escapades. Très ludiques, ils permettent aux petits baroudeurs de tenir une sorte de carnet de bord et de rendre les visites plus supportables !
Que cet éditeur se tourne vers des fictions ? C’était une découverte pour moi.
Mais j’avoue, ce qui m’a attiré dans ce livre c’est sa couverture : MAGNIFIQUE ! Vous ne trouvez pas ?
Et puis de nombreuses critiques lues par-ci par-là m’ont interpellée, suis-je passée à côté d’un texte qui en vaut le détour ?

SophieLJ : Comme toi, je connaissais Graine2 pour ses guides et pas du tout Emmanuelle Maisonneuve. En fait, je pense que je Emmanuelle Maisonneuve - Tom Patate Livre 1 : La société secrète des Granmanitous.n’aurais jamais ouvert ce livre s’il n’avait pas été dans la sélection du Prix Ados d’Ille et Vilaine et quelle erreur j’aurais fait !

Bouma : Moi je connaissais Emmanuelle Maisonneuve de nom pour sa série Tom Patate aussi publiée chez Graine2 et qui m’a été recommandée de nombreuses fois par de jeunes lecteurs.
Si j’ai ouvert ce roman, au delà de la superbe couverture en effet, c’est parce qu’il est également sélectionné dans le Prix des Incorruptibles dans la catégorie 5e/4e cette année.

Une petite maison d’édition qu’on ne connait pas pour ses romans, et pourtant que de sélections pour des prix littéraires avec ce roman ! Alors il raconte quoi au fait ?

Alice : Morgan est un jeune ado, geek, solitaire, renfermé, esseulé qui va faire une étrange découverte dans la forêt. À l’occasion d’une course d’orientation il est persuadé avoir croisé une étrange créature qui pourrait sortir tout droit de ses jeux vidéos. Convaincu de l’existence de ce « sauvage », il décide alors de partir à sa recherche pour comprendre qui il est et ce qu’il fait là. Une quête qui va complètement transformer notre ado pas très bien dans sa peau en un véritable aventurier amoureux de la nature.

Quand on commence le roman, en tout cas en ce qui me concerne, on est a peu près sûr de rentrer dans une histoire fantastique. Est-ce que vous avez-été surprise du retournement de situation ?

Alice : Ma lecture est lointaine mais si je me souviens bien, seul le premier chapitre m’a donné cette impression. Rapidement on bascule dans « la réalité ». Et c’est temps mieux ! Je ne suis pas fan de littérature fantastique et je pense que j’aurais pu abandonner la lecture. Dans tous les cas, je n’ai pas pris ce livre en espérant lire du fantastique donc je n’ai pas été étonnée du retournement de situation comme tu dis. Cela a été le cas pour toi ?

SophieLJ : J’ai cette habitude de commencer une lecture sans en lire le résumé et en évitant (ou oubliant bien vite) les avis que j’ai pu entendre avant. Là je n’avais comme première approche du roman qu’un extrait cité par une de mes collègues et cet extrait était justement le passage avec le « troll ». Du coup j’étais plutôt dans l’optique de lire un roman qui partait vers du fantastique. Mon étonnement du revirement de situation n’a pas duré très longtemps puisque j’ai été finalement très agréablement surprise par la direction que prenait l’histoire.

Bouma : Effectivement, je ne m’attendais pas à une histoire aussi ancrée dans le réel. Mais je trouve qu’elle a quand même un côté fantastique dans sa conception autour d’une situation complètement inédite, presque invraisemblable, qui si on nous la racontait mettrait en doute la crédibilité du narrateur.

Morgan va établir une relation bien particulière avec cette « créature des bois ». Qu’est-ce que vous en avez pensé et est-ce que son évolution était celle que vous attendiez ?

Bouma : Pour le coup, je n’attendais rien en particulier. Je me suis complètement laissée embarquer par les émotions de cet ado face à la découverte de l’inconnu. Il tâtonne, essaye de faire du mieux qu’il peut pour établir un contact durable et j’ai franchement admiré sa persévérance et son courage.

Morgan évolue beaucoup durant le récit. On passe d’un ado un peu solitaire et geek à un jeune passionné par la nature et bien plus mature. Qu’avez-vous pensez de cette évolution ?

Alice : Et bien, elle fait du bien ! Moi, j’ai envie d’y croire ! De croire en cette jeunesse qui n’est pas amorphe et que l’on peut par un simple coup de pouce, par une rencontre fortuite, par une aide providentielle… amener sur un autre chemin. Trop souvent laissés sans guide, abandonnés, certaines ados ont le droit d’ouvrir leur regard, leur esprit et en sont tout à fait capables !!!
Et puis l’un n’empêche pas l’autre, on peut être amateur de jeux vidéos et aimer respirer le grand air, le tout est un savant dosage et une question d’éducation.

Bouma : Comme Alice, j’ai trouvé cette évolution très crédible. L’adolescence est un moment de construction de soi où l’on essaye bien des chemins, alors pourquoi pas ceux-ci et pourquoi pas les expérimenter seul ET accompagné. C’est un beau message sur ce que l’humain peut toujours faire, à savoir : changer !

Sans trop en dire, qu’avez-vous pensé du dénouement et de la finalité de la relation entre Morgan et « cette créature » ?

Alice : Sûrement qu’il y a un effet miroir entre les deux ados. Cette solitude personnelle, comme un espace subit mais nécessaire, qui finalement conditionne aussi leur complicité et leur irrémédiable attachement. Ces deux là, ils seront inséparables… Dans la tête, dans leur cœur, raisonnera toujours le bout de chemin qu’ils ont fait ensemble et qui conditionnera le reste de leur vie.

Bouma : Là encore, j’ai trouvé que l’exploit de Maisonneuve était de rendre crédible l’incroyable. Il y a à la fois quelque chose de très rocambolesque, très aventurier dans la fin de leur aventure commune qui cohabite avec un enracinement concret dans le réel. J’ai aimé qu’elle joue sur ces deux tableaux. J’ai aimé avoir peur puis retrouvé espoir.

La fin est presque ouverte sur une suite. Avez-vous envie d’en avoir encore plus ?

Alice : Je ne sais pas si j’ai envie d’en savoir plus. Je ne crois pas. En tout cas je n’arrive pas à imaginer la suite comme un récit aussi fascinant. J’aurais trop peur que cela tombe dans de la facilité alors que jusqu’alors, l’auteur maîtrise complètement l’effet de surprise et d’étonnement. Alors, j’en resterai là, sur une porte ouverte vers un avenir singulier.

Bouma : Non pas du tout. Je veux rester sur la puissance de ce texte, de cette rencontre, et dans le rêve formulé par les dernières pages.

Alice : Si j’avais à rajouter quelque chose, ce serait cette rencontre avec une main tendue, celle de cet adulte qui sait à la fois écouter, rester à sa place, valoriser, transmettre… Il est pour moi un appui incontestable qui sans un bruit permet de redémarrer une vie, de guider juste par des gestes ou une présence : un soutien sans faille et sans jugement . Quelle belle personne !
Il ne vous a pas séduite vous aussi ?

Bouma : J’avoue ne pas trop avoir gardé en tête ce personnage…

SophieLJ : Oui j’ai beaucoup aimé ce personnage. Il est parfois important d’avoir un adulte hors du cadre familial pour grandir, cet homme solitaire remplit ce rôle à merveilles.

Retrouvez les avis de Sophie, Bouma, Alice et Pépita.

Le site de Emmanuelle Maisonneuve
Le site des éditions Graine2

Coups de coeur de mars 2017

Il est passé bien vite ce mois de mars !

Le printemps est enfin arrivé, on a recalé nos montres le WE dernier et on a sorti notre tête de dessus l’oreiller pour aller dans le jardin bouquiner.

Place aux lectures en plein air !

Vous n’avez pas d’idées ? Alors voici la sélection des coups de coeur de l’équipe du grand arbre pour vous laisser inspirer.

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 > Alice a semé des ronds rouges dans son jardin  : 

A partir d’un simple rond rouge Claire Garralon nous offre un album d’une grande qualité créative pour ouvrir ses yeux sur le monde.

Parce qu’on est tous pareils et tous si différents !

Son avis complet

> Chloé (Littérature enfantine) à plongé dans une piscine magique.

Un feel-good book qui fera rire petits et grands.

Son avis complet

> Pépita et son Méli-Mélo de livres ont apprivoisé un renard.

Un roman magnifique sur la symbolique des relations humaines et animalières : je ne suis pas prête d’oublier Pax et Peter !

Son avis complet

> SophieLJ a besoin d’ailes pour retrouver ses étoiles.

Une belle histoire pleine de poésie sur la persévérance et l’acceptation de l’autre tel qu’il est.

Son avis complet

> La collectionneuse de papillons a joué de ses dix doigts avec des tableaux célèbres :

Voilà un album qui nous offre une initiation ludique et presque magique à l’art avec des tableaux que l’on peut enfin caresser du bout des doigts !

son avis complet.

Bouma (Un Petit Bout de Bib) s’est laissée conter une histoire vieille comme le monde :

Une plume subtile, un autre regard sur l’autre, le tout dans un roman soigné où les adolescents questionnent la parentalité.

son avis complet.

Et vous, que retiendrez-vous de ce ce mois de mars.

Lecture commune : Aussi loin que possible

Sur la ligne de départ de cette lecture commune, on trouve Sophie LJAlicePépitaBouma et Colette, affichant une motivation à toute épreuve pour répondre à ma série de questions sur ce petit roman.

Aussi loin que possible, Eric Pessan. Ecole des Loisirs, 2016.

A vos marques-pages, prêtes ? C’est parti !

Deux jeunes nous tournent le dos sur la couverture, le titre nous intrigue sur l’objectif à atteindre… Quelles étaient vos appréhensions avant de commencer cette histoire ? Et qu’est-ce qui vous a donné l’élan pour cette lecture ?

Alice : « Objectif à atteindre »,  » élan », j’aime bien ce choix lexical qui donne déjà des indices sur une des pistes de ce roman. Mais je n’en dis pas plus, car ce n’est pas encore le but de ta question…

Moi, j’ai beaucoup aimé le titre que je trouve très ambitieux. Enigmatique, percutant comme un slogan mais positif.

Quand à la couverture, ce n’est pas le fait que les deux ados soient de dos qui m’a intriguée, mais j’ai plutôt été touchée par leur accolade, symbole d’une certaine fraternité.

Au premier coup d’oeil, ce livre est pour moi plein d’amitié et d’espoir.

Sophie LJJ’ai aussi beaucoup aimé le titre de ce roman. Je me demandais où il m’emmènerait justement.

Une fois ouvert, j’ai été bien vite embarquée dans la course de ces deux jeunes qu’on suit avec plaisir et inquiétude aussi.

BoumaJe n’aurais sûrement jamais ouvert ce roman s’il ne m’avait été conseillé par ma libraire. Certes la couverture laisse penser à une histoire d’amitié et le titre sonne comme une promesse mais mes envies de lecture à ce moment là étaient très loin de cette thématique.

PépitaJ’avais déjà lu un roman de cet auteur et j’avais été frappée par son écriture. Et j’ai trouvé la couverture et le titre bien en accord : aussi loin que possible…une promesse, un défi à relever, deux jeunes garçons, il n’en fallait pas plus pour que j’ouvre ces pages.

ColetteCette lecture est un excellent souvenir car elle m’avait été conseillée par ma bibliothécaire préférée qui m’avait prêté ce livre à l’aube de notre expédition familiale à la Réunion et je l’ai lu d’une traite sur la plage de l’Hermitage pour me soigner d’une mauvaise angine qui m’empêchait d’aller me baigner dans l’eau transparente avec mes garçons ! Aussi loin que possible, quand même c’est un titre sacrément prometteur, une bribe de rêve comme on aimerait en glisser à l’oreille de chaque enfant croisé sur notre chemin…

D’un rythme haletant, ce roman débute comme une respiration saccadée et annonce la distance. Vous êtes-vous préparées à le lire d’une traite ou avez-vous été happées par cette course ?

PépitaComplètement happée par cette course car j’ai trouvé que le style d’écriture imprimait un rythme à l’histoire, on se sent courir avec les deux garçons, j’ai ressenti vraiment cette impression. Mais j’ai fait des pauses aussi, non pas pour reprendre mon souffle mais pour intérioriser ce que je venais de lire. Je sentais bien confusément que dans cette histoire, ce n’est pas seulement « courir » le message qu’a voulu faire passer l’auteur.

BoumaMoi aussi j’ai été happée dès les premiers mots par la présence de ce narrateur et l’écriture imagée d’Eric Pessan. On a l’impression de courir en lisant (je voudrais que tous les livres me fassent ça !)

ColetteJ’ai été complètement happée car je voulais absolument comprendre pourquoi ces deux jeunes avaient autant besoin de s’échapper.

Sophie : En général, je commence un roman quand je suis sûre d’avoir un peu de temps devant moi. Celui-ci, je n’ai pas pu le lire en une fois mais deux ont suffit. Je pense qu’on pourrait même le lire à voix haute… même si on risque d’être un peu essoufflé !

AliceJe me souviens de ces premières pages ou l’on passe les différentes barrières qui nous amènent du centre ville au periphérique, à la banlieue et puis … prendre une bonne bouffée d’air frais et de verdure en pleine figure ! Le rythme était donné, les foulées venaient naturellement les unes après les autres, le souffle se maîtrisait de mieux en mieux, les muscles commençaient à se faire sentir … de vraies sensations d’une bonne sortie de running ! Et je sais de quoi je cause ! Après la machine est lancée et le physique se rôde, c’est alors la tête qui rentre en action et l’on cherche à savoir ce qui pousse ces deux ados à courir. Après quoi ? Après qui ?

Comme la première page nous en informe (par une prolepse), les deux garçons voient naître au fur et à mesure de leur périple « les véritables raisons » de leur course. Sachant seulement qu’Antoine et Tony venaient d »une cité, qu’aviez-vous imaginé sur leurs motivations ?

Pépita : Aussi curieux que cela puisse paraître, rien du tout ! J’ai suivi leur périple comme il venait, en les trouvant très respectueux des traces qu’ils pouvaient laisser. Et curieusement, quand les motivations sont arrivées-mais le sont-elles vraiment ?-j’ai retenu mon souffle : je ne voulais pas que cette course spontanée soit « souillée » en quelque sorte par une espèce de chose genre  » faut rentrer dans les cases ». Eric Pessan a su garder l’esprit jusqu’au bout je trouve et je pense que la réussite de ce roman tient aussi à ça : à ce travail d’équilibriste, au fil du rasoir, pour ne pas tomber dans le cliché et les stéréotypes.

Alice : Comme Pépita, rien non plus. Et c’est vrai que cela titille notre curiosité, que l’on se demande ce qui peut guider cette course et j’ai particulièrement apprécié que tout cela ne tombe pas dans le cliché de la cité. Le dérapage aurait pu être facile, mais non Eric Pessan maintient bien son cap, son équilibre et sa finesse. Pas de misérabilisme non plus, pas de « too much », juste ce qu’il faut pour que cela soit touchant.

Sophie : Je n’avais trop rien imaginé en dehors d’une fugue. Par contre, pendant un moment au cours de l’histoire, j’ai cru que ça allait mal finir ! J’avais du mal à voir comment on pouvait aller vers du positif.

ColetteDéformation professionnelle sans doute, j’ai vu de nombreux fantômes, rencontrés sur mon chemin d’enseignante d’élèves en fuite, pousser nos deux amis à courir. Ce n’est pas tant leur situation de jeunes de cité qui a créé cette attente mais simplement le fait qu’ils soient au cœur de cet âge de tous les élans qu’est l’adolescence.

Reprenons leur élan et ouvrons les yeux…

« Une expiration.

Je m’accroche au rythme de nos pas, je n’écoute plus que le heurt de nos semelles et l’écho que rendent certains entrepôts. J’oublie le grondement continu du périphérique, j’oublie les moteurs (…)

Deux inspirations.

On avance.

Des machines martèlent du métal, des chiens aboient. »

Les deux coureurs font abstraction du décor, de ce monde désolé qui les entoure. Et vous, avez-vous été sensible à cette toile de fond sonore et visuelle ?

Pépita : oui tout comme toi j’ai été très sensible à cet univers et je pense qu’un film pourrait aisément en émerger. J’ai entendu leur souffle s’accorder, leurs semelles claquer, le bruit de la ville, le silence de la campagne,….comme si l’auteur avait voulu que le lecteur soit presque en train de les suivre en vrai.

Colette : les bruits de la ville m’habitent et me rassurent, j’aime les retrouver dans mes lectures même si c’est pour tenter de les oublier.

Sophie : J’ai bien aimé l’ambiance citadine que créaient les décors. Je me souviens moins des autres. C’est vraiment le côté urbain qui m’a marquée, le point de départ dans un environnement de cité, les bruits, le décor. On s’en imprègne assez bien même si c’est secondaire pour eux. Je n’ai pas le livre sous la main mais je me souviens particulièrement d’un début de chapitre où ils sont devant l’autoroute. La vitesse des véhicules défile sous leur yeux alors qu’ils sont justement arrêté pour la première fois. J’ai bien aimé ce contraste du style « la vie continue ».

Alice : Je ne me souviens pas des bruits de la ville… c’est vraiment le souffle de leurs respirations qui pour moi a rythmé cette lecture et la cadence de leur pas, de leur course.

Bouma : Ce décor très citadin m’a permis de me plonger très facilement dans le récit car il me rappelle mon quotidien et tous les bruits urbains qui peuplent ma vie. C’est presque une bande-son, tant le côté sonore du décor prend de la place.

Oubliant l’univers réaliste dans lequel évoluent les deux adolescents, j’ai souvent pensé à un conte en lisant ce roman : deux héros en quête pour échapper à leur sort, quelques rencontres menaçantes, d’autres souriantes, bienveillantes et des abris providentiels sur le chemin. Me suivez-vous sur cette piste ?

Pépita : maintenant que tu le dis oui pourquoi pas ? Mais non je ne l’ ai pas lu comme un conte mais comme un fait de société actuel.

Colette : Je ne l’ai pas du tout lu comme un conte (en même temps le schéma actantiel que tu décris est un schéma que l’on retrouve dans la plupart des récits, mais c’est vrai qu’ici la brièveté du récit pouvait faire songer au conte) mais comme une histoire d’amitié réaliste et moderne.

Alice : Tout comme mes copinautes, je n’ai absolument pas vu ce livre comme un conte et je ne sais pas si je m’avancerais jusque là. C’est pour moi un roman d’actualité avec sa part d’engagement et d’indignation. Un réveil des consciences assez finement amené.

Je trouvais que rien n’arrêtait ces personnages et qu’il y avait un aspect merveilleux dans le fait qu’ils parvenaient à mener leur course au bout, en volant sans être arrêtés ou en s’abritant sans être découverts, comme si cette aventure échappait à la réalité. Mais je ne voudrais pas forcer l’interprétation du récit, qui est bien ancré dans la société actuelle, je le reconnais.

Sophie : Je n’ai pas pensé au conte non plus en le lisant. Mais en y pensant j’imagine assez bien une réécriture un peu onirique et fantastique de cette histoire.

Des souvenirs émergent en pagaille, des projets naissent. Sur la ligne d’arrivée, l’écriture prend le relai de la course et le reste de la vie des héros s’ouvre, entre parenthèses. Ce roman intimiste nous donne à penser, prolonge l’écho des pas dans nos têtes. Après l’avoir fermé, quels mots ou pensées résonnent encore en vous ?

Pépita : je l’ai lu à sa sortie, ce roman, et cette lecture commune ravive des souvenirs encore très forts en moi : je dirais « humanité et leçon de vie ».

Colette : « parce que c’était lui, parce que c’était moi »…

Bouma : Ce roman m’est apparu comme une parenthèse et il reste comme tel dans ma mémoire. Il raconte un instant singulier dans la vie de personnages, un instant pour lequel il y aura désormais un avant et un après. Ce sont des choses qui arrivent à chacun dans la vie, et ce sont donc mes propres souvenirs de ces instants particuliers qui me reviennent en filigrane de cette lecture ; tous les moments d’amitié partagée qui ont sillonné ma vie pour la construire… Y compris ma découverte de ce beau projet, et les summer book camp des dernières années.

Sophie : Pour moi cette course, c’est la façon des héros de tourner la page à un moment de leur vie. Cette course c’est une accélération qui va les emmener vers autre chose, très vite car ça devient vital pour eux deux. Ce qu’il me reste de ce roman c’est cette invitation à sortir de sa zone de confort pour passer à autre chose.

Alice : Que me reste-t-il de ce roman ? Après cette lecture commune, une envie de le relire …

 

Prix À l’ombre du grand arbre : albums et petite enfance

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Les deux mois précédents, nous vous présentions les premières sélections de la nouvelle mouture de notre Prix À l’ombre du grand arbre. Vous pouvez retrouver les romans pour enfants et adolescents ici et les BD et documentaires .

Pour finaliser le Prix À l’ombre du grand arbre dans ces différentes catégories, c’est maintenant à vous de choisir quels livres vous avez préféré en 2016. On termine aujourd’hui avec les catégories Albums et Petite enfance.

Les votes seront clôturés le 30 avril pour une annonce des résultats le 9 mai avec les 5 ans déjà d’À l’ombre du grand arbre !

À vos votes !

 

♦ Albums ♦

Delphine Perret - Björn - Six histoires d'ours.

Akiko Miyakoshi - Quand il fait nuit.

Thomas Scotto et Csil - Sans ailes.

Jihyeon Lee - La piscine.

Cécile Roumiguière et Fanny Ducassé - Dans le ventre de la Terre.

Sorry, there are no polls available at the moment.

 

♦ Petite enfance ♦

Jeanne Ashbé - La fourmi et le loup.

Delphine Chedru - 1, 2, 3, partons ! - Suis le chemin avec ton doigt.

Marie Nastanlieva - Maurice et Léopold.

Frédéric Stehr - Zim Bam Boum.

Véronique Joffre - Imagier mouillé.

Delphine Grenier - Déjà.

Sorry, there are no polls available at the moment.

 

Je vous rappelle aussi que si vous avez des talents d’artiste et/ou de graphisme, nous sommes à la recherche de notre nouvelle bannière de blog ! Toutes les informations sont ici.