L’année 2025 nous aura apporté son lot de génialissimes lectures et de découvertes littéraires ! Chaque mois, c’est le rendez-vous à ne pas manquer sous notre bel arbre. Voici nos livres préférés, incontournables titres que l’on aime partager ici.
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Pour Liraloin c’est une lecture toute récente qui l’a transporté dans sa propre enfance. Il s’agit de Coboye de Cécile, une BD dont les aventures sont toutes amusantes, pleine de moments espiègles qui sentent bon la nostalgie .
Coboye de Cécile, Dupuis, 2025
Chronique complète ICI et l’avis de Lucie et celui d’Héloïse.
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Comment ne pas passer à côté de cet immense roman de l’année 2025, qui a emporté le Prix Vendredi des lecteurs du pass Culture. Un titre qui a aussi été l’objet d’une lecture commune. Une histoire percutante, tellement d’actualité, criante de vérité !
Le silence est à nous de Coline Pierré – Flammarion jeunesse, 2025
Pour ses coups de coeur de l’année, Lucie aussi a choisi un livre ayant fait l’objet d’une lecture commune : La petite fille au fusil. Ce roman graphique rassemble tout ce qu’elle cherche dans une lecture : émotion, humour, mais aussi vraie réflexion sur le courage et en plus elle comblé certaines de ses lacunes au sujet de la seconde guerre mondiale en Lituanie. Elle a été séduite par l’histoire de Magda, petite fille qui doit faire face à la tourmente de l’Histoire.
La petite fille au fusil, histoire d’une jeune résistante, Marius Marcinkevičius et Lina Itagaki, Editions du Ricochet, 2025.
Côté album, elle n’a pas su choisir entre Le caillou, fabuleuse fable de Thierry Dedieu sur la mémoire et la bêtise humaine et Quand je garde le silence, véritable claque poétique. Deux albums très différents mais faisant l’éloge du respect et de l’écoute.
Le caillou, Thierry Dedieu, Seuil Jeunesse 2016.Quand je garde le silence, Zornitsa Hristova, Kiril Zlatkov, Six citrons acides, 2025.
Côté roman, elle doit son coup de cœur de l’année à Helolitla. Car si la belle couverture de Nos constellations lui avait tapé dans l’œil, les thématiques laissaient présager une histoire pesante. Il n’en est rien, bien au contraire ! Car si Max et Aurélien font face à des difficultés, leur relation douce et respectueuse leur donne des ailes. Un amour porteur comme on en souhaite à nos ados !
Nos constellations, Florence Quentin, Didier jeunesse, 2025.
Héloïse (Helolitla) n’a pas su choisir un seul livre, tellement cette année 2025 a été riche en lectures de qualité.
Côté romans ados, elle a ri, pleuré, été bouleversée par de nombreux titres. Dissidentes, la dystopie très immersive de Tosca Noury, qui fait froid dans le dos tellement elle est réaliste. La neige au rendez-vous, émouvant roman d’Esmé Planchon, qui parle si justement de deuil, de famille, du droit d’être soi-même. Deux autres romans ados l’ont bouleversée : En décalage, de Lolie Cherbonnel, et Nos Constellations, de Florence Quentin.
2025 a également été l’année où Héloïse a redécouvert la poésie, avec notamment quelques recueils de Rupi Kaur, ou plus récemment Ma maison en fleurs, de Pauline Bilisari, qui l’a profondément émue.
Ma maison en fleursde Pauline Bilisari, J’ai lu, 2023
En lectrice accro à la fantasy et à la science-fiction, Héloise a vibré avec Les archipels engloutis, de Nancy Guilbert et Martin Meyrone, a frissonné avec le premier tome de Contrer les brumes, de Léa Muna. Elle a voyagé avec la saga des Mystères, dont elle a dévoré les 4 derniers tomes cette année. Elle a retrouvé avec joie la plume d’Ellie S. Green dans son nouvel univers qui mêle western et fantastique, SilvertonSupernatural Project. Enfin, elle a frissonné avec le très réaliste Célèbre a en mourir, d’Alain Gagnol.
Les albums coups de cœur d’Héloïse et de ses enfants sont nombreux. Plusieurs thématiques reviennent en force : l’amour des livres et de la nature, la tolérance et la solidarité, le droit d’être soi-même. En voici un florilège.
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Hélène est très heureuse de vous présenter ses grands coups de coeur de l’année 2025, une année riche en lecture qui lui a permis de découvrir des pépites pour tous les âges. Le choix a été très difficile également mais voici le meilleur pour tous les âges de son point de vue totalement subjectif.
La vie secrète des adultes, Anna Fiske, La joie de lire, 2025.
Pédagogique, humoristique et interactif, ce livre donne un aperçu complet et réaliste de ce que c’est d’être adulte (rappelant au passage que même une fois grand on doit respecter des règles) et surtout des mille et une façons d’être adulte. On y parle look, métier, gestion du budget, goûts alimentaires, loisirs, parentalité, rapport aux autres, consommation d’alcool… Le champs des possibles est très large ! Cela permet à l’ enfant de se représenter les libertés et contraintes de la vie d’ adulte sous un jour positif, de lui montrer qu’il y a énormément de choix de vie possibles, c’est fabuleux et cela ouvre plein de perspectives ! Le format entre album et BD est très intéressant également. La chronique d’HélèneICI
Les enquêtes de Lady Souris et Jimmy Tigré, Quentin Girardclos, La Martinière Jeunesse, 2025.
Une super petite BD découpée en trois chapitres qui correspondent chacun à une enquête, avec un très très beau graphisme. Le tome 2 « Du rififi à Paris » sort en février et devrait faire partie de nos favoris en 2026 également.
L’étoile de Mo, Yeonju Choi, Helium, 2024.
Un joli petit livre au format hybride : album en noir et blanc, mini BD ou petit roman illustré, peu importe, les images sont aussi poétiques que le texte. Un beau moment de lecture en compagnie de ce petit chat que nous prenons plaisir à suivre dans sa quête, l’avis complet d‘Hélène à retrouver ICI
Un garçon comme les autres, de Damas à Manchester, A-M Dassu, Milan Editions, 2024.
Et puisqu’il faut finir car le temps et l’espace sont trop courts pour parler de tous les livres qui nous ont plu cette année, Hélène vous propose ce roman ado très touchant, une histoire d’exil mais surtout l’histoire d’un jeune homme et de sa famille, racontée à la première personne. De la fuite à la reconstruction de leur vie ailleurs, des obstacles, frayeurs et batailles à la reprise d’une vie quotidienne d’adolescent, ce roman permet de se mettre à la place de l’Autre, il est profondément touchant. Elle vous en parle un peu plus ici mais aucune chronique ne vous touchera autant que la lecture de ce livre, qui pourra être l’occasion d’échanges entre ados et adultes sur des sujets de société actuels et profonds.
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Pour Séverine, côté albums, son coup de cœur absolu, c’est Le parfum des grandes vacances, de l’auteur-illustrateur Thibault Prugne, qui l’a éblouie, par la grâce, la mélancolie, la sensibilité du texte et de ses illustrations absolument somptueuses, où la noirceur de l’époque, en proie à la guerre qui fait rage, est adoucie par la relation magique entre un grand-père original et une petite fille curieuse. Pour elle, la parenthèse enchantée et émouvante qu’offre cet album a tout simplement le parfum du chef-d’œuvre. Gros coups de coeurs pour deux autres albums qui ont en commun d’être nés sous la plume ou le pinceau d’Henri Meunier. Dans Sous le pommier en fleurs, joliment illustré par Olivier Latyk, tout en jeux de lumière et de couleurs, l’auteur exprime sa virtuosité à la fois facétieuse et poétique, sa sensibilité teintée de fantaisie (ou l’inverse ?), son élégance rare. Une réussite parfaite pour cette belle invitation au lâcher prise et à la joie de vivre ! Droméo et Chuliette, dernier album de Marcus Malte, qu’il a illustré avec un graphisme figuratif, coloré, vitaminé, fin dans sa simplicité, lui a offert un moment de lecture délicieux. C’est de la littérature jeunesse comme elle l’aime : loufoque, intelligente, originale, créative, faisant confiance aux enfants, bref, tout ce qu’une IA ne pourra jamais faire (on l’espère).
Côté romans, ce sont les autrices qui se sont détachées cette année.
Enragée, un roman fort de Cécile Alix qui résonnera longtemps…Certains passages sont écrasants de noire tension, de désespoir, de douleur insoutenable. Pour autant, grâce aux belles rencontres de son héroïne, à sa passion pour la danse, à l’amour qui pointe le bout du nez, le positif résiste. Emilie Chazerand l’a comme souvent, fait pouffer de rire et verser des larmes de crocodile dans la même page, c’est une prouesse assez rare pour être soulignée, avec son dernier roman, Hyper ! Le style phénoménal, le sens des dialogues dinguissime. Sans pour autant faire sombrer à son tour dans une dépression irréversible, grâce à un humour féroce, décalé, qui fait sans cesse des pirouettes. Un moment de lecture intense, une héroïne inoubliable. Nos incendies a été pour Séverine la découverte d’une plume, celle de Sandrine Caillis, dont elle a apprécié son grand respect pour la jeunesse, sans toutefois occulter ses excès. Elle a trouvé pointu son regard sur les relations intrafamiliales, sur les fractures, sur l’engagement, sur le cœur qui (s’)affirme, dans un mélange incandescent de sensibilité, de mouvement et de fureur. Mention spéciale pour les titres des chapitres du roman qui, à eux seuls, mis bout à bout, pourraient former un superbe poème en prose.
Chez les juniors, enfin, énorme coup de cœur pour l’édition française d’un roman illustré norvégien de Maria Parr. Oskar et moi et tous nos petits endroits, égrène tout au long d’une année, le quotidien de deux enfants, Ida, 8 ans, la narratrice, et son petit frère Oskar, 5 ans, dans tout ce qu’il a de plus banal, et de plus merveilleux. On rit, on pleure, comme dans la vie ! Ce roman, c’est le lieu où tout commence et rien ne finit jamais, son parfum est le plus délicieux de tous : il fleure si bon l’enfance.
Oskar et moi et tous nos petits endroits de Maria Parr, Thierry Magnier, 2025
Et vous? Quels sont vos titres chouchous de cette année 2025? Dites-nous en commentaire sur notre page Instagram ou Facebook?
Noël rime avec cadeaux mais ici il rime avec amitié. Quel plaisir de pouvoir gâter une copinaute passionnée de lectures. De choisir une gourmandise, d’écrire une carte en imaginant la surprise sur le visage de la personne en question ! Voici ce que nous avons aimé envoyer et ce que nous avons reçu avec grande délectation…
J’ai eu la chance de découvrir le prénom de ma swapée lors de mon voyage au Japon. Quelle joie de pouvoir gâter Lucie car dorénavant nous sommes les plus anciennes du blog et je n’avais jamais eu l’occasion d’être sa copinaute de SWAP de Noël.
Pour Lucie, j’ai envoyé une petite carte et un carnet de dessin provenant du petit village d’Ainokura où les chaumières traditionnelles sont situées au milieu de la forêt de la région de Gokayama. Une petite plaque de chocolat noir venant direction d’une boutique artisanale de Toulon pour assouvir sa gourmandise. Et bien évidemment un livre, un recueil de poésie pour être précise Poèmes par-dessus les toits, une envolée de mots qui se lit lorsqu’on en éprouve l’envie ou le besoin.
Ce que j’ai reçu…
Quelle surprise de découvrir le colis d’Hélène la_bibli_jeunesse_dhelene qui nous a fait la grande joie de rejoindre le blog il y a quelques mois ! Je la remercie de m’avoir envoyé cette jolie carte ainsi qu’une gourmandise que je vais finir par déguster avec grand plaisir. J’ai eu la chance de déballer ce fabuleux roman venant d’une librairie que j’aime beaucoup ! Hâte de lire ce Cosy Mystery et pourquoi pas en faire une LC avec toi, chère Hélène !
La personne à qui je devais envoyer un petit paquet était Frédérique, et j’étais bien contente de tomber sur elle puisqu’au départ c’est elle qui m’a contacté pour me proposer de faire partie de l’équipe de A l’ombre du Grand arbre. C’était une belle surprise et donc c’est un joli clin d’oeil que ce soit à moi de lui en faire une pour Noël.
Je me suis donc rendue à l’Armitière à Rouen où je sais que l’on trouve toujours son bonheur pour tous les âges et je lui ai choisi un cosy mystery, coup de coeur des libraires. Un peu de magie, un peu de mystère, une recette parfaite pour les fêtes. Ensuite j’ai passé un bon moment à regarder les présentoir de cartes et j’ai fini par me décider pour l’une d’entre elle dont j’aimais l’ambiance. En plus des livres je suis une grande grande fan de papeterie et je choisi toujours avec soin les cartes, photos, albums, marques-pages… J’espère que celle-ci égayera la fin d’année de Frédérique, qui pourra également déguster un petit florentin en lisant au chaud.
Ce que j’ai reçu…
C’était Séverine qui avait pour mission de m’envoyer un cadeau et j’ai été ravie de recevoir son paquet qui contenait plusieurs petites surprises et pour commencer, un album de chez Rue du Monde, une très belle maison d’édition. L’album Le Grand banian de Jean-Claude Mourlevat illustré par Nathalie Novi va ma faire voyager en Inde, j’ai hâte de vous en parler 🙂
Un mini-puzzle de Noël représentant une illustration hivernale d’une illustratrice que j’aime beaucoup, Amélie Lafaitteur était aussi glissé parmi les petits paquets préparés par Séverine. Vais-je réussir à le faire pendant les vacances, je vous tiens au courant !
Une banderole Joyeux Noël, des caramels mous joliment emballés et une belle carte de Noël complétaient ce paquet qui m’a fait très très plaisir !
Ma destinataire de cadeaux était cette année la p’tite nouvelle de l’équipe. Autant dire que j’ai eu un peu peur, dans la mesure où nous ne nous connaissons pas encore beaucoup… Blandine avait eu la très bonne idée de m’offrir un mini-puzzle l’année dernière, je lui ai donc piqué l’idée, sans aucun scrupule ! Pour la gourmandise, pas de question existentielle, des caramels feraient l’affaire (franchement, qui n’aime pas ça ?) et une petite guirlande, pour finir, aucun souci. Ah oui, j’allais oublier l’essentiel : le livre ! Là, dans le doute, je l’avoue, je l’ai choisi selon mes propres goûts ! C’est ainsi qu’Hélène a découvert, si elle ne le connaissait pas, un des (trop) rares albums jeunesse écrits par Jean-Claude Mourlevat, illustré par la grande Nathalie Novi, chez les Éditions Rue du monde : Sous le grand banian, mon clin d’œil au grand arbre qui nous abrite toutes deux…
Ce que j’ai reçu…
J’ai reçu de Lucie un colis qui m’a beaucoup touchée. Notamment parce qu’à l’inverse de mon Swap avec Hélène, il m’a montré que Lucie et moi commençons à bien nous connaître, même par écrans interposés. Il faut dire que deux jours passées ensemble à Montreuil nous ont rapprochées. Ainsi ai-je eu la surprise de découvrir 2 livres dans le colis. Le premier, c’est Pleine nuit, superbe album à découpes laser avec un magnifique loup en couverture, qu’elle a eu la gentillesse de me faire dédicacer par son auteur/illustrateur Antoine Guilloppé, à Montreuil, justement. Le deuxième est un recueil de Jean-Pascal Dubost, illustré par Katy Croupie, dans la collection Poèmes pour grandir de Cheyne : C’est corbeau. Elle savait que je suis particulièrement sensible à cet oiseau, sorte d’animal totem pour moi, dont j’ai un tatouage sur le bras droit… Si j’ajoute que les bouchons lyonnais compris dans le colis m’ont bien fait rire, que la décoration de Noël artisanale s’accorde parfaitement à mon intérieur, et que sa petite carte avec un joli message d’amitié fait chaud au cœur, on n’est pas très loin du bonheur… Merci Lucie ! (qui était, entre parenthèses, ma swapée de l’an dernier…)
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Lucie (Leslivresdavril)
Ce que j’ai envoyé…
Cette année j’ai a eu le plaisir de tomber sur Séverine, ma swapeuse de l’année dernière. C’était l’occasion de la remercier, d’autant qu’après nous être retrouvées à deux salons du livre, nous commençons à mieux nous connaître ! J’ai donc multiplié les clins d’œil, à ses marottes (poésie, corbeau, chocolat), mais aussi aux sujets plus personnels que j’ai pu découvrir en discutant et en la lisant. Saviez-vous que notre Sev avait édité deux recueils (vous les trouverez ICI et LÀ) ? J’ai donc choisi deux livres lors du SLPJ, une boîte de chocolats d’un confiseur lyonnais, une suspension artisanale et une carte de l’illustratrice Mue.Pi elle aussi rencontrée à Montreuil.
Ce que j’ai reçu…
C’est toujours un grand plaisir de recevoir un colis savament composé par une copinaute. Et nul doute, cette année Frédérique avait décidé de me faire voyager ! J’ai adoré les souvenirs du Japon : le carnet au papier velouté (oserai-je l’utiliser ?), la carte poétique d’un côté, pleine d’énergie de l’autre. Ainokura figure dorénavant sur la liste des lieux à visiter quand j’irai au Japon. Mais ma swapeuse n’en avait pas fini avec le dépaysement. Elle y a ajouté un chocolat originaire du Ghana et, surtout, Poèmes par-dessus les toits, recueil de poésie bilingue français arabe, véritable invitation à la douceur et à la lenteur. Juste ce qu’il faut pour finir l’année. Et il sera suivi par d’autres car Frédérique s’est arrangée avec l’éditrice du Port à jauni pour me couvrir de poésie. Comme dit ta grand-mère Séverine déjà ? « Tu n’y es plus, Fred ! »
Ce que j’ai envoyé… 2ème !
Pour prolonger son voyage, j’ai remercié Frédérique de ses douces attentions avec l’album 72 saisons au Japon Kyûreki, un calendrier de la Nature d’Emmanuelle Grundmann et Gilberte Niamh Bourget. Tombée sur cet album un peu par hasard, j’ai immédiatement pensé à elle.
72 saisons au Japon Kyûreki, un calendrier de la Nature d’Emmanuelle Grundmann et Gilberte Niamh Bourget, Actes Sud jeunesse, 2025.
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Héloïse (Ileautresor)
Ce que j’ai envoyé…
Je devais préparer un colis pour mon homonyme Héloïse – Helolitla. Je lui ai envoyé un roman junior, Le maître des clefs : le pays des songes, avec du thé blanc parfumé aux épices… mais dans une autre boîte car elle ne tenait pas dans le paquet.
Ce que j’ai reçu…
Blandine m’a gâtée ! J’ai reçu 2 livres : Les gardiens de baguette magique et Quelque part dans la neige… avec des chocolats. Son paquet m’a fait bien plaisir.
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Héloïse (Helolitla)
Ce que j’ai envoyé…
Cette année, c’est à Blandine que je devais envoyer un colis. Au vu de ses lectures éclectiques, j’ai opté pour un roman ado que j’avais adoré, très poétique. J’y ai joint du café, et une pochette à livre.
Ce que j’ai reçu…
C’est Héloïse qui m’a gâtée avec un roman jeunesse que j’avais repéré, Le maître des Clés, de Benoît Grelaud. Une lecture que j’ai deja commencée et que je partage avec mes fils, pour l’instant captivés par cette aventure ! J’ai également reçu une jolie carte et du thé.
Cette année, le sort m’a désigné Héloïse(Ileautresor), dont je ne connaissais pas trop les goûts. J’y ai donc été avec mon cœur. J’ai opté pour le premier roman jeunesse de Tiffany McDaniel (qui inaugure une série), Les Gardiens de Baguette Magique, parce que j’aime énormément la plume de cette autrice en Litté générale et que j’aime cette Maison d’Editions, Gallmeister. Comme c’est la période de Noël, j’ai choisi pour un album jeunesse qui fait la part belle à la saison, enneigée, mais aussi au don de soi et au plaisir d’être ensemble. Et puis des petites douceurs chocolatées aux effigies parisiennes pour les accompagner, car Paris est magique !
Ce que j’ai reçu…
C’est de la part d’Héloïse (Helolitla) que j’ai reçu un colis avec deux sachets de café moulu aromatisé (bonheur bonheur), un roman ado, Nos constellations de Florence Quentin chez Didier Jeunesse, que je ne connaissais pas du tout, une pochette livre Harry Potter so kawai, et un adorable mot sur un un adorable papier accompagné de stickers livresques ! Mille mercis Héloïse pour tes choix si justes !
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Nous espérons que vous avez été aussi entourés et gâtés pendant les Fêtes et nous sommes très heureuses de vous retrouver en 2026 pour de nouvelles lectures.
A l’approche des fêtes ce fin d’année, quoi de mieux que de délaisser les grands magasins pour courir dans votre petite librairie de quartier ! Non seulement nous avons tout à fait le droit de nous gâter mais nous avons l’obligation de faire plaisir aux personnes de notre entourage. Pour vous aider à faire des choix, vos arbonautes préférées ont pensé à des titres qu’elles aiment particulièrement offrir. A votre liste ! C’est par ici que ça se passe…
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Pour Liraloin offrir un livre c’est toujours une grande marque d’affection. Non seulement la future lectrice va découvrir un livre choisi avec amour mais aussi un univers enchanteur ! Pour cet article, elle s’est tournée vers deux romans classiques aux aventures incroyables et inoubliables.
Le jardin secret de Frances Hodgson-Burnett Adapté en BD par Maud Begon publié chez Dargaud en 2021. Adapté au cinéma en 1994 et 2020.
Mary Lennox « que tout contrarie » est une petite fille unique et gâtée, capricieuse, mal élevée ou bien pas élevée du tout par ses parents. Sous le soleil des Indes, le choléra va décimer toute sa famille ainsi que les domestiques la laissant orpheline. Après un long voyage jusqu’en Angleterre, elle est recueillie par son oncle Archibald Craven, propriétaire d’un immense manoir perdu au milieu des landes pluvieuses.
Au lendemain de sa première nuit, quelle n’est pas sa surprise de découvrir l’enjouée Martha, une jeune servante bavarde et toujours de belle humeur – tout le contraire de Mademoiselle Mary ! Le franc parlé de Martha insupporte la jeune demoiselle acariâtre mais peu à peu cette dernière s’intéresse à la vie de cette jeune campagnarde, dévoilant sans doute les prémices d’une amitié naissante.
Pourtant bien des mystères entourent ce manoir et ses jardins. Quels sont les pleurs nocturnes perturbant ainsi son sommeil ? Quel secret cache ce jardin clos depuis dix longues années ? Des enfants perdus, certains mal aimés ou d’autres soi-disant condamnés à mourir seront unis par un secret loin du monde des adultes. L’amitié, l’amour et surtout la confiance vont éclore petit à petit dans ce vieux manoir lugubre. Ce récit est un concentré d’innocence, celle retrouvée après une enfance perdue et délaissée.
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Huit volumes composent cette série dont le titre le plus connu a été publié pour la première fois sous le nom « Anne, la maison aux pignons verts. » En 2020, les éditions Monsieur Toussaint Louverture ont choisi de publier le premier volume en s’inspirant du titre original « Anne de Green Gables »
Cette saga tourne autour d’Anne Shirley, jeune orpheline qui deviendra Anne de Green Gables puis enfin Anne Blythe. Si l’histoire débute fin XIXe siècle elle s’achève durant la Première Guerre Mondiale qui est au centre de l’intrigue de « Rilla ma Rilla », un volume beaucoup plus noir que l’ensemble des premiers titres.
Quel plaisir de lecture que de retrouver à chaque volume les personnages de l’Île-du-Prince-Édouard, l’atmosphère d’Avonlea en passant par Ingleside tout en terminant à Glen St Mary. Entrer dans cette série c’est se délecter de l’espièglerie d’Anne Shirley puis s’attacher à toute cette belle et grande famille. C’est aussi rire des évènements, des situations des personnages secondaires mais aussi s’émouvoir de l’innocence des enfants, de la tristesse qui peut envahir une famille. La connexion à la nature y est très forte et la magie qui s’opère dans la Vallée arc-en-ciel apporte au lectorat des moments de détente propice à la rêverie. L’humour de Lucy Maud Montgomery apporte une belle énergie au récit et fait la part belle aux femmes qui composent parfaitement dans cette histoire universelle.
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Pour Hélène, un livre c’est toujours un beau cadeau à offrir lors des fêtes. Elle a essayé de mélanger classiques et livres plus récemment parus qui le deviendront peut-être afin de satisfaire tous les goûts et tous les âges. Ce billet est donc aussi l’occasion de parler de nouveautés et de revenir sur des coups de coeur de l’année. Joyeuses fêtes à tous !
Mes premiers airs de jazz d’Aurélie Guillerey, Gründ, 2016
Pour commencer Hélène vous conseille cette petite collection de livres sonores de chez Gründ. Elle plaira aux plus petits, qui prendront plaisir à écouter l’histoire des musiciens racontée par l’adulte et surtout à appuyer eux-mêmes sur les boutons pour mettre en route l’air de musique à chaque page. Il y en a pour tous les goûts : jazz, rock, reggae… A vous de choisir celui qui plaira le plus et de les collectionner !
Un jour de chance de Céline Claire et Jean-Baptiste Drouot, Milan, 2022
Un jour de chance est un titre paru il y a plusieurs années déjà mais qui avait particulièrement touché Hélène. On pense lire une « simple » histoire de doudou perdu mais en réalité il s’agit de donner et recevoir, de comment on aide les autres et on se fait aider quand on en a besoin… C’est parfait en ces temps de Noël et ça plaira vraiment aux plus petits attachés à leur doudou et qui apprennent les relations humaines.
Le concours de fées de Camille Garoche, Little Urban, 2025
Hélène a vraiment craqué pour ce titre. De plus c’est un conseil d’amie ! On ne le voit pas sur l’image mais il est vraiment grand format, ce qui laisse la part belle à l’image. Les illustrations de Camille Garoche sont vraiment belles et très fournies. Pour les enfants de maternelle, début de primaire, c’est idéal pour leur permettre de développer leur sens de l’observation. Si vous êtes sensible, comme elle, à l’univers des fées vous allez adorer cette mise en scène dans une jolie petite histoire à dévorer sous le pied du sapin.
Matilda de Roald Dahl, Folio Junior, 2016
Est-il encore nécessaire de vous présenter ce classique indémodable ? Matilda est intelligente, attachante, marrante… Hélène n’a plus d’adjectif en -ante pour la qualifier mais si vous avez des enfants en fin de primaire dans votre entourage qui ne connaissent pas encore cette petite héroïne, allez-y ! Roald Dahl a l’art de nous montrer que l’on peut rire de tout, on est plongé dans un univers à la fois British et universel. Matilda, au delà de l’histoire encourage à lire, se cultiver grandir, s’affirmer… Un de ces personnages que l’on n’oublie pas et qui ont marqué la littérature de jeunesse, celui-ci est réellement un classique !
Anatole Latuile de Olivier Muller, Anne Didier et Clément Devaux, Bayard jeunesse, depuis 2005.
Pour les enfants de primaire toujours, Hélène vous conseille la série de BD Anatole Latuile. Copains, bêtises, idées de génie (ou pas…!), les aventures d’Anatole sont pleines de rebondissements, on le retrouve au fur et à mesure des tomes comme un véritable ami, et la BD rend l’objet-livre très accessible. Un compagnon du quotidien !
Les mille vies d’Ismaël et quelques saveurs en plus de Raphaëlle Calande, Sarbacane, collection : Exprim’, 2024
Pour terminer cette liste de livres à glisser au pied du sapin et gâter les plus grands, Hélène vous livre son coup de cœur de l’année en roman ado, Prix Cendres 2024.
Ismaël est un jeune garçon un peu perdu dans la vie, qui vit énormément de culpabilité , en difficulté scolaire, qui se fait exclure du collège. Suite à cela, sa mère l’envoie dans sa famille à Lyon et il fera là-bas des rencontres qui changeront sa vie. La première rencontre sera celle avec l’univers de la cuisine, puis il rencontrera d’autres personnes et vivra des événements qui lui permettront de s’élever et de prendre en main son destin.
C’est vraiment le genre de romans où l’on est pris dans l’histoire. L’écriture est extrêmement qualitative et riche. Tous les petits indices semés au fil du texte finissent par se recouper, donnant une grande cohérence au récit. Ismaël c’est un jeune homme que l’on a tous rencontré, un ado qui a besoin d’amour, de cadre, et qui finit par se trouver grâce à sa passion. Une histoire pleine d’espoir et tout sauf mièvre, qui parlera aux adolescents en pleine évolution. Un beau message à leur faire passer que celui que l’on croit en eux.
Héloïse n’a pas vraiment de titres « classiques » à offrir, mais elle a quelques valeurs sûres. Pour les tout-petits, les albums de Chris Haughton ou encore ceux de Coralie Saudo et Laura Hedon chez La poule qui pond, que voici :
Coralie Saudo, illustré par Laura Hédon, ed. La poule qui pond
Elle aime aussi offrir les albums de Briony May Smith, dont elle adore les illustrations, et que son fils collectionne. Sa valeur sûre pour les albums de Noël ? Le merveilleux Trölls, d’Ellie S. Green.
Trölls, Ellie S. Green, illustré par Lisa Guisquier. Ed. Gulfstream, 2022
Pour les plus grands, elle offre volontiers des bandes dessinées, et des mangas. Petit Requin, de Penguin Box, pour les plus jeunes, Blue box ou Akane-banashi pour les plus grands.
Petit Requin, Penguin Box. Ed. Le renard doré, 2024Akane-banashi, de Yuki Suenaga. Ki-Oon, 2023
Côté romans, elle aime partager les titres qui l’ont touchée, bousculée, émue, cette année ce sera par exemple Hyper, d’Émilie Chazerand, Nos Constellations, de Florence Quentin, ou encore La saga des Mystères, de Jeff Wheeler.
Hyper, Emilie Chazerand. Pocket jeunesse. 2025Nos Constellations, Florence Quentin. Didier jeunesse 2025La saga des mystères, tome 1 : Saules de Brume, de Jeff Wheeler. Ed. Rivka. 2023
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Lucie n’a pas vraiment de « classique » car elle veille à coller au plus près aux centres d’intérêt des personnes qu’elle gâte. Cependant, elle a une tendresse particulière pour certains auteurs qui sont des valeurs sûres, pour les thématiques qu’ils proposent ou pour la beauté de leurs livres.
Thierry Dedieu a publié de très beaux albums autour de Noël. Si cette fête n’est pas toujours au cœur de l’histoire, les messages d’entraide, d’espoir et de bienveillance qu’ils portent sont toujours pertinents. D’autant que l’auteur-illustrateur veille à les distiller sans trop en faire avec le talent qu’on lui connaît.
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Dans un registre différent mais tout aussi efficace, Chris Haughton est une valeur sûre pour les petits lecteurs. Ses albums colorés aux illustrations reconnaissables au premier coup d’oeil, sont porteurs d’histoires aussi drôles que bienveillantes. Et pour ne rien gâcher, cet auteur-illustrateur irlandais parvient à ressembler petits et grands avec des textes a plusieurs niveaux de lecture.
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Vous pensiez avoir fait le tour des contes traditionnels ? Mélanie Baligand se fait un plaisir de vous les présenter dans de fabuleux théâtres d’ombres. Les découpes sont incroyables de finesse et permettent une projection au plafond. Effet « wahou » garanti. Lucie aime la magie qui se dégage de ce moment de partage dans le noir, mais aussi l’utilisation du smartphone qui sert d’éclairage et ne peut plus interrompre l’histoire.
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Pour les plus grands, Lucie pioche allègrement dans les séries que nous avons présentées au mois d’octobre pour les pré-ados et les ados, car quelle meilleure occasion que Noël pour offrir plusieurs tome et permettre aux lecteurs d’entrer dans un univers fabuleux, trépidant, passionnant voire les trois à la fois ?
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La période des fêtes est pour beaucoup d’entre nous celle où l’on fait une pause pour nous recentrer sur l’essentiel : entourage, ami.e.s, famille. Nous leur consacrons des moments de partage, de joie, de grands et de petits plaisirs. Les cadeaux, évidemment, que le Père Noël offre aux plus jeunes (mais pas que) en suivant précisément la liste jointe à la traditionnelle lettre, sont l’occasion privilégiée de faire plaisir à celles et ceux qu’on aime. Pour Séverine, que les siens taquinent gentiment à ce sujet, il est obligatoire d’offrir des livres. Oui, mais des livres porteurs de sens, dont la beauté n’a d’égale que l’intention du message qu’ils délivrent. Aussi a-t-elle souvent offert des albums estampillés jeunesse qui, en vérité, plaisent également (et surtout ?) aux adultes les ayant reçus en cadeau. Pas des « classiques » à proprement parler, mais des livres qui peuvent toucher toutes les générations, grâce à leur sujet universel. Ainsi, à Noël, fête familiale par excellence, les 3 albums Maman, Papa, et le dernier, Grands-parents du duo Quentin Gréban/Hélène Delforge (Editions Mijade) sont, selon elle, des cadeaux absolument merveilleux. Magnifiés par de sublimes illustrations, -des portraits, à couper le souffle riches de diversité ethnique et temporelle, de couleurs profondes, de gestes et de regards d’une intensité étourdissante-, les mots, tour à tour poignants et drôles, d’une tendresse infinie, célèbrent avec douceur, bienveillance, sensibilité, poésie, finesse, ces personnes chères à nos cœurs, à qui l’on ne dit pas assez souvent combien nous tenons à elles et eux. Alors…pourquoi pas le faire avec un beau livre ?
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Nous espérons vous avoir donné des idées pour les cadeaux de dernière minute, mais nous sommes aussi très curieuses de connaître VOS classiques à offrir !
La semaine prochaine, du 06 au 12 octobre, nos séniors sont à l’honneur. A l’occasion de la semaine bleue, nous avons décidé de poursuivre le billet d’été de Séverine et de vous faire part de nos nombreuses lectures dont le super héros est une mamie ou un papy, bref, une personne âgée.
Albums
Le petit Monsieur d’Orianne Lellemand, texte et Anne-Isabelle Le Touzé – Glénat jeunesse, 2021
Dans cette grande et jolie demeure de bord de mer, vit le petit monsieur. Dans sa vie pleine de ronrons il s’ennuie très fortement. Mais un jour lors de sa rituelle promenade au marché il croise un groupe de réfugiés. « Ces personnes ont fui la guerre dans leur pays. Nous avons pu loger la plupart d’entre elles, mais il reste une famille sans abri. Alors mes amis, qui peut les accueillir ? ». Est-ce que le petit monsieur va se proposer ?
Dans cet album il est question de tolérance, de solidarité mais surtout de famille. Nous appartenons tous à une famille mais le plus marquant c’est qu‘au fil du temps, la famille s’étend même au-delà. C’est le cas de cette maman, ce papa et de ces enfants qui vont sans doute trouver chez le petit monsieur un vieil homme qui pourrait être un père, un grand-père pour eux et cela n’a pas de prix.
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Quand Hadda reviendra-t-elle ? d’Anne Herbauts – Casterman, 2021
« Mais je suis là mon étoile. Regarde, tu as toute ma volonté ». Hadda est absente, physiquement elle n’est plus dans cet appartement d’une vie qui s’écoule ou qui s’est écoulée. Hadda rassure, murmure sa présence à travers les pièces traversée par cette même question : « Quand Hadda reviendra-t-elle ? ». Une ritournelle qui s’égrène page après page et qui attend une réponse bienveillante, encourageante.
Il y a plusieurs manières d’aborder le deuil et ce n’est jamais un exercice facile en littérature de jeunesse. La poésie d’Anne Herbauts souligne le chemin qui appartient à la disparue et l’enfant. Cette complicité ne fait que se renforcer à travers chaque page et invite la le lectrice lecteur à les détails. Des jeux d’enfants qui se mêlent au quotidien d’une personne âgée éclairés par des illustrations pleine page.
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Ma mamie en vrai, Yves Grevet, illustrations de Yann Lebras, Mango, 2018.
Louise adore sa mamie, quel dommage que celle-ci habite au Québec, de l’autre coté de l’Océan ! Heureusement, elles peuvent s’appeler en visio. Un jour mamie se met à faire de drôles de blagues, à appeler Louise par le prénom de sa maman… Alors la famille décide de prendre l’avion pour aller lui rendre visite pour de vrai.
Ce roman fait partie de l’excellente collection « roman dessiné » de Mango Jeunesse à destination des tout jeunes lecteurs. Nul doute que l’histoire leur parlera car la relation que tissent la petite fille et sa grand-mère par delà les écrans est particulièrement touchante. A l’heure où de plus en plus de familles vivent éloignées des générations précédentes, Yves Grevet montre qu’avec un peu d’inventivité des liens peuvent être entretenus malgré la distance. Mais aussi que ces relations seront fatalement interrompues, que ce soit par la maladie ou le décès, et qu’il est essentiel d’en profiter pleinement.
Un nouveau printemps pour Pépé Ours, Elodie Balandras, Didier Jeunesse, 2020.
Dans Un nouveau printemps pour pépé ours, Elodie Balandras propose à ses lecteurs d’accompagner Pépé Ours et sa petite fille pour décrocher la traditionnelle ruche pleine de miel. Une balade intergénérationnelle au cours de laquelle les deux protagonistes vont se rendre compte des changements survenus dans l’année. Alors que sa petite fille a grandi et gagné en autonomie, Pépé Ours n’est plus si rapide et fringuant.
Mon grand-père s’efface, Gilles Baum, illustrations de Barroux, Albin Michel Jeunesse, 2019.
La mémoire joue aussi des tours aux grands-pères. Surtout lorsqu’il approchent des 100 ans ! Ils ont vécu tant d’événements qu’ils se mélangent un peu. Quand un petit fils rend visite à son papy et que celui-ci le prend pour son frère, l’enfant est face à un dilemme : prévenir ses parents ou jouer le jeu ? Il va choisir la seconde option et profiter d’un vrai moment d’enfance aux cotés de son aïeul.
Comme on pouvait l’espérer de ce duo talentueux d’auteur-illustrateur, les choix graphiques de cet album apportent beaucoup de poésie à cette situation douce-amère.
Le lien entre enfants et personnes âgées se passe parfois de lien du sang. C’est le cas avec Josette qui garde Angèle et Clément le temps d’un été. Le temps s’étire, les enfants s’ennuient et décident d’organiser un Noël. Mais comment va réagir Josette ?
Ode à la spontanéité, au partage et à la joie des petits moments, Josette est illuminé par les illustrations floues de Clarisse Lochmann qui laissent au lecteur le soin d’imaginer les détails.
La robe rouge de Nonna, Michel Piquemal, illustrations de Justine Brax, Albin Michel Jeunesse, 2013.
Un jour, la petite fille de Nonna l’interroge : pourquoi chante-t-elle toujours en italien ? C’est l’occasion pour cette grand-mère de raconter l’histoire familiale et l’immigration en France pour échapper aux chemises noires de Mussolini. Magnifique album grand format qui met à l’honneur la transmission intergénérationnelle et la résistance à travers les sonorités et les chants. C’est l’histoire de nombreuses familles françaises qui reconnaîtront sûrement des éléments communs.
Hanabishi, de Didier Lévy, illustré par clémence Monnet. Sarbacane, mai 2022
Les grands-parents sont parfois les gardiens et les passeurs de savoirs, comme nous le montre Didier Lévy dans Hanabishi, un magnifique album aux couleurs chatoyantes. L’héroïne, une petite fille, est fascinée par les feux d’artifices, les hanabi au Japon. Et pour cause : elle nous narre le destin de sa grand-mère, seule femme hanabishi dans un métier dévolu aux hommes. A travers ses mots se dresse un portrait vibrant, hommage incontesté envers cette femme forte et pionnière. On y lit aussi une très belle complicité grand-mère – petite-fille, tendre et délicate.
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L’enfant et grand-mère, de Benji Davies. Ed. par Milan, 2019
Benji Davies aime lui aussi rendre hommage aux grands-parents. Dans sa très célèbre série L’enfante et la baleine, un tome est ainsi dévolu à la grand-mère : L’enfant et rand-mère. Le petit héros, Noé, passe ses vacances chez sa grand-mère, sur un minuscule rocher, et s’ennuie. Il part alors en exploration… Dans cette courte histoire très touchante, BEnji Davies met à l’honneur la famille et les liens intergénérationnels, à travers la relation qui se noue entre un petit garçon et sa grand-mère, les instants de flottement au début, puis de tendresse et de complicité qui apparaissent petit à petit. Une grand-mère haute en couleurs, indépendante, active, qui n’hésite pas à sortir son bateau en mer en pleine tempête… Une femme de caractère, comme on les aime !
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Capitaine Papy, de Benji Davies. Ed. par Milan, 2015
Dans un texte plus ancien, c’était un grand-père que Benji Davies mettait à l’honneur. Dans capitaine Papy, un voyage extraordinaire réunit petit-fils et grand-père. En quelques pages et avec beaucoup de tendresse, l’auteur aborde de manière imagée la question de la séparation, du deuil et de la disparition des proches. C’est doux, tendre, touchant.
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J’aime pas ma mamie. Isabelle DAMOTTE et Charles DUTERTRE. Magnard jeunesse, 2021
Non, la fillette de notre album, petite blondinette à couettes, n’aime pas sa grand-mère ! Elle a beau être la mère de son père, son nom lui échappe toujours, il n’y a rien à y faire. C’est ainsi, elle ne l’aime pas. Mais ne croyez pas que cela soit sans raisons. Au fil des pages, elle nous détaille ses arguments avec comique de répétitions et illustrations de famille qui en disent long. Suspicions, dévalorisations, remarques sur son éducation, visage sans cesse renfrogné, la Mamie n’aime pas non plus sa petite-fille et ne s’en cache pas. Voilà qui explique peut-être/certainement la profonde aversion de la petite envers son aïeule…
Isabelle Damotte nous rappelle que toutes les mamies ne sont pas « gâteaux », gentilles et pleines d’attentions affectueuses envers leurs petits-enfants, tous ou quelques-uns. Avec son texte en rimes très dynamique, ses quelques délicieux mots désuets, complétés par les foisonnants, pétillants et colorés dessins de Charles Dutertre, cet album est vraiment drôle. Pourtant, derrière le rire et les expressions blasées, se cachent une souffrance, un désir de reconnaissance, d’être et d’exister. Notre fillette se construira avec cela et autrement !
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Romans
Ma collec de mamies de Leïla Brient & Claire Gaudriot – Les Monédières, 2021
Les mamies, Louise les aime à la folie : « Ouais, mais les mamies, c’est plus précieux que les cartes Pakémou, il faut en prendre soin, les aimer très fort. C’est du boulot une collec de mamies, je sais pas trop si vous vous rendez compte ! »
Samedi prochain à 14h, Louise va donner rendez-vous à chacune de ses mamies préférées : Mamie Ella, la rouge si en colère et espiègle à la fois : « Ne t’habitue jamais à ce qui te fait mal, à ce qui t’indigne. Ne baisse jamais les bras, mords, bats-toi, hurle ! C’est pas normal, tu sais, de devoir partager ce monde avec ces trous du cul. » Mamie Violette et ses chiffres sur le bras, sa beauté de jeune fille à jamais dans ses sourires. Aimée la mémé de Louise confectionne des biscuits à la cannelle et aime démesurément ! Il y a Joséphine, très classe, qui pose avec les célébrités, pas besoin d’être jeune et belle pour ça (si si c’est vrai !). Quant à Bertille, elle collectionne les amoureux ébréchés et nourrit les oiseaux. Mamie Linette aime Papi Moktar : « Papi Moktar la berce dans ses grandes mains. Grandes comme un livre d’histoires. Les mains de Papi Moktar remontent doucement Linette dans leurs filets tissés de souvenirs. ». Ce même Papi qui tricote, fait cuire des confitures et qui a vécu mille et une vie. Toutes les invitations sont écrites, soigneusement personnalisées pour que la fête soit belle !
Bien sûr il fallait compter sur Claire Gaudriot qui aime les « trucs de vieilles » pour nous livrer cette magnifique galerie de portraits de mamies, si belles ! Le texte de Leïla Brient nous fait voyager à travers le vécu de ces femmes ordinaires tant elles sont extraordinaires. Des vies à aimer, à s’indigner, à être heureuse tout simplement.
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Des vacances d’Apache, Alexandre Chardin, Le livre de pochette jeunesse, 2023.
Alexandre Chardin affectionne particulièrement les relations inter-génerationnelles et on en trouve dans nombre de ses romans. Dans Les vacances d’Apache, il invite Oscar et ses lecteurs à rencontrer Marcel Miluche, un grand-père farfelu, champion de jeux vidéo, de dressage de chat domestique et de batailles rangées avec les gamins du quartier. Un adulte-enfant, bien décidé à rendre son petit-fils un peu moins raisonnable. Sa devise ? « Il faut être un Apache ! Toujours avec panache ! »
Premier rôle, Mickaël Ollivier, éditions Thierry Magnier, 2023.
Premier rôle figurait lui aussi dans la sélection du Prix Vendredi 2023. Il faut dire que Mickaël Ollivier a donné une place de choix au personnage de la grand-mère dans son roman. Son décès est le point du départ du récit de Laura, sa petite fille, qui va raconter leur vie et leur passion partagée pour le cinéma.
Un roman fort, avec de beaux portraits de femmes de trois générations marquées par l’amour, qu’il soit fou, manqué ou filial.
Illettrée littéraire / Perpète de Pierre Soletti, illustrations d’Emma Morison, Editions du Pourquoi pas ?, 2023.
Illettrée littéraire a été publié dans la collection Faire Humanité des éditions du Pourquoi pas ?, tête bêche avec Perpète. Ces deux textes sont des hommages poétiques très émouvants de l’auteur à sa Mamé.
D’un côté il partage ses souvenirs de devoirs effectués sous sa surveillance fantasque ; de l’autre le vide qu’elle a laissé en disparaissant. La tristesse est teintée de tendresse et d’humour qui apportent beaucoup de douceur.
Venise, Bises, Cerises. Nancy GUILBERT. Oskar Editeur, février 2020
Bien que le sujet de ce roman jeunesse ne soit pas précisément les grands-parents, ceux-ci occupent une place importante dans la construction de Venise. Celle-ci est orpheline de mère et, au-delà de ses propres souvenirs matériels ou émotionnels, ses grands-parents pourraient lui apporter de quoi construire sa mémoire et son identité. Mais ces derniers ne sont en aucun cas chaleureux. C’est même tout l’inverse ! Et aller chez eux est à chaque fois une épreuve pour Venise et son père tant les critiques sont constantes. Concernant le métier de leur gendre, l’éducation qu’il prodigue à Venise (ou pas justement), comme sur la jeune génération dont elle fait partie et qui irait à vau-l’eau. Ce point de vue, réel, fait du bien à lire et se remarque tant il est rarement abordé en littérature jeunesse. Il l’est un peu plus aujourd’hui cinq ans après la parution de ce roman, mais est encore une exception.
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Documentaires
Les rides, JR, Phaidon, 2019.
Est-ce vraiment en documentaire ? Oui, d’une certaine manière car on lit dans les rides des modèles de JR le temps qui passe et les expériences de vie. Les modèles racontent aussi leur histoire et celle de leur quartier à la fin de cet album aux magnifiques photos en noir et blanc. Photos qui ont ensuite été collées sur des façades d’immeubles de leur ville. Comme une invitation à nous tourner vers ces habitants, mémoires de nos cités.
Ma mamie adorée de Junko Honma – Rue de Sèvres, collection : le renard doré, 2024
Koume adore sa mamie Ume, étant proche de part l’étymologie de leur prénom, elles ne sont encore plus dans leur complicité. Laissons Junko Monma présenter ses personnages à travers leurs objets préférés et il y a vraiment des choses surprenantes. Vous les retrouverez tout le long de ces petites saynètes de la vie. Si parfois Koume se fait du souci pour la santé de sa mamie il en va de même pour Ume qui transmet de belles valeurs à sa petite fille. Toutes les deux sont attentives au fait et geste de l’autre. Quoi que de plus adorable que d’être le témoin d’autant d’amour à travers les saisons qui se déploient au Nord de l’île de Honshû.
Ce manga se déguste comme une part d’un bon gâteau moelleux réconfortant. Koume est si fusionnelle avec sa mamie qu’on ne peut s’empêcher d’envisager une immense tristesse si elle venait à la perdre un jour. Les illustrations et le découpage des chapitres apportent une atmosphère de bien-être et de nostalgie à la lectrice et au lecteur. La petite cerise c’est les explications données en fin de volume sur les coutumes ou autre de la vie japonaise.
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Le poids des héros, David Sala, Casterman, 2022.
Le poids des héros, c’est la transmission de l’histoire familiale. Les deux grands-pères de David Sala ont fuit l’Espagne de Franco pour se retrouver face au nazisme en France. Des héros qui ont vécu selon leurs convictions, sans éclat ni tambour. Et qui ont survécu à l’horreur. Un héritage plus ou moins lourd à porter selon la sensibilité des descendants et leur envie de le transmettre.
Le travail de recherche et de mémoire de David Sala est admirable. Son traitement, distillé dans une autobiographie est particulièrement délicat.
Ce joli est album d’Emilie Chazerand paru en 2019 aux éditions de l’Elan Vert met en scène une correspondance entre Jonathan, un petit garçon coquin et quelque peu insolent et sa mamie.
Au départ Jonathan, obligé par sa Maman à écrire à sa grand-mère ne le fait pas de très bon coeur mais leurs échanges épistolaires nous font presque avoir des fous-rires tellement la grand-mère a du répondant. Entre jeux de mots (Chère Mamimolette, Cher Chenapan), et confidences s’installe un dialogue plus profond qu’il n’en a l’air sur les âges de la vie (eh non, les mamies ne sont pas que des vieilles dames qui tricotent), le rôle de parents (les mamans sont des embêteuses professionnelles mais c’est pour la bonne cause, un jour il y aura du résultat espérons !). Le recul que peut apporter le regard des grands-parents au service d’un livre à la fois drôle et profond, avec des illustrations signées Charles Dutertre qui servent parfaitement le propos.
Un livre intergénérationnel à partager en famille pour renforcer la complicité et alléger les soucis du moment qui de toutes façons finiront par passer. Tout est plus léger à dos d’éléphant de toutes façons !
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La forêt des souvenirs est un joli album paru aux éditions Kimane en 2021 et qui traite de la maladie d’Alzheimer.
Emma et sa mamie se promènent ensemble dans la forêt des souvenirs, un lieu magique, probablement une métaphore de la mémoire de la grand-mère, dans lequel elles se promènent toutes les deux et revivent ensemble ses souvenirs les plus précieux.
Elles se rendront compte à la fin que même si l’on oublie tout, le plus important reste l’amour que l’on a donné et reçu.
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Pour terminer ce billet, nous avions envie de zoomer, après les albums Le petit Monsieur d’Oriane Lallemand et Josette de Clarisse Lochmann, sur une petite sélection dans laquelle les personnes âgées ne sont pas les grands-parents des héros/héroïnes, mais avec lesquelles ils/entretiennent une relation qui les aide à grandir, les nourrit, les transforme.
Le magicien du square, de Thierry Lenain, illustré par Laurent Corvaisier, Grasset Jeunesse, 2003
Le magicien du square, c’est ce vieil homme seul que rencontre la narratrice de ce bel album de 2003, aux illustrations sensibles, au texte émouvant. Du récit d’une amitié improbable entre une fillette de cité solitaire, passionnée de dessin, et un marginal, ancien marin, peintre à ses heures perdues, que beaucoup évitent, Thierry Lenain et Laurent Corvaisier font une ode à l’imaginaire, au pouvoir des histoires et de l’art comme langage universel capable de rapprocher des êtres que tout oppose. La véritable magie, c’est celle de la passion, du rêve, de l’amitié, au-delà des préjugés et des différences. En parallèle, c’est aussi une belle histoire sur la vieillesse, la maladie, la fin de vie, qui peut amener une réflexion, un échange avec les enfants, sur la solidarité avec les personnes âgées isolées.
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Sur le chemin de Reinette, d’Emmanuel Bourdier, illustré par François Ravard, Flammarion jeunesse, 2024
Dans cet album, on savoure avec Zélie l’océan, ses parfums, ses embruns, le sentiment de liberté et de sérénité qu’il lui apporte. Le seul problème, c’est que pour se rendre en bord de plage, il lui faut prendre le chemin qui passe devant la maison de Reinette, une vieille dame méchante et acariâtre, qui grogne, jure, postillonne. Mais quand l’on découvre avec Zélie un secret de siècle dernier, inscrit sur un « trésor sous verre » venu s’échouer aux pieds de la fillette et qu’elle comprend de qui provient le message, le crapaud reprend visage humain et notre regard change… Et si la méchanceté de Reinette était plutôt la manifestation de l’aigreur d’un bonheur qu’elle n’a pas connu, d’une blessure jamais cicatrisée ? C’est alors, entre l’enfant et la vieille dame, le début d’une complicité aussi pudique que surprenante…Ce bel album, au texte et aux illustrations généreux et lumineux, apporte évasion, émotion, réflexion. Il est d’autant plus touchant qu’il est également, empreint d’humanité, un beau récit sur la solitude, la vieillesse et les rendez-vous manqués.
Dans Presque perdu, Hervé Giraud met en scène la relation entre Émile, un enfant de 9 ans, et un grand-père (qui n’est pas le sien) surnommé Tintin, récemment veuf, masquant sa tristesse et sa peine derrière une extravagance faussement joyeuse. Leurs aventures familiales d’un été (vivre en tribu, se disputer, s’amuser, faire des concessions, trouver un enfant, perdre un enfant) leur permettront de se rapprocher et de s’apporter mutuellement réconfort et confiance. Entre humour et tendresse, ce roman junior nous dit à la fois l’amour entre générations, la transmission, et la manière dont un enfant sait mieux affronter la réalité du monde adulte quand il est bien entouré. Grâce à Tintin, Emile apprend que la perte définitive existe, mais que l’amour, les liens, et le souvenir permettent de continuer à vivre et même à être heureux. Les illustrations pleines de peps et très expressives sont absolument délicieuses, tandis que, comme souvent avec cet auteur, sensibilité et rires se taillent la part du lion pour de beaux moments d’émotions.
La vie devant soi, d’Emile Ajar/Romain Gary, Mercure de France, 1975
La dernière œuvre présentée n’est pas à proprement parler destinée à la jeunesse. Néanmoins, elle peut être lu dès l’adolescence et certaines arbronautes considèrent même que c’est un tel chef-d’œuvre qu’il n’est jamais trop tôt pour le lire et apprécier ce roman de 1975, Prix Goncourt pour le moins surprenant d’un auteur inconnu : Emile Ajar.
Dans un Paris populaire marqué par la pauvreté, la marginalité et le racisme, son héros inoubliable, Momo, fils de prostituée placé chez Madame Rosa, une vieille dame juive, malade, obèse, ancienne prostituée elle-même, à qui l’on confie les enfants dont les mères ne peuvent pas s’occuper. Narrateur du roman, il décrit avec la gouaille de ses mots d’enfant et la fraîcheur de son innocence, une réalité dure où les allié.e.s sont rares, les drames latents, les souffrances omniprésentes, les solitudes tragiques. Mais ce que Momo raconte, – comment des êtres fragiles peuvent se sauver les uns les autres, la solidarité entre marginaux et autres rejetés de la société-, est d’une humanité réconfortante, d’une drôlerie mêlée de sensibilité sans pareille, d’une lumière infinie. Sa relation avec Madame Rosa, figure maternelle de substitution, c’est une magnifique leçon d’amour au-delà des liens du sang. Mais, plus que ça et par-dessus tout, la prouesse de ce magnifique roman, c’est, en évoquant la vieillesse, la maladie et la mort, de sublimer, puissante et résiliente, l’enfance, ce moment où l’on a La vie devant soi. Bravo Monsieur Gary !
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Et vous, quels livres vous rappellent vos grand-parents, les moments passés avec eux, ce qu’ils vous ont transmis… ?
Lorsque la BD s’invite sous notre bel arbre, l’envie de faire une lecture commune s’en fait de suite ressentir. Pour ce titre Lucie et Liraloin ont partagé leurs émotions durant la lecture de cette BD. Vous allez voir que Magda, cette petite fille au fusil nous relate un épisode très sombre de l’Histoire de la Lituanie…
La petite fille au fusil, histoire d’une jeune résistante de Marius MARCINKEVICIUS et illustré par Lina ITAGAKI, 2025
Lucie : J’ai beaucoup vu passer cet album sur les réseaux avant de me lancer et je n’étais pas totalement convaincue sur le papier : d’un côté l’histoire m’intéressait vraiment, de l’autre je trouvais les illustrations très (trop) « enfantines ». As-tu été immédiatement attirée par ce titre de ton côté ?
Liraloin : Je n’avais pas entendu parler de cette BD. C’est en recevant la liste via le blog que le titre m’a interpellé et comme tu étais aussi partante de ton côté, j’ai foncé. Tu évoques les illustrations. Pour ma part, comme je fais partie d’un comité BD et étant grande lectrice d’albums, je passe outre les illustrations. Ce qui m’a attiré : ce passage de l’Histoire qui n’est pas forcément très connu (du moins pour ma part). D’ailleurs, est-ce que tu connaissais l’histoire de la Lituanie durant la seconde Guerre Mondiale?
Lucie : Pas du tout, c’est précisément ce qui m’a attirée. Et j’avoue avoir été choquée en découvrant les nombreuses vagues d’invasions qui se sont succédées. Les lituaniens ont été en paix beaucoup plus tard que la France, quelle période affreuse ! De mon côté, avec les illustrations c’est quitte ou double, j’ai beaucoup de mal à entrer dans une histoire si les dessins me crispent, surtout dans un roman graphique. Je n’arrive pas à avoir du recul à ce sujet. Mais ici elles vont très bien avec la narratrice, je trouve finalement que l’effet est harmonieux.
Liraloin : Je suis d’accord avec toi. Le choix du découpage qui est complétement la construction d’un roman graphique rend la lecture très fluide et l’illustration a autant son importance que le scénario.
Lucie : On découvre donc l’histoire de la Lituanie à la fin des années 1940 à travers les yeux de Magda qui en est au même point que nous. As-tu envie de présenter notre héroïne ?
Liraloin : Bien sûr !!! Magda n’est pas très âgée mais assez pour se voir confier une mission d’une grande importance. Son père a dû voir en elle cet esprit téméraire. Elle est très débrouillarde car ses parents et son grand-père lui ont enseigné comment se débrouiller avec ce que peut apporter la Nature. Ce qui m’a plu dans le personnage de Magda c’est son caractère très fort qui est à l’inverse de cette esprit de fillette qui est en elle. De par ses choix, elle peut être maladroite comme un enfant de cet âge pourrait l’être finalement. Et toi qu’est-ce qui te plait chez Magda?
Lucie : Comme toi, cette alternance entre enfance et débrouillardise m’a semblé très juste. D’autant que les talents de Magda sont justifiés : elle sait coudre parce que son grand-père est cordonnier, elle se déplace silencieusement parce qu’elle est passionnée par les indiens… ses qualités ne sortent pas d’un chapeau et j’ai vraiment apprécié ce côté réaliste. D’autant que le lecteur fait sa connaissance dans un moment dramatique puisque son père lui a demandé de se cacher alors que toute sa famille était arrêtée ! Après, sa personnalité très vive est extrêmement attachante, surtout au milieu d’adultes.
Liraloin : Oui tout à fait. Il y a une page qui montre l’absurdité de cette guerre et les conséquences : les occupations notamment. Dans le cas de la Lituanie, Magda parle des soldats verts qui persécutent le peuple puis l’arrivée des hommes en marron qui ne sont pas mieux : “Ils ont pris les montres de tout le monde, comme s’ils voulaient être les maîtres du temps”. Le ton d’une fillette qui parle en somme.
Lucie : Suite à l’arrestation de sa famille, Magda se retrouve seule. Souhaites-tu parler du groupe de résistants qui la recueille ?
Liraloin : Elle est secourue par son ancien instituteur qui l’amène dans un de ces fameux bunkers. Et là on rencontre d’autres personnages qui eux aussi sont sortis de l’enfance plus tôt que prévu ou ont été blessés… très difficile et réaliste ! D’ailleurs, comment as-tu vu cette nouvelle vie qui arrive très brusquement pour Magda ?
Lucie : La transition est très bien amenée par le personnage du maître comme tu le disais. Le lecteur est comme Magda, inquiet de l’arrivée cet adulte en uniforme : de quel côté est-il ? comment va-t-elle se débrouiller maintenant qu’elle est seule ? Et en fait son intégration se fait naturellement, on comprendra plus tard pourquoi. J’ai trouvé que l’abri des résistants fonctionnait un peu comme une famille – peut être parce qu’ils sont très jeunes comme tu le disais – avec des personnalités très tranchées mais aussi très attentives les unes aux autres. As-tu un personnage préféré parmi eux ?
Liraloin : Comme tu le dis très bien, c’est une famille qui est recréé pour elle. Je n’arrive pas à savoir si j’ai un personnage qui m’a touché plus que l’autre. Ils sont si différents dans leur caractère et de les voir prendre ces risques au jour le jour me les a tous rendus très attachants. Après, je ne peux pas résister au duo Magda-Pépite ! La vie en dehors des missions s’organise comme une famille et c’est d’autant plus compliqué lorsqu’elle revient chez elle pour y chercher un objet, elle ne reconnaît plus sa maison et son odeur.
Lucie : Pépite est donc le chien de Magda, personnage à part entière de ce roman graphique et central de différentes péripéties car Magda y est très attachée.
Ce moment dont tu parles du retour à la maison est hyper bien vu. Il montre bien l’étrangeté du conflit qui atteint les recoins les plus intimes. Et en même temps l’humanité de l’ennemi puisqu’une autre famille a été logée là, probablement sans savoir le drame qui lui a permis d’avoir cette maison. Martin explique à Magda : “Ne te mets pas en colère, ce sont peut-être des gens bien. L’homme a perdu sa jambe à la guerre. Le nouveau gouvernement a donné la maison des déportés à d’autres familles… Ce n’est pas facile pour eux…” Cette volonté de nuances m’a énormément plu.
Liraloin : Exactement ! ça me fait rebondir sur cette histoire de territoire vu avec la famille de renard. Magda intervient et fait une énorme bêtise qu’elle veut réparer car finalement elle s’est aperçue qu’elle avait envahi le territoire de chasse de la renarde. J’ai trouvé cela parfait ! Le renard, ce prédateur que tout le monde veut abattre !
Lucie : C’est d’ailleurs un passage qui intervient juste après. Ces passages avec les renards pourraient sembler anecdotiques mais ils ne le sont pas du tout, ils montrent la complexité et les conséquences de chaque décision, à la hauteur des renards mais pas seulement évidemment ! On prend une décision qui semble bonne sur le moment, on se rend compte qu’elle a des conséquences qu’on n’avait pas prévu, et essayer de rattraper le coup prend finalement beaucoup d’énergie (ici beaucoup de risques)… J’aime les bons sentiments qui animent toujours les prises de décisions de Magda.
Liraloin : Justement, cette petite fille si agile et courageuse se remet en question comme tu dis et c’est d’autant plus compliqué qu’elle n’est pas avec ses parents. D’ailleurs, elle se souvient des bêtises commises lorsqu’elle vivait encore avec sa famille.
Lucie : Et si réparer ses bêtises lui fait prendre des risques énormes en volant dans la cuisine des soldats ennemis, celui lui permet aussi de nourrir les résistants du bunker. Car on n’en a pas beaucoup parlé mais la réalité des difficultés de la guerre n’est pas cachée. Ils ont peur, ils ont faim, ils sont blessés (voire pire), certains sont traumatisés par des événements antérieurs… Magda évolue dans un monde qui n’a rien d’enfantin.
Liraloin : En effet, la destruction et l’occupation met ses sentiments à rude épreuve et pourtant l’histoire trouve un juste équilibre en essayant de préserver de temps à autre l’innocence enfantine et cette subtilité est grandement appréciée !
Lucie : La subtilité tient jusqu’au drame de la fin, qui n’est montré que par des chaussures. Cela m’a beaucoup fait penser au film Jojo Rabbit. Et, si leurs camps sont opposés, je trouve qu’il y a une vraie filiation entre ces deux œuvres sur l’enfance prise en étau entre réalité horrible et imaginaire de son âge.
Jojo Rabbit réalisé par Taika Waititi, adapté du roman de le Ciel en cage de Christine Leunens, 2019
Liraloin : Merci pour ce titre de film que je ne connaissais pas mais je comprends car n’ayant pas ta référence j’ai été moi-même marqué par cette scène !
Lucie : Malgré mes craintes j’ai finalement trouvé qu’elles avaient un côté un peu enfantin qui allait très bien avec le propos. Et toi, qu’as-tu pensé des illustrations ?
Liraloin : Oui, étonnamment les illustrations soulignent bien la noirceur du propos justement en permettant au lecteur de se réfugier dans un monde plus enfantin. Comme si l’image nous permettait de reprendre un peu de notre souffle. Le choix des couleurs nous invite à comprendre que toute l’intrigue se situera dans la forêt, camouflée par la Nature. Est-ce que tu as apprécié ce choix de palette ?
Lucie : Je suis tout à fait d’accord avec toi. A la fois les dessins permettent de garder un certain recul, et en même temps elles laissent presque penser que Magda nous raconte son histoire a posteriori, peu de temps après. L’effet est très intéressant. Et ces teintes entre le marron et le gris vont bien avec le contexte : les personnages sont cachés dans la forêt, ne sortent que la nuit… Et en même temps il y a quelque chose de très naturel, pas du tout oppressant (à contrario du rouge qui fait des apparitions de mauvaise augure : le feu, le sang, le danger !).
Nous en avons un peu parlé au début de cette discussion mais cet ouvrage se termine sur une courte chronologie de la guerre en Lituanie qui m’a fait tomber des nues. Je n’avais aucune idée des difficultés rencontrées par ce pays, ce qui montre bien qu’on est encore très “européens de l’ouest centrés” dans cette Histoire. Qu’as-tu pensé de cette note finale ?
Liraloin : Je trouve que cette note est intéressante pour le jeune lecteur. Elle permet d’éclairer l’histoire de ce pays durant la seconde Guerre Mondiale tout en restant succinct pour ne pas tomber dans le cours d’histoire. Comme toi, j’étais aussi étonnée de cette situation, preuve en est que la littérature soit disant destinée à la jeunesse l’est aussi pour les adultes.
Lucie : Justement, à qui conseillerais-tu ce roman graphique ?
Liraloin : Je dirais à partir de 10 ans jusqu’à… aucune limite et toi?
Lucie : Pareil. Pas trop tôt parce qu’il faut tout de même avoir les références (les étoiles sur les casquettes des militaires, la déportation, la Résistance…). Mais je crains tout de même que les illustrations très enfantines, même si nous sommes d’accord pour dire qu’elles sont appropriées, ne freinent les lecteurs plus âgés. Par exemple, mon fils de 13 ans n’était pas du tout attiré par ce titre à cause d’elles et s’il a fini par le lire et l’apprécier, il n’a pas adhéré au parti pris graphique. C’est vraiment dommage car pour moi cet album est une réussite à tous points de vue !
Liraloin : Et oui, c’est un parti pris un peu risqué mais avec une belle médiation, ce roman graphique peut fonctionner !
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Nous espérons vous avoir donné envie de découvrir cette BD et que vous prendrez autant de plaisir que nous à découvrir cette histoire. Merci aux Éditons du Ricochet de nous avoir envoyé ce titre !