Notre sélection de séries pour ados

Parce que les thématiques sont plus difficiles ou que leur lecture est un peu plus ardue, mais aussi parce que nous avions tellement de séries dont nous souhaitions parler que nous avons décidé d’en faire deux articles, voici la sélection des séries destinée aux ados. Il vous reste deux mois pour faire votre choix et gâter vos grands lecteurs !

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À la croisée des mondes aurait pu figurer dans la sélection précédente. Mais les concepts et les enjeux assez élaborés de détonnent pas dans celle-ci. Dans un monde où chaque humain est lié à un daemon, sorte de prolongement de soi sous forme animale mais à sa personnalité propre ; le lecteur rencontre Lyra, jeune anglaise qui étudie dans une prestigieuse université. Lorsque son meilleur ami disparaît, elle se lance dans une aventure qui va mettre sa vie en danger mais aussi lui permettre de découvrir ses origines. Philip Pullman publie actuellement une trilogie qui n’est pas indispensable à la compréhension mais apporte des éléments complémentaires au lecteur curieux. Elle est composée d’un prequel intitulé La Belle sauvage, de La communauté des esprits, qui se déroule après la trilogie originale et d’un troisième ouvrage à paraître.

Les royaumes du Nord, série en 3 tomes de Philip Pullmann, Gallimard jeunesse.

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Bienvenue à Nevermoor, monde merveilleux et magique, dans lequel Morrigane Crow se retrouve soudain propulsée ! Enfant maudite, condamnée à mourir le jour de ses onze ans, elle a été sauvée de justesse par Jupiter Nord, qui la recueille dans son monde. Un monde qui recèle de surprises, bonnes … ou mauvaises !

Facéties, rebondissements, mystères et magie pour une série envoutante et addictive, qui cache une belle dose de noirceur. C’est drôle, c’est fufou, c’est sombre, et entraînant !

Nevermoor, série en cours de Jessica Townsend. 3 tomes traduits chez Pocket jeunesse

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Les chroniques de l’Érable et du Cerisier plongent le lecteur dans le Japon médiéval. Ces romans d’apprentissage sont donc dépaysants à plus d’un titre ! Car s’il s’agit pour Ichirô de découvrir d’où il vient et de comprendre les motifs de l’assassinat de son maître samouraï, Camille Monceaux prend le temps d’installer les ambiances et de mettre en place des contextes très documentés. Elle y mêle intrigues politiques, théâtre et conditions des femmes dans des aventures passionnantes.

Les chroniques de l’Erable et du Cerisier, série en 4 tomes de Camille Monceaux, Gallimard jeunesse.

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Avec L’ordre du cygne, vous plongerez dans une envoûtante trilogie de fantasy médiévale. Dans ces trois tomes, vous trouverez un ordre de chevalerie mixte qui combat pour défendre la justice, un enchanteur puissant, un ennemi terriblement malfaisant, des personnages aux caractères bien marquées, de grandes batailles, de l’aventure, des scènes pleines d’émotions et des dialogues piquants.

Le tout servi avec un beau message de fraternité, et une plume poétique et riche !

L’ordre du Cygne, série en 3 tomes de Virginie Salobir, parue chez Gulf Stream ed.

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Divergente est une dystopie qui se déroule dans une société très intéressante. Suite à un conflit mondial, la population a été divisée en cinq factions représentant les talents nécessaires à une civilisation harmonieuse : Altruistes (dirigeants), Fraternels (nourriciers), Audacieux (défenseurs), Erudits (innovations) et Sincères (justice). À l’adolescence, chacun passe un test censé déterminer la faction correspondant le mieux à sa personnalité. Mais Béatrice, l’héroïne, correspond à plusieurs catégories ce qui fait d’elle une Divergente, menace pour le système. Cette série invite à se questionner sur le poids des individus face aux règles, à la complexité des personnages et à l’engagement nécessaire pour faire changer les choses. Passionnant !

Divergente, série en 4 tomes de Veronica Roth, Nathan.

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Le postulat de Malorie Blackman dans sa série Entre chiens et loups est d’une efficacité redoutable : les Noirs dominent la société et les Blancs subissent les relents de siècles de ségrégation. Une situation inversée donc, qui invite à se questionner sur les inégalités qui perdurent et la violence qui en découle. Notamment au travers d’une histoire d’amour mixte entre Sephy et Callum digne d’une tragédie. La première trilogie se suffisait à elle-même, mais la seconde n’est pas dépourvue d’intérêt.

Entre chiens et loups, série en 6 tomes, Milan.

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Le second préquel de la saga Hunger Games est paru assez récemment, cela n’a pas dû vous échapper ! En effet, après avoir bouclé une trilogie dystopique aussi énergique que réflexive, Suzanne Collins a développé l’adolescence de deux de ses personnages phares. Mais la vraie héroïne des Hunger Games est Katniss. Courageuse, empathique, rebelle et intelligente, c’est un personnage fort auquel le lecteur ne peut que s’attacher. D’autant que la société dans laquelle elle vit est aussi injuste que crédible. L’idée même des Hunger Games, punition visant des ados pour un soulèvement ayant eu lieu 49 ans plus tôt, montre toute sa cruauté. Une série trépidante qui pose de vraies questions sur la politique sociale.

Hunger Games, série en 5 tomes de Suzanne Collins, Pocket Jeunesse.

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Hypallage est une série qui brasse des sujets contemporains. Sexualité, rascisme, sport, drogue, amitié mais aussi influence des mauvaises fréquentations sont au coeur du parcours des personnages. Sylvain Pattieu met en lumière certains d’entre eux selon les tomes, mais tous se croisent et se connaissent. Les ados trouveront forcément au moins un personnage auquel s’identifier, et les autres leur permettront de s’interroger sur les choix et le poids de la société.

Hypallage, série en 4 tomes de Sylvain Pattieu, L’école des loisirs.

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Dystopie ou anticipation ? Marion Brunet laisse cette inquiétante question en suspens. Car on reconnaît bien la France d’aujourd’hui dans l’univers d’Ilos. Sauf que le dérèglement climatique est à son paroxysme, tout comme les inégalités sociales. Ce qui crée des tensions effroyables dans le quotidien la population. Montée des eaux à Marseille, pluies diluviennes à Paris, corruption et violence… L’auteur crée une intrigue prenante autour d’un groupe de personnages adolescents qui refuse de baisser les bras. Amitié, amour, entraide, engagement, écologie et justice sociale sont au coeur de cette série riche en aventures et en personnages attachants.

Ilos, série en 3 tomes de Marion Brunet, Pocket Jeunesse.

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Difficile de présenter Méto sans trop en dévoiler. Car Yves Grevet a créé un univers complexe qu’il ne dévoile qu’au fil des tomes. Ce n’est pas un hasard si les titres des tomes successifs annoncent des zones de plus en plus étendues (La maison, L’île, Le monde). Ainsi, c’est aux côtés de Méto, cloitré avec 63 autres enfants dans une Maison dirigée d’une main de fer par les César que le lecteur va se questionner, chercher des indices et se lier d’amitié. Roman d’anticipation a forte connotation politique, Méto est une série stimulante qui pousse à s’interroger sur les limites du pouvoir et la nécessité de prendre des risques pour bousculer l’ordre établi. En 2022, l’auteur a publié Zone noire, un quatrième tome pouvant être lu indépendamment des précédents.

Méto, série en 3 tomes d’Yves Grevet, Syros

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Si vous aimez l’histoire et les univers steampunk, Les mystères de Larispem sont faits pour vous ! Lucie Pierrat-Pajot fait dévier le destin de la France à partir de la Commune : les communards ont gagné et fait sécession avec le reste du territoire français. La société se veut plus égale, Jules Verne a inspiré nombre d’inventions facilitant le quotidien… mais tout n’est pas si rose. Les aristocrates déchus préparent leur retour, et les bouchers sont devenus la classe dirigeante. L’auteure s’est d’ailleurs inspirée de l’étonnante construction des mots propre à ce métier pour asseoir leur autorité. Là encore, les héros adolescents sont particulièrement attachants et les enjeux prenants.

Les mystères de Larispem série en 3 tomes de Lucie Pierrat-Pajot, Gallimard jeunesse.

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Pallas est une série qui s’adresse aux amoureux de la mythologie. Marine Carteron propose une fresque sur 30 ans brassant personnages mythiques, guerre de Troie et féminisme. Car les femmes sont bien les premières victimes des folies de grandeur des hommes et de leur violence. Mais l’histoire est suffisamment prenante pour que le lecteur oublie le travail (pourtant conséquent) de recherche, les messages et le fait qu’il connaît l’issue du combat. Ici les intrigues sont politiques, elles impliquent des dieux, des héros et de simples mortels et chacun lutte pour sa survie. Grandiose.

Pallas, série en 3 tomes de Marine Carteron, Le Rouergue.

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Avec La Passe-miroir, Christelle Dabos propose un univers aussi foisonnant qu’ambitieux. Ophélie, son héroïne est maladroite, courageuse et très attachante. A son grand désarroi, elle fait l’objet d’un mariage arrangé qui l’oblige à quitter sa famille pour la très complexe Citacielle. Le lecteur suit ses aventures en écarquillant de grands yeux devant les trouvailles et les références de l’auteure. Difficile de réaliser que c’est un premier roman tant la société est bien construite. D’autant qu’il y a aussi un vrai travail sur le rythme, la langue et une réflexion poussée sur l’identité. Très fort et très prenant !

La Passe-miroir, série en 4 tomes de Christelle Dabos, Gallimard jeunesse.

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Le royaume de Pierre d’Angle est peuplé de personnages aux nombreuses facettes. Pascale Quiviger prend un malin plaisir à laisser le lecteur s’interroger sur les motivations et l’honnêteté de chacun d’entre eux aux côtés son héroïne Ema. Passagère clandestine sur le bateau du prince Thibault, elle fuit l’esclavage et va rencontrer l’amour. Loin du conte de fée, elle va découvrir les enjeux, les jalousies et les croyances du royaume de Pierre d’Angle. L’intrigue gagne en ampleur et en tention au fil des tomes et si le fantastique n’est jamais loin il ne prend pas le dessus sur les décisions humaines. Deux romans reprennent certains personnages mais peuvent être lus indépendamment : La dernière saison de Selim et H, mort ou vif.

Le Royaume de Pierre d’Angle, série en 4 tomes de Pascale Quiviger, Le Rouergue.

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Dans cette série qui a presque 20 ans, Patrick Ness invite ses lecteurs dans un monde post-apocalyptique. La voix du couteau c’est un monde d’où les femmes sont absentes et où chacun entend les pensées des autres. L’enfer ! Alors qu’il s’apprête à devenir un homme, Todd va faire une rencontre qui va bouleverser sa vie. La langue utilisée par l’auteur est très étonnante. Il faut un moment pour s’y faire : les phrases sont hachées, il y a des fautes de grammaire… les personnages étant dans la survie, l’éducation n’est pas une priorité et cela se lit. Rien que pour cela cette saga est intéressante. Mais elle brasse aussi des sujets comme l’altérité, l’amour, le respect de la différence et le courage. Passionnant.

Le chaos en marche, série en 3 tomes de Patrick Ness, Gallimard jeunesse.

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La saga des mystères de Jeff Wheeler, aux sublimes couverture colorées, mélange avec brio intrigues politiques, fantasy et steampunk. Deux héroïnes d’origine diverse, Cettie et Séra, y luttent pour défendre les opprimés, dans une société dans laquelle les privilèges sont bien ancrés. C’est riche, dense, passionnant, et on s’attache très vite aux personnages !

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Eragon, célèbre série de Chrisopher Paolini, a tout à fait sa place dans cette sélection ado.

Qui n’a jamais entendu parler de l’épopée d’Eragon, jeune humain qui découvre un jour un dragon, et vous son destin basculer du jour au lendemain ? Une quête initiatique, de l’aventure, des elfes, des nains, des orques, des dragons, des alliances à construire et un ennemi presque invincible, on retrouve les ingrédients classiques de la fantasy, et c’est très plaisant à lire !

Eragon, série de C. Paolini, éditée par Bayard Jeunesse

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Non, les licornes ne sont pas toujours associées aux paillettes. En tout cas, pas dans Skandar, la série en cours d’AF Steadman. Ici, elles sont au contraire carnivores et destructrices, et seuls quelques élus apprennent à les chevaucher. Skandar en rêve mais n’est pas choisi. Qu’importe, il force le destin…

Combats, quêtes héroïques, épreuves dangereuses et amitié au menu de cette série particulièrement addictive et dynamique (qui n’est pas sans rappeler parfois Harry Potter ou encore Gardiens des cités perdues), qui nous parle aussi de confiance en soi et de différence.

Skandar, série en cours d’AF. Steadman, 4 tomes traduits, Hachette jeunesse

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Et pour les plus jeunes, notre sélection pour les pré-ados de la semaine dernière !

Lecture d’ado : L’archipel des animaux bannis d’Yves Grevet

Théo, 13 ans, est un grand fan des romans d’Yves Grevet. Aussi s’est-il précipité quand il a vu que les éditions Syros publiaient un nouveau titre de cet auteur.
Il l’a aimé et a accepté d’en discuter pour (il l’espère) donner envie à d’autres lecteurs de s’y plonger !

L’archipel des animaux bannis, Yves Grevet, Syros, 2025.

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Comment as-tu connu Yves Grevet et qu’aimes-tu dans ses romans ?

J’ai commencé par sa série Méto que j’avais empruntée à la bibliothèque. Comme elle m’avait beaucoup plu, j’ai ensuite lu Grupp et certains tomes de la série U4, dont celui qu’il a écrit évidemment. J’aime les romans d’anticipation, et dans ceux d’Yves Grevet il y a toujours de l’action et des personnages auxquels on peut s’identifier qui s’opposent aux règles des adultes et de la société qui leurs semblent injustes.

As-tu retrouvé ces éléments dans L’archipel des animaux bannis ?

Bien sûr, et cela m’a plu.

Comment résumerais-tu l’histoire ?

C’est l’histoire de Jarod, un jeune garçon qui vit dans un monde sans nature ni animaux car des crises sanitaires ont touché les humains à cause des animaux. Le gouvernement a donc interdit tout contact avec eux et les a isolés dans des enclos au milieu de nulle part. Avant les crises, Jarod avait un chien nommé Syrius auquel il était très attaché et il a été particulièrement affecté par leur séparation. Avec une amie, il décide donc de partir à sa recherche et de pénétrer dans l’un des enclos.

Peux-tu présenter Jarod, le personnage principal ?

C’est un adolescent auquel on s’attache facilement. Il doute beaucoup de lui-même et il m’a fait de la peine car ses parents sont peu présents et le trouvent fragile et faible. Pour moi ce ne sont pas de bons parents, ils ne lui font pas confiance et ne le soutiennent pas, notamment suite à la séparation avec son chien Syrius qui était son seul ami. Il gagne beaucoup en confiance au contact de Nora mais à vrai dire on se demande un peu ce qu’elle lui trouve au début !

Qu’as-tu aimé dans cette histoire ?

J’ai aimé l’ambiance et les personnages. Surtout Joseph et sa famille. On sent qu’Yves Grevet aime beaucoup les animaux et la nature. J’ai trouvé très intéressant la manière dont l’auteur présente un monde sans animaux de compagnie ni animaux d’élevage. Cela signifie plus de viande, plus de lait (ni yaourt ni fromage), plus d’œufs, plus de miel… un monde vraiment vegan dans lequel les gens sont obligés de prendre des compléments alimentaires. Mais même s’il montre qu’envoyer des animaux à l’abattoir pose question, je n’ai pas eu l’impression qu’il voulait me convaincre de devenir vegan. Tant mieux parce que ça m’aurait agacé.

Jarod et Nora rencontrent différentes personnes dans l’enclos. Qu’as-tu pensé d’elles ?

J’ai bien aimé la diversité des gens qu’ils rencontrent là-bas. Il y a aussi bien des scientifiques que des amoureux de la nature, des gens qui veulent vivre coupés de la civilisation ou encore des personnes qui veulent juste revoir leur animal de compagnie. Différents âges se croisent, et aussi différentes motivations, avec des groupes hostiles voire violents, mais tout l’intérêt est qu’ils ont chacun leurs raisons et des valeurs qui se retrouvent parfois.

En tant qu’adulte, le point de départ avec les restrictions sanitaires m’ont fortement renvoyée à l’époque du covid. Est-ce que tu y as pensé aussi ?

Oui. On ne savait pas si ça allait s’arrêter, ni quand. On se demandait également si ce qu’on nous disait était réel ou exagéré pour que l’on reste chez soi. Ça aurait pu déboucher sur une situation similaire à celle du roman.

A qui conseillerais-tu ce livre ?

Aux amis des animaux, aux fans d’Yves Grevet et à ceux qui aiment les romans d’anticipation. Il est super, j’espère qu’il y aura une suite !

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Merci à Théo d’avoir partagé son avis et aux éditions Syros de lui avoir permis de lire ce roman !

Notre sélection de séries pour pré-ados

Les fêtes de fin d’année vont rapidement pointer le bout de leur nez. Pour vous aider à gâter vos pré-ados, nous vous avons concocté une sélection de nos séries chouchoutes à leur faire (re)découvrir. Rien de tel qu’une saga pour plonger dans l’univers d’un auteur !

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Alma est la première trilogie de Timothée de Fombelle, jusque là plutôt adepte des dilogies (les merveilleux Tobie Lolness et Vango). C’est un projet que l’auteur a longtemps porté et son ampleur est impressionnante : le nombre de personnages, leurs rencontres, leurs déplacements… mais il s’agit surtout d’une fresque sur l’esclavage avec un fond historique solide et beaucoup d’aventures portée par des héros très attachants. La plume poétique de l’auteur et son sens du rythme font de cette trilogie une pépite, agrémentée par les illustrations tout en finesse de François Place.

Alma, série en trois tomes de Timothée de Fombelle, illustrations de François Place, Gallimard jeunesse.

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Crookhaven fait partie des héritiers d’Harry Potter. Un orphelin qui intègre une école secrète réservée à une certaine catégorie de la population, la filiation est évidente. Mais J. J. Arcanjo a su se détacher de son modèle et créer un univers bien à lui avec ses codes et ses personnages hauts en couleur. Car il ne s’agit pas d’une école de sorcellerie mais de voleurs ! Les aventures sont trépidantes et plusieurs arcs narratifs s’entrecroisent pour le plus grand plaisir des lecteurs.

L’école des voleurs, série en 5 tomes de J. J. Arcanes, Pocket Jeunesse.

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Les héros des Gardiens de Ga’Hoole ne sont pas des humains mais des chouettes et des hiboux. Ce choix original fait le sel de cette série qui fait elle aussi la part belle à l’amitié, à la magie et au mystère. Car le groupe de héros fait face à de multiples rebondissements tout au long des 15 tomes qui composent cette ambitieuse saga.

Les gardiens de Ga’Hoole, série en 15 tomes de Kathryn Lasky, Pocket Jeunesse.

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Est-il encore nécessaire de présenter Harry Potter ? Et pourtant, le jeune sorcier ne pouvait pas ne pas figurer dans cette sélection. Près de 30 ans après sa première parution en francais, il représente pour tellement de lecteurs le passage de la lecture un peu forcée à la lecture plaisir ! Il faut dire que J. K. Rowling a su comme rarement avant elle en littérature jeunesse construire une intrigue complexe et prenante à même de rendre accro les plus réticents à la lecture. Un must-have dont le succès ne se dément pas avec le temps.

Harry Potter, série en 7 tomes de J. K. Rowling, Gallimard jeunesse.

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Les mystères de Mika se déroulent sur une année, à raison d’un tome par saison. Mika est une jeune orpheline suédoise du 19ème siècle. Johan Rundberg croquer avec une effrayante justesse les conditions de vie de l’époque. Froid, dangers et parasites, rien n’est épargné au lecteur. D’autant que la jeune fille va faire équipe avec un inspecteur de police bluffé par son sens de l’observation. Elle sera donc témoin et enquêtrice de la noirceur de certains contemporains. Son duo avec l’inspecteur Hoff apporte cependant humour et bienveillance à cette série très originale.

Les mystères de Mika, série en 4 tomes de Johan Rundberg, Thierry Magnier.

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Les héros des Royaumes de feu sont des dragons. La construction de chaque épisode est plutôt classique mais permet d’enrichir l’univers créé par Tui T. Sutherland. En effet, chaque dragon est le héros d’un tome et entraîne ses amis dans la recherche de sa famille. L’amitié est la valeur centrale de cette série, mais elle fait aussi la part belle à l’entraide, la tolérance et quantité de jolies valeurs ce qui rend les personnages très attachants. Une entrée dans la fantasy pour les plus jeunes.

Les royaumes de feu, série en 16 tomes de Tui T. Sutherland, Gallimard jeunesse.

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Steam Sailors est une saga d’aventures qui, comme son nom l’indique, tient du roman de piraterie et de l’univers steampunk. Enjeux politiques, personnages hauts en couleurs, magie et destinée, on ne peut pas dire que le lecteur s’ennuie tout au long des trois tomes qui composent cette série. D’autant qu’E.S. Green met aussi en scène des femmes au fort caractère et aux talents certains. Une vraie échappée sur l’Héliotrope !

Steam Sailors, série en 3 tomes d’E. S. Green, Pocket Jeunesse.

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Vous cherchez une série assez courte, qui mêle quotidien et magie, pour lecteurs à partir de 8 ans ? Les tisseurs de rêves, de Manon Fargetton, est parfait. On y découvre quatre enfants, nés le même jour, et qui ont chacun un pouvoir particulier.

Un mystère, des situations rocambolesques, de l’entraide, de l’humour, et beaucoup de tendresse pour ces quatre tomes qui sont en outre très joliment illustrés. L’identification est facile, car chaque enfant a son caractère et ses goûts. En arrière plan, plusieurs thématiques sont abordées dans la série : l’amitié, bien sûr, mais aussi le poids des attentes familiales, la peur de décevoir ses proches, la manque de confiance en soi, la séparation, le deuil – toujours avec une grande sensibilité et délicatesse !

Les Tisseurs de rêves de Manon Fargetton, série en 4 tomes, Rageot.

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Quelques années auparavant, Manon Fargetton avait écrit une série à destination des 10-12 ans, Les plieurs de temps. Cette fois, les quatre héros, plus âgés, ont un super-pouvoir en rapport avec le temps, et une vieille horloge. Ils jouent donc avec le temps, tout en s’apercevant que ce n’est pas sans conséquences…

L’aspect fantastique permet ici de parler de harcèlement, de famille, d’amitié, de confiance en soi ou encore de maladie et de deuil. Action et rebondissements sont au rendez-vous !

Les Plieurs de temps de Manon Fargetton, série en 4 tomes, Rageot.

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Difficile de parler de séries pour pré-ados sans aborder la très célèbre série à succès de Shannon Messenger, Gardiens des cités perdues ! 9 tomes parus à ce jour – sans compter les 4 intermédiaires – et le dizième ne devrait pas tarder.

Au programme : une héroïne qui découvre qu’elle appartient au monde des elfes, des créatures fantastiques plus ou moins mignonnes, des luttes de pouvoir, des complots, et même des licornes ! L’humour, les rebondissements et les sentiments se mêlent à l’histoire, pour une lecture très addictive.

Gardiens des cités perdues, série en cours de Shannon Messenger – édition Lumen, dès 2014, version poche chez Pocket jeunesse 2017

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En parlant de loooongue série, on trouve aussi La guerre des clans. Cette fois, nos héros sont des chats, non pas domestiques mais sauvages. Ils sont scindés en plusieurs clans, et vivent dans la forêt.

L’intrigue tourne principalement autour de conflits entre les clans, d’amitiés et d’amours interdits, mais cette série aborde aussi la lutte pour la survie face à des menaces humaines (avec la destruction de la forêt) ou encore l’arrivée de clans extérieurs hostiles. Au fil des cycles, de nouvelles générations apparaissent et les clans doivent s’unir pour surmonter des crises majeures.

La guerre des clans, d’Erin Hunter, série débutée en mars 2005. Editée par Pocket Jeunesse. 7 cycles traduits en français.

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À 16 ans, les ados de Scott Westerfeld subissent une opération chirurgicale qui les fait passer d’Uglies à Pretties. Alors que l’échéance arrive pour Tally, une rencontre va la faire douter des raisons d’une telle transformation. Dans un univers futuriste plutôt crédible, l’auteur américain propose à ses lecteurs de s’interroger sur le paraître et la société de divertissement à laquelle ils appartiennent. Le tout dans des romans riches en tension et rebondissements.

Uglies, série en 5 tomes de Scott Westerfeld, Pocket Jeunesse.

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Un père détective qui mène des enquêtes trépidantes dans le monde du show-biz des années 80, une jeune héroïne qui n’a pas froid aux yeux, une bande d’ami.e.s fidèles, des illustrations pétillantes, de l’action, du courage, de l’humour, des chansons… Ce sont les ingrédients de cette série d’Yves GREvet et Carole TréBOR (le nom de famille des deux personnages principaux, vous l’avez ?), illustrée par Banjamin Chaud, idéales pour les enfants dès 9 ans, où suspens, références aux eighties à gogo, sens de la famille, amitié et star-system se côtoient pour notre plus grand plaisir ! En plus, l’objet-livre, couverture cartonnée et scintillante, dos rayé et mise en page aérée, est vraiment très beau, ce qui ne gâche rien !

Détectives Grébor, série en 3 tomes, écrite par Carole Trébor et Yves Grevet, illustrée par Benjamin Chaud, Little Urban

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Jefferson est un jeune hérisson du Pays des animaux, étudiant en géographie, qui, en compagnie de Gilbert, son meilleur copain comme cochon se pique (ah ah) au jeu des enquêtes à résoudre, quitte à prendre tous les risques et à se frotter de très près aux humains du pays d’à côté, pas toujours bienveillants, c’est le moins qu’on puisse dire !
Bien sûr…qui s’y frotte…Bref ! Dans cette série en 3 volumes (pour l’instant !) suspens, rebondissements et surprises sont au rendez-vous. Le grand conteur Jean-Claude Mourlevat a l’art et la manière de donner vie à des personnages très attachants. Hérisson, cochon, écureuillE, chat ou ragondin, muets ou trop bavards, deviennent si familiers qu’on en oublie qu’ils ne sont pas de notre espèce ! Des valeurs comme l’amitié, la tolérance, la solidarité, l’empathie, le pardon, sont universelles et l’auteur nous le rappelle de la meilleure façon. Et, l’humour présent, tant dans les dialogues que dans les situations, dédramatise des sujets qui pourraient prêter au tragique : les abattoirs dans le premier tome, l’embrigadement sectaire dans le deuxième, les aberrations écologiques en matière de recyclage et le sort des pays pauvres dans le troisième. On rit même parfois de bon cœur !
Le message passe. Les aventures de Jefferson sont fidèles à ce qui constitue l’essence même de son écriture : une plume fluide, enlevée, tout en étant drôle et tendre, une faculté extraordinaire à susciter la passion chez le jeune lectorat, tout en le questionnant habilement et intelligemment sur le monde qui l’entoure.
A noter qu’une adaptation BD très réussie du premier tome est également sortie il y a peu et qu’elle pourrait elle aussi générer une série. Affaire à suivre…

Jefferson, série en 3 tomes, de Jean-Claude Mourlevat, Gallimard Jeunesse

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Et la semaine prochaine retrouvez notre sélection de séries à destination des ados !

Nos coups de cœur de septembre

La rentrée et son rythme trépidant sont passés, il est temps de fait un point sur les lectures qui nous ont accompagnées ce mois-ci. Voici nos coups de cœur du mois de septembre, avec le souhait qu’ils vous accompagnent à votre tour pour ce début d’automne !

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Lucie a une nouvelle fois été profondément touchée par la plume de Gildas Guyot. Après Vindicte, dans lequel il racontait le destin d’une femme tondue à la Libération, l’auteur se glisse dans la peau d’un jeune orphelin de 8 ans qui doit faire face à la fois au décès de sa mère et à la dépression de son père. Un sujet grave, mais traité avec une immense délicatesse et beaucoup d’émotion, sans tomber dans la larme facile. Foutues cigognes est une lecture dont on ne sort pas indemne et à laquelle on repense longtemps après avoir refermé le livre.

Foutues cigognes, Gildas Guyot, Factions, In8, 2025.

Son avis ICI.

Côté album, Lucie a beaucoup aimé la réécriture du mythe de Sisyphe par Nadine Robert. Avec La marche de mulot, l’auteure invite les petits lecteurs à réfléchir sur la notion d’effort. Un mulot trouve un œuf et se met en tête de le remettre en sécurité dans son nid malgré les moqueries et les doutes des autres animaux. Le voilà parti, déterminé. Les illustrations, très simples, laissent toute la place aux projections des enfants face à cette situation qu’ils connaissent bien. Le mulot parviendra-t-il à réaliser sa « mission » ? Est-ce vraiment l’essentiel ? Un album à l’origine de discussions enflammées.

La marche du mulot, Nadine Robert, illustrations de Valerio Vidali, Saltimbanque, 2025.

Son avis ICI.

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En septembre, Helolitla a allégrement pioché dans les dernières sorties littéraires et la sélection du Prix Vendredi. Elle a également retrouvé les nouvelles parutions de ses mangas chouchous, mais 🤫 … parlons d’abord de littérature jeunesse !

Héloïse attendait avec impatience le roman junior Hazel Toucourt, d’Ellie S. Green. Attente qui valait largement le coup !

Hazel découvre avec horreur que ses parents l’abandonnent à nouveau pour els vacances : ils la laissent chez une grand-mère dont elle ne se souvient pas, dans un manoir quasi vide, où elle s’ennuie. Mais que sont ces bruits que la jeune fille entend la nuit ? Hazel mène l’enquête… et va se retrouver plongée dans une suite d’aventures virevoltantes !

Un voyage dans le temps, une grand-mère scientifique un peu loufoque, un dinosaure, un lapin savant et des secrets de famille, Héloïse ne pouvait qu’être conquise par cette aventure haute en couleurs, en rythme et en situations rocambolesques. Si vous aimez l’humour, les péripéties avec un zeste de folie, elle ne peut que vous conseiller ce premier tome très réussi !

Hazel Toucourt et les failles du temps d’Ellie S. Geen – Rageot, 2025

Sa chronique détaillée ICI.

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Du côté de la sélection du prix Vendredi, c’est Nina perd le Nord qui l’a emportée, le temps d’un road-trip en compagnie d’une famille un peu dysfonctionnelle mais ultra attachante.

Nina, l’héroïne, grandit seule avec un père qui ne s’est pas remis de la mort de sa femme. Et puis tout bascule quand ils découvre qu’une tante leur a légué sa maison et ses biens. La condition préalable : aller disperser ses cendres en Suède.

En quelques pages et avec beauxoup d’humour et de finesse, Céline Gourjault parle de deuil et de résilience, d’amour et de famille, d’adolescence et de confiance en soi. C’est frais, dépaysant, touchant.

Nina perd le Nord, Céline Gourjault. Seuil, 2025

La chronique d’Helolitla, de Liraloin et de Lucie.

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Enfin, la plume très visuelle d’Alain Gagnol l’a plus que convaincue avec Célèbre à en mourir, un thriller ado dynamique et haletant.

Laura est en cours au lycée quand sa vie bascule : son visage se retrouve plaqué sur toutes les vidéos dans le monde entier ? Qui a fait ça ? Et comment continuer à vivre quand on devient la fille la plus célèbre du monde ?

Avec ce roman, Alain Gagnol interpelle les lecteurices sur de nombreux points : la célébrité et son coût, l’usage de l’intelligence artificielle, le développement des émotions chez cette dernière. Héloïse a apprécié ces réflexions qui surgissent au fil de la lecture, l’aspect futuriste terriblement réaliste.

La tension monte peu à peu, au fil des révélations et des rebondissements. Un livre intense, et qui fait réfléchir…

Célèbre à en mourir, Alain Gagnol. Syros, 2025

sa chronique détaillée ICI.

Coup de foudre intersidéral, amour-passion ! C’est ce qu’a ressenti Séverine à la lecture de Droméo et Chuliette, le dernier album de Marcus Malte (qui est aussi un grand écrivain pour les adultes), illustré par Henri Meunier (qui est également un grand écrivain jeunesse).
Les deux compères, qu’elle apprécie déjà au-delà du raisonnable dans tout ce qu’ils produisent, lui ont offert un moment de lecture délicieux, avec cette revisite inédite du classique Roméo et Juliette de William Shakespeare, à la sauce
1. Camélidée, quelle bonne idée
2. Ultra contemporaine
3. Graphique épurée.
C’est de la littérature jeunesse comme elle l’aime : loufoque, intelligente, engagée sans en avoir l’air, drôle sur la forme, sérieuse sur le fond, originale, inventive, créative, faisant confiance aux enfants pour comprendre ses subtilités, ressentir ses vibrations, écouter son message, bref, tout ce qu’une IA ne pourra jamais faire (on l’espère).
Il y est question d’amoureux fous, évidemment, mais aussi de classe sociale, d’une ligne de bus miraculeuse, de langues vivantes, de musiciens morts depuis bien longtemps, de Voltaire et Rousseau, du Larzac et de b(g)osses libres ! Tout un programme…sans le drame.
Parce que sans spoiler, il faut quand même dire que l’histoire finit bien, qu’elle met le sourire aux lèvres et du baume au cœur. Tout au long de la lecture, au rythme sans temps mort, on rit, on s’émeut, les jeux de mots fusent, la poésie se cache dans les détails…Le texte est brillant (comme l’est Marcus Malte), quant au graphisme, peut-être un peu déroutant pour l’adulte qu’est Séverine, nul doute que les enfants l’apprécieront dans toute sa richesse : figuratif, coloré, vitaminé, tendre (si si !), fin dans sa simplicité (comme l’est Henri Meunier). L’ensemble est jubilatoire, un régal pour lutter contre la morosité et la tristesse qui peuvent nous envahir à l’arrivée de l’automne.

Droméo et Chuliette, de Marcus Malte, illustré par Henri Meunier, Rouergue Jeunesse, 2025

Sa chronique complète ICI.

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En septembre, Blandine a lu deux albums jeunesse qui l’ont charmée !

Le LIVRE qui peut LIRE dans ton ESPRIT, Marianna COPPO. Grasset Jeunesse, 2024

Lady Rabbit est une magicienne ! Sortir quelqu’un de son chapeau, disparaître, ce sont des tours de magie impressionnants mais déjà vus et revus ! Mais deviner quel personnage le lecteur choisit sur une page et ne pas se tromper, ça c’est innovant ! Et Lady Rabbit ne se trompe jamais ! Même lorsque son public décide de changer de place !

C’est le titre qui a attiré Blandine vers cet album, tout comme son graphisme, à la fois épuré et inspiré de l’Art Nouveau. Elle s’est laissée prendre au jeu de Lady Rabbit qui a bien retrouvé quels personnages elle avait choisi. Mais comment notre Magicienne fait-elle cela ? Découvrez-le en lisant cet album, car un tour de magie ne s’explique pas, il se vit/lit !

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Chère Librairie, Emily ARROW et Geneviève GODBOUT. La Pastèque, 2025

Un livre qui parle de livres et de librairie, Blandine ne résiste pas ! Un livre qui célèbre les librairies et leur pouvoir d’évasion promet un moment tout simplement merveilleux. D’autant qu’il est illustré par Geneviève Godbout et son trait délicieusement vintage. Trop en dire serait sacrilège. Ouvrez donc vous aussi la porte de cette « Chère Librairie » pour vous y sentir comme dans un cocon et célébrez vous aussi le pouvoir des livres !

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Et vous, quelles lectures vous ont enthousiasmés ce mois-ci ? Quels titres nous conseillez-vous ?

Nos classiques préférés : le trait léger de Serge Bloch

« A quoi bon lire ? » c’est un peu ce qui nous vient à l’esprit lorsqu’on évoque Serge Bloch. En effet, son trait semble pouvoir se passer de texte. Il a d’ailleurs accompagné jusque très récemment l’exposition installée à la médiathèque Françoise Sagan. Un bel hommage à la toute première bibliothèque jeunesse : l’Heure Joyeuse !
Très fidèle à certains auteurs comme Davide Cali, il est aussi très connu pour être le « papa » de la célébrissime série Max et Lili ou de SamSam. Sans plus attendre, voici les albums de cet illustrateur sélectionnés par vos arbonautes qui ont chacune dégotté 10 raisons pour vous convaincre !

Serge Bloch, photo issue du site des éditions Syros.

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Pour Lucie, il est impensable de ne pas aborder la collaboration de cet auteur-illustrateur avec Davide Cali. Et notamment leur album L’ennemi pour les 10 raisons qui suivent…

L’ennemi, Davide Cali, illustrations de Serge Bloch, Sarbacane, 2016.

1. Les deux trous de l’introduction qui isolent et sont pourtant similaires.
2. Le choix de Davide Cali du point de vue unique et de la narration à la première personne.
3. Ces illustrations, entre photos d’éléments réels…
4. Et traits ultra-efficaces de Serge Bloch.
5. Parce que cette idée de manuel qui explique parfaitement le concept de propagande.
6. Pour ces doutes et questionnements qui surviennent lors d’une nuit étoilée.
7. Car la prise de conscience illustre le dicton anglais invitant à ne pas juger une personne avant d’avoir « marché un kilomètre dans ses chaussures ».
8. Pour le soutien d’Amnesty International et de l’Historial de la Grande Guerre.
9. Pour le jeu des deux erreurs entre la deuxième et la troisième de couverture.
10. Et parce que le discours sur la paix, le respect de l’altérité et la compréhension de l’Autre est plus que jamais d’actualité.

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Pour Séverine, alors qu’elle connaît et apprécie tant Serge Bloch depuis des années, l’évidence fut de présenter cet ouvrage collectif de 2015, pour les 10 raisons suivantes :

  1. Pour sa couverture bouleversante et son titre le plus empathique qui soit.
  2. Pour le texte du grand Daniel Pennac, qui expose, interpelle, questionne, et en appelle à des valeurs essentielles d’humanité et de cœur, tout en rappelant rapidement l’histoire des migrations.
  3. Pour l’acrostiche créé avec les lettres du mots R.E.F.U.G.I.E.S par Jessie Magana et Carole Saturno, à la fois didactique et sensible. Très intéressant, car cela peut être exploité en classe, par exemple.
  4. Parce que les illustrations de Serge Bloch, au trait simple et épuré, offrent des gestes, des regards, des situations qui touchent au plus haut point et complètent les propos avec une grande force évocatrice.
  5. Parce qu’il ne fait pas que sensibiliser et expliquer, il propose également des pistes d’action pour améliorer le sort des personnes réfugiées, à portée de tous.te.s.
  6. Parce que 40 maisons d’édition jeunesse, fort appréciées d’ailleurs A l’ombre du grand arbre, se sont associées à ce projet pour porter ensemble un message de bienvenue et de solidarité, en partenariat avec le Salon du livre et de la presse jeunesse.
  7. Parce que les auteur.ice.s et l’illustrateur, ainsi que l’ensemble des acteur.ice.s de la chaîne du livre ont œuvré bénévolement pour que ce livre voie le jour.
  8. Pour son petit prix, qui le rend accessible au plus grand nombre.
  9. Parce que les bénéfices générés par la vente de cet ouvrage sont intégralement reversés à La Cimade, association de solidarité active avec les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile.
  10. Parce que la seconde édition du livre, en 2018 a été enrichie d’une version audio du texte de Daniel Pennac, lue par l’actrice Sandrine Bonnaire, et que des fiches pédagogiques peuvent être téléchargées.

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Hélène de son côté considère qu’on ne peut pas évoquer Serge Bloch sans s’attarder un peu sur la série Max et Lili et ceci pour (au moins) 10 raisons :

  1. Sa longévité : depuis 1992 et le premier titre Lili ne veut pas se coucher, pas moins de 135 références ont été publiées.La série traverse les générations sans prendre une ride puisque les sujets sont sans cesse renouvelés
  2. La variété des sujets abordés : petits soucis à la maison ou à l’école (se faire des amis et avoir des petites fâcheries avec eux, hospitalisation, vouloir un animal de compagnie) mais aussi problèmes de société (chômage, drogue, réfugiés)
  3. Le mélange d’intemporalité et de modernité qui s’en dégage : 1992 Lili ne veut pas dormir, 2010 Lili veut un téléphone portable, 2020 Max et Lili ont peur du noir, 2024 Max et Lili découvrent l’empathie
  4. La relation fraternelle entre Max et Lili : entre complicité et rivalité, ces deux frères soeurs sont comme chien et chat, mais toujours solidaire l’un avec l’autre en cas de vraie difficulté
  5. De manière générale, les relations avec la famille, proche et élargie, les amis, l’école, bref, tout ce qui fait le quotidien d’un enfant de l’âge des petits protagonistes 🙂
  6. La tendresse avec laquelle sont abordés les sujets les plus graves, qui se ressent dans le trait de l’illustrateur
  7. Son petit format, idéal à transporter partout
  8. La variété des supports sur lesquels on peut retrouver les petits personnages de Serge Bloch : cahiers de vacances, jeux de société, cherche et trouve, agendas, calendriers… De vrais compagnons au quotidien
  9. La qualité des histoires et l’expressivité des personnages qui permettent de faire de cette série un véritable objet littéraire, au-delà de son aspect pédagogique. Très utile pour aborder certains sujets difficiles, ils ont toute leur place dans les bibliothèques de classe depuis longtemps et peuvent être conseillés pour aborder en famille des sujets délicats
  10. Le format BD que les enfants adorent et qui permet, encore une fois, d’être réellement dans la lecture-plaisir sans avoir l’impression de lire une leçon

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Pour Liraloin, la bagarre ce n’est pas son affaire et n’a jamais bien compris quelles étaient les réelles motivations pour en finir ainsi ? Et bien voilà 10 bonnes raisons, enfin, d’en savoir un peu plus sur la bagarre et aussi pourquoi aimer cet album !

Le grand livre de la bagarre de Davide Cali, illustré par Serge Bloch – Sarbacane, 2013
  1. Il n’y a pas que la bagarre qui est immense, le format de cet album l’est carrément plus. Une grande bagarre prend beaucoup plus d’ampleur dans un grand livre !
  2. Pour la première et quatrième de couverture … un personnage heureux, semble-t-il, d’avoir gagné sa bagarre avec tout de même quelques dommages physique …ouille…
  3. … « aïe – bang – ouille – clac » justement une belle bagarre digne de ce nom et rondement bien menée doit se doter de cette belle mélodie d’onomatopées.
  4. « Jeux de mains, jeux de vilains » pour ne pas être tenté par une bagarre, il suffit d’écouter les conseils des adultes même si ces derniers ne sont pas toujours des exemples à suivre.
  5. Pour ce qui nous amène à entrer en bagarre car finalement il y a toujours une bonne raison plus ou moins grave et puis cela dépend tellement de l’humeur journalière …
  6. Pour ces précieux conseils donnés afin de réussir une bagarre « équitable » : « même poids, même taille, même nombre », merci Davide Cali de nous donner de bons tuyaux.
  7. Pour que la bagarre s’arrête, il faut toujours avoir une bonne excuse : la peur de se faire prendre, maman qui appelle pour passer à table (un bon petit plat maison ne se refuse jamais, c’est un signe de paix).
  8. Pour être un bon bagarreur et surtout en cas de victoire, attention à ne pas trop en faire. Nous apprécions la modestie on vous aura prévenu !
  9. Pour le texte de Davide Cali et son humour qui nous permet de dédramatiser cette histoire de bagarre, une langue oh combien universelle.
  10. Enfin, pour le trait de Serge Bloch que l’on reconnaît entre 1000, dessinant des visages d’enfants si expressifs entre tendresse et amusement.

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Blandine est tombée sous le charme de petit album au format à l’italienne, à la couverture bleutée constellée d’étoiles et de ce petit garçon au filet à papillons.

Décrocher les étoiles et autres expressions sur la vie. Serge BLOCH. Circonflexe, 2017
  1. Parce que Serge Bloch ! Ah, il faut d’autres raisons ?! Les voici donc :
  2. Le titre, « Décrocher les étoiles et autres expressions sur la vie », est déjà une formidable invitation, n’est-ce-pas ? Et j’étais curieuse de découvrir quelles étaient les expressions choisies par Serge Bloch, comme le sens lettré et dessiné qu’il leur a attribuées
  3. Parce que l’album est bilingue, français et anglais, et qu’il est rigolo de découvrir comment chacun exprime une chose commune, que le concept soit abstrait ou concret.
  4. Pour croire en soi, tomber et se relever, avoir des rêves, compter sur ses amis, avancer, réussir et recommencer.
  5. Pour ses illustrations : des images qui combinent quelques traits minimalistes, un peu de couleurs et des objets, du quotidien, du passé, de la nature.
  6. L’illustration peut parfois sembler bien éloignée des mots, selon qu’on lit en anglais ou en français.
  7. Parce que les « conseils » donnés en image sont souvent facétieux
  8. Parce que cet album est tout simplement beau, doux, expressif, rigolo, poétique.
  9. Parce qu’il n’y aura jamais assez de livres pour insuffler confiance en eux à nos enfants, pour leur avenir, pour faire face aux épreuves de la vie et aux sentiments qui la traversent.
  10. Parce que cela peut aussi nous encourager nous, parents et adultes.

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Enfin, Séverine et Lucie vous proposent à quatre mains les dix raisons de découvrir Moi j’attends, un album cher à leur cœur.

Moi j’attends, Davide Cali, illustrations de Serge Bloch, Sarbacane, 2005.
  1. Pour son format à l’italienne très allongé, qui permet au fil de l’histoire de se dérouler . Un objet-livre qui se démarque dans la bibliothèque.
  2. Pour la couverture, imitation d’une enveloppe expédiée par l’auteur et l’illustrateur au/à la jeune lecteur.ice, les étiquettes avec le titre de l’album, cet enfant qui attend à la fenêtre (de l’enveloppe) ; les noms de l’auteur et de l’illustrateur sur les rubans brodés de notre enfance en page de garde ; pour le quatrième de couverture sous forme de dédicace à la vie, et indirectement à l’amour (dont il est beaucoup question dans l’album), grâce au cœur formé par le fil.
  3. Pour les petites et grandes attentes d’enfant et d’adulte qui ont toutes une place légitime, chaque lecteur.ice, enfant ou parent ou grand-parent, peut s’identifier – ce qui renforce le moment de partage qu’est la lecture de cet album.
  4. Pour la temporalité de l’attente, qui suit le fil de la vie de manière chronologique. Cela rend accessible le déroulé d’une existence complète, de la naissance à la vieillesse, aux enfants, même très jeunes.
  5. Pour le fil rouge (au sens propre et au figuré) qui se transforme au fil des pages : guirlande, mouchoir, cordon ombilical, écharpe… c’est le quotidien et pourtant, c’est si poétique !
  6. Pour l’exploit de traduire une vie dans toute la palette de ses émotions, en moins de 50 pages ; pour le caractère universel du message, au-delà des différences de pays, de culture, de religion, de couleur de peau…
  7. Pour l’inventivité et le travail graphique remarquables, alors que ça semble d’une simplicité confondante : ces illustrations minimalistes à l’encre noire, et ce fil rouge qui, lui, n’est pas une illustration, mais une photo. Le contraste est saisissant, il dit l’essentiel.
  8. Pour le fil de la vie qui se poursuit au-delà de l’album et cette trouvaille de remplacer le N final du mot fin en L, grâce au fil, qui renforce l’idée d’une continuité.
  9. Un album qui n’a pas pris une ride, 20 ans après sa parution (d’ailleurs, cet article pourrait-il souffler l’idée d’une réédition à Sarbacane ? 😉) et parce que l’émotion surgit même après une multitude de lectures.
  10. Emotion d’autant plus forte pour Séverine qui a découvert il y a peu de temps le principe philosophique coréen de l’Inyeon, que l’on peut traduire par « fil rouge du destin ». Ce mot désigne une connexion significative entre deux personnes, dont les chemins finissent par se croiser un jour ou l’autre. Elle a tout naturellement fait le lien avec cet album, son aventure A l’ombre du grand arbre, et sa rencontre avec Lucie

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Et vous, quelle est votre œuvre préférée de Serge Bloch ?