… ça trompe, ça trompe…

Il y a les animaux emblématiques de la littérature jeunesse: les loups, les ours, les lapins par exemple. Et puis il y a ceux qui sont moins attendus mais néanmoins très présents. Les éléphants sont de ceux-là. Allez savoir pourquoi, de Babar à Pomelo, l’éléphant surgit de façon récurrente dans les albums pour les petits. Est-ce parce qu’il peut représenter à la fois la force et l’élégance (si, si)? Parce qu’il peut être très expressif? Parce qu’il peut à la fois impressionner et rassurer? Quoi qu’il en soit, puisque le pachyderme est apprécié à la fois des illustrateurs, des auteurs et des enfants, nous avons pensé qu’il méritait bien une petite sélection thématique.

Pomelo, Ramona Badescu, Benjamin Chaud, Albin Michel jeunesse

Un petit éléphant de jardin, si petit qu’il peut dormir sous un pissenlit, mais qui vit de grandes aventures!

Le billet de Chloé.

Fanfan de Marie Sellier et Iris Fossier. Editions Courtes et longues, 2012

Eléphant ou autruche ? Ce superbe album album met en scène un éléphant adopté qui se pose des questions sur ses origines et son identité. Un chef d’oeuvre !
Le billet de Bouma et celui d’Alice

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Un éléphant dans mon arbre de Barroux. Kilowatt, 2014

Les branches de cet arbre abritent un monde plein de surprises. Cette petite fille y a même rencontré un éléphant qui tricote en attendant son train…

Le billet d’Alice

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C’est l’histoire d’un éléphant d’Agnès de Lestrade et Guillaume Platevin. Sarbacane, 2012

C’est l’histoire d’un éléphant qui a mal dormi … et qui met tout le monde mauvaise humeur .
Trop drôle !

Le billet de Chloé et celui d’Alice

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Uma la petite déesse, de François Roca et Fred Bernard, aux éditions Albin michel.

Le billet de solectrice et celui de bouma

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Circus Mirandus de Cassie Beasley. Editions Auzou.
Le billet de Solectrice
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Mon chagrin éléphant de Cécile Roumiguière et Madalena Matoso, Editions Thierry Magnier :

un album métaphore très bien vu sur le deuil à hauteur d’enfant et d’éléphant.

Le billet de Pépita et celui de  Bouma

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Vacarme de Gaëtan Dorémus, Editions Notari L’oiseau sur le rhino

Un petit éléphant souffre énormément du bruit qui l’entoure. Un album qui aborde avec justesse la perception des choses différente d’un individu à l’autre et qui rappelle combien c’est parfois difficile à hauteur d’enfant.

Le billet de Pépita

Jojo l’Ombrelle de Didier Lévy et Nathalie Dieterlé

Un album en lice pour le Prix des Incorruptibles catégorie CP cette année, et qui met en scène un malicieux éléphant dans une savane en proie aux cris et aux bagarres.

Le billet de Bouma

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Interdit aux éléphants de Lisa Mantchev et Taeeun Yoo (aux éditions des éléphants, justement)
Qu’il est craquant, cet éléphant, avec sa petite mine dépitée quand on lui fait savoir qu’il n’est pas accepté. Qu’il est charmant, cet album tout en tendresse
Le billet du tiroir

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Petit Elliot dans la grande ville, Mark Curato
C’est un éléphant, mais un tout petit éléphant… Tout petit et tout timide aussi. C’est difficile de trouver sa place dans le monde. Et pourtant parfois, un ami tout petit est juste à côté de soi

Le billet du tiroir

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Au moment de boucler cette sélection thématique, on me souffle dans l’oreillette qu’il y manque Mon Chat, qui est pourtant un coup de cœur pour nombre d’entre nous. Loin de moi l’idée de jouer la maîtresse d’école qui fait remarquer à  l’élève distrait qu’il a mal lu l’énoncé. Cependant nous faisons ici une sélection qui concerne les éléphants et non les chats. D’ailleurs, vous pouvez trouver l’étonnant félin de Gilles Bachelet dans la sélection ad hoc En attendant, merci de ne pas m’interrompre quand je rédige un billet. Vous me le copierez 100 fois. Merci. Et n’y revenez pas.

Ombres et reflets

Bien avant d’en produire eux même, les hommes ont eu accès à ces images là. (Journée de sensibilisation « Langue, langage, images », organisée par l’agence Quand les Livres Relient, vidéo en ligne sur son site)

Cette petite phrase, entendue dans la bouche de la plasticienne Katie Couprie à propos des ombres et des reflets m’a donné très envie de m’intéresser à ces deux formes d’images dans la littérature jeunesse.

Je pensais au travail de la photographe Tana Hoban, à celui de l’illustrateur Hervé Tullet, aux photogrammes de Katie Couprie elle même, dans « Oh la vache! » ou dans « Tout un monde », bref, je pensais avant tout à des albums. Quand j’ai soumis l’idée à la bande du grand arbre, non seulement elles m’ont proposé plein de titres d’albums qui ne m’étaient pas venus à l’idée mais aussi des romans. Cette capacité qu’ont les arbronautes  à toujours me surprendre et à enrichir chaque proposition qui leur est faite m’émerveillera toujours.

Voilà donc notre sélection d’ouvrages qui montrent ou abordent les ombres et les reflets dans la littérature jeunesse.

Quand il fait nuit Akiko Miyakoshi.-Syros

Quand la nuit prend son habit de nuit et que la lumière des hommes s’infiltre dans son voile noir. Un album sublime sur le ressenti d’un petit lapin entre chien et loup. Chronique de Pépita et d’Alice

Jeu de reflets de Hervé Tullet, Panama, 2008 (maintenant édité par Phaidon)
Juste des formes en noir et un papier miroir dans cet album cartonné. Pour jouer avec les lumières et les reflets. Chronique de Sophie

Les aventuriers du soir Anne Brouillard Éditions des éléphants : quand le soir arrive sur le jardin et la maison, l’atmosphère change. Un album entre lumière et ombres pour mieux saisir la tombée du soir

Chronique de Céline, de Sophie  de Chloé et de pépita

Le noir Lemony Snicket Jon Klassen Milan : Un album très réussi pour apprivoiser le noir et s’en faire un ami. Chronique de Bouma et de pépita

L’heure bleue d’Isabelle Simler. Editions courtes et longues, 2015
Un instant seulement, juste cet entre-deux avant la nuit où la lune éclaire de son halo la nature qui s’endort.
Ombre du jour, lumière de la nuit, émouvant moment paisible et merveilleux.

Chronique  de Bouma, de Sophie de Chloé et d’Alice

Tam tam boum boum de Kim Jong-do
Quand les ombres prennent vie le temps d’une ronde sous la lune pour le plus grand plaisir des petits curieux. Chronique de Bouma

Nuit de Rêve de Laurent Moreau
Imaginez quel territoire devient votre chambre une fois la lumière éteinte…. et observez.

Chronique de Bouma

nuit de reveDans le noir de John Rocco
Un classique de la littérature jeunesse américaine qui fait passer une panne d’électricité pour un spectacle de magie. Chronique de Chloé et de Bouma

dans le noir

 

Le petit curieux de Édouard Manceau, Milan, 2014
Un album qui invite à regarder le monde différemment. Parfois rien de mieux qu’un miroir comme la couverture qui reflète ce qui nous entoure. Chronique de Sophie

 

Tant que nous sommes vivants Anne-laure Bondoux Gallimard jeunesse : Un roman qui prend très rapidement des allures de conte initiatique où le noir et le blanc, l’ombre et la lumière se disputent tout simplement la vie. Chronique de Bouma, de Sophie et de pépita

Le voleur d’ombres de Marc Levy, Robert Laffont

Le voleur d’ombres a une capacité, celle d’emprunter les ombres des personnes qu’il approche et pouvoir, en dialoguant avec elles, découvrir ce qui les fait souffrir. Une réflexion sur les stades de la vie et sur ce qui fait le sel de notre existence : l’Amour et l’Amitié !

Chronique de Céline

Rencontre avec Gilles Bachelet

Vous le savez, à l’ombre du grand arbre nous avons lu et aimé l’album de Gilles Bachelet Les coulisses du livre jeunesse. Pour prolonger le plaisir de sa lecture et en savoir un peu plus sur sa genèse, j’ai posé quelques questions à Gilles Bachelet qui a aimablement accepté d’y répondre et même de m’envoyer ce dessin, publié sur sa page facebook après la sortie de l’album mais qui reste tout à fait dans le thème.

 

 

Voilà ses réponses.

Cet album reprend des dessins d’abord publiés sur facebook, au départ c’était juste un délire comme ça ou il y avait déjà l’idée d’une publication ?

Non, je n’avais aucune intention d’en faire un album et ces dessins étaient destinés à mes “amis facebook” qui, pour une bonne partie, ont une activité ou une passion qui tourne autour du livre jeunesse. Je les faisais d’ailleurs sur des carnets de croquis, dans l’esprit de ce que je fais habituellement dans ce contexte, c’est à dire avec beaucoup plus de liberté et de relâchement que pour l’illustration de mes albums. Après les premiers posts sur Facebook, Fred Ricou du site “Les Histoires sans Fin” m’a demandé l’autorisation de les utiliser, puis le Salon de Montreuil qui, cette année-là avait pour thématique “l’Étoffe des Héros” m’a proposé de les inclure dans une exposition. Ce n’est que plus tard qu’Olivier Belhomme de l’Atelier du Poisson Soluble à qui je les avais montrés, a pensé que cela pourrait devenir un album. J’ai alors complété la série dans cette idée.

Comment se sont construites chaque vignette, image d’abord, texte ? Et le fait de mettre plusieurs références sur une même image, c’est venu naturellement ?


Sans méthode particulière. L’idée pouvait venir d’un simple rapprochement graphique, d’une envie de dessiner tel ou tel personnage, d’une complicité avec un autre illustrateur ou, à l’inverse, de l’énervement que peuvent susciter certains personnages de la littérature jeunesse dite “commerciale”. Le premier dessin de la série présent dans l’album, “Le Tailleur”, vient tout bêtement de la similitude de couleur entre le costume de Babar et celui du Petit Prince… de là à imaginer qu’il proviennent du même coupon de tissu…

En fait, je n’ai jamais eu l’impression de commencer une série. Tous ces dessins rentraient dans la continuité des nombreux échanges facebook que je faisais depuis un bon moment avec des collègues illustrateurs, notamment Benjamin Chaud, et dans lesquels j’avais déjà fait subir les pires traitements à Pomelo, bien sûr, mais aussi à Babar, Elmer, Le poisson Arc-en-Ciel, Géronimo Stilton et quelques autres…

Ce livre vous a-t-il valu de nouveaux amis ? Ou de nouveaux ennemis ? Comment a-t-il été reçu par vos confrères qui y sont cités ? Et ceux qui n’y sont pas ?

J’ai l’impression qu’il a été globalement très bien accueilli. Je ne me faisais aucun souci par rapport aux auteurs que je connais mais j’étais plus inquiet concernant certains autres (je pense à Nadja, que je ne connais pas et dont j’ai utilisé le Chien Bleu ou à David McKee, le papa d’Elmer). Pour autant que j’en sache, je ne me suis pas fait d’ennemi déclaré et personne n’est venu se plaindre non plus de ne pas y figurer. La question s’est posée avec l’éditeur de savoir si nous demandions des autorisations ou si cela relevait du droit à la citation. Finalement nous avons décidé de ne rien demander à personne et, à ce jour, tout se passe bien.

L’album a été un succès et a même donné lieu à une exposition, vous vous y attendiez ?

Non. J’ai même été surpris quand Olivier Belhomme m’a dit qu’il avait fait un tirage de 5000 exemplaires. Cela me paraissait énorme pour un album que je jugeais confidentiel. Je suis moins étonné par les nombreuses demandes d’expositions dans les médiathèques ou à l’occasion de salons du livre car on reste là dans le cadre bien spécifique de la littérature jeunesse auquel je le destinais.

Mais au fait, à qui plaît- il le plus, aux enfants ou aux adultes ?

Les dessins que je mets sur ma page facebook ne sont pas au départ spécialement destinés aux enfants. L’album reste dans cet esprit et touche principalement, je pense, les acteurs de ce petit microcosme qu’est le livre jeunesse : auteurs, illustrateurs, bibliothécaires, libraires, enseignants et parents curieux. Je suis très heureux pourtant de voir, sur les salons ou lors de rencontres scolaires, que pas mal d’enfants qui ont déjà une certaine culture dans ce domaine prennent beaucoup de plaisir à le regarder et à y retrouver leurs personnages préférés. On va donc dire que l’album s’adresse aux amoureux de la littérature jeunesse en général…

Enfin, une dernière question, certes hors sujet mais qui me brûle la langue : Sur Facebook, Benjamin Chaud et vous semblez former un duo de choc, à quand un album en commun ?

On en a souvent parlé, entre nous et avec nos éditeurs respectifs… Y a plus qu’à….

Nous l’attendons avec impatience !

Merci beaucoup Gilles Bachelet, de nous avoir accordé ce temps. Au plaisir de vous suivre, sur facebook et dans les librairies. 

Lecture commune : Les coulisses du livre jeunesse

les-coulisses-du-livre-jeunesse-bachelet

L’an dernier est sorti un drôle de petit album, signé Gilles Bachelet, édité par l’atelier du poisson soluble.
On y rencontre les personnages emblématiques de la littérature jeunesse qui, comme des stars de cinéma, nous font découvrir l’envers du décor. Les passionnées que nous sommes ne pouvaient pas passer à coté de cet album qui semblait fait pour nous. D’autant qu’il est drôle, impertinent et  bourré de clins d’œil auxquels nous sommes particulièrement sensibles.

Nous avons eu envie de partager avec vous nos réactions face à cet album hors du commun. Et, puisqu’après tout il s’adresse aux enfants, nous les avons fait participer aussi. Voilà donc les réponses d’Alice, ses enfants Mathilde (15 ans), Maxime (13 ans), Céline, Pépita, ses filles, H (16 ans) et F (14 ans), Solectrice, ses lutines Lucie (13 ans) et Adèle (11 ans), Sophie, Carole et Bouma. De cette liste de participants, on tirera déjà une première conclusion : ce livre réunit les (pré)ados et leurs parents et ça, c’est déjà chouette.

– Quelle est la page du livre qui vous a le plus fait rire?

Mathilde : Le bureau des objets trouvés
Max : Le bureau des objets trouvés
Alice : La page de titre ( une mise en bouche d’entrée de jeu )

Céline: La signature du contrat (j’aime bien l’humour un peu noir)les-coulisses-signature

H : le service de chirurgie esthétique
F : rien !
Pépita : j’en ai plusieurs mais la visite médicale.

Adèle : le parking

Lucie : l’élevage de lapins

Solectrice : les douches

Sophie: J’aime bien le passage chez l’allergologue. Déjà les allergies ça me parle assez bien et puis j’ai adoré l’air très perplexe du médecin face au chien bleu qui a un regard au contraire totalement blasé !

Carole: Le maquillage de Pomelo et leur éternelle histoire d’amour avec Benjamin Chaud :coeur:

Bouma: Le bureau de validation du pipi caca. Parce que je suis toujours preneuse d’un peu d’humour scato et que la petite taupe a vraiment l’air d’une boss qui dirige son entreprise d’une main de maître !

-Quelle est la page qui vous a fait vous exprimer « ah, il a osé! »

Mathilde : Les toilettes
Maxime : L’accès handicapé
Alice : Le parking ( mettre Oui Oui à côté d’incontournable de littérature jeunesse Rha la lala)

Céline: Heu… c’est pas vraiment ce que je me suis dit. Les images qui me viennent pour cette question sont plutôt celles de La vérité sur les contes de fées de Benjamin Chaud ;)

Pépita et ses filles: C’est unanime : l’accès handicapésles-coulisses-acces-handicapes

Adèle : le bureau validation du pipi-caca

Lucie : le bureau validation du pipi-caca

Solectrice : l’accès handicapés (pour une créature qui fait rêver tant de petites filles, je trouve que c’est vraiment audacieux !)

Sophie: Sûrement la petite sirène en fauteuil roulant pour l’accès handicapé mais pas pour ça, pour le sein nu à peine caché par le bras de la demoiselle !

Carole: l’accès handicapé et le poisson arc-en-ciel frit par Bécassine ! gros fous-rires !

Bouma: Le psychanalyste. Parce que franchement quand je lis certains Ponti je me dis que je devrais peut-être y faire un tour : je ne comprends pas toujours tout !

-Quelle est votre page préférée?les-coulisses-psychanalise

Mathilde : Le bureau de validation du pipi-caca
Maxime : Le psychanalyste
Alice : Le bureau des objets trouvés

Céline: La signature du contrat … et la visite médicale !

Adèle : le service de chirurgie esthétique

Lucie : les douches

Solectrice : le bureau des objets trouvés (un joli pied-de-nez pour Charlie !)

Sophie: La signature du contrat  avec les trois brigands et le lapin de Béatrix Potter : quand on sait ce qu’est payé un auteur, on se dit que la réalité doit être assez proche de cette scène.

Carole: la signature du contrat, assez militant !

Bouma: L’élevage des lapins (détail). Je ne m’étais jamais rendu compte qu’il y avait autant de personnages de lapins en littérature jeunesse.

-Quelle page vous a donné envie de relire le livre au-quel elle fait allusion?

Mathilde : Les produits dérivés
Maxime : Le bureau de validation du pipi-cacales-coulisses-du-livre-jeunesse-vestiaire
Alice : Le bureau de validation du pipi-caca

Céline: Le psychanalyste pour relire les nombreuses aventures de Blaise, et L’accès handicapé pour La Petite sirène que je crois n’avoir jamais lu…

H : la stagiaire du vestiaire (pour le lapin d’Alice au pays des merveilles)
F : ne sait pas….
P : la cantine (ça fait bien longtemps que je n’ai pas mis du Gruffalo à mon menu de lecture)

Adèle : les douches avec Geronimo Stilton

Lucie : la stagiaire du vestiaire avec la Chenille qui fait des trous

Solectrice : les cuisines avec Bécassine (un grand classique que je n’ai pas beaucoup fréquenté)

Sophie: La stagiaire du vestiaire (18) avec la chenille qui fait des trous. Depuis, je l’ai relu avec mon fils et il est fan de l’application aussi !

Carole: les douches mais je ne lirai pas Géronimo Stilton pour autant faut pas abuser non plus hein ;-)

Bouma: Le pilon. On ne relit jamais assez Max et les Maximonstres :]

-Quelle est la page dont vous ne connaissiez pas la référence? les-coulisses-du-livre-jeunesse-douches

Mathilde : La cantine
Maxime : Le maquillage
Alice : L’élevage des lapins ( je les connaissais pas tous)

Céline: Les douches !

H et F de Pépita : la signature du contrat (Note de Pépita: je vais leur apporter les trois brigands et Béatrix Potter !)
Pépita : comme Alice l’élevage de lapins

Adèle, Lucie et Solectrice : Pomelo (celui-ci nous a vraiment échappé)

Sophie: Dans l’élevage de lapins, je ne les aurais sûrement pas tous reconnus sans les noms des illustrateurs sous les clapiers.

Carole: aucune, en revanche j’ai désormais une belle dédicace avec un chat plus bête du monde qui dessine Oui-Oui ;-)

Bouma: La Cantine. Impossible de me rappeler d’où sort le lapin que le Gruffalo veut manger.

Finalement, si ce livre à fait l’unanimité parmi nous et nous à toutes bien fait rire, nous constatons que nous n’en avons pas toutes la même lecture, loin s’en faut ! Et vous, quelles sont les images qui font mouche pour vous ou vos enfants? N’hésitez pas à nous raconter en commentaire.

Et si vous voulez en savoir un peu plus sur la genèse de ce livre, rendez-vous dans quelques jours pour une interview de Gilles Bachelet, avec un prime un dessin inédit qui complète à merveille cet album.

Lecture d’enfant #27 Esther et Mandragore, Une sorcière et son chat

esther_mandragore_1C’était dimanche matin. L’heure où j’écoute la radio d’une oreille, en mangeant une tartine d’une main, et où, éventuellement, je regarde facebook d’un œil. L’heure où je ne suis ni réveillée ni disponible en somme. Ma mouflette (dix ans), elle était en pleine forme. Réveillée depuis une bonne heure, elle avait déjà fini une tour de kaplas avec sa frangine, pris son p’tit dej et elle finissait tranquillement son nouveau roman. Autant dire que, contrairement au mien, son cerveau était déjà en marche. Elle a donc du répéter sa question plusieurs fois avant que ça n’atteigne les limbes de ma conscience. Moi, j’ai entendu ça:

– Mamaaaan, pourquoi tout radis roman en été féministe? Jkomprendpas.

-Hein?!?

-Maman! Pourquoi tu m’as dit que ce roman il était féministe? Je ne comprends pas?

Elle vient de tourner la dernière page d’Esther et Mandragore (Sophie Dieuaide, Marie-Pierre Oddoux, Talents hauts), que j’ai lu moi même quelques jours auparavant.

-Il me semble que je t’aie dit que c’était une maison d’édition féministe, plutôt, non?

Je sais pas, mais n’empêche, je ne comprends pas, c’est quoi une maison d’édition féministe? C’est quoi un livre féministe? Enfin, je veux dire, quand tu me montres des trucs féministes, comme par exemple un dessin qui dit que les filles sont pas des bon-point1poupées (bon point anti-sexistes des éditions « La ville brûle » pour ceux qui se demandaient) je reconnais, ça montre que c’est féministe, mais là, c’est une juste une histoire.

Juste une histoire? Ça ne t’as pas plût?

-Mais si, n’importe quoi, pourquoi ça ne me plairait pas, enfin, tu sais bien que j’aime les histoires! (c’est à peu près à ce moment-là que j’ai compris qu’il fallait que je ferme la tablette et que je lâche facebook, la conversation demandant de plus en plus d’attention). Non, ce que je veux comprendre c’est comment une histoire peut être féministe. Une histoire normale, une histoire dans laquelle y’a pas de question d’égalité entre les filles et les garçons, déjà y’a quasiment pas de garçon dans ce livre d’ailleurs.

-C’est-peut être ça justement? Montrer qu’une histoire peut se dérouler sans qu’il y ait UN héros…

-Ah? Bof, on le savait déjà, non?

-Je ne sais pas, toi qui lit énormément, tu en as lu beaucoup de livres où il n’y a pas un héros masculin?

-Hé bien, il y a Fifi brin d’acier, et puis Milie Plume… Gurty, mais bon, c’est pas pareil, c’est une chienne… Là j’ai pas d’autre idées.

-Tu as une idée du nombre de romans que tu as lu, dans ta vie?

-T’es folle, j’en lis parfois un par jour, depuis mes 7 ans, donc, ça fait 3 ans, je vais pas m’amuser à les compter. Disons, à vue de nez, que j’en ai lu beaucoup.

-Et sur tous ces livres là il n’y en a que 3 qui te viennent à l’idée où il n’y a pas de personnage principal masculin? Cherche bien.

-Verte! Et aussi la suite, Pomme!

-Ah, tiens, encore une histoire de sorcière…

-Oui, bon, et alors? C’est tous des romans féministes, ceux là? C’est ça, dès qu’il n’y a pas de mec, c’est féministe?

-Hé dis donc, surveille ton langage, tu n’est pas dans la cour de récré ici ma chérie. Et non, ce ne sont pas tous des romans féministes… Quoi que… Peut être qu’ils le sont en réalité… Ce n’est pas facile de définir un roman comme féministe, tu as raison…Milie plume, il me semble qu’il est quand même plus ou moins clairement destiné aux filles. Je pense qu’un roman qui a pour personnage principal une fille et qui sort dans une collection qui n’est pas marquée « fille », à une portée féministe… (au moment même où je prononce ces mots, je suis sidérée de les penser. Aurions nous régressé à ce point?)

-Tu rigole?

-…

-Tu veux que c’est pas juste normal qu’il y ait des romans avec des garçons et d’autres esther-mandragore-1-insideavec des filles comme héros?

-Disons que, statistiquement, il y a beaucoup plus de garçons, alors cet éditeur a voulu inverser un peu la tendance, il faut dire qu’il y a une idée reçue selon laquelle les petites filles peuvent s’identifier à un héros mais pas les petits garçons à une héroïne.

-T’es sérieuse, là? Si le livre est chouette, ils s’en fichent les garçons que ça soit une héroïne, non? Il faut juste leur proposer de le lire, et puis c’est tout.

Bonne idée ma chérie, alors, si on en parlait sur internet de ce livre, ça donnerait peut être envie à des garçons de le lire?

-Et à des filles aussi.

-Et à des filles aussi!

-Alors allons y, moi je te dis ce qui donne envie à des enfants (comme moi, garçons ou filles, tu vois ce que je veux dire) et toi tu le mets sur internet. Tu vas leur dire que c’est l’histoire d’une petite sorcière, une débutante de première année, qui est très curieuse. Tellement curieuse qu’elle a gagné un prix de curiosité  et que, grâce à lui, elle obtient le droit d’aller dans le monde des humains quand elle veut, avec son chat, Mandragore. Lui, il a un sale caractère mais on l’aime bien quand même. Après pour donner envie, il faut pas trop raconter, mais il faut dire que, même si elle est en première année elle semble très douée pour les potions parce qu’elle en réussit des très difficiles. Qu’elle a pas le droit de faire de la magie chez les humais mais qu’elle le fait quand même (et elle ne se fait pas prendre). Qu’elle peut faire apparaître des billets de banque dans sa poche (mais qu’elle n’en abuse pas). Et qu’elle est un peu… Fripouille? Pas très sage quoi… Impertinente, c’est ça, je la trouve impertinente, et ça, c’est chouette, parce que nous, les enfants, on a tous envie d’être un peu impertinents. Mais sans se faire gronder (elle se fait pas gronder, d’ailleurs, les adultes la laissent faire sa vie tranquille, c’est bien aussi ça)

-Ok, autre chose?

-Non, c’est tout, avec ça les gens, ils doivent pouvoir donner envie à leurs enfants esther-et-mandragore-d-amour-et-de-magie(garçons ou filles au cas où t’aurais pas compris) de le lire.

-Ok, j’ajoute juste que c’est un roman illustré, que c’est un style d’écriture fluide et accessible, que c’est préconisé pour les 8/12 ans mais qu’à mon avis, en lecture à voix haute on peut le proposer à des enfants plus jeunes.

-Moui, si tu veux. Ah, et dis qu’il y a des chats aussi, plein de chats, qui volent sans le vouloir et que c’est marrant à imaginer.

Donc voilà, si vous cherchez un livre à offrir à vos fils/filles/cousins/amis/voisins, du CP au CM2, n’hésitez pas, Esther et Mandragore vous tend les bras. D’ailleurs, le tome deux, Esther et Mandragore, d’amour et de magie, est sorti la semaine dernière, vous pouvez donc le trouver dans votre librairie préférée.

Nos coups de coeur de septembre

En plein air grâce au temps clément de cette fin d’été ou sous la couette pour les plus frileuses d’entre nous, nous avons encore beaucoup lu sous l’arbre ce mois-ci. Comme chaque premier lundi du mois, voici nos coups de cœur de septembre.

mamie-coton Chlop s’est prise de tendresse pour Mamie Coton. L’histoire toute en douceur d’une vieille dame qui cherche en vain le sommeil. Elle compte inlassablement les moutons mais ses pensées la rattrapent, il y a toujours une bonne raison de sortir du lit. Mais n’attendrait-elle pas quelque chose?

Retrouvez son avis.

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Céline – Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait LIVREsse a été touchée par Le petit arbre Plume bien loin de chez lui de Pascale GRACIET aux éditions Le Ver à Soie.  L’histoire d’un petit arbre déraciné, au sens propre comme au sens figuré. Une histoire de résilience qui fait chaud au cœur.

Retrouvez son avis par ici..

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tu-ne-sais-rien

La collectionneuse de papillons s’est enivrée de l’histoire de Nicolas, des moindres secrets cachés par sa famille et de la quête qu’il doit entreprendre pour enfin choisir une direction à donner à son existence. Tu ne sais rien de l’amour de Mikaël Ollivier, un roman qui prendra votre cœur pour cible…

Son petit article par ici !

Ce roman, c’est aussi le coup de cœur de Solectrice. Un roman qui nous dévoile les bonheurs et les heurts d’un jeune homme amoureux et tourmenté. Un roman qui nous questionne aussi sur l’amour.

Son avis est à lire par ici

.berkAlice s’est laissée surprendre par la drôle d’histoire qui est arrivée à doudou à l’heure du bain. Un aventure humide, pleine de drôlerie et d’ingéniosité !

Retrouvez son avis ici

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Pépita s’est laissée envoûter par la plume de Xavier-Laurent Petit avec son roman « Le fils de l’Ursari » : un roman sensible et réaliste sur le fabuleux destin de Ciprian, fils d’un montreur d’ours. Une foule de sujets de société sont abordés en filigrane. Et ça donne envie de se mettre à jouer aux échecs…

Retrouvez son avis ici.

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Peut-être parce qu’elle a passé plusieurs soirées à décoller, poncer, peindre encore et encore avant de tout nettoyer dans ses toilettes, c’est Léon l’étron de Killoffer chez Thierry Magnier que Sophie a préféré ce mois-ci. Il faut dire que malgré la couverture larmoyante, l’humour noir de cet album a de quoi faire rire !

Retrouvez son avis ici.

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Voilà quelques lectures qui vous permettront de tenir jusqu’à nos coups de coeur du mois prochain !

Qu’est ce qui fait que ce livre est bon ?

C’est une bonne question, n’est ce pas? A la quelle nous n’avons pas la prétention d’apporter une réponse, mais que nous avons toujours plus ou moins en tête au moment de rédiger nos billets de blog. A l’ombre du grand arbre, on aime bien échanger sur le sujet, confronter nos points de vue. Et nous avons pensé que vous aimeriez profiter de notre réflexion, ce qui va donner lieu à une série de billets cet été.

Aujourd’hui, c’est moi qui ouvre le bal.
J’ai longuement hésité entre deux critères qui, à mes yeux, sont à l’origine de tous les autres. Le premier, c’est qu’un livre doit susciter des émotions. Il n’y a rien de pire pour moi qu’un livre qui laisse indifférent.

Mais ce que j’ai finalement choisi de développer c’est le second. Un livre qui peut mettre en mouvement l’intelligence de l’enfant. Un livre qui fait penser. Qui, de ce fait, place le lecteur en position de sujet.

Bien entendu, écouter une histoire est toujours bon pour le développement psychologique des enfants. Mais il y a  certains albums qui favorisent particulièrement la réflexion. C’est généralement ce que je recherche dans les livres.

Ce qui se raconte, entre le texte et l’image

Le texte raconte quelque chose au lecteur. L’image aussi. L’histoire, naît entre les deux, dans leur rencontre.

Bien sûr, parfois, il y a redondance entre l’un et l’autre. Le texte nous raconte par exemple que petit ours met ses bottes et l’image confirme. Ainsi, l’auteur s’assure que l’enfant à bien compris. Des fois que ce pauvre enfant ait du mal avec des concepts aussi compliquées que « petit ours » ou « bottes », sait-on jamais. Mais il peut arriver que l’image complète et enrichisse ce que dit le texte. Par exemple, on peut voir à coté de petit ours sa petite soeur occupée à dessiner sur le mur. Le petit lecteur reçoit deux messages en même temps, il s’arrête sur l’un, l’autre ou les deux, il a déjà la possibilité de faire un choix.

Quand les auteurs font confiance aux lecteurs, ils laissent parfois l’image prendre en charge une partie du récit. Il est alors nécessaire de voir le livre pour comprendre ce qu’il se passe. C’est le cas par exemple dans cette illustration de l’album Mizu et Yoko de Laurie Cohen et Marjorie Béal, édité par la toute nouvelle maison Eliza

Muzu et yoko intérieurOn trouve de très nombreux albums qui vont ainsi montrer plus de choses qu’ils n’en disent: c’est en lisant l’image que l’enfant comprend ce qu’il se passe. Ca tombe bien, les enfants sont des lecteurs de l’image étonnamment performant (il faut dire que pendant que nos yeux se posent essentiellement sur le texte, eux ont le temps de balayer toute la page et parfois de s’attarder sur un détail qui nous a échappé)

Dans La vie domestique, Jean Bossard (Pastel) n’insiste pas sur la maladresse commise par Lütti, le petit garçon, il se contente de le montrer et les enfants ne s’y trompent pas.

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Et puis il y a le cas où l’image et le texte se contredisent totalement. Du grand n’importe quoi en somme. Mon exemple préféré c’est la série « Mon chat le plus bête du monde ». Parce que, avouez le, quand le texte nous parle d’un chat et que l’image nous montre ça:

on est bien obligé de se poser des questions. Je préfère largement les albums qui vont inciter l’enfant à se poser des questions à ceux qui lui donnent des réponses toutes faites.

J’ai lu cet album à de nombreux enfants, chacun à sa propre façon de réagir. Généralement, ils tendent à croire ce qu’ils voient, donc il ne fait pas de doute pour eux qu’il y a un truc qui cloche. Il y a ceux qui me corrigent poliment (« heu, tu t’es trompée, t’as dit chat… »), ceux qui pensent que je débloque mais qui n’osent pas me reprendre, ceux qui ont déjà passé ce cap et que ça fait franchement rire, ceux qui trouvent que non, vraiment, ce n’est pas sérieux, et qui ferment le livre. Dans cette multiplicité de réaction, chaque personnalité s’exprime.

L’élipse

Il y a ce qui est dit par le texte, par l’image, par leur rencontre, mais il y a aussi ce qui n’est tout bonnement pas dit dans le livre. Ce qui se joue pour les personnages juste au moment où on tourne la page. Le petit bout manquant qu’on va devoir deviner pour comprendre la suite.

L’album « moi grand, toi petit » ressemble au premier abord à un livre sur les contraires. Mais dans la succession de certaines pages, une petite histoire se tisse. Si chacune des doubles pages suivantes est déjà une petite scène de la vie quotidienne, c’est en les lisant à la suite l’une de l’autre que l’enfant comprend la succession des évènements. Il se raconte ce que personne ne lui a raconté. Il analyse le texte, les images, les met en relations, en tire une conclusion. Il pense

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Une fin ouverte

Un des meilleurs moyens de laisser l’enfant libre de son interprétation, c’est de laisser une fin ouverte, sans imposer la chute. Parfois d’ailleurs les enfants changent d’avis au fil des lectures (ou de leur humeur). Ainsi, certains jeunes lecteurs n’ont aucun doute sur l’attitude que va voir George le chien une fois que l’album est refermé. lls affirment que la poubelle sera épargnée ou au contraire qu’il ne va pas tarder à fouiller dedans. D’autres préfèrent laisser planer un doute: « on sait pas ». Je ne leur donne jamais mon point de vue mais à vous je peux le dire: je suis convaincue que le cabot ne résistera pas à la tentation.

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Ce ne sont là que quelques éléments de réponses à la grande question de la qualité des livres, vous en trouverez d’autres tous les lundis de l’été, qui exploreront les albums mais aussi les romans. Rendez vous donc lundi prochain, ,avec Pépita qui nous parlera des livres qu’on a envie de relire.