« J’aime appuyer ma main sur le tronc d’un arbre devant lequel je passe, non pour m’assurer de l’existence de l’arbre – dont je ne doute pas – mais de la mienne ». (Christian Bobin).
On a tous un arbre préféré : soit il évoque un souvenir d’enfance, soit il rappelle une émotion, soit c’est une rencontre faite au détour d’un chemin, ou au cours de vacances, soit l’un d’entre eux est devenu un confident au fil du temps…
Les arbres sont comme des socles dans la vie de chacun. La sélection de livres jeunesse présentée hier autour de cette thématique montre combien les arbres nous inspirent.
A l’occasion du premier anniversaire du blog, l’envie est venue de révéler cette petite part d’intime car on a tous au fond de soi un arbre qui nous appartient…
Voici un petit tour d’horizon de « nos » arbres :
Pour Céline –
Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait LIVREsse : Mon arbre préféré est « Monsieur le Chêne » comme l’ont appelé mes filles (Eh ! oui ! Il y a du Chantal Goya là-dessous !), un arbre centenaire qui trônait majestueux au cœur du jardin de mes grands-parents. Il a été le témoin privilégié de mes jeux, de mes premiers chagrins d’amour, de mes lectures d’adolescente, de mes rêves, de l’élargissement de la famille aussi… Les circonstances de la vie ont fait que cet arbre ne nous « appartient » plus désormais mais sa FORCE EST TOUJOURS AVEC NOUS !
Pour Pépita–Méli-Mélo de livres : Mon arbre vraiment préféré, c’est l’olivier : sa silhouette robuste et noueuse évoque la chaleur et le chant des cigales. Symbole de paix, c’est un arbre dont les feuilles scintillent. C’est un arbre généreux : olives et huile, bénéfiques pour la santé. Et un arbre économe : sol aride et très peu d’eau. Il évoque aussi pour moi de belles vacances au soleil reposantes. J’espère pouvoir en planter un bientôt.
Pour Alice
–A lire aux pays des merveilles : C’est en posant mes valises sur l’Ile de la Réunion, que j’ai découvert « L’arbre du voyageur ». De part sa taille et sa forme, il se repère de loin. Imaginez un palmier aplati, d’un aspect très décoratif dont le tronc imposant est surmonté d’un éventail ouvert qui s’étire vers le ciel. Une sorte de flabellum géant, dont le vent bruisse dans la couronne de verdure au chant des alizées qui balayent l’île. Telle une huppe, sa tête émerge derrière une case créole et le soleil luit sur ses palmes symétriques parfaitement imbriquées les unes dans les autres. C’est un trésor inestimable pour tout voyageur des régions tropicales qui trouvera entre ses feuilles l’eau prisonnière de réservoirs naturels.
Arbre du globe trotteur, il m’accompagne souvent dans mon âme pleine de rêve, et je parcours avec lui des kilomètres de monde intemporel.
Pour Sophie-La littérature jeunesse de Judith et Sophie : Le saule pleureur porte ce nom pour ces longues branches qui retombent vers le sol. Malgré ce nom, pour moi cet arbre ne représente pas la tristesse mais le bonheur des souvenirs de mon enfance. Je me souviens de celui qui était chez mes parents et sous lequel j’appréciais de m’installer pour lire. Les chaudes journées d’été, son ombre imposante était un oasis de bien-être. Je me souviens lui avoir volé quelques feuilles pour les donner à grignoter à mon cochon d’Inde.J’aime la splendeur de cet arbre aux allures si douces en même temps. C’est un arbre que je regarde toujours avec nostalgie en attendant d’avoir un chez moi où en planter un.
Pour Carole-3étoiles : Quand je songe à mon arbre
préféré, je pars forcément au soleil, en vacances, dans mes souvenirs de très beaux moments avec des gens que j’aime. Il s’agit du palmier ! Symbole de chaleur, de plage, de vent qui souffle dans ses palmes. Il en existe plus de 2600 espèces aux noms plus exotiques les uns que les autres. Comme lui je supporte mal les hivers rigoureux, et je m’épanouis dans un climat chaud et sec ! Le palmier dattier me rappelle mes voyages en Afrique et au Maghreb, et le palmier méditerranéen mes séjours dans ce Sud que j’aime tant. Ceux-ci viennent de Martinique, il y a 2 ans, sur la plage de sable noir de Anse Couleuvre. Magique !
Pour Za
–Le cabas de Za : Mon arbre favori est vert toute l’année, c’est un arbre d’intérieur auquel je suis très attachée. Il se plait l’hiver, lorsque les températures baissent et que les jours raccourcissent car il est le seul arbre du monde dont les fruits s’illuminent à la nuit tombée. On lui a d’ailleurs donné le nom du jour précis où il produit ses plus beaux fruits. C’est l’arbre de Noël.

Pour Kik – Les Lectures de Kik : Pour moi, cet arbre, c’est en premier un nom étrange. Un mot qui chante dans la bouche de mon père, lorsqu’il annonce fièrement, qu’un arbre de cet espèce trône désormais dans notre jardin. Je lui ai fait répété plusieurs fois. Pour moi, cet arbre, c’est aussi une photo que mon frère a ramené de Chine. Une feuille posée sur le goudron. Un morceau de vert qui semble se gondoler au soleil.
Pour moi, l’Arbre, celui que l’on observe patiemment prendre son ampleur pendant des années, c’est le Ginkgo Biloba.
Pour Bouma-Un petit bout de (bib)liothèque : Il est des graines qui germent quelque soit le sol et j’ai toujours été émerveillée de voir les trottoirs de béton craquelés, soulevés par les racines de ces arbres, moi qui ait été élevée dans la banlieue parisienne. Plus que les feuilles, c’est le tronc, solide, insubmersible et pérenne qui me vient à l’esprit quand je dois représenter un arbre. D’ailleurs, comme vous le montre ma réalisation, je ne représente que lui. Ici, il est le point de départ à toutes les histoires : l’imagination…
Pour Dorot-Les livres de Dorot : Le bouleau est un arbre que j’affectionne particulièrement…Pourquoi? Je ne sais pas trop. Il est beau, gracieux, semble délicat et fragile, et pourtant…
Mon affection pour cet arbre vient peut être de ma lecture préféré, oh, il y a longtemps, quand j’étais une ado. Anne, de la saga « Anne, la maison aux pignons verts », romantique, rêveuse, les aimait beaucoup . Je me suis mise à mon tour d’imaginer des personnages féeriques, emprisonnés sous cette forme éthérée.
Depuis, je les regarde comme les amis, pleins de beauté et des mystères…
Pour Drawoua-Maman Baobab : Il n’y a pas photo. Et pourtant j’en fais beaucoup. Mais je n’ai pas de photo de cet arbre-là. Mais d’un tronc un peu abîmé et robuste malgré tout, d’une petite main qui se pose délicatement pour l’apaiser. Oui. La voici. C’est mon image à moi du baobab. Le baobab, c’est aussi le nom que j’ai choisi pour mon blog, alors inévitablement s’il me faut vous parler d’un arbre c’est celui-ci. Un arbre qui est plus relié pour moi à un tronc fort et puissant, solide et indétrônable, indéracinable, devrais-je dire. Plus qu’à l’univers tropical qu’il peut connoter. Un tronc indéfinissable. Et des branches, multiples, multiformes, tortueuses, accidentées parfois, mais toujours là, vives, denses, offrant des fruits. Et ces animaux qui y vivent, qui y jouent, qui y mangent. Le baobab c’est l’arbre de la vie. Tortueuse, accidentée parfois, multiforme, solide, enracinée, comme doit l’être la maman que je suis devenue, celle dont les enfants n’ont plus de papa, le baobab c’est la vie, c’est mon avis.
Pour Nathan-Le cahier de lecture de Nathan : J’adhère à l’été de l’olivier, au voyage choisi par Céline, au paradis d’un palmier, à la beauté de la photo offerte par Kik, l’imagination louée par Bouma, la fragilité du bouleau et la force du baobab… j’adhère à la beauté du saule pleureur, à la nostalgie de l’arbre de Noël … au chêne car c’est là que vit Tobie.
Mais je décide de ne pas choisir un arbre en particulier. Mais l’Arbre.
L’Arbre: force, beauté, fragilité, vulnérabilité, victime. L’Arbre déchiré par l’Homme. L’Arbre qui existe depuis la nuit des temps et fournit émerveillement, inspiration, vie.
L’Arbre. Notre Arbre. Sous lequel nous aimons lire et parler, bouquiner et discuter, nous réunir, prendre du bon temps. Sous lequel nous sommes, sous lequel vous nous lisez.
L’Arbre, cet arbre, que j’ai pris en photo dans un parc en Irlande. Cet arbre qui m’a émerveillé.
Cet arbre grand, noueux, superbe.
Et c’est là que j’ai lu un peu, allongé sur un banc : A l’ombre du grand arbre.

Photo par Nathan
Et vous, quel est votre arbre préféré ?
L’anniversaire continue !
Demain, jour anniversaire du blog, rendez-vous vous est donné pour gagner de magnifiques livres sur le thème…de l’arbre…
A vous de jouer !


Puisqu’on me propose de chroniquer un livre sur le thème de l’arbre, il était évident pour moi de parler de Mon arbre d’Ilya Green, un album sur la naissance. Après tout je suis un peu le père d’A l’ombre du grand arbre, cet enfant qui grandit maintenant sans moi. Mon arbre c’est un album extrêmement délicat et tellement poétique, les mots et les illustrations d’Ilya Green nous touchent forcément. L’enfant a poussé sur cet arbre grâce à un peu de pluie et de vent… il est sorti d’un bourgeon. L’arbre est solide, puissant, il nous protège. On peut aussi jouer avec lui, s’y cacher, y découvrir des trésors. Quel bonheur d’être dans l’arbre. Un album délicat qui parle de tellement de choses… Chacun verra dans les images poétiques des choses différentes, un album qui nous fait rêver, imaginer. Un album avec plein de portes ouvertes, un petit bijou.
Pour moi mon coup de cœur arboricole est sans conteste le magnifique album de Rémi Courgeon, Le géant petit cadeau, aux éditions du Père Castor.
Une histoire d’amitié entre une petite fille de 8 ans au prénom unique au monde et un saule pleureur qui ne sait pas pleurer mais sourire… Cette rencontre improbable à la faveur d’un déménagement à la campagne prend des allures de sauvetage d’un arbre voué à l’abattage pour le progrès. De la solidarité, de l’amour et de l’amitié, de la bonne humeur, tels sont les ingrédients de cette histoire d’arbre poétique. Vous risquez de verser une petite larme… et de ne plus voir les saules pleureurs de la même manière. Une histoire originale et sensible.


J’ai redécouvert il y a peu cet album que j’ai lu avec une classe de CP. Une feuille nous raconte sa vie de sa naissance en bourgeon au printemps à son envol à l’automne suivi d’un beau voyage. C’est une belle histoire, douce et mélancolique mais jamais triste. Les illustrations graphiques sont magnifiques et simples en même temps. C’est un livre frais, sobre et original.
Le personnage plante ses petits secrets dans son jardin où poussent des fleurs de secrets. Seulement cette année, pas de fleurs de secrets! Mais le personnage y tient, à ses fleurs. Il décide donc de partir à leur recherche… Barnabé, dans son châtaignier, saura lui dire où elles sont passées.
Deux petits vieux et un arbre qui pousse dans leur maison. De plus en plus grand, il les emmène jusqu’au ciel.





