Regards sur la ville …

Une petite flânerie en ville. Une balade en prenant le temps d’observer ce qui nous entoure. Ouvrir les yeux. Profiter. Lever la tête et découvrir l’architecture, les détails qui d’habitude nous échappent.

Profiter du décor et saisir l’ambiance.

Se repérer et se laisser rêver…

Voici une sélection d’ouvrages,  quand la ville s’invite dans les livres jeunesse.

Suivez les guides !

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 Δ Tour de ville, premières impressions Δ

Popville d’Anouck Bois Robert et Louis Rigaud, Hélium 2009

La ville en toutes lettres de Michel Gunther. Thierry Magnier, 2013

Deux albums. Une balade en ville, des regards différents, de l’observation des lettres au pop-up. La ville, comme un être vivant.

Les avis complets de Kik  de Sophie, et d’Alice

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Promenons-nous dans la ville avec Laurie Cohen et Marjorie Béal qui signent Et toute la ville s’éveille, un album d’exception chez Balivernes Editions.

Promenons-nous dans la ville, un petit bout de ville mis en texte et en images dans la même chronique, celle de Drawoua de Maman Baobab

 

Rapido dans la ville de Joëlle Jolivet. Helium, 2011

Au cœur de la circulation, on se faufile avec le petit camion Rapido pour l’aider à livrer tout son chargement. Comme c’est amusant !

L’avis complet d’Alice

Rhino des villes de Gaëtan Dorémus. Autrement, 2010

Vous avez déjà vu un rhinocéros dans une ville ? Gaëtan Dorémus a photographié la fuite de l’un d’eux en ville. Au lecteur de le retrouver sur chaque image.

L’avis complet de Sophie

 Δ Tour de ville, découverte de l’architecture Δ

Iggy Peck, l’architecte d’ Andrea Beaty et David Roberts. Sarbacane, 2013

Quand je serai grand, je serai …..architecte ! De l’ambition et de la ténacité pour Iggy Peck qui construit de célèbres monuments, en un rien de temps !

L’avis complet d’Alice

 

Δ Tour de ville, villes de l’imaginaire Δ

Le voyage extraordinaire de Petit Pierre de Jo Hostlandt et Charles Dutertre, Nathan, 2013

Quand la ville prend un autre visage avec l’imagination débordante d’un enfant sur le chemin de l’école !

L’avis complet de Pepita

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Les sentinelles du futur de Carina Rozenfeld, Syros, 2013.

Paris-New York, des villes en ruine, la Terre est à l’agonie…mais à New-York, au sein de L’Académie, l’espoir renaît…Un roman de science-fiction qui pourrait bien rejoindre la réalité…

L’avis complet de Pepita

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 Seuls de Bruno Gazzotti et Fabien Vehlmann. Dupuis, 2006

Imaginez-vous…  Vous vous réveillez un matin et la ville dans laquelle vous vivez est vidée de TOUS ses habitants !  Plutôt flippant, non ?  C’est la mésaventure que subissent cinq enfants. Rêve ?  Caméra cachée ?  Guerre ?  Enlèvement ? Toutes les hypothèses sont soulevées mais aucune n’est satisfaisante !  Dans ce décor démesuré, ils sont un peu comme Gulliver au pays des géants, sans les géants, quoique…    Vont-ils pouvoir affronter, SEULS, les dangers qui les guettent ?
Tel est le point de départ de cette série B.D. fantastique signée Gazzotti et Vehlmann et éditée chez Dupuis.  Le 8e tome, Les Arènes, vient de sortir il y a quelques jours à peine.  Une série qui allie graphisme impeccable et scénario en béton.  De quoi devenir accro !

L’avis complet de Céline

La petite fille en rouge de Roberto Innocenti et Aaron Frisch.Gallimard, 2013

Quand la ville devient un décor hostile et mystérieux… plus sombre qu’une forêt et peuplé de créatures par milliers. Dans La petite fille en rouge, la ville prend une dimension inquiétante, et joue véritablement un rôle dans important dans l’histoire, créant une atmosphère oppressante et devenant le théâtre d’un conte cruel.                                             L’avis complet de Céline

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Δ Grandes villes Δ

En route vers la tour Eiffel d’Iris de Moüy. Hélium, 2012

Une balade rigolote dans le Paris d’aujourd’hui, dans un graphisme sobre et gai qui enchantera les petits… et les grands aussi !

L’avis complet de Céline

Bons baisers (ratés) de Paris de Davide Scali et Anne Rouquette. Gulf Stream, 2012

Une romantique virée parisienne comme un prétexte pour découvrir Notre-Dame, la Concorde, les Champs-Elysées, … Délicieusement rétro.

L’avis complet d’Alice

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Quand les animaux, du Zoo du Jardin des Plantes de Paris, fascinent et se retrouvent dans les livres pour enfants
Une balade de Kik

 

 

louiseLouise de New York de Jean Poderos, illustré par Gaïa Guarino, éditions Courtes et Longues, 2013

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Les Oiseaux Blancs de Manhattan de Xavier Armange. Editions Rêves Bleus d’Orbestier, 2013

Un jour, une nuit à New York …

L’avis complet de Carole

et ceux de Kik et d’Alice

 

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How Little Lori Visited Times Square, d’ Amos Vaugel et Maurice Sendak. Harper Collins, 1963

This is New York de M. Sasek. Universe, 1960. Editions française : New York,  Casterman 2009

Deux balades dans le New York des années 60 en deux albums délicieusement rétros.

L’avis complet de Céline

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New-York en pyjamarama de Michaël Leblond et Frédérique Bertrand. Le Rouergue, 2011

New-York comme si vous y étiez grâce à une vieille technique et c’est magique !

Les avis complets de Pépita et de Kik

Les Enquêtes de Mirette, MicMac à New York de Fanny Joly et Laurent Audouin. Sarbacane, 2011

Partez découvrir les différents quartiers et bâtiments emblématiques de la grande pomme américaine grâce à Mirette et son chassistant Jean-Pat.
Un album policier ludique, facile à lire et surtout très coloré à lire dès 8 ans.                          L’avis complet de Bouma

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Herman et Rosie pour la vie de Gus Godon, Gallimard jeunesse, 2013

Quand la musique relient les êtres dans l’anonymat de la grande ville de New York…

L’avis complet de Pepita

 

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Dépaysant, ce tour de ville !

Ca donne envie d’aller voir ailleurs ! Allez-y, laissez vous tenter …

 

Lecture commune autour de deux titres d’Eva Kavian, une auteure belge qui n’a pas sa langue dans sa poche…

 

3, 2 , 1…  pour cette lecture commune inédite.
3 lectrices qui confrontent leurs points de vue : Pépita – Méli-Mélo de livres, Céline alias Alice – A lire aux pays des merveilles et Céline – Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait LIVREsse.
2 titres, 2 récits de vie, avec 2 narrateurs qui se connaissent, un garçon, une fille, une famille (décomposée, recomposée, …), des amis, des amours, des emmerdes…
1 auteure belge coutumière des thèmes qui touchent de près les ados d’aujourd’hui…

Si le premier titre, Premier chagrin, a moins fait débat, ce fut moins le cas du second, La conséquence de mes actes…  Jugez plutôt.

Céline : Peut-on affirmer que Premier chagrin et La conséquence de mes actes abordent des thématiques plutôt inédites en littérature jeunesse ?

Pépita : Je répondrais par l’affirmative pour Premier chagrin : plutôt rare en jeunesse d’aborder la fin de vie, à ma connaissance. Pour le second, la thématique est moins originale. C’est la façon dont elle est abordée qui l’est davantage.

Alice : J’ai beau réfléchir mais je me dis qu’en effet, je n’ai pas lu d’autres livres concernant l’accompagnement de fin de vie . Quand à La conséquence de mes actes, je suis d’accord avec Pépita, ce n’est pas tant le contenu (quoique certains événements m’ont laissée sans voix) que la mise en perspective qui est inhabituelle et déconcerte.

Céline : Vous avez bien circonscrit le thème délicat abordé par Premier chagrin. Vous restez plus vagues en ce qui concerne celui du tome suivant… Quelques précisions sur le thème peut-être ainsi que ces événements qui laissent sans voix? Et puis, en quoi l’approche de l’auteure est-elle originale selon vous ? 

Pépita : Dans La conséquence de mes actes, on fait la connaissance d’un jeune garçon dont les parents se séparent et c’est une source de souffrance immense pour lui. Sa mère révèle sa véritable orientation sexuelle, et son père, après un lourd moment d’abattement, convole avec une jeune femme qui n’est autre que son orthodontiste ! Et pour couronner le tout, on l’isole, lui : il doit passer ses vacances chez les parents de la petite amie de son père, avec la tribu de leurs petits-enfants, sans les connaitre, dans un trou perdu sans internet. Lui qui est accro à Twitter ! En plus, suite à son année scolaire catastrophique (étonnant, non ?), sa prof de français et son père se sont mis d’accord pour qu’il rédige un long devoir sur… la conséquence de ses actes. Ça fait quasiment quatre punitions ! Quatre raisons d’en vouloir à la terre entière pour un ado en pleine poussée d’hormones et finalement normalement constitué ! Je ne dévoilerai pas plus sur la fin sinon c’est tout dire…  Juste que ce roman s’apparente à des poupées russes. Et que les rôles sont bien inversés. C’est ça pour toi les événements qui t’ont laissée sans voix Alice ?

Alice : Un événement qui m’a laissée perplexe, c’est la mort du chien Léon. Je n’en ai pas compris l’utilité, et en plus j’ai trouvé ça violent. Comment l’avez vous compris, vous ?
Pour moi le thème de ce livre, c’est que la vie est ce que l’on en fait. On peut passer son temps à subir les événements et se lamenter sur son sort, jusqu’au jour où on rebondit, on s’ouvre aux autres, on communique, on accepte le destin et le cours des choses en est changé.

Céline : Comme toi Alice, je pense que ce titre parle effectivement de la nécessité de renouer le dialogue avec les autres. L’ado de La conséquence de mes actes s’est enfermé dans sa bulle et observe la réalité qui l’entoure à travers elle. Celle-ci lui apparaît déformée, dramatisée… C’est le cas de cet épisode avec le chien qu’il nous décrit à la manière d’un film d’horreur. Ce n’est qu’en nouant le dialogue avec la grand-mère chez qui il séjourne qu’il va pouvoir lever le voile sur ces apparences trompeuses. De mon côté, je trouve que cet épisode révèle bien cette propension qu’on les ados à amplifier, parfois à l’extrême, tout ce qui leur arrive… De manière plus générale, l’auteure s’amuse quelque peu à perdre le lecteur ! Cette façon de faire vous a-t-elle plu ? déplu ?

Alice : Autant j’ai avalé Premier chagrin, autant j’ai ramé sur La conséquences de mes actes. En effet, l’auteur joue à nous perdre, mais autant dans Premier chagrin, elle ne nous perd pas longtemps et on sait vite où on va. Du coup on se laisse entraîner dans le flot de la vie et des émotions. Autant dans La conséquence de mes actes, j’ai eu du mal à cerner l’imbrication des problématiques et j’ai parfois été perdue. Moins d’évidences.

Pépita : Les deux romans parlent de la nécessité de renouer le dialogue avec les autres… N’est-ce pas le cas de Mouche à l’aube de la mort qui essaie de retendre les fils avec ses petits-enfants et enfants ? N’avez-vous pas été mal à l’aise au début ? J’ai presque eu le sentiment qu’elle « utilisait » Sophie quand même…  mais non, finalement, son objectif apparaît plus louable que cela : la réconciliation. Et c’est aussi la thématique de La conséquence de mes actes. Traitée d’une manière différente. Pour moi, cet ado est certes égocentrique mais sacrément déboussolé. La fin m’a sur le coup un peu déstabilisée : je me suis demandée ce que j’étais en train de lire ! J’ai beaucoup aimé le style d’écriture des deux romans : beaucoup plus en retenue pour le premier et brut de décoffrage pour le second.

Céline : Tu as raison de le signaler Pépita ! La nécessité de recréer des liens est sans conteste la clé de voûte des deux livres. Comme toi, j’ai été surprise par le faux-semblant à l’origine de la rencontre entre Mouche et Sophie dans Premier chagrin, comme je l’ai été également par cette mise en abyme dans l’écriture de La conséquence de mes actes… Mais, au final, tous les personnages sont gagnants et tous évoluent dans le bon sens. Cette vision optimiste m’a beaucoup plu. Comme le franc-parler des deux héros. Tous deux présentent les choses de la vie et de la mort sans fioriture inutile ni pudeur exagérée. Le tout saupoudré d’humour et d’un zeste bienvenu de spontanéité, d’insolence voire de provocation… Je pense par exemple à la liste de Sophie concernant les formules funéraires… Un style « djeune » qui fait du bien et contrebalance des sujets difficiles !!!!
Tu partages cet avis Alice ?

Alice : Comme cela se sent déjà dans ce que j’ai pu dire, j’ai eu beaucoup de mal avec La conséquence de mes actes. 10 jours au compteur pour arriver au bout !
[Alors que j’ai pleuré comme une madeleine pour Premier chagrin et que je l’ai dévoré en une soirée.] Je n’y ai pas du tout senti l’humour que vous décrivez, j’ai pas accroché sur le héros dont je n’ai pas compris les attitudes, j’ai croulé sous la multiplication des personnages sans que chacun soit réellement exploité, j’ai pas compris pourquoi il y avait ces annotations en pied de page concernant Twitter : ce livre est censé être lu par des ados qui connaissent parfaitement le fonctionnement de Twitter…
Je ne dirais pas qu’il m’a déplu, le mot exact est plutôt : il m’a perdu. Je n’en ai compris le sens qu’à la deuxième lecture. Alors, oui, je suis d’accord avec vous et je l’ai déjà dit, tout cela parle de communication, d’acceptation et d’optimisme. Au lieu de subir, relevons nous les manches, car la vie est semée d’embûches qu’il faut savoir affronter pour mieux se construire et avancer.

Céline : Concernant Twitter, selon une étude récente, même si 89% de la population connait Twitter, il n’y a que 5% d’utilisateurs actifs.  D’où ces notes sont loin d’être superflues à mon sens. Pour le reste, c’est vrai, La conséquence de mes actes est déroutant et, je l’avoue, ma préférence va aussi à Premier chagrin. Ce qui n’est pas nécessairement le cas de mes élèves par exemple qui se disent plus proches de ce que vit le héros du premier titre… L’intérêt réside également dans le fait que, pour une fois, il s’agit d’un ado et non d’une adolescente qui raconte, comme c’est souvent le cas dans les récits de vie.

Pépita : C’est curieux, parce que, à ma lecture, je suis passée au-dessus de tout ça… internet, twitter, …  Autant j’ai eu la larme à l’œil et le cœur très serré pour le premier autant j’ai beaucoup ri (le passage avec les herbes comme PQ) au second et approuvé certaines phrases bien envoyées.

AliceAvez vous lu d’autres livres d’Eva Kavian ? 
Pour moi, sous un style d’écriture a priori accessible, elle aborde généralement des thèmes très durs et difficiles. Qu’en pensez-vous ?

Céline : J’ai également lu en son temps La Dernière licorne où elle évoque les sujets graves que sont l’euthanasie et l’univers psychiatrique. Le choix de ces thématiques « dures » est sans doute lié à sa formation initiale d’ergothérapeute, à son travail durant plusieurs années en hôpital psychiatrique et au fait aussi, qu’en Belgique, ces sujets sont moins sujets à polémique puisque, depuis quelques années déjà, réglés par la loi. A propos de ses thèmes, Eva Kavian s’explique elle-même :

« Si mes romans sont de pures fictions, ils sont cependant suscités par une émotion profonde, et, nourris, d’éléments vécus. Les thèmes : amour, désir, relation dans la fratrie et parents-enfants, familles monoparentales, deuils violents, solidarité, l’action comme outil face au désarroi. » (citation extraite du Répertoire des Auteurs et Illustrateurs de Livres pour l’Enfance et la Jeunesse en Wallonie et à Bruxelles).

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En complément de cette citation, nous avons voulu approfondir l’univers d’Eva Kavian en lui posant quelques questions, et c’est avec gentillesse qu’elle s’est prêtée au jeu.

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Les voix narratives que vous créez sonnent particulièrement justes.  Où puisez-vous cette connaissance pointue des ados ?
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J’ai trois filles adolescentes qui me parlent beaucoup, je suis baignée dans leur adolescence et je vis de près leurs drames, leur tourments, leurs rêves. Je pense que ceci explique cela. Mais aussi, pour écrire des romans, ils faut regarder le monde à travers les yeux de ses personnages. De roman en roman, j’apprends à le faire…
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– Pour Frank Andriat [interrogé cet été A l’ombre du grand arbre], malgré des thématiques différentes l’un et l’autre,  c’est l’humain qui guide vos plumes.  Etes-vous d’accord avec cette affirmation ?

J’explore l’humain et ses questions, en effet. En écrivant un roman, j’explore des questions, je cherche comment l’humain se débrouille avec la vie, au travers de personnages fictifs mis en situation problématique.
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– Dans vos titres, vous n’hésitez pas à aborder des sujets de société parfois brûlants d’actualité.  Peut-on parler de romans « engagés » ?

Je suis une personne engagée, et donc il est possible que mes romans le soient. Mais au départ, il n’y a pas une quête ou une cause. Ce sont les personnages, face à leurs drames, qui me guident, et probablement ma vision du monde, mon propre rapport au monde, qui nourrit l’ensemble et en donne la couleur, sans intention bien consciente au départ de « défendre une cause ». En général tout au moins.

Il est rare d’aborder la thématique du deuil en littérature de jeunesse comme dans votre roman « Premier Chagrin »: quelle est l’origine de cette histoire ?

L’origine de cette histoire est un souvenir personnel, que je prête à Mouche. Celui de la perte de ma grand-mère (mon premier chagrin), pour laquelle j’ai été livrée à moi-même, j’avais six ans. J’ai démarré l’histoire avec l’idée qu’aujourd’hui, on ne ferait plus cela à un enfant. Même si chacun reste seul, in fine, dans la souffrance. Cela dit, il n’y a aucun tabou pour moi, aucune censure, quand j’écris.  La littérature est un lieu privilégié pour se confronter à notre condition humaine, et ainsi avancer vers nous-mêmes. Il n’y a aucune raison de ne pas aborder le deuil, la perte, puisqu’ils font partie de notre vie. Selon moi, Premier chagrin est un livre sur la vie, plus que sur la mort. Mais la vie n’a de sens et de prix que parce que la mort existe.

Les héros de Premier chagrin et de La conséquence de mes actes sont liés.  Pourquoi Sophie est – elle si peu présentée dans La Conséquence de mes actes ? Serait-il possible qu’ils se retrouvent dans un même livre et vivent une aventure commune ?

Ouiiiii (voir le troisième tome de la trilogie, à paraître en mars !)
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Quand vous rencontrez des adolescents qui ont lu ces deux romans, que vous en disent- ils spontanément ?

Qu’ils ont aimé, qu’ils ont pleuré. Qu’ils ont pris goût à la lecture, pour certains. Ils disent que c’est une histoire triste (Premier chagrin), et quand je leur réponds que c’est un livre sur la vie, ils le regardent autrement… Les lecteurs sont tristes de la mort de Mouche. Je n’ai pas encore beaucoup d’échos de lecteurs de La conséquence de mes actes…Je pense qu’ils devraient trouver ce livre drôle, en fait.
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Quels sont vos projets littéraires ?
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En mars 2013, chez Mijade, « Tout va bien », dernier volet de la trilogie entamée avec Premier chagrin. Sophie et Gauthier sont amoureux, s’organisent pour faire un séjour linguistique ensemble. Rien ne se passe comme prévu. Gauthier se retrouve à Rome, Sophie accueille un américain. Ils s’écrivent et se sont promis de terminer leurs courriels par « tout va bien », pour ne pas inquiéter l’autre. Mais tout ne va pas si bien que cela, et ils en viennent à se demander si c’est bien ça, l’amour. Roman drôle et léger, qui aborde pourtant des sujets comme l’amour, le vrai, quand on est très jeune, mais aussi le rejet, le désir, les a-priori.
Toujours en mars: « On ne parle pas de ça », chez Oskar. Pour grands ados et jeunes adultes. C’est un livre dur, secouant. Quatre jeunes meurent, pour des raisons différentes, à des moments différents. Un concours de circonstances va réunir les quatre mères, qui font ce qu’elles peuvent, pour vivre cette peine innommable (d’ailleurs la langue française n’a pas de mot, pour nommer un parent qui a perdu son enfant). Si le sujet est grave et effroyable, il me semble nécessaire d’offrir un espace de parole sur la mort des jeunes, aujourd’hui. De ne pas en faire un tabou. Parce que quand cela arrive dans le réel, il n’y a pas de mot. Sujet grave, mais écriture rythmée, presque légère, parfois drôle. On n’est pas dans le pathos, mais dans la vie.
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De belles lectures en perspectives pour ce printemps, merci Eva Kavian !
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Retrouvez nos avis détaillés :

Troubles par Claudine Desmarteaux

Troubles de Claudine Desmarteaux
Albin Michel Jeunesse – Wiz, 2012

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Une Lecture Commune avec Céline – Qu’importe le flacon, pourvu qu’on est livresse, proposée par Bouma – Un Petit Bout de Bib

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Bouma : Aujourd’hui nous vous présentons une lecture commune autour de mon gros coup de cœur du mois de janvier, un roman ado, troublant, comme son titre l’indique. Un sujet inquiétant, une manière d’écrire qui m’a captée, pourtant le sujet de ce roman peut porter à polémique. Aujourd’hui nous parlons du genre de roman que vous n’oublierez pas.

Première question : Comment résumerais-tu ce roman ?

Céline : Sous la forme d’un synopsis, clin-d’œil au cinéma, troisième homme de ce récit :
Paris. Camille et Fred, deux ados, deux amis d’enfance. Tous deux sur le fil, tous deux victimes collatérales de drames familiaux. Chacun sa came. Le cinéma pour Camille. L’alcool, les joints et plus si affinités, pour Fred. Soirée après soirée, voyage au bout de la nuit. Lassitude. Dégoût. Drame.

Bouma : Tu as écrit un résumé qui ressemble vraiment beaucoup à ce roman. Les chapitres sont courts, voire très courts, amenant un rythme effréné, une tension à l’histoire. Cette tension, l’as-tu ressentie comme moi ? Cela a-t-il gêné ta lecture ?

Céline : Oui, cette tension est palpable dès les premiers mots et s’accentuent au fil des pages. On sent dès le départ qu’un drame est en préparation ! Une fois l’effet de surprise passé, ce rythme effréné et ce style saccadé m’ont plutôt donné envie de continuer ! L’écriture et la référence au cinéma contribuent d’ailleurs, pour ma part, au succès de ce titre. Et de ton côté, quels sont les aspects qui t’ont particulièrement plu ?

Bouma : Pour revenir à ce que tu disais, je n’ai pas senti le drame venir. Je me le suis pris en pleine tête, comme les protagonistes. Par contre, j’ai aimé que la trame ne s’arrête pas là, que l’auteur montre que le film comme la vie continue.  J’ai aussi aimé cette description très réaliste (à mon sens) de la réalité quotidienne des adolescents. C’est une période de doutes, de choix et d’affirmations. Ce n’est pas une époque facile et les adultes ont tendance à trop souvent l’oublier à mon sens. D’ailleurs, dans le texte, Camille doute de sa sexualité. Mais Camille est un prénom mixte. Est-ce un garçon amoureux de son meilleur pote ? Une fille attirée par d’autres filles ? Qu’en penses-tu ?

Céline : Je pencherais plus pour un « il »… Il me semble que cette identité collerait davantage avec le titre et les sentiments ambigus que Camille éprouve pour son ami d’enfance. Mais je n’en suis vraiment pas certaine. Quoi qu’il en soit, tu as raison, l’auteure nous laisse K.O. certes mais avec néanmoins une note d’espoir :

« Quand les plaies seront refermées, les blessures cicatrisées, viendra le temps des bourgeons et des promesses. »

Ce qui m’a surprise cependant c’est l’attitude attentiste des adultes ! Tout le long de ma lecture, j’ai eu envie de crier : « Mais bon dieu, quand allez-vous réagir ? ». Et toi, ce manque de réaction t’a-t-il également interpellée ?

Bouma : Je n’ai pas franchement été interpellée par cette absence, ou en tout cas cette « non intrusion » des adultes dans le récit. Claudine Desmarteaux déroule son histoire du point de vue de Camille, un(e) adolescent(e) (parce que moi je voyais plutôt une fille en Camille mais bon bref, passons) et nous montre donc SA VISION de l’histoire. Elle est auto-centrée, et ça ne m’a pas plus étonnée que ça que pour elle/lui les adultes n’aient aucun rôle à jouer dans son quotidien outre celui de réfrigérateur et de distributeur.
Un dernier mot pour la fin ?

Céline : Nos hésitations et interrogations sont symptomatiques je trouve. (L’auteure pourra peut-être en lever certaines ?) Cette lecture est de celles qui remuent, vous emmènent au-delà des conventions, des apparences, des jugements trop rapides… Claudine Desmarteaux apporte un certain éclairage sur une jeunesse désabusée et pourtant pleine d’espoir ! Un paradoxe qui interpelle et rend ce texte particulièrement fort ! Un de ceux qu’on n’oublie pas…

Bouma : Exactement. Un texte troublant dont je suis ressortie chamboulée par tant de beauté dans l’écriture de l’indescriptible.

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Et pour en savoir toujours plus, voici nos avis sur nos blogs : Qu’importe le flacon et Un Petit Bout de Bib.

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Cette lecture commune a soulevé nombre de questions comme vous avez pu le lire, et nous remercions chaleureusement Claudine Desmarteaux d’avoir pris le temps d’y répondre (ainsi que son éditeur Albin Michel Jeunesse pour la mise en relation).

1. Comment vous est venue l’idée de Troubles ? Vous êtes-vous inspirée de faits réels ou d’une situation dans votre entourage ?

CD : Après Teen Song, j’ai eu envie d’écrire encore sur l’adolescence, une période à hauts risques, faite d’exaltations, de découvertes, mais aussi d’une certaine errance, voire d’ennui, parce que la réalité est rarement à la hauteur des attentes immenses qu’on a quand on est ado. On zone, de fêtes en soirées. On se cherche, on cherche l’amour… C’est douloureux, de sortir de l’enfance, on éprouve un sentiment de vide, de perte, d’angoisse morbide, parfois.
Ce texte est une fiction qui s’est nourrie de mon imagination, de bribes de mon expérience personnelle, de celle de mes enfants (j’ai une fille de 19 ans à qui je fais lire tous mes textes en cours d’écriture), de films que j’ai vus et aimés… Il est parti aussi d’une envie de décrire des scènes de cinéma.

2. Ce roman parle en partie de harcèlement. Est-ce un thème qui vous touche particulièrement ?

CD : C’est un thème qui touche chacun d’entre nous. Depuis la première cour de récré jusque dans le monde de l’entreprise, on est confronté à des situations de harcèlement, plus ou moins graves, plus ou moins féroces, qu’on subit ou qu’on inflige (parfois avec une certaine lâcheté, ou de l’inconscience). Ça fait partie du jeu social. En bande, parfois la cruauté peut se déchaîner.

3. Dans cette histoire, les adultes sont plutôt inexistants voire démissionnaires. Est-ce un constat que vous tirez de la vie réelle ?

CD : Non, ce n’est pas un constat et je ne juge personne. Ni les ados, ni leurs parents. S’ils sont défaillants, c’est parce qu’ils ont du mal à faire face à leurs propres problèmes, mais aussi parce que les adolescents s’éloignent d’eux, ne leur confient plus rien. En grandissant, les enfants veulent s’affranchir, couper le cordon, et c’est bien normal. Les parents sont souvent les derniers informés. Ils idéalisent leurs enfants et font parfois preuve de naïveté, ou d’aveuglement.
Dans Troubles, pour se protéger d’une situation pourrissante (ses parents ne s’entendent plus mais sont forcés de cohabiter pour des raisons économiques), Camille prend ses distances. Les parents font ce qu’ils peuvent. Ils sont toujours trop absents, ou trop étouffants… Les parents parfaits, c’est comme la licorne, ça n’existe pas.

4. Aviez-vous l’intention d’écrire pour le public adolescent dès le départ de cette intrigue ?

CD : Pas forcément. Dans tous mes livres jeunesse, je m’adresse aussi aux adultes. Mais je suis heureuse d’avoir publié ce livre en roman ado, j’ai fait de très belles rencontres avec des lycéens sur Troubles.

5. Avez-vous visionné l’intégralité de la filmographie de Camille ? Comment avez-vous choisi ces films ?

CD : J’ai choisi des films que j’ai aimés et qui m’ont marquée. Ils ont tous un lien avec le désir, l’amour, les pulsions… Je les ai visionnés parfois plusieurs fois, pour choisir les scènes, les décrire… Tous ces « morceaux de cinéma » disent à quel point c’est complexe, tout ça, et à quel point cela échappe à notre contrôle. Camille est quelqu’un d’assez introverti, toujours en retrait, qui observe la vie un peu comme un film. Camille décrit avec précisions des plans, des scènes, mais ne dit rien sur ses propres désirs.

6. Pouvez-vous lever l’ambiguïté concernant le sexe de Camille ?

CD : Camille est un prénom mixte. C’est au lecteur de faire son choix. Cette ambiguïté participe au trouble.
Mais si vous tenez à savoir si pour moi, Camille est une fille ou un garçon, je répondrai : un garçon (qui refuse de s’avouer les sentiments amoureux qu’il éprouve pour son meilleur ami Fred).

7. et enfin… avez-vous un autre roman pour les adolescents en préparation ?

Un nouvel opus de la série du petit Gus, Le petit Gus au collège, sort en août 2013. C’est un roman illustré qui s’adresse à tous, et plus spécialement aux 9-13 ans.
Je n’ai pas commencé à travailler sur un autre texte pour l’instant, mais j’écrirai encore pour les adolescents. J’aime ce public, ouvert, fragile et touchant. L’adolescence est une période de la vie riche et complexe, dont on ne sort pas indemne mais qui construit l’adulte qu’on deviendra.

[Cette interview a été réalisée au début de l’été.]

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Nous espérons que cette lecture commune vous aura fortement donné envie de lire ce titre. Bonne lecture.

Des parents, des enfants, une rencontre

S’inventer des parents, lorsque l’on n’en a pas.
Se créer un papa et une maman, qui aiment, rassurent.
Il y a un peu de ça dans ce petit roman.

L’invention des parents
d’Agnès de Lestrade
Illustrations de Lucie Albon
Editions du Rouergue, 2012, collection Zig Zag.
Chez Kik

 

 

Pour avoir des parents, on peut les inventer, mais on peut en trouver aussi ….
Il y a de la joie dans cette sélection, beaucoup d’amour aussi, de jolies rencontres,
Il y a de la tristesse aussi, de l’attente, de l’appréhension.
Lors d’une adoption, il est nécessaire de s’apprivoiser les uns les autres,
Lors d’une adoption, il y a toujours beaucoup d’émotions, pour les parents, comme pour les enfants.

Pour évoquer ce thème, il y a des albums …

Fanfan

de Marie Sellier, illustré par Iris Fossier
Les Editions Courtes et Longues, 2012.

Fanfan est une autruche, malgré sa trompe, son corps énorme et sa couleur grise. Fanfan est une autruche comme le reste de sa famille et malgré ce que lui raconte les autres animaux.Un album de grande qualité au format original qui soulèvent de nombreuses questions sur l’inné et l’acquis. Est-ce ce que lui a donné la naissance ou ce que lui a appris sa famille d’adoption qui le définit ? Le bleu profond et le majestueux doré des illustrations finiront de vous convaincre qu’il vous faut absolument le lire.
L’avis de Bouma

Un jour, mes parents viendront
d’Ingrid Chabbert, et de Stéphanie Augusseau, ALICE Jeunesse, 2013.

Il y a des oranges chauds et des bleus foncés, remplis d’obscurité. Il y a des doubles-pages pleines de vie, mais le plus souvent elles sont remplies de l’attente de cette petite fille à la robe rouge. On sent les moments d’attente pesants, mais aussi ceux pendant lesquels elle vit avec les autres enfants, dans l’orphelinat. Il y a la vraie vie, celle pendant laquelle elle attend, et ses rêves, dans lesquels elle imagine des parents, rien que pour elle.
Les avis de 3 étoilesKik

 

L’orphelinat du bout du monde 
de Coralie Saudo et d’Emna, Les P’tits Bérets, 2012.

Pépine et Pato s’aiment mais ne peuvent pas avoir de petits ensemble. Et pour cause, Pépine est une autruche et Pato, un crocodile. Un jour, il découvre un œuf abandonné et décide de l’adopter. Ils sont enfin une famille.
Les avis de Maman Baobab3 étoilesSophie
La Lecture Commune qui a eu lieu sous le Grand Arbre

Pour compléter cette sélection, Alice a choisi deux albums ….

En attendant Timoun
de Geneviève Casterman, l’École des Loisirs, 1999.

Attendre. C’est ce à quoi se résigne maman crocodile depuis le « oui’ définitif annoncant l’arrivée d’un petit Timoun. Mais que c’est long, l’attente ! Timoun est déjà tellement présent qu’il est dificille de prendre son mal en patience.La joie laisse place à la solitude, au découragement, au doute. Puis vient le grand jour et alors tout s’efface !
Servi par de belles illustrations en aquarelles, cet album est d’une douceur touchante.

Miguel, c’est moi : la petite voix venue de loin
de Laurence Afano, ALICE Jeunesse, 2003.
Une nuit d’insomnie papa et maman, qui ne peuvent pas avoir d’enfants, entendent une petite voix.C’est celle de Miguel qui, à l’autre bout du monde, les appelle. Joli et rare pari que de renverser le point de vue et de parler de l’adoption au travers des yeux de l’enfant attendu !

 

Notre sélection se poursuit avec des romans, pour les lecteurs débutants, puis pour les plus grands …

 

Camille est adoptée
de Véronique Delamarre Bellégo, illustrations de Julie Faulque, Oskar Editions, 2013.

Charlotte a 7 ans et vit avec sa famille à Singapour. Ses parents, son grand frère et sa petite soeur. Cette année, il y a 5 nouveaux dans sa classe, en CE1 A, au lycée français, dont une petite fille française d’origine chinoise, Camille. Avec des mots simples, un langage naturel, ce petit roman explique les origines, les liens qui se tissent entre les parents et les enfants, des liens qui sont tellement forts et exprimés que Charlotte qui vit avec ses parents biologiques en serait presque jalouse.
L’avis de Maman Baobab

Ma mère est un gorille (et alors?) 
de Frida Nilsson chez Bayard, 2011.
Se faire adopter par une gorille, y a mieux dans la vie non ? Détrompez-vous ! Un roman bourré de tolérance et qui tord le cou à une tonne d’idées reçues, y compris pour la principale intéressée.
L’avis de Pépita

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Noir grand
de Sébastien Joanniez
Éditions du Rouergue – DaOdac, 2012

Quand on a été adopté, même si on est aimé, choyé, dans un formidable foyer, il est parfois difficile de s’intégrer. Car en dehors de la maison, le monde est souvent plus cruel, surtout chez les enfants, surtout quand on n’a pas la même couleur de peau.
Un récit sensible raconté à la première personne pour comprendre les joies et les tourments d’un enfant qui affronte le regard des autres.
Dès 8 ans.
Les avis de Bouma, Pépita

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La double vie de Cassiel Roadnight
de Jenny Valentine, Ecole des loisirs, 2013.

Avec ce titre, il faut mettre orphelin et adoption entre guillemets car les apparences sont trompeuses et, comme à son habitude, Jenny Valentine brouille à merveille les pistes. Chap a découvert qu’il n’était pas celui qu’il croyait être. Aussi, lorsqu’on lui demande quel est son nom dans le foyer où il atterrit, il répond : « Je ne suis personne »… Jusqu’au moment où on lui présente un avis de recherche avec la photo d’un ado qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau : Cassiel Roadnight. Après un moment d’hésitation, il se dit que, finalement, il pourrait être cet ado s’il le voulait et, enfin, trouver un foyer où se sentir en sécurité… Qu’a-t-il à perdre ? Sauf que la supercherie tourne très vite au vinaigre et que le récit se transforme en thriller haletant ! Au bout du compte, finira-t-il par découvrir qui il est ?
L’avis de Céline

 

Les ailes de la Sylphide
de Pascale Maret, couverture illustrée par Atsuko Ishii, éditions Thierry Magnier, septembre 2013.
Lucie, trouvée au pied d’un arbre, ne pense qu’à la danse. Choisie pour interpréter la Sylphide dans le ballet éponyme, elle va assister à sa propre métamorphose.
Ses pas vont la guider dans la forêt de son enfance, où le danger est prêt à tout pour lui couper les ailes…
Un roman saisissant où le fait d’être adoptée par des parents aimants ne protège malheureusement pas de tout…
L’avis de 3 étoiles

L’été où je suis né
de Florence Hinckel, Gallimard jeunesse, 2013, coll. Scripto.

Encore une fois j’ai l’envie de vous parler de ce court roman qui m’a profondément marqué… L’été où je suis né est une parenthèse dans vos lectures, une parenthèse dans la vie de Léo. Ce personnage qui va découvrir? alors que ses parents adoptifs sont partis en vacances? qu’il a besoin de savoir. Comment grandir et se trouver alors qu’il ne sait même pas qui il est ? La douceur des mots de Florence Hinckel met du baume au coeur, des larmes dans les yeux et les pensées en vrac.
L’avis de Nathan

N’hésitez pas à ajouter les titres de vos propres lectures sur le sujet, à partager vos découvertes littéraires, sur ces titres ou sur d’autres. Bonne lecture !

Carte postale qui en eXprim’…

Pour les vacances, j’ai eu envie de vous faire découvrir une collection que j’affectionne tout particulièrement : eXprim’ publiée aux éditions Sarbacane.

Voilà trois ans que je suis régulièrement les parutions et j’ai eu quelques coups de cœur que je me devais de partager avec vous. Au fil de mes lectures, j’ai saisi plus précisément l’identité de cette collection qui ne cesse de me surprendre. Pour vous en parler, j’ai posé quelques questions à celui qui l’a créée et qui la dirige encore aujourd’hui Tibo Bérard. Vous pourrez donc retrouver ses réponses juste après trois titres que j’ai sélectionnés rien que pour vous…

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La ballade de Sean Hopper
, Martine Pouchain
Une histoire très humaine pour laquelle j’ai versé quelques larmes.

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Toute la vie, Jérôme Bourgine
Un combat contre la maladie plein d’émotions qui m’a beaucoup touchée.

les déchainés

 

 

Les déchaînés, Flo Jallier
Une famille marquée par son histoire dont les différentes vies m’ont passionnée.

 

 

Place à Tibo Bérard, directeur de la collection eXprim’ aux éditions Sarbacane.

Bonjour Tibo, peux-tu nous raconter comment est née la collection eXprim’ ?

J’étais journaliste avant d’être éditeur. Je travaillais pour un magazine littéraire qui s’appelait Topo et dont la ligne se voulait à la fois populaire et pointue. Ce magazine avait la particularité de traiter de tous les genres de livres sans les hiérarchiser. Quand il s’est arrêté, j’ai pris contact avec des éditeurs pour travailler autour des jeunes et de la lecture. Le directeur de Sarbacane avait déjà en tête de lancer une collection de romans pour ouvrir l’activité de la maison, alors concentrée sur l’album, à ce secteur. Après discussion, il m’a proposé de revenir avec un projet. Je voulais une collection assez punk, qui déborde, qui soit dans l’énergie, plutôt dans le « trop » que dans le « pas assez ». J’avais envie aussi de faire venir de nouveaux auteurs, des scènes urbaines notamment. J’ai appelé une boîte de prod’ de hip-hop qui m’a mis en contact avec un slameur, Insa Sané. Il avait écrit le manuscrit de Sarcelles-Dakar et ne savait pas vers qui s’orienter pour l’éditer. Ça a été la première rencontre de la collection.

D’où vient le nom de la collection : eXprim’ ?

Il y a plusieurs idées derrière ça. La première concerne l’aspect outrancier, jaillissant de nos livres. Plutôt que de se situer dans la littérature intimiste, retranchée ou cérébrale, on investit une littérature qui déborde et se veut viscérale, rapide, pleine de vie. La « prime » en fin de mot, c’était pour donner un petit côté urbain et moderne. Le X représente une zone libre, sans interdit. Cela rejoint aussi le fait qu’à la création d’eXprim’, nous ne pensions pas concevoir du « roman pour ados » mais porter des romans modernes, déjantés, reliés à la musique et au cinéma… qui par ricochet toucheraient les jeunes « en priorité ». Une autre approche de la jeunesse, donc.

Comment la collection a-t-elle évolué depuis sa création ?

J’identifie trois grands « moments » dans cette collection qui a 6 ans et environ 60 titres publiés – presque uniquement des auteurs de premiers romans que l’on a suivis et accompagnés ensuite.

Les deux premières années, on s’est beaucoup employés à « marteler » notre discours, avec des romans très percutants et urbains, ce qui nous a donné une identité très forte avec une ligne éditoriale très marquée.  En revanche, j’ai peut–être eu tendance à trop « conceptualiser » notre offre – ma formation journalistique me pousse souvent à penser les choses par catégories, voire étiquettes : Antoine Dole, notre plume punk ; Insa Sané, notre conteur hip hop… alors que les auteurs ont eu aussi envie de se diversifier, de voir leurs univers s’épanouir sur différentes facettes, avec le temps.

Ensuite, après les publications de quelques romans plutôt noirs, on a été un peu enfermés dans l’image de « la collection subversive » par une partie de la critique. On a dû défendre et argumenter notre désir de proposer un espace de création libre, via la collection, auprès de professionnels qui se posaient surtout la question de ce qu’on peut faire lire ou non aux adolescents… alors qu’on ne souhaitait pas censurer puisqu’on n’a pas de limite d’âge, pas de public cible. Et que par ailleurs, je reste persuadé qu’un jeune de 14, 15 ans peut tout lire.

Après cette période – la seconde donc, une phase de questionnements et de doute autour de la collection –, on a abouti à… une évolution assez formidable. C’est le fruit des retours intéressants de nombreux libraires et bibliothécaires, d’une réflexion menée sur le long terme et à bâtons rompus avec l’équipe, avec les auteurs… Peu à peu, on a souhaité ouvrir l’axe de la collection, en remettant plus encore le plaisir de lecture au cœur des romans, là où parfois, le désir de travailler de façon obsessionnelle autour du style et de l’innovation formelle avait pu nuire un peu aux histoires. J’ai voulu revenir au goût du conte « vaste », charnel, universel, celui qui emporte le lecteur et ne le lâche plus. On s’est ainsi ouverts à des genres différents – tel le fantastique, via la publication de la série La mort, j’adore ! d’Alexis  Brocas, ou encore le roman d’émotion, avec Gadji ! de Lucie Land ou La Ballade de Sean Hopper de Martine Pouchain. Tout cela a participé d’une volonté de tenter une approche un peu plus universelle du roman, plus ouverte, plus récréative aussi. Et ça a payé.  En conservant une impertinence qui n’appartient qu’à nous, on est parvenus à publier des romans à la fois forts et accessibles – dans le bon sens du terme –, comme La drôle de vie de Bibow Bradley d’Axl Cendres, Tu seras partout chez toi d’Insa Sané, Bras de fer de Jérôme Bourgine, Frangine de Marion Brunet… La rentrée 2012 a constitué une vraie étape pour nous, également d’un point de vue commercial, le début d’un essor qui ne se dément pas depuis bientôt un an.

Qui écrit pour la collection eXprim’ ?

Les premières années ont été consacrées à la découverte d’auteurs, que j’ai ensuite accompagnés. Ce sont ceux que j’appelle avec affection « les anciens » ou « la dream-team », des plumes très fortes, des auteurs inventifs et puissants, et surtout désireux de se renouveler sans cesse : Axl Cendres, Insa Sané, Lucie Land, Rolland Auda, Karim Madani, Martine Pouchain (qui avait déjà une belle carrière d’auteure « consacrée), Jérôme Bourgine, Flo Jallier, Antoine Dole, David Tavityan… Dans un second temps, une foule de projets passionnants me sont parvenus spontanément, ce qui a ouvert une nouvelle vague d’auteurs avec Marion Brunet, Philippe Arnaud, Thomas Carreras, Vincent Mondiot ou, à paraître à la rentrée, Loïc Le Pallec et Benoît Minville…

Dans chaque livre, avant le début de l’histoire, il y a une play-list choisie par l’auteur. D’où vient cette idée originale ?

C’est une des premières idées de la collection. Je voulais placer EXPRIM’ sous le signe de la musique, pour signifier au lecteur qu’il entrait dans une écriture musicale, poétique, travaillée, rythmique, sonore. C’est l’idée de la modernité, avec le livre comme porte ouverte sur le monde. C’est enfin né d’une réflexion sur les modes de lecture contemporains, chez les gens de notre génération et des nouvelles générations, qui lisent en musique, voyagent d’un univers artistique à l’autre, croisent les références et les hybrident.

Pour nous donner envie d’arriver à la rentrée, peux-tu nous donner un aperçu des romans qui paraîtront ?

Je publie trois romans – et je les adore tous ! – pour la rentrée. Le premier est No man’s land de Loic Le Pallec, un premier roman. C’est un récit de SF où des robots se réveillent doués d’émotions sur une Terre post-apocalyptique. Ils découvrent leurs nouvelles facultés sans les comprendre tout de suite. C’est un roman qui questionne sur l’humanité, l’identité, la prise de conscience, la naissance et la signification des émotions, mais tout cela de façon ludique, fun et très vivante.

Il y aura également un nouvel opus de Martine Pouchain : Zelda la rouge. Martine a travaillé cette fois avec des personnages féminins, ce qui est plutôt nouveau pour elle, et surtout elle fait une incursion remarquable dans la comédie. C’est l’histoire de deux sœurs ; l’une est en fauteuil roulant depuis qu’un chauffard l’a renversée tandis que l’autre, son aînée, l’a élevée comme une mère et ne rêve que de retrouver le chauffard pour la venger. Ça démarre comme une tragédie  – un hommage à Lorenzaccio de Musset, via la réflexion sur le choix entre amour et vengeance – mais il y a de nombreux accents de comédie, des personnages burlesques…

Autre coup de cœur, Je suis sa fille de Benoît Minville. C’est un auteur que j’avais rencontré sur son blog (il est libraire), en lisant un article qu’il avait consacré à La drôle de vie de Bibow Bradley. J’avais trouvé l’article vif, pertinent… mais surtout très bien écrit. Je l’ai donc contacté, il m’a confirmé qu’il écrivait, fait lire son manuscrit… et je suis tombé en amour. Profondément ! C’est l’histoire de Joannie, une jeune fille tout à fait banale, plutôt studieuse, élevée par son père avec qui elle a une relation très forte. Ce dernier travaille dans une grande entreprise et, du jour au lendemain, se fait broyer par le système. Alors sa fille se révolte. Elle ne supporte plus ce système et décide de l’arrêter ; elle a 16 ans, ne voit qu’une solution : tuer le patron. Elle part alors avec son meilleur ami sur les routes de France, direction Nice, où le big Boss a une villa. Cela donne un road-movie engagé, souvent hilarant, souvent bouleversant, et pour tout dire extrêmement humain, qui explore des thématiques très fortes telles que la crise, le besoin de révolte des jeunes, la société de consommation, la perte de sens dans notre époque hyper–industrialisée… À vrai dire, on ne peut pas finir ce livre sans pousser un grand cri de rage et d’espoir mêlés. C’est une réussite.

Merci Tibo pour ton intervention, as-tu envie d’ajouter quelque chose ?

On n’a pas parlé de la promotion des livres que l’on organise, toi et nous ! J’aimerais bien parler un peu des blogueurs, parce qu’ils forment une nouvelle donne passionnante dans le jeu du livre – en particulier au secteur Jeunes Adultes, qui me semble être un espace précurseur. À Sarbacane, depuis disons trois ans, on a accentué beaucoup le travail avec les blogueurs, qui s’affirment de plus en plus en tant que prescripteurs de poids. On a même divisé de moitié nos envois à la presse « traditionnelle » pour se concentrer sur eux… et il faut dire que ce travail avec les blogueurs est assez génial. D’une part il y a un vrai impact de vente suite à un article sur un blog, les réseaux de blogueurs faisant revivre les traditionnels clubs de lecture dans l’espace virtuel. Et d’autre part, les auteurs adorent ça, parce que c’est un retour de lecture immédiat, direct, sans compromis. Dans le foisonnement des blogs, certains articles sont très réussis et puis, même quand ils le sont moins et que c’est simplement du coup de cœur ou du coup de gueule, cela reste intéressant car on voit une « vraie personne » exprimer un point de vue, un retour net. On a commencé cette expérience un peu par hasard avec quelques blogueurs et on voit que maintenant ça se professionnalise.

On parle de la collection eXprim’ et de ses romans sur nos blogs :

Nathan a interviewé Tibo Bérard ICI.

Les déchaînés, Flo Jallier : Alice, Sophie, Céline
Frangine, Marion Brunet : Pépita, Sophie
Le monde de Charlie, Stephen Chbosky : Bouma, Sophie, Nathan
L’enfant nucléaire, Daph Nobody : Nathan, Sophie
Traverser la nuit, Martine Pouchain : Nathan, Sophie
Tu seras partout chez toi, Insa Sané : Nathan
La drôle de vie de Bibow Bradley, Axl Cendres : Nathan
50 cents, Thomas Carreras : Nathan
Daddy est mort… retour à Sarcelles, Insa Sané : Sophie
Lorraine Super-Bolide, David Tavityan : Sophie
La ballade de Sean Hopper, Martine Pouchain : Sophie
Comment j’ai raté ma vie de super-héros, David Tavityan : Sophie
Mes idées folles, Axl Cendres : Sophie
Web dreamer, Anne Mulpas : Sophie
Echecs et but !, Axl Cendres : Sophie
2 jours pour faire des thunes, Hamid Jemaï : Sophie
La mort, j’adore !, Alexis Brocas : Sophie (tome 1, 2 et 3)
Adulte à présent, Edgar Sekloka : Sophie
Le dévastateur, Rolland Auda : Sophie
K-Cendres, Antoine Dole : Sophie
Toute la vie, Jérôme Bourgine : Sophie
Bras de fer, Jérôme Bourgine : Sophie, Nathan
La peau d’un autre, Philippe Arnaud, Sophie