Loup un jour… – Une lecture commune au poil !

 Attention, le loup rode…
Il n’est jamais bien loin, c’est bien connu.
En tout cas, il est un sujet récurent de la littérature de jeunesse.

Alors, quand ce superbe album m’est tombé entre les mains, j’ai eu très envie d’en parler, d’en discuter, pour voir si mes copinautes avaient ressenti les mêmes sensations que moi.

Cet album, c’est Loup un jour
de Céline Claire, illustré par Clémence Pollet
et paru cette année au Rouergue.

 Un album qui a donné matière à discussion comme vous pourrez le lire ci-dessous.

 

Bouma : La couverture a forcément son importance dans le choix d’une lecture. Qu’avez-vous pensé, ressenti, à la vue de celle-ci ?

Kik : Je n’avais rien lu sur ce livre, avant de commencer ma lecture, alors la couverture m’a intrigué grandement. Plusieurs arbres en noir avec des personnages qui se cachent derrière ? Un chaperon rouge ? Un cochon ?
Je fus intriguée.

Céline du tiroir : Oui, intriguée aussi, assez séduite par ce joli contraste entre le noir et les couleurs lumineuses, mais surtout attirée comme d’habitude par ce loup -cet animal me fascine- et je le trouve très album-génique !

Pépita : Un loup-forêt, me suis-je dit, et des personnages de contes entre les pattes-troncs… Tout ça induit par un titre assez énigmatique et des couleurs froides et chaudes… On se demande bien ce qu’il peut y avoir à l’intérieur et ça aiguise l’appétit de lire !

Bouma : En ce qui me concerne, le contraste entre les couleurs et la masse, énorme, noire, effrayante, m’a donné très envie de découvrir le reste de l’histoire.
Mais quelle histoire au fait ?

Pépita : Une double page par personnage et chacun pense que le loup va le croquer… Mais, non, il emprunte juste quelque chose. Faut dire que la masse noire est assez terrifiante ! La curiosité aidant, les personnages empruntés aux contes se retrouvent chez le loup… pour partager un dessert… mais pas que…

Kik : Les personnages incontournables des contes ou histoires qui côtoient le loup se retrouvent ici : les trois petits cochons, le chaperon rouge, ou encore Pierre… Chacun se méfie, et pour cause il a déjà eu affaire à lui.

Céline du tiroir : C’est presque construit comme un plaidoyer pour la défense du loup, qu’on aurait trop souvent accusé à tort de vouloir dévorer bien des petits héros de contes. Alors que c’est une suite de malentendus, car le loup avait simplement besoin d’œufs, d’un petit pot de beurre, etc, pour confectionner un gros gâteau à partager…

Bouma : Vos résumés se complètent à merveille et donne bien la trame générale de l’album.

Cette histoire tourne donc autour des contes classiques et de la figure terrifiante du loup. Partant de ce postulat, vous semble-t-il essentiel de les connaître avant la lecture de ce titre ou peut-elle fonctionner sans ? Et d’ailleurs quel serait pour vous, le lecteur idéal pour cet album ?

Pépita : Difficile de répondre à cette question. Si on a la clé de lecture de connaissance des contes, ou au moins le savoir de quoi et de qui ils parlent, bien sûr, je pense que c’est mieux. L’album se révèle alors dans toute sa dimension. Mais si on pense ça, on exclut les autres… Cet album peut alors être une formidable porte d’entrée pour aborder ces contes par la suite, si le petit lecteur en a l’envie ou si l’adulte a suffisamment de tact pour l’y amener en douceur. Parce que les contes, ça peut faire peur à certains enfants ! Cet album aussi d’ailleurs : la masse noire du loup est très évocatrice ainsi que la terreur qui se lit dans les expressions des personnages. Quant à l’âge, je dirais pas avant 5-6 ans, mais là aussi, c’est subjectif. Tout dépend des enfants… La fin n’est pas si facile à comprendre je trouve. Nous, on projette notre regard d’adulte et en plus de professionnel du livre, ce qui, il ne faut pas avoir peur de l’admettre, fausse le regard. Ce qui est intéressant, c’est de saisir le regard neuf, sans filtres… Or, un enfant de 5-6 ans aujourd’hui en a déjà beaucoup.

Céline du tiroir : En fait, le meilleur âge, c’est l’âge auquel les enfants sont réceptifs aux contes, et à la peur. Et effectivement, même s’il n’est nul besoin d’avoir lu ceux auxquels Loup un jour fait référence pour le comprendre, il y a quand même la question de la maturité littéraire, qui sera propre à chaque enfant. Et si les personnages de contes sont facilement identifiés par les enfants très jeunes, aujourd’hui ils rentrent dans l’univers des contes souvent par des contes détournés où le loup est gentil, ou stupide et/ou inoffensif avant de découvrir les contes originaux, plus sombres.

Kik : Il y a beaucoup de suggestion dans cet album. Il y a des ombres, cette masse noire de la forêt, le loup qui rode (enfin on pense, on devine …). Je ne sais pas trop, quel serait le niveau d’appréciation de ce livre, sans connaître l’histoire du chaperon rouge, ou celle des trois petits cochons. D’ailleurs je me fais le réflexion que je ne connais pas d’histoire précise, ou très connue avec un loup et des poules. D’habitude le prédateur est un renard. Peut être que pour ces personnages, j’ai loupé une allusion à un conte célèbre, mais que je ne connais pas.
Pourtant cela ne m’a pas gêné. Le loup est un « méchant » universel. Il semble se racheter en épargnant tout le monde.
Mais loup un jour …

Illustration signée Clémence Pollet extraite de LOUP UN JOUR
© Rouergue jeunesse, 2014

 

BoumaEt maintenant, qu’avez-vous ressenti face au parti pris de Clémence Pollet dans les illustrations ?

Kik : Mon attirance a été plutôt sur l’utilisation de papiers découpés. J’aime les couleurs franches, au milieu de tout le noir imposant du loup. C’est ce point que je retiens principalement, le noir, omniprésent du loup.

Céline du tiroir : Très beau contraste des couleurs, des clairs et des obscurs, et ce loup dont on ne voit que la sombre fourrure, c’est très réussi d’un point de vue graphique !

Pépita : Très franchement, j’aime beaucoup le loup suggéré. ça change ! Et puis, toutes ces équivoques induites du coup. La terreur sur les visages, puis l’apaisement, une couleur par personnage, des couleurs très contrastées aussi, presque de synthèse. Cette page où il y a l’association du visage du personnage et l’ingrédient que le loup lui a volatilisé, je la trouve remarquablement bien réalisée. Un album de haute qualité même si, et je me répète, la chute n’est pas si facile à comprendre. D’ailleurs, il semblerait que nous y voyons toutes une fin différente, non ?

Bouma : Comme le soulève Pépita, la fin peut être sujette à plusieurs interprétations. Voulez-vous en dire un mot ?

Kik : Encore une fois tout est suggéré. On suppose. On pense deviner. Moi je pense qu’il les mange tous, mais comment en être sûr ? Et pourquoi le loup serait-il toujours le méchant ? La fin est très perturbante, à cause de toutes les possibilités qu’elle offre.

 Céline du tiroir : Tout à fait d’accord avec Kik, c’est cette incertitude finale qui est insoutenable !!! Je l’ai aussi interprété comme elle, mais c’est vrai qu’on pourrait le voir différemment… d’où un échange intéressant avec l’enfant à qui on le lit !

Pépita : Pour moi aussi, le loup semble les croquer tous à la fin… C’est la dernière phrase du livre qui m’a enlevé tout espoir d’une autre fin ! « Loup un jour, Loup toujours naturellement ». Comme quoi, ce pauvre loup reste toujours enfermé dans ce schéma. Alors que la dernière double page laisse à penser que non, ils vont tous se partager ce merveilleux gâteau et faire la fête. Effectivement, plusieurs interprétations possibles, plusieurs lectures possibles.

Bouma : Avec les deux derniers petits mots « loup toujours » sur la toute dernière page, l’auteure change complètement le sens de sa fin en jouant sur la cruauté abordée dans les contes.
On pourrait aussi soulever le diction supposé « Loup un jour… loup toujours » comme sujet à réflexion. Ne peut-on pas changer ? Doit-on toujours correspondre à l’image que l’on projette ? Ce sont des questions importantes dans la construction de soi.
Mais dans le cas de cet album en particulier, j’ai aimé cette fin. Cette chute, superbe, et pas si évidente car il faut savoir la trouver, la voir. Au final ce sera à chaque lecteur de prendre sa propre décision face à cette conclusion originale .

Et pour cette lecture commune, votre petit mot de conclusion ?

Céline du tiroir : J’ai aimé moi aussi cette fin habile et un peu abrupte, assez politiquement incorrecte finalement, parce qu’il semble que plus aucun auteur n’ose faire de loup vraiment méchant (ou alors pour le tourner en ridicule). En revanche, si ce « loup toujours » est très bien trouvé ici, il ne faut pas en faire un précepte évidemment !!

Kik : J’aime bien parler des albums ! – Et ce livre il me fait flipper quand même, mais tout en finesse.

Pépita : Oui, moi aussi, il m’a fait flipper cet album… Il y a une tension latente dans ces pages.

Bouma : Merci à toutes pour votre participation et pour ce bel échange.

J’espère que cette lecture commune vous aura donné envie de découvrir ce magnifique album et de vous faire votre propre avis à son sujet.

Si jamais vous vouliez en savoir encore un peu plus avant de vous décidez vous pouvez retrouver nos avis personnels ici :

– celui de Kik

– celui de Céline

– celui de Pépita

– et le mien (Bouma)

Mon arbre à secrets

Les gros coups de cœur ne sont pas toujours faciles à trouver mais quand j’en tiens un, je n’ai qu’une envie, c’est de le partager. Quand j’ai ouvert Mon arbre à secrets de Olivier Ka et de Martine Perrin édité par Les grandes personnes, j’ai tout de suite su qu’il allait faire partie de ces livres.

Mon engouement étant partagé par Pépita, on a eu envie de vous le faire découvrir avec notre petite conversation au pied de notre arbre à secrets.

Sophie : J’ai découvert ce livre par Martine Perrin qui m’en a parlé dans le cadre d’une interview que je voulais réaliser sur elle. J’ai donc reçu l’album quelques jours plus tard et là… magnifique ! Pépita, je sais que tu as été en contact avec l’illustratrice et l’auteur, Olivier Ka. Raconte-nous un peu ta découverte de cet album.

Pépita : Mais que oui ! C’est un album que j’avais déjà repéré dans mes acquisitions pour la médiathèque où j’exerce. Martine Perrin, je la suis de près et Olivier Ka aussi. Je me suis dit que les deux ensemble… Et puis, tout ce qui touche aux arbres, ça me touche. Je l’ai acheté aussi pour mes enfants et notre bibliothèque au Salon du livre jeunesse de Montreuil avec la ferme intention de le faire dédicacer par Martine Perrin. Mais bon, rendez-vous manqué… J’ai sauté sur l’occasion début avril puisque l’auteur et l’illustratrice ont été réunis pour la première fois autour de ce livre à L’Escale du livre de Bordeaux. J’en ai su un peu plus sur la genèse de ce livre vraiment singulier et magnifique : le texte était là avant. Olivier Ka l’avait depuis longtemps dans un tiroir. Il a tenté de le faire publier mais sans succès. Et puis la rencontre s’est faite avec les Editions Les Grandes personnes (qui de l’avis des deux, en la personne de Brigitte Morel, a joué un rôle essentiel dans la mise en valeur de ce livre). Puis, Martine Perrin a été si touchée par ce texte que les illustrations et leur mise en page sont venues très rapidement. Comme par magie ! L’histoire de ce texte est très belle. Olivier Ka était intervenu dans une classe. Sur le bureau de l’institutrice trônait une boîte très kitsch (coquillages et cie…). Il a été intrigué et la curiosité aidant, il a demandé ce qu’elle pouvait bien contenir. Les enfants pouvaient y déposer leurs secrets… Elle n’a jamais été ouverte… Et voilà, l’histoire de l’arbre à secrets a fait son chemin à partir de cette poésie du quotidien. Il était encore très ému, Olivier Ka, quand il m’a raconté cela. Tous les deux, en face de moi, c’était magique : de voir leur complicité si palpable. Un très bon moment ! Comme il s’en passe entre lecteurs et auteurs…

Sophie : Jolie rencontre en effet que ce livre ! Et toi qu’est-ce qui t’a plu au premier coup d’œil ?

Pépita : Tout ! Il est beau ce livre : la première de couverture, les couleurs, le titre prometteur, l’épaisseur ! Que de belles promesses de découvertes à l’intérieur… et en effet, quel beau voyage au pays des secrets confiés aux arbres, une très belle architecture… Et toi, coup de cœur non ?

Sophie : Oui, coup de cœur pour moi aussi. Ce livre est un magnifique objet et est très loin d’une simple histoire et j’aime ces livres qui ont une identité si forte.

L’histoire est celle du secret d’un enfant, confié à un arbre. Le personnage imagine que ce secret s’envole au loin et est récupéré par un autre enfant dans un autre pays.
Il est difficile de distinguer le texte des illustrations dans ce livre, mais si tu devais donner un mot pour le qualifier, lequel serait-ce ?

Pépita : Si je devais le qualifier, je dirais que ce livre est un concentré de la magie de l’enfance, de ses jeux qu’elle sait inventer et de la façon dont elle permet à l’autre d’entrer dans sa ronde. Lorsque je l’ai ouvert pour la première fois, que je suis entrée dedans, littéralement, une surprise à chaque page, ce fut l’émerveillement total et l’envie de le partager, notamment avec mes deux filles, dont je savais qu’elles sauraient s’approprier elles aussi sa beauté. C’est un livre à transmettre, en chuchotant, sans faire de bruit. Mais chuuut ! C’est un secret ! Et toi, tu le définis comment ?

Sophie : Je trouve qu’il y a beaucoup de poésie qui se dégage de ce livre et notamment du texte, qui répète les mots « secret » et « arbre », qui est très doux à la lecture. Je suis d’accord avec toi sur cette envie de le partager, on parle de secrets et pourtant, je n’ai qu’une envie, c’est de le lire et le faire lire à plein de monde.

Cet album n’est composé que de deux couleurs, le bleu et le vert… avec une petite pointe de rouge. À quoi as-tu associé ces couleurs ?

Pépita : Le bleu, au ciel et le vert, à l’herbe du jardin. Ou le bleu à la liberté et le vert aux pieds sur terre… Le rouge, à la vie qui palpite. Il apporte une petite note de fantaisie et de surprise. Peu de couleurs, mais elles sont vives et apportent une très belle cohérence à cet ensemble. Les calques, insérés de temps à autre, avec leur transparence, et le beau papier blanc épais, apportent aussi beaucoup à la beauté de ce livre.

Sophie : Le ciel et l’herbe, c’est aussi à cela que ces couleurs m’ont fait penser. Logique finalement comme ce livre nous plonge en pleine nature. En plus de ce que tu as cité, il y a aussi la mise en page du texte qui apporte encore un peu de liberté avec ces différentes formes : en ligne droite, en courbe, en petits paragraphes et même sous forme de jeu à relier.

Bref ce livre est un peu un OVNI hors normes qui parle d’un sujet universel, le secret. C’est d’ailleurs mis en avant avec le mot traduit en 20 langues sur la quatrième de couverture.
Un dernier mot sur ce coup de cœur Pépita ?

Pépita : Je dirais que c’est un livre précieux, qu’on laisse reposer et qu’on redécouvre à chaque fois qu’on l’ouvre à nouveau. Il est universel aussi : il peut être lu à tout âge. Magique !

*** Pour en savoir plus ***

La chronique de Pépita ICI et la mienne . Et pour encore plus de plaisir, l’interview que j’ai réalisée sur Martine Perrin ICI-LÀ.

Les sites de Martine Perrin et d’Olivier Ka.

Le site des Editions Les grandes personnes.

Lectures d’enfants #9

C’est avec plaisir que je me lance dans ma première lecture d’enfant avec mon fils, Morgan, 20 mois. Évidemment, je ne lui laisserais pas la parole sinon ça risque de vite devenir incompréhensible mais je vais vous raconter sa première expérience avec un conte traditionnel.

 

Passé ses un an et demi, Morgan est plus à l’aise avec les livres et apprécie de plus en plus la lecture du soir au point qu’il est parfois difficile de s’arrêter. Je me suis dit qu’il était temps de commencer à le familiariser avec l’univers des contes classiques, que je connais moi-même assez mal. Une découverte pour lui et une révision pour moi, ce sera avec l’histoire des trois petits cochons que l’on va commencer cette longue aventure. Étant donné son âge, j’ai évité une version complète et j’ai opté pour la nouvelle collection des éditions Tourbillon : Anim’contes. L’histoire est simplifiée et de petites animations viennent attirer le petit lecteur curieux.

DSC_0117Morgan a adoré. Lui qui, il n’y a pas si longtemps, n’allait pas spontanément vers les animations des livres, les a tout de suite repérées. Il s’est fait un plaisir à bouger les tirettes pour faire avancer les petits cochons, je ne vous parle même pas de celle qui les fait apparaître à une fenêtre, il en a eu un fou rire, allez savoir pourquoi ! Il a participé activement à la construction de la maison en brique. DSC_0123Et, oh méchant petit lecteur, il a soufflé tout ce qu’il pouvait pour aider le loup à casser les maisons. Heureusement, il s’est rattrapé en le plongeant dans la marmite chaude de la cheminée, et plutôt deux fois qu’une…

Pour ce qui est du texte, il n’est pas encore très facile de savoir ce qu’il en a retenu mais à en déduire par ses syllabes tantôt affirmées, tantôt interrogatives, je pense pouvoir dire que cette histoire lui a plu.

DSC_0119Cette première expérience avec les contes était un vrai succès autant pour Morgan, qui s’est bien amusé, que pour moi de le voir s’extasier à chaque page et de retrouver ces trois charmants petits cochons…

Les trois petits cochons
Anne-Sophie Baumann et Christian Guibbaud
Tourbillon, 2014

Sophie et Morgan

Julie et Saël s’installent pour bouquiner

Des Lectures avec des Enfants,
Des Lectures d’Enfants,
Pour ce mois de Janvier, il s’agit des Lectures d’une Maman, Julie, avec son fils de 2 ans, Saël,
Quelques morceaux choisis de la bibliothèque de ce grand lecteur en herbe …

Qu’est ce que ça aime lire un enfant de 2 ans ?

Chez nous, Saël ce n’est pas un difficile, il lit tous les livres qui lui tombent sous la main, même ceux pour les adultes, du moment qu’il y a des images à commenter.

Parce que ce qui est chouette à 2 ans, c’est surtout de pouvoir parler de ce que l’on voit, de ce que l’on a compris, des mots compliqués que l’on arrive à prononcer.

Mais à 2 ans, on a aussi ses coups de cœur en matière de littérature. Les livres qu’on aime lire et relire seul ou avec un adulte, ceux qu’on ouvre, qu’on feuillette et qu’on réclame le plus souvent. Il y a ceux de la maison, soigneusement choisis par les adultes parce qu’ils avaient envie de lui faire partager et puis ceux de la bibliothèque que Saël aime découvrir, redécouvrir et emprunter.

Dans ceux qu’il réclame à chaque fois qu’on les rencontre, il y a « La boîte des papas » de Alain Le Saux avec une petite préférence pour « Papa conduit », parce que c’est souvent papa qui lit les livres et parce que Saël est un inconditionnel de voitures (ce n’est pas lui qui fera mentir les stéréotypes du garçon qui joue à la voiture ! ). Pour les mêmes raisons, il a aussi aimé « Ma voiture » et « Sur le chantier » de Byron Barton.

    

À deux ans, pas toujours facile de faire face à la frustration et souvent quand la colère l’emporte, après Saël nous réclame  « Grosse colère » de Mireille d’Allancé et « Max et les Maximonstres » de Maurice Sendak.

  

Vous l’avez compris, Saël a une passion, c’est le livre. Mais Saël aime aussi beaucoup la musique et chanter, alors on allie les deux et il apprécie « Roule galette » de Natha Caputo et Pierre Belvès et « La famille tortue » de Orianne Lallemand et Rosalinde Bonnet.

  

Et le coup de cœur du moment, parce que c’est difficile de tout quitter et de dire au revoir quand il faut partir dormir, c’est « Dis tu dors » de Sophie Blackall.

Des pistes de lecture, des livres à partager, des livres à découvrir …
Merci à Julie et à Saël.
Pour découvrir ce que lisait Saël l’été dernier, lorsqu’il n’avait pas encore 2 ans,
c’est par ICI, sur le blog des Lectures de Kik 

Rendez-vous le dernier vendredi de février, pour un autre Avis d’Enfants.  
Quand on a 5 ans, on peut déjà dire ce qui nous plaît dans un livre ! 

Tout est blanc. Il fait si froid

Lorsqu’il fait si froid,
Lorsque la neige crisse sous nos pas,
Lorsque le paysage est blanc,
Lorsque il fait bon lire, au chaud …

Une sélection hivernale, conçue À l’ombre du grand arbre

Il neige dans les bois chez Kik …

Il y a du blanc partout. Les flocons tombent de plus en plus. Il y a un tapis épais de neige sur le sol. Les animaux laissent des traces repas, qui mènent à cette maison remplie de chaleur. On y lit une histoire. J’aimerai bien être avec eux, à écouter moi aussi.
Jour de neige de Delphine Chedru, Autrement, 2013.
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Il fait un peu froid Dans le tiroir à histoires …

Une promenade sous la neige dans un univers fourmillant et coloré. De superbes planches illustrées, une atmosphère pétillante et déjantée, le plein de peps dans la froidure de l’hiver !

Il Neige dans la Ville des Animaux de Hannamari Ruohonen, Syros, 2008.

 

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On se les gèle carrément Dans le tiroir à histoires,

Retrouvez votre coeur d’enfant, et revivez cette excitation bouillonnante de l’attente de la neige tant espérée et la joie folle dés les premiers flocons tombés : Un bel album, comique, poétique, et plein de joie !

Il Neige de Uri Shulevitz, Kaléidoscope, 1998.

 

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Je crois que l’on aime la neige Dans le tiroir à histoires,

Quand il fait nuit et froid dehors, et qu’on se recroqueville dans les maisons tout près du feu, un petit lutin veille sur tout le monde. Dans le silence de la nuit, à petits pas dans la neige, il va faire son tour de bonne nuit. Un doux conte d’hiver à l’atmosphère un peu magique, servi par les illustrations particulièrement réussies de Kitty Crowther.

Lutin veille, Astrid Lindgren et Kitty Crowther, Pastel, 2012

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Décidément … il y a encore de la neige à déblayer Dans le tiroir à histoires,

Dans le silence feutré de la forêt enneigée, chacun voudrait bien se faire une petite place au chaud. Alors on se serre un peu pour se réchauffer le corps et le coeur. Des illustrations absolument magnifiques pour cette version méconnue de La moufle.

Une petite place pour moi ? de Loek Koopmans, Editions Iona, 2009.

 

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Il y a un échange de boules de neige avec  Kik,

 

Une autre version du conte russe La Moufle, illustré par Cécile Hudrisier.

La Moufle de Florence Desnouveaux et de Cécile Hudrisier, Didier Jeunesse, 2013.

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La neige il y aurait pu en avoir à Noël chez Kik,

Une petit fille, un pull à col montant (il semble chaud), des joues rougies (par le froid ?), sur un fond noir, elle donne l’impression de poser pour l’objectif d’un photographe. Ce ne sont pas les cadeaux qui sont attendus avec impatience, mais Martin, ce cousin coiffé d’un bonnet rouge. Ils avaient prévu une nuit de Noël pleine de suspens, pleine d’aventures, liées à la venue du Père Noël.

Il n’y a jamais eu autant de neige de Fabienne Burckel, Sarbacane, 2013.

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Mais il ne faisait pas assez froid cette année. Une histoire qui réchauffe le coeur chez Kik ,

Il n’y a pas que Martin qui est bloqué par la neige le soir de Noël. Un petit roman, sur Noël,  la neige et les hasards de la vie. Parfois être bloqué avec des inconnus, ce n’est pas si mal. Cela peut même être très plaisant !

Le problème avec Noël d’Agnès de Lestrade
illustré par Clémence Pollet, Le Rouergue, 2012.

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Un livre plein de neige raconté par les lutines,

Les flocons évoquent souvent ces bonheurs d’enfants (glissades, boules et bonhommes de neige), mais cet album nous raconte une tout autre histoire où la neige et le froid deviennent bien angoissants.

Un jour de neige, de Fujiwara Kazue et Koshiro Hata, Bayard Jeunesse

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Une bibliothèque enneigée, ça donne un autre livre raconté par les lutines,

Lucie a choisi un album bien différent. Un conte initiatique où l’on rencontre des animaux du grand froid, tantôt des obstacles tantôt des guides pour le jeune héros.

Ushi, de François Roca et Frédéric Bernard, Albin Michel.

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Saviez-vous qu’il neige aussi dans le terrier du Lapin Blanc ? À lire au pays des merveilles …

Anoki ne se laissera pas chiper le joli poisson qu’il vient de pêcher, par les animaux de la banquise alléchés ! Il a hâte de rentrer chez lui et de le préparer pour dîner à ses enfants qui « adooooooooorent » le poisson, …bien évidement !
Hilarant !

Anoki de Jean Leroy et Emmanuelle Eeckhout. Pastel, 2013

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Dans les romans,  il y a du givre,
On y retrouve aussi l’hiver …

De la neige, À lire au pays des merveilles,

Juillet 2035 à Aurillac : le soleil a disparu laissant place au froid intense. Petit à petit les pins grignotent l’espace, rongeant au fur et à mesure l’espèce humaine. Comment alors survivre à cette atmosphère apocalyptique ?

Le dernier hiver de Jean-Luc Marcastel. Hachette , 2011 (Black Moon)

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Nathan a sorti ses gants, son écharpe, et affronte le froid …

Un décor neigeux, froid et hivernal pour placer une histoire d’amour douce et sucrée. A déguster dans un fauteuil devant une cheminée, un poêle (ou au chaud dans son lit au pire) avec un bon chocolat chaud.

Entre toi et moi de Stephen Emond – Albin Michel Wiz, 2013

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Qu’importe le flacon pourvu qu’on est l’ivresse du froid, et de la neige …

« Neige » est une peinture. Celle d’un Japon raffiné et d’une sagesse centrée sur la beauté, la nature, la philosophie.
« Neige » est une danse. Une danse sur le fil de la vie où se côtoie la vie, la mort et l’amour.
« Neige » est une musique. Celle des mots ciselés à la perfection, à l’image des haïku que vénère Yuko, le poète de la neige.
« Neige » est une calligraphie qui en quelques traits d’une pureté inouïe nous trace le destin croisé de deux hommes, l’un au crépuscule de sa vie, l’autre à l’aube de la sienne.
« Neige » est une poésie en prose qui enchantera votre âme.

Un conte philosophique pour plus grands, à partir de 15-16 ans.

Neige, Maxence Fermine, Editions Arléa, 1999 (version audio, Le livre qui parle, 2012) Qu’importe le flacon au sujet de la version audio

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Qu’importe le flacon nous embarque de l’autre côté de l’Atlantique …

Sous des apparences de bluette à la mode, matinée de fantastique, ce titre va en bluffer plus d’un ! Et si, derrière les rêves, se profilait la pire des réalités, un des événements qui a à jamais bouleversé le monde ? Un titre qui ne manquera pas de vous faire frisonner ! A ne surtout pas lâcher avant la fin !

Bal de Givre à New York de Fabrice Colin, Albin Michel Wiz, 2011.

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Bonus offerts par des bonhommes de neige …
Des sélections hivernales, avec d’autres livres à découvrir …

Chez Méli-mélo de livres,  Monsieur Hiver prend ses quartiers pour quelques mois : une sélection méli-mélo pour rendre cette saison bien plus sympathique

Maman Baobab, Brrrrrrr Il fait si froid !

Bouma, un deuxième lot de neige chez Bouma …

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Et puis un petit dernier flocon pour le plaisir  ! 

Dés que les premiers flocons commencent à tourbilloner, l’excitation grandit. Pour Archi l’ours, impossible de trouver le sommeil sans imaginer toutes les aventures qui l’attendent le lendemain. Un album de saison ….

Joyeuse neige de Martine Laffon et Chloé du Combier, Éditions du ricochet, 2013.