Le Livre d’où l’on vient … Kik

 

A l’Ombre du grand arbre cet été, on va vous révéler un petit bout de nous, un petit peu de cette sève qui chacun(e) nous anime, un petit de peu de ce feuillage qui nous réunit.

Un brin nostalgique mais tout à fait réjouissant, chacun notre tour, nous allons vous dévoiler le livre qui a changé notre vie ou qui du moins, nous a beaucoup marqué, voire qui nous a donné envie de créer un blog.

Alors, revenez par ici chaque semaine de cet été, et laissez vous nous raconter  :

« Le livre d’où je viens »

oooOOOooo

Désormais, je connais la date. Pour préparer ce billet, je savais quel livre sortir de ma bibliothèque, mais j’avais oublié cette annotation de ma maman.
Désormais, je connais la date. Je suis fan du Petit Nicolas depuis décembre 1992, j’avais 8 ans et demi.

Le Petit Nicolas, pour l’enfant que j’étais, ce sont ….

…. des histoires courtes, que l’on peut lire tout seul, même si on n’est encore qu’un lecteur débutant,
… des histoires drôles, avec lesquelles on passe de bons moments de rigolades,
… des histoires pleines de bêtises, et c’est bon !
… des histoires du quotidien, qui apportent des anecdotes sur les parents, les voisins, la maîtresse, les jeux dans la cour de l’école.
… des histoires qui se suivent, qui se ressemblent un peu, car on retrouve toujours la même bande de copains (J’adorais ça!), mais sans arrêt dans de nouvelles aventures.
… des histoires à découvrir, lors de leur parution, des sorties d’ouvrages à surveiller, pour essayer de compléter la bibliothèque.

Le Petit Nicolas, pour l’adolescente que j’étais, c’était un auteur : Sempé. De fil en aiguille, je me suis intéressée à ce qu’avait fait cet auteur en dehors du Petit Nicolas. J’ai découvert ses albums de dessins, avec ces personnages marqués, par leur métier ou leur lieu de vie. J’ai découvert aussi les dessins de presse, les messages glissés dans ces quelques traits que je croyais lancés à la légère.
L’album que je préfère, c’est sûrement Les Musiciens. J’adore ces instants captés avec justesse, alors que dans un livre, il n’y a aucune musique. J’ai eu l’impression de sentir vibrer les instruments dessinés par Sempé.

Alors des Histoires du Petit Nicolas, et des bouquins de Sempé, j’en ai quelques-uns

d280b0325d9b11e3aecf0ac913b3a2f4_8

BONUS… 
Récemment il avait été question du Petit Nicolas à la radio.
C’était sur France Info, c’était par ICI.

Les livres d’où je viens – Bouma

A l’Ombre du grand arbre cet été, on va vous révéler un petit bout de nous, un petit peu de cette sève qui chacun(e) nous anime, un petit de peu de ce feuillage qui nous réunit.

Un brin nostalgique mais tout à fait réjouissant, chacun notre tour, nous allons vous dévoiler le livre qui a changé notre vie ou qui du moins, nous a beaucoup marqué, voire qui nous a donné envie de créer un blog.

Alors, revenez par ici chaque semaine de cet été, et laissez vous nous raconter  :

« Le livre d’où je viens »

*************

J’ai longtemps cherché quel était LE LIVRE, celui qui a changé ma façon de voir la lecture, celui qui a bercé mon enfance, ou mon adolescence…
J’ai longtemps cherché et n’ai rien trouvé !

Et puis, au détour d’une conversation, il y a quelques jours seulement…
des enfants m’ont presque supplié de convaincre leur mère de les lire…
lire :

Ces romans que j’affectionne particulièrement…
qui développent un univers foisonnant, magique et aventurier ;

Ces romans qui ont chez moi déclenché l’envie de faire mon métier en direction de la jeunesse ;

Ces romans qui ont déjà bercé plusieurs millions de jeunes gens,
qui leur ont donné envie de lire,
de relire des milliers de pages ;

Ces romans qui, depuis la disparition de leur auteur, ont encore pris plus de valeur,
comme une trace certaine dans la construction de la littérature de jeunesse moderne,
comme un symbole de l’envie des adolescents à se passionner pour la lecture ;

Ses romans, ceux de Pierre Bottero,
et en particulier la Quête d’Ewilan, suivi des Mondes d’Ewilan.

Ils sont pour moi l’eau qui a fait éclore ma passion pour la littérature de jeunesse.

Alors, très chère Pépita, je me joins à tes enfants, LIT PIERRE BOTTERO !

Le livre d’où je viens – Carole

A l’Ombre du grand arbre cet été, on va vous révéler un petit bout de nous, un petit peu de cette sève qui chacun(e) nous anime, un petit de peu de ce feuillage qui nous réunit.

Un brin nostalgique mais tout à fait réjouissant, chacun notre tour, nous allons vous dévoiler le livre qui a changé notre vie ou qui du moins, nous a beaucoup marqué, voire qui nous a donné envie de créer un blog.

Alors, revenez par ici chaque semaine de cet été, et laissez vous nous raconter  :

« Le livre d’où je viens »

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

J’aurais pu vous reparler de Max et les Maximonstres de Maurice Sendak avec lequel j’ai appris à lire, ou bien du chef d’oeuvre de Laclos, Les Liaisons Dangereuses, qui m’a ouvert les portes de la Grande Littérature, ou encore de Adieu Gary Cooper de Romain Gary, mon auteur d’amour. Mais non ! J’ai choisi de vous parler d’un roman ado qui a changé ma vie et qui est surtout à l’origine de mon blog 3 étoiles. Il s’agit de Metal Melody de Maryvonne Rippert, paru en 2010 chez Macadam, Milan.

téléchargement

C’est au détour du rayon ado de ma médiathèque que ce livre m’a attirée. Irrésistiblement. Comme le papillon de la couverture. Et le titre comme un aimant.

La 4ème de couverture parcourue. C’est l’histoire d’une ado, Luce, qui trouve une lettre de sa mère partie prétextant un voyage en Australie pour son travail. Quatre mois sans nouvelle. La jeune fille découvre l’indépendance et la liberté sur fond musical rock’n’roll métal. Passée l’euphorie des premiers jours de liberté, les questions vont s’enchaîner : pourquoi ? où est-elle vraiment ? que faire ?

Une relation mère-fille compliquée, de la musique, les affres de l’adolescence, un premier amoureux au doux prénom, Esteban, un voyage initiatique en Andalousie, des guitares qui pleurent, du flamenco, le soleil, les rencontres humaines marquantes, une histoire de vie révélée, et une jeune fille qui grandit. Il n’en fallait pas moins pour me convaincre. Je suis partie avec ce roman, je l’ai lu d’une traite. Une fois, deux fois, dans le même weekend.

Je suis tombée en amour pour cette Luce, (ou bien Luz), et j’ai adoré le style, le ton et l’écriture de son auteure. Tout en intensité, tout en authenticité. Un vraie découverte qui marque. Et qui m’a donnée envie d’ouvrir un blog consacré à la littérature jeunesse. Pour partager mes lectures, pour mettre humblement un peu de lumière sur certains livres, pour donner envie à d’autres de les lire. La suite, vous la connaissez sûrement…

Et puis, il y a eu ma rencontre avec Maryvonne Rippert au Salon de Montreuil en 2012. Moment émouvant pour moi. Et une jolie dédicace dans mon exemplaire que je garde précieusement. Depuis j’ai lu d’autres romans de cette auteure, et je vous conseille d’en faire autant.

Enfin, ce roman a nourri en moi le rêve de découvrir l’Andalousie, et plus particulièrement Grenade et l’Alhambra. C’est chose faite depuis avril dernier. Pour l’occasion, j’avais emporté mon livre afin de refaire le voyage avec Luce pour de vrai !

1491696_10152227385589822_8438465706819702763_nMetal Melody a reçu plus d’une dizaine de prix dont celui des Incos en 2012 dans la catégorie 3ème/2nde.

Parfois, on a la chance de lire un livre qui marque plus que d’autres. Et qui déclenche une avalanche de jolies choses. Et pour ça, merci Madame Rippert.

Comme un funambule sur son fil…

Il ne s’agit pas d’une sélection sur le cirque…

Mais d’un roman d’une jeune auteure belge prometteuse, Marie Colot, illustré par Rascal, belge lui aussi. Publié chez Alice jeunesse, dans la collection Deuzio.

Et qui de mieux pour partager cette lecture que ma copinaute Céline, belge elle aussi ?

Une lecture commune donc en tête-à-tête (qui n’est pas une première pour nous deux) sur un roman qui est loin de laisser indifférent : une relation particulière entre une jeune fille et une vieille dame, sur fond de drame familial…

Jugez plutôt…

Pépita : Le titre m’a beaucoup intriguée : Souvenirs de ma nouvelle vie. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Et toi ?

Céline : Moi non plus… Surtout que le mot « souvenirs » évoque davantage le passé que l’avenir ! Du coup, ce titre m’a d’emblée intriguée ainsi que l’illustration de Rascal. Quel allait pouvoir être le dénominateur commun entre les deux ? Le résumé de 4e de couverture n’a fait que jeter davantage le trouble… J’étais ferrée. Plus qu’une seule solution : entamer l’histoire…
C’est toi qui la résume ?

Pépita : Exactement comme toi…souvenirs…nouvelle vie…un appareil photo…de quoi ça parle ?
C’est l’histoire d’une jeune fille de presque 12 ans, Charlie, dont l’ambiguïté du prénom la gêne beaucoup même si elle en joue. Elle vient de vivre le « pire des pires jours de sa vie » et ce déménagement en est la conséquence, ainsi que des parents hyper-étouffants et hyper-protecteurs. Pour tuer l’ennui, Charlie décide de faire connaissance avec ses voisins d’immeuble. Munie de son Polaroïd, elle leur demande l’autorisation de prendre une photo de la vue de chaque étage. En même temps, elle « vole » ou « emprunte » un objet de chaque personne sur son passage. Elle va essuyer des refus mais aussi faire des rencontres surprenantes, notamment cette vieille femme excentrique du troisième, Mme Olga. Va se tisser entre elles un lien curieux, fragile mais fort. Quelque chose à ajouter Céline ?

Céline : Non, cela me semble parfait… Juste préciser que Charlie a une façon bien à elle d’appréhender le monde qui l’entoure, ce qui en fait un personnage terriblement attachant qui nous accroche le cœur dès les premiers mots. Je pense que le succès de ce titre est en partie lié à sa personnalité hors du commun et à son idée géniale de voyager sans quitter son immeuble ! Son « Carnet d’exploration des étages », on aurait bien envie de l’adopter, nous aussi, et de l’adapter à notre sauce…

Pépita : Je l’ai trouvée aussi épatante cette Charlie ! Une sacrée personnalité, des ressources qu’elle puise en elle, une volonté de faire les choses qu’elle a décidé envers et contre tout, une exigence dans ses relations aux autres, un regard très lucide sur le monde des adultes, une façon de gérer le drame familial traversé et dont elle souffre aussi énormément, mais elle a décidé d’en faire une force. Sans le savoir, elle se guérit toute seule, sinon elle sent bien qu’elle pourrait s’écrouler elle aussi et sombrer. Un vrai tourbillon qui emporte dans son sillage les adultes, Mme Olga et aussi ses propres parents.
D’ailleurs, comment tu les as perçu les parents de Charlie ?

Céline : Comme des parents, foudroyés par un drame – ou plutôt des drames ! Le père tente tant bien que mal de maintenir l’église au milieu du village, mais ce n’est pas simple. La famille doit faire le deuil de tant de choses… Tous leurs repères sont bouleversés, toutes leurs façons de faire balayées. Ils ne sont plus les parents qu’ils étaient. Et qui sommes-nous pour leur jeter la première pierre car, le pire des pires jours de leur vie, personne ne voudrait le vivre ! Comme tu le dis, grâce à sa personnalité et à ses rencontres, Charlie se guérit mais, dans son sillage, elle guérit aussi son entourage. As-tu le même ressenti ?

Pépita : Oui, par rapport à ses parents, c’est terrible. Ils essaient de se maintenir la tête hors de l’eau. Le papa m’a beaucoup touchée dans sa façon de vouloir garder le cap malgré tout. Il n’a pas rompu le dialogue avec Charlie. Pour la maman, c’est très différent. Cependant, j’ai trouvé que Charlie a bien du mal à trouver sa place dans tout ça et que ses parents ne lui tendent guère de perche. Ils sont trop ensevelis par leur chagrin et comme tu dis, on ne peut pas leur en vouloir. Charlie secoue tout ce petit monde, elle refuse de se laisser submerger, elle fait un très beau chemin de résilience et réussit à redonner le sourire et l’envie de vivre à ses parents, surtout à sa maman. C’est un aspect du roman absolument lumineux.
Et Mme Olga, cette fameuse Madame Olga, comment tu l’as perçue ? Intrigante, non ? J’ai encore même du mal à comprendre leur attirance réciproque…

Céline : Oui, tu as raison pour la mère. Mais, en même temps, elle est doublement victime, et dans son cœur et dans sa chair ! Pour Olga et Charlie, je pense qu’elles ont toutes les deux les mêmes fêlures. Toutes les deux vivent des événements qui brisent le cours de leur vie, un accident pour l’une, la maladie pour l’autre. Les relations familiales ne sont en outre pas simples, ni pour l’une ni pour l’autre. Elles sont toutes les deux sur le fil… Pour ne pas sombrer, elles recourent à leur imaginaire : l’exploration des étages pour l’une, la vie par procuration pour l’autre… Elles partagent aussi cette même soif de vivre, ce même regard curieux sur ce qui les entoure. Bref, malgré leurs différences (la première étant la différence d’âge), je pense que chacune se retrouve dans l’autre et y puise la force d’aller de l’avant. Et toi, qu’est-ce qui t’intrigue tant chez cette madame Olga ?

Pépita : Ce personnage m’a mise mal à l’aise. Elle trompe Charlie et j’ai trouvé cet aspect difficile. Charlie donne plus d’elle que Mme Olga ne le fera jamais. Je l’ai « excusée  » à un moment donné en me disant qu’avec l’âge, elle devenait gâteuse. Mais non. Elle se cache derrière son affabulation. Et elle la sert à Charlie qui, elle, a été loyale avec elle. Quand elle s’en aperçoit, elle le vit comme une trahison d’ailleurs. Mais une trahison qui va prendre le chemin du pardon. Dans ce roman, ce sont les adultes qui apprennent des enfants et non l’inverse.

Céline : Pour te répondre, j’ai relu la fin… Et non, je ne partage pas ton avis. Le personnage d’Olga m’a fait penser à ma grand-mère qui travestit de plus en plus la réalité. Même si Charlie est trop jeune pour mettre des mots sur ce qui arrive à son amie, elle finit par le comprendre. Le lecteur aussi, grâce au carnet d’Olga et à la petite carte qui se trouve à la fin. Une autre habitante de l’immeuble lui explique « le truc du funambule » : « Il existe un fil invisible sur lequel chacun marche. Il arrive que certains basculent. Et tombent. On ne sait où. Parce qu’il n’y a ni trou ni vide. » Olga est tombée ! Charlie le sent, ce qui explique son projet final et la chute de l’histoire…

Pépita : La résilience, c’est aussi le thème de ce roman que l’auteure a choisi d’aborder par cette métaphore de l’appareil photo de Charlie. Ce parti pris est accentué par les illustrations de Rascal : des sortes de tampons-images en noir. Tu l’as ressenti aussi comme cela ?

Céline : Oui et cet appareil a une fonction différente pour l’une et pour l’autre. Pour Charlie, il lui permet de s’évader de la cage dorée que ses parents dressent, bien malgré eux, autour d’elle et, pour Olga, c’est l’inverse il me semble : ses photos la raccrochent à une certaine réalité qu’elle fuit inexorablement. Les illustrations en noir et blanc renforcent cette idée de négatif et de positif, cette idée aussi de funambule qui, à tout moment peut basculer d’un côté ou de l’autre… De par leur duo improbable, elles arrivent à trouver un équilibre et à se sauver l’une l’autre.

Pépita : Tout à fait d’accord avec toi pour la fonction révélatrice à l’endroit à l’envers de l’appareil photo. Pour Olga, je vais donc relire la fin alors…Manifestement, je suis passée à côté de quelqu’un…

***

Dans ses romans, Marie Colot a l’art de rendre vivants ses personnages, à tel point qu’ils nous paraissent de chair et de sang !  Il suffit de parcourir notre discussion pour s’en convaincre.  J’espère que celle-ci donnera envie à d’autres lecteurs de découvrir cette jeune auteure de talent.  Merci Pépita pour ce moment de partage.  J’ai envie d’emprunter ta citation fétiche pour conclure :

« Un livre est une fenêtre par laquelle on s’évade. »
Julien Green

Ce fut doublement le cas avec ce titre !

* Nos billets :
Souvenirs de ma nouvelle vie sur Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait LIVREsse et sur Méli-Mélo de livres
En toutes lettres, le premier roman de Marie Colot
Le site de Marie Colot

Son dernier roman paru en avril dernier :

A l’origine de ce roman singulier, une aventure d’écriture collective de sept mois avec dix-huit classes d’enfants de dix à douze ans…

Lecture commune : Le coeur des louves

Entrez donc au coeur de ce village perdu dans la montagne … sentez sous vos pieds les pierres qui roulent en bas des chemins, armez-vous de bonnes chaussures de marche pour les arpenter et ouvrez grands vos yeux aux rues escarpées, aux arbres qui règnent sur la vallée, au seul toit qu’est le ciel, et aux merveilles dont regorge la nature.

Ou alors retirez ces chaussures, munissez-vous d’un seul habit léger et laissez vos pieds caresser la terre et l’herbe et l’eau et les chemins, sentez contre vous le vent de la montagne, entendez son chant éternel qui se mêle à celui de la nature et humez les senteurs humides de la forêt … et celles du règne animal.

Entrez dans l’univers foisonnant de Stéphane Servant …

Nathan: Le cœur des louves, une lecture intense et éprouvante qui a su tous nous toucher au plus profond de nous … une seule sensation que vous retenez de ce moment de lecture ?

Pépita: Quelques semaines après cette lecture très marquante, j’entends un seul bruit : un cœur qui bat, qui bat, qui bat, qui bat…BOUM BOUM BOUM, celui de la forêt, celui du torrent qui dévale la montagne, celui des loups, celui des hommes mus par la haine et l’amour, deux sentiments ambivalents qui ne font finalement plus qu’un dans ce roman qui palpite comme la vie elle-même.

Kik: Le froid de la forêt et son humidité m’ont remplie au fil du roman. Je me suis sentie au milieu des arbres, avec le personnage. Cet endroit m’a paru hostile, tout en demeurant un lieu de refuge.

Carole: Pour moi, ce qui reste encore palpable plusieurs mois après la lecture, c’est la tension : tension de la Nature qui reprend ses droits, tension intérieure du personnage-narratrice Célia, tension-survie de la grand-mère, tension entre les personnages du passé et du présent, et enfin tension, la mienne, à la lecture de ce roman qui est venu subtilement me toucher là où ça fait mal parfois, tension des secrets, tension de la nuit, tension de la filiation, tension des émotions fortes.

C dans le Tiroir: Si je devais retenir une sensation, ce serait un son : Le hurlement des loups continue de résonner longtemps après la lecture… c’est un son à la fois inquiétant et hypnotisant, à l’image de cette nature qui comme l’a dit Kik est à la fois hostile et réconfortante. C’est la tentation du retour à la nature, au primitif, le besoin de réveiller nos instincts animaux, de se libérer aussi.
Pour ce qui est du visuel, c’est le noir qui prédomine. La pénombre de la forêt, l’obscurité de la grotte, mais aussi évidemment la noirceur des hommes et de leurs secrets…

Nathan: Le noir, le froid, la tension … un roman sombre et dur selon vous ?

Carole: Sombre ? non. Dur ? non. Eprouvant, troublant, époustouflant : oui

Kik: Oui, sombre et dur pour moi mais aussi troublant, crispant, prenant, … Il est difficile de définir ce roman. Il y a beaucoup de sentiments ou sensations différents.

Pépita: Sombre et dur, je ne dirais pas ça non plus. Ce roman a le souffle d’une épopée, une épopée familiale comme il en existe tant mais à replacer dans son contexte. C’est un roman grandiose.

C dans le tiroir: Sombre : oui, évidemment, mais pas éprouvant, au contraire, en ce qui me concerne, je n’ai pas pu le lâcher, et malgré la tension palpable, il ne m’a jamais mise mal à l’aise. Et puis sous la noirceur, il y a aussi la pulsion de vie, la transmission, l’amour des femmes pour leurs enfants, donc quelque chose de plus lumineux, « la vie qui palpite », pour citer Pépita.

Sophie LJ: Pour moi, ces trois mots résument bien l’ensemble de l’histoire. Il est sombre et dur mais dans le bon sens du terme, il y a beaucoup d’émotion dans ce roman et toutes ses vies qui tournent et souffrent autour de ces secrets, elles en deviennent passionnantes car ce sont des vies de battantes !

Nathan: La vie qui palpite … le roman alors, malgré sa noirceur, malgré certains moments éprouvants, regorge de vie.
Mais quelle est-elle pour vous ? Une légende de montagne, une histoire de générations … et de femmes, un hymne à l’amour, l’amitié, la famille, le passage d’une adolescente à l’âge adulte … quel est le message, l’histoire que vous retenez ?

Pépita: Avant tout, une histoire de secrets. Et les secrets finissent toujours par déborder, comme les ruisseaux se transforment en rivières. Ils finissent par vous rattraper. Célia le sent. Célia veut savoir. Et sa grand-mère a tout fait pour qu’un jour elle puisse en trouver les clés. Car elle savait elle aussi la force des secrets.

Carole: J’emprunte à Sören Kierkegaard cette sublime citation « la nature féminine est un abandon sous forme de résistance » : c’est une histoire de femmes sur plusieurs générations, une histoire d’abandon de soi et surtout une histoire de résistance au temps, aux secrets, à la cruauté. Entre survie, abnégation et résilience.

Sophie LJ: L’histoire que je retiens, c’est principalement celle de Tina et donc dans la logique celle de cette famille avec ces femmes si proches et si lointaines à la fois.

Nathan: Pour décrire ce roman de sens et d’émotion, ce roman sombre et plein d’espoir, ce roman de vie, je vous propose de lui associer des images, couleurs, etc …
Alors pour vous, quelle est la couleur de ce roman ?

Pépita: J’en choisirais deux : le noir et le rouge. Mais un noir sombre et soyeux à la fois, comme la forêt mystérieuse dans les montagnes et le lac étincelant sous la lune, et un rouge comme le sang de la vie et de la mort, comme celui qui coule dans nos veines et qui est plus fort que tout ou arrêté dans son élan de vie par la folie des hommes.

C dans le Tiroir: Oui, noir et rouge, un peu comme la couverture. Ou noir et blanc, comme les vieilles photos cachées, comme le corps nu d’une fille la nuit dans un lac, comme des hommes armés dans la neige…

Carole: Le noir pour la part de sombre de chacun, et le blanc pour la lumière de la Lune…comme une vieille photographie gardée précieusement.

Nathan: Moi j’aurais dit le vert … celui de la forêt, et celui de l’espoir.

Une odeur ?

Kik: Quand je pense à ce roman, je sens l’odeur du feu. Car ça brûle, il y a des incendies criminels et on a aussi l’impression que le cœur des personnages brûle. Ça flambe ou ça fume, comme un feu qui ne veut pas s’éteindre.

Pépita: Ce serait plutôt pour moi l’odeur de l’humidité : celle de la forêt, du lac, de la maison fermée depuis longtemps, …et le froid qui pénètre partout à cause d’elle et qui endurcit les cœurs.

Sophie LJ: J’aurais dit l’odeur du froid, de la montagne, de la neige…

Carole: Celle de la rosée du matin, l’herbe qui repousse, la mousse dans la forêt….quand tout (re)naît après la tempête.

Nathan: Une sensation tactile ?

Pépita: Ce que j’imagine être le contact d’une peau de bête sur un corps nu…

Sophie LJ: La sensation que je retiendrais est plus extérieure car il s’agit du frisson : celui provoqué par la montagne, par la peur, par la colère…

Carole: La peau, le contact entre les mains d’une grand-mère et de sa petite-fille.

Nathan: Un son ?

Pépita: La rivière qui dévale de la montagne.

Sophie LJ: Je pense au cri des loups dans la nuit.

Kik: J’entends une course effrénée dans la forêt , avec des bruits de branches cassées sous les pas du fugitif.

C dans le Tiroir: Un hurlement de loup, à la fois terrifiant et libérateur, et aussi le battement d’un coeur au rythme d’une cavale dans les bois, bien sûr, je crois encore l’entendre d’ailleurs…

Carole: Les craquements de la forêt.

Nathan: Une image ?

Pépita: Plus difficile tant les images me viennent…Je dirais : le mystère de la chambre de Tina et tout ce que cela représente en interrogations pour Célia sur le passé de sa famille. C’est aussi pour moi une résonance plus personnelle et j’ai eu longtemps peur pour elle.

Sophie LJ: Je vois celle de la grotte où se réfugie Tina pendant plusieurs mois.

C dans le Tiroir: celle de la photo de Tina tondue dans la neige s’est hélas imprimée dans mon esprit comme si c’est moi qui l’avait découverte !

Carole: Ces mots qui m’ont bouleversée et qui résonnent encore « Ces femmes qui ont dans le cœur un éclat de nuit qui les pousse à marcher à côté du monde. »

Pour en savoir un peu plus sur le roman à travers nos avis: Nathan, Pépita, Sophie LJ, Kik, C dans le Tiroir, Carole