Notre liberté d’aujourd’hui, nous la devons à nos aïeux…

Mon arrière grand-père était à Verdun. Comme brancardier.
Le grand-père de mon mari, aussi. Comme brancardier aussi.
Se sont-ils rencontrés ?
Il m’arrive d’y penser…

Je me souviens de mon arrière grand-père quand j’avais 7-8 ans.
Il avait du mal à évoquer ces souvenirs-là. Beaucoup de pudeur. En chuchotant.
Mais je me souviens surtout de son regard quand il lui arrivait d’en « parler ».
Un regard de peur et de désolation.
Un regard grave et si loin. 
Il disait toujours aussi qu’il ne fallait plus revivre cela.
Mais je me souviens que c’était comme une prière muette.
Qu’au fond de lui, il n’en était pas si sûr…
Que cela ne se reproduise pas.

Quand on a 7-8 ans, et que c’est l’un des rares souvenirs qu’il reste de son arrière grand-père, on s’en souvient aussi…

µµµµµµµµ

Quand ils sont partis au front, la fleur au fusil, ils se sont peut-être dit…

Un incroyable document d’une rare richesse : il s’agit du récit anonyme des premières semaines de mobilisation d’un poilu durant l’été 1914.

On les aura ! Barroux-Seuil jeunesse

Chez Les lectures de kik aussi

µµµµµµµµ

Si ces deux brancardiers à Verdun se sont parlés, peut-être qu’ils se sont dit…

Tout commence par l’ennui d’un Roi. Il se fait conseiller par un charlatan…

Quelle drôle d’idée la guerre ! Eric Battut -Didier jeunesse

µµµµµµµµ

Et s’ils entretenaient une correspondance avec leur famille, peut-être que ces mots-là sont les leurs aussi…

Un livre témoignage sur le destin de Pierre et de sa femme Elisabeth, jeunes mariés et instituteurs. Lui part au front et elle, elle reste. Ils vont correspondre durant ces quatre années. La guerre vécue de l’intérieur. Bouleversant.

L’horizon bleu, Dorothée Piatek, Seuil jeunesse

Pas d\

Il en existe un spectacle mis en scène par la Compagnie La boite à sel

µµµµµµµµ

Et leurs enfants dans tout ça ? Ils devaient beaucoup y penser…

 Quand un jeune garçon londonien découvre l’horreur de la guerre.

Un roman très touchant.

Mon père est parti à la guerre, John Boyne -Gallimard jeunesse

Chez Les lectures de kik aussi

µµµµµµµµ

Les mots n’ont jamais réussi à franchir les lèvres de mon arrière grand-père sur cette période douloureuse de sa vie…

Il a aussi connu la seconde guerre mondiale…Là, il m’a un peu raconté…ce qui s’était passé, dans son village…Ma grand-mère, sa fille, aussi…mais c’est une autre histoire…

Ça fait beaucoup dans une seule vie, non ?

Mon autre arrière grand-père n’en est pas revenu…En 1915, il a laissé une veuve et une petite fille de trois ans, mon autre grand-mère. Elle a aujourd’hui 102 ans…

Un Hors-série (Octobre-Novembre 2014) de la revue Géo sur le conflit : photos, dates-clés, batailles, enjeux,…

µµµµµµµµ

LES LIVRES GRAND FORMAT

La littérature jeunesse offre aussi une grande diversité dans la forme : tout-petits livres, cartonnés, souples, formats à l’italienne, très grands livres, livres pop-up

L’effet que procurent les livres grand format pour l’imagination est incroyable.

Les enfants ne s’y trompent pas et les plébiscitent.

Cette sélection vous propose d’y sauter à pieds joints…

Vous ne serez pas déçus du voyage…

ooOOOoo

LES GRANDS D’A LIRE AUX PAYS DES MERVEILLES

http://decitre.di-static.com/media/catalog/product/cache/1/image/9df78eab33525d08d6e5fb8d27136e95/9/7/8/2/7/3/2/4/9782732458014FS.gif

Bulle de Charlotte Demanie et Juliette Brax, De la Martinière jeunesse, 2013

Laissons-nous tendrement glisser dans les rêveries d’une petite fille.
Ambiance feutrée, teintes chaleureuses, ….un album pour s’évader.

L’ avis d’Alice

LES GRANDS DES LUTINES

http://2.bp.blogspot.com/-Zj8egpKeUV4/UZi08MpTCWI/AAAAAAAAFL0/JxTNaw7cHEQ/s1600/blaise-et-le-chateau.gif

Blaise et le château d’Anne Hiversère de Claude Ponti Ecole des Loisirs

Coup de cœur pour ce splendide album qu’on ne se lasse pas de regarder : Adèle est conquise par son humour et les illustrations nous réservent encore des surprises… A lire, à voir et à revoir, sans modération !

L’avis d’Adèle

http://1.bp.blogspot.com/-zeUymf7p0t8/UXqKUgwN_1I/AAAAAAAAFFc/JP4LsooAPCQ/s1600/1220575-gf.jpg

Mon Grand Atlas illustré aux éditions Reader’s Digest

Vaste programme… Avec « Mon Grand Atlas illustré » aux éditions Reader’s Digest, Lucie est partie à la découverte des contrées les plus éloignées et n’en est pas revenue. Elle ne se lasse pas de le feuilleter et de rêver !

L’avis de Lucie

LES GRANDS DE LA LITTERATURE DE JEUNESSE DE JUDITH ET SOPHIE

 

Au même instant, sur la Terre…Clotilde Perrin Rue du monde

Ce grand livre s’ouvre dans un format accordéon pour nous plonger au cœur du monde avec le style tout en finesse de l’auteure-illustratrice. Sur chaque pan du livre, on découvre une partie du monde au même instant mis dans des fuseaux horaires différents. Voilà comment on fait le tour de la planète en 24 heures, sans sortir de chez soi !

L’avis de Sophie

LES GRANDS DE UN PETIT BOUT DE BIB(LIOTHEQUE)

Quand la qualité du travail et l’inventivité de l’imagination travaillent de pair, il faut forcément un livre format XL pour les mettre en valeur. Les albums de Fred Bernard et François Roca sont de ceux-là. Chaque livre est une invitation au voyage et à la causerie.

Au choix, partez en Egypte avec Anouketh

En Inde avec Uma la petite déesse

Dans les îles asiatiques avec La Fille du Samouraï

Ou à bord d’un bateau avec L’homme bonsaï….

Cliquez sur les liens pour retrouver les avis de Bouma

L’avis des Lutines

LES GRANDS DES LECTURES DE KIK

http://4.bp.blogspot.com/-cR2XsiI-_XU/U4PF_Hq6blI/AAAAAAAAIW8/nT7BVuMrKqw/s1600/10401799_859798704037561_793627004_n.jpg

Le secret le plus fort du monde de Gaël Aymon et Pauline Comis

Editions du Ricochet

Un grand livre plein de rouge et de vert, mais avec une ombre noir aussi. Un grand livre, dont l’histoire dit qu’il ne faut pas forcément être grand pour être fort.
Un conte sur la Nature. Un conte pour faire réfléchir sur notre place au milieu de cet écosystème.

L’avis de Kik

Marée Haute de Bernardo Carvalho Gallimard Jeunesse, 2013
.
La marée haute, très haute. On se dore le peau au soleil, dans cet album très grand, comme la plage.
.
LES GRANDS DE LA BIBLIOTHEQUE DE CHLOP
.
Axinamu de Gervais et Pittau Editions les Grandes personnes
.
Cet album est presque un hybride entre un documentaire (par la précision du trait) et un livre jeu (avec des caches, des animaux en pop up, un jeu de devinette) le tout sans texte, à part le nom des animaux.
.
Américanin Un chien à New York de Yann Kebbi-Michel Lagarde
.
Un album hors du commun, raconté à la première personne par un improbable chien au pelage aux couleurs du drapeau américain. Une visite de New-York étonnante et un beau travail d’éditeur (le papier épais, la couverture tissée, c’est un bel objet et le format le rend encore plus précieux).
.
 Image
Plein soleil Antoine Guillopé Gautier Languereau
.
Issa, le jeune chasseur chemine sous le soleil de sa savane. Son pas déterminé fait fuir les animaux sur son passage. Où va-t-il? Les pages découpées avec une minutie incroyable font de cet album un véritable objet d’art.
L’avis de Chlop
.
LES GRANDS DE MELI-MELO DE LIVRES
.
Je t’aimerai toujours, quoiqu’il arrive…Debi Gliori Gautier Languereau
Mes grands albums
.
Un grand album grand par sa tendresse…
.
Au pays de Titus de Claudine Galéa et Goele Dewanckel Le Rouergue
.
Un grand album extraordinaire par sa beauté et par le message qu’il délivre : laissons rêver les enfants, ils en grandissent bien mieux…
.
A la campagne de Laurie Cohen et Marjorie Bréal Balivernes éditions
.
Un album – hymne aux petits délices de la vie qui s’offrent dans ces petits moments où l’on perçoit qu’on touche vraiment à l’essentiel.
.
On en a parlé LA aussi
.
LES GRANDS DE Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait LIVREsse
.
Cendrillon, Un conte à la mode, Steven GUARNACCIA, Hélium, 2013
.
Une version haute couture XXL pour cette relecture d’un classique de la littérature enfantine.  Tout prend d’autres couleurs, d’autres textures lorsque c’est Steven Guarnaccia, professeur associé à la Parsons The New School for Design de New York et illustrateur internationalement reconnu, qui raconte !
.
L’avis de Céline du flacon
D’autres relectures de Cendrillon ici
.
Le mystère de la grande dune, Max Ducos, Sarbacane, mars 2014
.
Un album qui a pour cadre la dune du Pyla, dans le bassin d’Arcachon.  Un grand format qui sublime cette aventure de sauvetage en proposant des doubles pages à couper le souffle.  Vous ne lisez plus, vous y êtes !
.
.
Paul à la campagne, Michel Rabagliati, La Pastèque, août 2014
.
Une édition géante pour le 15e anniversaire de cette bande dessinée, particulièrement connue outre-Atlantique.  L’occasion pour nous de plonger avec le narrateur dans des souvenirs tendres et amusants de son enfance.  Une « graphic novel » qui s’adresse tant aux ados qu’aux adultes.
.
.
LES GRANDS DU BLOG DE LA COLLECTIONNEUSE DE PAPILLONS
.
Le livre du printemps, Rotraut Susanne Berner, La joie de lire
.
A travers ce livre promenade grand format on suit, comme sur un tapis de jeu, les déambulations des habitants d’une petite ville idéale ! Que j’aimerais me réfugier au centre culturel, déposer mon petit-pilote-de-berceau au jardin d’enfants juste à côté ou pique-niquer dans le parc près du lac ! Un album qui foisonne de détails à observer, à raconter !
Et le même existe pour chaque saison…
L’avis de Colette
.
Ça donne envie de s’y plonger à pieds joints tous ces beaux livres…
N’hésitez pas à nous parler de vos préférés !
.

LE livre d’où je viens-Pépita

A l’Ombre du grand arbre cet été, on va vous révéler un petit bout de nous, un petit peu de cette sève qui chacun(e) nous anime, un petit de peu de ce feuillage qui nous réunit.

Un brin nostalgique mais tout à fait réjouissant, chacun notre tour, nous allons vous dévoiler le livre qui a changé notre vie ou qui du moins, nous a beaucoup marqué, voire qui nous a donné envie de créer un blog.

Alors, revenez par ici chaque semaine de cet été, et laissez vous nous raconter  :

« Le livre d’où je viens »

oooOOOooo
.

Je suis tombée dans la lecture comme Obélix dans sa marmite…

Du moins est-ce le souvenir encore très vivant que j’ai de mon année de CP, il y a plus de 40 ans tout de même.

LE livre d’où je viens est sans conteste mon livre d’apprentissage de la lecture, que j’ai bien du mal à retrouver…

Méthode créee entre autre par Eugénie Mourlevat, cousine du père de Jean-Claude Mourlevat (auteur de littérature jeunesse), institutrice à Clermont-Ferrand.

Mes recherches m’ont menée vers ces deux méthodes qui existaient déjà dans les années 1970, mais aucune ne m’a réellement rendu ce flash que j’ai toujours…

Merci aux Editions Nathan pour cet envoi.

Merci aux Editions Nathan pour cet envoi.

Imaginez une salle de classe rurale avec des pupitres où on écrivait à l’encrier. Tous les jours, séance d’écriture et de lecture. A tour de rôle, chaque élève doit s’exercer à « lire » la leçon.

Lors de l’une d’elles, j’ai eu la révélation de ma vie…

Sur une double page, il y avait une maison avec 26 fenêtres correspondant aux 26 lettres de l’alphabet. Je la vois encore…C’était une méthode syllabique puisqu’on a commencé par les voyelles, puis les consonnes, puis les diphtongues.

Je me suis évadée de cet ânonnement sans fin, et là, j’ai compris : d’un coup, toc, ça m’est tombé dessus, ces lettres, j’arrivais à les assembler et elles avaient un sens. J’ai tourné les pages en pleine leçon et je saisissais ! Le monde m’appartenait. J’ai su, là, que je ne serais plus jamais seule. Comme j’étais au premier rang, l’institutrice l’a vu : elle a eu l’intelligence de me faire lire la page suivante…

Je savais lire !

Ça ne m’a jamais quitté. Les livres ont toujours été mon refuge. Lorsque je ferme les yeux, je revois cette scène très nettement et elle me touche toujours autant. Bien entendu, j’ai mis du temps à formaliser ce moment-là. J’ai eu d’autre émotions littéraires depuis, bien sûr, mais celle-ci a été fondatrice, ce qui me fait dire que le choix de mon métier n’est pas le fruit du hasard.

Je n’ai pas fréquenté de bibliothèques enfant. Bien plus tard… Et pourtant…

Le métier de bibliothécaire jeunesse est une passion pour moi, ou plus exactement, transmettre cette émotion-là à d’autres enfants est mon leitmotiv quotidien.

Je suis déjà très fière de l’avoir transmise à mes quatre enfants et je sais qu’on entre chacun très différemment dans la lecture, c’est un processus très complexe, mais lorsqu’on reçoit et qu’on apprend à entretenir ce flambeau, c’est un cadeau formidable, pour toute la vie…

Quant à la création de mon blog, elle vient aussi directement de là : partager et transmettre cette passion de la lecture et c’est un enrichissement perpétuel.

Et je terminerais avec cette citation de Montaigne, qui illustre fort bien mon propos :

« FAIRE LIRE UN ENFANT,

CE N’EST PAS EMPLIR UN VASE,

C’EST ALLUMER UN FEU. »

Pour ma part, ce feu allumé ne s’est jamais éteint…

P.S : Si vous aussi avez un souvenir de cette méthode, faites-le moi savoir, je serais si heureuse de la retrouver !

Et si nous allions au théâtre ?

Deux romans sur la même thématique parus à la même période (août 2013) :

3000 façons de dire je t’aime de Marie-Aude Murail- Ecole des loisirs

Double jeu de Jean-Philippe Blondel-Actes sud junior

On est trois à les avoir lus…

La révélation de jeunes gens par le théâtre, mais pas que…

Lectures croisées…

3000 façons de dire je t'aime

Double jeu

Les trois coups ont frappé…

Vous avez entendu ?

RIDEAU !

Pépita : « 3000 façons de dire Je t’aime » et « Double jeu » : deux romans parus à la même période…Pourtant, rien n’indique dans ces titres le thème principal qu’ils abordent tous les deux : le théâtre. Est-ce seulement cette thématique qui vous a attiré ou y a-t-il eu autre chose pour vous ?

Nathan : Le beau titre de l’un et son auteur culte pour le  Murail, la couverture superbe de l’autre et ses bonnes chroniques …
Mais oui sinon c’est le théâtre qui m’a attiré. Le théâtre qui depuis deux ans rythme ma vie de lycéen et me passionne énormément. Comme Quentin j’ai été en 1èreL spécialité théâtre … et comme ces trois jeunes dans le roman de Murail, le théâtre porte mon épanouissement.

Bouma : Comment dire… (je ne voudrais pas blesser Nathan) mais ce n’est pas du tout le théâtre qui m’a attiré dans la lecture de ces deux romans. Je dirais même que je les ai lus MALGRÉ le fait qu’ils abordent ce sujet. Pourquoi ? Parce qu’ils ont été écrit par deux auteurs que j’affectionne pour leur plume et leur talent : je ne rate pas un Blondel et j’essaie de lire un maximum de Murail.

Pépita : Non pas que je cherche à faire le compromis, mais pour ma part, c’est à la fois le théâtre et les deux auteurs qui m’ont attirée dans ces deux romans et je ne suis pas du tout déçue !

Rentrons dans le vif du sujet : Deux très beaux titres de romans : pouvez-vous, à partir de ces deux titres, donner un aperçu de chacun ?

Nathan : On a deux cas très différents dans ces romans …
D’une part, trois adolescents qui entrent dans les études supérieures et aimeraient bien renouer avec leur amour du théâtre, et celui-ci pourrait bien leur fournir … 3000 façons de dire je t’aime.
D’autre part, un jeune adolescent qui entre en Terminale mais dans un nouveau lycée, où à cause de sa turbulence, il doit repartir de zéro, va découvrir le théâtre et va découvrir qu’il n’y a pas qu’au théâtre qu’on peut être acteur; aussi le lecteur suit-il ce personnage et son … double jeu.

Et puis moi j’aimerais ajouter les mots de Marie-Aude Murail sur la très jolie dédicace qui était déjà sur le livre quand je l’ai reçu …

Bouma : Très belle description Nathan.
Pour Double jeu de Blondel, je suis plutôt partie sur un jeu de mots entre le « Jeu » scénique propre au théâtre (que va découvrir Quentin, le héros) et le double « Je » qu’il va éprouver, partagé entre ses origines modestes et le milieu huppé dans lequel il évolue désormais.
Pour 3000 façons de dire je t’aime, j’avoue ne pas avoir très bien compris la symbolique au premier coup d’œil. Le titre m’a paru très mystérieux car un peu trop girly pour le style de Murail. Et puis au fil de ma lecture, j’ai compris qu’elle souhaitait montrer qu’il n’y avait pas une seule façon d’aimer (une personne ou une passion) tout comme il n’y en a pas une seule pour le déclarer.
Et toi Pépita, comment tu les as vus ?

Pépita : Pour 3000 façons de dire je t’aime, je l’ai vu comme plusieurs entrées pour un comédien : lorsqu’il endosse un personnage, il va le faire avec son vécu, sa personnalité et ce qu’il projette comme émotions sur ce personnage. D’où pour un personnage donné, 3000 façons, voire plus, de lui donner corps. On le voit très bien dans ce roman : les trois adolescents n’en sont pas du tout au même stade : il y a Bastien, très dilettante, Chloé très scolaire et Neville, très idéaliste. Ce qui est intéressant, c’est de voir leur évolution et qu’ils finissent tous les trois par converger vers un amour du théâtre dans sa globalité. Finalement, une conception assez éloignée de ce qu’ils pensaient être le théâtre à leurs débuts. Et en cela, je rejoins la belle citation qu’évoque Nathan !
Pour Double jeu, l’approche est différente : Quentin n’a pas choisi de monter sur les planches. C’est l’énergie de sa professeure qui va le pousser à y aller. Il découvre le jeu sur scène, apprend qu’il peut devenir un autre « je » et cela l’aide finalement à surmonter cette année de transition, où, déraciné de son milieu social, il devient par la force des choses quelqu’un d’autre. Le théâtre l’aide alors à l’accepter. Certes, dans une certaine souffrance mais aussi une soupape. D’où ce double jeu. Je rejoins en cela ton analyse Bouma.

Continuons : Dans ces deux romans, il y a à chaque fois un adulte « guide » : M. Jeanson pour le Murail et Mme Fernandez pour le Blondel. De mon point de vue, ils partagent une énergie incroyable tous les deux et un amour inconditionnel du théâtre. Mais qu’avez-vous pensé de leur investissement à chacun auprès de ces jeunes ?

Nathan : Il faut bien se lancer à un moment ou un autre, la question est pointue ! Mais très intéressante … parce que je n’avais pas fait le rapprochement. Et il se révèle troublant.
C’est vrai que les deux ont une énergie débordante, une certaine distance et sévérité qui imposent l’ordre, l’admiration mais aussi la qualité de l’enseignement.
Pourtant, ils investissent différemment cette énergie.
Il m’a semblé que Mr. Jeanson avait un côté un peu plus paternel. Il s’attache à ces trois adolescents comme à ses propres enfants et voit en eux le potentiel (ou pas …) et est prêt à tout, même enfreindre les règles, pour les emmener vers le succès … et se lier d’amitié avec eux.
Alors que Mme Fernandez, elle, ne franchit pas les frontières des règles et essaye de garder un côté plus strict, et professoral.
Mais finalement, les deux s’investissent corps et âme pour ces adolescents … et tous deux posent là le point final d’une étape de leur vie avant de tourner une page. Mais chut, je n’en dis pas plus !

Bouma : Ces deux professeurs m’ont simplement rappelé que lorsqu’on est passionné par un domaine (quel qu’il soit), on a aussi envie de le partager, d’en discuter… Comme nous le faisons, nous, à l’ombre du grand arbre.

Pépita : Au risque de jeter un pavé dans la mare, je suis très critique vis-à-vis de M. Jeanson : pas son côté paternaliste, non, mais j’ai trouvé qu’il « utilise » en quelque sorte deux des jeunes pour porter sur la scène son « préféré » (ou du moins celui dans lequel il voit le meilleur potentiel) et se sachant malade, arriver enfin à son but : faire entrer un de ses protégés au Conservatoire. Ça m’a un peu gênée cet aspect-là… Quant à l’autre professeure, c’est tout le contraire : elle laisse une liberté à Quentin qui lui permet de trouver par lui-même son propre chemin. Il peut exercer son libre-arbitre alors que les trois autres sont davantage dans une rivalité, même si je suis parfaitement consciente que dans un groupe, elle existe forcément et peut être motrice (ou le contraire…).

Qu’auriez-vous à dire de la construction des deux romans : celui de Murail me semble plus conventionnel alors que celui de Blondel est beaucoup plus élaboré. Est-aussi votre ressenti ?

Bouma : Effectivement, la construction du livre de Blondel est plus subtile. Les sentiments de Quentin se lisent entre les lignes, tout comme les choix qui s’offrent à lui. Le fait d’avoir construit le livre en actes et en scènes montre clairement que Blondel a cherché à exploiter les codes du théâtre dans le genre plus linéaire qu’est le roman. Son texte est court, comme d’habitude, et met en scène, c’est le cas de le dire, des moments cruciaux dans la vie de son héros. Je pense d’ailleurs que ce roman pourrait être adapté au théâtre sans trop de difficulté.
Pour Murail, on est dans quelque chose de plus conventionnel. Les chapitres ont des citations théâtrales pour en-têtes, on suit chacun des personnages dans son intimité et dans sa vie sociale. Le véritable intérêt vient dans la confrontation des univers de chacun. Son style est fluide, compréhensible et peut-être plus facilement accessible pour un lectorat plus jeune.
On voit bien avec ces deux auteurs qu’avec une thématique commune le résultat est très différent.

Pépita : J’ajouterais que dans le roman de Blondel, le fait que Quentin écrive un journal de cette année scolaire charnière, qu’il a laissé tombé puis repris, donne une autre profondeur au roman. Comme si lui-même jouait son propre rôle et se mettait en scène intimement. Face à face avec lui-même.

Nathan : Et je pense aussi que cela place le roman de Murail du côté d’un public plus jeune alors que Double jeu, plus intense, plus ancré dans la réalité, vise un public vraiment adolescent.
Et je suis totalement d’accord avec Pépita … alors que 3000 façons de dire je t’aime, écrit à la troisième personne du singulier … comme du pluriel, correspond plutôt à la personnalité d’écrivain de Chloé et aux trois voix de ces adolescents, aux voix de trois acteurs.

Pépita : Justement, parlons de l’écriture, transition parfaite : Murail cite plein de références théâtrales alors que Blondel ne part que d’un texte. Vous qui êtes des lecteurs actifs, vous les avez lus ces textes ou est-ce que ce roman vous a donné envie de vous y plonger ? Ce qui me pousse à poser une autre question : est-ce que vous pensez que la thématique du théâtre pourrait être transposable à d’autres passions artistiques ?

Nathan: Oui, mais je ne me suis pour autant pas plus plongé sur la question … d’autant plus que j’ai lu 3000 façons de dire je t’aime l’été dernier et qu’entre temps j’ai approfondi ma formation d’acteur-lycéen et étudié Lorenzaccio … peut-être relirai-je le roman, pour avoir un œil neuf dessus ?

Bouma : Je ne suis pas une grande amatrice de théâtre (comme je le soulignais plus haut). Je n’ai donc pas lu ou vu la plupart des pièces évoquées dans ces romans. Je les connaissais de nom, toutefois, suffisamment pour que les références me parlent. Je serais donc tentée d’aller en voir quelques unes mais de là à les lire… Faut pas pousser mémé dans les orties !

Concernant ton autre question, je pense bien évidemment que la thématique peut être transposée à d’autres passions. Et l’on trouve déjà beaucoup de romans qui en parlent. La danse est abordée dans Les Ailes de la Sylphide de Pascale Maret et la musique dans Jolene de Shaïne Cassim par exemple. Deux romans dont nous avons fait des lectures communes A l’Ombre du Grand Arbre parce qu’elles touchaient là aussi à la passion humaine pour la création sous toutes ses formes.

Pépita : Pour le Murail, sans hésitation, je dirais que ces trois jeunes pourraient être aussi bien férus de peinture, de musique ou autre passion artistique et on les verrait évoluer selon la même trajectoire ou presque. Pour le Blondel, c’est différent : l’identification au personnage de la pièce choisie est trop forte pour Quentin. Ce personnage le révèle à lui-même. La professeure lui sert ce personnage sur un plateau. A lui de saisir ou pas. C’est la grande force du théâtre je trouve que de permettre cela, cette incarnation totale et absolue. Je n’ai jamais lu cette pièce (La ménagerie de verre de Tennessee Williams), et cela m’a donné envie de la découvrir. Dans mes lectures de cet été. Les pièces citées dans le Murail, j’en connais pas mal. De culture littéraire, certaines me laissent plus ou moins de bons souvenirs (ah ! la prescription scolaire !).

Nathan : Je suis d’accord avec toi Pépita, le parcours de Quentin est tout à fait particulier. Mais pour moi c’est pareil dans 3000 façons de dire je t’aime. J’ai perçu l’épanouissement qui éclaire les personnages dans le théâtre et c’est ce que j’ai vécu ces trois années de lycée. La musique, la peinture, chaque art est différent, chaque aventure est différente, leur parcours aurait été différent, bien qu’épanouissant aussi ! Seulement le théâtre est une aventure collective, une fusion des êtres dans un même texte et les pousse derrière un personnage à s’exposer aux yeux du monde. Selon moi, rien n’aurait été pareil avec un autre art.

Pépita : Justement, et ce sera ma dernière question, avant que vous ne donniez votre dernière impression sur ces deux romans, parlons de l’identification au personnage : y en a-t-il un qui vous a particulièrement touché, parlé, ému ? Et pourquoi ? Comme au théâtre finalement …

Nathan : C’est Quentin qui m’a le plus ému. Il est en première littéraire théâtre comme je l’ai été, il se cherche, il veut trouver qui il est et l’affirmer et par-dessus il s’épanouit dans le théâtre alors qu’il a tendance à tâtonner dans la vie. C’est magnifique et parfois il était un peu comme moi.

Bouma : Difficile pour moi de m’identifier à un personnage en particulier. En tout cas si j’avais du choisir une vision de l’adolescence parmi ces quatre personnages j’aurai choisi celle de Bastien dans le Murail, pour l’énergie, l’écoute et l’humour dont il fait preuve à chaque nouveau pas.

Pépita : Ces personnages m’ont tous émue, à leur façon. Dans le Murail, j’ai cependant trouvé qu’ils manquaient peu à peu de consistance. Le roman perd de son énergie, un peu à l’image de leur découragement, inévitable par moments. Puis, il rebondit vers la fin avec le sacre de l’un d’entre eux. Comme toi Bouma, Bastien, je l’ai trouvé juste tout du long. Et comme toi, Nathan, j’ai été emportée par Quentin, dans ce bouillonnement intérieur qui le caractérise, par son énergie, sa lucidité et son choix.

Un mot de la fin de chacun(e), sur ces deux lectures ?

Bouma : Le thème du théâtre n’était pas porteur pour moi au départ. Cependant, le talent de ces deux auteurs m’a permis de prendre plaisir à redécouvrir cet art. Deux belles lectures qui trouveront échos chez les adolescents et leurs parents.

Nathan : Comme on a (j’ai ?) parlé théâtre toute la discussion je finirai juste sur ces quelques mots : quel qu’il soit, l’art est un épanouissement et une ouverture au monde. C’est lui qui nous fait voir les choses différemment. Il est la liberté, il est salvateur … et il est notre passion : la littérature avant tout.

Pépita : Mes quatre enfants montant sur les planches depuis quelques années, je dirais que le théâtre, c’est l’école de la vie ! Ce que démontre finalement fort bien ces deux magnifiques romans.

Alors ? Prêt(e)s à aller au théâtre ?

Pour vous en convaincre, nos liens sur ces lectures :

BoumaUn petit bout de bib(liothèque) : 3000 façons de dire je t’aimeDouble jeuUne interview de J.P Blondel

-Nathan-Le cahier de lecture de Nathan : 3000 façons de dire je t’aime-Double jeu et son blog sur le théâtre

-Pépita-Méli-Mélo de livres : 3000 façons de dire je t’aimeDouble jeu

Comme un funambule sur son fil…

Il ne s’agit pas d’une sélection sur le cirque…

Mais d’un roman d’une jeune auteure belge prometteuse, Marie Colot, illustré par Rascal, belge lui aussi. Publié chez Alice jeunesse, dans la collection Deuzio.

Et qui de mieux pour partager cette lecture que ma copinaute Céline, belge elle aussi ?

Une lecture commune donc en tête-à-tête (qui n’est pas une première pour nous deux) sur un roman qui est loin de laisser indifférent : une relation particulière entre une jeune fille et une vieille dame, sur fond de drame familial…

Jugez plutôt…

Pépita : Le titre m’a beaucoup intriguée : Souvenirs de ma nouvelle vie. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Et toi ?

Céline : Moi non plus… Surtout que le mot « souvenirs » évoque davantage le passé que l’avenir ! Du coup, ce titre m’a d’emblée intriguée ainsi que l’illustration de Rascal. Quel allait pouvoir être le dénominateur commun entre les deux ? Le résumé de 4e de couverture n’a fait que jeter davantage le trouble… J’étais ferrée. Plus qu’une seule solution : entamer l’histoire…
C’est toi qui la résume ?

Pépita : Exactement comme toi…souvenirs…nouvelle vie…un appareil photo…de quoi ça parle ?
C’est l’histoire d’une jeune fille de presque 12 ans, Charlie, dont l’ambiguïté du prénom la gêne beaucoup même si elle en joue. Elle vient de vivre le « pire des pires jours de sa vie » et ce déménagement en est la conséquence, ainsi que des parents hyper-étouffants et hyper-protecteurs. Pour tuer l’ennui, Charlie décide de faire connaissance avec ses voisins d’immeuble. Munie de son Polaroïd, elle leur demande l’autorisation de prendre une photo de la vue de chaque étage. En même temps, elle « vole » ou « emprunte » un objet de chaque personne sur son passage. Elle va essuyer des refus mais aussi faire des rencontres surprenantes, notamment cette vieille femme excentrique du troisième, Mme Olga. Va se tisser entre elles un lien curieux, fragile mais fort. Quelque chose à ajouter Céline ?

Céline : Non, cela me semble parfait… Juste préciser que Charlie a une façon bien à elle d’appréhender le monde qui l’entoure, ce qui en fait un personnage terriblement attachant qui nous accroche le cœur dès les premiers mots. Je pense que le succès de ce titre est en partie lié à sa personnalité hors du commun et à son idée géniale de voyager sans quitter son immeuble ! Son « Carnet d’exploration des étages », on aurait bien envie de l’adopter, nous aussi, et de l’adapter à notre sauce…

Pépita : Je l’ai trouvée aussi épatante cette Charlie ! Une sacrée personnalité, des ressources qu’elle puise en elle, une volonté de faire les choses qu’elle a décidé envers et contre tout, une exigence dans ses relations aux autres, un regard très lucide sur le monde des adultes, une façon de gérer le drame familial traversé et dont elle souffre aussi énormément, mais elle a décidé d’en faire une force. Sans le savoir, elle se guérit toute seule, sinon elle sent bien qu’elle pourrait s’écrouler elle aussi et sombrer. Un vrai tourbillon qui emporte dans son sillage les adultes, Mme Olga et aussi ses propres parents.
D’ailleurs, comment tu les as perçu les parents de Charlie ?

Céline : Comme des parents, foudroyés par un drame – ou plutôt des drames ! Le père tente tant bien que mal de maintenir l’église au milieu du village, mais ce n’est pas simple. La famille doit faire le deuil de tant de choses… Tous leurs repères sont bouleversés, toutes leurs façons de faire balayées. Ils ne sont plus les parents qu’ils étaient. Et qui sommes-nous pour leur jeter la première pierre car, le pire des pires jours de leur vie, personne ne voudrait le vivre ! Comme tu le dis, grâce à sa personnalité et à ses rencontres, Charlie se guérit mais, dans son sillage, elle guérit aussi son entourage. As-tu le même ressenti ?

Pépita : Oui, par rapport à ses parents, c’est terrible. Ils essaient de se maintenir la tête hors de l’eau. Le papa m’a beaucoup touchée dans sa façon de vouloir garder le cap malgré tout. Il n’a pas rompu le dialogue avec Charlie. Pour la maman, c’est très différent. Cependant, j’ai trouvé que Charlie a bien du mal à trouver sa place dans tout ça et que ses parents ne lui tendent guère de perche. Ils sont trop ensevelis par leur chagrin et comme tu dis, on ne peut pas leur en vouloir. Charlie secoue tout ce petit monde, elle refuse de se laisser submerger, elle fait un très beau chemin de résilience et réussit à redonner le sourire et l’envie de vivre à ses parents, surtout à sa maman. C’est un aspect du roman absolument lumineux.
Et Mme Olga, cette fameuse Madame Olga, comment tu l’as perçue ? Intrigante, non ? J’ai encore même du mal à comprendre leur attirance réciproque…

Céline : Oui, tu as raison pour la mère. Mais, en même temps, elle est doublement victime, et dans son cœur et dans sa chair ! Pour Olga et Charlie, je pense qu’elles ont toutes les deux les mêmes fêlures. Toutes les deux vivent des événements qui brisent le cours de leur vie, un accident pour l’une, la maladie pour l’autre. Les relations familiales ne sont en outre pas simples, ni pour l’une ni pour l’autre. Elles sont toutes les deux sur le fil… Pour ne pas sombrer, elles recourent à leur imaginaire : l’exploration des étages pour l’une, la vie par procuration pour l’autre… Elles partagent aussi cette même soif de vivre, ce même regard curieux sur ce qui les entoure. Bref, malgré leurs différences (la première étant la différence d’âge), je pense que chacune se retrouve dans l’autre et y puise la force d’aller de l’avant. Et toi, qu’est-ce qui t’intrigue tant chez cette madame Olga ?

Pépita : Ce personnage m’a mise mal à l’aise. Elle trompe Charlie et j’ai trouvé cet aspect difficile. Charlie donne plus d’elle que Mme Olga ne le fera jamais. Je l’ai « excusée  » à un moment donné en me disant qu’avec l’âge, elle devenait gâteuse. Mais non. Elle se cache derrière son affabulation. Et elle la sert à Charlie qui, elle, a été loyale avec elle. Quand elle s’en aperçoit, elle le vit comme une trahison d’ailleurs. Mais une trahison qui va prendre le chemin du pardon. Dans ce roman, ce sont les adultes qui apprennent des enfants et non l’inverse.

Céline : Pour te répondre, j’ai relu la fin… Et non, je ne partage pas ton avis. Le personnage d’Olga m’a fait penser à ma grand-mère qui travestit de plus en plus la réalité. Même si Charlie est trop jeune pour mettre des mots sur ce qui arrive à son amie, elle finit par le comprendre. Le lecteur aussi, grâce au carnet d’Olga et à la petite carte qui se trouve à la fin. Une autre habitante de l’immeuble lui explique « le truc du funambule » : « Il existe un fil invisible sur lequel chacun marche. Il arrive que certains basculent. Et tombent. On ne sait où. Parce qu’il n’y a ni trou ni vide. » Olga est tombée ! Charlie le sent, ce qui explique son projet final et la chute de l’histoire…

Pépita : La résilience, c’est aussi le thème de ce roman que l’auteure a choisi d’aborder par cette métaphore de l’appareil photo de Charlie. Ce parti pris est accentué par les illustrations de Rascal : des sortes de tampons-images en noir. Tu l’as ressenti aussi comme cela ?

Céline : Oui et cet appareil a une fonction différente pour l’une et pour l’autre. Pour Charlie, il lui permet de s’évader de la cage dorée que ses parents dressent, bien malgré eux, autour d’elle et, pour Olga, c’est l’inverse il me semble : ses photos la raccrochent à une certaine réalité qu’elle fuit inexorablement. Les illustrations en noir et blanc renforcent cette idée de négatif et de positif, cette idée aussi de funambule qui, à tout moment peut basculer d’un côté ou de l’autre… De par leur duo improbable, elles arrivent à trouver un équilibre et à se sauver l’une l’autre.

Pépita : Tout à fait d’accord avec toi pour la fonction révélatrice à l’endroit à l’envers de l’appareil photo. Pour Olga, je vais donc relire la fin alors…Manifestement, je suis passée à côté de quelqu’un…

***

Dans ses romans, Marie Colot a l’art de rendre vivants ses personnages, à tel point qu’ils nous paraissent de chair et de sang !  Il suffit de parcourir notre discussion pour s’en convaincre.  J’espère que celle-ci donnera envie à d’autres lecteurs de découvrir cette jeune auteure de talent.  Merci Pépita pour ce moment de partage.  J’ai envie d’emprunter ta citation fétiche pour conclure :

« Un livre est une fenêtre par laquelle on s’évade. »
Julien Green

Ce fut doublement le cas avec ce titre !

* Nos billets :
Souvenirs de ma nouvelle vie sur Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait LIVREsse et sur Méli-Mélo de livres
En toutes lettres, le premier roman de Marie Colot
Le site de Marie Colot

Son dernier roman paru en avril dernier :

A l’origine de ce roman singulier, une aventure d’écriture collective de sept mois avec dix-huit classes d’enfants de dix à douze ans…