Lecture commune : La folle rencontre de Flora et Max

Un roman écrit à quatre mains et deux voix d’adolescents qui se parlent, se confient, s’épaulent…

Il nous a beaucoup plu à Alice, Carole et moi...

Alors, voici notre échange bloguesque autour de ce roman qui fait un bien fou !

Coline Pierré et Martin Page - La folle rencontre de Flora et Max.

La folle rencontre de Flora et Max
Ecole des loisirs, paru le 11 novembre 2015

Pépita : « La folle rencontre de Flora et Max », vous vous attendiez à quoi avec ce si beau titre ?

Alice : Une fille, un garçon, une histoire à inventer…
Deux beaux prénoms, courts, poétiques, dynamiques.
Quelque chose d’improbable.

Carole : une fille, un garçon, une rencontre, un amour fou ! Et de la lumière comme sur la couverture.

Pépita : Oui tout comme vous : un joli titre pour une histoire prometteuse entre un gars et une fille …mais quand même : folle….comment cet adjectif se traduit-il dans cette histoire ?

Carole : Bonne question ! Folle parce qu’improbable, incroyable, surprenante et en même temps elle semble logique, naturelle, évidente, vous ne trouvez pas ?

Alice : Folle parce qu’imprudente et osée. Max qui engage la relation n’a aucune certitude du retour de Flora.
Mais folle aussi car intense. Max et Flora partagent une intimité très forte.
Et je rejoins Carole, folle parce qu’évidente ! Ils étaient fait pour faire un bout de chemin ensemble !

Pépita : Ce petit grain de folie, je l’ai aimé de suite. Quelle belle relation en effet et évidente ! Une authenticité aussi et une maturité hors du commun entre ces deux-là, sans arrière-pensées.
Bon, pour nos lecteurs, un petit résumé s’impose, juste pour donner envie ? Et comme dans le roman, essayons de compléter nos réponses, non pas à quatre mains mais à six.

Carole : Max et Flora fréquentaient le même lycée avant. Désormais, Flora est en prison, et Max vit reclus chez lui. Chacun enfermé dedans, chacun ses raisons. Pourtant, un jour, Max écrit une lettre à Flora. Et là commence cette folle rencontre…

Alice : Oui, c’est ça une rencontre épistolaire entre deux oiseaux en cage qui piaffent d’impatience, qui rêvent de construire une nouvelle donne, d’apporter un peu de fantaisie à la vie.

Pépita : Confiance, confidences et connivence, c’est ce que j’ai ressenti d’emblée entre ces deux-là et c’est beau leur échange !
Justement : comment vous êtes-vous senties à cette lecture ? Spectatrice, complice, impatiente, agacée, dubitative…? Personnellement, c’était comme si je recevais moi-même ces lettres avec beaucoup de fébrilité à chaque tourne de page, comme un rendez-vous attendu : avez-vous eu la même impression ou pas du tout ?

Carole : oui comme toi Pépita, j’étais impatiente de « recevoir » la prochaine lettre ! Ce qui explique certainement que je l’ai lu d’une traite. A la fois spectatrice et complice. Et en même temps la pudeur pousse le lecteur à être patient, empathique, à prendre le temps de la lecture aussi.

Alice : Tout à fait d’accord ! On plonge complètement dans cet échange épistolaire et on trépigne comme si on recevait une lettre dans sa propre boîte ! Pari réussi par les auteurs de nous impliquer autant !

Pépita : Et cette forme épistolaire, qu’apporte-t-elle en plus à ce roman du coup ?

Carole : Pour moi, c’est la forme épistolaire qui apporte toute la crédibilité à cette histoire. On connaît les bienfaits de l’écriture, la pudeur et la distance des mots, le recul aussi qu’on peut avoir sur les événements. Je la lis encore une fois comme une évidence. Ce n’est d’ailleurs pas sans rappeler le Manuel d’écriture et de survie de Martin Page…

Alice : En effet, elle apporte tout, à la fois la distance et la proximité entre Flora et Max.
Le rythme du livre aussi, parfois des lettres trés courtes justes informatives, parfois d’autres plus longues avec plus de contenu.
C’est un genre assez formel malgré tout, mais le ton employé donne de la dynamique et de la vivacité à cette « folle rencontre ».
Le tout donne une certaine unité au livre et chaque lettre reçue s’accueille comme un véritable cadeau.

Pépita : J’ai été très touchée que des jeunes passent par ce mode d’expression à l’heure des nouvelles technologies. Et combien on perçoit une évolution dans leur relation au fur et à mesure des échanges sans voyeurisme mais en toute simplicité. L’avez-vous perçue aussi ? De manière égale chez chacun des deux protagonistes ou pas ?

Carole : oui Pépita, j’ai senti beaucoup d’empathie, de retenue et surtout de la douceur. Et bordel que ça fait du bien !

Pépita : J’ai vraiment trouvé une évolution dans leur échange, plus du côté de Flora qui se livre davantage peu à peu et j’ai été très touchée par la poésie qu’elle tente de mettre dans le milieu carcéral, son côté très manuel et pragmatique. Quant à Max, malgré sa peur de sortir à l’extérieur, je l’ai trouvé très mature, tres déterminé, trés adulte. Leur envie de prendre mutuellement en main leur avenir est comme une lumière dans ce tunnel qu’on leur impose.

Pépita : « Mais alors, dit Alice, si le monde n’a absolument aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un ? » Je reprends délibérément cette phrase à Lewis Carroll car je trouve qu’elle illustre à merveille ce roman. Avez-vous été surprise de la tournure que prennent les choses dans ce roman ? Trop d’idéalisme ou au contraire une suite logique pour vous ?

Alice : Surprise n’est pas le terme approprié pour ma part, je dirais plutôt « enchantée ».
Enchantée de cette bouffée d’air et d’optimisme.
Enchantée de voir qu’il était encore possible de croire en ses rêves.
Et enfin, enchantée de croire en une jeunesse courageuse qui à l’inverse de se plaindre propose, avance, innove, créé… Aaaaah, comme ce livre fait du bien !

Carole : Comme Alice, je dirai plutôt « rassurée » de lire un peu de douceur, de voir du lien se tisser, de comprendre l’autre sans juger, d’essayer d’autres choses, de proposer des alternatives, de ne pas avoir peur de l’autre. Par les temps qui courent, ça rassure je trouve, non ?

Pépita : Oh que oui Carole, ça rassure ! J’ai trouvé cette fin magnifique. Deux ados enfermés pour différentes raisons et qui s’ouvrent par leur envie ce chemin de liberté, j’ai trouvé cela, comment dire ? Comme une bouffée d’air pur anti-conformiste et on en a bien besoin ! Puisqu’on aborde la fin :  que vous a apporté la lecture de ce roman épistolaire ? Et juste un mot pour le définir ?

Alice : Ma réponse précédente répond déjà pas mal a cette question… Alors juste un mot : sincère.

Carole : Le mot qui me vient à l’esprit, c’est possible. Une rencontre, c’est toujours l’occasion de créer des possibles.

Pépita : Le mot que je choisirais : lumière. Ils s’éclairent chacun et c’est vraiment très beau.

Un roman à lire !

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Coline Pierré et Martin Page nous ont fait l’honneur de répondre à nos questions.

Leurs réponses : demain sur ce blog !

Nos chroniques respectives sur ce roman :

Alice : A lire aux pays des merveilles

Pépita : Méli-Mélo de livres

Olivier Ka et son roman Janis est folle

Peut-être avez-vous eu envie de lire ce roman depuis notre échange récent LA

Olivier Ka - Janis est folle.

Afin d’éclairer notre regard sur ce roman qui nous a tant secouées,Olivier KA a accepté de répondre à nos questions et nous l’en remercions très sincèrement.

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Comment vous est venue cette histoire ? Vous l’avez écrite en résidence : était-ce une nécessité pour vous ?

L’idée a mis du temps à germer. J’ai longtemps travaillé sur la notion de transfert d’identité. J’avais en tête cette relation fusionnelle entre une mère et son fils que je voulais pousser jusqu’à brouiller les individus. Ma première intention était que Janis, dans sa folie, vole l’identité de Titouan, qu’elle le vampirise totalement. Je comptais d’ailleurs y apporter une touche fantastique. Et puis, à l’écriture, c’est une autre direction qui s’est dessinée.
On m’a proposé cette résidence alors que j’étais en cours d’écriture. C’est très bien tombé mais ça n’était pas une demande de ma part. Elle m’a permis de m’isoler et de m’immerger dans mon histoire, ce qui est très confortable, mais j’aurais écris ce roman de toute façon. Peut-être en y mettant un peu plus de temps.

Avez-vous été hanté par vos personnages ? Parce que en tant que lecteur, on en oublie de respirer !

Oui, c’est vrai que Janis, particulièrement, a pris une place importante dans mon esprit. J’éprouve d’étranges sentiments pour elle. Elle me séduit et elle m’agace terriblement. Je connais des gens qui lui ressemblent un peu, dans mon entourage. Je ne sais pas s’ils se reconnaîtront…
J’ai eu longtemps mes personnages en tête, car en réalité j’ai écrit cette histoire deux fois. Dans ma première version, qui était moins tragique, l’émotion avait du mal à éclore. Je restais en surface, sans doute par peur de me faire trop mal. Ça n’allait pas. Après quelques mois de décantation, j’ai tout repris. Et en réécrivant cette histoire, elle a pris une nouvelle direction. Mes personnages étaient plus nets, et j’ai vraiment eu le sentiment qu’ils existaient par eux-mêmes.

N’y aurait-il pas une sorte de « complaisance » à rester dans ce noir dramatique tout le long de l’histoire, véritable descente aux enfers ? Etes-vous conscient de l’impact que peut avoir cette lecture ? Que cherchez vous à secouer à l’intérieur de chacun de nous ?

Quand j’écris, j’essaye de creuser un sillon, de mettre en place une situation et de la pousser au maximum, de la faire évoluer dans un sens qui me paraît logique, voire inévitable. Ce n’est pas de la complaisance. Si j’avais choisi un autre genre, mettons l’aventure, j’aurais tenté d’emmener mes personnages loin, j’aurais multiplié les rebondissements, est-ce que ça aurait été de la complaisance ? A partir du moment où je choisis que le cœur de mon histoire est dramatique, je ne peux pas passer à côté, sinon j’aurais le sentiment de faire des promesses non tenues. Et puis, j’aime bien quand ça fait mal.
Je n’imagine jamais de quelle manière va être reçue mon histoire. Je tente simplement de ne pas être ennuyeux. Quand quelqu’un me dit que mon roman lui a fait verser une larme, je suis content. Pas parce que la personne a pleuré, mais parce qu’elle a ressenti quelque chose. J’ai deux soucis quand j’écris : générer des images et faire naître l’émotion.

Votre roman est publié dans la collection Doado noir. Avez-vous pensé à un type de lectorat à son écriture ? Ou pour être plus précises, dans quelles mains le mettriez-vous ?

Pour cette histoire, je ne me suis mis aucune barrière. Pour moi, Janis est folle est un roman adulte qui peut être lu par les adolescents. C’est ce que j’aime beaucoup d’ailleurs dans cette collection, et chez les éditions du Rouergue en général, le fait qu’ils osent proposer des textes qui ne sont pas formatés, calibrés pour tel ou tel lectorat. Ce roman aurait très bien pu sortir dans une collection pour adultes.

Le reste de votre œuvre est-elle toujours aussi noire ?

Tu tu tu, pas du tout. Je suis très varié dans mon écriture. J’écris d’ailleurs aussi bien des textes poétiques pour des albums jeunesse que des scénarii de bande-dessinée, des nouvelles absurdes ou des chanson humoristiques. Je suis l’inverse de l’auteur monomaniaque qui va passer sa vie à tirer sur la même corde, à réécrire le même roman tout au long de sa carrière. Quand je voyage, j’aime la découverte. Ça m’ennuierait profondément de retourner toujours au même endroit.

Y a-t-il des éléments autobiographiques ?

Moins que dans mes précédents romans pour adolescents. Les éléments autobiographiques sont très discrets. Je joue de l’accordéon diatonique, par exemple. J’habite à présent dans le Tarn et, quand j’écrivais cette histoire, je résidais près du Tréport. Mais c’est tout.

Une suite est-elle envisagée ? Plus lumineuse ?

Pour l’instant, non, je n’ai pas pensé à une suite. Mais pourquoi pas. Jusqu’à présent, je n’ai jamais fait cela. Quand je bâtis une histoire, je tourne autour d’une émotion principale, je développe un sentiment et quand j’arrive à la fin, j’ai dit ce que j’avais à dire. J’ai un peu peur d’être redondant en étirant une histoire, en remettant le couvert. Même si j’ai tendance à terminer sur des fins ouvertes qui, d’ailleurs, sont en général une respiration pour le lecteur. La suite de Janis, tout le monde peut l’imaginer, elle peut prendre la direction que chaque lecteur souhaite. Ou on peut simplement souhaiter bon vent à Titouan…

Entretien avec Olivier Ka en résidence à Blois from bdboum on Vimeo.

Lecture commune : Janis est folle

Janis est folle par Olivier KA

Paru le 9 septembre 2015 au Rouergue

Collection Doado noir

©Méli-Mélo de livres

 Un roman que j’ai lu à sa sortie…

Attirée par l’auteur qui est aussi un formidable conteur avec son accordéon…

Un roman que j’ai eu envie de partager…

Un roman qui nous a secouées…

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Un roman au titre explicite, une collection qui met le ton, mais quand même, vous attendiez-vous à cette histoire sombre, très très sombre ?

Alice : Vous voulez rire ? Lors de la parution du titre dans le catalogue du Rouergue, sans lire le communiqué de presse, je pensais que ce serait une autobiographie ou un docu-fiction autour de Janis Joplin ! On est loin du compte, hein ?

Carole : ahahah Alice, j’ai pensé la même chose !!! Du coup, étant assez fan de Miss Joplin et ne connaissant pas l’écriture d’Olivier Ka, c’était l’occasion ! Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ma curiosité est amplement récompensée !

Pépita : C’est marrant parce que moi, le titre ne m’a rien évoqué d’emblée…C’est l’auteur qui m’a accrochée en fait : j’ai eu la chance de le voir sur scène en tant que conteur et du coup, j’ai eu envie de découvrir son écriture et je n’ai pas été déçue non plus.

Alors, cette histoire : Janis est-elle folle ?

Alice : Janis est-elle folle ? Je ne crois pas. Janis déraille parce qu’elle porte en elle une trop grande douleur, un drame et un mensonge sur lesquels elle a essayé de se construire un avenir tout en essayant d’en préserver son fils. A cela s’ajoute un non-dit qui lui occupe l’esprit et tout ça mis bout a bout, Janis sombre dans un autre monde. Un monde parallèle auto-destructeur dans lequel elle finit par embarquer son fils.

[A ce stade de la conversation, Alice nous confie : Article sur mon blog planifié pour demain après un mois de gestation…].

Carole : La folie se définit dans une certaine mesure dans son rapport à la normalité. Chacun sait que la normalité est finalement subjective et surtout sociale. Alors oui Janis est hors normes sociales (pas de logement, pas de travail, son fils pas scolarisé). Elle a un comportement excessif, soit dans l’euphorie, soit dans la dépression. Janis est surtout sensible, blessée, et incapable de gérer ses émotions, enfouie sous son passé et les non-dits. Perso, j’ai ressenti beaucoup d’empathie pour elle. Envie de l’aider, de lui prendre la main parfois.

Pépita : Moi aussi, j’ai ressenti beaucoup d’empathie pour Janis, j’avais envie de lui tendre la main, de lui dire d’arrêter, que Titouan son fils avait besoin d’elle autrement…Mais quand j’ai pris en pleine figure le secret qui la consume de l’intérieur-et le mot n’est pas assez fort-je me suis dit lâchement que c’était perdu. D’ailleurs, le roman prend une tournure encore plus radicale après [On reviendra sur ce point].

Ce roman est très entier sur les sentiments et émotions entre cette mère et son fils. Et Titouan là-dedans ? Comment l’avez-vous perçu ?

Alice : Titouan ? Il suit le mouvement. Il manque à la fois de repères et porte un amour fou à sa mère. Il ne comprend pas toutes ses réactions, il essaye de la rejoindre dans son univers, il peut à la fois être patient et s’agacer de ses coups de folie. Il subit mais il ne se laissera pas manipuler ou entraîner dans un monde meilleur pour lui. Il veut être acteur de sa propre vie et de ses propres choix. C’est un gamin élevé dans de la violence psychologique, qui a pris tellement de claques qu’il ne pourra que se relever.

Carole : Titouan, il fait ce qu’il peut avec ce qu’il a et il s’en sort plutôt bien je trouve. Il connaît sa mère, il arrive à anticiper les crises, il joue son jeu parfois pour mieux la maîtriser. Mais on sent aussi sa fragilité, ses moments de flottement, ses peurs. Fort et fragile à la fois, très sensible. Perso, il m’a bluffée par moments par sa volonté, sa maturité, son sens de la répartie aussi.

Pépita : Je vous rejoins complètement : c’est lui au final qui protège sa mère et bon sang ! Ce qu’il endure ! Il m’a bluffée aussi par sa maturité, sa volonté d’aller au bout, de se mettre à la limite du danger alors que sa mère fonce tête baissée sans mesurer les conséquences de ses actes, à force de trop aimer. Autant on perçoit que Janis part à la dérive, autant on perçoit chez Titouan une force indicible.

C’est donc un roman qui parle de dérive mais aussi, à sa manière, d’amour au sens large. C’est un roman aussi sur un secret familial terrible. Avez-vous ressenti aussi cette radicalisation dans l’histoire au moment où Janis tente de révéler la source de sa « folie » à son fils ? Qu’auriez-vous à en dire ?

Alice : C’est ça, après avoir posé les personnages, nous être familiarisé avec leur univers, tout d’un coup, il y a un changement de cap. La tension monte d’un cran (pas qu’un seul d’ailleurs) et on sait que l’on part à la recherche de la raison pour laquelle mère et fils, unis à jamais, fuient la société. D’ailleurs, le comportement de Janis change aussi radicalement : elle devient plus responsable. Elle sait qu’elle doit la vérité à Titouan. Pour tout l’amour qu’elle lui porte, elle veut désormais le protéger de son passé. Une vérité tellement terrifiante, qu’elle ne nous est pas révélé dans son entièreté d’ailleurs. Et on ne sait plus ce qui nous bouscule dans ce livre, la folie ou l’effroi ?

Pépita : Alice, pourquoi dis-tu que la révélation n’est pas faite entièrement, je ne l’ai pas compris comme tel pour ma part ?

Alice : C’est d’abord la grand-mère de Titouan qui lui raconte ce secret de famille si lourd à porter. Mais alors même que les relations avec sa fille sont « pourries », elle donne une explication pas tout a fait exacte. Elle prend la responsabilité de l’acte mais Titouan soupçonne rapidement que tout ne lui a pas été dit ou, tout du moins, que ca sonne faux. Et une nouvelle fois, le récit s’accélère et, de révélation en révélation, on tourne les pages encore plus vite.

Alice, continuant dans son élan :  (n’y tenant plus, question qui lui vient en écho de sa lecture de Pourquoi j’ai tué Pierre du même auteur chez Delcourt, bande dessinée illustrée par Alfred ). : C’est bouleversant tous ces destins malheureux d’enfants dans ce livre ! Je pense à la sœur de Janis qui vit dans l’ombre de sa soeur , à Titouan, bien sûr, à Janis rejetée à l’annonce de sa grossesse, à l’enfant décédé dans l’incendie, à Janis qui perd son fœtus … Est ce que comme moi c’est ce qui vous a le plus remué ?

Pépita : Bien sûr que la grand-mère prend sur elle : elle veut surtout sauver les apparences ! Pour ma part, j’ai trouvé sa façon de faire vis-à-vis de son petit fils ( qu’elle rencontre pour la première fois tout de même ) et de sa fille ( qu’elle n’a pas revu depuis des années) particulièrement cruelle. Elle met Janis devant le mur sans se préoccuper une fois encore, comme dans son enfance et adolescence, de ce qu’elle ressent vraiment. Et la sœur de Janis, je n’ai éprouvé aucune sympathie pour elle. Cette famille ne sait pas aimer. C’est cela qui m’a le plus remuée. Alors que Janis déborde d’amour à un point qu’elle ne sait plus où le mettre. Et elle veut être aimée en retour. Elle est brisée dans cet élan-là. D’où cette folie liée aussi à l’acte qu’elle regrettera toute sa vie et qu’elle porte comme une croix. Tous ses malheurs viennent de cette béance d’amour. J’ai trouvé cela terrible. Cette froideur qu’on a voulu lui inculquer à la place de son feu d’amour. Révéler à Titouan ce très lourd secret lui arrache le cœur. Une famille qui n’est pas capable de crever l’abcès des non-dits ne fait que les amplifier pour les faire porter à ceux et celles qui suivent, comme une sorte de malédiction. Titouan le pressent. Il a peur. De savoir. Mais quand il l’accepte, il sait que son salut viendra de là, mais à quel prix !

Quant aux destins malheureux des enfants de ce roman, oui, je pense que ce n’est pas un hasard : ce roman, c’est l’enfance bafouée puissance 10. Il n’y a pas de place pour l’enfant. Il dérange. Le père fait-il quelque chose pour rattraper le geste de colère de sa fille, geste certes impardonnable ? Non. La sœur de Janis ne s’occupe pas bien de son fils, enfin de l’idée que je me fais de s’occuper d’un enfant. La mère a -t-elle seulement un geste envers eux à leur arrivée ? Non.
Dans ces conditions, comment pour Janis devenir mère à nouveau ? D’autant qu’elle a en plus sur la conscience la mort de l’enfant dans l’incendie. Elle sait qu’elle n’ira pas plus loin. Elle met Titouan sur son chemin pour qu’il puisse prendre son chemin à lui, sans elle. Son ultime preuve d’amour. Sans doute la seule que Titouan n’aura jamais eu de sa part. Une sorte de sacrifice. Il y a de ça dans ce roman. Un sacrifice expiatoire.

Carole : Je suis d’accord avec vous. Le malheur qui se transmet aussi, comme l’amour, l’empathie, la confiance. Oui il y a des gens qui ne savent pas aimer. Il y a surtout des gens qui ne savent pas se parler ni verbaliser, et tout se compresse à l’intérieur, et fatalement tout explose un jour, tout sort dans une violence inouïe. Le temps joue des tours aussi. Quand on est dans un déni fort, tout se brouille, les souvenirs, les circonstances exactes, l’exactitude des faits. La grand-mère et la soeur en témoignent. Ce roman aussi sombre soit-il dit aussi l’humain, ses perceptions, ses sentiments confus et ingérables. Et il dit également l’intuition, le pressentiment, la survie, notamment à travers Titouan. Janis c’est l’amour inconditionnel, extrême, sans fin. En ça, c’est un roman fort, puissant, violent, et touchant, surtout.

On sent à nos réponses combien ce roman est lourd de sens, et c’est peu dire. Comment vous-êtes vous senties à cette lecture : happées, angoissées, sans souffle, révoltées,…?

Alice : Oui, oui tout cela à la fois, happée, dérangée, bousculée, écœurée, révoltée …Bref, mal à l’aise et envoûtée.

Carole : Exactement, impossible d’arrêter la lecture et à la fois bouleversée, redoutant le dénouement, le pourquoi. Une lecture addictive en somme. Le style et les personnages aidant.

Pépita : En ce qui me concerne, je ne pouvais plus respirer par moment, le souffle coupé. Et presque incapable de me demander comment cela allait bien pouvoir se terminer, tellement on n’y voit aucune issue possible, sinon une pire même que ce qui est déjà donné à lire.

Et justement qu’avez-vous pensé de cette fin ? En est-ce une d’ailleurs ?

Carole : Concernant la fin, je ne sais pas quoi en penser pour être honnête. Je la trouve terrible et inéluctable, terrifiante et lumineuse, ouverte et sans issue à la fois. Titouan paye toute sa vie au prix fort, il est sacrifié. On lui voudrait une nouvelle route, on lui souhaite de s’en sortir. Je crois en la résilience, mais là je suis perplexe quant à son avenir. C’est je crois la première fois qu’un roman me laisse sur un sentiment d’impuissance magistrale…Et la suite de sa vie, comment construire du lien avec quelqu’un avec un tel passé, une telle enfance ? Tout dire et prendre le risque de faire fuir ou tout garder pour soi et perpétuer le déni familial.

Pépita : Pour ma part, c’est tout le contraire. C’est comme si Titouan avait toujours été attendu. Et il pourra essayer de se construire enfin. Quel regard lumineux sur lui ! Et combien Titouan a perçu ce que sa mère voulait lui dire en lui avouant ce secret déchirant : ouvrir un autre chemin pour son fils, la confiance absolue en lui pour qu’il y arrive. Pour qu’il se lave de toute cette déchéance subie. C’est comme une évidence cette fin. Mais voilà, frustrée je suis : j’aurais bien aimé 3 à 4 pages supplémentaires genre « 3 ans plus tard », pour avoir de leurs nouvelles. Mon côté maternel qui ressort. Il a l’âge de mes fils ce jeune homme !

Alice : un peu de vos avis à toutes les deux : cette fin me laisse sur ma faim. J’y crois pas trop, je la trouve un peu trop parfaite et, comme Pépita, j’aurais bien aimé retrouver Titouan quelques années plus tard. Une fin, qui pour moi, a beaucoup moins de puissance que l’ensemble du texte.

Une lecture bouleversante…
Si forte que Céline du Tiroir à histoires, qui a lu aussi le roman et partante pour participer à cet échange, a finalement laissé tomber. Elle nous dit pourquoi :
Que dire de plus. A vrai dire, Janis est folle est un roman qui m’a secouée, mais je me rend compte qu’il m’est en fait assez pénible de me repencher sur ce roman.
En tant que lecteurs, on attend beaucoup de la rencontre de Titouan avec sa grand mère, et en fait on reste un peu sur notre faim je trouve, et la relation de Janis avec sa famille, et notamment entre les deux soeurs m’a mise très mal à l’aise. Entre autres. Parce qu’en fait, quand je repense à ce roman, j’ai vraiment un sentiment de malaise. C’est quand même très déprimant. A tel point que j’ai eu beaucoup de mal à croire à cette fin un peu trop lumineuse, d’un coup, comme ça, alors que tout le reste du roman est si noir.

Il est temps de terminer cet échange avec cette dernière question : cette lecture vous donne -t-elle envie de lire d’autres romans de cet auteur qu’apparemment nous connaissons peu ?

Alice : J’ai déjà lu Pourquoi j’ai tué Pierre, je lirai avec plaisir des titres de cet auteur en étant prête à affronter son écriture, un peu comme une « lectrice-avertie ».

Carole : oui ça me donne envie de découvrir d’autres romans d’Olivier Ka ! J’ai vu qu’il y en avait quelques-uns chez Grasset et pourquoi pas en adulte aussi.

Pépita : pour l’instant, je n’ai lu que ses contes et la bande dessinée dont tu parles Alice et je l’ai entendu comme conteur et c’était chouette ! C’est un homme de scène aussi et musicien. Oui, j’espère qu’il y aura d’autres romans et je les lirais !

Pour éclairer cette lecture, Olivier Kâ a accepté de répondre à nos questions…
Ses réponses très bientôt…

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En attendant, vous pouvez aller lire nos chroniques sur nos blogs,

dont voici des extraits :

A lire aux pays des merveilles pour Alice : « Si la relation mère/fils est parfois dérangeante et que le texte est tout en dureté et en noirceur, cet amour inconditionnel n’en est pas moins touchant et parfois délicat. Ce lien qui les unit, si authentique et excessivement dévastateur. Un roman sombre, très sombre mais d’une grande beauté. Un roman qui ne laisse pas de répit. Un roman difficile à digérer. »

Méli-Mélo de livres pour Pépita : « Voici un roman d’une fougue tragique comme un tsunami sur l’amour maternel et filial d’une très grande sensibilité.Certains passages sont d’une violence noire, d’un désespoir infini, d’une impossibilité à vivre, de murs dressés devant vous et dans lesquels il faut coûte que coûte trouver la faille pour s’en sortir, c’en est presque incantatoire. Mais une fin apaisée, pleine d’espoir et de rire. »

Blog 3 étoiles pour Carole

Et consulter le tout nouveau site des Editions du Rouergue

L’immigration

Sujet d’actualité s’il en est…

Les drames de l’immigration

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Extrait de la planche de ZEP : Mi-petit-mi grand
Titeuf confronté à la guerre

La littérature de jeunesse s’est aussi emparée de ce sujet à travers des textes bouleversants.

En voici une sélection  issue de nos propres lectures.

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lampedusa

Lampedusa de Marilyne Desbiolles. EDL, 2012

Une île vue différemment selon le regard qu’on lui porte. Un très beau roman sur la tolérance.

Lu par Alice

Au bout des longues neiges

Au bout des longues neiges de Jean-Côme Nogues. Nathan, 2014

Une épopée familiale de l’Irlande au Canada, sous la plume magistrale de Jean-Côme Noguès ! Une vague d’immigration d’un autre siècle, qui marqua de nombreuses familles de notre vieille Europe qui se sont retrouvées de l’autre côté de l’Atlantique. Un roman, une histoire à part, à conseiller dès le début du collège.

Lu par Alice et Kik

Le garçon au chien parlant/la fille qui parle à la mer de Claudine Galéa, Le Rouergue, collection Boomerang

C’est une histoire pleine de tact que nous livre là Claudine Galéa. Sur fond de drame de société, elle ne garde que la beauté et la pureté des rencontres d’enfants.

Lu par kik et Pépita

Tu vois la Lune Agnès de Lestrade et Anaïs Barnabé
Éditions Anna Chanel

Avec les mots simples d’une petite fille africaine, on découvre le voyage de cette famille vers un pays où l’eau coule toute seule. Un album plein de douceur et d’espoir…

Lu par Sophie

Refuges d’Annelise Heurtier Casterman

 Un roman poignant, maîtrisé et audacieux pour un thème essentiel.

Lu par Carole et Pépita

Retrouvez l’excellent article de Clémentine Beauvais

Guerre Et si ça nous arrivait ? de Janne Teller, Les Grandes personnes

Et si c’était nous les réfugiés ? Par un renversement des rôles, ce petit livre présenté sous la forme d’un passeport, bouscule nos points de vue et nous oblige à sortir de notre vision nombriliste du monde !

Lu par Céline,  Kik et Bouma

J'me sens pas belle

J’me sens pas belle de Gilles Abier

Quand une jeune fille qui se sent moche rencontre un réfugié clandestin extrêmement beau, cela donne une histoire intense qui force à se regarder dans le miroir…

Lu par Bouma

Un cargo pour Berlin

Un cargo pour Berlin de Fred Paronuzzi Thierry Magnier

Quand une jeune fille décide de tourner le dos à sa famille et de partir loin.

Elle n’a pas le choix.

Lu par Pépita et Alice

Amazigh. Itinéraire d'hommes libres

Amazigh de Cédric Liano et Mohamed Adejdal

L’itinéraire singulier d’un migrant parmi d’autres qui donne à réfléchir sur l’exil. Une narration intrigante aussi et des illustrations vivantes qui traduisent bien les sensations des personnages.

Lu par Solectrice

Les Vitalbri de Jean-Claude Grumberg et Ronan Badel Actes sud junior

Ils sont le symbole de toutes les minorités opprimées.

Un conte moderne très bien mené.

Lu par Pépita

Sans papiers de  Rascal Photographies de Cendrine Genin

 Illustrations de Jean-François Martin

 Escabelle

Le drame des clandestins vu par une petite fille venue en France avec son papa pour fuir la guerre dans son pays. Une guerre qui a pris sa maman. Et combien de plus encore ?

Lu par Pépita

ici, c’est chez moi Jérôme Ruillier Autrement Fil rouge
Quand on se crispe sur la notion de territoire…
Lu par Pépita et Kik
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Enfants d'ici, parents d'ailleurs. Histoire et mémoire de l'exode rural et de l'immigration
Enfants d’ici, parents d’ailleurs Collectif Gallimard jeunesse
Une histoire de l’immigration et de l’exode rural qui remet bien des pendules à l’heure.
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Lu par Pépita
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On vous recommande l’excellent dossier de Mon petit quotidien du Samedi 19 septembre 2015 : Qui sont les migrants en Europe et dont tout le monde parle ?
L’édition jeunesse se mobilise pour cette cause :
quatre éditeurs ont crée un collectif pour aider les réfugiés.
 
Et un livre qui paraîtra le 20 novembre prochain 
Journée internationale des Droits de l’enfant
« Eux, c’est nous ».
Prix de vente  3€
L’intégralité de la vente sera versée à la CIMADE,
association qui oeuvre en faveur des migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile.
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Et n’oublions pas que nous sommes …
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Et si nous allions au verger ?

L’automne est déjà là…

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Octobre arrive à grands pas…avec son cortège de brouillard, pluies, tisanes, châtaignes et marrons, envie de se lover dans un plaid…

Mais en attendant, la nature nous offre encore des moments de cueillettes dans le verger.

Nous avons chaussé nos bottes, nous sommes munis de nos paniers, et sous l’arbre nous avons cueilli une moisson de fruits du verger.

Et voici notre récolte !

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Dans le panier de Chlop

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Fruits, fleurs, légumes et petites bêtes de François Delebecque.-

Les Grandes personnes


Un très bel imagier photo pour découvrir ensemble la flore mais aussi la minuscule faune du potager.

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Orange pomme poire d’Emily Gravett .-Kaléïdoscope

Orange, pomme, poire et Grégoire, l’ours. Les mots s’enchaînent et forment une ritournelle. Les images se fondent et l’ours, petit à petit, change de forme, de couleur, semble devenir un des fruits.

Le secret Eric Battut.- Didier jeunesse 

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Une petite souris trouve une belle pomme dorée. Ce sera son secret. Elle l’enterre dans un trou. Mais combien de temps peut elle garder ce secret, qui pousse dans son dos?

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Dans le panier de Bouma

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5 pommes rouges
texte et illustrations de Yusuke Yonezu
Minedition, 2010

Chaque nouvelle pomme de ce livre à compter cache un animal à découvrir. Un album tendre et simple qui marche dès le plus jeune âge et se joue de la forme arrondie de la belle pomme rouge.

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Kuro et le goûter surprise
texte et illustrations de Yoshikazu Takai
Seuil jeunesse, 2010

Suivez Kuro dans le verger et essayez d’y attraper de quoi goûter. Un album ludique et rigolo à découvrir dès 2/3 ans.

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Dans le panier de la collectionneuse de papillons

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Un pommier dans le ventre, Simon Boulerice et Gérard Dubois.-Grasset jeunesse

Que se passe-t-il quand on avale un pépin de pomme ? Et bien c’est ce que vous découvrirez en caressant des yeux et des mains les très belles illustrations désuètes de cet album joyeux !

Retrouvez aussi les avis de Chlop, Céline et de  Pépita

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La Bestiole, Sylvie Delom et Judith Gueyfier.-Didier jeunesse

Des couleurs lumineuses, une végétation chatoyante, des créatures étranges pour voir d’un autre œil l’histoire d’un fruit qui a bouleversé l’histoire des hommes et des femmes ! Poétique à souhait !

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Graine de Pastèque, Greg Pizzoli.-Editions du Ricochet. 

Voilà un album aux couleurs vitaminées qui raconte la passion d’un crocodile pour la pastèque. Jusqu’au jour où… Mon petit Pilote-de-Berceau a adoré cet album qui l’a beaucoup fait rire, du coup ce fut un vrai plaisir de le lui lire encore et encore à chaque fois qu’il me le demandait !

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Dans le panier de Kik

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L’imagier de Delphine Chedru
Marcel & Joachim, 2013. 

Une pomme et une poire deux fruits du verger pour annoncer un imagier rempli d’objets du quotidien. Un petit livre cartonné pour inviter les enfants à observer leur environnement.

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Dans le panier de Pépita

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Pomme Pomme Pomme de Corinne Dreyfuss.-Thierry Magnier

Une merveille de cartonné pour les petites mains sur la vie d’une pomme dans le verger, appétissante à souhait !

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L’arbre à confiture de Komako Sakaï et Mutsumi Ishii.-Ecole des loisirs

Le pommier du jardin intrigue Blanche et plus encore les merveilleuses qu’il donne !

Une ode à l’enfance dans sa capacité d’émerveillement et une ode à la nature.

Touchant, naïf, intemporel.

Retrouvez l’avis de Chlop

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Ma poire de Stéphane Kiehl , éditeur numérique .-e-Toiles éditions

Une poire qui se transforme verticalement ou horizontalement sous les doigts de l’enfant : coloré, ludique, imaginatif ! Avec une fonction dessin et une fonction galerie pour imaginer et conserver son oeuvre. Une appli de très belle qualité pour les petits.

3,99€ sur l’Appstore

Retrouvez l’avis de Déclickids

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Régalez-vous bien avec nos récoltes de livres !