Récits épistolaires : la ronde des points de vue.

Écrire un roman uniquement basé sur l’échange de lettres est un exercice compliqué. Mais c’est l’occasion de confronter deux points de vue, deux styles, et surtout de lire ce qui est tu entre les lignes.

Si la littérature a ses propres classiques, voici nos préférés à destination des plus jeunes. Pour leur donner envie de prendre la plume à leur tour ?

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Lucie vous propose le classique Inconnu à cette adresse. Le titre fait référence à la mention apposée sur les lettres dont les destinataires avaient quitté leur domicile. Avec tout les sous-entendus qu’elle peut revêtir en temps de guerre. Car c’est en pleine montée du nazisme que prend place cette correspondance entre Max, juif installé à San Fransciso et Martin, retourné vivre en Allemagne. Dix-neuf lettres d’une lucidité effrayante.

Inconnu à cette adresse de K. Kressman Taylor

Son avis ICI.

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Linda propose également un classique, Papa-Longues-Jambes où l’histoire de Judy, jeune orpheline, qui voit son destin changé lorsqu’un bienfaiteur l’adopte et l’envoie étudier à l’université pour en faire une auteure. Leur relation ne se fera que par le biais d’une correspondance à sens unique menée par Judy qui raconte son quotidien et sa vie d’étudiante. Un roman touchant qui amène de belles idées sur la place des femmes dans une société patriarcale très forte, malheureusement pas exploitées à leur paroxysme.

Papa-Longues-Jambes de Jean Webster, Gallimard, 2007

Son avis ICI.

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Parce que c’est bientôt la saison, dans Lettres à qui vous savez c’est au Père Noël que Jérémy écrit. Mais s’il n’oublie pas sa liste de cadeaux, il raconte surtout son quotidien, ses relations à l’école, ses peurs et ses espoirs.
Car Jérémy est séropositif.
Quinze lettres pour aborder un sujet difficile et inviter à la tolérance.

Lettres à qui vous savez de Hervé Debry, Casterman

L’avis de Lucie ICI.

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Pépita dans son MéLI-MéLO de livres propose ces deux romans de Coline Pierré et Martin Page (Ecole des loisirs, Médium +) : échange épistolaire entre Flora et Max, deux cabossés de la vie, qui vont se libérer peu à peu, s’ouvrir à la vie, à la solidarité. Très touchants.

Ses avis ici et là.

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Isabelle vous propose de découvrir un classique du roman épistolaire, par ailleurs fondateur de la littérature fantastique, qui a fait de Bram Stoker un maître du genre : il s’agit bien sûr de Dracula ! L’histoire du vampire le plus célèbre du monde est restituée sous forme de courriers, de télégrammes, de fragments de journaux intimes et de coupures de presse, organisés de façon chronologique. Cela permet à Bram Stoker d’entretenir le suspense en brossant le portrait de Dracula par petites touches qui se superposent au fur et à mesure que les différents narrateurs le rencontrent. La version abrégée et illustrée par François Roca qu’a publiée L’école des loisirs est une belle occasion de découvrir ce texte culte !

Dracula, de Bram Stoker (illustré par François Roca), L’école des loisirs, 2019.

Son avis ICI.

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Mais il n’y a pas que les humains et les terrifiantes créatures qui peuvent s’écrire des lettres. Chez Duncan, ce sont les crayons de cire qui prennent la plume. Et oui, ils ne sont pas contents du tout du sort que leur jeune propriétaire leur fait subir ! Chacun à leur tour, crayon rouge, violet, beige, gris, blanc noir, vert, jaune, orange, bleu, rose, pêche, lui font part de ses doléances. Tout à tour jaloux, fatigué, délaissé, ils expriment leurs émotions et leurs revendications. Un album créatif, ingénieux et particulièrement ludique pour faire découvrir l’écriture épistolaire aux plus jeunes et … qui donne envie de rouvrir d’urgence sa boîte en métal de crayons de couleurs !

Rebellion chez les crayons, Drew Day Walt,
illustré par Olivier Jeffers, école des loisirs, 2016.

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Et voici… un album épistolaire ! Le texte écrit d’une écriture ronde pourrait être celui d’une carte postale envoyée par une petite fille à sa grand-mère. Elle raconte le voyage en train, l’animatrice, les autres enfants, le campement, les baignades, les rencontres, les jeux et les veillées… Chacun des ces mots est sublimé par les illustrations qui les revisitent pour nous entraîner dans un univers fabuleux digne des films de Miyazaki. La réponse de la grand-mère, dans les dernières pages, nous prend de court de façon toute réjouissante. Drôle et splendide !

Des vacances timbrées, de Mathilde Poncet,
Les fourmis rouges, 2020

Les avis d’Isabelle et de Linda

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