Lecture commune : “Le monde t’appartient”

À l’heure où la liberté, et celle d’expression en particulier, se montre comme un droit à défendre, cet album l’évoque avec douceur et poésie. Quelle meilleure façon pour vous en parler, que d’en discuter entre nous pour percevoir nos différents avis…

 Le monde t'appartient

Sophie : Avant de commencer à parler du contenu de cet album, j’aimerais savoir ce que le titre vous a inspiré ?

Alice : Wouahh un titre qui ouvre bien des perspectives et des horizons….
Un titre persuasif qui se lit comme une déclaration inéluctable.
Un titre optimiste plein de force et de promesses.

Colette : Voilà un titre très positif qui donne confiance, qui donne des ailes, qui donne envie d’observer, de s’émerveiller, de comprendre et d’avancer, parcourir, grandir au cœur de notre vaste humanité. Un titre que l’on a terriblement envie de partager avec ses enfants, comme un conseil pour les engager à aller de l’avant.

Pépita : Pour moi, c’est un titre qui entre en résonance avec mon parcours de lectrice. Lire permet d’appartenir au monde… Un titre comme une incantation toute douce et énergique à la fois comme pour prendre conscience de quelque chose d’évident et de lointain en même temps, comme respirer par exemple.  Le monde t’appartient, oui, le sais-tu vraiment que c’est à toi d’en faire quelque chose ?

Sophie : Et alors quand vous avez ouvert l’album, qu’y avez-vous trouvé ?

Pépita : Une réflexion philosophique très séduisante, à hauteur de plus grands enfants mais des illustrations un peu trop enfantines en regard de la profondeur de la réflexion. Ce décalage m’a un peu interpellée, encore plus quand je l’ai lu à haute voix à des enfants entre 8 et 11 ans, qui n’ont pas tout compris au texte à la première lecture et que les illustrations trop “bébé” n’éclairaient pas suffisamment.

Alice : A la première vue, j’ ai tourné les pages d’un album minimaliste : des illustrations simples et épurées, la plupart du temps à base de formes géométriques, et très peu de texte.
A la lecture, je rejoins Pépita, des questions et réflexions philosophiques “séduisantes”.

Colette : En ouvrant cet album, j’ai surtout été captivée par le blanc de la page, un blanc nécessaire en effet pour commencer à réfléchir à ce qu’est la liberté. Mais comme Pépita j’ai été interrogée par le décalage entre les illustrations qui référent sans cesse au monde de l’enfance, voire de la petite enfance et un sujet philosophique assez complexe.

Sophie : Des illustrations en décalage avec un contenu plutôt philosophique, des illustrations particulièrement graphiques en tout cas, vous en avez pensé quoi Pépita et Alice ?

Pépita : Le titre accroche, le texte est très bien amené dans la progression philosophique, il y a un début et une fin qui se rejoignent et l’idée est très bien déroulée, certaines illustrations sont assez symboliques aussi. C’est un album qui permet une bonne accroche en matière de philosophie.

Alice : Bien sûr, des illustrations appropriées pour les plus petits, des illustrations qui prennent leur force grâce au texte mais aussi au symbolisme qu’elles expriment. Même isolées, certaines d’entre elles peuvent se réfléchir, s’interpréter, se dicuter … Intéressant, non ?

Sophie : Revenons au texte, très court, mais comme l’a dit Pépita, pas toujours évident pour les plus jeunes. On y aborde la notion philosophique de la liberté, est-ce que vous pouvez m’en dire plus ce qu’on y met dans cet album et ce que vous en avez pensé ?

Pépita : Je l’ai trouvé particulièrement réussi ce texte car il s’attache au quotidien des enfants, à ce qu’ils peuvent vivre : petits et grands malheurs, jeux , partage…Un texte très abordable pour eux. C’est du concret donc l’adulte peut s’en saisir pour en discuter avec eux.

Alice : Oui, un texte court mais clair et réussi. A noter aussi l’emploi de la 2°personne du singulier qui interpelle directement le lecteur et l’associe à la réflexion en s’adressant directement à lui.

Sophie : Finalement, un texte assez simple pour une notion philosophique, des illustrations enfantines et graphiques mais aussi assez conceptuelles, bref un livre pour les enfants qui mérite la présence d’un adulte pour éclaircir l’ensemble. Avez-vous un dernier mot à dire sur cet album ?

Colette : Je trouve que c’est un album qui malgré la simplicité des illustrations qui évoquent de manière pertinente le monde enfantin mérite vraiment un accompagnement, c’est un album qui -d’après moi- ne peut pas exister sans un prolongement, sans une discussion entre l’adulte qui le lit et l’enfant qui l’écoute, peut-être pas pour éclaircir la notion qui nous dépasse même nous adultes mais pour la débattre tout simplement. Écouter ce que l’enfant en pense, ce qu’il en dit, ce qui l’interroge, sans juger, ni prescrire mais juste en confrontant nos définitions. Je m’intéresse beaucoup à la question du débat philosophique avec les plus jeunes, et cet album est selon moi un bon déclencheur mais qui ne peut se suffire à lui même. Ce qui en fait d’ailleurs un objet tout à fait passionnant parce qu’ouvert à autre chose qu’à l’imaginaire.

Pépita : Un album pertinent en tous cas, qui constitue une approche séduisante et subtile de la philosophie. Il implique fortement la personne qui le lit comme celle qui le reçoit. J’ai aimé son côté très concret sans tomber dans le fait d’asséner des vérités toutes faites. Un album sur la liberté au sens large qui laisse une grande liberté. C’est suffisamment rare pour le souligner. Une réussite. Je regrette seulement le côté trop enfantin des illustrations qui sont en trop grand décalage avec le discours très profond. Cependant, leur côté figuratif équilibre bien et s’accorde avec le texte. Effectivement, il nécessite un accompagnement et constitue un excellent point de départ pour aborder la philosophie avec des enfants, mais de mon point de vue, pas avant 8 ans.

Retrouvez les avis complets de Alice, Pépita, Colette et Sophie.

Pour poursuivre la réflexion philosophique, voilà un excellent documentaire qui explique de nombreuses notions simplement : Les P’tits philosophes de Sophie Furlaud et Jean-Charles Pettier, Dorothée de Monfreid et Soledad Bravi.

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