Nos coups de cœur de mars

Pour mars nous avons beaucoup lu et notamment pour préparer le Prix ALODGA mais attendant de découvrir notre sélection voici quelques titres qui pourront toujours vous donner envie d’aller piocher des livres à découvrir dans votre librairie ou médiathèque préférée.

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Lucie a eu peu de temps pour lire ce mois-ci, mais elle a eu la main heureuse quelque soit le genre tenté !

Côté album, Rébecca Dautremer a su l’émouvoir avec la vie simple mais riche de Jacominus. La beauté des illustrations n’est pas une surprise pour qui connaît le travail de cette auteure-illustratrice. Mais ce petit lapin duveteux est quand même sacrément craquant ! Petits clins d’œil à l’univers de Beatrix Potter et célébration d’une vie simple faite de liens familiaux et amicaux, Les Riches Heures de Jacominus Gainsborough séduiront les âmes sensibles.

Les Riches Heures de Jacominus Gainsborough, Rébecca Dautremer, Sarbacane, 2018.

Son avis complet ICI.

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Dans les documentaires, c’est un livre sur les livres qui l’a touchée bien plus qu’elle ne l’aurait cru. Le livre est un livre est un livre réalise l’exploit de traiter tous les aspects de cet objet si cher à notre cœur. Histoire de son invention et des matériaux utilisés, variations de mise en page, mais aussi et surtout lien affectif que nous entretenons avec lui. Sans oublier ses origines naturelles et la foule de personnes nécessaires à son édition. Génial !

Le livre est un livre est un livre, Mathilde Jamain, Denis Gombert, Léa Louis, Éditions courtes et longues, 2025.

Son avis complet ICI.

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Et en BD, elle a été très agréablement surprise par le ton de Lebensborn. Alors qu’elle s’attendait à un roman graphique historique un peu lourd, elle a trouvé une quête d’identité familiale aussi riche qu’émouvante. Une réflexion dans les transports en commun, un cours d’Histoire qui fait tilt et voilà toute la famille Maroger qui s’interroge. La maman de la bédéaste, principale concernée, a d’ailleurs elle aussi raconté son expérience dans un roman intitulé Les racines du silence.

Lebensborn, Isabelle Maroger, Bayard, 2024.

Son avis complet ICI.

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Pour Liraloin, la lecture de ce petit-grand roman est comme un souffle réparateur et vous allez deviner pourquoi.

Marta aime son métier et faire plaisir aux habitants de Chouquette-sur-Merle. Elle les régale de baba au rhum, de viennoiseries en encore de crème brûlée. Oui mais voilà Marta est fatiguée : « ses ailes semblaient engourdies. Et sa tête comme envahie de gros nuages gris. ». Marta n’éprouve plus de joie, ne pense plus à elle depuis si longtemps.  Et si le moment était de partir prendre l’air loin de son quotidien ? Chercher et trouver un chemin vers les souvenirs d’enfance car il faut du temps pour se réparer des blessures que nous inflige le quotidien. Que faire « des tempêtes, du brouillard, des averses » qui la traversent ? Malgré toute la beauté que peut livrer son île de repos, Marta est encore bien éprouvée…

Lire cet album c’est comme mordre dans un carré de chocolat réconfortant. L’histoire de Marta est inspirante et montre oh combien que ralentir la cadence de nos vies est importante. Savoir s’écouter, se comprendre et un peu penser à soi s’accompagne d’un doux changement. Dans cet album aux délicates illustrations, la jeune-le jeune lectrice-lecteur ne peut qu’entrer en empathie avec la bienveillante Marta. Quelque fois, il ne suffit de faire quelques pas pour « être un peu mieux dans ses plumes. »

L’échappée belle de Marta de Delphine Roux et Gaëlle Duhazé – Hong Fei, 2025

L’avis de Lucie.

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Quel bonheur de retrouver Thomas Scotto et bien accompagné par Carole Chaix pour ce titre universel tant qu’il peut parler à n’importe quel adulte ou enfant !

« Et bien, pour les mots de boxe, peut-être que vous ne savez pas tout à fait…peut-être vous ne savez pas ce que ça fait sur l’envers de nos décors…mais il y a forcement d’autres pouvoirs plus utiles que ça. »

« De la patience…avant que je réussisse à lui dire…

Il faut encore de la patience

Oui, si je me réconcilie avec ma tête, forcément je pourrai raconter bientôt. »

J’imagine que pour faire vivre ce texte de Thomas Scotto, en parler un peu avec mes mots peut éventuellement inviter à une interrogation, à encourager sa lecture. Dans le paysage littéraire jeunesse il y a Thomas Scotto comme il y a Dominique A ou d’autres artistes à l’écriture « fléchette en plein cœur de la cible ». Thomas Scotto est un ovni qui apparaît pour capturer, saisir ce que je pensais raccommodée, l’éternelle élève qui n’y arrivait jamais.

L’envers de nos décors existe bien pour permettre d’exister, ancrer dans cette vie où les rêves ne sont pas que de belles chimères disparues. Alors, merci pour ce texte qui a pris le chemin de cette BD-album pour rencontrer Carole Chaix et son trait qui s’illuminera sans doute à la dernière page.

L’envers de nos décors de Thomas Scotto et illustré par Carole Chaix – éditions du pourquoi pas ? 2025

L’avis de Lucie et celui de Séverine.

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Ce mois-ci, Hélène a enfin eu l’occasion de découvrir le roman de Sarah Maeght, Véda s’en va, qui concourrait cette année pour le Prix Vendredi.

Il s’agit d’un roman ado très actuel et bien écrit. Il parle de Véda qui découvre son attirance pour les filles grâce à Frankie, une jeune fille qui assume son homosexualité, qui assume de se travestir en homme lors de spectacles de drag king et qui débarque dans sa vie tranquille à Dunkerque directement depuis Berlin.

Véda, avant l’ arrivée de Frankie, mène une vie d’ adolescente plus ou moins ordinaire. Une bande de copains, un petit ami qu’elle se convainc d’aimer, des choix d’orientation à faire, des parents divorcés un peu paumés mais bienveillants, un petit boulot qui lui permet de mettre de l’ argent de côté pour partir à Lille… Et surtout Beyoncé, un lézard de compagnie.

Une très belle découverte pour Hélène, qui vous invite à découvrir ce roman qu’on pourrait presque qualifier d’initiatique et à lire sa chronique en entier.

Véda s’en va de Sarah Maeght – Albin Michel Jeunesse 2025

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Hélène a comme toujours lu pour tous les âges ce mois-ci et a eu le plaisir de découvrir le magnifique Gros câlin d’Annabelle Buxton destinés aux touts-petits.

Un livre au format très original, rond au lieu d’être rectangulaire, avec un cercle qui se rétrécit au fil des pages… 10, 9, 8, 7, 6, 5, 4, 3, 2, 1… Eléphants, hirondelles, fennecs… Tous les animaux se font des câlins, jusqu’à la page finale où l’on fait des câlins à une seule personne… Le petit bébé à qui s’adresse ce livre tout cartonné et coloré.

Un album plein de tendresse, qu’on prendra plaisir à lire et relire à son enfant et qui créera des souvenirs communs. Il a été offerts à tous les enfants nés dans le Val-de-Marne en 2025, une très belle initiative. Quel plus merveilleux support qu’un livre pour contribuer à tisser de tendres liens entre parents et enfants !

Gros câlin d’Annabelle Buxton – Editions de la Partie, 2025

L’avis de Lucie et Liraloin

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Enfin Hélène a découvert la très intéressante série des Aventures de Sacré-Coeur d’Amélie Sarn et Laurent Audouin en commençant par le tomeLe démon du Moulin Rouge. Ces livres ont un format album, avec beaucoup d’illustrations mais le texte est très dense. Ils existent d’ailleurs en petit format, ce qui les rapproche des romans premières lectures.

Cette série nous entraîne donc dans tous les quartiers de Paris (Grand-Palais, Opéra, Jardins du Luxembourg et bien d’autres) pour des petites enquêtes menées par un petit garçon intrépide, attachant et plein d’humour.

Faire du tourisme en menant l’enquête, de quoi attiser la curiosité des petits lecteurs en ce printemps !

Les aventures fantastiques de Sacré-Coeur – Le démon du Moulin Rouge d’Amélie Sarn et Laurent Audouin – Editions Le Petit Lézard, 2026

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En mars, Héloïse – Hélolitlà a lu de magnifiques romans qui ont su l’emporter parfois très loin. Deux d’entre eux ont tiré leur épingle du jeu : Enragée, de Cécile Alix, et le premier tome du Fracas des Envolées, de Nell Pfeiffer. Deux univers très différents, et deux lectures qu’elle n’a pas su lâcher.


D’abord, la plume très poétique et les thématiques engagées de Cécile Alix. Avec Enragée, l’autrice met en scène Fauve, une jeune femme qui a grandi dans une famille d’accueil, et apprend du jour au lendemain qu’elle va devoir retourner vivre avec sa mère biologique. Impossible pour elle, elle fugue…


Avec ce roman, Cécile Alix signe à nouveau un roman âpre, qui heurte, qui bouscule. Un roman qui interpelle, tant pas la difficulté des thèmes abordés, que par le réalisme ou la poésie du texte. C’est beau, c’est dur, c’est intense. C’est magnifique et bouleversant. A lire sans hésiter !

Enragée, de Cécile Alix. Ed. Slalom, avril 2025.

L’avis de Lucie.

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Dans un style très différent, Héloïse a adoré Le Brise-Tempête, le premier tome d’une duologie fantasy aux accents steampunk de Nell Pfeiffer. Au programme : le voyage inaugural d’un vaisseau volant, la vengeance d’une jeune femme qui a tout perdu, de la magie et des complots…


Avec ce roman, Héloïse a retrouvé tout ce qu’elle aimait tant dans les littératures de l’imaginaire : un univers original et très immersif, des personnages variés et aux caractères complexes et développées une plume entrainante, de la magie, et surtout être tellement happée par une lecture qu’elle n’a pas vu la fin venir… Elle n’a qu’un seul regret après l’avoir refermé : le second tome n’est pas encore paru !

Le fracas des Envolées, tomes 1 : Le Brise-Tempête, de Nell Pfeiffer. Gulf Stream ed. Mars 2026

Sa chronique détaillée ICI.

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En mars, 3 coups de cœur énormes pour des romans ados chez Séverine.

Elle a connu Hervé Giraud il y a seulement quelques années, alors qu’il écrit pour la jeunesse depuis plus de 20 ans. Depuis, elle réparé cette erreur en achetant et lisant tous ses livres. C’est donc sans surprise qu’elle a eu un nouveau gros coup de cœur pour Non réparable, son dernier roman, qu’elle a dévoré. Parce que l’auteur possède le don de provoquer la série de sensations qui rendent une lecture si vibrante. Sa langue, vivante, moderne, rythmée, est percutante, il se met dans la peau des enfants et des adolescents avec une aisance qui force le respect. Il n’en oublie pour autant ni l’émotion, ni la poésie et c’est ce qui fait toute la force de son écriture.

Ce roman bouleverse autant qu’il frappe, il questionne autant qu’il dénonce. C’est une histoire, très dure sur les violences intrafamiliales et leurs conséquences sur la santé physique et mentale des victimes. Mais elle est pourtant pleine de lumière en toute fin et devient une ode à la résilience, sans que le mot ne soit galvaudé, car c’est aussi une histoire de belles rencontres qui changent le destin.

Sa chronique complète ICI. Celle d’Héloïse.

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D’après une étude non scientifique, néanmoins très sérieuse, lire un roman de Myren Duval aurait des effets secondaires désirables, que Séverine a ressentis à la lecture de son dernier roman, Pablo dans les bois.

– Sautes d’humeur : passage du sourire aux larmes sans crier gare

– Palpitations, arythmie, tachycardie : avoir un cœur solide pour résister au flot d’émotions qui l’assaillent

– Amour d’une plume aussi originale qu’elle est fine, aussi fantaisiste qu’elle sait être puissante, aussi palpitante qu’elle est intelligente.

Pablo dans les bois raconte les émois et les doutes d’un adolescent insolent, tourmenté, apeuré, amoureux, pour qui la vie s’accélère et déraille, notamment à la séparation de ses parents et à la découverte de la bipolarité de son père. Santé mentale, liens familiaux, premières amours, ces sujets très actuels, sont traités avec une tendresse, un humour, et , au final, avec grande profondeur.

Sa chronique complète ICI.

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Walter Cobb, c’est le titre d’un (premier) roman époustouflant écrit par Mathilde de Lagausie, qui a aussi emmené Séverine très loin. Il est sous-titré « Nos chemins d’or et de poussière », parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. La poussière des vies cabossées marquées par la violence et la honte, l’or de l’amitié et de l’amour, mêlés dans un roadtrip fabuleux, un roman initiatique et d’aventures, une épopée, comme on en lit peu.

Ses inspirations littéraires ou cinématographiques sont assumées par l’autrice – Des souris et des hommes, La ligne verte, Django Unchained, La couleur pourpre – autant d’histoires où la nature humaine est disséquée, examinée dans ce qu’elle a de plus effrayant, de plus lumineux, de plus complexe,- mais ce qu’elle en fait dépasse toutes les attentes. Les codes du western ? Maîtrisés. Le brin de fantastique ? On ne se remet pas du plot twist final. La question sociétale autour du racisme et des exclu.e.s ? Bouleversante. Alors que son rythme est haletant, le roman est aussi parsemé de moments plus lents, de scènes d’une intensité tragique qui serre la gorge, ou d’instants de pure poésie, envoûtants… L’ambiance colle à la peau, le décor s’imprime dans la rétine, les personnages sont inoubliables, la langue, bien que flirtant avec l’oralité, est très belle… Réussite totale !

Sa chronique ICI.

Walter Cobb, nos chemins d’or et de poussière, de Mathilde de Lagausie, Rouergue Jeunesse, 2026

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Et vous, quels livres ont accompagné votre mois de mars ?

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