Lecture commune : La folle rencontre de Flora et Max

Un roman écrit à quatre mains et deux voix d’adolescents qui se parlent, se confient, s’épaulent…

Il nous a beaucoup plu à Alice, Carole et moi...

Alors, voici notre échange bloguesque autour de ce roman qui fait un bien fou !

Coline Pierré et Martin Page - La folle rencontre de Flora et Max.

La folle rencontre de Flora et Max
Ecole des loisirs, paru le 11 novembre 2015

Pépita : “La folle rencontre de Flora et Max”, vous vous attendiez à quoi avec ce si beau titre ?

Alice : Une fille, un garçon, une histoire à inventer…
Deux beaux prénoms, courts, poétiques, dynamiques.
Quelque chose d’improbable.

Carole : une fille, un garçon, une rencontre, un amour fou ! Et de la lumière comme sur la couverture.

Pépita : Oui tout comme vous : un joli titre pour une histoire prometteuse entre un gars et une fille …mais quand même : folle….comment cet adjectif se traduit-il dans cette histoire ?

Carole : Bonne question ! Folle parce qu’improbable, incroyable, surprenante et en même temps elle semble logique, naturelle, évidente, vous ne trouvez pas ?

Alice : Folle parce qu’imprudente et osée. Max qui engage la relation n’a aucune certitude du retour de Flora.
Mais folle aussi car intense. Max et Flora partagent une intimité très forte.
Et je rejoins Carole, folle parce qu’évidente ! Ils étaient fait pour faire un bout de chemin ensemble !

Pépita : Ce petit grain de folie, je l’ai aimé de suite. Quelle belle relation en effet et évidente ! Une authenticité aussi et une maturité hors du commun entre ces deux-là, sans arrière-pensées.
Bon, pour nos lecteurs, un petit résumé s’impose, juste pour donner envie ? Et comme dans le roman, essayons de compléter nos réponses, non pas à quatre mains mais à six.

Carole : Max et Flora fréquentaient le même lycée avant. Désormais, Flora est en prison, et Max vit reclus chez lui. Chacun enfermé dedans, chacun ses raisons. Pourtant, un jour, Max écrit une lettre à Flora. Et là commence cette folle rencontre…

Alice : Oui, c’est ça une rencontre épistolaire entre deux oiseaux en cage qui piaffent d’impatience, qui rêvent de construire une nouvelle donne, d’apporter un peu de fantaisie à la vie.

Pépita : Confiance, confidences et connivence, c’est ce que j’ai ressenti d’emblée entre ces deux-là et c’est beau leur échange !
Justement : comment vous êtes-vous senties à cette lecture ? Spectatrice, complice, impatiente, agacée, dubitative…? Personnellement, c’était comme si je recevais moi-même ces lettres avec beaucoup de fébrilité à chaque tourne de page, comme un rendez-vous attendu : avez-vous eu la même impression ou pas du tout ?

Carole : oui comme toi Pépita, j’étais impatiente de “recevoir” la prochaine lettre ! Ce qui explique certainement que je l’ai lu d’une traite. A la fois spectatrice et complice. Et en même temps la pudeur pousse le lecteur à être patient, empathique, à prendre le temps de la lecture aussi.

Alice : Tout à fait d’accord ! On plonge complètement dans cet échange épistolaire et on trépigne comme si on recevait une lettre dans sa propre boîte ! Pari réussi par les auteurs de nous impliquer autant !

Pépita : Et cette forme épistolaire, qu’apporte-t-elle en plus à ce roman du coup ?

Carole : Pour moi, c’est la forme épistolaire qui apporte toute la crédibilité à cette histoire. On connaît les bienfaits de l’écriture, la pudeur et la distance des mots, le recul aussi qu’on peut avoir sur les événements. Je la lis encore une fois comme une évidence. Ce n’est d’ailleurs pas sans rappeler le Manuel d’écriture et de survie de Martin Page…

Alice : En effet, elle apporte tout, à la fois la distance et la proximité entre Flora et Max.
Le rythme du livre aussi, parfois des lettres trés courtes justes informatives, parfois d’autres plus longues avec plus de contenu.
C’est un genre assez formel malgré tout, mais le ton employé donne de la dynamique et de la vivacité à cette “folle rencontre”.
Le tout donne une certaine unité au livre et chaque lettre reçue s’accueille comme un véritable cadeau.

Pépita : J’ai été très touchée que des jeunes passent par ce mode d’expression à l’heure des nouvelles technologies. Et combien on perçoit une évolution dans leur relation au fur et à mesure des échanges sans voyeurisme mais en toute simplicité. L’avez-vous perçue aussi ? De manière égale chez chacun des deux protagonistes ou pas ?

Carole : oui Pépita, j’ai senti beaucoup d’empathie, de retenue et surtout de la douceur. Et bordel que ça fait du bien !

Pépita : J’ai vraiment trouvé une évolution dans leur échange, plus du côté de Flora qui se livre davantage peu à peu et j’ai été très touchée par la poésie qu’elle tente de mettre dans le milieu carcéral, son côté très manuel et pragmatique. Quant à Max, malgré sa peur de sortir à l’extérieur, je l’ai trouvé très mature, tres déterminé, trés adulte. Leur envie de prendre mutuellement en main leur avenir est comme une lumière dans ce tunnel qu’on leur impose.

Pépita : “Mais alors, dit Alice, si le monde n’a absolument aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un ?” Je reprends délibérément cette phrase à Lewis Carroll car je trouve qu’elle illustre à merveille ce roman. Avez-vous été surprise de la tournure que prennent les choses dans ce roman ? Trop d’idéalisme ou au contraire une suite logique pour vous ?

Alice : Surprise n’est pas le terme approprié pour ma part, je dirais plutôt “enchantée”.
Enchantée de cette bouffée d’air et d’optimisme.
Enchantée de voir qu’il était encore possible de croire en ses rêves.
Et enfin, enchantée de croire en une jeunesse courageuse qui à l’inverse de se plaindre propose, avance, innove, créé… Aaaaah, comme ce livre fait du bien !

Carole : Comme Alice, je dirai plutôt “rassurée” de lire un peu de douceur, de voir du lien se tisser, de comprendre l’autre sans juger, d’essayer d’autres choses, de proposer des alternatives, de ne pas avoir peur de l’autre. Par les temps qui courent, ça rassure je trouve, non ?

Pépita : Oh que oui Carole, ça rassure ! J’ai trouvé cette fin magnifique. Deux ados enfermés pour différentes raisons et qui s’ouvrent par leur envie ce chemin de liberté, j’ai trouvé cela, comment dire ? Comme une bouffée d’air pur anti-conformiste et on en a bien besoin ! Puisqu’on aborde la fin :  que vous a apporté la lecture de ce roman épistolaire ? Et juste un mot pour le définir ?

Alice : Ma réponse précédente répond déjà pas mal a cette question… Alors juste un mot : sincère.

Carole : Le mot qui me vient à l’esprit, c’est possible. Une rencontre, c’est toujours l’occasion de créer des possibles.

Pépita : Le mot que je choisirais : lumière. Ils s’éclairent chacun et c’est vraiment très beau.

Un roman à lire !

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Coline Pierré et Martin Page nous ont fait l’honneur de répondre à nos questions.

Leurs réponses : demain sur ce blog !

Nos chroniques respectives sur ce roman :

Alice : A lire aux pays des merveilles

Pépita : Méli-Mélo de livres

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