Ana Ana

Pour cette lecture commune, l’envie nous est venue d’aborder un genre différent : la bande dessinée pour jeunes enfants !

Et je suis tombée « par hasard » sur celle-ci : Ana Ana, la petite sœur de Pico Bogue, publiée par Dargaud en 2012.

Et vous allez voir : c’est malicieux, gai et enlevé à l’image des deux couvertures !

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Sophie de La Littérature de jeunesse de Judith et Sophie, Céline du Tiroir à histoires et  Bouma de Un petit Bout de (Bib)liothèque ont répondu aux questions de Pépita-Méli-Mélo de livres.

Pépita : Deux tomes pour ces histoires : Douce nuit et Déluge de chocolat, aux titres évocateurs. Pour ma part, j’ai beaucoup ri et passé un excellent moment de lecture ! Est-ce le cas pour vous aussi ?

Céline : C’est frais, léger, drôle, j’ai l’impression de retrouver mon âme d’enfant en les lisant ! Tendres et facétieuses, les aventures d’Ana Ana et sa ribambelle de doudous fripons et rigolos m’ont détendue, enchantée, et je me suis régalée des illustrations savoureuses. Le ton est beaucoup moins acide que celui des BD de son préado de frère Pico Bogue, c’est plus candide, plus mignon, mais j’ai beaucoup ri !

Sophie : J’ai aussi beaucoup aimé. C’est drôle, pétillant, plein de candeur et ce personnage seul avec ses doudous, c’est un régal pour les enfants à mon avis.

Bouma : Petites BD bien sympathiques pour une première approche du 9ème art dès le plus jeune âge. La trombine de cette petite fille, avec ses bouclettes blondes et son nez retroussé, et les peluches hautes en couleurs donnent envie d’en découvrir le contenu.

Pépita : Un petit topo rapide sur chacun des titres, juste pour donner envie à nos petits et grands lecteurs ?

Céline : Dans Douce Nuit, Ana Ana lis un livre captivant, laissant la lumière allumée alors que tous ses doudous veulent dormir. Alors, quand à son tour elle tombe de sommeil, ils ne l’entendent pas de cette oreille ! Comment dormir avec six zigotos à poils bien décidés à faire la java ?
Dans Déluge de chocolat, on prend les mêmes et on les met dans la cuisine : mission gâteau au chocolat !
Avec une bande de doudous facétieux comme ça, on ne s’ennuie pas les mercredis, c’est moi qui vous le dit !

Pépita : Pour ma part aussi, j’ai beaucoup aimé l’approche : en particulier cette façon d’entrer dans l’imaginaire des enfants. Et la spontanéité qui s’en dégage. Le renversement des rôles aussi. Tout le monde peut s’y retrouver : les enfants et les parents. Du vécu quoi !

Et les illustrations ? Vous ont-elles convaincues ? Leur mise en page, leur colorisation, le rapport avec le texte ?

Sophie : J’ai bien aimé le format à l’italienne et d’ailleurs ça m’a fait pensé que c’était des petites histoires à l’intérieur, je ne m’attendais pas à en avoir une seule. Mais pas déçue pour autant. Le style des illustrations m’a bien plu, c’est dynamique, tout ce que j’aime. Le texte est assez court et l’illustration complète très bien et ajoute encore à l’humour des situations.

Bouma : Pas du tout surprise par le format et son contenu car j’ai déjà lu P’tit Boule et Bill sur le même format. Chaque livre présente l’équivalent d’une planche (cela vaut pour les deux titres) donc de grandes cases organisées de manière linéaire unilatérale. On est loin de la gymnastique intellectuelle que peuvent parfois représenter pour les enfants les bandes-dessinées.

Céline : Les illustrations sont irrésistibles, gracieuses, fraiches, avec des petits détails vraiment comiques, un un talent très BD sur les mimiques, expressions de visage, et le mouvement.

Pépita : Derrière l’humour de ces deux tomes de Ana Ana se « cachent » aussi des petits messages éducatifs : pour ma part, ça m’a bien plu parce que c’est fait d’une manière positive. Est-ce aussi votre avis ?

Sophie : Oui, ces petits messages sont intégrés sans la présence moralisatrice de l’adulte. L’idée est plus de faire prendre conscience aux enfants, de les aider à se construire par eux-mêmes. Et puis la place des doudous est un soutien pour ces messages à la hauteur de l’enfant.

Bouma : Je vous rejoins sur ce point. Les messages éducatifs sont appris par l’expérience d’Ana Ana et comme dans la réalité certaines choses sont mieux retenues après les avoir expérimentées…

Pépita : Parlons maintenant du genre : Dargaud est un éditeur de bandes dessinées. Ce livre se situe pour moi entre l’album et la BD. Etes-vous de cet avis ?

Céline : Entre l’album et la BD ? Je ne sais pas, moi je vois là une BD à proprement parler, avec ses codes et son esthétique, simplement accessible à des plus jeunes que le public BD classique. Le texte est en bulles, il y a dans le scénario et les vignettes une forme très « sketch » qui est pleinement dans l’esprit BD je trouve.

Bouma : Rien à rajouter car je suis totalement d’accord avec Céline.

Pépita : Effectivement, ce genre de BD constitue une initiation au genre, une immersion disons.

La production éditoriale en ce sens abonde : il existe maintenant pas mal de séries de BD pour la tranche d’âge des 3 à 6 ans. Qu’en pensez-vous ?

Sophie : C’est vrai que ce type de BD se développe beaucoup. Je n’ai rien contre, c’est un style différent et ce qui se fait est plutôt de bonne qualité donc tant mieux. Après il faudrait savoir si au niveau de l’acquisition de la lecture, cette forme est adaptée ou non.

Bouma : Personnellement je ne considère pas ce genre de bd pour les 3/6 ans mais plutôt pour les 6/8 ans en ce qui concerne l’acquisition de la lecture. Elles font parties de ces « premiers » livres que les lecteurs débutants vont pouvoir lire et finir complètement seuls. L’attrait de la bd dans ce que le genre apporte est surtout du (selon moi) à une envie de « faire comme les grands » (grands étant les enfants un peu plus âgés et maîtrisant un minimum la lecture). Parce que pour moi la bande dessinée est loin d’être réservée aux « non-lecteurs » ou aux « mauvais lecteurs », au contraire elle nécessite une double lecture pas si évidente celle du texte et celle de l’image. En cela, je conseillerais plutôt Ana Ana en début d’école élémentaire.

Pépita : Avez-vous eu l’occasion de lire ces BD avec des enfants ? Si oui, leurs réactions à chaud ?

Céline : Oui ! ça rigole, et pour le message caché éducatif, ça fait mouche effectivement. Aucun adulte n’intervient pour remettre les pendules à l’heure, du coup, le petit lecteur le fait lui-même (solidarité avec les doudous qui veulent dormir, air presque scandalisé en voyant l’état de la cuisine pleine de chocolat), etc ) Mais justement, c’est parfait, suffisamment léger pour que ça reste drôle et pas moralisateur. Grand succès lu à voix haute à des enfants non lecteurs !

On vous avait prévenu…Il n’est pas trop tard pour vous régaler de cette lecture !

Pour en savoir plus, voici nos avis sur nos blogs respectifs :

Sophie-La littérature de jeunesse de Judith et Sophie

Céline- Le Tiroir à histoires

Bouma-Un  petit bout de (Bib)liothèque

Pépita-Méli-Mélo de livres

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