Mais oui 2026 est enfin là et nous reprenons nos belles habitudes ! Voici en exclusivité et rien que pour vous nos nombreux coups de cœur. Un bon thé, un plaid et un excellent livre, quoi de mieux pour affronter cet hiver piquant ?!
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Pour Liraloin, c’est encore une BD qui remporte tous les suffrages. Tous les ingrédients sont réunis pour partir dans une aventure complétement loufoque sur un océan pas si Pantouflard que ça.
Lorsque Barbe-en-Tas apprend qu’il est papa, tout va pour le mal dans ce bateau de pirates survoltés : « mon hériter, un terrien ?! Foi de Barbe-en-Tas, une telle infâmie n’arrivera pas. » Enlevé par son géniteur, Eric ne cherche qu’à s’enfuir de ce maudit rafiot afin d’aller s’unir à la merveilleuse et riche Eléonore. Mais sur l’océan Pantouflard la navigation n’est pas une activité des plus tranquille. Entre crises existentielles, tentatives de mariage et de mutinerie, personne ne sortira complétement indemne de ce voyage oh combien périlleux : « Ho ça va vous, hein ! Vous feriez moins les malins si on avait empêché vos noces, détruit votre avenir de gentilhomme et, cerise sur le pudding, si une bande de malpropres emplumés vous avait capturés pour vous occire au fin fond d’un marais perdu en plein océan Pantouflard !».
Quels joyeux lurons que ces forbans d’eau salée ! Quel régal de rire comme des pirates en lisant cette aventure qui n’arrête pas une seconde. Entre les jeux de mots et les punchlines, on s’amuse comme des gosses, après tout on est tous des mômes devant cette BD. Les personnages sont tous complétement barrés c’est sans doute les conséquences de la palette de couleurs utilisée par O. Philipponneau.
Si vous souhaitez en savoir plus, venez les rejoindre à bord pour partir à la recherche de la fameuse perle mais attention à cette tribu des Kot Kot Kot et les animaux qui peuplent cette île maléfique… brrrrrrrrrrrrrrrrrr…
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Lucie a été séduite par le roman graphique grand format Le berger et l’assassin. L’histoire de ce berger recueillant un assassin l’a profondément touchée. Le texte d’Henri Meunier s’attache à la simplicité de son personnage, mais ouvre des questionnements moraux passionnants. Et les illustrations de montagne de Régis Lejonc sont somptueuses. Un coup de cœur à tous points de vue !
Sa chronique ICI.
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C’est aux Éditions Rue du Monde que Lucie doit son deuxième coup de cœur. Contactées en prévision des articles sur l’EVARS (à paraître prochainement), elles lui ont partagé l’album Noli qui dit Non !. Antje Damm y met en scène un petit rongeur capturé par un enfant qui souhaite jouer avec. Sans que le propos ne soit appuyé, le jeune lecture se voit sensibilisé au consentement, au respect et à la cause animale. Et pour ne rien gâcher, les illustrations de cet album sont très graphiques.
Son avis complet ICI.
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Héloïse – Hélolità a lu beaucoup de graphiques ce mois-ci, en voici une petite sélection ! Elle est retombée en enfance le temps de sa lecture de Dina et le millimonde, a vibré avec Soeurs de glisse, et a retrouvé avec un grand enthousiasme les héros atypiques de Promenons-nous dans l’espace.
Dina et le millimonde, c’est la nostalgie de l’enfance, l’odeur des plats italiens qui mijotent, le goût de l’aventure et du mystère… Dina, c’est une jeune fille qui vit seule avec sa mère depuis que son père a mystérieusement disparu. Elles vont passer quelques jours de vacances chez Nonna, la grand-mère, enfin, c’est ce qui est prévu… La magie s’invite, Dina rétrécit subitement, et découvre un nouvel univers…
Chronique familiale, puis aventure pleine de rebondissements, ce premier tome a su charmer Héloïse, avec cette héroïne au caractère (trop) bien trempé, ces relations mère-fille compliquées, cette grand-mère si adorable, ces mystères, cet univers minuscule. Une lecture chaleureuse, et en même temps rythmée et prenante.

janvier 2026
Sa chronique ICI.
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Léonie est née malvoyante. Cela ne l’a jamais empêchée de faire du sport à haut niveau en milieu valide. Mais son handicap finit par la rattraper. Sa mère lui propose alors de tenter le ski paralympique. Contre toute attente, cela lui plaît. Sauf que c’est sa sœur, avec qui elle ne s’entend guère, qui sera sa guide…
Avec Sœurs de glisse, Héloïse a plongé dans l’univers du ski paralympique. Handicap, acceptation de soi et des différences y sont abordés avec finesse, mais ce qui l’a touchée avec ce graphique, c’est surtout la relation qui se tisse peu à peu entre les deux sœurs du titre. On sent bien au départ que tout les oppose, et ce nouveau défi, avec toutes ses difficultés, les rapproche peu à peu…
La chronique complète d’Hélolitlà ICI.
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Promenons-nous dans l’espace, c’est un manga qui avait su surprendre Héloïse dès le premier tome. Dès qu’elle a aperçu cette suite chez son libraire manga préféré, il a aussitôt été acheté, précieusement ramené à la maison, et dévoré.
Promenons-nous dans l’espace, ce sont deux « héros » atypiques, l’un en échec scolaire, et qui jusqu’à présent a toujours fait comme si cela ne le dérangeait pas, l’autre neuroatypique. La rencontre des deux, c’est une belle surprise, et une amitié qui se tise peu à peu, entre doutes, moments de partage et d’échange, difficultés à affronter.
D’une soirée avec le club d’astronomie à la difficile révision des examens en passant par la difficulté à être entouré de gens et sursollicité, toutes les thématiques sont abordées avec bienveillance. C’est touchant. Avec en rime un beau message : chacun a ses forces et ses faiblesses, mais tout le monde peut s’en sortir. Entraide, différence, zeste de folie, persévérance, voila un petit bonbon tout doux et foufou à savourer sans hésitation !
Sa chronique détaillée ICI.
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Pour Séverine, les coups de cœur du mois, ce sont d’abord les 2 nouveautés de la récente collection Faire humanité, emblématique de la ligne éditoriale des Editions du Pourquoi pas ? : originalité (2 courts textes en vis-à-vis, que l’on peut lire séparément mais qui se « répondent »), belles illustrations (douces et évanescentes de pour Petite chose/Et si l’on s’aime, punchy et chamarrées pour Fashion victim/Sous toutes les coutures), sensibilité, poésie, réflexion, à portée d’enfant, toujours.
Dans Petite chose, de Claire Beuve et Et si l’on s’aime, de Cathy Ytak, c’est la réciprocité du sentiment amoureux qui est interrogée, qu’elle soit bafouée, ou sublimée. Quand Claire Beuve, dans un texte à la fois doux et rythmé, sans complaisance mais sans jugement, dénonce les mariages forcés, au nom de traditions séculaires, de jeunes filles tout juste adolescentes, c’est la voix de celles qui n’en ont pas que l’on entend, qui résonnent tel un chant d’espoir. Quand Cathy Ytak, tout en pudeur, raconte les premiers émois amoureux, la découverte de la sensualité, au féminin comme au masculin, on imagine avec elles que filles et garçons d’aujourd’hui sauront rebattre les cartes, déconstruire les clichés et injonctions de genre, tout en faisant du consentement l’as de leurs relations, au présent et à venir. Pour un autre avenir.

Sa chronique complète ICI.
Dans Fashion victim et Sous toutes les coutures, Marie Colot nous invite, tout en nuances, à voir plus loin que le bout de notre jean, à en découdre avec nos habitudes consuméristes, à ne pas cautionner la fast fashion qui asservit, gaspille, pollue…Et l’on se prend à vouloir revêtir de nouvelles peaux d’âme…tissées d’humanité.

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Mais elle a surtout eu le coup de cœur absolu pour un magnifique album-photo, paru aux Etats-Unis et au Japon en 1967, écrit par l’autrice américaine Betty Jean Lifton, avec des photographies en noir et blanc de l’artiste japonais Eikoe Hosoe. L’album s’appelle Taka-chan et moi-Le voyage d’un chien au Japon. Il vient d’être édité pour la première fois en France par les éditions MeMo et c’est une splendeur. Histoire d’amitié entre un chien Braque de Weimar majestueux, Runcible, et une fillette japonaise, Taka-chan, « prisonnière » d’un dragon qui refuse de la laisser retourner chez elle pour se venger de son père, à moins que Runcible ne trouve la personne la plus loyale de tout le pays, et dépose une fleur à ses pieds. Nous suivons ainsi nos deux héros, complices et courageux, dans tout Tokyo, jusqu’à…un chien, mais pas n’importe quel chien ! La légende d’Hachiko parle certainement aux passionné.es de Japon, n’est-ce pas Lira loin? Les photographies en noir et blanc, jouant avec le flou, le mouvement, la profondeur de champ, le contraste…sont superbes et déroutantes, le récit, dont le chien est le narrateur, est truffé (et l’on conviendra que c’est fort à propos !) d’humour, de tendresse canine, d’émotions à fleur de crocs…Onirique, cet album unique s’ouvre et se clôt par cette question : « Qui peut bien dire si ce qu’on vit tient du rêve, ou de la réalité ? » La littérature jeunesse à son meilleur.

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Hélène pour sa part a découvert 10 ans après tout le monde la série Sauveur et Fils de Marie-Aude Murail à l’occasion de sa réédition et elle a dévoré les 3 premiers tomes.
Une lecture fluide et des personnages auxquels on s’attache très rapidement l’ont immédiatement séduite : Sauveur, Louise, leurs enfants et une famille élargie aux voisins et amis des amis forment une amille recomposée si attachante ! Et bien sûr questionnements existentiels des patients de Sauveur qui, quand il ne tente pas de mettre de l’ordre dans sa propre vie aide les autres à mieux vivre la leur puisqu’il est psychologue apportent de la profondeur au récit.
A la fois intemporel et incroyablement moderne, ce livre nous offre toute une palette de sentiments sans tomber justement dans les « bons sentiments », une réflexion complexe sur les personnages extrêmement bien construits, un amour des enfant, une tendresse pour les adolescents et leur tourments, une manière de regarder le présent et le passé avec douceur et de multiples rebondissements, pour beaucoup d’entre eux liés aux hamsters adoptés par Sauveur et son fils Lazare.
Racisme (Sauveur est martiniquais), secrets de famille, poids du passé, transidentité, scarification, famille dysfonctionnelle, tentative de suicide, burn-out des enseignants… Tous ces sujets très lourds sont traité avec finesse et naturel, car derrière la porte de son cabinet, la « vraie vie » de Sauveur l’attend et dans cette vie il y a des enfants à élever et à protéger du monde sans leur en cacher la dureté. L’humour présent à chaque page ou presque aide beaucoup à cela !
Du vrai beau roman jeunesse comme on aime !
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Le second coup de coeur d’Hélène est l’album Etrange et fabuleuse Henriette d’Héloïse Solt.
Séduite par le graphisme de la couverture et par le titre, Hélène n’a pas été déçue de l’histoire. Les illustrations sont fidèles à celles de la couverture, fouillées, et Henriette tellement mignonne avec ses tâches de rousseur et ses coccinelles dans les cheveux ! Son prénom donne le ton, elle est un peu en décalage avec les enfants de son âge puisque ses passions sont les endives et les insectes.
Henriette va rencontrer une créature jaune vif, qui va un jour se matérialiser devant elle et partager sa passion pour les insectes. Afin de la convaincre de manger autre chose, Henriette emmène sa nouvelle amie à l’école et notamment à la cantine où tout le monde se montre persuasif, en étant très créatif avec la nourriture, pour faire découvrir de nouvelles saveurs la créature qui est très attachante. Kawaï food, rires et nourriture partagé permettront à Henriette de s’intégrer tout en restant elle-même.
Un album loufoque mais avec un message profond, avec plusieurs degrés de lecture et des illustrations très belles et détaillées, voilà la recette d’un livre de qualité à mettre entre toutes les mains à partir de 4 ans et bien au-delà !
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Et vous, quelles histoires vous ont fait vibrer en ce début d’année ?






