Quand la guerre se raconte… encore !

Pour clôturer cette semaine consacrée à la commémoration de la Première Guerre Mondiale et montrer qu’elle peut être abordée de bien des façons, je voulais vous parler d’une bande-dessinée pour la jeunesse :

La Guerre des Lulus de Hautière et Hardoc
Casterman, 2013/2014

1914, La Maison des enfants trouvés

A vouloir trop jouer en dehors du règlement de l’orphelinat où ils partagent une chambrée, les Lulus (Ludwig, Luigi, Lucas et Lucien) se retrouvent abandonnés après l’évacuation du bâtiment. Et ils vont vite découvrir qu’il ne fait pas bon à vivre près des lignes de front.

Avec ce premier tome, les auteurs abordent le sort des civils en temps de guerre : le manque d’informations, le rationnement, la censure…

« – C’est quoi la censure, M’sieur l’Abbé ?
– C’est… Ce sont des gens qui regardent si les lettres sont écrites correctement… »

et aussi l’abandon des biens, des lieux, la course sur les routes et bien sûr les aléas de la vie.

« – Personne à l’Eglise, je veux bien.
Mais personne au bistrot… Là, c’est sûr, ce serait vraiment bizarre.
– Ça voudrait dire qu’on serait les seuls survivants de l’apocalispe.
– A-po-ca-LYPSE ! »

Les dialogues reflètent la naïveté des enfants face au chaos provoqué par la guerre. Ils traduisent fidèlement les sentiments de ces gamins livrés à eux-mêmes qui ne savent s’ils doivent se réjouir de leur liberté retrouvée ou pleurer qu’on les ait laissés derrière. On passe de la joie à la tristesse, de l’étonnement à la peur avec la simplicité et la fluidité propre au récit juste.

1915, Hans

Ce deuxième tome aborde une autre facette du conflit franco-allemand. Les Lulus vont devoir faire face à l’apparition d’un soldat allemand dans leur quotidien désormais régulier.

« – Il n’a pourtant pas l’air méchant…
– Non. Il a même l’air plutôt gentil.
– Il a l’air, il a pas l’air… Qu’est ce que ça peut fiche de quoi il a l’air ?
C’est un A-LLE-MAND ! »

Là encore, je trouve que les auteurs ont fait un travail particulièrement remarquable autour de la propagande et de la censure en temps de guerre. Ils montrent l’horreur de la guerre quel que soit le camp dans lequel on tire.  Et la dure réalité qui peut rattraper un moment de grâce.

« Peut-être que ce boche était ton ami, peut-être même qu’en d’autres circonstances, ça aurait été le mien aussi. Mais là, pour moi, c’était juste un soldat ennemi qui me menaçait avec un fusil. »

J’espère que je vous ai donné envie de découvrir cette superbe bande-dessinée pour les enfants qui aborde avec réalisme et justesse le point de vue des civils durant cette première guerre mondiale.

J’en parlais aussi sur mon blog ce mercredi.

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Et pour en découvrir toujours un peu plus…

Europeana 1914 – 1918 : un vaste portail documentaire consacré à la Première guerre mondiale donnant accès à 400.000 ouvrages numérisés, 5500 films et 90.000 documents et archives personnels. De quoi intéresser tous les passionnés d’Histoire !
– Les deux premiers chapitres de Mort à vif d’un poilu de 15 ans d’Arthur Ténor…
– Un dossier de L’Actu jeunes (Le Ligueur) qui explique pourquoi ce conflit a éclaté et quelles furent les caractéristiques de cette guerre qui, pour la première fois dans l’histoire, concernait l’ensemble de la planète ainsi qu’un autre qui propose des visites « Tourisme de mémoire » à effectuer en Belgique et en France…

Une réflexion au sujet de « Quand la guerre se raconte… encore ! »

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