Le 11 novembre et après…

Aujourd’hui, c’est congé !  Mais les jeunes savent-ils encore pourquoi ce jour est férié ?

S’ils l’ignorent, un conseil : qu’ils se plongent sans plus attendre dans le 11 novembre de Paul Dowswell paru aux éditions Naïve en 2014.  Ce récit poignant se déroule la matinée du 11 novembre 1918, quelques heures avant l’annonce officielle de l’Armistice, la 11e heure du 11e jour du 11e mois. Ces quelques heures durant lesquelles près de trois mille hommes des deux camps tombent pour rien ! Durant cette longue matinée, on suit avec passion le parcours de trois très jeunes soldats, Eddie Hertz, le Yank ; William Franklin, le Tommy et Axel Meyer, le Fritz, que le destin va s’amuser à réunir. Pour le pire ou le meilleur ? Un triple point de vue qui nous donne quelques clés pour comprendre pourquoi ce conflit nous hante toujours, 100 ans plus tard !

Ce titre fait écho à une histoire familiale que ma grand-mère me raconte depuis l’enfance. Celle de son cousin germain, né à Liège le 26 mai 1895, qui passa la frontière française le 5 janvier 1915 pour s’engager comme volontaire de guerre, et fut tué à quelques jours de l’Armistice devant Oostnieuwkerke, par un éclat d’obus.  Durant toute la durée du conflit, il a écrit à sa tante (mon arrière-grand-mère). Des extraits de ce courrier se retrouvent dans un recueil-hommage de l’Athénée Royal de Huy (Belgique) où il a fait ses études.

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Il écrit notamment ceci de la tranchée :

Ici, on vit comme des machines : compte un peu : 3 ans de souffrances, sans nouvelles des parents.  Je suis cependant bien courageux et discipliné ; j’ai toujours fait du bon service…  J’ai dû quitter ma lettre pour battre en retraite à toute vitesse, car les boches viennent (en guise de représailles) de laisser tomber des bombes d’avions sur nos tranchées.  Tu vois, nous ne sommes jamais certains du lendemain ici.

Son histoire de « bon service » m’a fait penser à un autre titre incontournable : Soldat Peaceful de Michael Morpurgo, Gallimard jeunesse, 2010 où l’on découvre une réalité horrible et moins connue de cette guerre : celle des fusillés pour l’exemple, pour désertion, lâcheté ou parce qu’ils se sont simplement endormis dans leur tranchée !  Des années plus tard, rien ou presque n’a été fait pour réhabiliter leur mémoire !  Or, comme l’explique l’auteur dans un post-scriptum, « un grand nombre de ces hommes, nous le savons maintenant, étaient traumatisés par ce qu’on appelle « le choc de l’obus ». L’auteur pose aussi  la question de l’insubordination face à des ordres suicidaires d’un supérieur.  Qui est le héros finalement ?  Celui qui s’y soumet au risque de mener ses hommes au devant d’une mort certaine ou celui qui résiste malgré tout ?

Des questions auxquelles nous espérons ne jamais devoir être confrontés !

Pour en savoir plus sur ce titre : l’avis complet de Céline-Qu’importe le flacon et celui de Sophie-La littérature jeunesse de Judith et Sophie.

Et après ?

(…) la violence subsistait partout.  Dans les regards, dans les attitudes, dans les cauchemars des soldats revenus du front.  Jamais les vivants n’avaient autant ressemblé à des morts, et les morts à des vivants, qu’en cette année 1919.  Ceux qui étaient tombés obsédaient les esprits ; les rescapés n’étaient plus que l’ombre d’eux-mêmes.

Les brumes de Grandville – Monotropa Uniflora –  de Gwendoline Finaz de Villaine , B. éditions, 2014.  

Mélange du Retour de Martin guerre et de Et si c’était vrai…, cette histoire « jeune adulte » on ne peut plus romantique n’en dépeint pas moins une société française tiraillée entre le culte des morts tombés pour la patrie et la furieuse envie d’aller de l’avant…

Une plongée dans les Années Folles qui ont suivi cette « sale guerre »…  car, heureusement, la vie finit toujours par reprendre le dessus !

Pour aller plus loin, suivez nos articles tout au long de la semaine…
Vous trouverez également une bibliographie plus exhaustive chez Sophie-Délivrer des livres.

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