Coeur de bois de R. Lejonc et H. Meunier

Il est de ces livres qui nous fascinent par leur singularité, leur beauté et leur qualité. 

Tel est le cas, aux editions Notari,  de Coeur de Bois de Régis Lejonc et Henri Meunier, un album vers lequel on on se sent irrémédiablement attiré et qui tient les promesses espérées.

AliceJ’ai envie que l’on tourne les pages de cet album les unes après les autres,qu’on le découvre tranquillement sous ses divers aspects, c’est un peu l’effet souhaité par les auteurs vous ne pensez pas ?

Pepita – Oui c’est vrai, il émane de cet album un tel mystère ! On a vraiment le sentiment d’emblée de toucher et de voir là quelque chose de rare.

Bouma – Je le trouve très cinématographique dans sa conception. Impossible d’en oublier la linéarité, la fluidité.

Colette -Les premières pages sont en effet particulièrement bien construites comme le début d’un très bon film pour reprendre la comparaison de Bouma : plan panoramique, plan moyen, plan général… Les auteurs construisent le cadre de la narration de manière très visuelle, en douceur, dans des couleurs automnales, à la fois généreuses et mystérieuses. Et nous projette déjà dans le mouvement, le mouvement d’Aurore, un mouvement … cathartique, pourrait-on dire…

AliceIl ya cette illustration en double page, ce village dans son ambiance un peu énigmatique…
Et puis l’on découvre Aurore, seule face à son miroir, décrite avec soin par l’auteur. Que vous a-t-elle inspiré ?

Pépita – Un grand sentiment de liberté et de détermination mélangée à une part de mystère : elle m’a intriguée d’emblée.

Bouma – Je ne sais pas pourquoi mais elle m’a tout de suite fait pensé aux contes classiques. Peut-être le mélange entre son prénom (Aurore comme la Belle au bois dormant), le reflet dans le miroir (comme Blanche-Neige) et son air de femme fatale, déterminée, héroïque.

Colette – Alors pour moi Aurore est vraiment une sorte d’icône féminine et les mots qui accompagnent son reflet au tout début du livre m’ont tout de suite mis la puce à l’oreille : là je n’avais pas n’importe quel livre entre les mains, un livre avec des images oui, mais un livre tissé de mots d’adulte, de mots de grand, de mots d’amoureux oserai-je même dire !

Pépita – oui c’est vrai : il y a quelque chose de très sensuel dès les premières pages.

Alice – Des collègues-lectrices-adultes y ont vu une ressemblance flagrante avec Brigitte Bardot. Le descriptif que vous en faites y correspond complètement, mais y avez vous vu cette référence ?

Pépita – Absolument pas ! je n’y ai vu aucune ressemblance, si ce n’est une sorte de personnage concentré des contes de fées à la sauce moderne.

Colette –  Pas à Brigitte Bardot en particulier mais c’est vrai que tout en elle évoque une certaine époque, les années 60, en effet : son joli carré, sa jupe, son petit béret, cette revendication de femme libre… Il y a un peu de tout ça qui se dessine dans sa svelte silhouette.

Alice – Aurore file dans sa petite voiture rouge (un détail finalement peu anodin, non ?) et s’enfonce dans la forêt, laissant sa pensée se laisser envahir par l’organisation matérielle de son quotidien et la contemplation sereine de la nature. L’album se construit et pourtant parait de plus en plus énigmatique . Où tout cela nous mène -t-il ?

Entre inquiétude et apaisement, comment avez vous ressenti ces 4 pages où le voile mystérieux ne semble pas se lever ?  

Bouma -Plus que mystérieuses, ces pages ont fait monter l’angoisse chez moi. Je n’y ai pas vu de quiétude mais une confiance en soi, une maîtrise de l’environnement qui me faisait peur. Car pourquoi une jeune femme si apprêtée aurait besoin d’une balade dans les bois ? Je me suis sentie comme dans les premières pages d’un bon thriller.

Colette – Mystérieuses ces pages en effet, du coup je les ai dévorées pour en savoir un peu plus : où va Aurore ? Elle ne semble pas se rendre à un quelconque travail elle semble bien au dessus de ce genre de trivialités, et je me suis complètement laissée surprendre par sa destination !

Pepita– Oui bien mystérieuse destination ! Des indices semés ça et là mais sans lien apparent. L’étau se resserre peu à peu, c’est même assez angoissant ce contraste entre sa liberté de femme libre, sa sérénité dans le monde sombre de la forêt, et l’arrivée dans cette maison délabrée, le fait qu’elle parle à quelqu’un qu’on ne voit pas et qu’elle se mette à son service avec tranquillité comme si tout ça était normal, dans l’ordre de l’habitude. On se dit : une grand-mère ? Un ermite ? Une amie d’enfance ? On se laisse porter par le mystère.

Alice -Oui c’est ça, elle entre dans cette maison avec une attitude plutôt bienveillante et attendrissante. Des indices nous disent que même si elle prend le balai, elle n’est pas l’aide a domicile, que la maison n’est pas en bon état mais que le service à thé est parfait et que le vieillard est plutôt heureux de sa compagnie. Et la… le choc, on tourne la page et on découvre qui IL est vraiment. Terrible cette page !

Prenons là seule, dans sa globalité, juste deux phrases et une illustration à couper le souffle. J’en reste sans voix, pas vous ? L’aviez vous présagé ? Mais pour autant avez vous tout compris de l’histoire ou a t-il encore fallu découvrir les pages suivantes ?

Bouma– Effectivement, cette page est un pivot dans l’histoire. Pour moi elle a mis fin au suspens tout en apportant une nouvelle tension, de nouvelles questions renfermées dans ce « Oui toujours » quand on demande au personnage s’il a faim. Présage ? Reflet d’autrefois ? Et tant de pages à lire encore pour essayer de deviner.

Pepita – Le choc oui …une surprise de taille que l’identité de celui à qui elle s’adresse. Dans la tête du lecteur s’opère alors un renversement de situation puisqu’il comprend alors l’enjeu de cette histoire. Juste en image. Ensuite viennent les mots et là on creuse encore. On va au bout de l’idée et de ce qu’elle révèle en profondeur. C’est vraiment très fort dans tous les sens du terme. Même la couverture, on la lit différemment du coup.

Colette– J’ai très fortement ressenti la tension qui montait jusqu’à ce portrait de l’interlocuteur d’Aurore que l’on prend en plein coeur ! On le reconnait tellement, on se reconnaît tellement dans cette page là, il y a tout un monde qui se joue dans cette image, le monde d’Aurore mais aussi notre monde, celui que nous nous sommes construits dans l’enfance et qui comme l’interlocuteur d’Aurore a pris un sacré coup de vieux… Ce portrait est un véritable pivot dans l’album, il nous fait basculer dans une lecture bien différente de celle que nous croyions mener jusque là…

Pépita -oui exactement Colette ! On se dit que jamais on aurait pu penser voir les personnages de conte vieillir et que les proies de leur jeunesse puissent les mettre devant leurs responsabilités à ce point ! du coup, est-ce encore un album pour enfants?

Alice – Comme le dit Colette, notre lecture bascule d’un coup et l’on découvre alors les motivations d’Aurore en entrant dans la psychanalyse pure et dure ! Aurore est là comme pour nous rappeler que les épreuves ne s’effacent pas mais marquent notre vie à jamais.
Dans un long monologue Aurore nous parle de sa resilience, elle semble très affirmative … et pourtant… Pensez-vous qu’Aurore est aussi forte qu’elle se décrit ?

Bouma – Comme tu le soulignes, Aurore se décrit. Peut-être se donne-t-elle la force d’avancer par delà le passé ? Peut-être est-ce pour se donner du courage ? Peut-être est-ce la vérité ? C’est le doute qui est pour moi intéressant.

Colette –  Aurore est-elle aussi forte qu’elle se décrit ? Nous ne pouvons véritablement le savoir car nous ne vivons à ses côtés qu’une seule journée, je pense que nous ne pourrions témoigner de sa force réelle que si nous la suivions sur plusieurs semaines, sur plusieurs années, être avec elle quand elle retrouve ses enfants, écouter ce qu’elle leur dit, ce qu’elle leur raconte le soir avant d’aller dormir… Mais une chose est sûre, elle a beaucoup réfléchi, analysé ses souffrances et semble avoir trouvé dans cette étrange relation qu’elle a créée avec son bourreau une forme de résilience comme tu le dis si bien. Et pour cela il faut avoir beaucoup de courage.

Pépita – Ah si pour moi elle est forte, immensément forte ! Qui oserait aller rendre visite régulièrement à quelqu’un qui vous a fait mal alors que vous avez réussi à construire votre vie malgré tout ?…Je pense que cela la conforte dans sa force de caractère, voire même dans le fait qu’elle soit si vivante, y compris dans les gestes anodins du quotidien ( conduire sa voiture librement, manger un croissant, se regarder dans le miroir,…). Car affronter ses peurs, ce n’est pas oublier, ce n’est pas pardonner, c’est avancer. J’ai particulièrement aimé ces dialogues que vous citez car la parole libére les mots, pansent les plaies. Ils ont tous les deux besoin pour moi de se situer là où ils en sont dans leurs vies respectives avec infiniment de bienveillance. Cette bienveillance m’a énormément touchée. Elle est comme une sorte d’espoir. Que tout est possible malgré tout.

AliceEn filigrane, on a vu s’écrire une histoire, tout droit sorti d’un conte de l’enfance. Un jeu d’inversion de rôle que nous avions même pas pu envisager. Qu’est ce que cela vous a évoqué ?

Bouma – Un sacré coup de vieux ! Quand on se rappelle des contes de son enfance, il y a forcément le temps qui passe en filigrane même si ceux-ci sont si intemporels qu’ils en paraissent immortels.

Colette-Ce n’est pas nouveau d’inverser les contes classiques, de les détourner, de les malmener. Ici c’est bien plus subtil d’après moi, il ne s’agit pas vraiment d’inverser les rôles, chacun est resté le personnage qu’il a été jadis, « il était une fois », mais le temps a fait son œuvre, et les personnages ont changé. C’est ce qui est absolument génial ici, nous quittons la sphère atemporelle du conte (sans complètement la délaisser) pour intégrer le réel et sa matérielle finitude. « Humains, trop humains », ces personnages là nous ressemblent tellement !

Pépita – En fait, cela m’a ébranlée. Je n’avais jamais vraiment imaginé enfant que les personnages de conte puissent devenir adultes et vieillir. Même si beaucoup d’adaptations existent, de contes détournés,…je trouve que cet album franchit un cap énorme : celui de la modernité dans ce renversement de situation. Mais avec une belle dignité. Sans rabaisser. Le conte y est pour ainsi dire sublimé dans une forme novatrice avec des références implicites à d’autres contes en mettant en avant le conte le plus lu, le plus connu, le plus adapté, le plus détourné. Rien n’y est laissé au hasard, tout est pesé, tout peut se lire. Il s’adresse pour moi d’abord aux adultes, sans aucun doute. Mais qu’il soit publié en jeunesse, je trouve que c’est un signe fort aussi de ce que les enfants sont capables de décrypter aussi à leur niveau.

Alice– On aurait pu le deviner, nous avons dans les mains un album pour adulte averti. Un récit fort qui prend de l’épaisseur de scène en scène et qui se laisse porter par des illustrations parfois inquiétantes mais tellement magnifiques. Que rajouteriez vous que nous aurions oublié et qui vous tient à coeur ?

Bouma – Moi je citerai le texte vrai et percutant :
« J’étais fort autrefois », soupira-t-il.
« Non. Non, vous n’avez jamais été fort. Vous étiez puissant. C’est autre chose » répliqua Aurore.

Colette – « Je veux croire qu’il est possible de devenir grand sans devenir méchant » : cette phrase résonne étrangement à chaque fois que je la lis, elle évoque pour moi tous ces enfants qui ont souffert de la violence des autres et qui doivent pourtant continuer à s’élever. La réponse qu’Aurore trouve pour accepter ses blessures d’enfance est une réponse profondément humaniste et généreuse que je souhaiterais possible pour tous les petits humains qui croisent des coeurs de pierre, des coeurs de bois sur leur chemin…

Pépita – La couverture : je l’ai vue différemment après lecture. Elle est vraiment symbolique de ce qui se joue à l’intérieur : une voiture rouge qui trace sa route dans une forêt. Rien de plus anodin ? Et pourtant…..quelle métaphore ! Elle résonne en moi comme comme la singularité de tout un chacun sur le chemin de la vie.

AliceFinalement nous n’avons rien a redire sur cet album : texte impeccable, rythme étudié, illustrations soignées, intrigue recherchée… cet album n’est il pas presque trop parfait ?

Pépita – Il atteint une forme de perfection dans l’articulation fond/forme, c’est certain. Après, la question qui se pose est : est-ce encore un album pour enfants ? Dans le sens où il contient beaucoup de références pour public averti, sans prétention aucune. Je me suis aperçue aussi qu’on n’a pas évoqué le titre : Cœur de bois. Très symbolique aussi. C’est un album à signes et à sens.

Bouma-Un livre peut-il être parfait ? Je ne pense pas car la lecture reste subjective. Après, comme Pépita, et comme nombre de prescripteurs, peut-être relèverais-je effectivement le problème du public cible. Qui est-il ? Peut-on encore parler de littérature de jeunesse ? Je ne sais pas et me garderai bien d’avoir un avis tranché sur la question.

Colette-Je ne pense pas avoir la compétence de juger de la perfection de quoi que ce soit en ce monde, mais en tout cas c’est un album particulièrement riche, qui bouscule aussi bien l’intelligence que le coeur. Et en ce sens c’est un album particulièrement précieux. Qu’en comprendront les enfants, qui trouveront-ils ? Et bien il faudra leur poser la question !

Alice-Pour se quitter, peut- être pourrions nous proposer à nos lecteurs d’aller un peu plus loin et de lire d’autres livres de ces auteurs ? Lequel(s) conseilleriez vous et pourquoi ?

Pepita – Cent grillons d’Henri Meunier au Rouergue : des contes détournés avec des jeux linguistiques. Drôlement bien fait !

Son avis ici

Dans un autre registre, j’aime beaucoup Bientôt en petite enfance du même auteur chez le même éditeur : une bien belle balade à observer, très colorée.

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Et de Régis Lejonc, le magnifique Kodhja

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Les éditions Sarbacane sorte en septembre un album avec Marcus Malte au texte et dont les illustrations sont dans la même veine. Splendeur !

Bouma– Le magnifique Kohja qui parlera à tous, petits et grands pour son intemporalité.

Son avis ici

 

Colette – Alors mon chouchou d’amour de ces auteurs c’est La Môme aux oiseaux publié aux éditions du Rouergue en 2003 qui signe mon entrée en littérature jeunesse et à la sortie duquel j’ai eu la chance de rencontrer ces deux artistes qui vivent tous les deux près de chez nous j’aime beaucoup également le très poétique La mer et lui au Rouergue également. Tous les livres écrits par ce duo en fait ont ravi mon cœur de lectrice, il se dégage toujours une poésie infinie de l’alliance des images de Lejonc et des mots de Meunier.

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« Qu’en comprendront les enfants, qui trouveront-ils ?

Et bien il faudra leur poser la question ! »

Retrouvez vendredi 16 juin sur le blog, l’avis de, jeunes, très jeunes enfants, d’ados, de jeunes adultes … à qui nous avons proposé de nous faire part de leur ressenti.

A vendredi !

Coups de cœur du joli mois de mai

Le joli mois de mai nous a bien inspirées côté lecture !

Des échéances importantes pour certaines d’entre nous n’ont pas empêché notre passion de lecture de s’émousser même si le rythme a été moins soutenu…

De bien belles découvertes qu’on a plaisir à partager avec vous à nouveau ce mois-ci !

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Chez Chloé, on joue au chat et à la souris, dans une ambiance proche du dessin animé, avec un dynamisme qui sied parfaitement aux beaux jours.

Tu m’attraperas pas ! Thimoty Knapman, Simona Ciraolo. Pastel, 2017

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 Chez Alice, on a le cœur transporté par le portrait de cet ado cabossé à la recherche d’un nouveau chemin plus apaisé.

Car Boy d’Anne Loyer. Thierry Magnier, 2017

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Chez Pépita, on a oscillé entre plusieurs émotions : une approche très pertinente dans cet album reliant les émotions entre elles….comme un fil invisible.

Au fil des émotions. Préface d’Alexandre Jollien. 

Texte de Cristina Nunez Pereira et Rafael R. Valcarcel, Gautier Languereau, 2016

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Chez Bouma, on s’est lancé dans la quête du super-héros à la sauce moderne dans un roman sans concession qui aborde l’envers de ce décors de paillettes.

Power Club T.1 d’Alain Gagnol, Syros, 2017

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Chez la collectionneuse de papillons on a beaucoup lu mais pas chroniqué. Alors je vous conseille un petit roman que mes ados de 3e ont dévoré pour un projet interdisciplinaire lettres-histoire qui a été super motivant :

D’un combat à l’autre, les filles de Pierre et Marie Curie,

Beatrice Nicodéme, Nathan.

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Chez Céline du Tiroir, coup de coeur pour l’histoire poétique et rigolotte d’une petite mouche bleue et de son voyage à travers la chaîne alimentaire de la forêt. Des illustrations de toute beauté pour cette chouette histoire qui tourne joliment en rond !

D’une petite mouche bleue, de Mathias Friman

Les fourmis rouges.

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Cinq ans, ça se fête avec des cadeaux !

Comme vous le savez (ou pas) notre blog collectif fête ses 5 ans cette année. Pendant ces années, le blog a évolué, il a grandi, il a pris son caractère. Il y a eu presque 400 articles publiés, des coups de cœur en pagaille, des débats parfois vifs et une équipe toujours motivée pour faire vivre tout ça. Cette équipe, elle a changé, il y a eu des départs et des arrivées, au gré des aléas de la vie. Mais toujours pour points communs la passion pour la littérature jeunesse et le désir de partage. Aujourd’hui, nous nous apprêtons à accueillir une nouvelle venue, vous la croiserez bientôt par ici, en attendant, vous pouvez aller visiter son blog :  atelier de cœur.

Mais, comme annoncé dans le titre, un anniversaire, c’est avant tout des cadeaux.

Alors, nous avons décidé de vous gâter. Après tout, ces cinq années d’existence, c’est un peu à vous que nous les devons et nous vous en sommes reconnaissantes.

Vous vous en souvenez peut-être, à  l’été 2014 nous avons fait une série de billets où chacun d’entre nous (à l’époque l’équipe était encore mixte) racontait le livre d’où il vient. Ce livre particulièrement marquant, dont on peut dire qu’il y a un avant et un après sa lecture. Le genre de livre qu’on offre à tour de bras, qu’on a tellement envie de faire connaître.

Aujourd’hui, pour gagner un livre, nous vous proposons de prendre la plume à votre tour (oui, bon, le clavier, mais c’est moins poétique) et de nous raconter en commentaire le livre d’où vous venez. Un titre de livre, un petit souvenir marquant, une anecdote à son sujet, ce que vous voulez !

Les gagnants seront tirés au sort parmi les commentaires. Oui, LES, car ce sont dix livres que nous mettons en jeu. Les titres des livres sont une surprise, nous les choisirons soigneusement en fonction des gagnants. Album, BD, roman, nous ferons au mieux pour plaire à celui ou celle qui le recevra !

Le jeu est ouvert aux résidents de la France métropolitaine (c’est pas de notre faute, c’est la poste…), vous pouvez partager sur les réseaux, cela nous fera plaisir, mais ce n’est pas obligatoire.

Le tirage au sort aura lieux dans un mois, soit le 29 juin, ainsi les gagnants pourront partir en vacances avec un nouveau livre (ou se consoler de ne pas avoir de vacances en lisant un nouveau livre, ce qui est toujours d’un grand réconfort).

Vous pouvez préciser en commentaire l’âge de l’enfant auquel vous destinez le livre mais si vous voulez le garder pour vous, c’est autorisé aussi. Dans tous les cas vous pouvez préciser le genre de livre que vous souhaitez recevoir.

Alors, à vos commentaires et merci de votre confiance !

Lectures au jardin

Sur petit bout de pelouse, dans un coin de terrasse, à l’ombre des feuillages, allongée sur un transat.. le retour des beaux jours nous a invité à mettre le nez dehors.

Chacune chez soi, aux quatre coins de la France, nos livres sous le bras, nous avons passé le pas de la porte pour aller prendre l’air et profiter des premiers rayons de soleil.

Regarder plutôt notre album photos de nos « Lectures au jardin » 

Pépita dans son transat, en terrasse, avec un bon roman…

Qui fait rire et pleurer à la fois…

Dans le jardin de la collectionneuse de papillons, les enfants s’installent sous le cerisier pour découvrir un des derniers livres d’Anette Tamarkin…

Chez Chloé, la lecture du roman La petite femelle  est interrompue par les demandes de la mouflette « Maman, tu me lis Merveille des merveilles?  Tu me lis Mon grand album de bébé?  Tu me (re)lis Glurb? « 

Chez Alice, un bol d’air printanier pour sortir de ce huis clos au cœur d’un procès en assise. Un livre ado ? Adulte ? Je me pose encore la question, tellement ce roman est bien fouillé.

Peine maximale d’Anne Vantal

Chez Sophie, on profite du soirée ensoleillée pour lire une bien jolie BD !

… ça trompe, ça trompe…

Il y a les animaux emblématiques de la littérature jeunesse: les loups, les ours, les lapins par exemple. Et puis il y a ceux qui sont moins attendus mais néanmoins très présents. Les éléphants sont de ceux-là. Allez savoir pourquoi, de Babar à Pomelo, l’éléphant surgit de façon récurrente dans les albums pour les petits. Est-ce parce qu’il peut représenter à la fois la force et l’élégance (si, si)? Parce qu’il peut être très expressif? Parce qu’il peut à la fois impressionner et rassurer? Quoi qu’il en soit, puisque le pachyderme est apprécié à la fois des illustrateurs, des auteurs et des enfants, nous avons pensé qu’il méritait bien une petite sélection thématique.

Pomelo, Ramona Badescu, Benjamin Chaud, Albin Michel jeunesse

Un petit éléphant de jardin, si petit qu’il peut dormir sous un pissenlit, mais qui vit de grandes aventures!

Le billet de Chloé.

Fanfan de Marie Sellier et Iris Fossier. Editions Courtes et longues, 2012

Eléphant ou autruche ? Ce superbe album album met en scène un éléphant adopté qui se pose des questions sur ses origines et son identité. Un chef d’oeuvre !
Le billet de Bouma et celui d’Alice

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Un éléphant dans mon arbre de Barroux. Kilowatt, 2014

Les branches de cet arbre abritent un monde plein de surprises. Cette petite fille y a même rencontré un éléphant qui tricote en attendant son train…

Le billet d’Alice

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C’est l’histoire d’un éléphant d’Agnès de Lestrade et Guillaume Platevin. Sarbacane, 2012

C’est l’histoire d’un éléphant qui a mal dormi … et qui met tout le monde mauvaise humeur .
Trop drôle !

Le billet de Chloé et celui d’Alice

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Uma la petite déesse, de François Roca et Fred Bernard, aux éditions Albin michel.

Le billet de solectrice et celui de bouma

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Circus Mirandus de Cassie Beasley. Editions Auzou.
Le billet de Solectrice
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Mon chagrin éléphant de Cécile Roumiguière et Madalena Matoso, Editions Thierry Magnier :

un album métaphore très bien vu sur le deuil à hauteur d’enfant et d’éléphant.

Le billet de Pépita et celui de  Bouma

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Vacarme de Gaëtan Dorémus, Editions Notari L’oiseau sur le rhino

Un petit éléphant souffre énormément du bruit qui l’entoure. Un album qui aborde avec justesse la perception des choses différente d’un individu à l’autre et qui rappelle combien c’est parfois difficile à hauteur d’enfant.

Le billet de Pépita

Jojo l’Ombrelle de Didier Lévy et Nathalie Dieterlé

Un album en lice pour le Prix des Incorruptibles catégorie CP cette année, et qui met en scène un malicieux éléphant dans une savane en proie aux cris et aux bagarres.

Le billet de Bouma

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Interdit aux éléphants de Lisa Mantchev et Taeeun Yoo (aux éditions des éléphants, justement)
Qu’il est craquant, cet éléphant, avec sa petite mine dépitée quand on lui fait savoir qu’il n’est pas accepté. Qu’il est charmant, cet album tout en tendresse
Le billet du tiroir

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Petit Elliot dans la grande ville, Mark Curato
C’est un éléphant, mais un tout petit éléphant… Tout petit et tout timide aussi. C’est difficile de trouver sa place dans le monde. Et pourtant parfois, un ami tout petit est juste à côté de soi

Le billet du tiroir

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Au moment de boucler cette sélection thématique, on me souffle dans l’oreillette qu’il y manque Mon Chat, qui est pourtant un coup de cœur pour nombre d’entre nous. Loin de moi l’idée de jouer la maîtresse d’école qui fait remarquer à  l’élève distrait qu’il a mal lu l’énoncé. Cependant nous faisons ici une sélection qui concerne les éléphants et non les chats. D’ailleurs, vous pouvez trouver l’étonnant félin de Gilles Bachelet dans la sélection ad hoc En attendant, merci de ne pas m’interrompre quand je rédige un billet. Vous me le copierez 100 fois. Merci. Et n’y revenez pas.

Prix A l’Ombre du Grand Arbre 2017 : les lauréats et 5 ans du blog !

Le blog fête ses 5 ans aujourd’hui !

Quoi de mieux pour l’occasion que de célébrer ce pour quoi il milite depuis l’origine : la littérature jeunesse, à travers, déjà,  notre troisième édition du Prix A l’Ombre du grand arbre !

Trois catégories cette année regroupant des genres,

allant de la petite enfance aux ados :

Albums et petite enfance

Romans enfants et ados

BD et documentaires

Roulements de tambour…Quels sont donc les heureux lauréats ?

*Catégorie Petite enfance et albums*

« Déjà » de Delphine Grenier.-Didier jeunesseDelphine Grenier - Déjà.

« Dans le ventre de la terre » de Cécile Roumiguière et Fanny Ducassé.-Seuil jeunesse

Cécile Roumiguière et Fanny Ducassé - Dans le ventre de la Terre.

*Catégorie Romans enfants et ados*

« Louis Pasteur contre les loups-garous » de Flore Vesco.-Didier jeunesse

Flore Vesco - Louis Pasteur contre les loups-garous.

« Songe à la douceur » de Clémentine Beauvais.-Sarbacane

Clémentine Beauvais - Songe à la douceur - Dès 13 ans.

*Catégorie BD et documentaires*

« Yin et le dragon 1 : créatures célestes » de Richard Marazano et Yao.-Rue de Sévres

Richard Marazano et Yao Xu - Yin et le dragon Tome 1 : Créatures célestes.

« Planète migrants » de Sophie Lamoureux et Amélie Fontaine.-Actes Sud junior

Sophie Lamoureux et Amélie Fontaine - Planète migrants.

Un grand bravo et merci pour vos votes (320 au total) !

Les festivités du blog vont continuer tout au long de ce mois de mai,

avec nos articles habituels et quelques surprises !

Gâteau, Bougies, Anniversaire, Purple, Givrage, Cinq

 Merci de votre fidélité !

Lecture commune : Lettres d’un mauvais élève

Voici un nouveau roman de la collection Petite poche chez Thierry Magnier, écrit par Gaia Guasti, qui nous a fortement interpellées au point de vouloir échanger à plusieurs sur ce qu’il a bousculé en nous.

Deux enseignantes en collège, une bibliothécaire jeunesse, toutes mamans…et toutes bouleversées. A lire et faire lire !

Gaia Guasti - Lettres d'un mauvais élève.

Pépita : Lettres d’un mauvais élève : un titre assez explicite. Pouvez- vous présenter rapidement ces lettres pour entrer ensuite plus dans le vif du sujet ?

Solectrice : En quelques mots : ce sont 7 lettres, où s’exprime d’abord un grand désarroi, puis une colère sourde, où s’amorce aussi une réflexion sur les raisons de l’échec scolaire, où se dessine enfin une issue.

Colette : 7 lettres à 7 personnes qui comptent dans le parcours d’un collégien, des lettres à ceux qui sont des obstacles, des lettres à ceux qui sont des passerelles, 7 lettres pour dire l’importance de ce lieu si controversé et pourtant si essentiel qu’est l’école.

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Pépita : Moi c’est en tant que parent que j’ai posé mon regard sur ces lettres. Mal à l’aise au début avec ce fiel déversé sur tous les rouages symboliques de l’école : le prof, le directeur, le ministre, la déléguée,…je me suis dit : et oh ! tu te remets en cause toi aussi ???? oui, il se remet en cause, habilement, très. Et ça fait drôlement réfléchir. J’imagine qu’en tant qu’enseignantes, cela a dû pas mal vous remuer !

Une phrase page 20 m’a particulièrement interpellée :  » Moi, si je pouvais démissionner d’élève, je le ferai direct. » Comment l’avez-vous ressentie cette phrase ?

Colette : C’est une phrase qui résonne très sincèrement en moi car je l’entends presque tous les jours… pas exactement avec ces mots là mais combien d’élèves ne se sentent pas à leur place à l’école -en tous cas telle qu’elle existe aujourd’hui- parce qu’ils ne comprennent pas ce qu’on attend d’eux (euh… et nous aussi en tant qu’enseignant parfois on ne sait pas ce qu’on attend d’eux… si je ne pouvais me fier qu’à « ma morale éducative », je sais bien ce que je voudrais apprendre avec mes élèves mais si je me fie à l’institution… et bien là je suis tout aussi perdue qu’eux et c’est pourquoi j’ai particulièrement apprécié la lettre à la ministre de l’éducation – même si je ne pense pas qu’un élève de collège puisse se sentir aussi concerné et engagé politiquement (mais je pense que nous reviendrons sur la crédibilité des lettres de notre « mauvais élève »). Quand je fais ma séquence de 3e autour de la question « à quoi sert l’école ? » à partir de L’école est finie d’Yves Grevet je peux vous assurer qu’ils sont très peu à être intimement convaincus qu’elle leur apporte épanouissement et lumières…

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Solectrice : C’est aussi une phrase qui m’a marquée. L’élève aimerait démissionner alors qu’il est déjà décrocheur, qu’il ne remplit plus le « contrat » et qu’il se sent rejeté de tous. Elle sonne comme un appel au secours. Elle m’évoque aussi tous ces élèves qui s’ennuient en cours, et qui cherchent à bousculer le cadre scolaire (trop facilement assimilé au monde professionnel) parce qu’ils ne parviennent pas à y trouver leur place.

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Pépita : Cette phrase, je l’ai trouvée vraiment forte dans la tête d’un élève décrocheur. Elle en dit long sur son désarroi. On a le sentiment que personne ne peut plus l’aider. Car oui, comme tu le soulignes Solectrice, ce sont des lettres intérieures. Qui contiennent une certaine violence non ? Comment avez- vous perçu le ton au départ ?

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Solectrice : L’agressivité de l’adolescent m’a décontenancée. Le fait qu’il reproche leur « nullité » à ses parents m’a fait craindre un élève borné, incapable de se remettre en cause : comme si cela suffisait à légitimer ses échecs, son rejet pour l’école. J’ai été particulièrement mal à l’aise en lisant la lettre malsaine adressée à la déléguée de sa classe, justifiant son acte de dégradation, se plaçant comme un résistant face au système (!), s’indignant d’être incompris. Je comprends la colère qui l’anime mais je m’étonne qu’il échafaude une telle justification.

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Colette : Je me rends compte – avec effroi- que cette violence dont tu parles ne m’a pas marquée…Je me suis peut-être habituée à ce que ce ton agressif vis à vis de l’école se généralise et se banalise !!! En fait en tant qu’enseignant, tu es sans cesse confrontée au discours négatif sur l’école de la part des adolescents en premier, mais aussi de leurs parents, de tes collègues et de l’institution elle même…Et c’est sans parler du discours véhiculé par les médias ou le politique… Nous sommes bien loin des hussards noirs de la république vantés au début du XXe siècle ! Et l’élève décrocheur de toute façon passe souvent par une forme de violence, que celle-ci se retourne contre lui même, contre les adultes ou contre ses pairs mais j’ai rarement vu des élèves décrocheurs qui pouvaient rester impassibles et tranquilles jusqu’au bout de leur scolarité.

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Pépita : Tout comme Solectrice, j’ai été assez déstabilisée face au ton employé …en fait, je me suis tout de suite rangée du côté de ceux qui étaient si malmenés. C’est toi Colette qui a changé mon regard par ton enthousiasme face à cette lecture. Et en même temps, je suis soulagée de constater que je ne suis pas la seule à avoir eu ce ressenti ! Parce que quand même, il y va fort ! C’est assez injuste j’ai trouvé que de déverser son fiel par écrit, comme ça , en partant de la déléguée jusqu’au ministre sans droit de réponse. En plus Lettres d’un mauvais élève laisse sous-entendre qu’il pourrait y en avoir d’autres de mauvais élèves….une accusation à charges donc. On y ressent une rancœur et une amertume mais aussi un sentiment d’exclusion d’une personne qui s’exclut aussi elle-même. Et peu à peu, le ton change….
Du coup, quelle est la lettre qui vous a le plus touchée ?

Colette : Sans hésiter j’ai pleuré à chaudes larmes en lisant la dernière… Quel hommage ! Quel retournement de situation ! Quelle simplicité ! Pour moi c’est cette dernière lettre la plus authentique et celle qui donne tout son sens à ce livre…

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Solectrice : Sans hésiter, la dernière aussi ! Confiante, touchante, une lettre bouleversante qui donne envie de continuer à enseigner, qui donne une raison d’exister à notre métier. Un petit bonheur, à ranger dans les beaux souvenirs d’échange avec les élèves (même si celui-ci n’est que de papier ;-). On a tant de plaisir à lire que la colère laisse la place aux mots doux.

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Pépita : pour ma part, c’est plutôt celle adressée à sa sœur …pour lui donner des conseils, la prémunir contre ses propres erreurs. J’ai trouve cela particulièrement touchant.
Est-ce que la pirouette de fin vous a surprise ou pas ?

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Solectrice : Oui, mais c’est vraiment délicat de l’aborder sans « spoiler » ce petit récit. Ce qui est vraiment bien imaginé c’est de rendre ce dernier courrier authentique par la syntaxe et les erreurs que cet élève pourrait faire, en contraste avec les autres lettres que je trouvais presque trop bien construites et formulées.
Quant à la lettre adressée à la sœur, je la trouve décalée car il ne se sent justement pas légitime de lui adresser ces conseils alors que lui-même ne parvient pas à les mettre en pratique.

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Colette : Oui la chute de ce petit livre m’a complètement surprise au sens positif du terme. Mais je suis d’accord avec Solectrice il ne faudrait pas trop en dire aux futurs lecteurs.

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Pépita : Oui elle m’a surprise cette fin, je l’ai trouvée si émouvante et éclairant tellement les autres !
Vous êtes toutes les deux enseignantes : avez-vous déjà reçu des lettres d’élèves se confiant à vous ?

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Colette : Lorsque j’ai enseigné au lycée, oui, j’ai reçu des lettres, de vraies belles lettres de remerciement pour les projets menés cheveux au vent tous ensemble, mes élèves m’avaient même offert un carnet dans lequel chacun avait écrit un message sur l’année écoulée si riche que nous avions partagée ensemble. Depuis que j’enseigne au collège, c’est beaucoup plus rare, les élèves me font des dessins, des cartes de vœux mais ils n’écrivent rien de personnel, ce n’est pas dans leur culture d’écrire ce qui ne va pas…Ce n’est pas dans leur culture d’écrire, tout simplement. Par contre ils parlent beaucoup et n’hésitent pas à venir me voir dans la salle où j’enseigne à la récréation pour discuter de choses et d’autres et parfois de choses graves pour lesquelles je ne sais pas toujours quoi faire… Ils demandent par contre très rarement de l’aide comme le fait le narrateur de Lettres d’un mauvais élève.

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Solectrice : Des lettres de confidence, rarement. Plutôt des petits mots sympathiques en fin d’année, des cartes de remerciements. La situation du roman est donc réaliste mais rare et précieuse.
En début de carrière, je demandais régulièrement à mes élèves de me rendre un bilan écrit de leur année et j’y découvrais, à travers les notions acquises, les titres de livres appréciés ou moins, ou les activités préférées, ce que j’avais pu leur apporter. Un jour, une élève m’a aussi donné une bande dessinée autobiographique où j’occupais une place importante. Mais la plupart du temps, je me réjouis des progrès d’un élève en difficulté, d’un commentaire enthousiaste glissé sur un livre partagé, d’une remarque positive à l’issue d’un cours ou de l’excitation manifestée dans la réalisation d’un projet.

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Pépita : Dernière question : si un mot symbolisait cette lecture, quel serait-il pour vous ?
Colette : Courage –Solectrice : Détresse- Pépita : Volonté

Ce récit est né du constat fait par Gaia Guasti, alors maman d’élève impliquée dans les conseils de classe, de voir autant de détresse chez certains élèves mais aussi professeurs bien démunis mais aussi de courage et de volonté pour les aider à s’orienter et à ne pas baisser les bras…

 

Nos chroniques respectives :

Colette-Le blog de la collectionneuse de papillons

Pépita-Mélimélodelivres