Débat sur le livre numérique : troisième partie

SophieLJ : Le livre numérique propose une plus grande interactivité, c’est certain. Mais du coup, peut-on encore parler de livres ? Pourquoi ?

Gabriel : Justement je n’arrive pas à dire “livre” dans ce cas… Je suis toujours embêté quand je parle de ces… choses !

Kik : Certains sont des livres, du texte qui défile, chapitre après chapitre. Mais c’est vrai que l’intérêt du numérique, réside dans les livres “hybrides”. Ces “choses” qui sont à la fois jeu/livre/application/film. Des mots naissent année après année pour faire vivre la langue, le texte et donc les livres, ces “choses” en font partie. L’avenir nous dira dans quel sens ces “choses” évoluent.

Carole : Ah justement je crois que c’est là que réside la problématique ! Le terme ” livre ” n’est pas approprié pour moi… Un texte qui défile, avec ou sans illustration, n’est pas à proprement parlé un livre. Quant à ce qui fait le charme d’un livre, la texture, l’odeur de l’encre, le plaisir de tourner les pages, les corner, souligner etc… rien ne peut remplacer le livre-papier, et surtout pas ces ” choses ” froides et sans âme, sans odeur que sont les tablettes ou liseuses !

Céline : Pour nous, c’est clair, l’objet-livre est irremplaçable car lié à toutes nos expériences sensorielles passées. Sensations que son ersatz virtuel ne pourra jamais nous procurer ! Par contre, en sera-t-il de même pour la nouvelle génération, qui naît avec ce type de machines dans les mains, pour qui, lire de cette manière, deviendra la norme ?

Nathan : J’étais entièrement d’accord avec Kik mais Carole a soulevé le point le plus le plus important pour moi : l’objet-livre ! Une tablette qui se cassera au moindre choc (et mettra des dizaines (voire des centaines pour ce genre de tablette qui a une pomme derrière…) d’euros en l’air) n’est, pour moi, rien face à ces Dieux de papier que j’adule. Le contact, les pages qui tournent, les couvertures auxquelles les éditions peuvent ajouter plus que du graphisme : des lettres qui ressortent, une couverture cartonnée, ou effets en tout genre. Et plonger son nez entre les pages pour se régaler de l’odeur qu’elle soit neuve ou vieille, qui arrive parfois même à m’évoquer des souvenirs d’enfance, on le retrouve dans les tablettes ? Un livre ça peut tomber, quelques pages ou la couverture peuvent se déchirer, se tordre, on peut renverser de l’eau ou du café dessus, ça vit toujours. Pour certains c’est même encore plus vivant. Une tablette ça tombe et c’est mort. Et un livre numérique est interactif… mais tous ces albums pour enfants vous en faites quoi ? Les volets à soulever, les languettes à tirer, les sons à écouter… J’ai même encore mieux, quelque chose que le livre offre et que ces “choses” n’offrent pas : le toucher, la découverte de divers contacts pour les plus petits et encore mieux : la 3D ! Si vous ne me suivez pas, demandez un pop-up à votre libraire !

Hérisson08 : Et pourtant il y a des livres numériques qui m’ont presque plus charmé que les livres-papier ! Car effectivement le terme livre devient un peu décalé, presque obsolète pour ces “choses” numériques comme dit Gabriel. Ces ouvrages numériques dirons-nous offrent pour moi des aspects qu’on ne peut pas retrouver dans les livres-papier, notamment les hypertextes qui sont devenus une façon de lire des jeunes actuels à ne pas négliger. L’apport de son, d’animation, de vidéo, peut tout à fait justement remplacer les tirettes et autres de Nathan…
Selon moi la vraie thématique ne peut donc pas être le “terme” livre, même s’il faudrait en effet définir de nouveaux mots, ni le coût puisqu’il tend à se réduire, mais bien les habitudes de lecture !

BONUS

L’émission de radio Écoute ! Il y a un éléphant dans le jardin parle des applications numériques.

Pépita vous parle des applications numériques. Et une seconde fois dans un cadre plus professionnel !

2 réflexions au sujet de « Débat sur le livre numérique : troisième partie »

  1. Je ne pense pas que le livre numérique propose une plus grande diversité. Il s’agit ici de préciser un peu la question. Sur tablette vous retrouvez la même variété que pour le livre papier. Les livres en mousse pour le bain et les romans fleuves sans illustrations de 1000 pages ont leurs équivalents sur tablette. Au même titre que l’histoire du livre a proposé de nouveaux genres comme le roman, l’album, la bande-dessinée ou le plus récent roman graphique, sur la tablette il s’agit en effet de définir de nouvelles catégories. Vous allez avoir des histoires interactives (sur lesquelles l’enfant va agir dans la narration), des histoires animées et sonorisées, des jeux de résolutions d’énigmes, etc… Ce que je garde toujours en tête, c’est que si ces “trucs numériques” peuvent amener des enfants à la lecture, alors on pourra les appeler comme on veut et le pari sera gagné!

  2. Après avoir lu les trois volets de votre (passionnant) débat, je me dis qu’effectivement, il faudrait juste trouver un autre nom pour ces objets/applications qui ne sont pas des livres, mais autre chose. Le livre et l’application numérique nécessitent tous deux de faire appel à la lecture mais à des niveaux différents, de différentes manières. J’avoue ne pas encore avoir franchi le pas, mais je ne dis pas non. D’autant que contrairement à Céline, je me suis jetée sur le tableau blanc numérique, que j’utilise avec joie !
    J’ai cette année la chance d’avoir des élèves majoritairement acquis à la lecture. La lecture est pour un moi un “moyen de”, une technique et pas une fin en soi. Et ma question désormais, quel que soit le support, n’est pas seulement de faire aimer la lecture, mais de faire aimer la littérature. Ce qui n’est pas la même chose.

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