Lecture commune : Songe à la douceur

Plus d’un an après sa sortie, après 3 réimpressions, sélectionné pour pas moins de 15 prix, et grand lauréat de notre Prix Roman Ado 2017 en mai dernier, j’ai nommé le sublime Songe à la douceur de la jeune et talentueuse Clémentine Beauvais, chez Sarbacane X’prim.

Il n’en fallait pas plus pour qu’on le dévore à l’ombre du grand arbre et qu’on en parle ensemble.

Carole Vu le battage médiatique autour de la sortie et du succès de ce roman, vous n’êtes pas tombées dessus par hasard. Mais alors, pourquoi avoir plongé dans ce songe ? 

Alice : Bah oui forcément le battage médiatique ça interpelle et l’on veut souvent se faire son propre avis.
Tu rajoutes à cela une collection EXPRIM’ chez Sarbacane qui nous offre depuis toujours des textes de haute qualité et surtout une auteur qui m’épate : Clémentine Beauvais, cette jeune et jolie franglaise à taches de rousseur que je trouve talentueuse.
Et puis il y a le titre, comme une superbe et exquise invitation.
Et enfin, la découverte de cette couverture, ces pleins, ces déliés et ce couple qui avance l’un vers l’autre comme pour se retrouver.

Sophie : Comme Alice, Clémentine Beauvais + Exprim + cette forme apparemment si originale = lecture obligée (et avec plaisir).

Pépita : Et bien pas vraiment ce chemin là pour moi. Je n’ai pas particulièrement été emballée par les précédents romans de Clémentine Beauvais, que je trouve par ailleurs absolument fascinante en tant que personne. Non, j’ai eu envie de l’ouvrir pour la poésie : du titre d’abord (référence à Baudelaire que j’admire) et la forme m’a attirée bien plus que le fond, ce qui s’est d’ailleurs vérifié.

Carole : Comme tu le soulignes Pépita, parlons du titre et de la poésie. Une invitation au voyage en vers libres, ça vous inspire quoi après la lecture ?

Pépita : J’ai été très séduite par cette forme et je me suis dit qu’il en fallait un sacré « culot » pour reprendre en vers ce roman Eugène Onéguine et le transposer à notre époque en gardant l’esprit d’origine ! Et quel tour de force dans l’écriture ! Avec une facilité apparente assez déconcertante ! Après, j’adore le titre forcément qui pour moi fait un lien entre les deux romans par l’invitation au voyage entre leurs deux époques qu’on peut mettre aussi en parallèle avec les deux époques de l’histoire, puisque Eugène et Tatiana se retrouvent 10 ans plus tard par hasard. Le « Songe à la douceur » fait appel pour moi à l’intime de nos choix : songe à ceci si tu avais fait cela. Il colle très bien à l’histoire je trouve. C’est vraiment cette forme qui « sauve » le roman pour moi mais peut-être va-t-on l’aborder plus avant.

Alice : Un titre d’un romantisme à souhait ! Ce n’est pas un « rêve », c’est « un songe » et ce n’est pas du tout la même chose ! Comme une envolée supplémentaire vers un coin caché de notre esprit.
Tout en « douceur »… Qui n’aurait pas envie de se laisser inviter dans ce cocon ?
Et puis ce titre annonce le travail sur la forme du roman : le langage est soutenu et non plus familier.
« Songe à la douceur », une invitation inévitable à prendre ce livre entre les mains.

Carole : Connaissiez-vous le roman de Pouchkine et l’opéra de Tchaïkovski ? Que pensez-vous de cette adaptation pour le moins moderne ?

Pépita : Je les connaissais de nom mais jamais lu et jamais vu. Donc je ne connais que la version moderne du coup. Ce que j’en comprends, c’est que le fond de l’histoire a été respectée ainsi que la forme en vers libres mais que l’auteur l’a adaptée en y mettant des éléments contemporains. En tous cas, ça donne envie d’aller voir l’original ce que malheureusement je n’ai pas encore pris le temps de faire.

Sophie : Je ne connaissais pas non plus, vaguement de nom seulement. Après avoir lu le roman, j’ai vite été rechercher la trame se l’histoire, j’étais curieuse de savoir ce qui avait été gardé ou pas. Peut-être qu’un jour, je me lancerais dans le roman de Pouchkine si nos routes prennent le temps de se croiser.

Alice : Idem. Opéra et texte inconnus chez moi aussi, mais comme une envie d’aller voir plus loin… ce que je n’ai pas encore pris le temps de faire…

Carole : Parlons de cette mise en page remarquable, de la couverture au fil des pages, un vrai travail d’orfèvre… y êtes-vous sensible ?

Alice : Oooh bien sur ! Cette couverture attire l’oeil et est encore plus significative qu’il n’y parait. Ce titre écrit quasiment d’un seul coup de stylo pour lier les mots les uns aux autres. Tu as l’impression que tu peux tirer un bout et que tu auras alors entre les doigts un long fil, …. celui de la vie, mais là il prend des tours et des détours, parce que la vie ce n’est jamais rectiligne. Et puis ce couple qui marche l’un vert l’autre et qui s’embrasse….Bref, une multitude de significations possibles et inimaginables…
Quant à la mise en page, presque, elle t’empêche de t’arrêter dans ta lecture. T’as pas envie de glisser le marque page, elle t’invite à lire le livre d’une seule traite. Vous ne trouvez pas ?

Pépita : oui très belle couverture ! Et j’ai mémoire d’avoir lu que le titre a été suggéré par l’éditeur….oui la forme parlons-en ! Très chouette travail de composition. Ce que j’ai aimé c’est que l’écriture suit les sentiments des personnages (les hauts et les bas, les sauts de mots en mots, les blancs,…). Et très rapidement, c’est très fluide cette lecture. Par contre, je persiste à dire que c’est la forme qui « sauve » ce roman. Car sans cette forme, le fond est assez banal. Je prends toujours l’habitude de me dire après avoir lu un roman : que m’en reste-t-il après des semaines ? Et bien là, c’est ce qu’il me reste : la splendeur de cette forme qui sert l’histoire, et non l’inverse.

Sophie : Oui la mise en page est vraiment sublime. La couverture avec tous ces mots liés entre eux offre déjà beaucoup de poésie tout comme ces silhouettes qui en disent déjà un peu. Quant à l’intérieur, c’est très réussi. J’aime les livres dont on sent la fluidité des mots avant même d’avoir commencé à les lire, là c’est ça. De belles phrases dans une belle mise en page aérée et poétique.

Carole : Comme le fait remarquer Pépita, que vous reste-il de cette lecture ? Si vous deviez ne choisir qu’un seul mot, ce serait…? Ou une seule page ?

Pépita : sans doute : musique et danse des mots.

Alice : Danse, j’aime bien. Mais pas seulement des mots, une danse des sentiments aussi et surtout une jolie danse entre les deux personnages.

Sophie : Danse,  j’aime bien aussi pour tout ce qui a été dit. Sinon « amour » quand même, j’aime ce genre d’histoires, pas à l’eau de rose, pas forcément en happy end.

Et vous, l’avez-vous lu ? aimé ? Quel mot pour le définir ?

Retrouvez nos avis complets : Sophie, Pépita, Alice et Carole.

Message personnel : Merci à mes chères copinautes de m’avoir sollicitée pour cette lecture, d’avoir été très patientes, merci pour ce songe-là, cette douceur-là, cet amour-là.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *