Lecture commune : L’enfant des livres

Quoi de mieux que de se plonger dans un album qui célèbre le pouvoir des mots, la force de l’imaginaire et le pouvoir des livres !

Oui, les livres ont un pouvoir…ce n’est pas nous qui dirons le contraire !

Voici donc une lecture commune sur cet album hors du commun.

L’enfant des livres.-Oliver Jeffers et Sam Winston.- Kaléidoscope, 2016

Pépita : Que vous a inspiré le titre de cet album : L’enfant des livres ?

Alice : J’ai découvert le titre en même temps que la couverture : ce livre rouge avec serrure, cette enfant presque invisible assise dessus, comme si elle sortait tout juste des pages de ce gros bouquin. Rapidement, je n’ai imaginé rien d’autre que cette histoire, celle d’une enfant qui serait l’héroïne de toutes les histoires qu’elle liraient. L’enfant des livres, c’est celui qui plonge dans des histoires sans que rien ne puisse gêner ou influencer sa lecture.

Colette : L’enfant des livres… très égoïstement ce ne pouvait être que mon histoire. Je suis une enfant des livres. Cet album là s’offrait à moi comme un miroir.

Sophie : Un peu comme Colette, je me suis sentie directement concernée par ce titre. J’ai toujours eu des livres autour de moi, je ne me souviens même pas du moment où j’ai appris à lire comme si j’avais toujours su (ce qui n’est certainement pas le cas !). Ça signifie aussi ce que je suis encore maintenant, une enfant des livres qui continue de grandir et d’évoluer à chacun que je lis. Et cette couverture, c’est le symbole de la promesse que propose chaque livre : un nouvel univers à découvrir, de nouveaux amis à rencontrer.

Pépita : Tout comme vous, ce titre me parle directement, comme s’il m’était tout spécialement destiné, comme un lien d’intimité très fort (ce qui se joue finalement dans l’acte de lire) et cette présentation comme un écrin précieux, comme un secret qu’on se chuchote et qu’on transmet.
Passons au contenu : quel a été votre tout premier ressenti en découvrant ses pages et la forme surtout du contenu ?

Alice : Dés la page de garde, on est submergé par une abondance de références de textes littéraires, écrites les unes après les autres de manière très hermétiques. On a envie de prendre le temps de lire cette liste pour voir si on connaît ces titres, si on les a lu. Et puis il y a ce porte plume et son encrier et enfin on entre dans le livre. A mon avis, cette mise en scène n’est pas négligeable pour conditionner le contenu qui suit. Tout au long du livre, on retrouve des lignes et des lignes de textes qui participent de l’illustration comme pour nourrir l’imagination de la jeune lectrice. Une idée très intéressante, riche de fantaisie et de symbolisme comme un mariage magique réussit entre l’illustration et la typographie.

Sophie : Déjà j’ai aimé me retrouver dans cette vision de la lecture comme un voyage. Et puis ces illustrations, c’est très intelligent et ça donne en effet envie de se replonger dans les classiques qu’on picore au fil des pages.

Colette : Cet album est d’une infinie poésie, cette manière si délicate de mêler le dessin et le lettrage au fil des pages n’est pas sans me rappeler l’art subtil des Calligrammes d’Apollinaire : quand le mot, dans sa matérialité, devient image alors le voyage littéraire peut commencer et tout est possible. Pour recenser tous ces extraits, les regrouper par thème et les intégrer le mieux possible dans une scène du voyage de l’enfant des livres il en a certainement fallu des heures de recherche ! Quelle ingéniosité !

Pépita : Tout comme vous, je me suis laissée emporter par ce voyage imaginaire mais pas seulement car les extraits de textes donnent corps aux illustrations si en accord avec ce qui est dit. On a le cœur gonflé d’allégresse et on se dit que la rencontre avec la littérature est une si belle chose, la chance que l’on a de pouvoir la vivre au quotidien ! On sent là aussi l’intime de cette rencontre. Et justement, ce texte, une seule phrase par double page, que vous a-t-il inspiré ?

Alice : Il est à la fois court mais efficace. Chaque phrase mérite que l’on s’y attarde et retentit au fond de chacun d’entre nous. L’emploi de la 1ére personne du singulier, rend le discours très proche : on s’identifie réellement !

Colette : Il y a une sorte de contradiction entre ces paroles si courtes de l’enfant des livres et l’abondance des extraits cités, comme si l’enfant des livres résumait en quelques mots l’immensité des histoires qui nous sont offertes, extrayant ainsi la substantifique universalité de la littérature.

Sophie : Je trouve aussi que ces phrases très courtes résument parfaitement mon ressenti de lectrice. Si on aime les livres, on s’y reconnaît et ça donne envie de le partager.

Pépita : Tout comme vous, je me suis complètement identifiée en tant que lectrice compulsive à ces petites phrases et je pense aussi qu’elles peuvent emporter dans leur tourbillon n’importe quel lecteur. Revenons aux œuvres mises en valeur dans cet album (y compris sur la couverture, la 2éme et la 3éme) : vous y êtes-vous attardées et cela vous a-t-il donné envie soit de lire ou de relire certaines de ces références ?

Alice : Oui, avant de découvrir l’histoire, je me suis déjà attardée sur la 2° de couverture et la liste des références littéraires, en ayant bien sur en tête des envies de re-lecture. Pour ce qui est du cœur de l’album, c’est à une seconde ( voire troisième, quatrième, …) lecture que j’ai pris le temps de lire la totalité des textes. Je m’en suis d’abord tenu aux phrases isolées et ce n’est qu’après que j’ai plongé dans l’intelligente « substantifique moelle » de cet album. Ces extraits ne sont pas choisis au hasard, ils font écho à l’illustration, à la phrase isolée et matérialise complètement ce qui se passe dans l’imagination. Alors oui, bien sûr on a envie de relire ces textes qui sont la part d’enfance qui sommeille en nous …

Sophie : Oui j’ai adoré lire ces petits bouts d’œuvres connues liés au thème de l’illustration. C’est un travail sûrement énorme mais c’est le petit détail vraiment fascinant qui offre une autre lecture.

Pépita : J’ai adoré ce procédé : rattacher ces petites phrases à des œuvres emblématiques, c’est tellement beau ! Oui cela donne envie de les relire mais pas forcément : j’ai aimé l’auréole de mystère que cela induit. Comme si la lecture était un voyage, une mer de possibles infinie. C’est très fort je trouve.

Si vous aviez juste un mot pour définir ce livre, que diriez-vous ?
Vaste pour Alice, Promesses pour Colette, voyages pour Sophie et transmission pour Pépita.

Nos chroniques respectives :

Sophie:  La littérature jeunesse de Judith et Sophie

Pépita MéLi-MéLo de livres

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