Lecture commune : Petit Renard

Il est des albums qui font d’emblée l’unanimité tant ils touchent au sublime.

PETIT RENARD d’Edward van de Vendel, illustré par Marije Tolman, publié par Albin Michel jeunesse, est incontestablement de ceux-là.

Évidemment, sous le Grand arbre, quand il est question de beau, on a de suite envie d’en discuter et de partager !

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Pépita : Petit renard : à l’ouverture de cet album, quelle a été votre première réaction ?

Isabelle : Avant même de l’ouvrir, je suis immédiatement tombée sous le charme de la couverture qui donne le ton – entre orange vif et nuances de gris, entre photo et dessins, entre contemplation mélancolique et fantaisie. En commençant à feuilleter, j’ai été à la fois soufflée par la beauté des illustrations et très intriguée par l’absence de texte, me demandant où ce petit renard nous entraîne.

HashtagCéline : Comme Isabelle, j’ai été immédiatement séduite. Les illustrations mêlant photos et dessins sont originales et j’y ai été d’emblée très sensible. C’est rare qu’un album me fasse ressentir autant d’émotions sans même que je l’ai lu. Rien qu’en le feuilletant, je l’ai trouvé riche et j’ai senti ce rythme si particulier. J’ai tout de suite su que ce livre serait un coup de cœur. Un vrai coup de foudre pour ce petit renard orange.

Colette : J’ai tout de suite été séduite par le soin apporté à la matérialité de cet album : reliure en tissu, couverture en carton bien épais, cahiers cousus, impression soignée. Ce livre est un bel objet sensoriel ! En l’ouvrant, on découvre d’étranges ramures orangées, puis sur la page de garde, un couple d’amis improbables, un petit garçon vêtu de rouge à la chevelure rousse et un renard au pelage flamboyant. S’ensuivent de magnifiques double-pages où de vastes paysages naturels s’épanouissent – et là le véritable charme opère : entre photographies monochromes et créatures animales dessinées, se livre toute l’originalité du travail d’illustration de Marije Tolman.

Pépita : Tout comme vous, dès que je l’ai eu dans les mains, je me suis dit : pépite ! Et quand je l’ai ouvert, j’ai été littéralement soufflée par ces 17 pages (oui 17 pages !) sans texte mais racontant déjà une histoire, mêlant dessins et photographies, avec un sens des détails si fin que le lecteur est transporté dans ces paysages, qu’il regarde avec les yeux de ce petit renard qui batifole dans cette nature magnifique de bord de mer.

Quel est l’élément déclencheur de l’apparition du texte ?

HashtagCéline : Ce sont les deux papillons violets qui surgissent et qui attirent irrésistiblement notre petit animal… “Pourquoi? Parce qu’ils sont violets.” Deux papillons violets qui nous mettent rétrospectivement la puce à l’oreille sur l’étrangeté de l’aventure que l’on s’apprête à lire et à vivre.Résultat de recherche d'images pour "petit renard albin michel jeunesse"

Pépita : Deux petits papillons violet qui vont faire faire un sacré vol plané à notre petit renard ! L’album entre là dans une autre dimension. Comment l’avez-vous ressentie ? Je dis bien ressentie et non interprétée…

Colette : Un rêve commence alors parce que notre petit renard est assommé par la chute incroyable qu’il vient de faire…

Isabelle : Oui, à ce moment-là, le vagabondage insouciant du renard bifurque dans quelque chose de complètement différent. On voit les deux papillons s’éloigner en voletant alors que le renardeau, qui semble plus petit que jamais dans le vaste paysage, demeure figé dans une position immobile dont on ne sait pas bien si on doit en rire ou s’en effrayer. Quel est ce rêve étrange qui débute ? Personnellement, j’ai été tendue en le voyant se dérouler sous mes yeux, partagée entre l’envie de me laisser attendrir par la mignonnerie des scènes qui se succèdent et une inquiétude sourde : petit renard finira-t-il par se réveiller ?

Pépita : J’ai ressenti la même chose, une peur en fait de ce qui aller arriver, un trouble aussi difficile à cerner.

Isabelle : Je me demande si ce ressenti est une réaction d’adulte. En lisant l’album à voix haute à mes garçons, j’ai eu l’impression qu’ils se laissaient complètement porter par cette déambulation, qu’ils se laissaient aller de façon insouciante à savourer les instants si drôles et mignons qui défilent dans le rêve du Petit Renard. Ils n’associent pas du tout le fait de voir sa vie défiler devant ses yeux avec la possibilité de la mort. Je serais curieuse d’entendre les réactions d’autres enfants !

HashtagCéline : Honnêtement, le premier ressenti a été la surprise qui pour moi transparaît de l’air du petit renard. Et puis l’amusement de le voir partir à leur poursuite. Au premier abord, je me suis plutôt attendrie et réjouie de cette course et j’ai même un peu ri de cette chute. Il y a de l’humour dans ce texte. Et ce “POUF” qui est plutôt inattendu. Alors, oui, voilà comment je l’ai reçu au départ. Évidemment, après l’avoir lu, je ne voyais plus ce moment de la même façon…

Pépita : On assiste alors aux souvenirs de Petit renard. Ses découvertes, ses joies, ses peurs… Avez-vous été sensible à l’articulation texte/ image dans la mise en récit de ce rêve ?

Colette : On en oublie qu’il s’agit d’un rêve au fur et à mesure des pages, car on retrouve les très belles et délicates doubles pages du début de l’album, sans texte, du temps où notre petit renard était bien conscient. Il y a un petit côté album naturaliste dans certaines pages, avec les vignettes aux bords arrondis qui illustrent les multiples découvertes sensorielles de Petit renard.

Isabelle : C’est quelque chose auquel j’ai effectivement été très sensible. Les illustrations portent le texte, les deux sont complémentaires, s’imbriquent… au point que le texte finisse parfois par s’effacer complètement. Cette séquence nous donne ainsi véritablement le sentiment d’entrer dans la tête de petit renard, débordant d’impressions qui semblent parfois flotter dans le vide (ce qui comptait, c’était la chaleur lumineuse de la fourrure maternelle !), une part très importante donnée à la représentations des expériences sensorielles – la vitesse d’une course, les odeurs et les saveurs du terrier – et une perspective toujours subjective, parfois attentive à l’immensité du monde, parfois concentrée par un détail qui frémit sous une feuille. Le texte sonne comme une comptine et m’a fait penser à la manière de parler qu’ont les enfants qui découvrent avec délice le plaisir de faire sonner et rouler certains mots. Images et mots résonnent ensemble comme rarement !

HashtagCéline : J’ai vraiment aimé toutes les surprises que me réservait chaque page avec des mises en page différentes, du texte ou l’absence de texte, des pleines pages ou des petites vignettes… Cela contribue grandement à pénétrer dans le “songe” du petit renard. Un rêve est souvent ainsi, décousu, sautant du coq à l’âne, nous promenant à droite et à gauche sans qu’on puisse suivre une progression précise. Ici, pourtant il y en a une. Ce qui me fait penser que ce rêve n’en est peut-être pas un…

Pépita : Puis l’album introduit un autre personnage : un jeune garçon à la chevelure aussi rousse que le pelage du renard et dans des planches là aussi sans texte, comme au début. Qu’avez-vous imaginé alors ?

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Colette : Une histoire d’adoption, une histoire d’amitié, référence rougeoyante à ce récit si précieux qu’est Le Petit Prince de Saint-Exupéry. Il y a un parallèle entre les deux personnages, le petit humain et le petit animal dans la manière dont ils occupent l’espace des doubles-pages, les jeux sur la plage, puis au milieu des oiseaux. C’est ce que j’ai préféré dans cet album, tous ces liens implicites entre ces deux petits êtres, libres et sauvages. Silencieusement. À chacune de ces doubles-pages c’est comme si la peau de mon visage était balayée par les embruns des bords de l’Atlantique, un vent glacé démêlant les nœuds dans mes cheveux.

Isabelle : Ah ! Je suis contente qu’on en parle car ces liens implicites m’ont laissée un peu perplexe. Comme vous le dites, petit renard et petit garçon roux se ressemblent comme des alter ego. S’agit-il de deux petits êtres que le hasard fait se rencontrer ? Ou l’un est-il le fruit de l’imagination de l’autre, une sorte de projection de lui-même dans un monde imaginaire intensément incarné ?

HashtagCéline : Je me suis posée beaucoup de questions, émettant plusieurs hypothèses sur ce petit garçon. Leurs déambulations dans les pages sans texte, leur ressemblance… Certains indices m’ont fait m’interroger sur la possibilité qu’ils ne soient qu’un seul et même être. Mais après réflexion, je pense que ce garçon est un ami, rencontré sur le chemin de la vie bien rempli et qui fait partie des moments marquants vécus du petit animal.

Pépita : J’ai ressenti à cette lecture une dimension poétique mais aussi spirituelle. Est-ce votre cas ?

Isabelle : Le souffle poétique est évident, dans le rythme du texte, la restitution brute d’expériences sensuelles et émotionnelles, sous une forme presque condensée comme seule la poésie le permet ! L’album a également une dimension spirituelle au sens où l’essentiel du propos naît de la force évocatrice de la pensée et de l’imagination du jeune protagoniste. Mais concerne aussi ce qui peut nous évoquer le vertige de frôler la mort. Et l’ivresse de survivre et de grandir. Est-ce ce à quoi tu faisais référence, Pépita, quand tu parlais de dimension spirituelle ?

HashtagCéline : Mais complètement ! Pour moi, la question de la mort ou non de ce petit renard se pose tout au long de l’album, arrivant avec ces deux papillons violets. Alors si ce n’est pas juste un rêve… que vit petit renard ?

Pépita : Pour vous répondre, j’ai eu d’emblée une lecture spirituelle au sens large : vie et mort, rêve comme métaphore du danger omniprésent dans la vie de l’animal sauvage qui n’est pas sans rappeler la fragilité de toute vie, puissance évocatrice de l’esprit quand il prend le dessus sur le corps, va-et-vient entre le renard et le petit garçon qui sont introduits dans l’histoire de la même façon et que seul petit renard semble voir et pas sa famille. Comme un ange gardien ? Qui l’a déjà sauvé une fois d’un bocal qui aurait pu lui être fatal. Cet album est une ode à la nature aussi, omniprésente. Sans doute que je projette une part de l’adulte que je suis, pétrie de références. C’est un album qui me touche au-delà des mots, une tristesse et une joie mêlées.

Qu’avez-vous pensé de cette fin dans laquelle petit humain et petit renard ne font qu’un ? Le texte n’est pas si facile à saisir non ? L’image est plus explicite.

Colette : J’avoue que la fin de l’album m’a paru très énigmatique du point de vue du texte. Je crois que j’aurais presque préféré un album sans texte pour suivre les déambulations oniriques de Petit renard à travers ces étranges images composites, sans être parasitée par un sens qui m’est resté obscur. Mais j’ai hâte de savoir comment vous l’avez comprise, vous, cette fin !

Isabelle : Il me semble que l’on reste dans l’ambiguïté dont nous parlions toute à l’heure à propos du statut de ce petit garçon. La fin pourrait correspondre au dénouement de l’aventure de Petit renard, grâce au réconfort apporté par l’enfant. Elle pourrait également marquer la fin de la rêverie du Petit renard… ou du petit garçon. Le texte ne lève pas cette ambiguïté en utilisant le pronom “il” sans que l’on sache s’il correspond à l’humain ou à l’animal. Cela ne m’a pas dérangée, j’aime les histoires qui se prêtent à des lectures différentes ! Mais peut-être la fin vous a-t-elle paru moins ouverte, quelle en a été votre lecture ?

HahstagCéline : La fin m’a également beaucoup perturbée. (Décidément !) Pour moi, toutes les interprétations sont possibles. Je pense que chaque lecteur la ressentira de façon différente. La mienne? Je la garde pour moi. Mais elle prend une teinte plus triste et sûrement induite par ma vision d’adulte.

Pépita : oui, la fin n’est pas si facile : elle a une certaine ambiguïté. Mais faut-il la lever ? Pas certaine.

Et si nous abordions un aspect très important de cet album : les illustrations. Pour ma part, elles m’ont subjuguées par leur beauté, leur lumière et le sens du détail. On a l’impression de faire partie du paysage. De toucher les animaux. Ces 17 pages sans texte du début sont sublimes.

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Isabelle : Oui ! De la dentelle ! Il y a de quoi être fasciné par ces grandes photographies aux couleurs passées, qui donnent quelque chose de mélancolique, associées à des dessins crayonnés vibrants de vie et de malice. Comme tu le dis, il y a mille détails qui donnent envie de lire et de relire l’album, comme les parallèles subtils nous parlions plus tôt entre le renard et le garçon dans l’agencement des images. Je trouve aussi que Marije Tolman parvient magistralement à donner une forme aux rêveries et à l’imagination…

HashtagCéline : Cet album se regarde autant qu’il se lit. Il y a une chaleur, une douceur, une poésie et une originalité que j’ai rarement rencontrées. Marije Tolman a vraiment trouvé le bon équilibre et osé avec succès, le mélange dessin et photo qui donne vraiment une tonalité particulière à l’univers de ce livre. C’est juste parfait.

Pépita : Si vous deviez définir cet album en un seul mot, quel serait-il ?

Colette : En un seul mot ? Non deux ! Libres et sauvages !
Isabelle : Enfance !
Céline : Je pense que j’en donnerais deux aussi : vie et mort ! Parce que les deux sont liés et parce que c’est ce que j’y ai vu.
Pépita : Si je devais le définir en un mot, ce serait LUMIÈRE.

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Ne passez pas à côté de cet album ! Nous, on a envie de l’offrir à tour de bras !

Voici nos chroniques sur nos blogs : HashtagCéline, Isabelle, Pépita.

Quels livres pour la bibliothèque d’un nouveau-né ?

Découvrir le plaisir de lire dès ses premiers mois, blotti au creux des bras de Papa ou de Maman, fait partie des grands bonheurs de l’enfance. Les livres sont alors le support de jolis moments de tendresse, de partage, de découverte et de complicité. Nous en sommes convaincues à l’ombre du grand arbre : il n’y a pas d’âge pour commencer ! Mais quels livres choisir pour son bébé ?

Il n’y a bien sûr pas de bibliothèque idéale, mais les arbronautes ont mis leurs idées en commun pour vous inspirer… On peut par exemple être attentif à piocher dans les différents types de livres qui existent pour les tous petits. Car le panorama est merveilleusement riche !

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Des livres qui font appel aux cinq sens

Les bébés découvrent le monde des livres les yeux écarquillés, discernant de mieux en mieux l’aspect du livre, ses couleurs et ses illustrations. Mais ils les appréhendent aussi avec les autres sens – tous les petits « dévorent » par exemple leurs livres, au sens propre du terme ! Pourquoi, dès lors, ne pas enrichir cette expérience en proposant à son bébé des livres faisant appel à ses différents sens ?

  • Des livres à toucher…

Les bébés apprécient beaucoup les livres en tissu, ou présentant à leurs petites mains différentes matières et textures – velours, feutrines, peluches, plastique… Les éditeurs proposent beaucoup de livres à toucher, par exemple avec des animaux dont on peut caresser la “fourrure”. Voici quelques suggestions !

 

Mes animaux tout doux, de Xavier Deneux (Tourbillon). Chez Sophie

 

Ma savane à toucher, de Xavier Deneux (Milan jeunesse). Chez Sophie

 

Gallimard Jeunesse a aussi publié plusieurs livres en tissus de Camille Chincholle.

 

Cap ou pas cap ? Nicole Maubert (Milan). Pour prolonger le plaisir des livres à toucher en frissonnant délicieusement, quand l’enfant grandit ! Chez Sophie

 

  • Des livres à respirer…

Quand on vous dit qu’il y en a pour tous les sens ! Les albums de la collection “Mon premier livre des odeurs et des couleurs”, chez Auzou, ont eu beaucoup de succès chez les enfants d’Isabelle. Sur chaque page, on peut frotter du doigt une zone permettant de sentir ce qui est représenté : une fraise, de la menthe, du chocolat, etc. Malheureusement, les parfums s’estompent avec le temps, mais l’idée est très belle !

 

  • Des livres à écouter, à répéter et à chanter…

Dans cette catégorie, on pense évidemment aux livres et imagiers sonores, sur lesquels on peut presser de petites puces pour déclencher un bruit ou un air musical. Souvent trop fragiles, ils n’en séduisent pas moins beaucoup d’enfants. En voici quelques exemples – mais il en existe des tas ! N’hésitez pas à jeter un œil aux débats que ce type de livres ont suscité à l’ombre du grand arbre.

Plus généralement, l’offre de livres jouant sur le rythme et la musicalité de la langue est fantastique ! Il y a évidemment les livres qui s’inscrivent dans un registre de petite comptine, avec un texte rythmé, voire rimé. C’est en effet à travers la voix de l’adulte que le bébé s’approprie les livres. Ces livres sont aussi parfait pour rassurer et ravir bébé qui le connaîtra bientôt par cœur ! En voici quelques-uns parmi nos favoris.

2 petites mains et 2 petits pieds, de Mem Fox et Helen Oxenbury (Gallimard Jeunesse). Chez La collectionneuse de papillons.

 

Pomme, Pomme, Pomme, de Corinne Dreyfus (éd. Thierry Magnier). Chez Pépita et Bouma

 

Un peu perdu, de Chris Haughton (éd. Thierry Magnier) : un bébé chouette “un peu perdu” pour une vraie histoire qui se savoure à tout âge. De jolies illustrations et un texte qui emmène ses lecteurs avec des phrases répétitives qu’ils connaîtront très vite par cœur ! Chez Bouma

 

Les petits amis de la nuit d’Ilya Green (Didier Jeunesse) chez Pépita et Bouma

  Dans la petite maison verte de Marie-France Painset et Marie Mahler (Didier Jeunesse) chez Pépita et Bouma

Bonne nuit mon tout petit, de Soon-hee Jeong (Didier Jeunesse) chez Bouma

Et voici un recueil de comptines qui fait le miel de Pepita et de Colette ! Enfantines : jouer, parler avec le bébé, Ecole des loisirs.

Didier Jeunesse propose également de très beaux recueils de comptines du monde entier.

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Des imagiers et des livres à explorer

Les imagiers sont également incontournables pour les premiers mois. Colorés ou en noir et blanc, généraux ou axés sur un thème spécifique, ils sont appréciés des enfants qui aiment reconnaître leurs images. Ils donnent lieu à des échanges plus libres que dans le cadre de la lecture d’une histoire, laissent libre cours à l’imagination et favorisent l’apprentissage du langage… En voici quelques uns qui nous sont particulièrement chers !

Beaucoup de beaux bébés est un imagier cartonné composé de photos en noir et blanc de bébés, signé David Ellwand (L’école des loisirs). À la fin de l’album, un miroir renvoie le reflet du lecteur… Chez Sophie

Parmi les imagiers qui ont tapé dans l’œil des arbronautes, figurent en bonne place ceux de François Delebecque publiés par les éditions des Grandes Personnes. Ces albums sont très beaux, avec un principe ludique et efficace : chaque page présente un animal (un véhicule, une plante…) en ombre chinoise, dont l’enfant découvre la photographie en soulevant un volet…

Ole Konnecke a signé plusieurs grands imagiers parus aux éditions de L’école des loisirs. Très joliment illustrés, très colorés, précis et foisonnants, ils stimulent l’imagination par de petites scènes tout au long du livre…

Élégants et plein d’originalité, l‘imagier mouillé et l’imagier caché, de Véronique Joffre (éd. Thierry Magnier) ont chacun leur fil conducteur. Les images ne sont pas déconnectées, mais semblent se répondre, se faire écho et se prolonger… Chez Pépita

      

Créatif et débordant de poésie. Le ruban, de Adrien Parlange (Albin Michel), se distingue par ses graphismes raffinés et son charmant ruban jaune qui vient prolonger les illustrations, se muant en la langue d’un serpent, en fil de funambule… Un imagier hors-norme qui stimule le plaisir et la créativité !

Le Ruban d’Adrien Parlange (Albin Michel Jeunesse) : un petit bijou d’inventivité et de créativité, véritable ode au jeu et à l’imagination. Chez Bouma et chez Pépita

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Des histoires pour vibrer ensemble

Plus vite qu’on ne le pense, les petits peuvent savourer le charme des histoires. Ces histoires sont sublimées lorsqu’elles sont explorées ensemble, à voix haute sans hésiter, selon ses envies et sa personnalité, à adapter son intonation, à moduler ses expressions, grimacer… Tout cela aide les lecteurs en herbe à s’approprier l’histoire ! L’idéal est d’opter pour des livres relativement petits pour tenir dans les mains de bébé, cartonnés pour ne pas craindre d’être mis dans la bouche. Les enfants aiment souvent les personnages et les cadres auxquels ils peuvent facilement s’identifier – on peut élargir leur horizon progressivement lorsqu’ils grandissent. Les illustrations sont, là encore, un critère essentiel – certains livres sont de vraies œuvres d’art qui raviront l’œil de bébé. Et très important : même sur quelques pages, beaucoup de livres parviennent à raconter une vraie histoire avec une dose de suspense, dont on attend le dénouement avec toujours autant d’intérêt à la centième lecture…

Voici quelques histoires pour tous petits, parmi nos préférées !

Coloré, fantaisiste, captivant – c’est un classique ! La chenille qui fait des trous, de Eric Carle (Éd. Mijade). Chez Sophie

La preuve qu’une histoire de quelques pages peut être pleine de suspense, avec une mise en scène unique – à lire et relire ! Délivrez-moi ! d’Alex Sanders (École des loisirs). Chez Sophie

 

Caché ! de Corinne Dreyfuss (éd. Thierry Magnier) : le premier roman pour bébé, en forme de jeu de cache-cache ! Pas d’image, mais un jeu réjouissant sur la typographie… Chez Pépita, Bouma et Sophie. À lire également, la lecture commune que nous en avons faite ici même !

La grosse faim de P’tit Bonhomme, de Pierre Delye et Cécile Hudrisier (Didier Jeunesse)

 

Toujours penser à un album de Byron Barton – une valeur sûre parmi les valeurs sûres ! Nous n’avons pas toutes lu les mêmes, mais nos enfants ont craqué, selon les cas, pour Ma voiture, Mon vélo ou encore La toute petite dame, tous aux éditions de l’École des loisirs…

 

Dans la salle d’attente du médecin, il n’y a pas toujours de quoi être rassuré. Mais est-ce du docteur en blouse blanche qu’il faut avoir peur ? Bonjour docteur, de Michaël Escoffier et Matthieu Maudet (École des loisirs) – une histoire colorée pour frissonner, à lire et relire pour noter à chaque fois de nouveaux détails ! Chez Sophie

Maman, de Mayana Itoïz (Seuil jeunesse) : un album tendre, particulièrement sensible qui permet d’initier les enfants aux couleurs. Chez Bouma

Des dessins au charme reconnaissable entre mille, un texte court et percutant, un humour délicieusement grinçant… Nous avons nommé : Je veux mon chapeau, de Jon Klassen, paru chez Milan !

 

Nos coups de cœur convergent, une fois de plus, vers un auteur : Yuichi Kasano qui nous vient du Japon. Voici deux de ses albums que nous aimons particulièrement pour leur humour et leurs couleurs douces. Leur texte court et percutant se lit merveilleusement à voix haute, les rendant particulièrement adaptés pour la bibliothèque d’un nouveau-né (tous les deux parus aux éditions de l’École des loisirs). Chez Sophie

 

Quel radis dis donc ! de Praline Gay Para (Didier Jeunesse) : un album randonné dans lequel on se prend au jeu de tirer le gros radis tous ensemble ! Chez Bouma

 

Tout va bien Merlin, d’Emmanuelle Houdart (éd. Thierry Magnier) : un album très court en forme d’enquête, dans un univers décalé. Mais qui a pris mon biberon ? Chez La collectionneuse de papillons et chez Bouma

Joé le lapin rêvé, de Malika Doray (L’école des loisirs) : une première lecture adorable sur le thème de la naissance.

Ne pas hésiter, d’ailleurs, à dévorer tous les albums de Malika Doray, particulièrement adaptés aux tout-petits. La collectionneuse de papillons vous présente l’un de ses préférés par ici. Sophie en présente quelques uns par là !

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Des livres à jouer

Certains livres font de la lecture une vraie expérience interactive. Des livres à jouer, en somme !

Les livres de Hervé Tullet jouent sur des actions demandées à l’enfant (frotter à un endroit de la page, secouer le livre, etc.) qui se répercutent comme par magie sur la page suivante. Aussi simples que spectaculaires ! En voici trois, parus chez Bayard Jeunesse. Pour en savoir plus, lisez ce qu’en dit Sophie ici et .

 

Voici un oeuf, de Vincent Bourgeau et Cédric Ramadier (École des loisirs) : un petit cartonné qui nous raconte l’histoire d’un œuf. Le principe est un peu le même que chez Hervé Tullet, mais c’est le lecteur qui interpelle l’œuf à voix haute et comme par enchantement, celui-ci réagit. Simple, efficace, drôle ! Chez Bouma

Dans Prendre & Donner, de Lucie Félix (Éditions Les Grandes Personnes), l’enfant est de nouveau l’acteur principal. D’une page à l’autre, il s’agit de détacher une forme géométrique qui sera remise à la page suivante. Une belle façon de s’approprier l’histoire et le livre ! Chez La collectionneuse de papillons, chez Pépita et chez Sophie

La promenade de petit bonhomme est à la fois un livre-comptine et un livre à jouer, dont le personnage est… votre main qui mime ce petit bonhomme, aidant le bébé à apprivoiser l’histoire. Une idée lumineuse et ludique, qui fonctionne très bien ! Chez Pépita et chez Sophie

Cette catégorie ne serait pas complète sans un caché-trouvé, ces livres qui donnent au bébé le plaisir de scruter leurs illustrations jusqu’à trouver ce qui avait disparu ! Une manière ludique d’apprivoiser la séparation. En voici deux que nous aimons bien !

Où est Mouf ? Jeanne Ashbé, L’école des loisirs

 

Bertille et Brindille, de Jérôme Peyrat et Adèle Tariel. Éditions Père Fouettard. Chez Isabelle

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Nous espérons vous avoir donné envie de lire avec les bébés de votre entourage ! Cette sélection n’a pas vocation à constituer une bibliothèque idéale, mais à susciter des questionnements pertinents lors du choix d’un livre pour un tout petit… Sûrement connaissez-vous déjà certaines de nos suggestions. Auriez-vous envie d’en faire découvrir certaines ? Et de votre côté, avez-vous des lectures phares qui vous ont marquées tout(e) petit(e), ou qui ont particulièrement plu à votre enfant ?

Billet d’été : Dans le petit sac de livres d’Ernestine

Quand arrive le moment de faire les valises pour partir en vacances, chacun prépare SON sac avec SES livres.

Comme tous les membres de la famille, ma fille Ernestine, 2 ans 1/2, prend cette tâche très au sérieux. Elle choisit avec spontanéité mais malgré tout un certain soin les livres qu’elle lira (et relira, relira encore) pendant ce moment de l’année, loin de la bibliothèque de la maison… Cela donne une sélection plutôt étonnante et variée !

Regardez donc…

Lionel et le perroquet d’Eric Veillé chez Actes Sud Junior

La collection des Lionel est aujourd’hui devenue incontournable à la maison alors pas question de s’en passer, même pour quelques jours de vacances. On les lit en boucle, sans se lasser. Et le petit format cartonné est pratique à emporter ! Le choix d’Ernestine s’est arrêté sur Lionel et le perroquet. Et moi j’ai rajouté Lionel fait caca pour sa thématique bien adaptée (et traitée de façon tout à fait décalée) : la propreté.

Mon avis ICI.

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Paillette et Lilicorne A la plage de Capucine Lewalle et Bérengère Delaporte chez Casterman

J’avoue que je ne suis pas forcément très portée “paillettes” et “licorne” mais je dois bien avouer que cette série fonctionne très bien auprès de ma fille alors même que  c’est peut-être encore un peu long pour son âge… Elle ne cesse de les regarder et se raconte les histoires à voix haute (de manière un peu abrégée certes mais quand même). La collection se décline sur plusieurs thèmes mais avec Ernestine, on a opté pour l’histoire qui se déroule sur la plage. A la maison, on lit aussi L’anniversaire, La drôle de maladie ou encore le petit dernier L’invasion des poux…

Une série simple et amusante qui oppose deux petits personnages très attachants, le tout porté par des illustrations très colorées et vivantes !

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Va chercher ! de Michaël Escoffier et Matthieu Maudet à l’école des loisirs

Toujours efficace et divertissant : un bon album du duo Mikaël Escoffier/Matthieu Maudet. Cette histoire de chien qui disparaît continue, après de nombreuses lectures, à faire son petit effet.

Mon avis ICI ainsi que celui de Sophie par ICI.

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Au lit les chats de Barbara Castro Urio aux éditions Saltimbanques

Ce livre a connu chez nous un grand succès et n’a pas véritablement pris place dans la bibliothèque. En effet, il fait partie de ces albums qu’on ne range jamais puisqu’il faut les lire très très régulièrement. Alors, hop ! dans le sac !

Mon avis ICI et l’avis de Chlop par ICI.

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Cinq dans le lit de Marie-France Painset illustré par Atelier Saje chez Didier Jeunesse

 

Un album qu’Ernestine adore parce qu’on peut à la fois le chanter et l’animer. Alors même si à force de manipulations répétées, les lapins ont les oreilles un peu cornées, pour rien au monde ma fille ne voudrait s’en séparer.

Mon avis ICI.

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Maman Quichon se fâche d’Anaïs Vaugelade à l’école des loisirs

Voici un titre que j’aime énormément mais vers lequel je ne m’étais pas spontanément dirigée pour Ernestine. A tort car elle l’adore ! Un petit album tellement amusant qui ne prend pas de place mais qui offre des moments de lecture sans fin ( notamment quand on commence à lire les prénoms des soixante-treize enfants Quichon…)

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Même si nous sommes toujours très chargés pour partir en vacances, je n’hésite jamais à rajouter quelques livres pour les enfants entre deux valises.

C’est important qu’ils puissent lire partout, tout le temps et quoi qu’il arrive !

 

Billet d’été : cinq albums échos aux petits plaisirs de l’été

Quand j’ai choisi ces albums, il était encore tôt. Je n’avais pas plongé avec délice dans ces chaudes journées d’été. Je n’avais pas savouré l’oubli du temps, la caresse du soleil, la tiédeur des pages tournées dans la chaise longue. J’avais seulement imaginé un petit groupe d’enfants, assis sur un carré de tissu à l’ombre du grand charme et une voix dans la douceur de l’après-midi qui lirait ces quelques livres empilés. Aaaah, quel bonheur d’écouter lire, dans l’odeur d’herbe fraîche, au milieu des chants d’oiseaux, seulement distraits par un vol de papillons !

 

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C’est parti pour ces plaisirs de l’été que j’ai voulu associer à une petite pile d’albums :

Le premier nous emmène dans le potager. Fleurs de courgettes, haricots naissants, cosses de petits pois. Tant d’invitations à tendre la main pour attraper ces fruits de l’été et les déguster.

Au jardinier, au fond du potager, j’ai demandé : « Savez-vous qui a cueilli mes fleurs de secrets ? »

Partons les chercher dans « Le Jardin des Secrets » de Marie-Hélène Lafond et Lucie Vandevelde. Minots Editions.

 

 

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Pour le suivant, en quittant le jardin, on s’égare un peu dans la forêt, on lève la tête vers les feuillages vert tendre. A la sortie du bois, un champ de blé tout doré de soleil puis des rangs de maïs qui nous invitent à suivre ces couloirs de verdure jusqu’à se perdre… dans les méandres du labyrinthe avec Thésée.

 

La nuit était venue. Thésée réfléchissait dans les jardins du palais. L’air était doux, parfumé de jasmin, d’olivier et de cyprès.

« Je vais mourir sans gloire, songeait Thésée. J’aurai beau tuer le Minotaure, personne ne saura que je suis un héros, si je ne sors pas de ce labyrinthe… »

– Délivre-nous de ce monstre et, moi, je te révélerai comment retrouver ton chemin !

Thésée sursauta. La fille de Minos, Ariane, s’était échappée du palais et l’avait rejoint en secret.

Cette légende et d’autres mythes, mille fois entendus, viennent encore charmer nos oreilles friandes de toutes ces histoires, dans un grand album aux illustrations épurées, aux atours de fresques ou de poteries antiques :

« Héros de la mythologie grecque » de Martine Laffon et Martin Jarrie. Les Fourmis Rouges.

 

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Il est temps de s’évader davantage. L’été, c’est aussi le moment du voir du pays… Parmi les plaisirs saisonniers, je voulais ajouter celui de boucler sa valise en pensant à l’exploration qui nous attend.

 

Bonnes vacances !

 

Voyageons d’abord en Inde, de Badlapur à Chennai, sur les pas de Smita et Lalita, à la conquête d’une liberté rêvée. Avec la fillette on découvre la vie dans la cahute, les rues encombrées, l’école et un temple hindou.

« La Tresse ou le voyage de Lalita » de Laëtitia Colombani et Clémence Pollet. Grasset Jeunesse.

Des familles entières s’y pressent, vêtues de leurs plus beaux habits. Les hommes portent des dhotis, les femmes des saris mauves, rouges, vertes, jaunes, bleus, dorés. Lalita est surprise par ce tourbillon de couleurs qui lui donne le tournis.

 

Avec « Mon Cousin Hugo » de Coco des Amériques et Elza Lacotte, aux éditions du Ver à Soie, on part aussitôt de l’autre côté du globe. On s’approche du pôle, on change de saison. On rêve à d’autres horizons.

Ah, comme elle serait belle, la vie au Chili ! Surtout qu’il y a bien d’autres choses au Chili qui ne se passent pas exactement comme ici.

 

Avec « Les aventures improbables de Peter et Hermann ou le tour du monde en 25 escales », de Delphine Jacquot, aux éditions des Fourmis Rouges, on part en voyage et on ne s’arrête plus. A chaque page, un décor prometteur, une découverte qui invite à en faire beaucoup d’autres.

 

 

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Et pour découvrir justement de nombreux autres titres tout au long de l’été, retrouvez chaque semaine la sélection des arbronautes.

Les lauréats du Prix !

En ce jour des 7 ans de ce blog collectif,

voici donc les lauréats du Prix ALODGA (5ème édition )

avec les 5 catégories en lice :

http://alombredugrandarbre.com/wp-content/uploads/2015/06/Logoprix-300x300.jpgCatégories Brindilles (albums petite enfance)

Le Nid de Stéphane Servant et Laëtitia Le Saux Didier jeunesse

 Petites feuilles (Albums pour plus grands)

Les riches heures de Jacominus Gainsborough de Rebecca Dautremer Sarbacane

Catégories Grandes feuilles (romans jusqu’à 11 ans )

Jefferson de Jean-Claude Mourlevat Gallimard jeunesse

Belles branches (romans à partir de 12 ans)

La fille d’Avril d’Annelise Heurtier Casterman

Catégorie Branches dessinées (pour les BD)

Chaque jour Dracula de Loïc Clément et Clément Lefèvre Delcourt

Vous avez été plus de 300 à voter et nous vous en remercions.

Un grand bravo aux lauréats et rendez-vous l’année prochaine ?