Nos coups de coeur de février

Le printemps s’installe doucement et les rayons du soleil nous invitent à sortir nos fauteuils de lecture pour en profiter. Installez-vous tranquillement avec comme idées de lectures : nos coups de cœur !

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Pour Liraloin c’est un beau coup de cœur avec le roman : Filles de la Walïlü de Cécile Roumiguière.

Albaan et Lilijann sont amies, deux petites filles inséparables. Elles habitent la presqu’île de lurföll à Ann-Ville, un village loin de tout où les femmes régissent la vie tandis que les hommes embarquent de longs mois sur des chalutiers de pêche. Les femmes sont libres d’aimer qui elles souhaitent comme elles veulent. Pendant ce temps, pas très loin d’Ann-Ville, Nanna et Soriane évoquent le souvenir d’un père absent pour toujours, celui de Soriane. Un père qui a abandonné sa fille, la laissant aigrie de douleur, la vengeance dans le ventre.

Albaan et Lilijann grandissent protégées dans une forêt bercée par les arbres, témoins attentifs des drames et légendes se déroulant sur la presqu’île : « A cette époque-là, une fois par mois, la nuit où la lune est la plus ronde, la Walïlü sillonnait les forêts et les champs et gobait tout sur son passage. C’était sa façon de se nourrir, tout le monde le savait. Alors, ces nuits-là, qu’il fasse chaud, qu’il fasse froid, personne ne sortait. »

Cette histoire m’a bercée tel un chant maternel qui n’a pas de fin, ritournelle incessante aux creux de mes oreilles. Une douce nostalgie m’a envahie, le calme aussi. J’ai beaucoup apprécié le personnage d’Albaan, fille de la nature et de la terre, passionnée et à la fois torturée par le secret familial. Les titres de chapitre accompagnés d’une illustration apportent un rythme à la lecture et posent des éléments essentiels dans la fluidité de l’histoire. Les filles de la Walïlü possèdent la force que procure la lecture d’un poème tout en emmenant le lecteur au cœur d’un conte intemporel.

Filles de la Walïlü de Cécile Roumiguière, illustration de couverture de Joanna Concejo, l’Ecole des Loisirs, 2020

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Pour Ada, à l’occasion d’une plongée dans l’œuvre de Séverine Vidal, c’est Des Astres qui remporte la palme du coup de cœur du mois de Février. Dans ce roman polyphonique, on entend tour à tour Pénélope nous parler de sa mère puis Romane nous parler de la sienne. De son père aussi. Puis de Pénélope qu’elle découvre à la lisière de ses 18 ans. Son autre mère. La biologique. Celle des premiers chapitres. Du premier chapitre de sa vie. Mais Des Astres, ce n’est pas seulement une histoire de filiation, c’est aussi une histoire d’amour, de désamour, de violence, d’apprentissages. Nombreux. Et extrêmement douloureux. Tant de douleur, je ne croyais pas que c’était possible. Des Astres est vraiment un roman puissant, intense. Un coup de cœur dans le sens premier du terme : à plusieurs reprises, j’ai bien cru que mon cœur prenait des coups.

Des Astres, Séverine Vidal, Sarbacane, 2019.

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Grâce à La fleur perdue du chaman de K, Isabelle et son plus jeune moussaillon ont exploré le Pérou, des Andes à la jungle amazonienne – et cette fameuse année 1986 où les walkmans étaient à la pointe du progrès… Tout était parfait dans ce troisième et dernier “roman-fleuve” de Davide Morosinotto : des personnages irrésistibles, une intrigue captivante, des rebondissements réjouissants et un travail graphique original et sublime. Ode à l’amitié et à l’espoir, un de ces livres qui font naître la passion de lire !

La fleur perdue du chaman de K, de Davide Morosinotto, L’école des loisirs, 2021.

Les avis d’Isabelle et de Pépita

L’autre coup de cœur de L’île aux trésors est une découverte du plus grand moussaillon qui s’est empressé de la faire découverte au reste de la famille: L’année de grâce, de Kim Liggett. Une dystopie féministe, féroce et galvanisante qui porte haut des valeurs de courage, de solidarité et d’émancipation !

L’année de grâce, de Kim Liggett, Casterman, 2020.

L’avis d’Isabelle

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Dans son MéLi-MéLo de livres, Pépita a vibré intensément lors de cette balade dans DES MOTS EN FLEURS : un livre-herbier pas comme les autres, dans lequel poésie, langage et nature se mêlent. En filigrane, un très beau message d’humanité pour la biodiversité. Un travail éditorial de très grande qualité.

Des mots en fleurs, Marie Colot et Karolien Vanderstappen,
Cotcotcot éditions

L’avis de Pépita

Autre coup de cœur qui nous emmène au pays des contes à l’envers : dans cette Forêt de travers, tout est bancal et ce que c’est chouette ! Plein de surprises vous y attendent. Vous ne verrez plus les contes de la même façon !

La forêt de travers, Marie Colot et Françoise Rogier, A pas de loups

L’avis de Pépita

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Chez Lucie, février a marqué les retrouvailles avec J. K. Rowling : les vacances ont été l’occasion de dévorer L’Ickabog !

Nous n’avons pas boudé notre plaisir de retrouver l’imagination débordante de l’auteure et les thèmes qui lui sont chers comme l’amitié, le courage, le deuil mais aussi les jeux avec les noms et le vocabulaire.

S’il n’atteint ni la profondeur ni l’intensité de la saga Harry Potter, la trame de fond de ce conte autour de la manipulation, du mensonge et des “fake news” incite à une lecture sur deux niveaux à la fois réjouissante et glaçante.

L’Ickabog de J. K. Rowling, Gallimard Jeunesse, 2020.

Les avis d’Isabelle et de Lucie.

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Pour Solectrice, le coup de cœur de février… c’est un album offert par Isabelle (au swap de la nouvelle année) et partagé avec les lutines, passionnément.

Amoureux est un superbe grand format offrant à chaque page tournée un poème tendre et une superbe illustration aux notes d’aquarelle. Odes au sentiment pluriel, ces textes nous donnent des visions multiples d’unions, de désirs et de relations, à tout âge. Un moment de bonheur qui se prolonge en choisissant nos instants préférés et en partageant nos histoires ou autres expériences amoureuses.

Amoureux, Hélène Delforge et Quentin Gréban, Mijade, 2020.
L'avis d'Isabelle, de Linda.

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Pour Linda, le coup de coeur de février va à Le printemps des oiseaux rares de Dominique Demers. C’est l’histoire d’une rencontre entre deux adolescents que tout oppose, un jeune surdoué solitaire et passionné d’oiseaux, et une jeune fille blessée par une histoire d’amour violente dont elle a du mal à se relever. L’écriture est magnifique et les émotions très justes. Un roman touchant à découvrir dès 14-15 ans.

Le printemps des oiseaux rares de Dominique Demers, Gallimard Scripto, 2021.

Son avis complet est à lire ICI.

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Et vous, quels ont été vos coups de cœurs ce mois-ci ?

Lecture commune : Le goût du baiser

En ce mois de février où l’amour bat son plein, une lecture commune à la fois douce et pleine d’enthousiasme s’est installée entre Colette, Pépita, Lucie et Liraloin. Le goût du baiser, de Camille Emmanuelle, issu de la toute nouvelle collection L’Ardeur aux éditions Thierry Magnier, destinée aux ados de 15 ans et + a provoqué une belle discussion. Vous avez envie d’entendre parler d’amour, de sexualité et de confiance ? Installez-vous confortablement, c’est parti pour un petit voyage au pays des sens !

Le goût du baiser, Camille Emmanuelle, Thierry Magnier – collection L’Ardeur, 2019

Pépita : Le goût du baiser : Qu’est-ce que ce titre vous a évoqué associé à cette couverture rouge ? Et ce nom de collection ? Vous la connaissiez d’ailleurs ? Comme ça, sans réfléchir !

Lucie : J’ai abordé ce livre dans le cadre de la LC que tu avais proposée, associée à une thématique sur la manière dont la littérature jeunesse abordait la sexualité… Autant dire que je me doutais un peu d’où je mettais les pieds ! J’aime bien la couverture rouge (passion !) ajourée, laissant deviner une image cachée. Il me semble que Thierry Magnier ouvre avec ce roman une nouvelle collection, “L’Ardeur”, avec comme ligne éditoriale une thématique autour de la sexualité des ados. C’est bien ça ? Le titre Le goût du baiser est très évocateur, je trouve. Directement dans le sujet !

Colette :  Le goût du baiser : quel joli titre ! Tout un poème et après lecture on comprend que se tient entre ces quatre mots la quintessence du roman ! Comme Lucie, le contexte dans lequel j’ai découvert ce livre m’a bien renseigné sur son contenu. Je trouve cela formidable, progressiste, enthousiasmant qu’une maison d’édition jeunesse crée une collection dédiée aux questions de sexualité et aux métamorphoses du corps caractéristiques de l’adolescence. La couverture rouge avec ces lettres découpées qui laisse deviner des corps nus est très originale et attise la curiosité.

Liraloin : Le goût du baiser : très évocateur comme titre, ado on s’attend sans doute à goûter les lèvres (parfumées et colorées comme la couv’ : bonbon cerise ?) de l’autre… En librairie, la couverture m’a tout de suite attirée, belle idée et vous l’avez très bien dit Mesdames, le jeu où le lecteur essaye de deviner ce qui s’y cache, intriguant.
Et toi Pépita, qui a proposé ce livre pour une lecture commune : qu’est-ce qui t’a donné envie de le découvrir, de le partager ? Qu’as-tu pensé de la couverture, de cette nouvelle collection ?

Pépita :
J’avais repéré cette collection dans mon travail de veille pour mon boulot de bibliothécaire : et quand je l’ai reçu pour le swap d’été, je n’étais que joie et curiosité ! C’est toujours stimulant de découvrir une nouvelle collection. Et tu as raison, c’est bien une collection dont la thématique a comme fil rouge la sexualité des ados. Comme toi, le rouge de cette couverture attire l’œil et plus encore les ajours laissant deviner des corps nus emmêlés. Le nom de la collection L’Ardeur est très bien trouvé je trouve car il n’a pas de connotation sexuelle mais indique bien une énergie.
Et alors, cette lecture, vous vous attendiez à ce que vous avez lu ? Votre première réaction à chaud ?

Colette : À chaud ? Personnellement c’est la première fois que je lisais un roman qui parlait avec autant de liberté et de joie de la sexualité féminine ! Je ne m’attendais pas à ce souffle généreux ! Je ne pensais pas que l’on pouvait aborder autant de sujets – qui ont été particulièrement tabous dans mon adolescence – en un roman ! C’était vraiment jubilatoire comme lecture ! On en oublierait presque que tout commence avec un double handicap et des relations garçons-filles particulièrement sinistres…

Liraloin : À chaud, cette lecture était très appréciable car cinématographique. Les personnages vivants, existants… des rencontres avec l’autre et avec soi-même. En posant le livre je me répétais sans cesse : “Comme j’aurais voulu lire cette histoire à 15 ans…” (Haaaa la confiance en soi lorsqu’on est ado, pas simple).

Lucie : “À chaud”, c’est le cas de le dire ! Comme vous, c’est un livre que j’aurais aimé lire à l’adolescence. De plus en plus de romans ados ont au moins un personnage très au fait de la sexualité, qui renseigne et guide ses camarades dans les méandres de leur vie amoureuse. Ils en parlent beaucoup, mais l’acte lui-même est évité ou passé sous silence. Là tout est dit sans fausse pudeur et c’est à la fois très libérateur et nécessaire.

Pépita : Je vous rejoins : ce que j’ai aimé la liberté de ton ! Une Aurore qui se pose plein de questions sur la sexualité, ou plutôt sur le passage à l’acte car je trouve qu’elle est déjà vachement décomplexée ! Et pareil, moi qui suis de la génération avant vous, imaginez le choc ! Tout commence par un accident de vélo pour Aurore. Elle perd du coup l’usage de deux sens : le goût et l’odorat. C’est une jeune femme d’aujourd’hui, qui va au lycée, a ses potes, a flashé sur un garçon de sa classe, a des relations normales avec ses parents.
Comment avez-vous trouvé sa toute première réaction par rapport à ce handicap ?

Lucie : Ça commence surtout par un petit tacle sur l’utilisation du portable à vélo ! Mais c’est très bien fait : pas moralisateur et en même temps Aurore va subir les (lourdes) conséquences de ce petit moment d’inattention. Je trouve que, dès cet instant le ton du roman est donné : on va dire les choses telles qu’elles sont, sans porter de jugement et chacun en tirera les leçons qu’il voudra… Ou pas. J’ai aimé la manière dont elle découvre son handicap. Elle réalise immédiatement que ce qui va lui manquer, ce seront les petits riens qui sont tellement signifiants. Comme cette odeur de pain grillé et tout ce qu’elle symbolise. Elle panique et du coup, on la comprend, l’empathie est immédiate.

Colette : Je ne sais pas si je me souviens assez précisément de la première réaction de notre héroïne, mais ce qui m’a interpellée, c’est que lorsqu’elle comprend qu’elle n’aura plus ni odorat ni goût, elle va faire des recherches sur le net et lit que l’agueusie et l’anosmie entrainent une baisse de la libido. Et cette découverte la consterne car elle se projette dans sa vie sexuelle, une vie sexuelle dont elle rêve de manière extrêmement positive (rien que ça, pour moi c’est hyper enthousiasmant !) et dans laquelle elle craint désormais de ne pouvoir s’épanouir.

Pépita : Oui, voilà ! C’est ça que j’ai trouvé incroyable ! Le fait qu’Aurore se projette dans sa vie sexuelle avec une détermination ! J’en suis restée scotchée. Tu as raison aussi de dire les petits riens de tous les jours mais très vite, c’est sa vie sexuelle qui prime. Elle se masturbe, est vachement décomplexée par rapport à ça, mais quand il s’agit de passer à l’acte…
Qu’avez-vous pensé de sa “rencontre ” avec ce garçon sur lequel elle flashe ? (J’ai oublié le prénom, c’est dire combien je ne le porte pas dans mon estime !). Elle est forte l’autrice non ?

Colette : La “rencontre” avec Antoine ne m’a rien laissé présager de bon… Trop rapide, trop direct, ce rendez-vous ne pouvait pas être placé sous de bons augures. J’en ai un souvenir de profond dégoût… D’autant plus qu’Aurore avait su nous parler de sa première histoire de sexe avec une certaine forme de candeur et de légèreté, cette fois on bascule dans quelque chose de plus glauque… C’est compliqué de parler de ce moment du livre sans trop en dévoiler pour qui aimerait le lire. C’est quand même un évènement majeur dans la vie d’Aurore malgré le comportement ignoble du jeune homme et le manque total de clairvoyance de notre héroïne au prénom pourtant si lumineux.

Lucie : Je suis d’accord avec vous : le personnage d’Antoine est carrément odieux. En même temps il y a beaucoup des garçons ou des filles en mode “tableau de chasse”. Qu’ils soient vraiment comme ça ou qu’ils jouent un rôle pour la galerie, le résultat est la négation des sentiments de leurs partenaires. Pour le coup j’ai trouvé vraiment intéressant l’utilisation du handicap dans cette soirée. Quand l’auteure nous annonce cette perte de goût et d’odorat, je ne sais pas vous, mais je me suis dit qu’Aurore ne s’en sortait pas si mal. Et finalement, très rapidement on se rend compte de la difficulté qu’a Aurore à vivre normalement : manger, savoir ce qu’elle boit, elle s’inquiète aussi beaucoup de son odeur corporelle… C’est vrai qu’Aurore est très simple dans son rapport à la sexualité au début du roman. Et pour moi c’est presque plus cette rencontre avec Antoine (et ses recherches Internet) que son handicap qui va la faire douter d’elle-même. Et c’est ce qui est intéressant pour les lecteurs ados : une mauvaise expérience peut laisser des traces bien plus profondément qu’on pourrait le croire. D’où l’importance de pouvoir en parler. Effectivement, pas facile de parler de ce passage sans divulgâcher…

Pépita : Mais vous vous en sortez très bien ! Voilà donc le prénom de ce garçon ! Antoine… Je me suis dit qu’il était drôlement anesthésié de ses sens celui-là ! Les rôles sont donc renversés. C’est ce que j’ai aimé dans ce roman : la faculté de l’autrice de voir plus large que la perte de deux sens mais d’arriver à aborder les relations filles/garçons, le rapport différent à la sexualité, le respect de l’autre ou sa négation. Aurore interroge tout cela aussi à travers son cheminement vers l’acceptation. Du coup, elle reçoit une douche froide et c’est ça qui va la faire réagir. Elle va s’occuper de son corps à travers un sport pour le coup à l’image très masculine.
Comment avez-vous vu cette deuxième réaction d’Aurore ? Saine, addictive, déplacée, angoissante, sans issue ?

Lucie : J’ai trouvé ça très sain : (re)prendre le contrôle de son corps à travers le sport c’est encore la meilleure solution ! J’ai aimé qu’elle fasse le choix de la boxe, à priori plutôt catégorisé comme un sport de garçon. Elle a une colère légitime à exprimer et je trouve que l’auteure a fait là un choix à la fois culotté et pertinent. Les leçons de boxe avec le travail en binôme, la répétition des mouvements et ses effets (transpiration, odeurs…) peuvent d’ailleurs être mis en parallèle des relations amoureuses.

Liraloin : Cette jeune fille perd un de ses sens et des petits riens qui bercent ses habitudes s’en trouvent bouleversés (l’odeur du pain grillé, du parfum de sa mère je crois). Comme quoi même en pleine rébellion adolescente : la famille est un pivot ! Comme vous, Antoine ne m’a pas paru sympathique dès le départ. A cet âge, être remarquée par le beau gosse du lycée c’est juste immense (d’où cette fabuleuse chute à vélo), merci l’autrice. Après je trouve qu’elle est assez décomplexée par rapport à la découverte de sa sexualité. La crainte de la perte de la libido fait que tout s’accélère, il y a comme une forme d’urgence à tout ressentir et à frapper dur (d’où la boxe).

Colette : Rien n’est simple dans la décision d’Aurore de faire de la boxe : il y a d’abord la rencontre “percutante” avec un adhérent et Joao le prof du club de boxe. Quand Aurore bouscule Joao en rentrant du lycée, elle va être marquée par cette petite phrase lancée au vol qui aura de grandes conséquences : “Tu l’as piqué, comme une abeille.” Puis viendront les recherches sur Mohamed Ali qui a inspiré cette petite phrase. Et la prise de conscience qu’il n’y a pas de fatalité, qu’on peut toujours se défendre, en tout cas apprendre à se défendre. Grâce à ce corps, qui parfois défaille, qui parfois nous semble un parfait inconnu. Ce que j’ai vraiment apprécié dans le choix de la boxe, c’est que nous ressentons comment Aurore se réapproprie (ou s’approprie) son corps, comment elle l’apprivoise, le dompte, l’intègre.

Pépita : Tout à fait : le sport lui permet de se réapproprier son corps qui lui joue des tours et je trouve que le choix de la boxe n’est pas anodin du tout : il lui permet de “fighter” contre ce handicap qu’elle a du mal à accepter, son caractère invisible l’empêche d’être franche avec les autres, et là, elle se remet à l’endroit, elle retrouve confiance en elle mais surtout elle va rencontrer un jeune homme qui va savoir approcher cette jeune femme farouche. J’ai beaucoup aimé comment cette rencontre est dessinée par petits traits. Leur façon de se parler.
Vous aussi ?

Lucie : Oui je suis d’accord, leur relation s’établit vraiment petit à petit, il l’apprivoise au moment où elle est si fragile. Ils se laissent le temps, enfin l’auteure leur laisse le temps ! J’ai beaucoup aimé ces passages. Et puis ces doutes, ces questionnements, ces échanges autour de la musique… C’est très bien fait, très crédible et cela donne une légitimité à leur couple pour la suite, je trouve.

Pépita : Je te rejoins totalement : j’ai aimé la délicatesse de leur rencontre comme s’ils percevaient déjà qu’il ne fallait pas l’abîmer, malgré les difficultés. J’ai aussi beaucoup aimé ces passages sur l’installation de leur relation. Une relation magnifiée par la scène finale !
L’avez-vous trouvée osée à destination des ados ? Ou au contraire tout à fait naturelle ?

Lucie : Tout à fait naturelle pour ma part, justement parce que l’auteure a pris le temps de créer une relation crédible et très touchante. L’opposition entre Valentin et le Antoine du début est totale sur tous les plans.

Liraloin : Tout à fait d’accord avec vous, la relation s’installe doucement même si parfois Aurore a du mal à faire confiance. Au contraire, il lui montre que c’est possible et installe cette douceur entre eux. Cette fin est parfaite.

Colette : La relation entre Valentin et Aurore est une belle relation de confiance et de sincérité qui se construit pas à pas, aucun des deux ne juge l’autre, jamais. Ils s’écoutent, ils s’entendent. Ils sont patients, d’une infinie et si précieuse patience. Alors oui la fin du roman est logique, naturelle, même si personnellement je les trouve tous les deux particulièrement “mûrs” quand il s’agit de sexualité, ils ont une connaissance très fine de leur propre corps et de leur propre plaisir, que j’imagine difficilement à leur âge. Mais c’est un avis de presque quarantenaire !

Lucie : Je crois que tu as dit l’essentiel Colette, ils s’écoutent, ils s’entendent. Je pense que c’est ça, plus que la maturité, qui fait que cela fonctionne. Parce qu’ils sont attentifs l’un à l’autre dans les sentiments, dans leur relation et dans leur plaisir. Je ne me souviens plus très bien des détails, mais il me semble que lui est plus âgé et plus expérimenté. Du coup ça peut aussi expliquer cette connaissance que tu trouves si fine, non ? Et ça pour le coup c’est vraiment le message à passer aux ados !

Colette : J’y ai pensé aussi après au fait que Valentin soit plus âgé, c’est vrai qu’il initie Aurore en quelque sorte à l’écoute de son propre plaisir, mais je t’avoue – et c’est très personnel et sûrement lié à mon éducation – que cette expertise sensorielle m’a vraiment surprise pour des jeunes gens parce que pour le coup à leur âge je ne parlais jamais de sexualité avec autant de bienveillance et de précision.

Lucie : Je crois effectivement que les jeunes d’aujourd’hui sont bien mieux renseignés sur leur corps et ses possibilités (sexuelles notamment) qu’on ne l’était à leur âge. J’imagine qu’Internet y est pour beaucoup, et que ce n’est pas forcément que positif. C’est pour ça que ce roman est intéressant : il allie informations “pédagogiques” j’ai envie de dire et romance (ce qui dans ma représentation n’est pas présent sur Internet, mais je ne suis pas allée voir alors c’est peut-être faux !).

Pépita : J’ai été un peu surprise aussi au début de cette facilité des corps à la fin du roman mais après réflexion je me dis que la confiance qu’ils ont en chacun l’un vers l’autre y fait pour beaucoup. Ils ont pris le temps de l’attente aussi. Comme en danse, même si le rôle n’est pas toujours attribué au début, il y a toujours un “meneur” qui guide l’autre, et cela se fait souvent naturellement. J’ai trouvé cela très beau, très évident même et que des ados puissent avoir accès à cette beauté, c’est autre chose que le porno !

Liraloin : Je trouve génial le travail des éditions Thierry Magnier sur cette collection. Bon je me précipite un peu car je n’ai lu que ce titre… mais il est bon de trouver une collection pour nos ados cherchant des éléments ou un discours fiction sur la sexualité. Qu’est-ce que j’aurais aimé avoir lu ces livres à l’adolescence ! Pour me greffer à votre discussion, oui, moi aussi je trouve que l’autrice a eu raison de créer un personnage plus vieux et expérimenté qu’Aurore. C’est juste ce qu’il faut : une touche de calme, un soupçon de confiance et l’amour s’installe tranquillement sans rien à prouver, sans rien provoquer qu’elle ne pourrait regretter.

Pépita : Un seul mot pour définir ce roman, quel serait le vôtre ?

Lucie : SENS. Les sens (perdus, découverts) et le sens (qu’on donne à une relation par exemple !).

Pépita : Pour moi ce serait le mot SENSualité. J’ai vraiment beaucoup apprécié ce livre, son approche, son intelligence, sa spontanéité.

Colette : Pour moi le mot serait “CONFIANCE” car c’est grâce à cette confiance qui se construit petit à petit, au fil des conversations, des entraînements de boxe, des erreurs qu’on analyse, que le couple Aurore et Valentin se soude et peut découvrir ENSEMBLE les plaisirs du SENS/des SENS retrouvés.

Liraloin : J’adore les lectures communes et merci d’avoir été nombreuses à aimer ce livre ! Pour moi le mot serait : EXISTER
EXISTER pour se faire confiance,
Exister pour faire confiance,
Exister pour aimer, goûter !

Pour en savoir encore plus, c’est ici avec Pépita, Liraloin et Lucie.

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Nos classiques préféré·e·s : les surprises de Rébecca Dautremer

Depuis 1996, Rebecca Dautremer nous enchante de ses créations. Pour votre plus grand plaisir, A l’Ombre du Grand Arbre a décidé de revenir sur des albums qui nous ont marqué·e·s.

Voici une belle sélection à découvrir ou redécouvrir… et pour aller plus loin https://rebeccadautremer.com/

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Et comme le dit si bien Rébecca dans son texte introductif de Midi Pile : « Bref, si tu traverses avec les yeux ce livre-là, tu pourras t’y réfugier, bien peinard, autant de fois que tu en auras besoin. (Et crois-moi, c’est une sacrée chance d’avoir un endroit où se réfugier bien peinard en cas de besoin.) Dans tous les cas, je te souhaite une bonne et belle traversée. »

Voici les 10 raisons de Liraloin de lire Midi Pile :

1.Parce qu’il n’existe pas 10 livres comme celui-ci

2.Parce que sa finesse transporte le lecteur dans un ailleurs complétement magique

3.« Je te dis que tu vas traverser ce livre POUR DE VRAI »

4.Parce que Rébecca Dautremer fait monter le suspense à chaque page tournée

5.Parce que c’est une course contre le temps et pourtant il s’écoule doucement alors…

6…dépêche-toi, lecteur, de tourner ces jolies sculptures de papier

7.Parce que les couleurs font voyager dans un lieu animé par le bonheur

8.Parce que les détails sont tendres et pleins de clins d’œil (à toi d’être malin pour les découvrir)

9.Parce qu’au fond, tout au fond de ce petit théâtre, on peut apercevoir la mer

10.Parce que l’amour ne peut pas attendre Midi Pile, il faut y être bien avant l’heure…

Midi Pile publié en 2019,
Pépite catégorie livre illustré au Salon du Livre et de la Presse jeunesse 2019.

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Voici les 10 raisons de Colette de lire Princesses oubliées :

  1. parce que c’est beau, c’est beau, c’est beau : du grand format carré, aux lettres du titre qui titillent le bout des doigts, en passant par le choix du papier, tout est si précieux, si délicat, si élégant.
  2. parce que les collaborations, fruits de la plume de Philippe Lechermeier et les pinceaux de Rébecca Dautremer, sont toujours d’une richesse inspirante.
  3. parce que cet album est une ode lumineuse, un hommage vibrant aux princesses de tous les continents, réelles ou imaginaires, rondes ou sèches, enfants ou vielles femmes, immenses ou minuscules…
  4. parce que le personnage archétypal de la princesse y trouve un nouveau souffle, loin des clichés véhiculés par les contes d’une époque reculée ; ici les princesses sont pirate, indienne, nomade, voleuse, lectrice invétérée ; ici les princesses peuvent être elles-mêmes, infiniment fragiles ou silencieuses, tonitruantes ou casse-pieds ;
  5. parce que ce livre est une galerie de portraits foisonnante d’une inventivité littéraire incroyable : princesse de Zoulou Zazou, princesse Pêtsec, princesse Petitpythie, le jeu de mots nous guette à chaque page;
  6. parce que cet album, par de nombreux aspects, fait œuvre encyclopédique : au delà des portraits, on pourra y lire des notes sur les objets utiles aux princesses, la définition du vocabulaire spécifique, une double page est même dédiée à l’alphabet international en éventail !
  7. parce que la mise en page parfois tient du carnet de notes ou de croquis, créant un objet hybride particulièrement original ;
  8. parce que pages 56-57, il a une carte géographique qui recense les 88 lieux de vie de nos princesses oubliées ou inconnues – et que j’adore les cartes de pays imaginaires ;
  9. parce que Rébecca Dautremer s’y essaye à différents traits, qui se répondent à travers des styles variés ;
  10. parce que c’est beau, c’est beau, c’est beau. Tenir un livre de Rébecca Dautremer est un pur ravissement de tous les sens renouvelé à chaque nouvelle publication ! C’est ainsi que notre histoire d’amour dure déjà depuis plus de 16 ans !
Princesses oubliées ou inconnues, Philippe Lechermeier, Rébecca Dautremer,
Gautier Languereau, 2004.

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Voici les 10 raisons de Lucie de lire Babayaga :

1. pour le grand format qui permet de partager cette lecture et de se pelotonner pour avoir moins peur ;
2. parce que Taï-Marc Le Thanh et Rébecca Dautremer y racontent l’enfance de Babayaga ;
3. comment elle est devenue une terrible ogresse ;
4. et nous apprennent qu’elle n’a qu’une seule dent ;
5. pour les jeux de mots aux petits oignons de Taï-Marc Le Thanh ;
6. pour les détails cachés dans les magnifiques illustrations de Rébecca Dautremer ;
7. et notamment la page dans laquelle Miette s’aperçoit qu’à la surface de la baignoire flottent “des morceaux de carottes, de patates et de petits navets” alors que le sel et le poivre occupent le porte-savon ;
8. pour le jeu sur les plongées et contre-plongées qui accentue le sentiment d’impuissance de Miette ;
9. parce que le rythme de la fuite de Miette est incroyablement trépident, même si on en connaît l’issue ;
10. pour la lucidité de la remarque “avec un nom pareil, j’aurais dû me méfier dès le début !”.

Babayaga de Taï-Marc Le Thanh et Rébecca Dautremer, Gautier Languereau, 2008

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Voici les 10 raisons de lire Les riches heures de Jacominus Gainsborough selon Linda:

  1. Pour son grand format qui permet de le lire en famille et de s’en mettre plein les yeux.
  2. Pour le personnage de Jacominus, ce petit lapin à la bouille mignonne et à la patte folle,
  3. Mais aussi pour les autres personnages qui gravitent autour de lui, à qui Rebecca Dautremer a pris le temps de donner une identité à chacun leur donnant ainsi plus de contenance et l’importance qu’ils méritent.
  4. Pour le clin d’oeil évident à Beatrix Potter et son Peter Rabbit.
  5. Pour les grands tableaux double-page qui fourmillent de détails et dans lesquels le lecteur prend plaisir à se perdre dans la contemplation.
  6. Pour les double-pages qui prennent la forme d’album photos et révèlent les souvenirs et le temps qui passe.
  7. Et pour ces pages textes illustrées d’un Jacominus qui en disent tant sur les émotions qu’il ressent.
  8. Pour tous ces moments qui comptent, les bons comme les moins bons, les rencontres, le temps qui passe.
  9. Pour la poésie et la beauté des mots qui racontent tout simplement une vie. Ils semblent nous rappeler que la vie mérite d’être vécue pour tous ces moments aussi insignifiants soient-ils et qui enrichissent le quotidien.
  10. Et pour l’intemporalité du récit.
Les Riches Heures de Jacominus Gainsborough, Rébecca Dautremer, Sarbacane, 2018

A lire, les avis de Pépita, de Bouma et de Ladythat.

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Voici les 10 raisons de lire Journal secret du Petit Poucet selon Solectrice :

1. pour la magie d’entrer dans l’univers espiègle du petit Poucet et de découvrir ses incroyables trésors !

2. parce qu’on y trouve des dictons improbables,

3. pour ses merveilleux croquis et portraits fous !

4. pour les serments amusants que prononcent les frères du Petit Poucet,

5. parce que Rébecca Dautremer nous dévoile le lit-bouchon de Poucet,

6. pour voir les coulisses étonnantes de l’expédition en forêt des 7 frères égarés,

7. parce que le terrible Barrabas Barbak au visage peint semble tout droit venu du Pôle Nord,

8. Pour rire devant l’impertinence du gamin ou frémir face à la redoutable Popette et son inéluctable “certificat d’abandon des enfants petits et grands gentils ou méchants”,

9. Pour retrouver son âme d’enfant en suivant les facéties de ce petit bonhomme et de ses frères,

10. Parce qu’on est emporté comme dans un tourbillon par le monde fabuleux de ce conte revisité en album tendre et généreux.

Journal secret du Petit Poucet, Philippe Lechermeier et Rébecca Dautremer, Gautier Languerau, 2009.

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Voici 10 raisons de se plonger dans Une Bible selon Pépita :

  1. Parce que Une Bible n’est pas La Bible,
  2. Parce que croyant ou non croyant, elle fait partie de notre histoire,
  3. Parce que la lire, c’est revenir aux mythes fondateurs de notre société,
  4. Parce qu’il en émane une si belle musique,
  5. Parce que ce livre est une œuvre d’art,
  6. Parce que les illustrations sont comme des tableaux,
  7. Parce que la mise en page est époustouflante,
  8. Parce que j’ai eu la chance de rencontrer l’auteur et l’illustratrice parler de sa genèse et que c’est l’un de mes plus beaux souvenirs,
  9. Parce que ce livre nous raconte, nous,
  10. Parce que c’est Une Bible, comme un roman.
Une Bible, Philippe Lechermeier et Rebecca Dautremer,
Gautier Languereau

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Nos coups de cœur de novembre

Quelle joie de vous faire partager nos lectures, piochez allégrement pour des idées cadeaux et foncez dans votre petite librairie préférée !

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Ce mois-ci Liraloin vous propose une adaptation BD du célébrissime roman de Roald Dahl. Il s’agit de Sacrées sorcières de Pénélope Bagieu.

Cette BD se déguste comme une friandise. Elle est pleine de douceur, la relation entre la grand-mère est le petit-fils est attendrissante. Acidulée comme l’attitude de cette mamie bling bling qui déteste les vieux et fume comme un pompier. J’ai particulièrement trouvé la Magnanissime sorcière répugnante et sournoise au possible : « Fermez-là !! et ouvrez vos oreilles, je ne veux pas que le boulot soit cochonné ». Le-la jeune lecteur-trice a peur pour le petit garçon, rit du comportement parfois adolescent de la grand-mère. Une BD réussie et qui se dévore comme une confiserie (attention aux bonbons parfum formule 86 qui ont un goût très particulier tout de même…)

Sacrées sorcières de Pénélope Bagieu, Gallimard Bande dessinée, 2020

Voir également les avis de Bouma et d’Isabelle.

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Pour Linda et ses ladies, il y a le très bel album Odette fait des claquettes de Davide Cali. Un texte qui parle de différence et d’acceptation de soi, très joliment illustré par Clothilde Delacroix dont le trait tout en rondeur et le choix des couleurs apporte de la gaieté et un dynamisme chaleureux.

Odette fait des claquettes de Davide Cali et Clothilde Delacroix, Sarbacane, 2020

Son avis est ICI.

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Mais il y a aussi eu un très beau roman de Pierdomenico Baccalario, Les renards du désert qui se veut une chasse au trésor sur fond de drame historique. De la Corse à l’Allemagne, des années 80 à la Seconde guerre mondiale, le récit mêle les genres entre suspens, aventures et enquêtes, et entraîne ses héros à la recherche d’un trésor nazi façon jeux de pistes et codes à décrypter.

Les renards du désert de Pierdomenico Baccalario, Thierry Magnier, 2020

Son avis est à lire ICI.

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Lucie vous propose un album rouge de colère. Difficile d’apprivoiser ses émotions quand on est petit. Heureusement, les livres sont là pour guider les parents et aider les enfants. Dans Le livre en colère, Cédric Ramadier propose aux petits lecteurs des astuces pour calmer un livre très énervé. Astuces que l’on pourra réutiliser lorsqu’on sera en colère à son tour.
Les pages cartonnées et les couleurs vives accrochent l’oeil et emportent l’adhésion.

Le livre en colère de Cédric Ramadier, illustrations de Vincent Bourgeau, L’école des loisirs

Son avis ICI.

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Dans la collection de papillons de Colette, vous pourrez découvrir un beau roman d’amitié : Un caillou au fond de la poche, de Florence Cochet publié aux éditions Actes Sud junior. Le collège, la famille, la magie, le pouvoir des mots… autant d’ingrédients pour un récit à garder sur soi comme un porte-bonheur réconfortant.

Un caillou au fond de la poche de Florence Cochet, Actes Sud Junior, 2019.

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Sur le Petit Bout d’étagères de Bouma, on retrouve Animaux sans queue ni tête, un magnifique album aux accents de catalogue animalier qui joue avec humour et irrévérence des différences de chacun. Et si vous ne connaissez pas encore le travail de Camille de Cussac, c’est l’occasion de découvrir le talent de cette autrice/illustratrice qui manie la couleur comme personne. Un album à mettre dans les mains des enfants dès 3/4 ans et jusqu’à 99 ans !

Animaux sans queue ni tête de Camille de Cussac, Seuil jeunesse, 2020

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Pépita et son Méli-Mélo de livres ont déroulé tout le mois de novembre le fil rouge des droits de l’enfant et parmi les références pour les illustrer, voici un album des éditions Rue du monde qui trouvera écho pour chacun de nous en ces temps de confins. Un album qui célèbre l’importance essentielle de la culture sous toutes ses formes.

Tous les enfants ont droit à la culture/Alain Serres et Aurélia Fronty.-Rue du Monde

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Parmi les lectures qui ont marqué novembre sur L’île aux trésors, Isabelle pense immédiatement à Tumée, l’enfant élastique, de Marion Achard. Un roman qui, par la magie des mots, nous transporte en Mongolie et dans la tête d’une contorsionniste. Fascinant et captivant !

Tumée, l’enfant élastique, de Marion Achard, Actes Sud Junior, 2020.

Son avis à découvrir par ICI !

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Et vous, un coup de cœur à partager ?

Nos coups de cœur de juin

L’été s’annonce avec nos lectures, des livres à glisser dans un cabas de plage ou près d’un transat, belles découvertes à vous !

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LiraLoin présente un album sensible et amoureux, quoique de plus important dans ce monde?

Louise est une jeune fille réservée, le monde des adultes n’est pas pour elle. Louise préfère la compagnie des fleurs. Mais lors d’une soirée, elle rencontre Mary. Seules et ensemble, les deux jeunes filles dansent, tournoient leurs corps enveloppés de draps. Les tourbillons dessinent des fleurs, des papillons loin du monde…

La Fleur qui me ressemble de Thomas Scotto, texte & Nicolas Lacombe, illustrations
L’élan vert, collection : Pont des Arts, 2019

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Pour Linda et ses ladies, les vacances s’annoncent intenses avec un voyage en plein cœur de l’Himalaya et l’ascension de son plus haut sommet, l’Everest. Entre dépassement de soi et engagement écologique, gravir ses 8848 mètres est un voyage incroyable dont on ne revient pas tout à fait les mêmes.

8848 mètres, Silène Edgar – Casterman, 2020

Son avis est ICI.

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Alice vous propose de passer un agréable moment en compagnie d’un gang de vieux schnocks anticoformistes, transgressant un chouïa les règles, mais complètement attachants et qui vont tout faire pour aider un jeune ado un peu paumé et livré à lui-même. Un roman plein de vie et d’humour !

Le gang des vieux schnocks de Florence Thinard. Gallimard, 2019

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Pour Claudia, la lecture de cette bande dessinée adaptée du roman broché Tous les héros s’appellent Phénix est un coup de cœur ! Un très bel ouvrage : la couverture, les illustrations, les couleurs, tout est fabuleux. L’histoire est toujours autant prenante et percutante sur la maltraitance et les violences psychologiques. Dans ce livre, la thématique est difficile mais il est traité avec tact et clairvoyance, parfaitement adapté aux jeunes lecteurs.

Tous les héros s’appellent Phénix de Jérémie ROYER
Rue de Sèvres, 2020.

Son avis complet est ICI.

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Solectrice a tiré tout naturellement son coup de cœur du green swap de ce début d’été. Elle vous invite donc à suivre M. Pigeon, le Marchand de Bonheur, à la rencontre de ses clients, de branches en branches. Comment ne pas craquer pour ce superbe album du tronc à la cime du grand arbre ? Une histoire tendre dont la fin ne démérite pas, invitant à conserver précieusement les petits bonheurs de tous les jours. Voilà un beau mantra pour nous accompagner tout l’été !

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Bouma a sorti une courte lecture, entre l’album et le premier roman, qui mélange intrigue policière et humour autour du sens de l’observation des petits lecteurs. On retrouve aux dessins le talentueux Brian Selznick (L’Invention d’Hugo Cabret) qui nous emmène à la suite d’un détective privé pas comme les autres ! Une lecture qui se dévore sans modération à tout âge tant il y a de choses à découvrir…

P’tit Ouistiti détective privé, de Brian Selznick et Dabid Serlin – Bayard jeunesse, 2019

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La réouverture des bibliothèques a permis à Lucie de faire le plein de romans conseillés par les copinautes. Et c’est Calpurnia qui a remporté les suffrages ce mois-ci. L’histoire de cette petite fille en plein questionnement sur la faune, la flore, la condition féminine et l’avenir dans le Texas de 1899 a été un vrai coup de cœur. Si ce n’est pas encore fait, il est urgent de le découvrir !

Calpurnia, Jacqueline Kelly – L’école des loisirs, 2015

Son avis ICI, celui de Pépita, celui d’Isabelle, et de Linda.

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Sur l’île aux trésors, Isabelle et ses enfants ont été soufflés par le tome 1 d’Alma, la nouvelle série de Timothée de Fombelle : une lecture engagée et captivante, de la grande littérature en forme d’hymne à la liberté.

Alma, tome 1 (Le vent se lève), de Timothée de Fombelle, Gallimard Jeunesse, 2020.

Son avis ICI

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Dans son Méli-Mélo de livres, Pépita a envie ce mois-ci de faire la part belle aux liens intergénérationnels à travers ce magnifique roman de Delphine Pessin : Deux fleurs en hiver chez Didier jeunesse. Une jeune femme et une grand-mère : la première qui ne demande qu’à faire éclore son chemin de vie et la seconde qui ne voudrait pas se faner trop vite. Le tout dans un Ehpad confronté à des difficultés. Elles vont emporter tout le monde dans leur ronde d’humanité !

Son avis ICI

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Et ce mois-ci, nous avions envie de vous faire découvrir en bonus un livre que nous sommes plusieurs à avoir lu et beaucoup aimé ! Un road-trip inoubliable à travers les États-Unis, voyage initiatique avec ce qu’il faut de péripéties et de très belles rencontres – et un message qui nous va droit au cœur. Bouma, Linda, Isabelle et Frédérique sont toutes sous le charme !

L’incroyable voyage de Coyote Sunrise, de Dan Gemeinhart (PKJ 2020)

L’avis de Bouma, de Linda et d’Isabelle

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Et vous ? Quelle lecture auriez-vous envie de partager ce mois-ci ?